Allez, c'est parti pour le troisième chapitre ! Moustache gracias pour la review :)
Les cheveux encore humides, je reposais mon dos sur le rebord de la baignoire, ça faisait du bien de prendre le temps de se prélasser un peu, quoique je ne faisais pratiquement que ça depuis plus d'une semaine. Je profitais aussi de l'absence du frangin et de la gamine pour remplir la baignoire d'eau brûlante et en plus à ras bord, y a pas à dire, c'était vraiment le pied de crécher chez les Altruistes !
- ...oh… pardon !
Je reconnus immédiatement la voix de la gamine qui fit claquer en urgence la porte de la salle de bain derrière elle pour se réfugier à coup sûr dans sa chambre, sa réaction me fit hurler de rire, vu comment elle était déjà coincée à la base, elle devait être traumatisée à vie de m'avoir vu à moitié nu dans sa baignoire. La veinarde, elle avait eu le droit d'admirer durant quelques secondes mon magnifique torse musclé qui laissait tout deviner de mon corps parfait, elle aurait pu me remercier pour la vue au lieu de filer à l'anglaise comme une furie.
Lorsque je finis de me laver, je décidai de m'amuser encore un peu plus à ses dépens, j'enroulai alors une serviette autour de ma taille et je filai torse nu pour toquer à sa chambre, j'en rigolais d'avance.
- oui, entre !
- t'es pas entrain de lire ? Demandai-je d'un air innocent.
Assise sagement sur son lit, je la vis déglutir en me voyant, elle devait sûrement imaginer voir encore quelques gouttelettes perler au ralenti sur mon torse parfait, c'était trop marrant de la voir dans une position si inconfortable, je me délectais de chaque seconde de son malaise.
- si.
Elle attrapa comme par réflexe le livre qui se trouvait sur sa table de chevet, à cet instant, il lui servait surtout à se cacher derrière et ainsi pouvoir fuir mon regard en toute tranquillité. Mais j'étais loin d'en avoir fini avec elle, l'embêter était devenu mon nouveau passe-temps favori, je m'approchai ainsi de son bureau où se trouvait une pile de livres dont chacun contenait un marque-pages découpé en forme de trèfle à quatre feuilles.
- t'es superstitieuse ? Chloë et sa collection de trèfle à quatre feuilles, je vais t'appeler Clover maintenant.
- je crois au destin et à la chance, avoua-t-elle finalement, toujours cachée derrière son livre. Je vais préparer le dîner, tu peux mettre la table si tu veux, n'oublie pas le bain brun… le pain, le pain brun, répéta-t-elle nerveusement.
Elle avait beau tenter de faire oublier son erreur de langage, j'étais persuadé qu'elle avait très bien vu le léger sourire en coin se former sur mon visage après son bafouillage mais elle fit comme si de rien n'était même si sa fuite en avant valait bien plus que tous les mots.
Je ne pus réprimer un sourire quand j'entendis la gamine toquer à la porte de sa propre salle de bain, visiblement, elle préférait prendre toutes ses précautions depuis notre mésaventure de la semaine dernière.
- ouais, vas- y, tu peux entrer !
Elle poussa la porte et m'observa avec de grands yeux surpris alors que je me trouvais assis à même le sol de sa salle de bain, à trifouiller elle ne savait sûrement pas quoi sous son lavabo. Elle resta immobile à me fixer et probablement en même temps à remercier le ciel que je sois bel et bien habillé cette fois.
- j'ai proposé à Joel de jeter un coup d'œil à la tuyauterie, lui expliquai-je rapidement. Comme ton frère n'y connaît rien.
L'absence de curiosité étant considéré comme une valeur chez les Alltruistes, ce n'était certainement pas elle qui allait me demander quoique ce soit sur le sujet, j'avais donc préféré la mettre tout de suite au courant.
- j'ignore encore quel robinet fuit. Il faudrait que quelqu'un soit prêt à couper l'arrivée d'eau le temps que je vérifie.
Je ne pris même pas la peine de lui demander clairement son aide, elle comprit tout de suite le message. En tant que parfaite Altruiste, elle se baissa immédiatement puis se retrouva donc à genoux au sol, à seulement quelques centimètres de moi.
- c'est bon ? T'es prête ? Lui demandai-je.
Elle hocha la tête et en seulement une demi-seconde, avant même qu'on ne puisse comprendre ce qui se passait, un puissant jet d'eau arrosa toute la pièce, se dirigeant directement sur mon torse.
- vas-y, coupe !
- j'y arrive pas !
- Clover, COUPE, BON SANG ! Criais-je, pendant que le jet d'eau m'éclaboussait tout le visage.
