Bonjour à tous ! Voici le cinquième chapitre ! Bonne lectures à tous :)


Chapitre 5

.

_Alors dis-moi tout, Estelle, m'interroge Erwin en me fixant sévèrement.

Là, assise présentement sur cette petite chaise en bois, face à mon paternel dont les coudes sont préalablement posés sur le bureau en bois sombres, je bugue.

_Hum… grommelais-je évasivement.

_Sérieusement petite. Te rends-tu compte des conséquences ? insiste-t-il en secouant son menton en galoche.

_Je ne pensez vraiment pas que quelqu'un allait débarquer dans ton bureau ! Et encore moins ton bras droit, protestais-je alors, submergée par l'irritation de voir mon père me reprendre. Je sais que je n'aurais pas dû faire ça, mais si mon plan avait abouti, il n'y aurait pas eu d'histoire !

_Je ne parle pas de cela, me détrompe le major en fronçant ses épais sourcils, ou du moins pas pour l'instant. Non, ce que je te demande, c'est ce qui s'est passé à la base de la garnison ouest de Chlroba.

_Oh, ça… articulais-je faiblement.

_Oui, j'attends des explications, décrète-t-il en me tendant une enveloppe jaunie et signé par le capitaine Bémol.

Je ne prends pas la peine de la lire, sachant très bien ce qu'elle contient.

_Je peux tout t'expliquer Erwin, m'exclamais-je immédiatement.

_Vraiment ? Alors dis-moi pourquoi tu as enchainés ces énormités ?

Sa voix se fait plus grave : mauvais signe.

_Parce qu'en plus de tes escapades non-autorisées par-delà le mur Rose et de tes petits rendez-vous secret avec les titans, alors que je te l'ai pourtant interdis un nombre incalculable de fois, tu parviens à faire pire, gronde-t-il sévèrement.

_Pour ce point, je te le répète une dernière fois, j'ai besoin de respirer papa ! J'étouffe entre ces murs !

_Arrête de m'appeler comme ça.

_Pourquoi ?

_Parce que tu emploies ce termes uniquement lorsque tu veux m'amadouer, répond sérieusement Erwin avec un regard noir.

_Tu préfères papounet ? rétorquais-je, amusée.

_Là n'est pas la question, Estelle. Peux-tu me dire comment tu as réussis à incendier l'estrade destinée à bénir le mur Rose ? Le culte du mur est désormais dans tous ses états à Chlroba et il cherche absolument un coupable ? Et celui qu'il accusera sera forcément innocent.

_Attend, là ce n'est pas moi ! C'est ce stupide prêtre fanatique qui à installer ses immenses bougies sans prévenir qui que ce soit ! critiquais-je outrée. Je descendais à peine du mur, lorsque j'ai remarqué les lumières. Et je les ai évité, d'ailleurs ! Je n'y suis pour rien si au passage, j'ai effrayé un passant et qu'il est tombé sur les chandeliers !

_Alors que tu revenais d'une sortie à l'extérieur, je présume ?

_Oui, mais c'est qu'un petit détail ça, balbutiais-je en passant une main nerveuse dans mes cheveux chocolat.

_Bon, et pour ces soldats que tu as envoyé à l'infirmerie ? L'un d'eux à de nombreuses fractures et tardera à s'en remettre.

_Erwin ! Tu te doutes bien de ce qu'il s'est passé ! gémis-je en faisant les yeux de chien battu.

Le blond me regarde avec le plus grand sérieux, avant de souffler avec lassitude.

_Tu as une nouvelle eu fois peur, conclu-t-il à raison. Mais de là à renverser une étagère métallique pleine à craquer sur eux… Bémol m'a dit qu'ils étaient d'excellents soldats qui, jusqu'ici, n'avait jamais causés le moindre incident. Contrairement à toi Estelle.

_J'étais tranquillement en train de boire un verre d'eau lorsqu'ils m'ont encerclé ! Si tu n'appelles pas ça de la légitime défense…

_Tu es vraiment naïve, petite, se résigne le major Erwin en secouant la tête. Ils souhaitaient probablement t'aborder, tout simplement. Tu me désoles.

