ABSOLUTE MEMBERSHIP
(Édité : février 2013)
Chap 10 - « Un plan pour panser une vie »
Après deux heures, ou peut-être plus, d'interminables sanglots, Akihito avait fini par s'endormir. Il ne dormait pas d'un sommeil profond, il se réveillait par intermittence, croyant ou espérant entendre Asami revenir. Celui-ci avait quitté l'appartement peu après leur dispute. Et il n'était pas revenu…
Akihito avait fait son possible pour étouffer ses pleurs mais par moment des sanglots incontrôlés s'échappaient de ses lèvres. Asami avait certainement dû les entendre,malgré cela, il n'était pas venu le voir dans sa chambre. De toute façon ce n'était pas dans le tempérament du mafieux d'arrondir les angles, ni même de consoler. Akihito le savait bien. Toutefois, il avait quand même espéré qu'il le fasse. Oui, il aurait vraiment aimé. Au lieu de cela, l'homme d'affaires était parti en claquant la porte d'entrée. Il devait certainement en avoir eu assez de l'entendre pleurnicher comme gamin.
Akihito n'avait pas arrêté de se remémorer ce qu'il lui avait dit. Pourquoi avait-il fait ça ? C'était injuste et cruel. Asami l'avait toujours sorti des ennuis dans lesquels il avait le don de s'empêtrer. Il lui avait sauvé la vie à de nombreuses reprises. Il avait même pris deux balles à sa place quand Feilong avait voulu lui tirer dessus. Et lui, il n'avait rien trouvé de mieux à dire qu'il était incapable de le protéger et que c'était de sa faute s'il s'était retrouvé en Chine et qu'on l'avait violé. Il s'en voulait, il avait certainement dû blesser Asami. Il ne pouvait pas le blâmer d'être sorti en le laissant seul avec ses remords. Lui-même en aurait sûrement fait autant. Quelle ingratitude il avait eu envers Asami, il avait honte de lui… Surtout qu'Asami avait tout fait pour qu'il se rétablisse dans les meilleures conditions. La jeune infirmière lui avait tout raconté : comment il avait veillé à sa sécurité en engageant plusieurs aides-soignantes qu'il avait minutieusement sélectionnées pour se relayer vingt-quatre heures sur vingt-quatre à son chevet. Comment il avait aussi pris des dispositions pour les protéger, elles, et leur famille des hommes d'Arbatov. En fait il avait tissé un immense réseau de sécurité autour de lui. Et tout le matériel médical, ainsi que les médicaments nécessaires à sa convalescence, provenaient directement des usines et étaient scrupuleusement contrôlés sous l'œil attentif d'hommes de confiance. Sans oublier sa générosité pécuniaire, elle lui avait dit qu'elle avait gagné en deux semaines l'équivalent d'un an de salaire. Et il en était de même pour toutes les infirmières qu'il engagées.
Asami Ryûichi avait dépensé une fortune pour lui. Pour qu'il se remette au plus vite de ses blessures et en toute sécurité. Et pendant que lui dormait dans la chambre confortablement installé dans un lit luxueux, Asami dormait dans le canapé du salon. Il aurait pu louer une chambre dans un des plus prestigieux hôtels de Tokyo, mais il n'avait pas souhaité le laisser seul malgré les quatre molosses postés dans le couloir devant la porte d'entrée. L'infirmière lui avait tout rapporté dans les moindres détails, et lui avait dit qu'il avait de la chance d'avoir un ami aussi généreux et attentionné. Attentionné… Ce mot l'avait beaucoup amusé. Asami… attentionné ? Akihito avait ri à cette remarque et la jeune fille l'avait sermonné de se montrer aussi ingrat et inconvenant. Et elle avait eu raison de le faire.
Akihito n'avait plus qu'une seule envie à présent : c'était qu'Asami revienne pour lui faire des excuses. Pour s'excuser d'avoir été aussi minable et égoïste. Il était méprisable ! Il se dégoûtait. Mais l'homme d'affaires ne devait pas éprouver le plaisir de rentrer. D'ailleurs, qui aurait envie de voir un sale gamin égoïste et pleurnichard ?
