Bonjour/Bonsoir

Les personnages et la saga Harry Potter, les chansons ne m'appartiennent pas.

Tadam, c'est la dernière partie ! J'ai un peu peur, j'espère que vous allez aimez (et je me suis fais la réflexion, un peu tard, que c'était peut-être un peu indigeste de publier trois gros blocs de presque 10 pages chacun... Mais bon tant pis ^^). J'ai écris un épilogue ABSOLUMENT pas sérieux, moi ça m'a fait rire de l'écrire tellement c'était absurde

Bonne lecture, enjoy (j'ai la flemme de mettre les points virgules, je le ferais plus tard)


50 nuisances de Draco Malfoy - Partie 3


The Posies – Coming Right Along

Peut-être que se baffrer de pizza devant Breaking Bad n'était pas la meilleure chose à faire à trois jours de son premier examen de rattrapages, cependant il se sentait décompresser quand il mangeait. Puis, Harry ne lui répondait plus depuis la veille au soir, c'est comme si Draco avait dit quelque chose de mal et que son Ami s'était retiré dans sa coquille et ne voulait plus lui parler.

« Hé bien, qu'il fasse la tête ! » souffla Draco, tel un chat furieux.

Sa vie ne tournait pas autour de Harry Potter et ce qu'il devait dire ou faire pour lui plaire. Quoique... si, un peu, un tout petit peu, peut-être que sa vie tournait très légèrement autour de Harry Potter, mais il ne voulait pas devenir comme Pansy et Blaise, à ne devenir qu'une seule personne et à dépendre l'un de l'autre, avec comme seul sujet de conversation sa moitié.

Non, il se foutait royalement que Harry ne lui réponde pas. Et puis, il se fichait aussi pas mal que Blaise l'oublie. Il se fichait aussi d'être dans une merde financière et que son travail l'ait implicitement viré, puis ses rattrapages se rappelèrent à lui et Draco s'effondra sur sa chaise.

Il allait devenir fou, son angoisse l'étranglait et lui passait les mains autour du cou. Fébrilement, il attrapa le flacon dans une de ses poches, colla sa narine contre le goulot, boucha l'autre et aspira une goulée salvatrice. Il dut s'allonger contre le sol de sa cuisine tandis que l'angoisse desserrait son nœud autour de son cou. Une soudaine envie de rire le prit, la vie était belle, il allait réussir ses rattrapages, une longue vie l'attendait. Il riait de tout son saoul quand les effets décroisèrent, la réalité le rattrapa brusquement et l'étrangla de nouveau, alors les larmes se mirent à couler sur ses joues. Il pouvait aller mieux, combattre son blocage par rapport au sexe, combattre sa dépression, mais s'il n'obtenait pas son année, il était foutu. Sa vie dépendait de ses rattrapages.


Slash & Adam Levine - Gotten

Les soirées Netflix and chill (juste du chill, pas autre chose) faisaient sans doute partie des meilleures soirées qu'il passait avec Harry. Draco avait passé, avec brio ou pas, il s'en savait rien, sa Première Semaine D'Enfer le round 2 commençait dans deux jours jours et tout ce cauchemar serait enfin terminé. Peut-être que la séance d'hypnose avait porté ses fruits : il se sentait beaucoup mieux, plus apaisé, terriblement détendu, presque insensible – ou alors était-ce le calme avant la tempête, le calme du futur suicidé. Peu importe.

Harry lui avait fait à manger, son plat préféré en plus : du risotto aux champignons, tout collant de fromage. Il en aurait presque pleuré, tant il était touché par l'attention, Harry était adorable, avec lui. Comme après chaque repas, ils fumaient leurs clopes digestives sur la terrasse, Harry caressait distraitement la jambe du blond, l'esprit ailleurs. Et Draco, à sa droite, ne le quittait pas des yeux, en se demandant, l'effet que cela pourrait lui faire si son Ami mettait son pénis en lui.

Il avait compris que « faire l'amour » n'était pas seulement l'action de mettre un pénis dans un trou et d'y faire des allées et retours, selon le magique Internet et ses amis, il y avait une notion de plaisir derrière (qu'il arrivait à comprendre), une notion de partage (qu'il ne saisissait que vaguement), une notion d'amour qui avait un lien avec le fait de mettre deux corps nus ensemble, de s'emboîter l'un dans l'autre et de montrer avec son érection combien on aimait son partenaire (mais là, il ne comprenait plus rien du tout). Donc, selon ses raisonnements, s'il « faisait l'amour » (peut-être que « coucher » était un terme plu adapté, « faire l'amour » ne lui évoquait rien à par tartiner son pain de mie avec du Nutella avec toute la douceur dont il était capable et d'y saupoudrer amoureusement du chocolat en poudre et du sucre glace par dessus), donc s'il couchait avec Harry, ce serait pour avoir du plaisir, lui en donner et pour partager un super moment avec lui. A partir de là, ça devenait nébuleux, mais envisager de sexer avec son Ami ou l'entendre dire qu'il avait envie de lui (ou envie de tartiner des sandwiches avec lui, ça sonnait mieux à l'oreille et c'était plus mignon) ne le terrifiait plus, ne le mettait plus en PLS. Des fois, il s'imaginait dans une situation intime avec Harry, mais là, il commençait à flipper. A vingt ans, Draco était complètement inexpérimenté (sa première relation ne comptait pas, pas du tout), il avait honte de son corps, la peur de tourner de l'œil devant le pénis de Harry le taraudait toujours, d'ailleurs, il détestait son pénis à lui parce qu'il était moche et inutile, et puis, la sodomie, c'était caca.

