Merci de tout cœur de prendre le temps de commenter, c'est vraiment adorable à vous :)


Avec Chloë, nous avions toujours le même rituel, le week-end on se promenait main dans la main au parc avec Azura sans se soucier des nombreux regards insistants sur nous, et la semaine, j'avais pris l'habitude de me faufiler dans la baignoire dès sa sortie du lycée et elle venait me laver le dos tout en déposant de chastes baisers dans mon cou ou encore sur ma bouche, cette attente avant de sauter le pas me laissait à la fois excité et frustré en même temps, je ne savais plus trop sur quel pied danser avec elle.

- et il a enfin osé l'inviter, tu te rends compte, au bout de quatre mois ? Je n'y croyais plus moi-même.

Je me rappelais vaguement que Chloë me parlait de l'évolution de la relation entre Maëva et Ned mais je ne l'écoutais pas vraiment, rien que le son de sa voix suffisait à me relaxer.

- alors… demain c'est le grand jour, tu vas enfin savoir à quelle faction tu appartiens.
- je le sais déjà, c'est aux Altruistes que j'appartiens.
- et si tu obtiens les Audacieux à ton test d'aptitude ?
- et bien tant pis, je te l'ai déjà dit, ça ne changera rien pour moi, je reste ici avec toi, fin de la discussion, dis-je en déposant un rapide baiser sur ses lèvres.

Moi qui avais eu peur dans un premier temps de l'engagement et des responsabilités, ce rêve avec Chloë avait été comme une évidence. Son amour pour moi était synonyme d'apaisement et d'équilibre dans ma vie. J'avais beau lui répéter maintes et maintes fois que je ne voyais plus mon avenir sans elle et que j'avais envie de construire quelque chose de solide entre nous, elle restait toujours aussi sceptique quant à mon choix, ce qui commençait légèrement à me fatiguer, je n'avais plus envie d'en parler.

- viens par là.

Je m'avançais légèrement pour lui laisser un peu de place et avec ma force, je n'eus qu'à tirer légèrement sur la manche de sa tunique d'Altruiste pour qu'elle atterrisse finalement les pieds en avant dans l'eau remplie de mousse, j'explosais de rire quand elle se mit à hurler dès que sa peau entra en contact avec l'eau.

- mais t'es fou ! Je suis toute habillée !
- c'est pas grave, l'eau ça sèche.

Je me retrouvais donc assis entre ses jambes et je me couchais à nouveau tout contre elle, mon dos touchait maintenant sa poitrine recouverte par sa tunique trempée, ma main gauche s'accrochait fermement à son genou gauche alors que je penchais légèrement la tête vers elle.

- embrasse-moi plutôt.

Pour mon plus grand plaisir, elle ne se fit pas prier et m'emmena encore plus tout contre elle en entourant à la fois mon cou et le dessous de mon épaule gauche de ses deux bras, j'étais totalement à sa merci dans cette position et j'en savourais chaque seconde. Nos baisers se faisaient de plus en plus passionnés, peut-être que cette fois-ci allait enfin être la bonne… toc, toc, toc, j'avais parlé trop vite, bon sang, on ne pouvait jamais être tranquille dans cette baraque ou quoi ?

- John, c'est Joel, t'es là ? Je rentre !

Dès que ce dernier avait fini sa phrase, je sentis Chloë me pousser immédiatement avant d'inspirer profondément et de disparaître sous l'eau en deux temps, trois mouvements. Lorsque Joel pénétra dans la salle de bain, je remettais juste un peu de mousse à l'endroit où il y en avait le moins, heureusement pour nous, il n'y avait vu que du feu.

- il y a de nouveau l'évier qui fuit par en-dessous, ça te dérange pas de venir jeter un coup d'œil quand t'auras fini de prendre ton bain ?
- non, pas de souci, je viens dès que j'ai fini. A tout à l'heure !

J'avais un débit de mitraillette quand je lui parlais mais j'étais flippé pour Chloë, elle n'allait pas pouvoir rester en apnée sous l'eau encore très longtemps. Bien que Joel soit au courant pour nous deux, ça m'étonnerait fort qu'il me donne sa bénédiction pour que je déflore sa petite sœur sous son propre toit, et maintenant que j'étais au courant que sa mère était tombée enceinte à peu près au même âge que Chloë, je n'avais plus de doute à ce sujet.

- je ne sais pas ce qu'il a cet évier, il n'en fait qu'à sa tête depuis...
- c'est pas vrai Joel, t'es dur de la feuille ou quoi ? Le coupais-je d'un air excédé. Pour la dernière fois, oui, oui, oui, j'y jetterai un coup d'œil, maintenant sors d'ici !
- d'accord, t'énerve pas, je m'en vais, c'est bon.