Akihito avait attendu en vain son retour mais épuisé par le chagrin et le remord, il avait fini par sombrer dans le sommeil.
Soudain un bruit de pas se fit entendre dans le salon. Akihito se réveilla et se demandait s'il n'avait pas rêvé. Il retint sa respiration et tendit l'oreille : il y avait le bruit d'un verre que l'on pose sur une surface en bois et l'écoulement d'un liquide ruisselant dans celui-ci. Il ne rêvait pas… Asami était revenu. Le photographe se demandait s'il devait aller le rejoindre pour s'excuser sur sa conduite mais il n'était pas sûr qu'Asami soit disposé à l'écouter. Il devait certainement être encore contrarié. Et puis Akihito ne se sentait pas le courage de l'affronter. Déjà qu'en temps normal il avait du mal à se mesurer à cet homme au caractère insaisissable et épineux, alors dans son état d'épuisement actuel, la confrontation semblait tenir de l'impossible, voire du miracle. Cependant, il devait quand même essayer. Il savait reconnaître ses torts, même si dans certaines situation cela lui en coûtait. Il ne s'était encore jamais confondu en excuse auprès d'Asami. Il avait toujours préféré crever que de se s'aplatir devant lui.
Au moment même où Akihito avait puisé assez de courage en lui pour affronter le diable en costume trois pièces, il entendit les pas de celui-ci s'approcher de la chambre. Le photographe se raidit sous les draps en voyant la porte s'ouvrir, puis se refermer. Lorsqu'il sentit le matelas bouger sous son corps, les battements de son cœur palpitèrent dans ses oreilles. Il avait du mal à respirer. Il devait lui dire à quel point il regrettait ses paroles mais aucun son n'arrivait à sortir de sa bouche. Soudain la main d'Asami passa sous les draps et glissa sur son ventre. Akihito tressaillit à ce contact et une chaleur significative commença doucement à l'envahir.
- « Asami… A… Attends. Avant j'aimerais te dire quelque chose… »
Mais Asami ne semblait pas l'entendre, il était beaucoup trop occupé à attiser son désir par des caresses insidieuses.
- « Asami… S'il te plaît, je dois… AH ! »
Akihito poussa un cri de surprise. Mais ce n'était pas de plaisir. Le mafieux venait de le retourner violemment sur le ventre.
- « Asami ! Arrête… Tu me fais mal. Qu'est-ce qu'il te prend ? Arrête… Arr… »
Akihito se débattit comme il le pouvait mais l'homme d'affaires le tenait fermement en lui tordant le bras derrière le dos pour mieux l'immobiliser. Pourquoi Asami était-il aussi violent ? Il lui faisait mal. Était-ce pour se venger ? Une sanction infligée pour son insolence et son ingratitude ? Ou était-ce dû à un violent désir inassouvi depuis des semaines ? Si cela devait être une punition, il la méritait, mais pas de cette façon. Soudain le photographe hurla. Une vive douleur venait de s'insinuer entre ses fesses. Non, il ne voulait pas ça, pas comme ça. Ça faisait trop mal. Et surtout ça lui rappelait Arbatov qui l'avait pris avec force et violence jusqu'à le faire saigner.
- « Arrête, Asami ! Tu… ! Tu me fais mal ! Arrête ! » cria Akihito les larmes aux yeux.
- « Et tu auras encore plus mal dans quelques instants… » fit une voix glaciale sur un ton cruel.
Le sang se glaça dans les veines du photographe. Cette voix… Ce n'était pas celle d'Asami ! Il sentit la terreur monter en lui quand il réalisa qui était son agresseur : Arbatov ! C'était la voix de Mikhaïl Arbatov ! Akihito hurla. Du moins c'est ce qu'il croyait mais aucun son ne sortait de sa bouche. Il s'entendait hurler, son cri résonnait dans sa tête, vibrait dans son corps. Pendant l'absence d'Asami, Arbatov s'était introduit chez lui pour le violer et sûrement pour le tuer ensuite ! Le jeune homme était terrorisé. Les larmes lui brûlaient les yeux et les joues. Il… Il ne voulait pas subir ce supplice une seconde fois… Pas une nouvelle fois…
A… Asami ...
- « Asami ! » hurla-t-il à pleins poumons.