Quand il se mettait à flipper comme ça, il s'imaginait une situation rassurante, il se disait que le sexe c'était naturel, et puis... qu'il adviendrait ce qu'il pourrait. Ça le rassurait un peu. Et il priait pour que Harry lui apprenne toutes les techniques pour bien faire des sandwiches, histoire que Draco ne se sente pas trop nul, genre comme un sale commis de cuisine comparé au chef cuistot étoilé de cinq étoiles. Ça le tranquillisait aussi un peu d'imaginer ça. Et certaines fois, sa peur revenait au grand galop, et s'imaginer cuisiner avec Harry lui donnait envie de vomir et le laisser nauséeux.

« A quoi tu penses ? »

Draco releva la tête, Harry lui souriait doucement. Sans doute qu'il devrait encore attendre un peu pour dire que, psychiquement, tartiner toutes sortes de pain de mie avec lui ne l'effrayait plus – enfin presque plus. Et pour dire aussi qu'il sentait quelque chose fourmiller dans son ventre quand il pensait, que peut-être, éventuellement, dans l'absolu, il avait envie mentalement de Harry – pour la partie physique, on repasserait plus tard, son corps n'était pas encore totalement guéri.

« A mes rattrapages. J'ai... un peu peur.

- Tu vas tout déchirer, j'en suis sûr ! Et puis, là, t'as bossé comme un malade (même si ça aurait été mieux de faire ça aux partiels. »

Draco fit la moue, faussement vexé, Harry lui sourit à nouveau et son cœur fondit. Il s'appuya contre le torse de Draco, qui l'enlaça. Celui-ci resserra sa prise sur la tête brune et fit glisser ses doigts dans les cheveux noirs de jais. Harry entoura les jambes de son Ami dans ses bras. Moment câlin. Sans trop savoir pourquoi, l'envie de pleurer l'envahit maintenant, il avait l'habitude, son moral fluctuait au grès des nuages qui passaient dans le ciel.

« Je t'aime. »

Il était possible qu'il ait commencé à parler dans sa tête, mais à présent, il sentait ses lèvres bouger. Les larmes roulaient sur ses joues, en même temps que les mots hors de sa bouche. Son cœur se serrait tout en débordant de tendresse.

« Je t'aime. »

Il ne l'aimait peut-être pas maladivement, follement et furieusement, au point de devenir dingue d'amour, mais il l'aimait quand même. Son cœur palpitait pour lui. C'était doux, et chaud, ça apaisait son âme, c'est comme si celle-ci était connectée à celle de Harry, comme si Harry était une extension de lui, complètement similaire et différente à la fois.

« Je t'aime. »

Et si Harry pouvait attendre encore un peu, il se promettait de régler définitivement son problème avec le sexe, son dégoût, sa peur de l'intrusion qui le terrifiait. Harry était pétrifié contre lui : Draco ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait de lui-même, en premier.

« Je t'aime. »

Me laisse pas, t'arrives à faire taire la voix dans ma tête qui dit que je suis minable.

« Je t'aime, je t'en conjures, me laisse pas tomber. »

Ce qu'il gardait depuis des mois se libérait enfin.

Harry se redressa brusquement et le secoua par les épaules, ses yeux brillaient dans le noir.

« Tu crois vraiment que je vais te laisser tomber ? »

Combattant ses larmes, Draco se força à verbaliser ce qu'il ressentait.

« Je suis asexuel et dépressif, je suis chiant, je passe mon temps à dévaliser tes placards et à me plaindre. On sort ensemble depuis trois mois et on a toujours pas couché ensemble, j'suis nul, j'ai peur que tu me laisses, a-avec toi, je suis moins minable... et même si je me sens complètement à côté de la plaque et con parfois, je suis bien avec toi. »

Harry ne lui répondit pas de suite, Draco ne savait pas ce qu'il devait penser de ses yeux ronds et sa bouche grande ouverte.

« Pourquoi tu penses autant de mal de toi ? »

Cette fois, ce fut Draco qui fut incapable de parler. Il secoua tête, ignorant, les larmes dégoulinant sur ses joues. Il n'en savait rien.

« Je suis très bien avec toi. Ça m'importe peu qu'on couche pas ensemble (bon peut-être que dans plus de six mois, je te tiendrais pas le même discours mais pour le moment, je m'en fiche... presque), je sais que t'as des problèmes et je sais que tu es en train de les régler, pour moi, alors que tu voulais pas t'en préoccuper, je sais que t'as vécu un gros truc de merde hardcore et qu'il faut que tu surpasses ça, alors je peux attendre, sans problème. T'inquiètes pas pour ça. Et si je pouvais faire quoique ce soit pour te donner une estime de toi, je le ferais sans hésiter, t'es loin d'être tout ce que tu penses. T'es une personne géniale qui pense de la merde de lui parce que... parce que j'en sais rien, en vérité, mais tu penses n'importe quoi à propos de toi-même. Arrêtes de te dénigrer, ça me saoule. »

Draco resta silencieux quelques secondes, puis éclata en sanglot dans les bras de Harry. Il était peut-être pathétique, mais pathétique et amoureux avec l'Ami le plus génial au monde.


Hudson Taylor – Drop of Smoke

Son dernier examen se déroulait le lendemain, le calme l'avait quitté, remplacé par une panique grandissante et une tristesse écrasante. Le sexe le dégoûtait à nouveau, sa dépression gagnait une nouvelle fois du terrain. Tous ses efforts, la lutte qu'il avait mené, cela n'avait servi à rien. Il semblait à Draco qu'il repartait de zéro – sans ses cauchemars éveillés néanmoins. Il sniffait son flacon tous les jours, afin de se détendre il était las de lui et même Harry commençait à perdre patience.

« Ça serait vraiment cool si t'avais plus confiance en toi, j'en ai marre de ta déprime.

- J'en ai marre aussi de moi-même, lâcha Draco le visage contre la vitre, les yeux larmoyants.

