Bonjour tout le monde ! Je vous remercie grandement pour vos favoris, follows ainsi que bien évidemment un grand merci pour celles qui ont pris le temps de m'écrire quelques mots, vous êtes extra. Je suis contente que le premier chapitre vous ait plu puisque c'est après tout ma première fois sur ce couple !

Je m'éclate à écrire sur Imayoshi, si vous saviez... ainsi que les réactions d'Hanamiya évidemment !

Je n'ai pas vraiment grand chose à dire, alors je vous souhaite une bonne lecture et surtout n'hésitez pas à commenter ;)


Regret

Deuxième chapitre –

Celui qui manipulait pour faire progresser


Les rumeurs entourant Imayoshi Shoichi :

- Bon au basketball (calme et réfléchi ; il a l'esprit de réflexion et de montage, il est aussi le capitaine de leur club de basket. Il est également connu pour effectuer une défense intense qui met la pression à l'adversaire).

- Intelligent (il fait partie des meilleurs au classement entre élèves).

- Bien élevé et gentil (tous les membres du club l'apprécient et lui font confiance en tant que capitaine, et en tant qu'ami pour certains).

- Flippant.

De ceux qui connaissaient Imayoshi, dix sur dix diraient cela : « Ce type est quelqu'un de bien. »

Même si vous deviez demander aux personnes dans le même club de basketball, dix sur dix serait…

Hanamiya déchira en deux la feuille sur laquelle il écrivait les informations qu'il récoltait sur son senpai. Il prit ensuite les deux morceaux de papiers pour ensuite les réduire en de petits carrés tout en gardant un visage calme, serein, ainsi que des yeux perdus dans le vague. Ses camarades de classe s'étaient retournés entretemps dans sa direction à la première agonie de la feuille, Hanamiya ayant était tout sauf discret. Mais ce que tout le monde ne voyait pas, et ce que tout le monde ignorait par-dessus le marché, c'était qu'à l'intérieur de lui Hanamiya fulminait. Il était tel un volcan sur le point d'entrer en éruption et n'épargnait personne. Une catastrophe comme jamais il n'y en aurait eu jusqu'à lors.

Et sa première cible serait sans nul doute Imayoshi Shoichi lui-même, son senpai d'une année.

Hanamiya Makoto était connu par ses camarades comme étant quelqu'un de gentil, d'agréable, un « bon gars » en quelque sorte. Seulement il était tout l'inverse, et avait dressé cette stupide réputation dans l'unique but de faire partir leur ancien coach et son idiot de fils sans être soupçonné. Le plan était parfait, il avait simplement à se lier d'amitié avec ces guignols qui formaient avec lui une équipe de basketball, et paraître le plus inoffensif du monde. Cela avait marché, comme sur des roulettes, malheureusement une personne l'avait grillé et avait su deviner sa véritable nature. Hanamiya n'avait pas commis de faute, il n'avait pas laissé échapper d'indices, c'était seulement les convictions de ce type qui l'avaient suspectées.

Les bonnes personnes, ça n'existe pas.

Sur ce point, Hanamiya était complètement d'accord avec Imayoshi. Rien n'était tout blanc ni tout noir. Une personne avait forcément des défauts, des imperfections, et de ce fait ne pouvait s'entendre avec tout le monde. De mauvaises choses étaient donc forcément dites ; et son erreur avait été d'être trop parfait, trop blanc.

Un long soupir l'emporta et rapidement Hanamiya croisa ses bras contre son bureau avant de plonger tête la première dessus. Il s'était fait utiliser par Imayoshi afin que leur ancien coach s'en aile le plus rapidement possible avec son fils, et que leur équipe de basket en devienne rapidement une vraie. Ayant été trop concentré sur ses propres stratagèmes, Hanamiya n'avait rien vu et avait continué d'agir en pensant être le seul à se soucier du niveau de cette école. Il ne savait pas, il n'avait pas encore réalisé la triste réalité. Il avait été un pantin entre les mains de cet être horripilant.

Pour cela, Hanamiya comptait prendre sa revanche et faire mordre la poussière à son senpai. Mais comment pouvait-il réaliser une telle chose quand l'adversaire face à lui parvenait à sonder chacune de ses intentions, et être le premier à découvrir qui il était réellement. Cela n'allait pas être chose facile. La difficulté de l'épreuve aurait pu intéresser davantage Hanamiya, seulement rappelons-le, le jeune homme préférait passer le moins de temps possible auprès de son senpai. Et pour battre son ennemi, il fallait être le plus près de lui ; le connaître mieux que personne afin de découvrir ses faiblesses et les lui jeter en pleine figure de la plus violente des façons.

« Hanamiya… »

La voix traînante qui fit s'enterrer davantage Hanamiya entre ses bras. Il fit semblant de dormir, de ne rien entendre, et souhaita du plus profond de son cœur que cette personne disparaisse le plus rapidement possible. Imayoshi se tenait en face de son bureau, il était venu jusqu'à la salle de classe de son kōhai dans l'entre deux cours, une feuille à la main.

