Chapitre 6:

Concertations et rencontres

Un pégase de la Garde Royal attendait sur le pas de la lourde porte barrée de fer. Ils étaient dans l'aile nord du palais de Canterlot, celle de StarSwirl le barbu. Ce célèbre magicien avait instauré les codes de la magie tels que vous pouviez les retrouver dans les livres d'école. Il était cependant surtout connu pour être le père de plusieurs centaines de sortilèges plus surprenants les uns que les autres.

StarWild respectait énormément ce personnage. Il était l'un des rares poneys à pouvoir prétendre d'avoir lu un grand nombre de ses ouvrages, du moins tous ceux que l'on pouvait retrouver dans la Grande Bibliothèque du palais, basée dans cette aile. Beaucoup de pégase de la Garde patrouillait donc ici, afin de protégé le plus grand lieu dédié à l'archive d'Equestria. Celui qui avait frappé à la porte avait une robe noisette et le crin de blond. Quand StarWild le salua, il leva son antérieure droite à la tempe, puis donna un coup de talon. Il dit alors clairement d'une voix solennel:

« Sir StarWild, son Altesse la princesse Célestia souhaite vous voir au sujet des événements à venir et ceux qui sont passés. Elle vous attend dans l'aile ouest du palais, dans la salle des vitraux.

- Très bien, je l'y retrouve de ce pas. Vous pouvez disposer, vous savez? Lança-t-il au pégase qui n'avait toujours pas bougé d'un poil.

- Ahem, Sir! Sauf votre respect, mais je me proposais en fait de vous y amenez, sachant que... Commença le garde, l'air penaud.

- Je vous en prie, arrêter de me parler ainsi, et surtout, arrêter de m'appeler par ce titre. Il me ramène à des souvenirs bien plus sombres que vous ne puissiez l'imaginer. Je vous remercie de votre attention, mais ne vous en fait pas. Effectivement je ne connais pas ce château autant qu'un autre, mais il ne m'est pas non plus inconnu. De plus, je préfère marcher seul.

- Compris, S...Je voulais dire, monsieur! Se corrigea le pégase, sous le regard insistant de l'alicorne. Faites comme vous le souhaiter. Bonne journée. »

Tandis que le garde s'éloigna, traversant le corridor, StarWild retourna à l'intérieur de la pièce où il s'était réveillé. Ils s'agissaient tout simplement de la fameuse Bibliothèque. La veille, après la fin de son spectacle, il s'était directement téléporté dans cette énorme pièce débordant de livres, espérant ainsi trouver un journal qui lui tenait particulièrement à cœur. En vain. C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Il s'était endormi à-même le sol pendant sa recherche. Maintenant, il cherchait tout autre chose. Il regarda de ci, de là, puis, n'y tenant plus, il s'arrêta au centre de la pièce, approchant précautionneusement d'un sablier qui s'écoulait lentement, très lentement. Il appela alors:

« Allez! Sors un peu de ta cachette, je sais que tu es ici. Montre-toi, je ne vais pas te manger! Quoique, à la réflexion... »

Pendant un instant, rien ne bougea, à par l'écoulement du sable. Puis un léger bruissement d'ailes se fit entendre. Un magnifique oiseau se montra du haut d'une étagère, le rouge et or de son plumage semblable aux flammes d'un feu éternel. L'envergure de ses ailes déployées faisait trois fois son corps. Sa queue se terminait en une triade de longue et fine plume d'un orange presque doré. Sa tête gracieuse aux yeux d'or, était prolongée par un bec recourbé comme ceux des aigles, et surplombé d'une petite huppe qui rendait l'animal débonnaire : Du moins en apparence. L'oiseau vint donc se posé sur la patte tendue de l'étalon, lui lançant gaiement des cris de bienvenue. Pour y répondre, StarWild frotta doucement sa tête contre celle plus délicate du phénix :

« A moi aussi tu m'as manqué, Philomena ! Ajouta-t-il, dans un léger sourire. Hé ! Arrête, tu me chatouille les naseaux avec tes plumes ! Tu ne connaîtrais pas un raccourci pour rejoindre Célestia ? »