- Ça aussi ça me saoule, que tu dises que t'en ai marres de toi. »

Draco roula des yeux. Comme si c'était facile. Peindre un masque chaque jour, le garder pendant des heures, sans rien laisser paraître alors que ses sentiments négatifs transpiraient derrière. Jouer le gars heureux alors qu'il devait lutter, contre la voix dans sa tête qui lui répétait qu'il était minable. Comme si c'était facile ! Harry ne connaissait que la partie visible du problème, une toute petite partie, et en plus il se plaignait ! Personne dans son entourage ne s'était rendu compte de ses sales idées, de la putain de corde qu'il avait acheté. Il était en plein désespoir avec lui même, sans savoir comment s'aider ni personne pour le faire.

« Au bord du vide, au bord des larmes, au bord des lèvres, à tort toujours au fond, à la lisière, jamais nulle part. Jamais. » (1) Sa phrase motivante du moment.

Draco aurait voulu lui dire que demain, quand son dernier serait fini, il se sentirait beaucoup mieux, mais en fait, il n'en savait rien. Peut-être que son état perdurerait. Peut-être qu'il avait perdu tous les bienfaits de l'hypnose.

Ils étaient arrivés devant chez Draco.

« Ça m'a fait plaisir de te voir. » murmura celui-ci d'une voix étranglée.

Harry ne lui répondit pas. Grand bien. Le blond l'embrassa sur le front.

« Rentre bien chez toi.

- Merci. »

Sa tristesse lui comprima la poitrine quand il franchit le pas de chez lui, pour une fois il était seul. Draco se pelotonna dans son lit, une tasse de thé fumante à la main et du chocolat au caramel dans l'autre, devant un épisode de Breaking Bad. Jessie Pinkman et Walter Junior lui remontaient toujours le moral. Pourtant il pleura pour son manque de Harry, il pleura pour le trou béant dans son cœur, dans son âme, pour l'apaisement qu'il avait perdu. Il aurait vendu son âme au diable pour le sourire de Harry et pour qu'il ne puisse plus jamais le faire souffrir. (2)


Draco avait donné rendez-vous à Blaise dans un café, suivant le conseil de Théo. Il regardait fixement la porte, guettant l'arrivée de son ami et priant pour qu'il soit seul. Son diabolo grenadine était vide, et à 3 euros 60 le verre, il se dit qu'il aurait mieux fait de le siroter comme un grand vin. Deux niveaux de Candy crush soda plus tard, Blaise s'assit en face de lui, essoufflé et les rouges rouges.

« Désolé du retard ! Je me réconciliais avec Pansy. »

Draco se recula dans la chaise, croisa les bras, haussa le sourcil.

« Réconcilier comment ? » demanda t-il lentement, avisant à présent la tenue débraillé de son ami.

Blaise lui fit un grand sourire.

« Oh non, c'est dégueulasse ! Tu t'es lavé avant de me voir, j'espère ?

- Pourquoi je me serais lavé ? C'est pas sale, et puis, je sens rien.

- Parce que les échanges de bave, de sperme, de cyprine, de germes et autres, c'est pas sale ? Est-ce que tu t'es au moins lavé les mains ?

- Arrêtes ta maniaquerie ! Je suis propre !

- Tu t'es pas lavé les mains, c'est ça ? se décomposa Draco, le visage blême. Tu viens de sexer avec ta meuf et tu viens me voir juste après... Oh mon Dieu, je me sens mal. »

Il prit la carte des desserts et s'aéra le visage, dégoûté et l'estomac retourné.

« Qu'est-ce qui te dégoûtes à ce point dans le sexe ? » l'interrogea Blaise, réellement curieux, après avoir commandé une bière.

Draco s'installa lus confortablement, prêt à faire son exposé.

« On échange plus de milles bactéries avec un baiser avec la langue, c'est sale. Les parties génitales, c'est sale. Les fluides corporels, c'est sale et se les échanger de manière orale ou dans un trou, si tu vois ce que je veux dire, c'est encore plus sale et ne pas se laver après tout ça, c'est carrément sale. »

Blaise était estomaqué.

« C'est juste... je sais pas, l'odeur de ton ou ta partenaire. Donc, t'es en train de me dire que si tu vas sexer Harry, tu vas te laver avant et après ?

- Bien sûr que oui. Et me laver des dents aussi si je me retrouve avec son pénis dans ma bouche bien propre. »

Blaise fut prit d'un énorme fou rire, les larmes roulèrent sur ses joues presque instantanément. Il riait si fort qu'il s'attirait les regards des passants et garçon de café.

« Le pire, c'est que tu plaisantes absolument pas en me disant ça, réussit à dire son ami entre deux éclats de rire. Tu fais un bain de bouche chaque fois après l'avoir embrassé ? »

Draco le fusilla du regard. Il attendit que Blaise se calme avant de demander :

« C'était comment ? De sexer, je veux dire. »

Heureusement que Blaise était habitué à ce genre de questions.

« Ça m'a fait du bien...

- Pourquoi ? le coupa le blond.

- C'est, hum, comme quelque chose qui te tiraille. J'avais envie d'être proche d'elle, de la voir nue, de la toucher...

- Ok, j'ai pas besoin de plus de détails. Mais pourquoi tu voulais faire tout ça ?

- Parce que ça me fait, ça nous fait, du bien. On se sent, je sais pas, apaisé et encore plus complice après l'acte. Voir que Pansy prend du plaisir, prendre du plaisir avec elle, c'est kiffant. C'est un lien entre nous.

- Je comprends pas, dit Draco, désappointé et perdu.

- Tu comprendras si tu sexes avec Harry, éluda Blaise.

- Ok, je vais ressentir du plaisir, je vais voir Harry nu dans toute sa splendeur magnifique, peut-être que je vais lui faire ressentir du plaisir (mais vu que je suis extra vierge comme l'huile d'olive, j'ai un peu des doutes), et avec sa verge tout aussi magnifique et puissante, je vais ressentir le grand frisson de l'orgasme, on va avoir un lien, une connexion ensemble (facile, vu qu'il aura son pénis en moi, tiens. J'ai l'impression d'être une prise USB) ok, c'est cool, ça, j'ai saisi. Mais pourquoi ? Pourquoi je vais me sentir plus proche de lui après, pourquoi on devrait sexer, pourquoi il a envie de ça, pourquoi ce lien ? »

Blaise s'écroula sur la table, secoué de spasmes et s'étouffant de rire.