« C'est dommage, il dort… je lui avais amené du chocolat… »

Son ventre le trahit de la manière la plus déloyale imaginable : un gargouillement recouvrit la totalité de la classe, mêlant désormais le ricanement de ses camarades et le sourire satisfait d'Imayoshi qui le grilla une énième fois dans ses intentions. Contre le haut de son crâne Hanamiya sentit quelque chose s'y frotter, dur et froid. Il pivota alors son visage de sorte à ce qu'il puisse ouvrir son œil gauche et voir ce qui se passait au-dessus de lui ; Imayoshi avait placé contre sa tête la tablette de chocolat qu'il récupéra rapidement avant de se redresser contre son siège. Hanamiya ne jeta aucun regard en direction de son senpai ni ne dit merci.

« Maintenant que je viens de te nourrir, tu m'en dois une !

— J'ai payé pour toi la dernière fois je te signale, idiot. »

La voix d'Hanamiya était des plus polaires et n'engageait en rien l'autre à poursuivre la conversation. Néanmoins Imayoshi y était habitué et puis il n'était pas n'importe qui. Autour d'eux, les camarades d'Hanamiya ne firent pas attention aux deux garçons mais cela n'empêcha pas son kōhai de garder ce stupide masque de bon garçon.

« Ce n'est pas bien d'être rancunier, mon petit Hanamiya. Qu'est-ce les autres pourraient penser de toi en découvrant cela. »

A ces mots, Hanamiya leva des yeux furieux en direction de son senpai qui se fichait royalement de lui. Comme toujours. Si seulement Imayoshi savait ce qu'il était en train de concocter à son sujet. Ce sourire moqueur allait bientôt se faire enterrer six pieds sous terre avant que ce crétin n'ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Au fil de ses pensées malveillantes à l'encontre d'Imayoshi, à son tour s'étira sur ses lèvres un sourire des plus inquiétants et méprisants.

Cela prendrait le temps qu'il faudra, Hanamiya était patient, mais il aurait la tête de ce type. Il le rendrait si misérable qu'Imayoshi serait ensuite incapable de se regarder dans un miroir. Il allait le briser, complètement.

« Cesse d'imaginer ma tête sur un piquet, mon gentil kōhai ! J'aimerai que tu remplisses ces documents, c'est pour le club. »

Sans davantage attendre, Imayoshi plaça la feuille qu'il détenait sur le bureau. Tout en continuant de croquer dans sa tablette de chocolat, Hanamiya laissa traîner son regard sur le morceau de papier et fronça rapidement des sourcils. Sa tête se rapprocha davantage de son bureau pour être certain de ce qu'il était en train de lire avant de revenir sur le visage tout souriant d'Imayoshi.

« Senpai se ficherait-il de moi par hasard ? Grinça-t-il alors que quelques têtes se tournaient dans leur direction.

— Oh non, non. Je n'oserais pas, voyons.

— Alors pourrait-il m'expliquer en quoi résoudre ces équations aidera d'une façon ou d'une autre le club ?

— Vois-tu mon cher Hanamiya, le club traverse une grosse crise de mathématiques. Ceci est notre stratégie pour battre notre prochain adversaire et je bloque à un certain point… comprends-tu la chance et le privilège que je t'accorde ? »

Autant autour d'eux les camarades d'Hanamiya riaient de la stupidité d'Imayoshi qui désirait clairement qu'il fasse ses devoirs à sa place, autant Hanamiya entrait sous peu en irruption. Il faisait tout son possible pour garder son masque de gentil garçon, mais celui-ci commençait à tomber en lambeaux à cause de ce sourire tremblant qui menaçait de muter en une grimace des plus horribles.

La feuille apportée par Imayoshi se froissa dans sa main au point d'en être déchirée. Tremblant telle une feuille, mais de rage, Hanamiya finit par se redresser brusquement et saisir de sa main libre le pan de la veste d'Imayoshi pour traîner celui-ci hors de la classe et lui régler son compte une bonne fois pour toute. Ils se retrouvèrent rapidement dans un coin isolé sans qu'Imayoshi n'ait répliqué ou essayé de se détacher de son cher kōhai. C'était même là le but de sa manœuvre : faire sortir Hanamiya de sa classe et n'être que tous les deux. Encore une fois Imayoshi avait remporté la bataille.

Hanamiya relâcha son emprise sur Imayoshi après avoir forcé ce dernier à rencontrer avec force le mur, et avoir plaqué sa main à quelques centimètres de son visage. Hanamiya fulminait de rage, sa respiration était bruyante et irrégulière et ses yeux se retrouvaient injectés de sang par la faute de cette personne. Et parmi toutes ces émotions qu'étaient en train d'essayer de canaliser Hanamiya, pour sa part Imayoshi, lui, s'en régalait. Il préférait nettement cet Hanamiya là à celui qui paraissait si parfait.

