Disclaimer : idem, dans ce chapitre seule Aliaga m'appartient. Les autres personnages appartiennent toujours à Bioware (ou Black Isle, je ne sais pas), malheureusement.

J'ai l'impression d'avoir raté la partie "bataille"... Enfin je vous laisse juger par vous-mêmes.


Prologue : L'éclat d'une lame cuivrée

Deux silhouettes encapuchonnées se déplaçaient rapidement entre les arbres. Gorion était inquiet. Non pas pour lui, mais pour sa fille adoptive. Cela faisait près de vingt ans qu'il redoutait ce moment. La Bibliothèque Fortifiée de Château-Suif n'était plus sûre désormais. Et ils n'étaient pas prêts... De sa main droite, il effleura le bord d'une lettre soigneusement pliée dans la poche de sa robe grise. Il avait été prévenu du danger trop tard. Beaucoup trop tard.

Aliaga le suivait de près, la tête baissée. Malgré l'heure tardive et le feuillage épais des arbres au-dessus de sa tête, la luminosité était encore trop forte et gênante pour ses yeux de Drow. De temps en temps, elle jetait un regard furtif à son mentor. Même s'il s'efforçait de le cacher, elle le connaissait trop bien pour ne pas voir qu'il était nerveux. Il avait décidé de partir, lui demandant de se dépêcher de préparer ses affaires mais avait refusé de répondre à ses questions. Même maintenant qu'ils marchaient depuis presque une demi-heure, elle ne connaissait pas leur destination, ni la raison de ce départ précipité. Le regard gris de Gorion semblait fouiller inlassablement les ténèbres autour d'eux.

Mais l'elfe noire n'osa pas s'attaquer au mur de silence qui s'était dressé entre eux.

Son esprit dériva alors qu'elle marchait, réglant son allure rapide sur celle de Gorion. Elle avait fait un rêve étrange. Très réaliste. Une tour, un orage. Un mort.

Un vent frais s'était levé et une pluie fine s'était mise à tomber, faisant briller l'herbe et les rochers sous les derniers rayons de soleil. Les deux mages étaient arrivés à une petite clairière. De grandes pierres grossièrement taillées étaient disposées de façon à former quatre cercles, une pierre plus large et plus imposante posée au milieu de chacun d'eux.

L'elfe noire s'immobilisa, bientôt imitée par son maître. De l'autre côté, quelque chose s'était mis en mouvement. La forêt était anormalement silencieuse et l'on entendait plus que le léger martèlement des gouttes sur les feuilles. Une branche craqua.

— Quelque chose ne va pas, murmura Gorion. Nous sommes tombés dans une embuscade.
— Vous êtes réceptif pour un vieil homme.
Celui qui venait de parler était un humain de plus d'une toise de hauteur, protégé par une armure lourde. Une partie de son visage était masquée par un casque et ses yeux semblaient émettre une étrange lueur jaune, lui donnant des allures de prédateurs. Il s'avança d'un pas assuré vers le centre de la clairière.
Aliaga réprima un mouvement de recul. Le tueur.

— Vous savez pourquoi je suis là, continua-t-il. Rendez-vous et personne ne sera blessé. Résistez et vous le paierez de votre vie !
— Vous avez tort de croire que je vais vous faire confiance, répliqua Gorion. Mettez-vous sur le côté et aucun mal ne vous sera fait, à vous comme à vos laquais.

Ces derniers se tenaient en retrait, à moitié dissimulés dans l'ombre des arbres. Un jeune Ogre jouait négligemment avec une hache qu'un homme seul n'aurait pas pu soulever alors que les cinq Hobgobelins comparaient la taille et l'état de leur lances avec de nombreux grognements appréciatifs.

— Je suis désolé que vous le preniez comme ça, vieil homme…

Il n'avait pas pensé que le vieux mage remplirait si bien son rôle. Tant pis. Il sortit de son fourreau sa longue épée aux reflets cuivrés.

Le mage réagit instantanément. D'un geste rapide de la main il ordonna à Aliaga de se placer derrière lui, puis commença à marmonner des incantations. Sous ses doigts se créèrent des sorts plus puissants les uns que les autres. Les créatures ne résistèrent pas longtemps et s'écroulèrent dans des gerbes d'étincelles immenses, mais le guerrier était beaucoup plus résistant. Il s'approchait du mage, ralenti par la rafale de maléfices et le souffle rauque à cause d'un projectile magique reçu en pleine poitrine. Le mage repoussa ses assauts plusieurs fois, mais son énergie diminuait.
— Fuyez, mon enfant, ordonna Gorion lorsqu'il sentit qu'il ne tiendrait plus longtemps.

Aliaga n'avait aucune envie de l'abandonner, mais elle ne lui était d'aucun secours. Le ton impératif de son mentor ne lui laissa pas le choix. Elle se faufila donc entre les arbres et disparut dans la nuit. Elle jeta un dernier regard aux combattants, sachant déjà qu'elle regretterait sa fuite.

La dernière chose qu'elle vit cette nuit-là fut le corps de son maître, de son père, s'écroulant sans vie, et l'éclat d'une lame cuivrée.


Je sais, d'habitude, on ne fait pas un prologue en plus d'une introduction, mais je fais ce que je veux. :)

Note : 1 toise1,90m environ