- « Akihito ! »
Le photographe sursauta dans les draps froissés et humides de sueur. Il tremblait. Il écarquilla les yeux mais l'obscurité régnant dans la chambre ne lui permettait pas de voir Arbatov. Il ne pouvait que sentir cette présence écrasante lui enserrant les bras.
- « C'est fini, Akihito… » fit la voix d'Asami. « Tu as fait un cauchemar. »
Akihito écarta violemment Arbatov de ses deux mains, arrachant au passage des lambeaux de peau du cou de son agresseur. Il voulait le griffer, lui arracher les yeux. Il se débattait avec frénésie mais deux puissantes mains saisirent au vol ses poignets et Arbatov se plaqua sur son torse, l'immobilisant de son imposante stature. Il ne pouvait plus lutter. Il suffoquait par le poids du russe qui lui comprimait les poumons.
- « Akihito, calme toi ! » ordonna Asami d'un ton sec.
Il alluma ensuite la lampe posée sur la table de nuit et la lumière jaillit dans la pièce. Deux yeux cuivrés apparurent devant le regard effrayé du jeune homme. Deux yeux où des flammes semblaient éternellement brûler d'une chaleur ardente. Il reconnaissait ces yeux… Ils le fascinaient autant qu'ils l'effrayaient corrosifs et à la fois envoûtants.
- « Asa… Asami… »
Il avait du mal à parler, ses lèvres tremblaient, tout son corps tremblait. Son visage était inondé de larmes et ses cheveux trempés lui collaient à la peau. Était-ce un rêve ? Sa vision brouillée par les larmes lui jouait-elle des tours ? Était-ce bien Asami penché au-dessus de lui, ou allait-il laisser place à Arbatov ? Non… Cette main qui lui retirait doucement ses mèches collées sur ses joues était chaleureuse et réconfortante. C'était bien celle d'Asami.
Voyant qu'Akihito reprenait peu à peu ses esprits, Asami lâcha son étreinte qui immobilisait son corps. Il regardait sans mot dire le photographe qui tremblait encore. Tous ces événements avaient fini par atteindre son mental… Ce n'était pas première fois qu'il l'entendait gémir dans son sommeil. Il venait le réveiller avant que le cauchemar ne l'envahisse totalement. Mais ce soir, irrité par ses insultes, il s'était rendu à son club, le Sion. Il avait eu envie de noyer sa mauvaise humeur dans un verre de whisky. Ce sale gamin capricieux l'avait mis hors de lui. S'il n'avait pas été blessé, il lui aurait infligé une sanction bien méritée. Asami se rappela avoir souri à cette remarque : cela faisait déjà un petit moment qu'il ne l'avait pas ''puni''. Mais il s'était aussitôt rembruni en songeant à ce que lui avait fait Arbatov. Ce rat… Il n'aurait de cesse de lui mettre la main dessus.
Au Sion, il en avait aussi profité pour mettre à jour quelques dossiers, qui par la force des choses, s'étaient trouvés mis de côté. Ce n'était pas dans ses habitudes de négliger ses affaires. En y réfléchissant bien, c'était bien la première fois que cela se produisait. Comme le fait de se précipiter pour aller récupérer cette tête brûlée des griffes de Feilong… À cette réflexion, il avait légèrement sourcillé. Ce gamin sans cervelle lui faisait faire n'importe quoi ces derniers temps. Il fallait vraiment que les choses reprennent leur cours normal.
Lorsqu'il avait regardé sa montre, il avait vu qu'il était déjà deux heures du matin. Il n'avait pas vu le temps passer, il était temps qu'il rentre.
Lorsqu'il avait regagné son appartement, il avait immédiatement entendu les cris de douleur, et les plaintes entrecoupées de sanglots. Il avait aussitôt poussé la porte de la chambre où Akihito gesticulait dans le lit. Lorsqu'il s'était approché, le visage du jeune homme était inondé de sueur et l'oreiller était trempé de larmes. Cet imbécile avait dû pleurer durant tout le temps de son absence.
