Merci les filles pour vos adorables reviews :) pour l'instant, je continue avec le POV de Chloë, j'alternerai un peu plus tard entre le sien et celui d'Eric.
- bon, je te laisse leur faire la visite habituelle, amuse-toi bien.
- merci Eric… pour la corvée.
Eric, alors c'était ça son vrai prénom, il n'avait pas une tête d'Eric, à dire vrai, il n'avait pas une tête à s'appeler John non plus. Il acquiesça sans dire un mot après les remerciements ironiques de Quatre puis s'en alla aussitôt à mon plus grand regret et je le suivis des yeux jusqu'à ce qu'il ne forme plus qu'un minuscule point à l'horizon. Il me manquait déjà, je me demandais quand j'aurais la chance de le revoir avant de me concentrer à nouveau sur le discours de Quatre. Il nous annonça de but en blanc qu'il gardait les transferts avec lui alors que les natifs des Audacieux devaient rester avec Lauren, il nous demanda ensuite de le suivre jusqu'au centre de vie des Audacieux autrement dit la Fosse, puis il nous présenta nos dortoirs où on devrait dormir pendant les dix prochaines semaines, ces derniers étaient mixtes tout comme les douches.
On s'y changea vite pour revêtir nos habits d'Audacieux devant tout le monde, on brûla au passage les vêtements de nos anciennes factions, puis on se rendit à la cafétéria, ça tombait bien, j'avais une faim de loup. Rae ne manqua pas de se moquer gentiment de moi quand elle vit ma réaction face à la viande qui était servie ici, heureusement pour moi, Emmett, un ancien Érudit qui était assis en face de nous à table se chargea à ma place de la rencarder sur les habitudes alimentaires des Altruistes.
- ah enfin, regarde qui voilà.
D'un simple coup de coude, Rae me signala la présence de Quatre dans la salle, mais moi je n'avais d'yeux que pour John qui marchait juste derrière lui, ils finirent par prendre place tous les deux à une table à quelques mètres à peine de la nôtre, j'avais le dos de John pile devant moi et heureusement que mes yeux n'étaient pas des lances-flammes sinon le pauvre serait déjà brûlé au troisième degré à force que j'observais le moindre de ses mouvements.
- c'est pas vrai, même quand Quatre mange, il est sexy, mais comment il fait sérieusement ?
- sexy et surtout pris, argumenta Emmett, toujours au courant des derniers ragots. Tu vois la fille juste à côté de lui ? Elle s'appelle Tris, elle travaille dans la salle de contrôle, ça va faire un an qu'ils sont ensemble, ils ont eu le coup de foudre pendant leur initiation et depuis c'est l'amour fou alors à ta place, je ne me ferais pas trop d'illusions.
- tout de suite les grands mots, je n'ai pas dit que je voulais l'épouser hein, et puis, défense de toucher, ça ne veut pas dire que je n'ai pas le droit de mater ses petites fesses rebondies pour autant, plaisanta Rae. Et apparemment, il n'y a pas que moi qui sois intéressée par la plastique de ce cher Quatre, n'est-ce pas Mac ?
- pfff n'importe quoi, alors là pas du tout.
Je sentais le rose me monter aux joues au fur et à mesure, j'étais embarrassée qu'elle croit que je craque pour Quatre mais je l'étais encore plus qu'elle découvre que ce soit pour John en réalité alors je ne démentis que mollement ses accusations.
- t'en fais pas, t'as pas de soucis à te faire avec moi, je ne marche jamais sur les plates bandes des copines alors il est tout à toi, je te le laisse, t'auras qu'à t'arranger avec Tris. Moi, je crois que je vais me consoler avec le blondinet aux yeux bleus juste à côté de lui, je te jure que quand il m'a sortie du filet avec juste un bras, je me suis sentie défaillir. Je t'en supplie Emmett, dis-moi qu'il n'est pas pris celui-là.
