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(Édité : février 2013)
Chap 8 - « Retrouvailles insolites »
Deux hommes s'étaient donnés rendez-vous sur les docks. Bien que l'un d'entre eux n'en voyait pas l'utilité et jugeait de mauvais goût cette entrevue, l'autre en avait tout de même fait la demande avec insistance.
Ils se tenaient debout, face à face, et se regardaient en chiens de faïence. La situation n'avait rien d'engageante et pour couper court à cette ambiance des plus désagréable, un premier entama la conversation.
- « … Comment va-t-il ? » demanda Feilong.
- « Son état est stable. »
Asami le dévisageait, mains dans les poches de son pantalon, une cigarette coincée entre ses lèvres. Malgré la chaleur écrasante qui régnait, il arborait son éternel costume trois pièces et ne semblait aucunement affecté par l'atmosphère chaude et moite de la fin de l'été – c'était à croire que la froideur de son caractère avait aussi gagné son corps –. Il aurait même paru calme s'il n'y avait son regard incisif qui venait ajouter un peu plus de tension à cette ambiance pesante. Mais Feilong ne semblait pas en être troublé. Depuis le temps, il commençait à y être habitué même si les derniers événements lui ont démontré que les humeurs massacrantes du mafieux ne connaissaient pas de limite.
À ce propos, Asami était justement d'une humeur massacrante, et ce, depuis le coup de fil du chinois qui avait désiré s'enquérir de l'état de santé d'Akihito. Mais de qui se moquait-il ? Takaba avait failli perdre la vie par sa faute et maintenant, poussé par les remords, il s'inquiétait pour lui ? C'était peu dire qu'Asami mourrait d'envie de lui casser les deux jambes avant de le balancer dans la baie. Le laisser rejoindre la Chine à la nage les deux membres fracturés était même un piètre châtiment après ce que Yoh lui avait rapporté. Durant la captivité de Takaba, Feilong ne s'était pas privé de faire ''bon usage'' du corps de sa propriété et il n'était pas prêt de lui pardonner. Il ne tolérait pas que l'on touche à Takaba. Alors le laisser le voir était hors de question.
- « Il n'est toujours pas sorti du coma ? » reprit Feilong, quelque peu excédé par le mutisme prolongé de l'homme d'affaires.
- « Il n'est pas dans le coma. Il est juste en état de léthargie provoqué par les calmants… C'est tout ce que tu voulais savoir ? » demanda-t-il froidement.
Feilong le regarda, l'air perplexe. Alors qu'Asami ne l'avait pas encore incriminé pour avoir kidnappé Akihito, ce temps semblait révolu. S'il avait détesté que cet homme arrogant l'ait pris en pitié tout en s'amusant de lui, sa situation avait été plus enviable à celle qu'il vivait actuellement. Asami n'avait pas donné l'impression de vouloir le tuer pour ce qu'il avait fait à Akihito, mais à présent, il n'en était plus aussi sûr.
- « Dis-lui que je suis désolé et que je regrette tout ce qui lui est arrivé. »
Asami tira sa cigarette, puis expulsa lentement un nuage de fumée.
- « Ne remets plus les pieds à Tokyo. »
Le ton qu'avait employé Asami était aussi tranchant qu'une guillotine affûtée : c'était un avertissement, une menace. Il jaugea une dernière fois le chinois pour s'assurer que le message était bien passé, lui tourna le dos, puis s'en alla à pas lents mais assurés en direction de sa berline.
Feilong suivit du regard le dos de l'homme d'affaires. Un sentiment de vide s'installait à mesure que l'objet de sa haine s'éloignait. Il avait l'impression que leurs chemins ne se croiseraient plus. Que le pont qui raccordait le fossé creusé entre eux deux, s'était irrémédiablement écroulé. Qu'avait-il cherché à obtenir en défiant Asami, si ce n'était l'éloigner un peu plus de lui ? Malgré cela, il était heureux qu'Akihito s'en soit sorti. C'était la seule et unique bonne nouvelle qui égayait un tant soit peu tous ces jours maussades qui s'étaient succédés depuis l'échange du photographe.
Feilong s'accouda à la rambarde du quai, puis soupira. Un vent léger qui venait de se lever, caressait son visage et ses cheveux. Lentement, il ferma les yeux et sentit aussitôt la main d'Asami passer dans sa chevelure. Mais ce n'était que le souvenir d'un soir… sept ans auparavant.