- j'essaie ! Mais il est coincé !
- QUOI ?
- c'est trop serré ! J'arrive pas à tourner le robinet ! Attends, je reviens !
La gamine venait de quitter la pièce et devant l'urgence de la situation, j'enlevai vite ma chemise grise et je mis fin à la fuite du robinet avec cette dernière. La gamine revint quelques minutes plus tard dans la salle de bain. Elle m'y retrouva trempé de la tête au pied, mon tee-shirt, mon pantalon, mes chaussettes, tous mes vêtements sans exception, et je la vis se pincer les lèvres afin de se retenir de rire devant l'image qu'elle avait sous les yeux. J'étais certain qu'elle tentait tant bien que mal de cacher son trouble à la vue de la transparence du tissu gris de mon tee-shirt qui lui offrait une vue idéale sur mon torse parfait.
- c'est bon, c'est coupé, dit-elle, en tentant de garder son sérieux.
- génial, ironisai-je, en reprenant ma chemise.
Je l'essorai sous la baignoire et près d'un litre d'eau tomba dans celle-ci.
- je suis désolée, dit-elle derrière moi.
Je savais que les Altruistes pouvaient mentir mais je la sentais sincère sur le moment. Je me trouvais toujours dos à elle et comme je n'avais encore rien répondu à ses excuses, je la sentis faire quelques pas en avant dans ma direction.
- John, dit-elle en prononçant mon pseudo nom d'un air coupable.
C'est pile ce moment que je choisis pour me retourner brusquement et l'arroser sans ménagement à grands jets d'eau avec la douchette encore dans ma main. La gamine se mit à crier et resta la bouche ouverte quelques instants tellement sa surprise était grande alors que je ne retenais plus mon fou rire.
- espèce de …
- oui ? Demandai-je, avec jeu. De quoi ? Vas-y, dis-moi. Finis ta phrase. Allez Clover, un peu de courage.
J'attendais vraiment avec impatience d'entendre l'insulte qu'elle m'avait tout spécialement réservée mais au lieu de ça, elle ouvrit les portes de l'armoire couleur chêne qui se trouvait à proximité de la baignoire, en sortit deux grandes serviettes de bain et quitta la pièce, l'air contrarié, avec ces dernières sous le bras. Sa réaction ne me gênait pas le moins du monde, bien au contraire, j'étais ravi qu'elle montre enfin un peu de caractère, je me délectais de voir jusqu'où elle pouvait aller quand elle perdait ses nerfs.
Elle eut à peine le temps de faire quelques pas que je me postai déjà devant elle afin de lui barrer la route. Mais elle me contourna aussitôt, se contentant de m'ignorer. Dans sa fuite, elle arriva quand même à atteindre la cuisine, sans me poser de questions, je courus vers elle pour la rejoindre et me mettre à nouveau sur son chemin puis lorsqu'elle voulut s'échapper encore une fois, je la ramenai tout contre moi à l'aide d'un seul bras. Elle était ma prisonnière. Elle avait beau avoir le sourire aux lèvres pendant qu'elle se débattait d'une seule main, je la sentais totalement déstabilisée à mon contact, cela se lisait dans ses yeux.
- où tu comptes aller comme ça ? Lui demandai-je avec jeu.
J'encerclai toujours sa taille avec mon bras droit alors qu'elle s'accrochait désespérément à ses serviettes de bain et les colla tout contre elle, comme si c'était un ours en peluche. Elle riait toujours de bon coeur en chahutant dans mes bras mais stoppa net quand une voix familière à nos oreilles se fit entendre dans la pièce.
- je vois que t'as inspecté les tuyaux de la salle de bain comme tu me l'avais dit.
Je ne savais même pas qui de nous deux s'était écarté de l'autre en premier mais la séparation entre nous s'était faite à la vitesse de l'éclair après la phrase du frangin, phrase prononcée d'un ton des plus glacials, je ne l'avais jamais vu comme ça auparavant.
- je vais me sécher.
La gamine fit son annonce d'une toute petite voix et sans même me jeter un dernier regard, elle se réfugia dans la salle de bain, j'allais devoir affronter la colère froide de son frangin tout seul, tant mieux, je pouvais l'encaisser.
- ça va ? C'était bien ta journée ? Demandai-je d'un air innocent.
- tu connais l'âge de Chloë, n'est-ce pas ?
- quatorze ans, je crois.
- très bien donc tu sais que la dernière chose dont elle a besoin en ce moment c'est de s'enticher d'un garçon qui ne sera plus là dans quelques mois et la laissera le coeur brisé.
- on est juste amis, Joel. Crois-moi, tu n'as pas à t'en faire.
