Notez bien que seule l'intrigue de cette fanfiction m'appartient. Les personnages et la plupart des lieux décrits sont tous issus des romans de la saga Harry Potter de J.K. Rowling.
Je souhaitai remercier tous les lecteurs du prologue de « Pas sans elle ». Vous avez été plus nombreux que ce à quoi je m'attendais ! Je n'ai pas écrit depuis longtemps, mais je sens que cette fanfiction pourrait vous tenir en haleine encore quelques temps… Merci en particulier à mes premiers commenteurs :
ClaP74 : Merci, merci, merci d'avoir été ma première revieweuse. Très heureuse que l'intrigue t'ai plu. C'est loin d'être terminé ! Quant à la « mort » de Sirius, j'ai toujours trouvé qu'elle était trop surréaliste (dans le livre) pour être réelle. Je me devais de remédier à ça, non ? Si tu vois d'autres fautes à l'avenir, n'hésite pas à me dire où, c'est toujours plus agréable un texte écrit dans un français correct !
SakiixChan : Merci, ravie que tu me lises. J'espère que ce chapitre te plaira autant.
Schoupette33 : Merci, cette suite est-elle à ton goût ?
Miss No Name : Merci pour tes encouragements, bonne lecture !
Deux choses avant de vous laisser :
1) Nouvelle mise en forme, je trouve qu'elle facilite un peu la lecture. Qu'en dites-vous ?
2) Si vous apercevez des fautes d'orthographe, de grammaire ou de conjugaison, s'il vous plait, dîtes le moi ! Je les traque mais il est souvent impossible de toutes les retrouver...
Bonne lecture à tous !
CHAPITRE I
Hermione avait eu énormément de difficulté à se concentrer sur son travail le reste de ce vendredi. Elle avait été incapable d'empêcher ses pensées de vagabonder jusqu'à la discussion gênante qu'elle avait eu avec sa belle-sœur. Qui, soit dit en passant, avait raison. Quelque chose clochait entre Ronald et Hermione.
Depuis des mois, depuis qu'il avait quitté le Ministère en fait, Ron était devenu taciturne. Il s'était totalement désintéressé de la vie de leur foyer et de leurs enfants. Et Hermione avait du faire bonne figure auprès de leurs enfants, leurs familles, amis et collègues respectifs. Elle aurait souhaité pouvoir l'aider. Elle avait essayé d'ailleurs, mais sans succès. Ron rejetait son affection et se renfermait un peu plus chaque jour.
À un moment, elle avait crû que reprendre la part de Fred de « Farces pour Sorciers Facétieux » l'aiderait à avancer, à surmonter la peine et les souvenirs de son adolescence. Mais finalement, il ne lui avait jamais semblé si malheureux. Comme si entrer dans cette boutique chaque jour lui rappelait son frère disparu inlassablement.
Ronald n'était pas du genre à montrer ses sentiments. Et bien qu'Hermione le connaissait bien, elle se demandait souvent à quoi il pensait, le regard dans le vide et les yeux humides.
Pour elle, le temps avait fait son office. Il faut dire qu'elle se sentait un peu coupable : elle n'avait perdu personne de très proche. Certes les disparitions de Remus et Tonks l'avaient peinée, tout comme celles de Fred ou de Dobby. Mais ses parents étaient en bonne santé, ses deux meilleurs amis également. Elle était donc devenue une jeune femme, puis une mère de famille, épanouie. Mais, de plus en plus, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si elle et son mari n'avait pas fini par emprunter des chemins différents. Elle avait essayé de se persuader que Ron avait seulement pris un grand détour et qu'ils se retrouveraient en temps voulu. Mais un détour de trois ans tenant plus du tour du monde en solitaire que du simple besoin d'air, elle était désormais incapable de s'en convaincre.
Tout en ruminant ces sombres pensées, Hermione releva les yeux de son parchemin. Elle n'y avait pas prêté attention jusqu'ici, mais son service semblait particulièrement silencieux. Certes, le Département d'Application des Lois Magiques n'était pas particulièrement connu pour être le plus bruyant du Ministère, mais il était rare qu'un silence de plomb y règne. Sauf une fois que le week-end arrivait. Un fois que le week-end arrivait… Hermione, prise de panique, sortit en trombe de son bureau pour s'informer sur l'heure. La grande pendule suspendue au milieu de l'open space était formelle : il était 19 heures, et elle avait raté son rendez-vous de 18 heures avec le Ministre.