Impatiente de connaître la réponse à cette question, je tournai la tête vers Emmett à la vitesse de la lumière, je me réjouissais d'en apprendre un peu plus sur la vie privée de l'homme de ma vie.
- alors là, aucune idée. Eric est très secret, il protège sa vie privée comme personne. Mais bon, il est tellement accro à son boulot que ça m'étonnerait qu'il ait le temps pour autre chose.
- ah mais ça c'est parce qu'il n'a pas encore pris le temps de me connaître, crois-moi, je vais le faire changer d'avis en un claquement de doigt.
Je restai muette après le dernier commentaire de ma nouvelle amie, la simple idée d'imaginer John avec une autre fille me rendait malade, et Rae était super jolie, il risquerait de craquer, je ne pouvais pas me permettre un tel risque, je me voyais donc contrainte de lui dire toute la vérité sur mes véritables liens avec John et je comptais bien le faire dès cette nuit au dortoir.
- Rae ? Tu dors ?
Je lui avais posé la question pour la forme, je connaissais déjà la réponse alors qu'elle se retournait une nouvelle fois dans son lit tout en soupirant. Heureusement pour moi, nos lits étaient quasiment collés l'un à l'autre donc je me contentais de chuchoter dans notre dortoir plongé dans une obscurité totale.
- pfff comment tu veux dormir dans un matelas aussi dur que du ciment ? Ils sont vraiment cons, ils croient sérieusement que c'est en ayant le dos en kit qu'on va réussir à se dépasser dans les épreuves ?
- c'est clair, dis-je dans un sourire. Tu sais, tu avais raison pour ce que tu as dit ce soir à la cafétéria.
- à propos de quoi ? J'ai raison sur tellement de trucs que je finis par m'y perdre moi-même au bout du compte.
Sa franchise me fit sourire, je ne savais pas comment elle faisait, j'aurais bien aimé connaître sa recette pour être aussi sûre d'elle.
- comme quoi je craque sur un garçon d'ici, c'est vrai mais c'est pas Quatre.
- c'est qui alors ? Max ?
- mais non. Il est beaucoup trop vieux pour moi.
- ben quoi, je connais pas tes goûts moi je te signale, à moins que… c'est pas vrai, ne me dis pas que c'est Emmett.
- non, c'est pas lui.
- attends, il reste qui sur notre liste de beaux gosses...Eric ?
- bingo.
- le feu et la glace, si ça se fait, vous seriez un couple détonnant.
- en fait, ça s'est déjà fait.
- sans déconner ? Demanda-t-elle, en tombant des nues. Quand ça ? Dans une dimension parallèle ? Comment ça se fait que je ne sois pas au courant ?
- il y a deux ans. On l'a recueilli chez nous avec mon frère, il l'a retrouvé blessé à la tête près de la Ruche, on l'a soigné et on est devenus très proches.
- ne te vexe pas mais ça n'est clairement plus le cas aujourd'hui. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu l'as plaqué et il t'ignore depuis votre rupture ?
- si seulement ça pouvait être aussi simple. Quand il était chez nous, il ne savait plus qui il était, il avait perdu la mémoire et j'imagine qu'en la retrouvant, il a dû zapper toute une partie de sa vie, sa vie avec moi en particulier.
- ma pauvre, c'est vraiment pas de bol. Tu dois tout lui dire, qu'est-ce que t'attends ?
- je sais pas, j'aimerais bien mais...
A dire vrai, je n'avais pas le courage, j'avais une peur bleue qu'il me rejette, avec John j'étais en confiance, je pouvais me confier à lui sans hésiter alors qu'Eric était tout sauf accessible.
- mais quoi ? Tu vas y arriver, ne t'inquiète pas, demain matin tu lui balances tout, bon, en y mettant les formes bien sûr, et tu verras, ça va le faire.
- j'espère que t'as raison.
- comme toujours.
Je souris à son absence de modestie et je priais déjà pour que ma conversation avec John se passe bien.