- Chloë est ma petite sœur, je m'en ferais toujours pour elle. C'est pour ça que je suis encore ici. Elle est fragile et toi, John, tu as déjà seize ans, tu as beaucoup plus d'expérience qu'elle et ça commence tout doucement à lui tourner la tête alors s'il te plaît, laisse-la tranquille, d'accord ?
Je me contentais de hocher la tête après son sermon alors que je n'en pensais pas un mot, je ne voyais pas pourquoi je n'aurais plus le droit de passer du temps avec la gamine ou de m'amuser un peu avec elle, on ne faisait rien de mal tous les deux, je n'avais pas de vues sur elle, elle était comme une petite sœur pour moi, je ne l'envisageais pas autrement, le frangin était en plein délire, il avait dû avoir une putain de journée et se défoulait sur moi pour compenser, je ne voyais que ça comme explication.
L'obscurité totale. Des dizaines de messages radio. Une cible dans mon viseur. Mon casque enlevé. Un soupir pour marquer ma frustration. Fausse alerte. Des coups de feux. Une embuscade. Des grenades lancées. Des coups de feu tirés. Du sang. Beaucoup de sang. Ce corps sans vie. Joel. Le frangin de la gamine. Et cette voix au loin …
- John ?
Je me réveillai en sursaut. Ma respiration était saccadée, je suffoquais.
- John ?
Des gouttes de sueur perlaient encore sur mon front, quand la gamine croisa mon regard tourmenté. Elle s'agenouilla à mes côtés alors que j'étais assis sur le canapé de son salon, dans un tee-shirt gris clair et un pantalon de jogging de la même couleur. Elle me parlait d'une voix doucereuse afin de me rassurer.
- encore un de ces satanés cauchemars ? Dit-elle, en frottant sa main sur mon bras musclé.
Ce n'était pas vraiment une question. Et elle n'attendait pas franchement de réponse de ma part. Elle la connaissait déjà.
- tu frissonnes, observa-t-elle, alors que je reposais ma tête sur l'oreiller du canapé.
- comme si on m'avait plongé dans l'eau glacée.
- attends ...
Contre toute attente, elle vint s'allonger à mes côtés, comme si elle n'avait plus du tout peur des contacts physiques et instinctivement, je me serrai tout contre elle. Mes deux bras musclés encerclaient maintenant sa taille alors que ma tête avait trouvé refuge sur sa poitrine, telle une mère berçant son enfant. Mes tremblements se faisaient maintenant plus rares, alors qu'elle frôlait de ses doigts le pavillon de mon oreille et faisait de même avec mon bras. Elle fixait en même temps le plafond, se demandant sûrement pourquoi le hasard l'avait fait se lever pour ce verre d'eau, à ce moment précis. Peut-être était-ce un signe ? Elle qui croyait au destin. On voulait peut-être nous dire quelque chose à tous les deux ?
- John …
Je venais de relever la tête. Mes mains habiles jouaient maintenant avec sa douce chevelure, mon souffle était chaud dans le creux de son cou et ma bouche qui approchait de la sienne … dangereusement. Ma langue vint en titiller le contour comme un jeu jusqu'à ce que je presse finalement mes lèvres tout contre les siennes. Et cette fois, elle succomba. Mes baisers devaient être si grisants, je faisais le pari qu'ils avaient le don de l'enivrer complètement.
Je posai mon front tout contre le sien puis je souris, me montrant de plus en plus fougueux dans chacun de mes gestes. Je laissais balader mes mains sur chaque centimètre carré de sa peau puis je déboutonnais son chemisier par en bas et je laissai glisser ma bouche sur son bas-ventre, la sentant frémir peu à peu sous mes baisers. Elle passa ses deux bras autour de mon cou alors que le regard coquin, je libérai mon membre durci de mon jogging, le frottant à l'entr…
Bip bip bip bip bip…. ça ne s'arrêtait pas ! Et merde ! C'était la sonnerie de la montre accrochée à mon poignet, seul artifice autorisé chez les Altruistes pour son utilité, j'ouvris les yeux pour stopper cette putain de sonnerie qui me cassait les burnes, je venais de me rendre compte que ce que je craignais était arrivé, j'étais bel et bien seul dans mon lit, aucune gamine à l'horizon, tout ça à cause du frangin, c'était de sa faute, pas une seule fois je n'avais envisagé la gamine comme une conquête potentielle avant qu'il ne me déconseille de l'approcher, maintenant je n'arrêtais pas d'y penser et ce rêve en était la preuve, ce connard m'avait planté une idée dans la tête et je ne pouvais plus m'en défaire, la poisse !
Que la joie t'accompagne *_*