Akihito resta prostré un moment en regardant de ses yeux rougis le mafieux qui le fixait. Il avait envie de se jeter à son cou, de se blottir dans ses bras. De se faire bercer comme un enfant… En fait ce n'était pas vraiment qu'on le berce ce dont il avait envie, il voulait simplement sentir une chaleur rassurante, apaisante. Mais Asami ne perdrait pas encore une occasion pour se moquer de lui en le traitant de gamin, et puis… il y avait aussi ces paroles blessantes qu'il lui avait dites. Il devait sûrement encore lui en vouloir.
- « Je ne peux décidément pas te laisser seul », murmura Asami un léger sourire en coin. « Je vais devoir vraiment engager une baby-sitter finalement. »
Asami s'était sûrement attendu à entendre râler le photographe, mais il n'éclata pas de colère comme à son habitude. Akihito se contentait seulement de le regarder. Sans qu'il ne puisse les contrôler, de nouvelles larmes s'échappèrent de ses paupières. Pourquoi ne cessait-il pas de pleurer ? Ça ne lui ressemblait pas de pleurer autant et en plus ça lui faisait mal à la tête et le sel lui irritait la peau.
Comme si Asami avait deviné ses pensées, il se pencha, puis apaisa de ses lèvres la chaleur cuisante sur ses joues. Elles étaient fraîches et parcouraient doucement sa peau irritée tout en goûtant au passage le liquide salé. Akihito fut surpris par ce geste délicat et inhabituel. Il se demandait s'il n'était pas encore en train de rêver.
Asami lui baisait doucement les joues, le front et ses lèvres qui ne cessaient de trembler. Akihito ferma les yeux. C'était doux… Il aimait cette nouvelle sensation. Il ne se rappelait pas l'avoir déjà ressentie. Du moins, pas de cette façon. Mais ce qui le troublait le plus, c'était qu'Asami puisse montrer autant de douceur. Akihito ne chercha pas plus longtemps le pourquoi de ce geste insolite, il n'éprouvait qu'un seul désir, c'était de s'emparer de ces lèvres qui, pour une fois, se faisaient tendres.
Il tourna doucement la tête en direction de l'objet de ses désirs, et les lèvres d'Asami rejoignirent celles, qui dans un soupir, témoignaient une impatience fébrile. Elles se caressèrent doucement les unes contre les autres, entrouvertes, humides, haletantes : celles d'Akihito, tremblantes, celles d'Asami, rassurantes.
La langue d'Asami effleura doucement celle du photographe et il sentit des mains hésitantes venir se poser fébrilement sur sa nuque. Les doigts tremblants du jeune homme glissèrent timidement dans sa chevelure noire. Puis, mues par une soudaine envie de possession, leurs lèvres se scellèrent enfin dans un baiser vorace et brûlant. Emporté par ce déferlement de passions dévorantes qu'il n'avait encore jamais éprouvé, Akihito enlaça subitement ses bras autour du cou de l'homme d'affaires. Il avait l'impression que son corps s'embrasait et c'était une sensation qui ne demandait qu'à être apaisée. Il sentit la main d'Asami glisser lentement sur son ventre tendu. La main experte contourna avec adresse la partie sensible déjà en érection pour susciter des caresses enchanteresses entre ses cuisses. Akihito poussa un gémissement étouffé et se cambra tout en étreignant avec violence le dos de l'homme. Son corps, pris de convulsions, frissonna et son bassin amorça machinalement des mouvements lascifs au contact des doigts introduits dans son intimité.
Akihito le réclamait, il le voulait. Asami déboutonna alors sa chemise et la fit glisser le long de son dos. Leurs regards se croisèrent mais le photographe enfouit aussitôt son visage dans son cou.
Akihito ne voulait pas qu'il le surprenne à apprécier ce torse musclé qu'il trouvait subitement follement attirant. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi avait-il cette envie irrésistible de caresser le corps d'Asami ?