« Extra vierge comme l'huile d'olive ! Une prise USB ! D'où tu sors ça ? »

Draco leva les yeux au ciel.

« Peut-être que c'est moi qui expliques mal alors, reprit Blaise, calmé. Bon, tu ressens pas de désir, c'est pour ça que tu saisis pas ce que je raconte. En fait, je crois que pour toi, le sexe va être un moment de plaisir et puis c'est tout. Peut-être que tu voudras recommencer parce que ça aura été cool, que ça aurait fait plaisir et que ça t'aura rendu heureux de lui faire plaisir (pas que tu voulais lui faire plaisir alors que t'étais chaud pour sexer, attention). Et tu vas te sentir plus proche de lui parce que t'auras passé un moment privilégié avec lui, mais... voilà. C'est tout ce que j'arrives à imaginer pour toi.

- Ok, j'arrive à saisir... S'il veut un lien entre nous, on a qu'à s'enlacer, pas s'emboîter l'un dans l'autre ! S'il veut être dévoué à moi, qu'il me fasse la cuisine ! C'est totalement absurde le sexe !

Blaise haussa les épaules.

« Pour toi, sans doute. Pour les gens comme nous, ça l'est pas. »

Draco n'était pas plus avancé dans sa thèse sur le sexe.

« En tout cas, je suis content de te voir... sans Pansy.

- Tu l'aimes pas ?

- Elle est gentille, mais c'est pas ma pote, toi, tu l'es. »


Nightcall – Sleepwallking / Yokko Kanno et Armor Dan – Von (j'hésite)

A présent, Draco attendait ses résultats. Il avait pensé qu'il serait beaucoup plus calme une fois ses rattrapages passés, cependant c'est le sentiment contraire qui le possédait. Il se réveillait la nuit en pensant aux potentielles erreurs qu'il avait pu commettre, cauchemardait à propos de son père qui s'évadait d'Azkaban ou de Harry qui le larguait, la corde cachée dans son tiroir à chaussettes s'imprimait encore et encore dans son esprit, son ventre criait famine en permanence malgré toute la nourriture qu'il ingurgitait, il ne pouvait rester quelques minutes sans rien faire sinon il pensait devenir fou. Théo désertait l'appartement tant il était insupportable, Harry s'éloignait, seul Blaise continuait de supporter Draco.

Le jou -1, Draco ne tenait plus en place. Ses résultats seraient affichés dans son UFR (3) ainsi que sur Internet, mais il avait préféré venir à la fac. Chez lui, il avait peur de se jeter d'une fenêtre ou de faire de la balançoire sur un coup de tête. Entouré de monde, il limitait son risque de geste inconsidéré. Il fumait clope sur clope, SUM 41 dans le oreilles, arpentant de long en large l'allée devant son bâtiment.

Et s'il n'avait pas son année, n'y avait-il pas une autre solution que de grimper à sa corde ? Un service civique, trouver un taff, retaper son année avec, en plus, d'une autre licence, vu qu'il n'aurait que quelques matières à redoubler ? Il y avait forcément une autre solution que de se pendre et, putain de merde, qu'il ne voulait pas mourir ! Il ferait tout pour aller encore mieux, il avait pleins de choses à faire, comme se cultiver, aller dans des musées, se faire un resto à volonté, finir de corriger son roman, voir Blaise, regarder pleins de film,s embrasser Harry, regarder une saison entière de Breaking Bad avec Théo, voir la mer, lire un tas de livres, rendre visite à sa mère, et son père, peut-être. Il ne pouvait pas mourir, pas maintenant, vraiment pas maintenant.

Son cœur battait difficilement, par à-coup, tout en galopant dans sa poitrine, et plus les minutes s'écoulaient et plus Draco avait du mal à respirer. Il fallait qu'il ait son année, il voulait pas crever. Sa tête allait exploser. Absolument avoir son année.

Un professeur ouvrit la porte, et les étudiants se ruèrent à l'intérieur. Draco sentit ses jambes flancher. Il voulait pas rentrer là-dedans, sa vie allait se jouer sur quelques mots. Bordel de merde. Et s'il retournait chez lui, et s'il faisait l'autruche ? C'était une merveilleuse idée, ça. Ses larmes menaçaient de déborder de ses yeux, il ne pouvait plus bouger, ni respirer. Il voyait les autres se réjouir ou partir avec des mines renfrognés, et il était complètement paralysé par la terreur à l'idée de faire partir de la deuxième catégorie.

Oh Merlin.

Rassemblant les miettes de son courage, il s'avança, franchit la porte, pénétra dans le hall. Il ne sentait plus ses jambes, ni ses mains, ses oreilles bourdonnaient.

Oh Merlin. Pitié.

Il arriva, le corps tremblant devant les tableaux d'admission. Il avait même oublié comment respirer.

Pitié.

Fébrilement, il chercha son nom sur la liste des admis.

Pitié, pitié, pitié.

Malfoy, Malfoy, Malfoy, Malfoy... Alors qu'il se sentait aspiré dans un puits sans fond, il se trouva ! Avec une moyenne de 11,5 à l'année, et deux matières à rattraper quand il serait en L2, mais il avait réussit son année.

Le monde redevint physique autour de lui, il entendit à nouveau les cris, les bruits de pas, le froissements des feuilles. Il s'effondra au sol, la tête entre les mains, en pleurs. Il avait son année, il avait sa putain d'année, bordel de merde ! Il pleurait de tout son saoul, il n'avait jamais été aussi heureux de toute sa vie !

« Hé, ça va ? » lui demanda une fille, s'accroupissant près de lui.

Draco releva la tête, les joues toujours mouillées.