_Juste pour ces petits problèmes ?

_Estelle, arrête de faire l'ignorante, sévit mon père adoptif. Tu sais très bien ce que tes exploits ont engendrés ! Ce fut la goute de trop pour Bémol, il refuse de te garder avec lui. Lis donc le dernier paragraphe, me recommande-t-il en me désignant du menton la lettre.

J'obéie.

Le capitaine Bémol explique, à travers son écriture en patte de bouche, que malgré l'amitié profonde qu'y les lis, il ne peut plus me garder. Je serais d'après ses mots « un élément perturbateur » « une charge » et « une source d'inquiétude » dont la responsabilité serait exténuante. Mouais, je le trouve un peu dur. Enfin, je présume que le major a tout de même atténué le fond de sa pensé pour ne pas vexer Erwin…

_Estelle, reprend mon interlocuteur. Tu as donc compris : finis les trois années passées à la garnison, tu vas à présents rejoindre le bataillon d'exploration.

_Et resté avec toi ? Super ! fis-je, un immense sourire aux lèvres.

Je vois bien qu'Erwin ne partage pas mon enthousiasme, mais qu'importe. Terminé les années cloîtrée dans la maison personnelle d'Erwin et finis les trois ans d'emmerdes à Chlroba !

_Reprend ton sérieux, Estelle, m'ordonne mon père tout en reprenant de mes mains la lettre cachetée.

_Mais papa, je suis tellement contente de te rejoindre ici ! Tu n'imagines pas à quel point ces humains étaient écœurants de fierté mal placée ! Entre la garnison qui se terre dans les villes et ces prêtres égoïste, je suis contente d'en avoir enfin finis avec eux.

_Bon, n'en parlons point pour le moment, je commence à me sentir fatigué, souffle le major en se levant de son siège.

_Ah, je vais te laisser alors, proposais-je autant pour lui que pour moi.

_Oui, mais n'oublie pas de me rejoindre au réfectoire ce soir. Je mange avec mes hommes, et compte sur ta présence.

_Papa, suppliais-je, nerveuse. Il y aura trop de monde.

_Je serais avec toi, donc non, reprend-t-il, catégorique.

Et sur ces paroles, Erwin ouvre la porte de son bureau et m'invite à regagner ma chambre.

...

...

Ainsi, je reste cloîtrée dans cette petite pièce aux volets rabattus pendant plusieurs heures. L'atmosphère sombre me pesait tandis que les murs semblaient se rapprocher les uns des autres. Les minutes s'écoulèrent avec une lenteur surprenante.

Lorsqu'il est enfin l'heure de dîner, j'hésite. En bas, dans la grande salle rectangulaire qui sert de réfectoire, se trouve surement la quasi-totalité des soldats du bataillon. Et sincèrement, il m'est difficile de retenir les tremblements qui m'animent. Car comme vous le savez, je ne supporte pas la foule. Victime d'une phobie sociale, il m'était vraiment difficile de rester à proximité d'une dizaines de personne. Alors plusieurs dizaines… J'avale difficilement ma salive.

Pourtant, je parviens à ouvrir la porte de ma chambre. Et là, surprise. Dans le couloir, m'attends Erwin et son bras droit : le caporal-chef Livaï.

_Félicitation Estelle, m'encourage le blond. Je craignais que ta volonté ne faiblisse devant cette agitation.

_Heureusement que tu es venue me chercher, le remerciais-je, la gorge sèche.

Mais mon regard se pose avec suspicion sur son collègue. Le jeune homme à la chevelure ébène ne m'inspirait aucune confiance. Et ce à juste cause : il a tout de même menacé de me couper les jambes le matin même. Mais lorsque le caporal plante également ses yeux gris cernés sur ma personne, je ne peux m'empêcher de détourner le regard.

_Allons-y, déclare ensuite le major en chef avant de tourner les talons.