Celui-ci sentit alors des lèvres timides glisser doucement dans son cou jusqu'à son oreille. C'était bien la première fois qu'Akihito prenait ce genre d'initiative. Ce geste inhabituel aurait pu le ravir, mais il témoignait au contraire de l'état perturbé du photographe. Il avait dû beaucoup souffrir de sa captivité en Chine. Akihito était robuste mais les derniers événements avec Arbatov l'avaient anéanti. L'homme d'affaires espérait que ce n'était que temporaire et il ferait tout pour qu'il retrouve son caractère vif et têtu même si cela devait lui faire mal, même si par la suite il le maudirait. Asami se débarrassa du reste de ses vêtements, puis glissa sous les draps contre ce corps tremblant et brûlant qui, pour une fois, le réclamait sans retenue. Il enveloppa de caresses ce corps brisé. Il voulait apaiser ses souffrances. Il arpenta de ses mains les cuisses, les hanches, remontant de chaque côté sur les côtes, pour ensuite lui lever les bras au-dessus de la tête tout en lui prenant les lèvres et en les mordant doucement. Ses lèvres parcouraient de baisers brûlants chaque parcelle de peau qui frissonnait de plaisir à leur contact. Akihito répondait à ses caresses sans la moindre opposition. Il s'abandonnait totalement. Il se donnait… Il le voulait en lui.
Le photographe émit un autre gémissement lorsque la main d'Asami s'empara enfin de son sexe. Lorsqu'il entama des caresses suaves sur son membre érigé, Akihito, submergé par tant d'ivresse, leva machinalement une jambe contre la hanche du mafieux – manifestation inconsciente d'une invite en soit qu'il s'était toujours refusé à produire. Mais ce soir, sa raison s'était envolée. Libéré de toute entrave d'amour-propre, il se donnait corps et âme. Il haletait, se cambrait, moulant son corps frêle contre celui d'Asami plus puissant, plus musclé. Brusquement, Akihito écorcha de ses ongles la peau du dos de son partenaire lorsqu'il sentit celui-ci le pénétrer doucement. Curieusement, la douleur s'était faite moins vive contrairement à toutes celles ressenties auparavant. Un peu quand même, mais pas autant. Était-ce parce qu'il avait envie de l'avoir en lui ? Qu'il le laissait l'envahir sans opposition ? Surpris par ce fait nouveau, Akihito ouvrit les yeux et percuta ceux d'Asami qui, dressé au-dessus de lui, le dominait, un éclat amusé dans ses prunelles cuivrées. Il détourna le regard, honteux de se livrer aussi facilement au Malin. Mais Asami lui prit les lèvres dans un baiser endiablé qui le fit de nouveau chavirer dans les méandres voluptueux du plaisir charnel. Tout s'embrouillait dans sa tête. Son corps entier se consumait. Et contre toute attente, Akihito agrippa finalement ses jambes autour des hanches de l'homme qui entama délibérément des mouvements lents de va-et-vient.
Asami glissa un bras sous les reins du jeune homme pour le maintenir dans cette position. Il voulait alléger l'étreinte de ses jambes pour le laisser savourer sans autre contrainte ce moment de plaisir intense. À la plus grande satisfaction de l'homme d'affaires, Akihito ne s'était jamais montré aussi docile et réceptif. Cette nouveauté le poussa de faire en sorte de graver en lui ces sensations euphorisantes. Il allait aiguiser ses sens au point de le rendre fou. Il l'ensorcellerait pour le rendre totalement dépendant de lui.
Alors que le prédateur tissait insidieusement le piège autour de sa proie, Akihito, naïf, resserra la prise de ses bras autour du cou de l'homme. Il bascula la tête en arrière, laissant s'échapper d'entre ses lèvres des gémissements d'excitation. Ses muscles se contractaient à chaque fois qu'Asami s'enfonçait un peu plus en lui. C'était comme une brûlure divine. Le jeune homme coordonna les mouvements de ses hanches à ceux de son partenaire qui intensifiait son rythme.
Asami savait qu'Akihito ne tarderait pas à venir, que la félicité allait bientôt l'emporter. Alors soudain, il le bascula en avant et le pauvre Akihito, dans un hoquet de surprise, se retrouva assis à califourchon sur ses jambes musclées.
Pourquoi Asami s'était-il arrêté ? Des vagues de feu brûlaient dans son bas-ventre. Un feu qui ne demandait qu'à exploser jusqu'à son paroxysme.
- « A… Asami… Qu'est-ce que tu fais… » haleta-t-i,l déçu et frustré que l'enchantement merveilleux ressenti entre ses cuisses ne s'arrête.