« J'ai mon année, j'ai mon année, j'ai mon année, » répétait-il comme un bienheureux.

La jeune fille lui sourit, mais le regarda comme s'il était fou et s'éloigna doucement.

Se souvenant brusquement qu'il avait des amis, il envoya un message en majuscule à Blaise et Théo. Au même moment, il reçut un message de Harry. « Alors ? » Draco hésita, puis ses doigts furent plus rapide que son cerveau, qui lui intimait de le laisser mariner : « Je l'ai ! »

Harry l'appela quelques secondes plus tard.

« Viens chez moi, on va fêter ça !

- Oh, tu veux de moi maintenant ? » dit Draco plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Ils ne s'étaient pas vu depuis deux semaines, ils étaient légèrement en froid.

« Je... Pardon. Draco, viens chez moi et on s'expliquera.

- Je vais voir Théo, puis Blaise et après, je viens. Si c'est pas trop tard, minauda Draco, espérant le faire enrager.

- Ok, » souffla Harry, visiblement excédé.

Draco raccrocha sans lui dire « au revoir ». Bien sûr qu'il avait hâte de revoir Harry, mais il n'avait pas bien digéré le fait d'être abandonné. Vivre sa dépression et sa mauvaise estime de soi, c'était pour lui que c'était le plus difficile, pas pour Harry.

Il rentra à l'appartement fou de joie et aussi brillant que le soleil, il alla étreindre Théo, à peine sorti de la douche, une serviette de bain entouré autour de la taille et l'entraîna dans une danse folle au milieu du salon.

« J'ai mon année, j'ai mon année, j'ai mon année ! »

Théo dansa de bon cœur avec lui, avant de le repousser et de le traiter de malade. Imperméable à toute mauvaise humeur, Draco fonça en métro chez Blaise et lui sauta au cou à peine celui-ci eût-il ouvrit la porte.

« J'ai mon année bordel de sa mère ! »

Il pleurait sur l'épaule de Blaise, de soulagement ou de joie, il n'en savait rien. Pansy vint même l'étreindre. Son ami le força à rester prendre un verre chez lui. Draco sautillait sur le fauteuil, il n'avait jamais été aussi heureux de sa vie ! Pensait-il sérieusement que sa dépression allait durer tout sa vie ? Son 11 de moyenne lui avait bottée le cul et envoyée mordre la poussière !

« J'ai mon année ! »

Il oubliait parfois de respirer ou d'avaler sa salive, tant il était heureux et soulagé. Finalement, il se leva et fit les cents pas dans le salon, ponctué de quelques bonds par-ci par-là.

« Bordel de merde, je suis heureux, je suis heureux, je suis PUTAIN DE HEUREUX ! »

Blaise voulu lui servir un whisky, mais Draco refusa, demanda juste un coca. Il s'arrêta de sauter seulement pour boire. Il se fichait bien qu'on le prenne pour un fou, la mention « admis » venait de lui accorder la vie sauve, de le gracier.

« Faut que j'aille chez Harry, je l'ai pas vu depuis deux semaines, dit Draco en aspirant les quelques gouttes restantes au fond de son verre.

- Comment ça se fait ? s'enquit Pansy.

- Il m'a un peu abandonné. Il aime pas mon côté dépressif et que j'ai pas confiance en moi, mais ce côté-là de moi, c'est mon côté créatif et puis, je suis comme ça, tant pis. Je l'abandonne parce qu'il s'énerve pour de la merde dès fois ou parce qu'il envoie jamais le premier message ? Non ! Eh bien !

- Tu devrais lui en parler, en fait, pas nous en parler en nous, continua Pansy, experte thérapie de couple.

- Je sais... Mais la communication n'est pas mon fort. »

Draco remit ses chaussures, piqua des dragibus dans le tiroir de la cuisine et enfila son sac.

« Je vais chez Harry, je vous aime ! » cria t-il en dévalant les escaliers. Puis remonta : « On fête ma L1 quand ?

- Quand tu veux ! beugla Blaise.

- A dans trois jours chez moi pour faire un remake de projet X alors ! » Et Draco disparut dans la rue, toujours en sautillant.

Il arriva chez Harry deux heures après son appel. Sans doute qu'il aurait du venir beaucoup plus tard, le faire poireauter, lui il avait attendu deux semaines pour retrouver son Harry, mais il était trop impatient de le revoir. Néanmoins, c'est avec une petite boule dans le ventre qu'il sonna à sa porte. Draco oublia à nouveau comment respirer le temps que Harry déverrouille la porte et quand il se retrouva face à lui.

« Salut. »

Il se tenait raide comme un piquet, les mains le long de son corps et les lèvres pincées.

« Viens dans mes bras, tête de con. »

Harry l'attira contre lui et le serra à l'en étouffer. Draco sentit toute son angoisse des semaines passées s'écouler hors de lui, il se cramponna à son Ami et éclata en sanglot contre son tee-shirt.

Il se retrouvèrent quelques minutes plus tard sur le canapé de Harry, devant du thé et du brownie avec un cœur fondant au caramel. Draco séchait ses larmes, en entendant que Harry lui roule sa cigarette.

« Ça me fait du bien de te voir. J'ai l'impression qu'on s'est pas vu depuis une éternité. Et... Et tu m'as manqué... un peu » – Harry releva la tête indigné, Draco rajouta pour le calmer : « La seule chose à laquelle je pensais, c'était mes rattrapages, j'avais pas de place pour autre chose.

- Oh merci, » lâcha Harry, encore plus mécontent.

Draco roula des yeux. Est-ce que tout ce qu'il dirait serait mal interprété ? Ils se retrouvaient à peine et voilà que Harry faisait du boudin quand Draco s'épanchait. Génial !

« Alors, attends, explique-moi juste un truc, un-un tout petit truc : toi, tu as le droit de t'éloigner de moi, tu peux passer un jour sans m'envoyer de messages, et moi, moi, je n'ai pas le droit de faire ça, ce que tu me fais ? Explique-moi, je voudrais savoir.