Ni une, ni deux, il quitta la pièce et Chloë émergea immédiatement de l'eau la bouche grande ouverte afin de reprendre son air.

- ça va ?
- dix secondes de plus et j'étouffais.
- désolé, il ne voulait plus se tirer d'ici, il n'arrêtait pas de me parler de votre évier comme si c'était la chose la plus importante au monde. Tu fais quoi là ?

C'était plus une question rhétorique qu'autre chose de ma part alors que Chloë venait d'enjamber une paroi de la baignoire afin de sortir de l'eau.

- reste.
- non, je ne préfère pas, j'aurais déjà de la chance s'il n'a pas la mauvaise idée de vérifier si je suis bien rentrée et que je fais mes devoirs sagement dans ma chambre. On se voit au dîner.

Elle me vola un rapide baiser sur la bouche puis s'empara d'une grande serviette, enroulant cette dernière tout contre elle avant de tenter une sortie à pas de loups direction sa chambre au plus vite, je poussais un nouveau soupir de frustration, ce n'était pas demain la veille qu'on allait le faire tous les deux, à mon plus grand désespoir.


Ça faisait un an pile-poil que je créchais chez les Altruistes aujourd'hui et pourtant cette après-midi c'était la première fois que j'avais pris le bus pour me rendre au lycée, le Test d'Aptitude s'y déroulait juste après le déjeuner, Joel m'avait expliqué que ça se passait dans une rangée de dix salles qui se trouvaient juste derrière la cafétéria et où les autres élèves n'allaient jamais.
Les volontaires pour faire passer le Test étaient presque tous des Altruistes et normalement, un Altruiste ne pouvait pas faire passer le test à un autre Altruiste, mais grâce à l'aide de la mère de Marla qui travaillait à l'office bénévole des Altruistes, au lieu de me dénoncer, ils avaient accepté de me couvrir et aussi de noter le nom de John Doe dans les registres alors que j'avais seize ans passés et que je n'étais plus scolarisé depuis un an déjà, je crois que je leur en serai à jamais reconnaissant de tout ce qu'ils ont fait pour moi.
Selon Joel, je n'avais le droit de parler de mes résultats à personne, avec Chloë on attendit alors la fin du dîner pour en parler discrètement dans le salon alors que Joel était de corvée de vaisselle dans la cuisine.

- alors ?
- Audacieux, répondis-je en m'installant sur le canapé à ses côtés.
- j'en étais sûre.
- ça ne change rien.
- bien sûr que si. Ça change tout. Je ne peux pas te demander de faire un autre choix spécialement pour moi.
- tu n'as pas à demander Clover, je le fais de bon cœur.
- et pourtant, je ne le mérite pas. Je t'ai menti, John.
- comment ça ?
- je sais qui tu es. Ça va bientôt faire quatre mois que je connais ta véritable identité.

Je restais sur le cul après sa révélation, ça n'était pas possible, elle avait osé me mentir sur un sujet aussi important, comment avait-elle pu ?

- des gens du lycée t'ont enfin reconnu, quand je leur ai parlé de toi, ils m'ont dit ton nom et de quelle faction tu appartenais.
- arrête tes conneries. Tu me fais marcher. C'est du bluff tout ça.

Je me voilais la face, je n'arrivais pas y croire, je ne voulais pas.

- ah bon tu ne me crois pas ? S'emporta-t-elle tout à coup. Tu t'appelles Jack McClane et tu viens des Sincères !

Moi, un natif des Sincères ? Cette blague ! En même temps, à part chez les Audacieux, je ne me voyais originaire d'aucune faction, je commençais à douter et si elle disait vrai ?

- je suis désolée, il n'y a pas d'excuses pour ce que je t'ai fait, je suis impardonnable, si tu ne voulais plus jamais m'adresser la parole après cette horrible trahison, je comprendrais, tu aurais tout à fait raison.

Je pris petit à petit le temps de relativiser, après tout, elle avait ses raisons, elle ne voulait pas me perdre, tout simplement.

- ça va, c'est rien, je comprends pourquoi tu l'as fait. Tu voulais me garder auprès de toi, je ne t'en veux pas.
- quoi ? Tu ne m'en veux pas ? Mais comment c'est possible ? Réagit-elle, outrée. Bon sang John, tu es irrécupérable, j'ai inventé toute cette histoire pour que tu m'en veuilles à mort justement et que tu choisisses d'aller chez les Audacieux sans te retourner, et toi t'es même pas foutu de me détester, tu me désespères, c'est pas possible !