- je veux voir tout le monde dans la Fosse, dans deux minutes !
Le lendemain matin, ce fut la voix criarde et peu avenante de Quatre qui nous sortait du lit à 7h58 pétantes, j'avais des envies de meurtres à cet instant, en plus d'avoir la tête en coton, je n'avais que très peu dormi cette nuit, et mon stress à l'idée de ma future discussion avec John n'arrangeait pas les choses.
On s'exécuta et une fois tous les transferts réunis, Quatre commença son briefing en nous expliquant que même si on était séparés des natifs, notre classement se ferait en commun et qu'il déterminera notre futur job chez les Audacieux. Selon lui, notre entraînement se ferait en deux phases : d'abord physique et ensuite mentale.
Je me redressai immédiatement quand je vis apparaître John derrière Quatre, son dos avait pris appui sur la paroi rocheuse, ses mains derrière le dos, il attendait sagement que son collègue ait fini de parler. Mon cœur battait la chamade, je n'arrivais plus à détacher mes yeux de lui.
- le classement servira aussi à déterminer qui est éliminé.
Il intervint enfin à ma plus grande joie, j'étais concentré à fond sur ce qu'il nous disait, je buvais littéralement ses paroles. Tout le monde autour de moi fut surpris d'apprendre que le règlement avait changé cette année et que si on échouait à l'initiation, on ne pourrait pas retourner chez nos familles et on deviendrait Sans-Faction. Décidément, j'avais choisi la mauvaise année pour venir mais je ne regretterais mon choix pour rien au monde, être ici ça voulait dire voir John tous les jours et cela suffisait amplement à mon bonheur.
Lorsqu'on se retrouva tous dans la salle d'entraînement quelques minutes plus tard, on se mit à courir sur ordre de Quatre pendant une demi-heure avant de rejoindre le toit pour s'exercer au tir par arme à feux sur une cible, je me trouvais juste entre Rae et Emmett et on pouvait dire que je n'étais vraiment pas douée pour viser juste, c'était un euphémisme.
- vas-y.
D'un signe discret du menton, Rae me montra John assis sur le rebord du toit entrain de superviser les performances de tous les transferts au loin en silence.
- quoi ? Maintenant ?
- oui, profites-en, il est seul. Allez, courage, tu vas y arriver.
- de quoi elle parle ? Me demanda Emmett, piqué dans sa curiosité.
- t'occupe, le rembarra aussitôt Rae.
Lorsque je m'approchai à pas de loups du rebord, John me lança un regard noir qui me fit regretter instantanément mon initiative mais c'était trop tard à présent, je ne pouvais plus reculer.
- je...je peux te parler ?
- est-ce que j'ai l'air d'avoir du temps à perdre ?
Quelle idiote, mais quelle idiote ! Pourquoi est-ce que j'avais écouté Rae, c'était sûr à cent pour cent que j'allais me faire refouler, non mais sérieusement, je m'attendais à quoi de sa part ? Il n'allait certainement pas m'accueillir à bras ouverts, pour lui je n'existais pas ou alors je ne représentais qu'un vulgaire caillou dans sa chaussure, j'étais vraiment qu'une pauvre fille, on ne m'y reprendrait plus.
- Eric !
La voix de Quatre résonna sur le toit, John fit immédiatement un pas vers lui avant de se retourner une dernière fois vers moi.
- économise ta salive Pète-Sec, si c'est pour me dire quelle tireuse pitoyable tu fais, j'avais capté.
Encore une réplique assassine de sa part histoire de bien m'achever, mon coeur saignait mais je ne m'avouais pas vaincue pour autant, au lieu d'aller au casse-pipe, il fallait que j'adopte une autre méthode, que j'élabore une vraie stratégie, moins frontale et beaucoup plus fine pour l'approcher, y aller en douceur et surtout pas avec mes gros sabots.