- Draco, je... Ok, j'ai un peu mal agis. J'me suis éloigné de toi parce que je supportais plus ton côté dépressif, j'avais aussi des exams et...

- Mon côté dépressif t'emmerde ! Estime-toi heureux : on sort ensemble depuis quatre mois et t'as eu à supporter ma dépression seulement deux putains de petites semaines ! Ça fait cinq ans que je la supporte, alors, juste... Oh, et puis, aussi, si t'es pas content, largue-moi, là, de suite, vas-y, j'attends, largue-moi. »

Draco s'était levé et vomissait son flot de parole, parcourant de salon de Harry en long et en large.

« Bordel de merde ! Tu sais quoi, j'ai été violé, et juste pour toi, toi que j'aime, tu sais qu'est-ce que je fais ? Je suis en train de surmonter mon blocage au sexe juste pour toi. Comme si c'était putain de facile ! Parce qu'il faut que je répare mon corps, mon esprit, il faut que je retrouve ma mémoire et ma concentration, que parfois je fais des cauchemars. (2) Tu sais aussi que depuis que je t'ai rencontré, je combats ma dépression ? Je suis pas quelqu'un de heureux à la base, j'ai pas confiance en moi, j'ai été cassé, mais je me répare, pour moi, pour aller mieux, et pour toi aussi. Alors, j'ai le malheur de te montrer un peu de mon côté dépressif, et Monsieur s'éloigne ! Merci, oh merci Harry Potter ! Est-ce que je dois te remercier d'être encore avec moi, de me supporter alors que tu as vu une partie ô si sombre de moi ?! »

Draco était hors d'haleine, en sueur. Qu'il se sentait mieux maintenant que ce qu'il avait sur le cœur était sorti. Il prit sa tasse et s'assit sur le bar, qui liait la cuisine au salon, à droite de Harry, loin du canapé. Peut-être que ce qu'il disait n'avait ni queue ni tête mais au moins, il s'exprimait.

« Je... ne m'attendais pas à une telle relation en sortant avec toi, commença prudemment Harry. L'asexualité, c'était pas un problème, mais je savais rien de ta dépression et pour ta confiance en soi, je suis pas un infirmier, j'ai... j'ai mes problèmes à moi aussi.

- Ooooh, le grand Harry Potter a des problèmes ! Du coup, on fait quoi ? Tu pourras pas supporter ma mauvaise semaine du mois – si j'en ai une, alors on se quitte ?

- Non ! Non pas du tout ! Arrête de parler de rupture, arrête de raconter des conneries ! Je veux juste que... tu retombes pas en dépression, je veux que tu ailles mieux. Ça me fait du mal de te savoir malheureux, et ça me... je sais pas, ça me met en colère que tu te lamentes si souvent, j'ai pas besoin de ça. Ton manque de confiance en toi, ça m'énerve, t'as une image totalement fausse de toi et je supporterai pas de passer mon temps à te complimenter ou je ne sais quoi pour que tu aies une estime de toi. »

Harry attendait une réponse, mais Draco le regarda sans rien dire. Prendre des reproches en pleine face n'avait jamais été un moment agréable, il détestait ça. Il prit le temps de gober une bouchée brownie avant puis enchaîna :

« J'ai pas besoin de tes compliments ou quoi, 'fin pour remonter mon estime de moi, je le ferais tout seul. J'ai pas confiance en moi, mais j'ai appris à me débrouiller avec. Du coup, oui, je craque à certains moments : la voix dans ma tête qui me dit que je suis nul gagne, mais quoi ? Ça arrive si peu de fois. Je l'ignore, je fais avec, je la combats le reste du temps. Et, oh, tant qu'on y est : si tu comptes sexer à partir de demain, c'est pas possible attends encore un peu si t'en es capable.

- Putain, mais ça vient faire là quoi le sexe ?

- Bordel de putain de merde, Harry Potter, écoute-moi : comment je dois prendre le fait que tu m'as abandonné pendant deux semaines ? Comment veut-tu que je réagisse maintenant ? Je reviens vers toi, la bouche en cœur et je te taille un pipe par la même occasion ? Tu peux me refaire le même coup à tout moment ! Je peux souffrir à tout moment, termina t-il, la mine sombre.

- Tu racontes n'importes quoi ! Et y a que ceux qui font rien qui risquent rien ! » le provoqua Harry.

Draco lui jeta un regard un regard noir. Est-ce qu'il se foutait de sa gueule ? Il dut se lever pour remplir à nouveau sa tasse, il emporta son tabac par la même occasion et revint se percher sur le bar. La nicotine et le caramel l'apaisèrent un peu. Il reprit, plus calme :

« Alors on fait quoi ? »

Ce brownie, c'était le diable, il n'avait jamais rien goûté d'ici bon. Fallait qu'il regarde l'emballage pour acheter le même. Ou alors, il pourrait essayer d'en pâtisser un chez lui. Théo adorait ses gâteaux.

« Je veux rester avec toi. »

Draco se demanda s'il devait continuer le rôle du connard ou non. Il décida que oui.

« Grand bien, » sourit-il en prenant une gorgée de thé.

Ils restèrent silencieux quelques minutes, puis Harry reprit la parole :

« Viens me faire un câlin.

- Non, fit Draco, boudeur.

- S'il te plaît.

- Lève tes fesses. »

Draco eut à peine le temps de lever les yeux au ciel que déjà Harry était contre lui, la tête contre ses côtes et les bras lui entourant la taille.

« Je t'aime, je suis désolé de t'avoir fait du mal, » murmura Harry.

Le cœur de Draco fondit, comment pouvait-il continuer à jouer le connard dans ces conditions ? Il caressa les cheveux bruns.