Pour toutes réponses, le phénix tira sur la chaîne de StarWild, celle à laquelle était pendue son améthyste, pour l'inciter à le suivre. Puis il commença à voleter, et l'étalon s'élança à sa suite. Ils débouchèrent donc sur un rayon de la bibliothèque, semblable à n'importe quel autre, avec leur étagère pleine à craquer de livre plus ancien les uns que les autres. Il flottait dans l'air une odeur de vieux papier, dont bien des bibliophiles sont éperdument admiratif. La seule différence était qu'il s'agissait de la neuvième allée gauche en partant de la porte d'entrée, et que sur la cinquième rangée du haut se trouvait un livre mal déposé. Le seul de toute la bibliothèque. Quand StarWild voulut le redresser correctement, il sursauta, le souffle court, en entendant un son qui lui était dorénavant insupportable : le bruit d'un déclic mécanique. Il fit volte-face, et l'air surpris mais rassuré, il vit qu'à la place du mur qui fermait l'allée, il n'y avait plus qu'un couloir plongé dans l'obscurité. Quand Philomena s'engouffra dans le passage maintenant découvert, StarWild eut un petit sourire en coin. Il devait sûrement s'agir du ''raccourcis'' Qu'il lui avait demandé.

Lorsque l'étalon dépassa à son tour le seuil de la porte dérobé, celle-ci se referma, et il n'y avait alors plus aucune trace qu'une entrée se trouvait là. Un instant de nouveau inquiet, son anxiété redescendit quand derrière lui des torches s'allumaient comme par magie des deux côtés du passage. Leurs supports avaient la forme d'araignée à cinq pattes, toutes de longueur différente, qui tenait entre leurs membres le manche des flambeaux. Dans un lointain souvenir, trouble et comme appartenant à une autre vie, il crut se rappeler que quelqu'un avait appelé ceci des ''mains'', et que cette dernière personne en avait, du moins, il croyait qu'elle en avait à la place ou aurait dû se trouver ses sabots antérieurs. Mais StarWild ne s'attarda pas sur ce détail : Il avait bien d'autre sujet de préoccupation pour se soucier de quoi étaient inspirés ces supports, déambulant entre eux. Luna, non, NightMare Moon avait mentionné Pandoran, stipulé qu'elle devrait le remercier. Mais qu'avait-il à voir avec tout ça ? Il n'avait pas le droit d'agir ainsi, se servir de quelqu'un comme la princesse afin de la corrompre pour parvenir à ses fins. Du moins pas cette fois. Une chose était sûre, si le nom de ce sinistre personnage apparaissait de nouveau, Equestria connaîtrait une période sombre de son histoire. Peut-être même sa fin.

Allons, il devait certainement s'inquiéter pour rien. Jamais Pandoran ne retrouvera l'ensemble de ses pouvoirs, et ne pourra jamais prétendre pouvoir détruire ce monde. Malheureusement, rien ne pourrait l'empêcher de répandre les ténèbres dans le cœur des gens. StarWild ne pouvait que lutter pour essayer de déjouer ses plans maléfiques pour semer la zizanie dans ce monde. Et apparemment, il avait manipulé Luna pour la faire plonger dans l'ombre. L'étalon ne pouvait pour le moment que tenter de ramener la jument à la raison, et survivre pour y parvenir.

Le passage secret fit alors un coude, puis déboucha sur un escalier en colimaçon, très large. Les rangées de torches et leurs supports de pierre s'arrêtaient légèrement avant la première marche. Philomena l'y attendait calmement, se grattant les plumes de ses ailes de son bec incurvé. Quand il vit l'alicorne arriver, il reprit son envol et commença à s'élever, suivant le tracé de l'escalier, en une spirale que StarWild imagina élégante et gracieuse. Il gravit à son tour les marches, tenté de se téléporter directement en haut, mais se plaisant à marcher sans user de la magie. Il ne lui fallut d'ailleurs que quelques minutes pour parvenir au palier supérieur de la volée de marche. Il se retrouva alors devant un mur sans aucune imperfection, fait de pierre finement sculpter. Deux bustes de licornes plus anciens que le palais lui-même demeuraient là, gardiens muets de ce côté du passage. Le phénix s'était de nouveau posé sur l'une de ces antiques statues. Il marchait tranquillement sur la tête de cette dernière puis sautilla pour atterrir sur son oreille gauche. Un autre bruit de mécanisme retentit, agissant de la même façon sur l'esprit de StarWild qu'à l'entrée. L'oreille pierreuse s'était inclinée en arrière sous le poids de l'oiseau, qui laissa échapper un cri de frustration. Le mur se leva, comme les rideaux sur une pièce de théâtre, inondant soudainement de rayons de soleil l'étalon, qui déploya ses ailes pour se protéger les yeux, le temps que ces derniers se réhabituassent à la lumière colorée.