Improductive. Et avec un sérieux déficit d'attention. En voilà une candidate aux élections ministérielles ! pensa-t-elle. Ce n'est pas parce qu'on connait le Ministre, sa femme et ses enfants depuis longtemps qu'on peut se permettre se genre de familiarité, Weasley !
Hermione s'en retourna dans son bureau et rassembla ses affaires. Même s'il était tard, elle savait que son mari ne l'attendait pas. Il était sans aucun doute encore quelque part sur le Chemin de Traverse ou au Chaudron Baveur. Et il ne rentrerait certainement pas avant qu'Hermione soit endormie depuis longtemps. Mais ce n'était pas une raison suffisante pour rester au bureau jusqu'à la fin du week-end. Hermione sortit donc et referma son bureau, le verrouillant par un sort de protection, puis se dirigea vers les ascenseurs.
En tant que Directrice du D.A.L.M., Département d'Application des Lois Magiques, il lui était demandé de porter une attention accrue à la sécurité des bureaux de son Département. En plus de la sécurisation de son bureau par de nombreux charmes, elle avait pour mission de s'assurer toutes les semaines de cette même sécurisation pour les bureaux de ses subordonnés. Elle était également en charge de délivrer des autorisations spéciales aux visiteurs du Ministère. Pour accéder aux bureaux du Magenmagot ou au Département des Mystères, par exemple. En général, elle déléguait cette mission à son assistante, mais puisqu'elle était actuellement en mission auprès d'un Ministère étranger, Hermione avait dû la reprendre à son compte.
L'atrium était désert. Ou presque… Hermione, en sortant de l'ascenseur, avait cru percevoir un mouvement, une présence, sans pour autant pouvoir en déterminer la source. Prudente, elle tira sa baguette de sa poche et sortit doucement de l'appareil. Elle regarda autour d'elle, à droite, à gauche, mais personne d'autre qu'elle ne s'emblait… Mais si ! Il y avait quelqu'un, c'était maintenant évident pour la brunette. Et elle savait exactement comment localiser la personne qui ne semblait pas vouloir se faire connaître. Déformation professionnelle ou bien réminiscence des jours sombres de son adolescence, toujours est-il qu'elle était toujours particulièrement prudente, surtout quand elle était seule.
- Hominum revelio, murmura-t-elle, afin de garder l'avantage dès qu'elle verrait l'intrus.
Il ne fallu pas plus de quelques seconde à Hermione pour repérer l'homme. Il était de dos et semblait tendu. Grand, brun, sa silhouette ne semblait pas inconnue à la sorcière. Elle s'avança avec précaution et le plus silencieusement possible. En tous cas c'est ce qu'elle pensait jusqu'à ce que le sorcier se retourne, baguette levée, un sourire satisfait aux lèvres.
- Expeliarmus ! s'exclama-t-il, presque en riant. Puis, son visage se figea un instant. Perplexe, il interrogea Hermione du regard.
Même s'il n'avait pas tenté de la désarmer, Hermione aurait lâché sa baguette dès l'instant où elle avait reconnu la chevelure de l'homme, finalement pas si inconnu qu'elle le pensait. Sauf qu'elle aurait eu tort. Il était parfaitement impensable qu'une haute fonctionnaire du Ministère de la Magie de Grande-Bretagne puisse se laisser surprendre de la sorte. Et Hermione se frappa intérieurement, tant elle se rendait compte à quel point la situation était risible.
Elle était bouche bée, désarmée, et avait cru un instant faire face à Sirius Black.
L'homme, qui ne pouvait être qu'un imposteur baissa sa baguette, son regard inquisiteur toujours posé sur Hermione, qui ne semblait pas disposée à réagir de quelque façon que ce soit.
- Vous n'êtes pas un Mangemort. En tous cas, ça serait dommage. Devoir emprisonner une si belle femme… ronronna-t-il, le ton enjôleur bien que clairement circonspect. Qui êtes-vous ? finit-il par demander, en relevant sa baguette.