Aussitôt, je lui emboite le pas et me range à sa hauteur. Livaï, lui, préfère restait en retrait et continu de me fixer avec attention. Je sens ma gène croître sous regard ombrageux.

_Nous voilà arrivé, me prévient Erwin avant d'ouvrir les portes.

Nous débouchons donc sur le réfectoire. Immense, bruyant et agité. J'ai du mal à retenir une grimace. Inconsciemment, je me rapproche de mon père et le suis à une table légèrement isolé. Cependant, quelques hommes et femmes y sont déjà attablés. Je reconnais d'ailleurs la femme aux lunettes et Petra. Malheureusement, je ne me souviens pas du prénom de la première, et les quatre individus mâles me sont inconnus. Oh, non. Je reconnais tout de même Mike Zacharias _ un blond qui m'a toujours fait pensé à un chien. D'un côté, sa manie de renifler les gens n'y est pas étrangère. Je me rappelle encore du jour où il à tenter de me sentir. J'ai manqué de défaillir de peur. Cela remonte à quatre ans maintenant.

_Assis-toi, m'intime Livaï, voyant que je restais debout à détailler les différents occupants de la table.

Je m'exécute sans broncher, bien trop effrayée à l'idée de contrarier quelqu'un. Ainsi, je me retrouve avec le major à ma gauche, et le caporal à ma droite. Au menu, une soupe, une ration de pain et de la charcuterie. Malgré mon malaise, je ne peux m'empêcher de saliver d'avance. La viande est si rare de nos jours.

Cependant, lorsque je relève la tête, je surprends le regard curieux de nombreux soldat. Immédiatement, je baisse de nouveau les yeux et tente de ne pas vomir. Tous ces yeux braqués sur moi. Tous ces murmures. Toute cette attention ! Je sens que le repas va être long.

Du coin de l'œil, je remarque néanmoins Connie. Il me fait de grand signe de la main, je lui réponds par un rapide hochement de la tête. A ses côtés, quelques adolescents. J'en reconnais certain. Il y a le célèbre Eren Jäger, allias le titan de l'humanité. Puis Mikasa, un jeune prodige dont les exploits se sont répondu au sein de l'armée, de même que le petit blondinet. Ce dernier s'appelle Armin, je crois. Mon père m'avait rapidement parlé de lui dans une lettre. C'est un excellent stratège. Il aimerait bien en faire un successeur potentiel. Enfin, il est vraiment petit. Un vrai gringalet.

_Bonjour Estelle ! Tu te souviens de moi ? Nous nous sommes rencontré ce matin, m'interpelle une voix bruyante sur ma gauche.

Je tourne aussitôt la tête et la cherche du regard. C'est la femme aux lunettes.

_Vous êtes ? sifflais malgré-moi.

Erwin pose une main sur mon épaule, tentant tant bien que mal de m'apaiser. Bien, je vais essayer de faire d'avantages d'effort.

_ Hansi Zoé, chef d'exportation sous la charge de ton père, le caporal Smith. Mais j'occupe principalement la fonction de chercheur et expérimentaliste dans le cadre de l'étude des titans.

_Comment-ça ? Je ne comprends pas.

_Attends, tu veux vraiment savoir ce que je fais ?

_Et bien… peut-être ? bredouillais-je pour ne pas attiser sa colère suite à un quelconque refus.

_Tu n'aurais pas dû… se plaint Livaï en terminant son verre de vin, avant de se lever rapidement de table.

Il est immédiatement suivit par ses collègues. Seul Erwin reste auprès de moi. Néanmoins, je le vois froncer les sourcils et se retenir de fuir la table à l'instar de ses hommes.

_Hansi, je ne veux pas que tu en parles avec elle, insiste-t-il en la fixant de ses pupilles froides.

_Mais pourquoi ? se plaint la concernée en faisant une moue chagrinée.

_Tes expérimentations ne sont pas des plus sympathiques, et je n'ai pas envie que la vision de ma fille sur les soldats du bataillon n'empire.

_Hein ? Mais voyons, avec un major de l'armée pour père, comment ne pourrait-elle pas aimer l'armée ? rit Hansi en remettant ses lunettes.

