Personnages principaux : Hermione / Drago

Rating : T

Disclaimer : Je ne détiens ni les personnages, ni l'univers magique décrit dans cette fiction, qui sont l'œuvre de la talentueuse J.K. Rowling.


Hermione aurait été incapable de dire avec précision depuis combien de temps elle se trouvait là. Anthony et Pierre étaient chacun fous à leur manière et les deux l'effrayaient tout autant.

Dans un vain effort de ne pas céder à la panique, elle tourna en boucle tous les éléments dont elle disposait.

Elle avait rencontré les deux frères peu après son arrivée dans la capitale française. Anthony était généticien, et Pierre travaillait sur des chantiers.

Manifestement, Pierre était le seul responsable de tous les enlèvements sur lesquels elle enquêtait, mais agissait sous les ordres d'Anthony. Il pouvait agir par ignorance, par conviction ou par intérêt. Peut-être était-il endoctriné. Le fait est qu'il fournissait des sorcières à Anthony, et en disposait sexuellement en échange. Cela, elle s'en doutait suite au discours d'Anthony. De plus, cela cadrait avec le fait qu'aucun homme ne fasse partie des victimes, même si ça n'expliquait pas pourquoi toutes les femmes se ressemblaient autant, ni comment Pierre réussissait ses enlèvements. Et cette dernière interrogation était la plus inquiétante. Cela signifiait qu'il savait les reconnaître, puis les neutraliser.

Hermione en revint alors à Anthony. Désignait-il des victimes à Pierre, ou celui-ci les trouvait-il seul ? Dans un cas comme dans l'autre, la véritable urgence était de savoir ce qui pouvait bien compromettre l'identité des sorcières enlevées. Enfin, le noeud de l'affaire : Anthony avait dit vouloir étudier les sorciers. Dans quel but ? Cela avait-il un rapport avec la disparition de sa magie ? Elle songea à la profession d'Anthony : cela pouvait coller, et expliquer qu'elle se trouve dans un hôpital et non dans une cave sombre comme elle l'avait été. Elle ne comprenait d'ailleurs toujours pas ce point, mais devinait qu'elle était différente des autres. Elle avait été une connaissance de la fratrie, avant de trahir sa couverture. Il était d'ailleurs possible que son statut d'enquêtrice n'ait jamais été en danger, mais plutôt celui de sorcière. Et que Pierre ait voulu abuser d'elle, puisqu'elle ressemblait aux autres victimes, et qu'Anthony en ait eu vent et l'ait récupérée. Plausible, mais ce n'était qu'une hypothèse.

La jeune femme vint rapidement au bout de ses investigations, et sa gorge se noua. Lorsqu'elle avait rédigé sa lettre à Drago, elle avait confiance en lui pour la sauver. Elle savait qu'il arriverait à temps pour l'empêcher de mourir, parce que c'était comme ça que leur duo fonctionnait. Mais rien n'indiquait qu'il serait là suffisamment tôt pour l'empêcher d'être violée ou droguée.

Cette pensée la fit frémir de dégoût. Elle avait été torturée pendant la guerre, et rien dans sa carrière d'auror n'avait atteint le même degré d'intensité, le même degré d'horreur. A présent, elle doutait que cela reste le cas.

Lorsqu'elle était enfant, elle avait pour habitude, chaque fois qu'elle avait peur ou se sentait seule, de penser à une personne qu'elle aime. Alors pour la première fois en un an et demi, elle s'autorisa à penser à Ron. Une première larme vint, puis une seconde. Et enfin un torrent.

Lorsqu'elle fut enfin calmée elle parvint à s'endormir.

Elle rêva de Ron. De son sourire, de ses yeux bleus. De sa maladresse, sa gourmandise. De sa jalousie parfois envers son partenaire qu'elle voyait plus que lui. Et de son étreinte, sa chaleur, ses mots. De leurs disputes, leurs réconciliations, leurs projets. De son regard lorsqu'elle s'était avancée dans l'allée. De lui.

Elle rêva de ce fameux soir.