- « Ne plus remettre les pieds à Tokyo… » murmura-t-il en fixant l'horizon alors que son visage se durcissait. « C'est ce qu'on verra, Asami… »
xxx
Il était un peu plus de vingt et une heure trente quand la porte claqua dans l'entrée. Après avoir allumé la lumière, Asami se dirigea vers le salon. Son domicile n'était en rien semblable à celui d'Arbatov. Il ressemblait plus à un appartement qui venait d'être dévaliser qu'une boutique d'antiquité bourrée à craquer. Toutefois, le peu de meuble, style contemporain, n'en était pas moins luxueux. Rien ne traînait, pas un papier ni même un grain de poussière. En fait l'appartement était à l'image même de son propriétaire : froid et austère.
Asami se débarrassa de sa veste et de son gilet qu'il jeta négligemment sur le dossier d'un fauteuil, puis s'avança vers le bar. Il se servit un verre de Bourbon et, tout en buvant, écoutait la respiration difficile du jeune photographe qui émanait de la pièce avoisinante. Il fixa la porte de la chambre restée entrouverte, et songea à sa précédente conversation avec Feilong. Si Feilong n'avait pas enlevé Akihito, il ne serait pas dans cet état aujourd'hui. Asami fronça les sourcils. Tout était de la faute de cet imbécile de chinois. Qu'il lui en soit reconnaissant de l'avoir laissé regagner la Chine en un seul morceau. La prochaine fois, il ne sera pas aussi indulgent.
L'homme d'affaires claqua son verre sur le bar et murmura entre ses dents :
- « Non, il n'y aura pas de prochaine fois… » Feilong avait compris qu'il ne le laisserait plus approcher Takaba.
L'homme d'affaires poussa doucement la porte entrouverte et regarda Akihito allongé dans son lit. Un lit si grand qu'on distinguait à peine la silhouette du photographe sous les draps. Un demi sourire aux lèvres, Asami pénétra dans sa chambre nouvellement transformée en hôpital. Elle était devenue méconnaissable avec tout l'attirail hospitalier qu'il avait fait amené. L'odeur du désinfectant prédominait même sur celle que laissaient la fumée de ses Dunhill. Sans faire de bruit, pour ne pas réveiller le jeune homme endormi, Asami s'approcha du lit. Les traits d'Akihito étaient certes moins creusés par la fatigue, mais les longues journées alitées en état de somnolence l'avaient amaigri.
Cela faisait déjà quatre jours qu'Asami avait ramené Akihito de Macao. L'état de frayeur du jeune homme l'avait frappé et il n'avait eu aucune envie de revoir ça. C'était ce qui l'avait décidé à l'arracher de cet hôpital, malgré les contestations véhémentes du médecin traitant. Médecin traitant qui s'était vite ravisé sous la persistance d'un mafieux peu enclin à faire des concessions. Certes, transporter Takaba par avion n'était pas préconiser mais son état mental primait sur ses blessures physiques. Le directeur de l'hôpital s'y était également formellement opposé, mais lorsque l'homme d'affaires prenait une décision, rien ne pouvait l'en dissuader – et le directeur l'avait aussi appris à ses dépends. Asami n'aimait pas particulièrement user de menaces sur des personnes qu'ils jugeaient inoffensives, mais parfois la situation l'exigeait et portait ses fruits. D'autant plus si ladite menace s'étayait d'une paire d'yeux en acier trempé. Après ça, le directeur s'était montré fort conciliant et s'était même mis en quatre pour accélérer le transfère du jeune homme.
Akihito ne portait plus son masque à oxygène, et bien que sa respiration s'était améliorée, il y avait toujours ce sifflement à chacune de ses inspirations. Asami plissa les yeux. Voir Takaba dans un tel état de faiblesse l'irritait profondément, il ne décolérait pas. Arbatov restait introuvable, ce chien s'était enfui. Mais pour le moment, la priorité d'Asami était de remettre le photographe sur pieds. Arbatov attendrait.
Une main plaquée sur le matelas, Asami se pencha au-dessus du visage du jeune homme. Sa présente éveilla Akihito qui souleva lentement les yeux paupières. Leurs yeux se croisèrent et ne se quittèrent pas. Mais Akihito ne semblait pas le voir. Ses yeux vitreux regardaient dans le vide, puis il détourna la tête et se rendormit en soupirant.