« Tu veux vraiment que je te bute ou bien ? Grogna de tout son soul Hanamiya en foudroyant du regard son senpai.

— Oh non, je n'en veux pas autant ! Juste ces équations et ça m'ira très bien.

Imayoshi était plus grand que lui, sûrement plus fort aussi, mais cela n'effrayait pas Hanamiya. Il n'avait pas peur d'en venir aux mains avec son senpai qui le narguait clairement dans l'unique but de le faire sortir de ses baskets. Pourtant, Imayoshi ne montra aucun signe d'animosité à son égard. Il sourit simplement, et bien que son sourire fût dédaigneux il ne chercha même pas à se dégager et resta le dos collé contre le mur et sa main à quelques centimètres de son visage.

« Mine de rien, tu n'es pas très futé mon petit Hanamiya.

— Je vais vraiment te casser la gueule, connard. »

Hanamiya se rapprocha de sa prochaine victime jusqu'à sentir le souffle d'Imayoshi contre ses joues. Son senpai avait gardé les yeux clos et paraissait si calme que cela en était dérangeant. Ne l'en croyait-il pas capable ? Sa main se décolla du mur dans le but de se saisir du col d'Imayoshi et de lui faire réaliser qu'il en était tout à fait capable, mais il n'en eut pas le temps. D'un simple geste, sec et pourtant si violent, Imayoshi l'empêcha de l'attraper en faisant rencontrer son avant-bras avec sa main. A ce moment, ses yeux s'entrouvrirent et ce que vit Hanamiya lui fit froid dans le dos.

Un regard assassin ; celui d'un animal qui fixerait sa proie dans l'unique but de l'engloutir d'une seule traite. Il déglutit instinctivement.

« Je vais te donner un autre conseil, Hanamiya. Ne te surestime pas trop, sache qu'il y aura toujours quelqu'un de plus fort que toi pour te faire redescendre. »

Cette fois-ci, Imayoshi se décala et cessa ainsi d'être collé contre le mur. Hanamiya le suivit du regard sans dire un mot, son cœur se remettant tout juste de ce qu'il venait d'entrapercevoir rapidement. De nouveau les yeux d'Imayoshi étaient refermés. Ce mec était dangereux, il le ressentait désormais. Il avait envie de fuir en courant et de ne plus jamais revenir dans ce collège, de ne plus recroiser ce regard et surtout de tout oublier.

« J'ai aussi appris que tu t'étais renseigné sur moi auprès de mes camarades. Apprends à être plus discret si tu veux t'en prendre à moi. »

Voilà, Imayoshi avait une nouvelle fois deviné ses intentions. Hanamiya n'aurait pas dû être surpris, mais il était à des années lumières de cela. Il ne pensait même plus.

Face à son silence, Imayoshi ne vit pas de raison pour s'attarder davantage et regagna sa classe sans jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Après quelques secondes et son senpai loin de lui, Hanamiya fut obligé de reprendre son souffle par de grandes inspirations. Depuis quand avait-il arrêté de respirer ? Il ne s'en était même pas rendu compte. Sans aucun doute Imayoshi venait de le recadrer, de le remettre à sa place, et Hanamiya n'avait même pas assez de force pour penser quoique ce soit. Le regard qu'il venait de découvrir, ce regard de bête sauvage, lui avait arraché toute ses forces.

Flippant.

Ce fut le seul mot qui vint à l'esprit d'Hanamiya alors qu'il retournait à son tour dans sa classe. Imayoshi Shoichi était une personne remplie de mystères qui de toute évidence étaient mieux tapis dans l'ombre que dévoilés au grand jour. Et pourtant, à cet instant, alors qu'il se rasseyait sur sa chaise et que ses camarades l'interrogèrent sur sa conversation avec leur senpai, Hanamiya comprit. Il sut que jamais il ne serait capable de détourner son regard de la silhouette d'Imayoshi, que ce dernier l'avait interpelé, avait su piquer quelque chose en lui qu'il avait jusqu'à lors ignoré, et que dorénavant il ne pouvait nier l'existence.

La curiosité était définitivement un bien vilain défaut.

Suite à ce jour, Hanamiya cessa ses recherches à propos de son senpai et continua d'étudier et d'aller à ses entraînements sans faire de vague. Lorsqu'Imayoshi venait à lui en tant que capitaine ou en tant que senpai, il lui répondait sans montrer son caractère infect et l'écoutait. Son changement d'attitude ne passa bien sûr pas inaperçu au regard aiguisé d'Imayoshi qui au fil des jours qui s'écoulait, et le masque d'Hanamiya s'étant davantage intensifié, n'appréciait à vrai dire pas la situation. Hanamiya Makoto était quelqu'un de beaucoup plus intéressant que ça. Il allait devoir trouver une idée pour redonner du poil à cette bête qui sommeiller à l'intérieur de son petit kōhai. Et celle-ci fut rapidement trouvée.

