Mille mercis pour la review et les follows en plus. Attention, petit lemon mais lemon quand même :)


- ah ouais, t'avais pas menti, t'es complètement aux fraises ! M'exclamai-je hilare, après un nouveau tir raté de la gamine.

Le sourire aux lèvres, je me réjouissais qu'elle ait accepté de m'affronter à cette partie de bowling improvisée dans la cuisine histoire de tuer le temps, avec comme accessoires un simple ballon de football qui remplaçait une boule de bowling et de petites bouteilles d'eau vides en plastique qu'on utilisait comme des quilles. Je menais largement au score, ça en devenait presque gênant, je me décidais alors à l'aider, elle me faisait pitié à ne pas encore avoir touché la moindre « quille » jusqu'ici.

- attends, je vais t'arranger ça. Que tu marques au moins un petit point pour sauver l'honneur.
- d'accord. Merci.

Encore une fois, elle n'avait rien capté à mon ton des plus ironiques, entre elle et son frangin, je commençais à être habitué.
Joignant le geste à la parole, je me positionnais juste derrière elle puis sans lui demander la permission, je posai délicatement mes mains sur celles de la gamine qui tenait fermement son ballon tout contre elle.

- fais un pas en avant.
- comme ça, ça va ? Demanda-t-elle, en s'exécutant lentement.
- ouais, voilà. Le corps bien droit. Les pieds parallèles, murmurai-je au creux de son oreille.

Je la vis fermer les yeux au même moment, je parie qu'elle se faisait violence pour ignorer les multiples sensations que devaient forcément lui procurer cette grande promiscuité avec moi.

- je sens que ça va être lamentable, sourit-elle, d'un air peu assuré. Heureusement qu'on ne joue pas avec une vraie boule de bowling parce que je donnerais pas cher de ton pied.
- aie un peu confiance, je suis un bon prof, argumentai-je fièrement.
- d'accord, je vais cartonner alors ! Tu n'as qu'à bien te tenir ! Je vais te rattraper au score en un rien de temps.
- je préfère ça. Maintenant, remonte la boule à hauteur du menton et laisse redescendre le bras tout en avançant d'un pas.
-d'accord.

Concentrée, la gamine devait sûrement se remémorer tous les précieux conseils que je venais gentiment de lui prodiguer avant de lancer son ballon. Elle laissa finalement éclater sa joie lorsque son ballon toucha deux bouteilles puis se précipita tout droit vers moi avant de me sauter au cou.

- j'en ai eu deux, t'as vu, j'ai réussi ! Lâcha-t-elle, enthousiaste.

Sans même m'en apercevoir, je la serrai très fort contre moi en retour, nos deux visages ne se trouvaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre à présent, je la dévorai du regard, un regard visiblement trop appuyé qui la mit aussitôt mal à l'aise. Elle se recula rapidement de quelques pas avant même que je ne prenne conscience du caractère gênant de la situation pour une Altruiste aussi coincée qu'elle.

- on devrait... on devrait mettre la table maintenant, proposa-t-elle, le regard fuyant.
- après toi, dis-je, d'un ton totalement relax.

Alors que la gamine me devançait de quelques pas, mon esprit se mit à vagabonder sur ce que m'avait dit le frangin pas plus tard que la semaine dernière à son sujet, je m'en souvenais comme si c'était hier mais c'était plus fort que moi, ce petit jeu du chat et de la souris entre la gamine et moi m'amusait trop, je ne pouvais plus reculer à présent.


Le pas décidé, la gamine s'empara elle-même de la chaise qui se trouvait près de la table de la cuisine, elle monta sur cette dernière, dévissa l'ampoule défectueuse puis mit en place la nouvelle. Elle eut un léger mouvement de recul quand elle sentit mes mains s'approcher dangereusement de ses reins, en soutien. Je la sentais succomber petit à petit. Elle ferma les yeux, prit une profonde inspiration mais ne se retourna pas pour me faire face, elle n'osait pas.

- shhhhh, dis-je, dans un murmure. Laisse-moi faire.