J'avais exposé mon problème à Rae et elle m'avait conseillée de faire des petits dessins ou d'écrire des mots sur des post-it qui pourraient faire tilt dans la tête de John chaque jour comme une sorte de jeu de piste, je suivis son précieux conseil à la lettre et au fil des semaines, j'allais donc coller un post-it par jour devant la porte de son appartement entre deux entraînements au tir, aux lancers de couteaux, aux techniques de combat ou encore à la course à pied.
Ce matin-là, Quatre nous laissait encore nous affronter entre nous quand John fit son entrée dans la salle d'entraînement, par chance, les deux beaux gosses Audacieux se trouvaient juste derrière nous et avec Rae, on tendit l'oreille pour ne pas rater une miette de ce qu'ils se disaient.
- encore un de ces satanés post-it ?
- je te jure que si je mets la main sur la personne qui les colle sur ma porte, elle passera un sale quart d'heure, souffla John avec frustration.
Sa réflexion me fit douter de ma nouvelle stratégie, je voulais qu'il se souvienne de notre histoire, pas qu'il me déteste.
- tu devrais être flatté, si ça se trouve, tu as une admiratrice secrète.
- une admiratrice ? T'es gentil, j'appelle ça une ravagée du ciboulot, moi.
Super, maintenant il me prenait une folle, de mieux en mieux, Rae put lire le doute dans mes yeux car elle me rassura aussitôt.
- t'en fais pas, c'est la meilleure stratégie, fais-moi confiance.
J'acquiesçai mollement, je n'étais plus très sûre de moi à présent quand la voix de John retentit dans toute la salle d'entraînement.
- première sauteuse ! Dit-il en posant son regard sur moi. Sur le ring !
Il porta ensuite toute son attention sur Peyton, cette fille faisait au moins le double de ma taille, je craignais le pire.
- dernière sauteuse ! C'est l'heure du combat !
- combien de temps on doit se battre ? Se renseigna cette dernière.
- jusqu'au K.O., répondit John avec détermination.
Il semblait aimer l'odeur du sang car dès que mon nez se mit à pisser du liquide rouge après un coup de poing bien placé de Peyton, il l'encouragea d'un simple regard à me mettre le coup fatal et elle ne se gêna pas en m'assénant un violent crochet du gauche qui me fit tomber dans l'inconscience, quand je repris mes esprits quelques minutes plus tard, je dus tenir une poche de glace sur ma joue droite brûlante jusqu'à la fin de l'entraînement.
Une fois la fin du cour, Eric nous réunit tous devant un grand tableau pour nous expliquer qu'on serait évalués tous les jours à partir de maintenant et qu'on dégagerait à la fin de la première phase si notre nom se trouvait encore dans la zone rouge, ce qui était mon cas pour l'instant.
J'étais totalement déprimée à l'idée de devoir quitter les Audacieux à la fin de la première phase si je n'arrivais pas à remonter rapidement dans le classement et encore plus à l'idée de partir avant que John ne se souvienne de qui j'étais et de tout ce que l'on représentait l'un pour l'autre.
Histoire de me remonter le moral, Rae proposa qu'on aille se faire tatouer et j'acceptais avec plaisir son invitation. Mon amie avait jeté son dévolu sur la planche avec le symbole des Audacieux alors que mon choix s'était porté sur un trèfle à quatre feuilles qui me rappelait le surnom que me donnait l'homme de ma vie quand on vivait tous les deux en amoureux chez les Altruistes.
Je fus surprise de retrouver Tori entrain de travailler dans cette salle, pendant qu'elle me faisait mon tatouage, elle m'avoua que j'avais fait une terrible erreur en choisissant les Audacieux, qu'on risquait de découvrir ma divergence et que j'étais considérée comme une véritable menace pour la société.
Sa mise en garde m'angoissa au plus haut point, c'était un poids que j'avais de plus en plus de mal à porter sur mes frêles épaules, je devais l'avouer.
Que la joie t'accompagne *_*