Au cours de cette semaine où Hanamiya était parvenu à le coincer contre un mur, un soir à la fin des cours où ils n'avaient pas entraînement, Imayoshi vint chercher le jeune garçon à sa salle de classe. Le Soleil se couchait et envoyait ses rayons colorées sur la cour illuminée par des tons orangés, chaleureux et baignés d'un courant d'air frais loin d'être désagréable. Les feuilles d'automne rendaient le cadre plus beau encore. Cependant, l'attention que portait Imayoshi sur l'extérieur s'arrêta lorsque la porte menant à la salle d'Hanamiya s'entrouvrit sur les premiers élèves qui la quittaient pour rentrer chez eux. La plupart ne remarquèrent même pas sa présence et passèrent sous son nez, même pour ceux qui faisaient partie du club, mais cela en fut autrement pour Hanamiya. Ce dernier s'arrêta, le regarda de la tête aux pieds comme pour s'assurer qu'il s'agissait bien de lui avant de le rejoindre.

« Senpai a-t-il un problème ?

— Allons manger quelque part. J'ai mon portefeuille cette fois, t'en fais pas. »

Sans ajouter quoique ce soit, Imayoshi décolla son dos du mur et entama les premiers pas en direction de la sortie pour rejoindre le fast-food où il avait déjà emmené Hanamiya. A la différence de la dernière fois, Hanamiya marchait d'un pas plus actif et lui jetait de temps à autre des coups d'œil interrogateurs sans pour autant formuler à voix haute toutes les questions qui devaient défiler dans sa tête. Par-dessus la cour, leur ombre se mélangeait avec les couleurs orangées du Soleil couchant.

A vrai dire, Imayoshi trouvait aussi cet aspect de la personnalité d'Hanamiya relativement mignon. Malgré autant d'agressivité, de méchanceté, le tout entourant un esprit calculateur pouvant se montrer violent afin d'arriver à ses fins, Imayoshi avait découvert que ce petit homme aimait les choses sucrées et pouvait hésiter à formuler des questions. Voir Hanamiya hésiter, alors qu'il pourrait lui crier dessus comme l'autre fois et le menacer de le frapper, était tout à fait attendrissant. Un rictus s'étira sur les lèvres d'Imayoshi alors que ce fut à son tour d'enfouir les mains dans les poches de son pantalon, enfoncer son menton dans son écharpe et marcher le plus lentement possible.

« Je ne vais pas te dévorer tu sais. Alors si tu as quelque chose à me dire, je préfère que tu le fasses.

— Je vois pas ce que j'aurais à dire à un idiot comme toi. » S'écria aussitôt l'intéressé en détournant du regard.

La mauvaise foi évidente du jeune homme fit doucement ricaner Imayoshi qui n'insista pas. Tous d'eux continuèrent alors d'avancer jusqu'au fast-food à leur rythme, profitant de l'air frais de fin de journée et des douces couleurs que leur offrait le ciel. De temps à autre néanmoins, Hanamiya continua de jeter de rapides coups d'œil en direction de son senpai. Pourquoi faisait-il cela ? Leur dernière véritable conversation remontait à ce moment où Imayoshi l'avait regardé comme un chat loucherait sur une souris avant de s'amuser avec et d'ensuite la dévorer. Et maintenant, Imayoshi se comportait comme si ce jour n'avait jamais existé.

« Pourquoi tu continues à me parler ? Je ne suis pas quelqu'un de fréquentable.

— Eh bien, eh bien… je ne suis maintenant plus un idiot pour toi ? Rappela-t-il amusé, tout en entourant les épaules d'Hanamiya de son bras pour l'embêter et terminer par une petite tape entre ses deux omoplates.

— La ferme… »

Imayoshi ricana davantage sans prendre néanmoins le temps de répondre à la question d'Hanamiya. Ils marchèrent ainsi plusieurs minutes dans le silence ; qui ne plut pas véritablement au plus jeune des deux puisque après tout il attendait une réponse. Ainsi, face au regard fixe de son kōhai contre sa peau, Imayoshi finit par céder.

« Je trouve simplement qu'au fond, on est pas si différent que ça l'un de l'autre. Tu es calculateur et n'hésite pas à manipuler les émotions des autres à ton égard, et tu endosses le rôle du gentil garçon pour que personne ne puisse te soupçonner. Je te trouve intéressant, voilà tout.

— Et là je dois te remercier, c'est ça ?

— Tu ne dois pas être du genre à remercier facilement, hein ? Je préfère réserver ce moment pour plus tard, quand l'instant sera plus propice.

— Quel instant au juste ? L'interrogea Hanamiya ; ayant la désagréable impression qu'Imayoshi savait déjà de quoi il parlait.