Son stage s'était achevé une semaine auparavant, et le coupable avait été enfermé. Sans qu'elle comprenne comment, la vérité avait jailli dans son cerveau, et elle avait contacté Malefoy de toute urgence. Leur suspect, celui qu'ils avaient arrêté, était innocent. Et le coupable ... Et bien le coupable était toujours libre et susceptible d'agir. Elle avait été agréablement surprise de constater que Drago était arrivé à la même conclusion. C'est à ce moment-là qu'elle avait envisagé qu'ils restent partenaires.

Drago l'avait convaincue de ne pas s'en mêler et d'aller comme convenu dîner avec Ron. Il l'avait rassurée : après tout, cela faisait une semaine qu'ils ne protégeaient plus Célestina Moldubec, et rien n'était arrivé. C'était une mission de routine, en somme : par mesure de précaution, aller chercher la chanteuse pour l'amener en sécurité au ministère le temps qu'il procède à l'arrestation du coupable.

Hermione l'avait laissé faire, et était partie se préparer. C'est en chaussant ses escarpins qu'elle avait eu un doute. Alors, elle avait transplané. Au moment où elle arrivait, la maison de Moldubec était en feu, et cette dernière assistait, impuissante, au désastre. Sans réfléchir, Hermione avait envoyé son patronus chercher des secours tandis qu'elle s'était précipitée dans les flammes, protégée du mieux qu'elle pouvait par un sort.

Elle avait avancé à tâtons, presque à l'aveuglette, sans trouver Drago. En désespoir de cause, elle s'était engagée dans les étages. Elle l'avait trouvé sur le palier du premier étage, inconscient, ce qui l'avait empêchée de pratiquer le transplanage d'escorte. L'apprentie auror avait alors glissé un de ses bras sur ses épaules pour le porter tant bien que mal. Ils n'étaient pas loin de la porte d'entrée quand elle avait suffoqué à son tour.

Elle s'était réveillée dans une chambre de Sainte-Mangouste, et Ron était auprès d'elle, mort d'inquiétude.

« Qu'est-ce qui t'a pris, avait-il commencé, l'air grave. »

Elle avait baissé la tête, presque honteuse.

« Je suis désolée, Ron, bafouilla-t-elle. C'est ce que je devais faire. »

Il avait soupiré :

« Je sais, Hermione. Je sais… »

Le jeune homme s'était alors assis sur son lit pour l'enlacer de ses bras.

« Quand on m'a dit que tu avais failli y rester dans cet incendie pour sauver Malefoy, j'étais furieux… »

Elle avait ouvert la bouche mais il l'avait interrompue d'un geste :

« Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, Hermione. J'étais furieux que tu aies risqué ta vie, et pas que tu l'aies fait pour sauver ton partenaire, même si je ne comprends toujours pas ce que tu vois en lui. Le fait est, reprit-il, que j'étais perdu. J'ai marché au hasard sur le chemin de Traverse, et j'ai trouvé ça. »

D'un geste assuré, il avait sorti un écrin de sa poche.

« Je ne sais pas où cette histoire va nous mener, Hermione. Tu seras beaucoup absente, et je serai mort de trouille chaque fois, mais je sais que c'est ce que tu veux vraiment faire, et je ne t'en empêcherai pas. Mais je t'aime, et j'ai besoin de savoir que tu m'aimes aussi. »

Il avait ouvert l'écrin devant elle, et une bague magnifique y scintillait.

« Hermione, est-ce que tu veux m'épouser ? »

La gorge nouée par l'émotion, elle n'avait rien su faire d'autre que hocher la tête, sous le choc. Les yeux brillants, elle s'était pendue au coup de son rêve, éperdue d'amour.

Le lendemain, Hermione s'était rendue dans la chambre de Drago, toujours inconscient. Elle l'avait contemplé, étendu dans le lit et les cheveux ébouriffés. Elle s'était dit qu'il était beau. Il avait ouvert les yeux, et, prise au dépourvu, elle avait simplement hoché la tête, l'air grave.

Elle n'eut rien besoin de dire. Il avait compris qui l'avait sauvé. Par la suite, Hermione dirait à tout le monde que c'est son professionnalisme qui l'avait fait rejoindre Malefoy ce soir-là.

Six mois plus tard, elle épousait Ron.

Les joues de l'auror étaient trempées lorsqu'elle se réveilla. Parce que personne n'avait le pouvoir de faire revivre les morts.


Un grand merci aux lectrices qui me suivent ou me font partager ce qu'elles pensent de mes écrits !

Kerianel