L'homme d'affaires se redressa, un air de mécontentement dans le regard : « Cela suffit », décida-t-il. À partir de demain il n'autoriserait plus que l'on ''drogue'' sa propriété. Takaba devait à présent retrouver ses facultés. Et se qu'exigeait l'homme d'affaires ne se réfutait pas. Les infirmières qui avaient été choisies consciencieusement pour poursuivre les soins du photographe, n'avaient d'autres choix que de se plier à sa volonté. Sa parole était d'or !
Il fallut plus de deux jours pour qu'une partie des ''drogues'' quitte l'organisme du jeune homme et retrouve une certaine lucidité. Enfin, presque… Akihito ouvrit les yeux, l'esprit encore embrumé. Mais pas suffisamment embrumé pour constater qu'il n'était plus dans sa chambre d'hôpital. Il avait la bouche pâteuse et donnerait n'importe quoi pour voir surgir devant ses yeux un grand verre d'eau glacé. Il tâta de sa main son front qu'il jugea un peu trop chaud.
Mais où était-il ? Il y avait bien tout le matériel montrant qu'il était dans une chambre d'hôpital mais, ce n'était pas le cas, elle était bien trop grande, luxueuse… Le lit aussi était trop grand et il doutait que les hôpitaux mettent à la disposition de leurs patients de magnifiques draps de satin. Surtout pour un type aussi banal que lui.
Et puis… Il avait l'impression de connaître cet endroit… Soudain Akihito sursauta dans les draps lorsqu'il vit apparaître Asami dans l'encadrement de la porte. Celui-ci était entré sans ménagement à la façon d'un bulldozer. « Il ne fallait pas perdre les bonnes habitudes ! » maugréa Akihito. Mais qu'est-ce qu'Asami faisait là ! Oh là ! Minute… Sa mémoire lui revenait. Il était déjà venu dans cet endroit après qu'Asami l'ait sorti des griffes de Feilong. Et il avait eu la prodigieuse idée de nettoyer, à sa façon, son corps souillé par le chinois. (1)
Asami détailla le jeune photographe de ses yeux inquisiteurs. Il le parcourait de la tête aux pieds. Akihito eut l'impression d'être dans une foire où l'on alignait les esclaves que les futurs maîtres examinaient. Après ce court, mais fort incommodant, moment d'inspection, il vit Asami s'avancer vers le lit.
- « Te voilà enfin en possession de tes moyens… » fit celui-ci un sourire en coin tout en posant une paire de ciseaux sur la table de nuit.
Il s'assit ensuite sur le bord du lit et planta ses yeux dans ceux d'un Akihito visiblement perturbé. Le sourire malicieux qu'il affichait ne rassurait pas le photographe qui n'avait encore émis aucun son et restait bouche bée. En voyant ces lèvres impudentes à demies ouvertes, Asami se pencha au-dessus du jeune homme, ses mains plaquées de chaque côté de ses épaules. Il approcha ensuite son visage, ses yeux cuivrés brillant d'un éclat plein de sous-entendus. Il savait que ce qu'il s'apprêtait à dire susciterait quelques réactions de la part de sa propriété.
- « Tu ferais bien de fermer cette bouche avant que je ne décide de m'y introduire… » prévint-il en caressant de son pouce la lèvre inférieure du jeune homme.
« QUOI ? » cria mentalement Akihito. Qu'est-ce qu'il voulait dire par : ''M'y introduire'' ? Soudain, une excitation incontrôlée, mêlée d'une farouche indignation, s'empara du jeune homme qui devint écarlate en songeant au deux possibilités de cette intrusion. Il se remémora leur dernière nuit de passion lorsque, pour la première fois, Asami l'avait obligé – sans avoir eu recours à la force – à goûter à sa ''saveur''. Du même coup, celle de Feilong lui revint également en mémoire. Mais celui-ci n'avait pas eu la délicatesse de se retirer à temps, ce qui l'avait obligé à… Ha non! C'était un moment d'horreur à oublier impérativement ! Instinctivement, Akihito referma la bouche. Geste prévisible qui eut pour effet d'amuser fortement Asami qui se redressa sur ses deux mains pour mieux le dominer.
- « Bien… » fit-il, ravi de voir le photographe tomber une fois de plus dans le piège qu'il avait judicieusement préparé. « Tu reprends même des couleurs. »
Il caressa d'un doigt la joue cramoisie du jeune homme qui commençait à reprendre ses esprits et qui éprouvait une envie subite de lui jeter à la tête la première chose qui lui passerait sous la main. Cependant, il décida de remettre son envie à plus tard, il y avait plus urgent : comme une tonne de questions qui lui faisait bouillir le cerveau.
- « Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est Arbatov ? Et qu'est-ce je fais là… ? » Sa phrase laissée en suspend annonçait que d'autres questions fuseraient après les premières réponses, mais Asami restait muet comme une carpe. Et autant dire que ça commençait fortement à jouer sur ses nerfs.
- « Tu pourrais au moins me répondre! J'ai le droit de savoir tout de mê… »
- « Ce n'est pas le moment », coupa Asami.
- « Ah oui, et quand ce sera le moment alors ? » demanda Akihito, totalement ahuri par la réponse de l'homme.
Asami se leva et quitta la chambre, un étrange sourire aux lèvres.
- « Après t'avoir fait prendre un bain », répondit-il.
- « Hein ? Me faire prendre un bain… ? »
Akihito tressaillit en le voyant se retourner vers lui. Il connaissait bien ce regard pervers. Et… Et pourquoi Asami retirait sa cravate ? Oh non ! C'était le détail qu'il redoutait le plus pour l'avoir maintes et maintes fois expérimenté. Il l'amenait toujours au même point : dans un lit ! En fait, ce n'était pas vraiment le lieu qui importait, c'était la posture dans laquelle il se retrouvait ! Une des plus honteuse… et parfois douloureuse. Non, souvent douloureuse, en fait !
Non, il n'allait pas faire ça ? Merde il était blessé, il venait de subir une chirurgie, bordel ! Malheureusement, ses craintes se confirmèrent lorsqu'il vit, avec horreur, Asami revenir en peignoir.
- « Hey ! Tu plaisantes j'espère ! Il est hors de question que tu me… Je peux me laver tout seul, imbécile ! »
- « Non, tu ne peux pas », rétorqua Asami en tirant les draps d'un coup sec sous les yeux médusés d'Akihito.
Il glissa ensuite un bras sous ses genoux et le hissa hors du lit, nu comme un verre.
- « AH ! Asami ! Arrête ! Je suis blessé, bordel ! »
- « Raison de plus pour me laisser faire… »
Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas vrai ! se lamenta Akihito en notant au passage le sourire lubrique du mafieux. Il allait vraiment le faire ! Non, pas ça, c'est trop… Embarrassant ! Malgré les protestations véhémentes de son fardeau gesticulant dans ses bras, Asami comptait bien mettre son ''plan'' à exécution. Ils arrivèrent enfin dans la salle de bain, où une spacieuse baignoire remplie à moitié d'eau chaude odorante attendait sagement ses futurs occupants.
- « Asami, non, lâche moi ! Arrête ça ! Et mon pansement, alors ? Il va être trempé ! Arrête ! » hurla-t-il en gigotant dans tous les sens.
- « Regarde… » fit Asami en déposant ses lèvres sur la nuque d'Akihito qui ne put réprimer un frisson. « J'ai même pensé à ne pas remplir la baignoire. Alors oublie ton pansement et laisse-toi faire… »
Le combat était perdu d'avance. Que pouvait-il faire face au machiavélisme et à l'étreinte musclée des bras de cet homme ?
- « Ça peut attendre bon sang ! Laisse-moi », tenta Akihito en utilisant l'astuce du ''regard de chien battu'' au cas ou cela pourrait fonctionnerait.
- « Non, ça ne peut pas. Cela fait bien trois semaines que ce corps n'a pas été entièrement lavé. Tu verras, tu te sentiras mieux après… »
- « Dis tout de suite que je sens mauvais, pendant que tu y es ! » s'offusqua d'indignation Akihito.
Asami lui répondit par un sourire malicieux qui confirmait bien ses dires.
- « Enfoiré ! » lui balança Akihito pour toute réponse.
Ce n'était pas vraiment le genre de retrouvailles auxquelles il s'était attendu. Apparemment la période de séparation n'avait en rien changé les bonnes habitudes. Tout était redevenu comme avant et, malheureusement, il ne lui restait plus qu'à subir les lubies perverses du mafieux.
Asami déposa en douceur le jeune homme dans la baignoire fumante, qui, continuant à se débattre vainement, éclaboussa murs et sol.
- « Aie ! C'est trop chaud ! » protesta Akihito.
- « Tu auras encore plus chaud dans quelques instants », promit Asami les yeux brillants de malice.