Il était arrivé dans la salle des vitraux. Il ne lui avait fallu pas moins de dix minutes pour traverser l'intégralité du palais. Le phénix se précipita gaiement au côté de la Princesse Célestia. Mais lorsqu'il vit que sa maîtresse ne répondit à sa joie que par un merci Philomena dénué de toutes émotions, il se posa lentement sur son épaule et mis sa tête sous son aile. StarWild, quant à lui, resta un long moment indécis, attendant que la Princesse veuille bien lui dire pourquoi elle l'avait convoqué précisément. Mais comme la réponse ne vint pas, et qu'il eut avisé le vitrail devant lequel elle se tenait, lui aussi devint stoïque. Silencieusement, il commença à s'avancer doucement, ses yeux humides de nostalgie toujours rivés sur le verre coloré.

Le vitrail en lui-même était circulaire, et de très belle manufacture. L'artiste qui l'avait réalisé avait accentué son travail sur le figuratif. Il était composé de deux cercles (l'un au-dessus de l'autre) eux même divisés en sept autres cercles représentant l'archétype d'une lune dans le rond inférieur ou d'un soleil dans celui du dessus. De ces deux regroupements de cercle partait comme une traînée, de passereaux pour le jour, et de chauve-souris pour la nuit. Et bien sûr, sur ce vitrail apparaissaient, cabrées et les yeux fermés, Célestia et une autre jument. Cette dernière n'était autre que Luna, la petite sœur de la Princesse à la crinière arc-en-ciel. Elle avait le même port altier qu'elle, la même majesté, et portait en ornement une couronne d'argent noir et un collier de la même matière, où une lune était représentée. Néanmoins, elle avait ce halo mystique qui flottait autour d'elle, comme si ces habitudes étaient à l'exact opposé de celle que pourrait avoir n'importe quel animal diurne. De plus, sa fourrure était d'un bleu nuit, presque noir, et sa crinière était semblable à une nébuleuse, scintillant comme la voûte étoilée, nuancée d'un voile violet semblable à celui que prend le ciel juste avant l'aurore. Cela accentuait encore plus cette impression de peur muette face à l'inconnu.

La Lune et Le Soleil...La Nuit et Le Jour...La Lumière et Les Ténèbres...La Vie et La Mort...

Le Bien et le Mal...

Le monde était régit par cette équilibre perpétuel entre deux forces, l'une cherchant forcément à dominer l'autre. Cette équilibre était précaire, et un rien pouvait le briser, plongeant le monde dans la dévastation, le feu et le sang. Voici le rôle que jouaient les Deux Sœurs. Voici ce que représentait ce vitrail. Elles étaient le symbole de cet équilibre, chacune était l'ombre de l'autre, la lumière de l'autre. Si ces deux sœurs étaient unies et solidaires, le monde connaîtrait la paix. Mais si par malheur elles venaient à s'affronter...

StarWild s'arrêta juste à côté de Célestia, toujours inexpressive. Combien de temps demeurèrent-ils là côte à côte, plongés dans leurs pensées respectives ? Ils ne le surent jamais, et de toute façon, peu le leur importaient. Cependant, vient un moment où StarWild brisa le silence, ne supportant plus ce-dernier. Il demanda d'une voix détachée, une partie de son esprit toujours ailleurs :

« Tu doutais de ma venue ? »

La princesse ne répondit pas. Elle demeura encore un instant silencieuse, n'ayant pas la force d'engagé cette conversation. StarWild vit alors que les joues de son amie brillaient imperceptiblement, comme si vous veniez juste de pleurer. Quand l'étalon voulut se blottir contre elle afin de la réconforter comme elle l'avait fait lors qu'il quittait Goldenmane, elle s'appuya doucement contre lui, dans un élan de sentiments qu'elle tentait de refouler. Puis elle rompit aussitôt le contact. Lui faisant alors face, elle déclara d'un air de résignation :

« Je ne peux pas... Après les événements d'hier soir, je dois t'avouer que tes choix m'étaient imprévisibles. C'est pour cela que je t'ai envoyé Philomena.

- Je n'ai fait que dire la réalité, répliqua StarWild, ne comprenant pas la réaction de l'alicorne.

- Justement, Wil. Sais-tu dans qu'elle situation tu m'as mise, en agissant ainsi ? Demanda-t-elle, les lèvres tremblantes, comme si elle retenait difficilement le flot de mots qui voulait les traverser.

- Tia, Je ne pouvais pas cacher plus longtemps mes sentiments à ton égard. Je t'aime ! Cria-t-il, ses yeux bleus la suppliant du regard, redoutant ce qu'elle allait dire.