Ma voix chuchotée semblait la rassurer. Toujours dos à moi, elle déposa doucement l'ampoule usée sur la table alors que je la couvrais maintenant de petits baisers dans le creux de son dos.
J'étais prêt à parier qu'elle se liquéfiait à l'idée de me sentir aussi proche d'elle. Mes mains expertes remontaient plus en avant pour tracer le galbe de ses formes puis redescendaient jusqu'à ses cuisses. Je la sentis frissonner quand elles s'arrêtèrent à l'avant de ses hanches, pour remonter encore plus sa tunique d'Altruiste.
Dès l'instant où mes mains se faufilèrent entre ses cuisses, la respiration de la gamine se coupa. Elle se cambra, ses yeux brillants à l'idée d'explorer des nouvelles sensations. Elle se mordilla la lèvre inférieure, se retenant à un pan de l'extrémité de la table. Elle remuait du bassin lorsqu'elle sentit que mes doigts avaient remplacé ma langue. J'étais sûr que cette sensation l'entraînait dans un frisson extrême. Cela se voyait. Elle en tremblait, haletait dans un souffle profond, ce qui augmentait ma propre envie de la prendre sauvagement contre la table, tout de suite, ici, maintenant !
Bip bip bip bip bip… putain de merde ! Encore ce satané réveil sur ma montre qui me cassait tous mes effets, la bosse apparente dans mon pantalon m'alerta sur le fait que je devais aller prendre une douche froide et vite !


Le frangin venait tout juste de se tirer au boulot, c'était donc le moment idéal à mes yeux pour parler de mes projets du jour à la gamine alors qu'elle débarrassait encore la table après notre petit-déjeuner.

- il fait beau, autant en profiter pour faire un tour au parc cette après-midi, tu crois pas ?
- ça aurait été avec plaisir mais malheureusement je ne peux pas, j'ai cours jusqu'à dix-sept heures.
- pitié, tu vas pas t'enfermer dans une salle de classe par ce temps-là. T'as qu'à sécher la dernière heure, personne ne le saura.

Je lui adressai un clin d'oeil malicieux au passage, je pariais qu'elle allait à nouveau rougir d'une seconde à l'autre.

- personne sauf mon frère, si je suis de retour trop tôt, il le verra en contrôlant le registre de la maison.
- ça tombe bien, j'ai un plan : je t'attends au parc à seize heures et on rentre tous les deux à pied à la maison vers dix-sept heures, ni vu, ni connu.
- ça ne m'étonnerait pas que tu sois un natif des Érudits, t'as vraiment réponse à tout.
- ça veut dire oui ?

Elle hocha la tête avec un petit sourire en coin, je savais que j'avais gagné, j'étais vraiment super convaincant, personne ne pouvait me résister, absolument personne.
Une fois arrivé au parc, je décidai de me faire une petite place au soleil en installant un plaid entièrement gris sur les mauvaises herbes qui poussaient sur le sable concassé et en sortant de mon sac de provisions deux sachets de rondelles de pommes séchées ainsi que deux bouteilles d'eau, ce qui équivalait à un vrai festin pour un pique-nique chez les Altruistes.
Je ne pus réprimer un sourire quand je vis à quelques mètres à peine une mère gronder sa rejetonne parce qu'elle venait de refuser de prêter sa corde à sauter à une autre mioche haute comme trois pommes et qui n'avait rien d'autre pour jouer, visiblement les valeurs des Altruistes s'enseignaient dès le plus jeune âge dans ce coin.
Je souris plus encore quand je vis la gamine s'approcher au loin, ça m'amusait toujours autant de la voir dévier du droit chemin et enfreindre les règles de sa faction de plus en plus facilement, la corrompre était devenu un vrai jeu d'enfant pour moi.

- t'as fait vite, lui fis-je remarquer.
- des pommes séchées ?

Son attention s'était portée sur les provisions que j'avais emmenées et placées au centre du plaid, prenant bien soin de ne pas les écraser, elle prit place en face de moi.

