Quelque part à des centaines de kilomètres de là,

Sur une route déserte.

« Mais enfin, pourquoi est-ce qu'il fallait l'enlever ? »

« Parce qu'il est la personne, la plus proche d'elle. »

« Qu'est-ce que tu fais de sa meilleure amie ? »

« Crétin ! Ça m'étonnerait fortement que Temperance soit amoureuse de sa meilleure amie. L'amour fait faire n'importe quoi, et je peux t'assurer qu'elle viendra le chercher. »

Son interlocuteur le dévisagea sans vraiment comprendre.

« Laisse tomber, tu ne comprends décidément rien à rien. C'est à se demander comment tu es sorti avec elle. »

« Je ne vois pas ce que ça change. » répondit le plus jeune des deux.

L'autre le regarda un instant exaspéré. « Tu as raison, ça ne change strictement rien du tout ! Mais il me semble que lorsque tu t'es embarqué avec moi, c'était parce que tu voulais te venger de ce qu'elle t'avait fait, non ? »

« Oui, mais je ne voulais tuer personne et ici, c'est ce que tu veux faire. »

Booth se réveilla doucement. Son visage était crispé par la douleur. Il avait un horrible mal de crâne. Il faisait noir. Nuit noir. Seeley essaya de tendre ses jambes mais il n'y arriva pas. Ses pieds s'étaient heurtés à quelque chose sitôt qu'il avait essayé, pareil pour le haut de son corps, impossible de bouger.

Ses poignets le faisaient également souffrir, sa bouche était sèche, sa lèvre inférieure lui piquait. Seeley était légèrement désorienté. Mais d'après ce qui s'était passé lorsqu'il avait voulu tendre ses jambes puis le haut de son corps, il pensait qu'il était dans un coffre de voiture. Il tendit les mains au-dessus de lui et là aussi, il entra quasi directement en contact avec quelque chose de dur et à en juger par la structure cela devait être du métal.

Du sang. Il reconnaissait l'odeur du sang. Sa tempe gauche le faisait souffrir et il avait l'impression que quelque chose collait dessus. Mais comment et pourquoi avait-il donc atterri ici dans ce coffre ?

Temperance… seigneur pourvu qu'elle n'ait rien et qu'ils ne lui aient rien fait. Et dire que la dernière fois que l'on s'est parlé, je lui ai dit des horreurs. Mais pourquoi je lui ai dit « Ce sont des gens comme vous qui seront responsables de l'extinction de la race humaine. Penser comme vous le faites, ne vaut pas mieux que de tuer. » Je n'aurais jamais dû. C'est la colère qui m'avait fait parler, rien de plus. Je ne lui ai même plus parlé après ça. Booth, tu n'es qu'un triple idiot. D'accord, cela t'a blessé qu'elle ait dit ça mais elle ne méritait pas que tu la traites comme ça. Imbécile que tu es. Déjà que tu es un des seuls de qui elle accepte certaines choses…

Oh, non… Parker.

Booth sentit une vague de panique l'envahir sans qu'il ne puisse rien faire pour l'arrêter.

Angela sortit en courant du Wong Foo's elle aussi, s'arrêtant une fois dehors lorsqu'elle aperçut son amie toujours penchée en avant. Angela s'approcha d'elle doucement et posa une main sur son épaule.

« Ma chérie, est-ce que ça va ? »

Temperance leva la tête pour regarder Angela. Son visage avait pali et ses yeux avaient rougi à cause de l'effort qu'avait dû fournir son corps pour vomir.

« Non, Angie, ça ne va pas du tout. » lui répondit-elle alors qu'elle sentait ses yeux se remplir de larmes.

« Tu ne veux pas retourner à l'intérieur comme ça tu pourras te rasseoir ? » demanda-t-elle doucement à son amie en l'observant, compatissante.

« Non, Angela, je ne veux pas m'asseoir. Je ne veux pas rentrer, je veux rester dehors ou je sens que je vais étouffer. Tout ce que je veux c'est retrouver Booth ! » cria-t-elle presque à Angela.

« Ma puce, je sais que tu as horreur de la psychologie mais là… dis-moi ce qui ne va pas ? »

Temperance inspira profondément avant de répondre à son amie alors que des larmes roulaient le long de ses joues.