- Pourtant, tu te souviens de notre première rencontre ? De la promesse que nous nous sommes faits mutuellement ? Ajoute-t-elle, en fermant les yeux.

- Bien sûr ! Comment pourrais-je l'oublier ! Ta mère et toi vous m'aviez... » Commença-t-il.

Il s'arrêta net dans sa phrase. Toute la ferveur et la vivacité qui brillaient jusque-là dans ces yeux disparurent, remplacées par un élan de remord et de profonde tristesse au-delà du supportable. Il trembla de tout son corps, puis ses pattes cédèrent sous lui, sans qu'il ne fasse quoi que ce soit pour amortir sa chute. Il laissa ses larmes couler le long de son visage, incapable d'en arrêter le cours. Il n'avait plus aucune emprise sur son corps. Célestia se précipita vers lui tandis qu'il tombait. Elle resta à son coté durant tout le temps que la crise le prit. Des jets d'étincelles d'un argent sombre jaillissaient à l'occasion de sa corne, tandis que ces yeux prenaient de temps en temps une lueur verdâtre. Lorsque cela arrivait, Célestia entourait d'un halo de lumière doré l'étalon. Elle ne pouvait être que spectatrice de la lutte qui se déroulait maintenant dans l'esprit de l'étalon. Elle le regarda de temps à autre, impuissante contre l'incendie des émotions de StarWild. Depuis les premiers jours, il était victime de ces crises, qui le prenaient quand il se laissait emporter par le flot intense de ses sentiments négatifs, comme l'apitoiement ou la colère par exemple. Il s'agissait du contrecoup de son pouvoir. Car StarWild était puissant. Mais il contrôlait avec peine le flux de magie qu'il assimilait de façon exponentiel naturellement. Elle lui parla donc doucement, durant tout le temps où dans son délire il murmurait au sujet d'une personne qui n'était plus elle, ainsi que de la menace que cette dernière lui avait annoncé. Célestia compris immédiatement de qui il s'agissait : Mais elle savait que ce combat n'était pas le sien. Elle lui promit de mettre tous les moyens en œuvre pour le protéger, tandis qu'elle le suppliait également presque silencieusement:

« S'il-te-plaît, Wil. Pas toi non plus. Pas toi... »

Au son de sa voix, un changement sembla s'opérer chez son ami. Les étincelles se firent de moins en moins dense, l'intensité du vert de ses pupilles de plus en plus fade. StarWild revint petit à petit à la normal. Il avait le souffle pantelant, cependant, il avait repris le contrôle de son corps. La princesse l'aida à se relever, lentement car les pattes de l'étalon était encore flageolantes. Elle saisit alors ces mots, à peine perceptible dans le souffle haletant de l'alicorne :

« Je ne voulais pas... je...je...

- Chuuuuut, ce n'est rien, lui assura-t-elle. Je suis désolée de te rappeler ce mauvais souvenir, mais il faut absolument que j'en sois sûre. Quelle était-elle ?

- Nous nous sommes promis que nous resterons à jamais meilleurs amis, et ce même jusqu'à la toute fin... Commença StarWild, soudainement redevenu lui-même, comme s'il ne s'était rien passé quelques instant plus tôt.

- Que peu importerait les événements, nous nous efforcerions de nous dire que la vérité... Continua Célestia, regardant le cheval droit dans les yeux, l'incitant à poursuivre.

-Car si pour nous la passion est un pêché, notre amitié est alors notre lien le plus vrai. Termina StarWild, la tête basse.

- Comprends-tu maintenant, Wil? Je ne peux pas accepter tes avances. Sinon le monde perdra son équilibre et disparaîtra, selon le Destin. Tel est notre lot, le lot des grandes alicornes : Celui que tu à choisis.

- Peut-être, mais je ne peux pas faire comme si je n'avais jamais éprouvé ces sentiments! Je voulais absolument te dire ce que j'avais sur le cœur. Il était sur le point d'éclater ces derniers temps... ajouta-t-il, comme pour lui-même.

-Ce serait te mentir si je te disais que ces paroles m'ont laissé indifférente, mais nous devons laisser nos sentiments de côté. Cette prophétie n'annonce rien de bon, explique-t-elle, se retournant vers le vitrail. Nous devons décider des mesures que nous allons prendre à son propos.

- Je croyais que nous les avions déjà choisies? Demanda StarWild, se résignant à accepter de changer de sujet.