Asami ne répondit pas. Il se contentait de le fixer de ses yeux cuivrés qui n'exprimaient aucune émotion. Irrité par son attitude qu'il ne comprenait pas, Akihito tourna la tête sur le côté. Ses doigts se crispèrent sur les épaules de l'homme et une plainte s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Il le maudissait !
Asami glissa ses lèvres dans son cou.
- « Si tu veux que je mette fin à ton supplice… Alors supplie-moi… » murmura-t-il.
Akihito tressaillit. Le souffle tiède contre son oreille était une véritable torture pour le désir inassouvi qu'il ressentait entre ses jambes. Une douleur lancinante se répandit jusqu'au creux de ses reins et percuta son membre tendu à l'extrême.
« Va au diable ! » ragea-t-il les dents serrées. Le supplier ? Et puis quoi encore… Qu'il aille se faire voir ! Jamais il ne le supplierait, et encore moins pour ce genre de chose !
Des doigts lui saisirent tout à coup le menton et l'obligèrent à tourner la tête. Des lèvres possessives lui scellèrent la bouche et le jeu de la langue d'Asami contre la sienne le rendit fou. Le feu dans son ventre se transforma en un fulgurant brasier. Akihito ne put contenir un râle puissant et, inconsciemment, il bougea son bassin en un mouvement lent de va-et-vient. Il se retirait et s'enfonçait sur le membre puissant de son partenaire. Il crispa davantage les jambes autour de ses reins en prenant appui sur les épaules de l'homme qui le fixait.
Asami avait réussi… Il l'avait amené là où il le voulait. Le photographe était tellement prévisible. Il était une proie bien trop facile pour l'homme averti qu'il était. Et d'un côté il s'en délectait. Alors qu'Akihito amorça des mouvements plus frénétiques et haletait bouche ouverte, Asami le regardait, un éclat victorieux au fond des yeux. Pour peu que le jeune homme le vît, il l'aurait accablé de démon lubrique et sournois. Il le haïrait une énième fois, disant qu'il l'avait fait exprès, qu'il l'avait encore manipulé et qu'il se jouait de ses sentiments. Et tout redeviendrait comme avant… Le photographe se montrerait à nouveau distant et sa fierté reprendrait le dessus. Ce soir, toutes les barrières de Takaba s'étaient effondrées, lui donnant l'opportunité de goûter avec délice tout ce qu'il lui offrait. Il le maudirait sûrement une fois ses esprits retrouvés, mais lui garderait en mémoire cette nuit-là. Et n'oublierait pas de le lui rappeler. De belles journées de railleries se profileraient bientôt à l'horizon. Railleries qui irriteraient au plus haut point sa propriété et dont lui profiterait pour encore mieux le posséder… Mais pour le moment, il soignait de ses baisers et de ses caresses ce corps et cette âme blessée.
Soudain, Akihito lâcha la prise de ses mains des épaules d'Asami. Il bascula en arrière pour prendre un nouvel appui – ses mains sur les jambes de son partenaire – pour l'amener plus profondément en lui.
Asami, surpris par ce geste inattendu, le regarda faire. C'était plus que ce qu'il avait espéré et à cet instant il sut qu'il l'avait totalement et définitivement possédé. Même si celui-ci le nierait. Ses cris haletants et la vue de son visage sous l'emprise du plaisir étaient un ravissement pour lui. Sentant la jouissance du photographe arriver, il redressa et enlaça ce corps couvert de sueur. Il glissa ses mains sur ses hanches brûlantes et, ensemble, dans un dernier mouvement de bassin, ils se rejoignirent au sommet de l'extase.
Dans un dernier râle et soubresaut convulsif, Akihito sentit la semence brûlante d'Asami se répandre entre ses reins. C'était une sensation délicieuse. Il resta un moment le corps arqué et les yeux grands ouverts, surpris par tant de jouissance ressentie. Puis, épuisé et tremblant, il s'écroula dans les bras puissants de l'homme d'affaires.
- « Je savais que tu me reviendrais finalement dans les bras », murmura Asami contre son oreille.
Akihito, encore sous l'effet de l'orgasme, entendit à peine ses paroles. Il respirait avec force, le nez blotti dans son cou.
À suivre…
