Disclamer : Toujours pareil. Les personnages, lieux, objets, animaux et créatures bizarres ne m'appartiennent pas (mais je pourrais peut être tenter un sort de confusion sur les véritables propriétaires, et...).

Désolée pour le temps que j'ai mis, j'ai eu pas mal de problèmes informatiques, des semaines pleines de controles, une fic à 4 mains à gérer et rédiger, etc...

Bref, j'essaierai d'être un peu plus rapide la prochaine fois (ou une peu moins lente, à voir...)

Dans ce chapitre, l'arrivée de deux personnages intéressants :)

MàJ : Oups, j'avais oublié Imoen. Donc l'arrivée de trois nouveaux persos.

20/07/08 : j'ai apporté quelques modifications mineures en fin de chapitre


Chapitre I :

La tristesse l'assaillait, tentant de la submerger. Elle avançait rapidement entre les arbres, se forçant pour continuer d'avancer, sans se retourner, sans penser à ce qu'elle venait de voir, sans prêter attention aux larmes glacées qui coulaient silencieusement sur ses joues sans qu'elle ait pu les retenir. Sans songer un seul instant supplémentaire à cet homme, le seul qui ait jamais eu son respect, sa confiance, son obéissance, et son affection. Et qu'elle ne reverrait plus jamais.

Il n'y avait plus rien à craindre de la garde du guerrier -Gorion en était venu à bout rapidement- mais lui était toujours là, quelque part derrière les arbres.

N'ayant plus vraiment la notion du temps elle ne su pas si elle avait marché longtemps ou pas avant d'arriver enfin à une route. Elle la suivit, attentive à chaque bruit, à chaque ombre, repensant à la dernière phrase qu'il avait prononcé...

"Remettez-nous votre enfant"

Pourquoi en avait-il après elle ? Malheureusement, elle n'avait pas le temps de se pencher sur la question. Retourner à Château-Suif était impensable -le lieu n'était plus sûr, comme l'avait dit Gorion- et de toutes façons, impossible. Ceux qui voulaient pénétrer dans l'enceinte de la Bibliothèque, et du village environnant, devaient payer un droit d'entrée et se plier à de nombreuses règles d'accès assez draconiennes. Sans son mentor, les portes resteraient closes.
Elle devait se rendre à Brasamical. Gorion lui avait dit qu'elle y trouverait deux de ses amis, s'il lui arrivait quelque chose. Elle aviserait ensuite.

Soudain des bruits de voix lui parvinrent et la tirèrent de ses réflexions. En s'approchant, elle vit deux femmes qui parlaient joyeusement sur le seuil d'une petite auberge. Elle décida d'y passer la nuit, l'arrivée d'un immense guerrier en armure ne passerait pas inaperçue dans un endroit pareil, elle serait alertée s'il venait à la retrouver.

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Après une courte nuit, l'elfe noire se remit en route. Elle retrouva rapidement la clairière où avait eu lieu le combat de la veille. L'herbe avait par endroits brûlé sous les sorts de Gorion, et les larges empreintes du guerrier et de sa garde étaient restées comme gravées dans la terre meuble. Sous les dernières lueurs du crépuscule les pierres recouvertes de runes antiques semblaient dégager une puissance mystique oubliée depuis des millénaires. Mais Aliaga n'y prêta pas attention. Pas plus qu'aux cadavres calcinés des Hobgobelins. Pas plus qu'à la pluie fine qui se remit à tomber.

Silencieusement, elle s'avança vers le corps de son mentor.

Le vieil homme aurait presque semblé endormi, sans la large tache rougeâtre qui s'étendait légèrement en dessous de l'emplacement de son cœur.

Un silence de mort régnait sur les lieux et le soleil commençait à peine sa course dans le ciel. Le visage fermé, l'Elfe Noire s'agenouilla près du corps inerte et marmonna quelques étranges incantations.

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Lorsqu'elle revint sur ses pas, laissant derrière elle la clairière où Gorion avait péri, elle portait désormais au doigt l'anneau d'argent finement ciselé qu'elle lui avait toujours connu, et de larges pierres noires, semblables à de hautes pierres tombales entouraient le corps du vieux mage, comme l'un des tombeaux de l'ère Néthère.
Du vieux mage, elle ne conservait desormais que ses souvenirs, sa bague, et la lettre qu'il avait dans la poche, mais qu'elle ne voulu pas lire sur l'instant.