- Oui, mais rien ne nous empêche de les peaufiner. Nous nous focaliserons donc sur la recherche de cette mystérieuse licorne. Cependant, cela nous pousse à nous exposer à des dangers éventuels, dont la prophétie nous a clairement dis que nous devrions nous préserver. Je dois donc te poser cette question: Accepterais-tu d'avoir un garde du corps pour...

- Allons, Tia, je n'aie pas envie d'être suivi partout où je vais par un pégase dont je ne connais rien! Intervint StarWild.

- Si tu m'avais laissez finir, j'aurais pu te dire que tu pourrais avoir ce garde à la seule condition que tu le juge digne de confiance. Reprit la princesse, toisant l'étalon d'un regard explicite. Et cette mesure serait le minimum à prendre étant donné la phase de trouble que nous allons traverser. Je suspecte la possibilité d'un ou de plusieurs assassins lancer contre toi. Cela expliquerait pourquoi l'Espoir aurait disparu.

- C'est tout à fait possible, effectivement, répondit StarWild, songeur. Tu aurais une idée sur la personne à qui tu voudrais attribuer ma sécurité?

- Je songeais à Shining Armour, l'actuel capitaine de la Garde Royal du palais. C'est un poney de confiance. Expliqua Célestia.

- Le fils de Twilight Velvet et de Night Light?C'est vrai qu' il me semble tout à fait digne de confiance. Mais je me laisse le droit de le tester à un moment ou à un autre pour en être sûr. Cela te semble raisonnable? Demanda StarWild, soucieux de ne pas paraître trop présomptueux.

- Tout à fait, Répondit la princesse avec un léger rire. Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à te présenter à lui et à quelqu'un de très spécial. Je pense que tu seras content de la voir. Ensuite, je te guiderais jusqu'à l'Ecole des jeunes licornes surdouées, ou l'Ecole, plus brièvement.

Ce serait avec plaisir! Mais quelle est cette personne si particulière? Demanda-t-il, curieux.

- Tu verras bien! Répliqua -telle avec un rire encore plus franc que le précédent. Si tu me suis, tu le sauras bien assez tôt. Philomena, viens donc avec nous! »

Ainsi les deux alicornes se mirent en marche vers une lourde porte d'or. Elles passèrent donc entre de nombreux vitraux, représentant différente période de l'histoire Equestriane, comme la première célébration du Soleil d'été, ou encore différente figure héroïque ou importante, comme le colonel Firefly, qui nomma le premier escadron composé de sept pégases des Wonderbolts, ou encore le bannissement des Sirènes par StarSwirl le barbu. Lorsqu'ils arrivèrent au seuil des lourds panneaux, ces deux derniers s'ouvrir devant eux. Deux licornes de la Garde était poster de chaque côté, qui s'inclinèrent sur le passage de la princesse. Ils semblèrent néanmoins surpris de voir que cette dernière était accompagnée de StarWild, mais ne dire rien, la souveraine du Jour ne semblant pas s'inquiéter de sa présence. Les deux alicornes continuèrent donc leur marche, à travers le décor irréel de ce château. Si une chose vous frappait en premier chez ce dernier, c'était sa grandeur. Le palais était une ville à lui tout seule. Bien que la majorité des poneys qui y vivait était des gardes, l'on y retrouvait aussi des commis, des scribes ou encore des notaires, ainsi que des ambassadeurs de pays étranger, qui n'était d'ailleurs pas forcément frontalier, venant de lointaines contrée à l'est ou à l'ouest d'Equestria, d'au-delà la Grande Eau. On reconnaissait ces ambassadeurs à leur vêtement haut en couleur, allant du vert feuille au rouge cramoisi, en passant par le jaune orangé du cumin ou encore la couleur laiteuse de l'anis. StarWild salua chacun de ses ambassadeur avec la plus grande déférence possible, selon leur salut traditionnel qu'il s'efforçait d'employé le plus adroitement possible, de peur de les offenser. S'il avait un trou de mémoire sur les gestes à tenir, il observait la façon dont Célestia se présentait devant eux, et reproduisait ses gestes : Ce qui fit rire aux éclats certaine délégation, comme celle de Saddle Arabia !