Hermione sortit de sa torpeur. Elle s'était un peu trop laissé aller, et elle avait laissé ses problèmes personnels altérer son jugement. Elle avait deux options. Elle pouvait soit tenter le tout pour le tout en essayant d'attraper sa baguette avant qu'il ne l'immobilise (ou pire), soit essayer de le faire parler afin de déterminer si elle avait à faire à un ami ou un ennemi. L'homme semblait alerte et suffisamment rapide pour s'avérer être un adversaire de duel coriace, Hermione opta donc pour la solution diplomatique.
- Je suis la Directrice du Département d'Application des Lois Magique. Qui êtes-vous ?
- Qui je suis ?! hoqueta l'homme, sa baguette toujours tendue vers Hermione. Si vous ne me reconnaissez pas, vous faîtes une bien piètre fonctionnaire, Madame…
- Weasley.
L'homme plissa les yeux et partit dans une hilarité tonitruante. Cet accès de folie, ou d'autre chose que la sorcière était incapable d'identifier, fit frissonner Hermione. Le Polynectar, qu'elle soupçonnait être la cause de la présence du faux parrain d'Harry, était une potion remarquable. Mais ce rire était tout bonnement identique à celui de Sirius. Elle devait avoir à faire à un sorcier extrêmement puissant, tant la préparation de la potion de métamorphose était délicate.
- Weasley ! finit par s'exclamer l'homme, entre deux rires. Weasley, dit-elle ! Sachez, très chère madame, que je connais tous les Weasley. Et sachez qu'ils sont tous… Roulement de tambour… Roux ! Il y a deux possibilités maintenant. Soit vous êtes effectivement un ou une Weasley et on vous a forcé à boire du Polynectar puis on vous a effacé la mémoire, ce qui ne serait pas si étonnant, mais un peu décevant de la part des Mangemorts… interrogea-t-il d'abord, le sourcil levé et un sourire narquois toujours pendu à ses lèvres. Soit vous me mentez et vous êtes un Mangemort… finit-il, son regard s'assombrissant.
- Quel toupet ! s'exclama Hermione, qui commençait à perdre son calme et à penser qu'elle aurait dû tenter le tout pour le tout et l'affronter en duel dès le début.
Mais tout n'était pas perdu. L'homme semblait s'être quelque peu déconcentré durant leur conversation. Si bien qu'Hermione pouvait à présent se rapprocher doucement de sa baguette. Elle commença donc à osciller, d'une jambe sur l'autre, en poussant légèrement sur la droite à chaque mouvement. L'homme ne sembla pas s'apercevoir immédiatement du subterfuge, Hermione devait donc maintenir la conversation.
- Comment osez-vous m'accuser de menteuse ? Qui plus est d'utiliser du Polynectar ! N'avez-vous pas honte ?!
L'homme semblait perplexe, ce qui désarçonna Hermione une fraction de seconde.
- Honte de quoi, exactement ? demanda-t-il, en fronçant les sourcils.
- Mais enfin ! s'énerva Hermione. D'utiliser vous-même du Polynectar ! Et de m'accuser…
- Quoi ?! s'indigna le sorcier. Comment ça, d'en prendre moi-même ?!
Il baissa les yeux vers ses mains puis se tapota les hanches, le torse, le visage. Son manège dura quelques secondes. Secondes qui furent précieuse à Hermione qui réussi à se jeter sur sa baguette avant que l'homme n'ait le temps de la stupéfixer. Sans même avoir à prononcer la formule, Hermione désarma son opposant. Elle leva sa baguette. Il leva les mains.
- Attendez ! s'exclama l'homme. Qui êtes-vous ? Quel est votre nom, le vrai ? Et surtout qui pensez-vous que je sois ?!
- Je ne sais pas qui vous êtes, mais certainement pas celui en qui vous vous êtes déguisé. Sirius est… bafouilla Hermione, la voix légèrement tremblante. Sirius Black est mort en 1996. J'étais présente.
-Quoi ? En 96 ? Mais on est en 96 !
Le sorcier semblait perdu. Et Hermione ne comprenait plus vraiment ce qui se passait non plus. Si cet homme était persuadé d'être en 1996, alors…
- Nous somme en 2017. Pas en 96.
Le visage de l'homme se décomposa totalement. Son monde venait de s'écrouler. Il laissa ses bras retomber le long de son corps, le regard vide. Hermione n'en revenait pas du tour que cette discussion avait pris.