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Elle n'avait pas marché plus d'une heure avant d'être interpellée par son nom. Lorsqu'elle tourna la tête, elle vit Imoen qui essayait de la rattraper en courant, ses courts cheveux rose pâle voletant autour de son visage. Elle portait un arc en bandoulière et sa manche était déchirée.
Imoen avait elle aussi passé son enfance à Château-Suif, sous la tutelle de Winthrop, l'aubergiste.
Voyant l'air intrigué d'Aliaga, elle s'expliqua :

- Désolée, j'ai pas pu m'empêcher de vous suivre, je ne sors jamais de Château-Suif et ces prêtres d'Oghma sont si ennuyeux. Jamais un sou vaillant dans leur poche non plus, ajouta-t-elle. Elle afficha ensuite un air beaucoup plus contrarié. Je... J'ai vu Gorion, je suis vraiment navrée ! Je me disais qu'il pourrait vous arriver quelque chose dans le coin.

-Comment pouvais-tu être au courant ? Il ne m'en avait même pas parlé.

Elle hésita.

-J'ai...euh... par hasard, j'ai lu une lettre sur son bureau, l'autre jour, expliqua-t-elle d'un air gêné. Je ne me souviens plus exactement de ce qu'elle disait, mais il se peut qu'il... qu'elle soit encore sur... sur lui. De toutes façons, je ne vais pas vous laisser tomber, ici, sans personne ! Je resterai avec vous tant que vous voudrez de moi, promis !

Et elle emboîta le pas à Aliaga, décourageant ainsi toute tentative pour refuser sa compagnie, en affirmant que ces bois étaient dangereux. D'ailleurs, elle s'était faite attaquer par un petit groupe de gobelins et elle était maintenant blessée à l'épaule. Ça saignait. Mais ce n'était pas grave, et si ses paroles la fatiguaient, qu'elle le dise, elle se tairait. Elle ne voulait surtout pas déranger. Un regard noir lui fit comprendre que c'était malheureusement la cas et elle n'osa plus dire quoi que ce soit pendant le reste de la matinée.

Le petit chemin qu'elles avaient suivi s'était peu à peu élargi pour former une véritable route et le sable avait laissé place aux pierres plates, faute de pavés. Elles ne croisèrent personne, hormis une poignée de grouilleux qui les attaquèrent à vue et qu'elles tuèrent rapidement. Lorsque le soleil fut à son zénith, elles arrivèrent près de deux voyageurs. Ils semblaient se disputer, puis ils se turent soudain, à court d'arguments et de méchancetés. Le premier, un halfelin, portant une armure de cuir clouté et armé d'une épée courte était visiblement un guerrier. L'autre, un homme mince, de haute taille, avait l'allure d'un magicien, drapé dans une longue robe vert sombre. Il prit la parole en les voyant arriver.

-Regardez, Montaron. Deux jeunes gens qui se promènent dans les régions sauvages ? Vous ne devez pas avoir toute votre tête pour circuler comme ça sur les routes.

-Et vous non plus, on ne vous a pas fait de cadeau. Vous formez la paire, remarqua son compagnon.

-En effet, reprit le mage. Je peux vous offrir des potions de guérison, si vous le souhaitez, proposa-t-il en voyant la blessure d'Imoen.

Celle-ci accepta de bon cœur les deux fioles bleues qu'il lui tendait.

-Rien à craindre de ces simples potions, et vous ne me devez rien, bien que votre conscience vous dise l'inverse, dit-il avec un léger sourire.

-Comme tous les gens bien, ajouta le halfelin en souriant également.

-En guise de paiement, vous pourriez venir avec nous à Nashkel, reprit le premier. C'est une région à problèmes et nous devons enquêter sur des rumeurs inquiétantes concernant la mine locale. Certaines de nos relations sont très inquiètes à propos de la pénurie de fer. Elles aimeraient savoir qui sont les responsables. Vous pourriez nous servir, mais je ne vous forcerai pas. Nous devons rencontrer le bailli de la ville, un dénommé Berrun Tuemort, il me semble.

-Que votre conscience vous guide.

-Toute aide est la bienvenue. D'accord, nous voyagerons ensemble, accepta la drow en ignorant la grimace mécontente d'Imoen.

-Génial ! Nous devrions nous dépêcher d'arriver à Nashkel, ce n'est pas très loin au sud. En avant, compagnons intrépides, s'exclama l'homme en accompagnant ses paroles d'un large geste de la main en direction de la route.

Le sourire de son compagnon laissa place à une expression mécontente.

-Eh, du calme, magicien ! Vos divagations me portent sur les nerfs. Pourrions-nous voyager en paix ?