Cependant, StarWild n'y fit guère attention. Célestia lui avait expliqué que le salut qu'il venait de réaliser était un salut réserver uniquement aux juments, mais au moins, il avait témoigné de son respect. La Princesse le guida à travers une succession d'escalier qu'il ne connaissait pas, qui les firent déboucher sur le chemin de ronde. Ils eurent alors une magnifique vue sur la ville de Canterlot aux contrebas du mont Orion, perchée au-dessus des plaines fertiles de l'arrière-pays. StarWild s'arrêta là un moment pour admirer la cité. Contrairement à Ponyville, les maisons étaient toute en dure, et la route pavée était clairement égalisée. Les poneys qui s'y affairaient portaient généralement des vêtements de haute-couture, et toisaient d'un regard hautain ceux qui portait autre chose que des redingotes classieuses ou encore des robes aux motifs compliqués. A la place des marchés ou des vendeurs à la criée, de nombreux magasins se faisaient concurrences : A un tel point que l'on pouvait se demander s'il comptait montrer leurs marchandises ou bien recouvrir leurs fenêtres de feuillets idiots où ces mêmes marchandises étaient représentées. Mais toute cette ville, qui semblait froides aux premiers abords, était fleurie. Aux fenêtres des cafés, au pied des monuments historique, au porte des habitations : Autant de lieu où l'on retrouvait roses, lys, iris ou encore géranium. L'odeur de tous ces végétaux ainsi que des arbres qui ombrageait quelque peu le parc du palais vous enivrait, et vous donnait l'impression d'être plus vivant que vous ne l'ayez jamais été.

StarWild concentra de nouveau son attention sur ce qui se passait sur le chemin de ronde. Des gardes royaux surveillaient les lieux alentours à tour de rôle, afin de prévenir tout danger qui pourrait survenir. Il semblait sur le qui-vive, anxieux. Mais quand une trompe sonna de plus haut dans les tourelles qui formaient les angles du périmètre du chemin de ronde, ils se détendirent quelque peu. Il s'agissait du signal de la relève. L'étalon vit alors que ceux qui quittait leurs poste avait les yeux cernés : ils avaient sûrement dut prendre le dernier quart de la nuit. Célestia les remercia en leurs adressant des signes de tête, auxquels ses derniers répondait par une révérence. Elle poursuivit sa marche vers une tourelle, légèrement plus haute que celle que StarWild avait vue précédemment sur l'enceinte. Elle était jumeler à une autre, et l'étalon compris qu'il s'agissait des tours qui surplombaient la porte d'entrée du palais.

Les deux amis pénétrèrent donc à l'intérieur. Après avoir gravit une dernière volée de marche, ils débouchèrent sur une porte de bois massif, au teint légèrement sombre. La princesse frappa à la porte doucement. Une voix s'éleva alors :

« Nous arrivons, Célestia. »

Au moment où ces mots furent prononcés, la porte s'ouvrit, et une splendide alicorne en sortit, suivit d'une licorne mâle en armure rutilante. La première avait une grâce incontestable, sa fourrure rose pâle rigoureusement soignée, et sa crinière mauve, fuchsia et jaune pâle retombant élégamment sur son coté, formant une frange impeccable soulignant la profondeur de ses iris violette, légèrement plus foncées que celles de Célestia. Sa marque de beauté représentait un cœur de cristal.

Quand StarWild la vit, il manqua de sauter de surprise. Mais il se retint et salua la nouvelle venue avec le salut Equestrian : une révérence accompagné d'un hochement de tête. L'alicorne répondit par un salut nordique que StarWild connaissait bien : il consistait à lever la patte antérieure droite vers le cœur et à exercer une légère flexion sur les trois autres. Célestia dit alors d'une voix curieusement amusée:

« Sir StarWild, je vous présente la Princesse Mi Amore Cadenza, souveraine de l'empire de Crystal, et alicorne de l'amour. Princesse Mi Amore Cadenza, je vous présente Sir StarWild Dusk, alicorne de l'espoir et serviteur de la voûte étoilée.

- Je suis enchantée de vous rencontrer, Sir StarWild, ajouta l'alicorne rose d'une voix que la jeunesse rendait douce.

- Moi de même, Princesse Mi Amore Cadenza, répondit l'étalon, remis de sa surprise.

- Allons, je vous en prie, appeler moi Cadence, Sir, demanda la princesse de Crystal.

- Eh bien , si cela ne vous dérange pas , appeler moi donc simplement StarWild, votre Altesse.

- soit, approuva Cadence, souriante. Je voulais vous féliciter de votre prestation d'hier soir. Étant informé de ma venue, votre amie Mlle Scratch est venue m'accueillir, afin de m'accompagner jusqu'aux loges. A l'origine, elle devait me présenter à vous, mais comme vous sembliez absorber par votre répétition, nous avons préféré ne pas vous déranger. J'ai appris que vous étiez originaire de Crystal. Etait-ce cela que vous avez mentionné dans votre chanson par '' J'suis un prince, venu du grand froid'' ?