Erwin ne répond rien et termine tranquillement sa soupe. En ce qui me concerne, je suis surtout rassuré du départ des autres soldats. Le réfectoire se vide peu à peu et mon stress diminue légèrement. Je parviens à finir difficilement mon assiette, cependant, mon morceau de pain me reste intacte. Je me suis forcé à manger uniquement pour faire plaisir à mon père.

Puis, mes réflexions viennent se porter sur l'échange précédent. J'en ai rapidement déduit que cette Hansi Zoé doit faire des expériences bizarres sur les titans. Si Erwin juge préférable de me tenir dans l'ignorance, c'est que la vérité me dérouterait surement et me donnerai une raison supplémentaire de craindre les humains et leurs viles esprits.

...

...

Une fois que mon père eut fini de dîner, il m'emmena dans le dortoir des soldats. La chambre qui m'a servi de pièce à vivre pour l'après-midi ne semblait pas disposer des draps et de l'autorisation nécessaire pour que j'y couche. A cela, Erwin me présenta une chambre au premier étage. Elle semblait plutôt confortable avec son petit lit et sa table de chevet, pourtant, je le supplia de ne pas m'obliger à m'y installer. En effet, cette chambre avait de nombreuses voisines et donc, de nombreux colocataires de palier. Je pouvais déjà entrapercevoir différentes voix chuchoter entre elles, alors même que leur capitaine était à mes côtés. Infernal. Dès le départ de mon père, je suis certaine qu'un bruit infernal allait naître. Non, je ne peux décidément pas dormir dans un endroit aussi fréquenté.

_Papa je t'en pris ! Je ne peux pas dormir dans ta chambre ? Ou alors dans le même bâtiment ? C'est à même pas trente mètres d'ici.

_Estelle, tu n'es pas gradé, donc il est hors de question que je t'attribue une chambre sous prétexte que tu es ma fille, répond le blond.

_Mais je suis nouvelle...

_Ce qui ne joue absolument pas en ta faveur, les jeunes recrues doivent s'acclimater le plus rapidement possible aux structures de l'armée.

_Mais tu me connais, je ne vais pas pouvoir le supporter. S'il te plaît ! Je suis sûre que personne ne trouvera à redire.

_J'ai dis non, Esrelle. Et je suis catégorique. Par la fin des titans, j'avais oublié à quel point tu pouvais être difficile à gérer, maugréais-t-il en fermant mes volets. Livaï est tellement plus facile que toi...

_Normal que celà t'es sortis de l'esprit, tu n'es pas venu me voir depuis plus de sept six mois Erwin ! Et tu oses me comparer à ce monstre ? S'il est calme en apparence, son caractère est quant à lui sauvage et récalcitrant, cela se voit à dix mille lieus à la ronde. En plus, ne m'as-tu pas toi-même avoué dans l'une de tes lettres qu'il était un ancien voyou aux abords violents et impitoyable ? Un vrai insociable !

_Je t'ai également parlé de sa maîtrise de lui, et le plus important : qu'il obéissait à chacun de mes ordres sans jamais remettre en question mon jugement, lui. Sa compagnie n'a rien d'épuisant.

_Mais...

_Il suffit Estelle. Je ne peux pas te procurer une autre chambre. Et puis, dois-je te rappeler que tu te retrouves dans mon bataillon uniquement par ces circonstances... pour le moins dérangeantes ?

_Je n'ai jamais voulu envoyer ces deux garçons à l'hopital...

_Je te souhaite une bonne nuit, petite. Essaye de te reposer, termine simplement Erwin en m'embrassant sur le front.

Puis, ce dernier tourne les talons en prenant soin de refermer la porte derrière lui.

.


Et encore merci pour vos commentaires, EternalGivrali, Tiff, Guest, no game, mangaplus.

Ne t'inquiète pas Jean-Michelfille, je n'ai rien ! Merci de t'en soucier. J'espère que ce chapitre aura su répondre à vos attentes. ^^