— Quand mon petit Hanamiya chéri sera si ému qu'il versera quelques larmes pour moi, tout en me remerciant chaudement. »

La décomposition du visage d'Hanamiya fit s'étirer un large sourire sur les lèvres d'Imayoshi qui poussa au même moment les portes du fast-food. Hanamiya resta la bouche ouverte et les yeux écarquillés jusqu'à ce que la vendeuse ne lui demande sa commande. Il n'en revenait pas. Imayoshi avait bien dit ce qu'il avait entendu. Lui ; remercier quelqu'un tout en pleurant chaudement ? C'était impossible. Inimaginable. Ecœurant. A la simple idée, Hanamiya avait l'envie pressante de rejoindre les toilettes pour déglutir tous ses précédents repas.

Il manquait définitivement une case dans la tête de son senpai ; et certainement pas qu'une seule.

Une fois leur commande prête, Imayoshi et Hanamiya s'assirent de nouveau face l'un à l'autre. A la différence de l'autre fois, Hanamiya avait pris davantage de choses qu'une simple glace au chocolat, bien que cela restait principalement sucré. Cette fois-ci, Imayoshi se retint de faire une quelconque réflexion et laissa le plus jeune manger à sa guise. Hanamiya sentit pourtant son regard intéressé par la composition de son plateau et fronça ses sourcils tout en le fusillant du regard. Il avait saisi l'idée qui lui avait traversé l'esprit, définitivement.

« Au fait, qu'on dit mes camarades sur moi quand tu les as interrogés ? Je n'ai pas pu te le demander la dernière fois, s'enquit Imayoshi avec intérêt.

— En quoi cela t'intéresse ? Je pensais que t'étais au-dessus de ça.

— Je le suis. Mais c'est toujours bon de savoir ce qu'on transparaît au regard des autres. Alors, alors, ils me qualifient comment ? »

Imayoshi s'amusait davantage de la situation que ne portait un réel intérêt à la réponse que pourrait lui donner Hanamiya. Celui-ci comprit dès lors que son senpai ne lui mentait pas : il se contrecarrait complètement de comment les autres le voyaient, et ne changerait aucunement pour eux.

« La plupart ont dit que tu jouais bien au basket et que tu étais un bon capitaine, tout en continuant en disant que tu étais intelligent. Ce dont je doute personnellement. Et d'autres disaient que tu étais gentil.

— Oh, intéressant.

— Ce ne sont que des foutaises. Toi, gentil… ils se plantent tellement tous.

— Et toi, comment me vois-tu ? » Le questionna-t-il sans vraiment faire attention à sa dernière réplique.

La question subite d'Imayoshi laissa pendant un temps Hanamiya sans voix. Rien ne passait par l'esprit désormais vide du plus jeune. Il vit néanmoins les yeux d'Imayoshi s'entrouvrirent de nouveau et Hanamiya repensa à ce jour où une étincelle bestiale se logeait derrière ces prunelles grisâtres. Dangereux. Ce fut le seul mot qui traversa l'esprit d'Hanamiya. Ce type était dangereux. De nouveau, il sentit ses jambes devenir flageolantes. Hanamiya détestait cet état de peur. Pourtant aujourd'hui, le regard d'Imayoshi n'avait rien de méchant.

Hanamiya détourna alors son regard et observa l'extérieur, cherchant ses mots à toute allure. Un silence trop long paraîtrait suspect. Il mettait déjà trop de temps à répondre, il en était parfaitement conscient.

« Toi… J'aurais préféré ne jamais avoir à te parler, car tu m'énerves à faire semblant de tout savoir. Tu es peut-être bon en tant que joueur de basket, du moins t'es moyen, mais putain ! Qu'est-ce que t'es chiant. »

Au lieu de s'énerver ou de répondre à toutes ces choses qu'une personne normale aurait pu qualifier d'offensantes, Imayoshi sourit simplement tout en refermant ses yeux. C'était là un sourire sincère, dépourvue de tout dédain ou de moquerie. Cela décontenança quelque peu Hanamiya à vrai dire. Il ne s'était pas attendu à une telle réaction.

« C'est pour ça que je te trouve intéressant, Hanamiya. Tu ne te laisses pas perturber par les apparences. Les bonnes personnes, ça n'existe pas. »

Le rappel d'Imayoshi eut un nouvel impact à l'intérieur du jeune garçon simplement âgé de douze ans. Par ces mots, Imayoshi se caractérisait lui-même de quelqu'un ni de bien, ni de mauvais. Personne n'était tout blanc, ni tout noir. Il y avait un juste milieu même si certaines personnes basculaient plus d'un côté que de l'autre. Le tout était de savoir lequel. Et de toute évidence, Imayoshi devait savoir de quel côté il devait se trouver lui-même.

« Pour ce soir, je paierai pour nous deux. Un moyen de me faire pardonner pour l'autre fois, hein ? »

Imayoshi se redressa pour aller régler leur commande, s'éloignant ainsi d'Hanamiya. De sa place, le jeune garçon vit son senpai s'éloigner et aller seul au niveau de la caisse. Hanamiya réalisa alors. Imayoshi semblait seul, profondément seul, et cela l'interpela. Après tout, c'était la même chose pour lui ; à cause de son masque de bon garçon, personne ne le connaissait véritablement, personne ne savait qui était le réel Hanamiya Makoto. Sauf Imayoshi. Lui seul connaissait son véritable caractère, et c'était seulement avec lui qu'il pouvait se comporter naturellement.