- Oui, effectivement, Cadence. J'y ai vécu les premières années de ma vie, avant que... Continua-t-il, de nouveau mélancolique.

- Je vois ce que tu veux dire, StarWild, expliqua la jeune princesse, sans s'apercevoir qu'elle venait de tutoyer l'étalon. Malheureusement, nous ne pouvons qu'espérer que cette malédiction prenne fin, pour l'instant. Mais je compte bien ramener un jour ou l'autre la prospérité dans mon Empire, qui m'est encore fermé. En attendant, cela ne me dérange pas du tout de vivre ici, au côté de Célestia dans ce palais, mais le bien-être de mes sujets m'inquiète toujours. Il ne devrait rien avoir à craindre pour le moment, la malédiction n'affectant pas leurs force, mais bientôt...

- Ne t'en fait pas, Cadence, intervint Célestia. Il ne reviendra pas de sitôt. Aujourd'hui, nous ne pouvons rien faire d'autre que de rester là à discuter ensemble. D'ailleurs, Shining Armour, où est passée votre langue, d'habitude si loquace ? Pourtant, s'il y a quelqu'un qui veux faire entendre sa parole, c'est bien vous ! »Ajouta-t-elle dans un rire.

La licorne mâle, qui jusque-là c'était tenu en retrait, pouffa à son tour. Ses dent était aussi blanche que sa robe, immaculé comme la neige. Sa crinière légèrement en bataille formait une cascade sur sa nuque, d'une belle couleur bleue claire et foncée, comme ses yeux. Son armure, en tant que capitaine de la Garde Royal de Canterlot, était en améthyste contournée d'or, couvrant son poitrail d'une armoiries représentant un bouclier sur lequel était inscrite une étoile magenta à six branches. Il se calma, puis justifia son silence :

« Votre Altesse, que pourrait dire une licorne comme moi alors que cette dernière est entourée de trois Alicornes, dont les problèmes dépasseraient ne serait-ce que l'entendement de la licorne la plus intelligente ?

- Vous êtes le commandant de ma garde, si quelqu'un est à-même de comprendre nos questionnement, c'est bien vous. Dit Célestia. Et puis, je pensais que vous étiez assez habitué à notre présence, après... Tant d'années à nous servir ! » Se reprit-elle avec empressement, de peur de commettre une erreur, mais avec un léger sous-entendu.

Sans que StarWild ne comprit exactement pourquoi, le visage de Shining Armour s'empourpra. De son coté, Cadence rougit légèrement. Quand les deux poneys croisèrent leurs regards, ils firent tout pour cacher cette soudaine rougeur, en faisant comme s'ils regardaient ailleurs. Mais à chaque fois leurs yeux se rejoignaient de nouveau. C'est à ce moment-là que Cadence s'excusa :

« Désolé de partir comme ça, mais j'ai promis à Mlle Twilight Sparkle de venir jouer avec elle ce matin. Je vous souhaite donc une bonne fin de journée, et à tout à l'heure pour le déjeuner, Célestia. Ajouta-t-elle en saluant une dernière fois cette dernière et StarWild, puis en jetant un dernier regard à Shining Armour.

- T...Voudriez-vous bien passer le bonjour à ma petite sœur, Votre Altesse ? Demanda la licorne, non sans gêne.

- Je tâcherais de le lui dire, ne vous en faites pas. Au revoir ! » Répondit Cadence avant de commencer à descendre les escaliers.

Shining Armour suivit autant qu'il put la jeune alicorne du regard, sans s'apercevoir que cela faisait sourire Célestia. Puis il se tourna vers StarWild, afin de se présenter officiellement, appuyant ces paroles du même geste que le pégase de ce matin :

- Je suis Shining Armour, fils de Night Light et de Twilight Velevet, Et 7ème commandant de la Garde Royal. Je suis enchanté de vous rencontrer, Monsieur StarWild Dusk, 2nd commandant du même corps.

- Je suis très heureux de vous rencontrer, Shining Armour, mais je vous prie de ne plus prononcer mon nom complet ni mon ancien statut, répondit l'étalon gris. Qui sait ce qui pourrait arriver si cela tombait entre les mains de quelqu'un de malintentionné?

- Je comprends parfaitement monsieur. Affirma la licorne, hochant légèrement la tête.

- Shining Armour, je souhaiterais vous assigner à la sécurité de StarWild, expliqua Célestia, d'un ton beaucoup plus sérieux que celui qu'elle avait eu jusque-là., Cependant, je me dois de vous prévenir : Ce poste vous exposerait à de grands dangers, peut-être même mortels. Seriez-vous prêt à l'accepter ?