« Cela fait une semaine que l'on ne s'est pas parlé, ni vu. »

Angela Montenegro la regarda étonnée et surprise. « Quoi ? Comment ça, cela fait une semaine que vous ne vous êtes pas parlé ? »

Brennan porta la main à son nez qui commençait à couler. Angela ne dit rien et entra au Wong Foo's pour en ressortir deux minutes plus tard, après avoir payé leurs boissons, avec son sac à main et celui de son amie.

Ouvrant son sac, Angie remua dedans et en sortit un mouchoir qu'elle tendit à Tempe.

« Tiens, chérie. »

« Merci » répondit la jeune femme d'une voix brisée.

Brennan reprit une profonde inspiration et commença :

« C'est à cause de l'affaire sur laquelle on travaille. Celle où l'on a retrouvé les deux squelettes enlacés dans une caisse… »

« Oui, celle où on a toujours rien sur quoi se baser pour vraiment commencer. Et alors ? »

« Je voulais lui parler pour voir si on ne pouvait pas trouver quelque chose pour pouvoir avancer de quelque façon que ce soit. Mais je n'en ai pas eu l'occasion… » Sa voix s'estompa.

« En ensuite ? » pressa doucement Angela ?

Temperance prit une nouvelle fois une profonde inspiration avant de répondre. « J'étais perdue dans mes pensées et il m'a demandé ce qui n'allait pas. J'ai voulu éviter la question en lui disant qu'il n'y avait rien, mais tu sais comme il est… »

Angela ne put réprimer le sourire qui se dessinait sur ses lèvres et hocha la tête de manière affirmative.

Tempe continua ensuite : « Je lui ai dit que cette affaire était une des raisons précises pour lesquelles je ne veux pas d'enfants. Il a alors essayé de me faire comprendre que tous les enfants ne deviennent pas des monstres ou des assassins… »

« Il a raison, Brennan, tu sais. Certains deviennent médecins, écrivains, d'autres chercheurs, ou encore archéologues. On ne sait jamais comment les choses vont évoluer pour chacun. Si on fait de son mieux, on ne peut rien se reprocher, chérie. Lorsque l'on devient parent, on lui inculque des valeurs et en grandissant il fait ses propres choix. On peut les influencer mais, au final, ce sera à lui de choisir sa route que se soit celle des ténèbres ou celle de la lumière… et qu'est-ce que tu lui as répondu ? »

« Je lui ai dit que cela ne changeait rien à ma décision et quelque chose dans son regard s'est éteint. » De nouvelles larmes roulèrent le long de ses joues mais elle se força à continuer son récit.

« Et il a répondu que c'était à cause de personnes comme moi que la race humaine finirait par s'éteindre et il est parti sans se retourner. »

Angela sentit la tristesse l'envahir.

A force de s'aimer, ces deux-là finiront par se détruire. Ils sont trop fiers. Temperance ne met jamais en doute son propre jugement et dans ce qu'elle fait, elle est excellente car elle prend de la distance par rapport aux victimes afin de ne pas être submergée par les émotions. Mais depuis que Booth fait partie de sa vie, les choses ont changé sans même qu'elle ne s'en rende compte.

Pour le moment, il faut laisser au temps le temps de faire son œuvre. Mais leur amour finira par trouver le chemin vers leurs cœurs.

« Temperance, tu permets que je te parle franchement ? »

« Bien sûr. »

« Que se serait-il passé si ta mère avait pensé comme toi ? Qu'elle avait décidé de ne pas avoir d'enfants car elle ne voulait que vous souffriez. Qui aurait rendu justice aux victimes ? »

« Quelqu'un d'autre… »

« Oui, mais il aurait été bien moins bon que toi, ma puce, tu es la meilleure ! Je sais bien que tu ne crois pas à ce genre de concept, mais je crois profondément que chaque chose arrive pour une raison qui nous est inconnue au début parce que ce qui arrive nous paraît injuste. Pareil pour la vérité, elle finit toujours par se faire connaître même si cela prend des années ou même des siècles. »

« Mais, Angela… » s'apprêtait-elle à protester

Angela secoua la tête « Non, pour une fois, essaie un peu de te laisser guider par tes émotions même juste pour 5 petites minutes. Il vaut toujours mieux souffrir que de ne rien ressentir du tout, crois-moi. Tu es ce tu es et je te respecte infiniment, ma puce, mais je peux comprendre la réaction de Booth. » Remarqua-t-elle simplement.

A suivre…