Cependant, qui était véritablement Imayoshi Shoichi ? Hanamiya le savait manipulateur, puisqu'il l'avait lui-même manipulé sans qu'il ne s'en rende compte, mais était-ce tout ? Il l'avait aussi trouvé dangereux et flippant pendant un instant. Mais était-ce tout ? Est-ce que son senpai avait quelqu'un pour se montrer sous son véritable jour, et ainsi pouvoir se comporter naturellement ? Porter un masque perpétuellement, se forcer à sourire aimablement et répondre gentiment, pouvait parfois se montrer fort usant. A des moments, Hanamiya se demandait pourquoi il continuait de se montrer gentil et aimable maintenant que leur ancien coach et son fils avaient foutu le camp de leur collège.

A vrai dire, il n'avait plus besoin de se comporter de la sorte.

« On y va ? »

L'appel d'Imayoshi le sortit de ses pensées et Hanamiya se redressa. Tout d'eux ils sortirent de fast-food et marchèrent ensembles jusqu'à ce que leur chemin ne se sépare pour rentrer chacun chez soi. En voyant disparaître Hanamiya au détour d'une ruelle, s'étant arrêté pour voir son kōhai avancer sans lui, Imayoshi ricana. Il s'en alla par la suite pour rentrer chez lui et se réchauffer.

Pour sa part, enfin rentré chez lui, Hanamiya salua rapidement ses parents avant de se faire interpeler par sa mère. Celle-ci arracha la feuille qui était accrochée par un scotch contre le dos de son fils et la lui tendit par la suite. Il s'agissait d'un papier remplit d'équations en toute sorte, des exercices d'année supérieur accompagnée d'un petit bonhomme qui lui tirait la langue tout en lui demandant de résoudre ces problèmes.

La feuille entre les mains, Hanamiya fut scié. Depuis combien de temps il avait cette feuille accrochée dans le dos ? Le jeune garçon chercha quand est-ce qu'Imayoshi avait pu la lui coller, et le seul souvenir qui lui revint fut quand son senpai l'eut pris par les épaules pour le secouer et finir cette étrange accolade par une tape entre ses deux omoplates. Il n'y avait que cet instant de possible.

Dans un élan de colère et de frustration, Hanamiya froissa le papier sans remords et grimpa à toute vitesse dans sa chambre pour crier un bon coup. Ce type s'était de nouveau fichu de lui, et en splendeur en plus.

Décompressant petit à petit, la feuille d'exercice d'Imayoshi se trouvant dans sa poubelle, Hanamiya se jura de se venger une bonne fois pour toute de son senpai. Il n'allait pas l'épargner et n'allait avoir aucune pitié. La bête qui sommeillait jusqu'à lors en lui allait bientôt se réveiller et se faire entendre. Il allait tout écraser sur son chemin. Pour sa part, allongé sur son lit, Imayoshi s'imaginait diverses réactions de son cher kōhai à la découverte de sa petite cachotterie. Le plus âgé des deux ne plut dès lors se retenir de rire et de trouver mignon Hanamiya. Si mignon que ça en deviendrait presque un crime.

Les jours qui suivirent l'affront d'Imayoshi, Hanamiya commença à se dévoiler sous son véritable jour auprès de ses camarades et de ses professeurs. Ces derniers n'avaient pas un aperçu complet de sa véritable personnalité, mais Hanamiya cessait d'être un gentil petit garçon inoffensif. Particulièrement lorsque Imayoshi pointait le bout de son nez dans sa classe, dans les couloirs, ainsi que dans les vestiaires du gymnase et sur le terrain. Si le véritable but d'Imayoshi était de faire tomber une bonne fois pour toute ce masque ridicule de « bon garçon » c'était réussi.

Dès qu'Imayoshi entrait dans son champ de vision, Hanamiya le rejetait immédiatement. Viscéralement. Le jeune homme montrait les crocs, l'insultait de vive voix sans se retenir, sous les yeux incrédules de ses camarades. Pour sa part, évidemment, Imayoshi s'en régalait.

Ce jour-là, Imayoshi était venu à lui alors qu'en compagnie de certain de ses camarades Hanamiya partait manger à l'extérieur avant la reprise des cours. Son senpai s'était approché avec deux de ses amis qui reculèrent rapidement en voyant l'aura menaçante s'envelopper du collégien pourtant plus jeune qu'eux.