- c'est tout ce que j'ai trouvé dans l'armoire de la cuisine.
- mon frère en raffole, moi je n'ai rien contre. Alors comment ça s'est passé ta journée ?
- comme d'habitude, j'ai glandé dans la baignoire.

Je la fixais sans sourciller en insistant bien sur le dernier mot de ma phrase histoire de la déstabiliser, l'allusion à notre petit face-à-face dans la salle de bain de l'autre fois était claire, elle baissa les yeux, je sentais que le rose n'allait pas tarder à lui monter aux joues.

- toujours rien de neuf du côté de mon identité ?
- désolée, ce n'est pas faute d'essayer pourtant.
- ça m'étonne quand même, je pensais avoir laissé une plus grande empreinte que ça au lycée, une fois qu'on m'a vu, on a du mal à m'oublier normalement.
- ça je n'ai pas de mal à le croire.
- tu verras quand je me tirerais d'ici, tu me suivras comme un petit toutou chez les Audacieux, il les appelle comment Joel encore ?
- les trublions. Je crois qu'il n'est pas très fan de leurs looks et aussi du fait qu'ils soient toujours partants pour le grand frisson.
- et toi Clover, t'es partante pour le grand frisson ?

Le regard espiègle, j'approchai lentement ma main de la sienne, elle m'observait sans rien dire, je posai d'abord ma main sur sa paume puis tout doucement, j'entremêlais mes doigts aux siens, elle me laissa faire comme je l'avais deviné, on resta main dans la main pendant plusieurs minutes, tous les deux assis sur le plaid gris, en silence, c'était agréable de la voir se lâcher ainsi.
Malheureusement, son côté coincé reprit vite le dessus quand elle se mit à inspecter la réaction des gens autour de nous qui commençaient à nous regarder bizarrement, ils chuchotaient à voix basse simultanément, je sentais la main de la gamine s'éloigner peu à peu de la mienne.

- laisse les piailler. Qu'est-ce qu'on en a à foutre de ces commères ?
- je préfère ne pas prendre de risques, dit-elle en enlevant sa main pour de bon. Peut-être qu'il y a des personnes qui connaissent mon frère parmi ces gens, elles pourraient tout lui raconter.
- c'est toi qui vois, soufflais-je d'un air exaspéré.

Plus mauviette qu'elle, tu meurs, c'était vraiment un pas en avant et trois pas en arrière avec cette gamine de première, pour l'instant, on ne faisait que tourner en rond tous les deux.


- vas-y, entre !

Je souris à nouveau alors que la gamine venait de toquer discrètement à la porte de sa propre salle de bain, ça commençait à devenir une habitude de sa part.

- désolée, je ne voulais pas…

Bouchée bée, les mots semblaient lui manquer devant l'image parfaite qu'elle avait devant les yeux : moi, à poil dans la baignoire qui bombais le torse exprès histoire de la mettre encore plus mal à l'aise et cela marchait comme sur des roulettes, elle mit immédiatement sa main droite devant ses yeux alors qu'elle devenait rouge comme une tomate au fil des minutes passées en ma présence.

- quoi ? Me déranger ? C'est moi qui t'ai dit d'entrer si tu te souviens. T'es venue pour me laver le dos ?

D'un ton joueur, je ne pus réprimer un sourire quand je la vis laisser quelques minuscules espaces entre chacun de ses doigts dans le but d'épier les diverses réactions de mon visage.

- moi ?
- non ton frangin, répondis-je avec exaspération.
- maintenant ?
- pourquoi tu préfères dans six mois ? Ironisais-je.
- je ne sais pas si ce serait très convenable.
- au contraire, on est chez les Altruistes, on se rend service entre nous, rien de plus normal.

Je lui tendis mon éponge et elle me la prit délicatement des mains en prenant bien soin que nos doigts s'effleurent à peine, elle vint ensuite se poster derrière mon dos et s'accroupit à ma hauteur à l'extérieur de la baignoire, je la sentis tremper l'éponge dans l'eau puis je lui passais tout naturellement le savon qui se trouvait juste devant moi. Quand je me retournais pour lui passer, elle avait les yeux fermés, probablement afin d'éviter le moindre risque d'apercevoir la moindre parcelle de mon anatomie, ce qui me faisait bien marrer.