- Ginny ? hasarda l'homme, qui semblait incapable de regarder Hermione.
- Comment ça « Ginny » ? Quoi ?
- Tu es Ginny Weasley, n'est-ce pas ?
Cette question finit presque par convaincre Hermione, mais elle ne pouvait laisser aucune place au doute. Elle interrogea donc l'homme sur un détail dont Harry, Ron, Sirius et elle-même étaient quasiment les seuls à pouvoir se souvenir.
- Qu'avez-vous donné à Harry à la fin des vacances de Noël 1995 ?
- Quoi…? Hermione ? Hermione c'est bien toi ? comprit l'homme, en tentant de faire un pas vers la sorcière.
- Pas un geste, s'exclama Hermione, en agitant sa baguette. Je répète. Qu'avez-vous donné à Harry…
- Le miroir à double sens de James. Le miroir à double sens de James ! Hermione, c'est bien toi ?! s'exclama Sirius en écarquillant les yeux.
Hermione sentit un flot de larmes menaçant monter le long de sa gorge. Elle laissa retomber sa main et sa baguette et s'élança vers le parrain de son meilleur ami. Sirius ! Sirius était là, devant elle. Un million de questions se précipitait dans sa tête, mais aucune n'était aussi pressante que le besoin de toucher cet homme, afin de s'assurer qu'elle ne rêvait pas.
Hermione percuta Sirius de plein fouet, mais il ne vacilla pas. Elle ne se souvenait pas de la force de cet homme. Il faut dire que jamais elle n'avait été aussi proche de lui. Elle se prit dans ses bras, et un peu étonné, il lui rendit son étreinte. Aucun des deux ne savait réellement quoi dire. Hermione, qui n'avait jamais seulement imaginé qu'il était possible de revenir d'au-delà du voile de la Salle de la Mort du Département des Mystères, était sans voix. Elle savait que pour Sirius, la situation devait être tout aussi cocasse. S'il était persuadé d'être en 1996 jusqu'à quelques minutes auparavant, serrer dans ses bras la jeune fille de 16 ans, qui en avait désormais 37, et qu'il était persuadé d'avoir quitté quelques minutes ou heures auparavant, devait très certainement être déstabilisant.
- Comment êtes-vous revenu ?
- Pourquoi pensais-tu que j'étais mort ?
Ils avaient parlé en même temps et émirent un petit rire en se détachant l'un de l'autre.
- Vous ne vous souvenez de rien, alors ? demanda Hermione.
- Je ne sais pas vraiment de quoi je devrais me souvenir, en fait… Je me battais en duel avec Bellatrix, je suis tombé en traversant l'arche au milieu de cette salle dans le Département des Mystères, tu sais bien.
- La Salle de la Mort.
- Oui, c'est ça. Enfin, vous étiez tous là, Harry, Ron, toi, Fol Œil, Remus et les autres, et pouf ! Je me suis retrouvé seul au milieu de cette salle vide. Et maintenant, tu me dis que j'étais mort. Je n'y comprends rien ! Que s'est-il passé ?
La voix de Sirius de brisa et ses lèvres se mirent à trembler légèrement. La tension qui l'avait habité ces dernières minutes semblait se relâcher et le brun était au bord d'une crise de panique à en juger par les signes avant-coureurs qu'Hermione connaissait bien. Elle ne savait par où commencer pour lui expliquer ce qu'elle-même ne comprenait pas totalement. Devait-elle lui annoncer que la moitié de ses proches avait péri dans les années qui avaient suivi sa disparition ? Devait-elle l'amener à Harry immédiatement ? Le faire identifier par le Ministère ? Par le Ministre même. Après tout, Kingsley le connaissait personnellement et avait assisté à sa… Disparition ? Comment fallait-il appeler l'absence d'un homme pendant plus d'une décennie ?
Hermione posa donc sa main sur l'épaule de Sirius. Elle garda son calme, et essaya de ne pas penser à ses propres questions.
- Il y a beaucoup de choses dont nous devons parler. Vous avez beaucoup d'interrogations auxquelles je pourrai certainement répondre, et d'autres pour lesquelles je n'aurai pas de réponse. Mais si nous devons nous pencher sur ces questions maintenant, vous et moi allons avoir besoin d'un verre, voire même d'une bouteille.
À vos commentaires !