Hein ? Pourquoi il disait ça ? La réponse à sa question ne se fit pas attendre. Asami venait de retirer son peignoir sous les yeux écarquillés d'Akihito. « Oh mon Dieu ! » s'affola-t-il intérieurement. À la vue de la splendide nudité de l'homme d'affaires, Akihito ferma instantanément les yeux. Ce n'était pas tant sa nudité qui le perturbait, c'était plutôt l'effet éloquent qu'il provoquait chez Asami.
D'ailleurs celui-ci s'amusait grandement de cette situation en voyant sa mine déconfite. Fort heureusement, Akihito n'avait pas perdu de son piquant. Dans un rire bref, Asami enjamba la baignoire puis se glissa derrière le photographe, allongeant ses longues jambes de chaque côté de ses hanches.
« Oh non… ! » angoissa Akihito lorsqu'il sentit ''cette chose'' se durcir et se tendre contre le bas de son dos. Il était foutu ! La seconde d'après, Asami enroula ses bras autour de sa taille et le plaqua contre son torse. Il n'avait pas menti lorsqu'il lui avait promis qu'il aurait encore plus chaud. Et le souffle tiède de son tortionnaire tout contre son oreille n'arrangeait pas son affaire. Une vague de chaleur commençait à l'envahir. Chaleur qui devint brûlure lorsqu'il sentit une des mains de l'homme se poser sur son ventre, puis glisser lentement vers son entrejambe.
- « Asami… Ar… Arrête… » supplia-t-il.
- « Pourquoi devrais-je m'arrêter ? » demanda Asami en prenant dans sa main le membre tendu du photographe. « Ce que je sens entre mes doigts m'incite au contraire à poursuivre… » Ce qu'il fit en faisant lentement glisser ses doigts sur son sexe.
Un autre gémissement s'échappa des lèvres du photographe.
- « De plus… » reprit Asami en frôlant de sa langue l'oreille du jeune homme. « Le souvenir de notre dernière étreinte ne m'a pas quitté. Tu t'es montré plein de dispositions cette nuit là… »
Akihito se raidit. Il éprouva subitement l'envie irrésistible de lui plonger la tête sous l'eau jusqu'à le noyer ! Asami avait énoncé ce fait sur un ton sarcastique. Il se jouait toujours de lui en profitant de ses faiblesses ! Il le détestait pour ça… Mais l'eau chaude de la baignoire, mêlée aux caresses lascives ressenties entre ses cuisses, lui fit perdre tout contrôle. Son corps se mit à se mouvoir aux rythmes de la main enserrant son sexe brûlant. Encouragé par cette délicieuse manifestation, Asami, de son autre main, souleva légèrement une jambe et explora de ses doigts l'autre partie de l'intimité de sa victime. Akihito se cambra sous l'exquise sensation produite par cette insidieuse intrusion. Il s'en voulait de réagir si violemment à ses caresses, mais que pouvait-il faire face aux mains expertes du mafieux ? Asami savait comment le faire plier à sa volonté, il faisait tomber ses barrières une à une jusqu'à ce que l'ivresse de la jouissance explose comme un soleil entre ses reins. Et la jouissance explosa en un feu d'artifice de félicité !
Dans un dernier spasme, Akihito s'écroula dans les bras de l'homme d'affaires qui le reçut en lui déposant un baiser dans le cou. Un sourire victorieux aux lèvres, Asami lui rappela qu'il lui appartenait, qu'il avait sa liberté entre ses mains et que ses efforts pour résister à son emprise étaient vains.
Akihito, essoufflé, lui répondit :
- « Va au diable ! »
- « Mais nous irons ensemble », murmura Asami les lèvres glissant dans son cou. « C'était une promesse… Rappelle-toi… »
Akihito s'en souvenait parfaitement… C'était une promesse faite avant son kidnapping qui l'avait l'emmené en terre inconnue mais surtout inhospitalière : cette putain de Chine ! Une promesse avant qu'Asami ne se fasse blesser par sa faute…
Las par tous ses souvenirs pénibles, Akihito soupira et se laissa glisser contre le torse nu et chaud de son amant. Son amant… Oui, aux yeux des autres il était devenu l'amant d'Asami. Mais Asami, lui, le considérait-il comme tel ? Ou était-il seulement un passe-temps avec lequel il aimait s'amuser ?
Quant à lui… Quel sentiment éprouvait-il pour Asami ? Cette question le torturaient davantage depuis qu'il… Non… Il n'arrivait toujours pas à se l'avouer…
À suivre…
(1) Voir le volume 1.