Avant même que je comprenne ce qui se passe, elle disparut comme une furie dans sa chambre, je ne l'avais jamais vue comme ça, dans un tel état de rage, je préférais lui laisser le temps de se calmer avant d'aller la voir, même si j'aurais préféré que notre dernière soirée avant la Cérémonie du Choix se passe d'une bien autre manière.


- s'il te plaît, choisis les Audacieux.

Je me demandais encore si j'avais rêvé ce chuchotement quand Chloë apparut juste devant moi, se tenant à genoux au sol, sa poitrine était à hauteur de mon oreiller, alors que j'étais encore allongé sur le canapé, je relevais immédiatement la tête pour lui faire face.

- fais-le pour moi John, dit-elle en me prenant la main, je t'y rejoindrais un an plus tard, c'est pas long un an quand on est sûr de ses sentiments tu sais.
- hors de question, tu ne tiendras pas une semaine là-bas.
- je suis plus solide que tu ne le crois.
- dis-moi en quoi c'est mal si je veux rester ici auprès de toi, à passer des soirées paisibles devant la cheminée, ce serait si horrible que ça pour toi ?
- j'ai peur.
- de quoi ?
- que tu me le reproches un jour et que tu finisses par me détester parce que tu auras choisi les Altruistes rien qu'à cause de moi.
- pas à cause, Clover, grâce à toi. C'est ma décision, pas la tienne et je l'assume totalement, du début à la fin. Et puis, tu pourrais me faire le même reproche je te signale parce que ce sont les Érudits ton premier choix, pas les Audacieux, ni même les Altruistes.
- c'est pas pareil, contrairement à toi, les Altruistes, c'est déjà chez moi.
- tu vois, c'est là que tu te trompes Clover, avec toi, je suis partout chez moi.

Touchée par ma déclaration, elle vint m'embrasser et nos langues se mélangèrent vite tel un tourbillon, je ne contrôlais plus rien quand Chloë se détacha tout à coup de moi.

- désolé.
- non, c'est pas ça… c'est… elle nous regarde, ça me perturbe. Elle nous regarde encore là.
- qui ça ? Demandais-je en scrutant le salon des yeux.
- Azura. Viens on sera mieux dans ma chambre.

Elle me tira par la manche de mon chemisier et je la suivis de bon cœur tout droit vers sa chambre, j'allais finalement passer une meilleure soirée que je ne l'avais d'abord imaginée.

- ben tu viens pas te coucher ?

Stoïque jusque-là car je craignais de la brusquer, j'acceptais l'invitation de Chloë et je l'imitais en me faufilant sous les draps en même temps qu'elle.

- tu sais, c'est la première fois que je partage mon lit avec un garçon.
- deuxième fois, on a dormi sur le canapé une fois tous les deux.
- oui, mais bon, c'est pas pareil.
- je vois ce que tu veux dire.

Je ne savais plus si je devais faire le premier pas, je serais déçu si rien ne se passait ce soir entre nous mais je n'allais pas la forcer, j'aurais encore plein d'opportunités quand je reviendrais de la Cérémonie du Choix demain.

- Clover, tu dors ?
- non.

Allongée de tout son long du côté gauche du lit, Chloë tenait fermement son coussin dans les bras quand je décidais de tenter une approche et que je vins doucement derrière elle pour l'entourer de mes bras. Je déposai un tendre baiser sur sa tempe ainsi qu'une multitude de petits baisers dans le creux de son cou.

- n'arrête pas surtout.

Je la sentais plier au fur et à mesure sous le poids de mes caresses mais je voulais être certain qu'elle appréciait mes initiatives.

- tu es sûre ?

Quelques mèches de la chevelure de Chloë vinrent me chatouiller le nez, quand son menton trouva refuge à la base de mon cou.

- Clover ?

La mine soucieuse, ma bouche vint cette fois se faufiler tout près de son oreille.

- tu veux que je continue ? Lui demandais-je dans un murmure. Tu es sûre ?

A défaut de me répondre, elle tourna légèrement la tête pour me faire face puis colla ses lèvres tout contre les miennes. Nos langues finirent par s'entremêler avec passion, notre baiser se faisant de plus en plus intense au fil des secondes.
Totalement perdu dans ce moment, j'en profitai pour ramener Chloë encore plus contre moi. Ma main droite voyageait maintenant sous son chemisier gris, sur ses seins nus, mes doigts glissant lentement sur sa peau, traçant sensuellement la cambrure de son dos. J'explorais chaque partie de son corps avec parcimonie, m'attardant sur le moindre grain de beauté, essayant sans cesse de trouver un nouveau point sensible chez elle. Plus ma main se rapprochait de son bas ventre, plus ses joues devenaient rouges et brûlantes de désir alors que je venais presser mes lèvres doucement le long de sa nuque.