- c'est bon, tu peux ouvrir les yeux Clover, je ne compte pas sortir de l'eau sans prévenir, rassure-toi.

Je vis les traits de son visage se détendre aussitôt, ce serait probablement le moment idéal pour lui faire un mauvais coup en agitant mon anaconda hors de l'eau mais le frangin allait rentrer d'une minute à l'autre et je ne voulais pas qu'il trouve la gamine au bord de l'évanouissement, je savais encore me tenir.

- j'ai passé un très bon moment cette après-midi.
- ouais, faudrait faire ça plus souvent.

Avec mon air de ne pas y toucher, je tâtais discrètement le terrain pour voir si elle était encore prête à sécher une nouvelle heure de cours rien que pour mes beaux yeux pour qu'on la passe tous les deux au parc, rien qu'elle et moi.

- je suis d'accord.

Elle m'envoya un regard au passage que j'eus du mal à déchiffrer, je me posais encore des questions sur ce dernier quand la voix du frangin au loin me revint aux oreilles.

- Chloë ! Tu es rentrée ?

Cette simple question suffit à faire sursauter la gamine qui jeta immédiatement l'éponge qu'elle avait encore en main dans l'eau du bain, malheureusement pour elle, il était trop tard pour qu'elle quitte la pièce avant que son frangin ne la voit, elle n'avait aucune chance.

- t'inquiète pas, je gère.

Sûr de moi, je lui adressais un clin d'oeil complice, ce qui avait le don de la rassurer comme par magie, ça ne faisait aucun doute, j'étais vraiment irrésistible à ses yeux, comme quoi, elle avait bon goût.

- ah t'es là, je savais que j'avais entendu ta voix.
- ça va Joel ?

Le frangin me fusilla du regard alors que je lui lançais un grand sourire avant de pointer la gamine du doigt.

- je l'ai appelé pour qu'elle me passe ma serviette, j'avais oublié d'en sortir une de l'armoire avant d'aller dans l'eau. Je ferais plus attention la prochaine fois.

Mon interlocuteur me fixait d'un air dubitatif, à vrai dire, j'en avais rien à carrer qu'il me croit ou non, toute cette situation m'amusait, je prenais un malin plaisir à le voir rager.

- c'est vrai Chloë ?
- oui, dit-elle en baissant la tête.

Je levais les yeux au ciel, elle n'était pas crédible pour un sou, elle ferait parfaitement l'affaire chez les Sincères, vraiment incapable de mentir, c'était en même temps un mal et un bien, ça dépendait de quel point de vue on se plaçait.

- le dîner est bientôt prêt. Je vais mettre la table.

Et sans dire un mot de plus, elle s'en alla toute penaude, encore une fois, elle avait trouvé la parfaite échappatoire pour nous laisser régler cette affaire entre hommes. Le silence s'installa peu à peu dans la pièce, ça me démangeait de lui dire toute la vérité histoire de rajouter de l'huile sur le feu, mais je n'avais aucune idée de la manière dont il allait réagir, je faisais quand même attention à ne pas franchir les limites, je n'avais pas envie qu'il me fiche dehors et encore moins de vivre avec ces déchets de Sans-Faction et je crois bien que c'est ce qui risquait de m'arriver si je continuais à faire le con.
Devinant que je ne voulais pas envenimer les choses, le frangin se contenta de m'adresser un dernier regard qui voulait surtout dire fais gaffe à toi, je t'ai à l'œil mon pote.

- tu peux fermer la porte derrière toi Joel, s'il te plait ?
- bien sûr. Avec plaisir.

Sa réponse avait beau être des plus polies, je n'avais jamais vu un sourire aussi faux se dessiner sur son visage... jusqu'à aujourd'hui.


Que la joie t'accompagne *_*