« Je t'aime aussi, Harry Potter. Et je aussi désolé si je t'ai fais du mal, je te montrais juste une partie du vrai Draco, et je suis désolé qu'il soit encore plus chiant que le moi actuel. Au fait, on fait comment pour se réconcilier ? Les couples normaux font ça sous la couette – ce que je trouve débile d'ailleurs. Tu pourras aller te faire voir si tu veux te faire pardonner de cette manière un jour – mais nous, on fait comment ? A par si on se met sous une couette, et puis... c'est tout, on attends, on fait rien.

- Ma parole, tu passes ton temps à parler de cul alors que t'es asexuel, c'est dingue ! » s'exclama Harry en relevant la tête.

Tout allait mieux dans le meilleur des mondes, ou presque. Il leur faudrait quelques jours pour réparer ce qu'ils avaient cassé, pour renouer le lien qui s'était défait mais ils y arriveraient très certainement.


Désopiloguant (Désopilant, épilogue, désopiloguant, vous voyez)

Oliver Cheatman – Get down the saturday night

Le projet X s'était bien déroulé, malgré un vase cassé dans l'entrée et les menaces d'un voisin qui n'aimait pas trop le hardcore mis à fond, apparemment. Malgré son énorme gueule de bois, Draco s'était réveillé le premier et comme il était un ami merveilleux, il avait acheté des croissants et des chocolatines pour ses compagnons de beuverie.

Théo émergea le premier, suivi par Harry Blaise et Pansy descendirent les derniers. Draco les scruta, attentif à la moindre tache ou à une tenue trop débraillée. Avisant le suçon dans le cou de Pansy, il s'exclama, au comble de l'horreur :

« Qu'avez-vous fait dans la chambre d'ami ? »

Fidèle à ses habitudes, Blaise éclata de rire tandis que Pansy souriait d'un air sournois.

« Allez vous laver tous les deux ! Vous êtes sales ! »

Théo et Harry se échangeaient des regards perplexes.

« Ils ont sexé cette nuit ! Ils sont sales et je veux qu'ils se lavent ! »

Théo explosa de rire, Harry se retint tant bien que mal, la main devant la bouche.

« Tu sais que c'est encore meilleur quand.., commença Pansy, s'asseyant tout de même à la grande table du salon.

- Je veux pas savoir, va te laver. »

Pourtant, les deux amoureux prirent leurs déjeuners sans passer par la case douche, sous les regards meurtriers de Draco.


Draco cherchait désespérément sa peluche fétiche des voyages dans ses placards, il avait retourné l'intégralité de ses tiroirs juste pour la trouver, pourtant cette foutue bestiole demeurait introuvable !

« Tu cherches quoi ? demanda Théo, alerté par le boucan.

- Ma peluche du voyage.

- Me dis pas que t'as un doudou pour quand tu pars en voyage, un quand tu sors chez Harry, un pour ici et tout ?

- Ben si. »

Théo se roula sur le lit encombré en se tenant les côtes. Les manies de son colocataire le feraient toujours rire.

« Tiens, c'est quoi ça ? »

Théo extirpa une corde, coincée entre deux tee-shirts, sous le regard horrifié de Draco.

« Draco, dit doucement le brun, pourquoi tu as une corde dans tes affaires ?

- C'était en cas que si j'avais pas mon partiel, expliqua Draco du bout des lèvres.

- En cas de quoi ? T'allais faire quoi avec cette corde ? demanda toujours lentement Théo, le regard noir – le même regard qu'il prenait quand il voyait Walter White (le personnage principal de Breaking Bad) et Merlin savait qu'il ne le portait pas dans son cœur.

- Je, euh, faire de la balançoire ? »

Ce n'était pas vraiment un mensonge. Il allait réellement se balancer au bout de la corde, mais pas d'une manière très joyeuse.

« Je vais te tuer. »


Harry lui faisait la visite guidée de leur maison de vacances et Draco se demandait activement le secret de la richesse du Grand Harry Potter. Être pizzaïolo à temps partiel, ça rapportait des millions ? Ou peut-être qu'il avait braqué une banque avant de venir.

« Waouh, la baignoire est trop grande ! s'exclama Draco en arrivant dans la salle de bain.

- C'est pour qu'on y rentre à deux, minauda Harry.

- Pourquoi on devrait rentrer à deux dans la baignoire ? Je... oh, tu veux prendre ton bain avec moi ! se reprit Draco, devant l'air dépité de Harry. Mais, c'est sale, genre on va à la douche pour se laver, mais si on rentre à deux dans l'eau du bain et qu'on s'est pas lavés avant, on sera toujours sale après. Et quand bien même, on se savonnerait mutuellement, on restera sale parce qu'on se lave pas bien, expliqua Draco, tout à fait sérieux.

- C'est dingue comment une situation romantique peut devenir si terre-à-terre avec toi...

- Oh, je suis désolé, Harry. » Draco fit la moue, puis suggéra une nouvelle idée : « Mais si tu veux, on peut se laver séparément avant puis prendre le bain ensemble après !

- Ça devient une piscine dans ce cas, fit Harry, dépité.

- Ben non : on est en maillot dans une piscine, là, on sera nus. Mais ça remplit tes conditions ce que je viens de dire : on sera dans la baignoire à deux, nus mais propre. Et si tu veux tu pourras me shampooiner les cheveux ! »

Harry pinça les lèvres, indécis, puis rit doucement.

« Certes, vu de point-là... »


Cher Papa,

J'espère qu'à Azkaban, tout va bien

Sérieusement ? Il demandait vraiment à son Père si dans une putain de prison, entourée par la mer et des geôliers fêlés, tout allait bien dans le meilleur des mondes et s'il avait sa petite chocolatine et son café le matin ?

Enfin, j'espère que tu vas bien malgré tout. Je pense à toi

Rajouter qu'il pensait que son père allait l'égorger dans son sommeil s'il n'avait pas sa L1 était inutile.

J'ai obtenu mon année à la fac

Lucius n'avait pas besoin de savoir que sa moyenne était au ras des pâquerettes et qu'il aurait deux manières à rattraper l'an prochain.