- tu es sûre ?

Je la sentais sourire tout contre moi. Ça faisait au moins la troisième fois que je lui posais la question, peut-être que j'en faisais trop mais je craignais toujours de la brusquer ou de lui faire mal, je voulais m'assurer que ce n'étaient plus seulement mes doigts qu'elle voulait à présent.

- viens.

Afin de me rassurer une bonne fois pour toutes sur son envie de moi, elle s'empara de mon sexe en érection et le frotta doucement à l'entrée du sien. Ne me faisant pas prier plus longtemps et devant l'urgence de mon désir, je la pénétrai doucement, mes mouvements réguliers mais puissants lui arrachant même de petits cris étouffés au passage.

- Chloë…

J'étouffai un grognement sourd dans son cou, prononçant son nom d'une voix rauque, elle agrippa les draps et finit par trembler comme une feuille au même moment. Passant à l'envi sa petite main sur mon torse musclé, Chloë semblait raffoler de la douceur de ma peau. Encerclant son visage de poupée dans mes puissantes mains, je laissai courir mon pouce sur le contour de ses lèvres encore tremblantes. Alors que je peinais à détacher mon regard du sien ne serait-ce qu'un instant, elle se pencha pour m'embrasser une nouvelle fois.

- bonne nuit, John.

Le sourire aux lèvres, je reconnaissais volontiers n'en avoir jamais connue de meilleure, pour le coup, elle avait bien choisi ses mots.


Je me mis à grommeler bruyamment quand je sentis que quelqu'un venait de me pincer au niveau de mon coude jusqu'à ce que j'ouvre les yeux et que la nuit dernière me revienne immédiatement en mémoire, une nuit magique.

- je voulais m'assurer que tu étais bien réel, m'expliqua Chloë toute intimidée.

Les yeux encore embués par le sommeil et la voix légèrement rocailleuse, un éclat de rire furtif et un brin étouffé s'échappa de ma bouche.

- laisse-moi te montrer à quel point je suis bel et bien réel, Clover.

J'eus à peine le temps de lui voler un rapide baiser qu' elle s'échappait déjà du lit à mon plus grand regret.

- tu regrettes cette nuit, c'est ça ?
- quoi ? Oh non, non pas du tout, pas du tout, c'est juste que Joel ne va pas tarder à se lever et il ne vaut mieux pas qu'il te trouve ici, tu comprends ?
- et encore une fois, c'est toi qui as raison, soufflais-je en me dirigeant tout droit vers la porte. Mais je te préviens, on dort dans la même chambre quand je reviens de la Cérémonie du Choix, que ton frangin soit d'accord ou pas avec ça, je m'en contrefous, c'est une toute nouvelle vie qui commence pour moi dès ce soir.
- pour nous.
- pour nous, répétais-je en la dévorant des yeux.

Je quittais la pièce et je retrouvais Chloë à la table du petit-déjeuner une trentaine de minutes plus tard comme si de rien n'était. Joel me donna ses derniers conseils avant mon départ pour la Ruche.

- à tout à l'heure, John.

Il me fit un léger signe de la tête pour me saluer avant de rejoindre à nouveau la cuisine alors que j'étais planté devant la porte d'entrée avec Chloë juste en face de moi.

- j'ai l'impression que je ne vais plus jamais te revoir.

Je posais délicatement ma main droite sur sa joue gauche alors qu'elle venait de baisser la tête comme si elle avait honte de m'avoir fait un tel aveu, mais je ne voulais pas qu'elle se sente comme ça, je voulais qu'elle ait foi en l'avenir, en notre avenir.

- hey regarde-moi, dis-je dans un murmure. Ça n'arrivera pas, tu m'entends ?

Elle me fixait de ses grands yeux clairs, je ne m'attendais pas à ce qu'elle me dise aussi franchement ce qu'elle avait sur le cœur.

- je t'aime John.
- moi aussi Chloé, je t'aime.

Et pour moi, ce que nous éprouvions l'un pour l'autre, c'était vraiment tout ce qui comptait. Rien d'autre n'avait d'importance. Je la serrais très fort dans mes bras une dernière fois, je voyais qu'elle avait du mal à me laisser partir, sa main droite s'accrochait encore à un pan de ma chemise grise alors que la mienne se trouvait à présent sur la poignée de porte.

- à ce soir, lui dis-je dans un sourire.

Le regard doux mais appuyé, c'était comme une promesse que je lui faisais et elle me rendit mon sourire au centuple, je pus donc me mettre en route l'esprit tranquille, soulagé d'avoir réussi à effacer toutes ses craintes l'espace d'un instant.


Que la joie t'accompagne *_*