- Peu m'importe les risques, je serais prêt à aller jusque dans le Tartarus* pour vous servir ! S'exclama Shining Armour, remettant son sabot à sa tempe. Qu'elle est le déroulement de cette mission ?

- Je vous en prie, repos, lui demanda Célestia. Elle peut sembler anodine pour l'instant, mais je souhaiterais que vous accompagnez StarWild lors de ses allé et venu à l'Ecole. Rien ne garantit qu'il se fasse agresser lors de ces trajets, mais nous ne sommes jamais trop prudents.

- A vrai dire, pour le moment, cela se résume à ce que je vous rejoigne à l'entrée de Canterlot, c'est à dire ici, et qu'ensuite vous m'accompagner jusqu'à la classe ou le bureau où je serais dans l' école, et à ce que vous y patrouiller en tant que garde à la recherche de toute chose ou personne suspecte, intervint StarWild. Nous n'avons encore que des suspicions.

- Et quels sont-elles, si je puis me permettre? Demanda Shining Armour, réfléchissant.

- Nous suspectons la possibilité d'un réseau d'assassins infiltrés afin de tuer StarWild, lui révéla Célestia

- Comment ?! S'interloqua la licorne.

- Il s'avère que... Quelqu'un souhaite ardemment ma mort, dit StarWild, légèrement surpris de la façon dont Célestia avait parlé du sujet. Avant, je me dissimulais sous l'identité de Thunder Hope, et étais quasiment intouchable, alors que maintenant...

- Je vois. C'est pour cela que vous agissez dans le plus grand secret, votre Altesse ? Demanda-t-il en se tournant vers la princesse. Très bien. Je suis prêt à accepter cette mission, si vous me juger assez digne de confiance pour me l'assigner.

-Soit, dit la princesse, apparemment satisfaite. Votre nouveau poste prendra effet dès demain, alors je n'ai qu'un conseil à vous donner : Évitez de vous coucher trop tard ce soir, aussi occupés que vous serez ! »

Shining Armour s'empourpra de nouveau, salua les deux alicornes puis bredouilla un vague au revoir. Tandis qu'il s'éloignait, les deux licornes ailées le suivirent du regard. Quand le garde disparu de son champ de vision, StarWild se tourna vers Célestia :

« Avait-il besoin d'en savoir autant ?

- Plus il en sait, mieux c'est. Il sera ainsi plus apte à te protéger, répondit Célestia du tac-au-tac.

- Soit. »

Ils redescendirent les escaliers pour déboucher sous le soleil éclatant, qui se rapprochait de son zénith, sur le chemin de ronde. La température était incroyablement douce pour une journée du milieu de l'Automne. Là ils s'arrêtèrent de nouveau, observant la ville en contrebas. C'est là qu'ils le revirent, en compagnie de Cadence et d'une petite pouliche, au crin sombre (avec seulement deux bandes violette et rose) et couleur lavande, qui riait aux éclats sous les chatouilles des deux autres. Ils semblaient au comble du bonheur. Célestia les observa ainsi pendant un certain temps, avec un étrange sourire teinté de regret, tandis que la pouliche s'arracha de la prise des deux amoureux pour essayer d'attraper les feuilles mortes qui tombait en tourbillonnant des hêtres. StarWild demanda de nouveau :

« Dis, Tia, cela semblait te faire rire, tout à l'heure, de le charrier comme ça sur ses sentiments.

- Je ne m'en moquais pas, si c'est ce que tu veux savoir, rétorqua gentiment la Princesse, toute expression de regrets disparaissant de son visage. Mais ne me demande pas d'être indifférente si je suis spectatrice de cette passion qui nous est interdite. D'ailleurs, depuis que tu as vu Cadence, toi aussi tu me semble beaucoup plus joyeux que tout à l'heure.

- C'est vrai, je m'y suis résigné. Alors, ne me demande pas non plus d'être indifférent au bonheur qui semble guetter ma nièce ! » Expliqua StarWild, avec un léger clin d'œil.

La princesse ria. L'étalon joignit son rire à celui de son amie. Philomena, qui s'était envolé quand ils étaient sorti sur le chemin de ronde, revint vers eux et se mit à chanter.

Oui, cette journée fut vraiment formidable.

Note:

Tartarus: se prononce ''Tartaros''. Je ne vous présente pas ce lieu, mais je tenais à préciser la prononciation de ce mot. Cela pourrait avoir son importance... ou pas.