« T'approche plus de moi, batard. »

Et sans un mot de plus, Hanamiya tourna talons sans attendre ses camarades et partit d'un pas rageur. Ses amis le rattrapèrent après quelques foulées tout en le questionnant son comportement envers l'un de leurs senpai. Mais la réponse du brun les laissa perplexe :

« Ce mec est le diable. »

Entre eux ils se jetèrent des coups d'œil incertains tandis qu'Hanamiya continuait d'avancer tout droit, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon et la mâchoire crispée. Si seulement il avait le pouvoir d'effacer l'existence d'Imayoshi Shoichi de la surface de cette planète, il ne s'en priverait certainement pas et s'en donnerait même à cœur joie.

De son côté, Imayoshi avait étiré un large sourire. La manière dont Hanamiya le tenait éloigné de lui était des plus amusantes. Il était comme un chat qui feulerait face à un adversaire ; une boule de poile qui inciterait plus à la prendre dans ses bras et la cajoler qu'à la fuir. Son amusement pour la situation ne passa pas inaperçu auprès de ses deux amis qui s'inquiétèrent de son état mental. A son tour toutefois, Imayoshi se retourna et partit manger en compagnie de ses camarades en sachant parfaitement que ce soir comme les précédents il retrouverait Hanamiya pour parler stratégie.

En effet, ces discussions étaient devenues une routine pour les deux garçons qui se retrouvaient comme à chaque fin de cours dans la salle d'Hanamiya pour concocter les entraînements des jours prochains ainsi que les plans pour les matchs à venir. Leurs deux cerveaux étant mis à contribution, leur équipe ne pouvait pas perdre. De plus, pendant les matchs contre d'autres écoles Hanamiya devenait de plus en plus hargneux, plus offensif, et sa façon toujours aussi discrète de s'en prendre à d'autres joueurs leur donnait l'avantage. Imayoshi était parfaitement conscient que ce n'était pas bien, ni loyal, mais il s'en fichait. Ils gagnaient.

Ainsi quand l'horloge annonça la fin des cours, Imayoshi rangea ses affaires pour ensuite partir sans saluer ses camarades et rejoindre Hanamiya toujours assis à sa place. A son entrée dans la pièce délaissée par les autres élèves, Hanamiya releva ses yeux dans sa direction alors que sur son bureau résidait une feuille où il avait déjà annoté certaines idées pour des entraînements. Comme d'habitude, Imayoshi vint s'installer à côté du bureau d'Hanamiya se trouvant côté fenêtre. Il s'appuya ainsi contre l'appui de celle-ci, debout, et prit entre ses mains la feuille de son kōhai pour lire ce qu'il avait bien pu écrire.

Et bien que la journée même Hanamiya lui avait craché de ne plus s'approcher de lui, cela ne l'empêchait pourtant pas de le regarder fixement en cet instant précis dans l'attente d'avoir son avis. Hanamiya Makoto n'était que contradiction.

« C'est pourri. »

Imayoshi broya la feuille entre ses mains tout en souriant comme un ange, bien que ce ne fût qu'une façade. Il entendit les pieds de la chaise d'Hanamiya crisser et ce dernier se redresser en venant faire claquer ses mains contre sa table. Son rugissement recouvrit la totalité de la pièce sans ébranler Imayoshi qui resta parfaitement serein.

« Je pensais qu'avec ton aide on avancerait considérablement, mais de toute évidence nous reculons. C'est attristant…

— Oï ! C'est toi le capitaine de cette équipe, alors tu peux m'expliquer pourquoi je me troue le cul à te faire ça ? Jura furieusement Hanamiya.

— J'en attendais beaucoup plus de ta part, mon cher Hanamiya… tu me déçois. »

La poubelle de classe ne se trouvant guère loin du bureau d'Hanamiya, Imayoshi ne résista pas à l'envie d'envoyer la boulette de papier qu'il avait formée à l'intérieur. Ce fut alors en redressant ses bras vers le plafond et d'un geste expert de ses mains que la boulette s'éleva vers le plafond avant de terminer sa chute dans la poubelle. Trois points.

« Ne me fais pas venir pour rien la prochaine fois. »

Imayoshi passa brutalement sa main dans les cheveux d'Hanamiya et les emmêla avec plaisir avant de se retirer et de laisser là, seul, son kōhai. En refermant la porte derrière lui, Imayoshi put entendre une trousse être violemment jetée pour ensuite retomber misérablement contre le sol, ainsi que des insultes fusant à son encontre. Néanmoins, il n'en avait strictement rien à faire qu'Hanamiya l'insulte, puisqu'il le faisait régulièrement, ni que ce dernier cherche à lui nuire.

Après tout, Imayoshi avait su déceler à l'intérieur de son cher kōhai un potentiel énorme. Ce dernier sommeillait encore en lui, du moins il ne s'était pas complètement éveillé et c'était ce que recherchait Imayoshi : l'éveil complet du joueur que devra être Hanamiya Makoto. Il ne devait pas être tendre et laisser son coéquipier se reposer sur ses lauriers, il pouvait assurément diriger une équipe, lui aussi. Il devait à l'inverse le pousser dans ses retranchements, pousser Hanamiya à ses limites ; le briser pour ensuite le reconstruire. Hanamiya était clairement capable de diriger une équipe et d'écraser ses adversaires à la fois. Il pouvait être un excellent capitaine si seulement il en prenait conscience et découvrait lui-même toutes les capacités dont regorgeait son corps.