Et là, je suis en vacances à la mer

Ne pas mentionner Harry Potter valait sans doute mieux pour la santé mentale de son père.

J'espère sincèrement que tu vas bien. Je t'aime

Draco

Et il aimait sincèrement son père malgré leurs relations conflictuelles, le mal qu'il lui avait fait et que son père soit considéré comme un criminel. D'ailleurs, pourquoi il se faisait suer à écrire, ils avaient pas Facebook à Azkaban ?


« J'ai envie de sexer avec toi. »

De surprise, Draco recracha sa limonade sur son tee-shirt. Puis il se mit à gigoter sur sa chaise, comme s'il cherchait quelque chose. Harry lui tendit un sopalin, perplexe.

« C'est ça que tu veux ?

- Non, je cherche quelqu'un pour me dicter mon texte !

- Q... Quoi ?!

- Je sais jamais quoi te répondre quand tu me dis ça. ''Merci, c'est gentil'' ? ''Merci mais non merci'' ? ''Eh, Harry, je suis nul en cuisine comparé à toi, alors je stresse un peu. Tu crois que si je regarde du porno gay, ça peut m'apprendre des trucs'' ? ''J'crois que j'en ai envie mentalement mais pour l'instant, mon corps suit pas le mouvement, et Merlin que j'aimerais avoir un corps qui fonctionne'' ? ''Tu voudrais pas te couper le pénis, ça serait plus simple pour moi'' ? Qu'est-ce que je réponds ?... Ah ! On me souffle dans l'oreillette que ''pourrais-tu te couper le pénis s'il te plaît, il me gêne'' est une réponse acceptable.

- T'es complètement malade, ma parole, fit Harry, sidéré.

- C'est toi qui veut mettre une partie de toi chez moi, et c'est moi qui suit malade ? demanda Draco, perplexe.

- Le sexe, c'est un moment de connexion avec la personne que t'aimes, t'es totalement dévoué à elle et réciproquement, c'est du plaisir, je sais pas, c'est magique.

- Blablabla. Tu sais que je ressens ça quand tu me fais à manger ? Faire la cuisine, la vraie, c'est beaucoup plus productif que de faire du sexe. Tu te fatigues pour rien là.

- Tu me désespères. »


« Ça coûte cher un dilatateur anal ?

- Un... quoi?! »

Harry se redressa sur son transat et regarda Draco comme s'il était fou, par dessus des lunettes de soleil. C'était arrivé bien trop de fois à son goût en l'espace d'une semaine, tout ce qu'il disait était parfaitement normal et rationnel. Et là, il parlait de questions pratiques, genre de la recette pour comment faire des sandiwchs sans trop se louper.

« Tu veux faire quoi avec ça ?

- A ton avis.

- Oui, c'est pour mettre dans le cul, mais pourquoi ?

- Ben... j'ai peur que ton... pénis ne rentre pas.

- Ça va rentrer, lui assura Harry avec un sourire coquin.

- Mais imagine que ça rentre pas.

- Ça va rentrer.

- Mais... »

Harry se leva de son transat, abandonnant son magazine de Psychologie, et rentrant à l'intérieur de la maison. Etait-il fâché ? Pourtant Draco se sentait légitime de demander cela, ça concernait son corps et un de ses trous. Son Ami revint quelques minutes plus tard, se planta devant Draco, nu comme un ver. De surprise, sa bouche s'ouvrit en grand et son chewing-gum chuta sur sa cuisse, s'emmêlant dans ses poils.

« Je... C'était pas une demande détourné pour te voir nu, tu sais. »

Il hésitait entre regarder ailleurs, se cacher les yeux, remettre ses lunettes de soleil ou bien se tourner. Voire les quatre à la fois.

« Regarde-moi et dis-moi si ça va rentrer, » lui dit doucement Harry.

Rouge tomate, Draco baissa le livre de devant son visage.

« Je sais pas, oui, je pense, peut-être, j'en sais rien. »

Alors qu'il fixait la verge de Harry par dessus les pages de son bouquin, il s'exclama, étonné :

« Eh, mais ça bouge ! Ça se redres... Oh mon Dieu, tu as une érection ! Cache-moi ce pénis que je ne saurais voir ! »

Harry se roulait de rire par terre. Puis une fois calmé, il finit par s'allonger de nouveau et tranquillement sur le transat.

« Tu te rhabilles pas ? demanda Draco, médusé.

- Non, je suis bien comme ça.

- S'il te plaît, rhabille-toi. Je peux pas me concentrer en te sachant nu à côté de moi, ça me déconcentre.

- Oooh, ça te déconcentre, hein ? »

Un sourire étira en grand les lèvres de Harry.

« Parce que ça me gêne, c'est tout ! »

Bon Prince, Harry alla se rhabiller et s'allongea pour la troisième fois.

« Maintenant que je t'ai vu en érection, je pense sérieusement à acheter un dilatateur anal. »

Harry tomba de son transat, mort de rire.

« Pourquoi tout le monde se moque de moi ? » soupira Draco.

Fin


1/ C'est de Myla Hirtz. Elle a une page facebook sous ce nom

2/ C'est pas de moi, mais d'une demoiselle

3/ Le bâtiment où il fait cours

4/ Je crois que je l'ai jamais expliqué du coup, je le fais ici. Je vais pas expliquer tout le bordel en détail, ça serait trop long et je maîtrise pas totalement les concepts mais les victimes de viols ont des flashs du moment de l'agression, des pertes de mémoire ou de concentration, des cauchemars, des angoisses et/ou un syndrome post-traumatique


Vous en avez pensé quoi ?

On se retrouve bientôt, je suis en train d'écrire un Dramione à la vitesse d'un escargot. Des bisous, que le sort puisse vous être favorables pour vos résultats d'examents (et les miens aussi). Raclette et sandiwch américain, Mello