Ses yeux ne le trompaient jamais.

Ainsi plus les jours défilaient et plus Imayoshi se montrait encore plus impitoyable. En compagnie d'Hanamiya il passait le plus clair de son temps à parler de stratégies, à s'entraîner uniquement tous les deux tandis que les autres joueurs rentraient chez eux, et allaient ensuite se restaurer dans leur fast-food habituel ou dans un petit bar préparant des Ramens à des prix abordables. Pendant plusieurs semaines qui se changèrent bientôt en mois, Imayoshi enseigna tout ce qu'il pouvait savoir à Hanamiya sans avoir parlé à l'intéressé de ses véritables intentions. Hanamiya devait le découvrir lui-même, il n'allait tout de même pas lui mâcher tout le boulot. C'était à lui de savoir ce qu'il voulait pour l'avenir, de qui il voulait être, et de qui il voulait être craint.

Cependant, le fait de passer autant de temps avec son kōhai faisait développer quelque chose qu'Imayoshi n'avait tout d'abord pas conçu dans ses plans. Et il s'en rendit compte le premier en remarquant de temps à autre les lèvres d'Hanamiya s'étirer en un sourire sincère lorsqu'il l'apercevait. Quelque chose de bon, d'agréable, qui au fond de lui ne le laissa pas insensible. Imayoshi n'aimait pas ça.

« Vous vous entendez bien ces derniers temps avec Hanamiya. C'est le calme avant la tempête ou bien ?

— Hm… qui sait ! »

La remarque de son camarade alors qu'ils mangeaient tranquillement dans leur salle de cours dérangea pourtant énormément Imayoshi. Cela ne se vit évidemment pas sur son visage de marbre, mais c'était bien là. Tout d'abord Imayoshi ne voyait pas de quoi pouvait bien se mêler son camarade, et surtout, était-ce ses affaires ? Toutefois Imayoshi sut qu'il devait apporter des modifications à la situation présente mais l'idée d'arrêter les entraînements d'Hanamiya était à exclure.

Pendant le reste de la journée et le lendemain, Imayoshi chercha une solution et se rappela du fait de briser Hanamiya pour ensuite le faire se reconstruire petit à petit. L'idée en tête, il ne manquait plus que les moyens et la méthode pour y parvenir. Cela se matérialisa soudainement sous ses yeux un jour où Imayoshi ne s'y attendait pas, comme quoi il n'était pas encore infaillible et que surtout la gente féminine savait s'y faire pour surprendre les hommes. Imayoshi s'en régala davantage du fait qu'il était accompagné d'Hanamiya lorsque cette fille se présenta à lui comme désireuse de s'entretenir en privée, sûrement pour se déclarer. Il ne pouvait s'agir que de cela.

« A plus tard, mon petit Hanamiya. »

Agitant sa main dans les cheveux du jeune homme, Imayoshi suivit les pas de cette fille en jetant néanmoins un coup d'œil par-dessus son épaule. Derrière lui Hanamiya était resté interdit, les yeux grands ouverts et une lueur de tristesse se dévoilant peu à peu. Il ne s'était donc pas non plus trompé sur ce point-là : son cher kōhai commençait réellement à trop s'attacher à lui, et ce n'était pas une bonne chose. Pas du tout.

Dans un coin reculé et à l'abri des regards, cette fille était de la même année que lui sans pour autant être dans sa classe. A vrai dire, Imayoshi n'écouta pas son baratin et se remémorait trop facilement le visage désemparé d'Hanamiya à son goût. Il chassa pourtant ses pensées en agitant sa tête sur les côtés avant de venir se concentrer sur le visage de cette fille loin d'être vilaine ; ses joues étaient cramoisies et sa mèche couvrait en grande partie ses yeux, aidée par le fait qu'elle penchait sa tête vers l'avant pour éviter son regard au cas où il la rejetterait. Seulement ce n'était là aucunement l'ambition d'Imayoshi, mais pas pour les raisons qu'elle espérait.

Après tout, un manipulateur en restait un jusqu'au bout. Il se fichait éperdument de blesser des personnes.

« Alors… est-ce que tu veux sortir avec… moi ? »

A cet instant cependant, la jeune fille redressa sa tête et ancra son regard dans celui d'Imayoshi qui avait gardé ses yeux clos. Tout son corps tremblait comme une feuille et chaque seconde lui paraissait être des décennies. En remarquant tout cela, Imayoshi ne fit pas perdurer le supplice et s'approcha de sa belle en venant caresser délicatement le haut de sa chevelure. Ses mains descendirent ensuite jusqu'aux épaules de cette fille et après l'avoir vue relever son menton, Imayoshi remarqua les lèvres tremblantes de son interlocutrice se décida à les embrasser en se penchant légèrement.