Booth essaya de se rappeler de rester calme. S'il s'énervait trop ou se débattait pour essayer de sortir du coffre, il aspirerait le peu d'oxygène qu'il avait de réserve dans cet espace confiné. Ses poignets lui faisaient un mal de chien, il avait la sensation qu'on les lui coupait avec quelque chose.
Il n'avait pas tout à fait tort. Les poignets de Seeley Booth étaient attachés ensemble à l'aide d'un colçon qu'ils avaient apparemment serré au maximum, ce qui lui avait fait une entaille dans les poignets. Les colçons avaient le don de le rendre fou, le plastique était impossible à défaire—la seule chose qu'on pouvait faire c'était se couper les poignets avec—non mais quel genre de personne pouvait bien utiliser des colçons au lieu de ruban adhésif ?
En plus normalement ces petits plastiques s'utilisaient pour attacher deux pièces ensemble, des pièces de chaise roulante par exemple comme l'avait fait un de ses amis lorsque la chaise de son fils commençait à se déglinguer, ou pour simplement fixer le coussin de dossier qui menaçait de fiche le camp Il suffisait de passer une extrémité à travers un anneaux et ensuite de passer cette même extrémité dans l'encoche à l'autre bout du petit plastique et de tirer pour serrer et le tour était joué. La seule façon de les défaire était de les couper.
Booth se força à penser à autre chose et ses pensées allèrent vers son fils, blond comme sa mère, Rebecca. Il aimait tellement être avec Parker, malheureusement, son travail ne lui permettait pas de le voir souvent. Travailler jusqu'à minuit, si ce n'était pas jusqu'à deux heures du matin ne lui permettait pas vraiment de le voir.
Parker était la plus belle chose qu'il ait jamais faite. Les Week-ends qu'il passait avec lui étaient de vrais moments de bonheur.
Ses pensées dérivèrent ensuite vers Bones.
Temperance Brennan n'était pas une femme comme les autres, elle n'était pas seulement jolie, oh non, et 'jolie' n'était pas un adjectif assez fort pour la décrire. Elle était brillante. Lorsqu'elle vous regarde, c'est comme si ses yeux vous sondent, vous hypnotisent même. Seeley n'avait jamais rencontré de femme comme elle.
Même si souvent elle utilisait des termes un peu trop techniques pour lui, elle ne lui donnait jamais le sentiment qu'elle pensait qu'il valait moins qu'elle. Il se sentait bien en sa compagnie, pourtant ils étaient tous deux diamétralement opposés.
Si Temperance faisait abstraction de ses émotions, c'était justement pour garder son sang froid. Alors pourquoi Angela lui demandait-elle justement de se laisser guider par ses émotions ? C'est justement lorsque l'on se laisse guider par ses émotions que l'on est vulnérable.
« Angela… » commença Tempe.
« Ma chérie, je sais ce que tu vas me dire. Si on se laisse guider par ses émotions, on est vulnérable. Je sais… mais tu es tellement focalisée sur les faits scientifiques que tu en oublies de vivre. S'éloigner pour ne rien ressentir par rapport aux victimes, c'est très bien mais tu fais la même chose avec les personnes vivantes, ma puce. Pas avec moi, c'est vrai mais ça c'est parce que je te connais. Mais avec Booth… »
« Mais pas du tout ! » s'indigna-t-elle.
« Tu le fais parce que tu as peur… »
« Pourquoi j'aurais peur de Booth ? » demanda-t-elle, sceptique.
Angela Montenegro la regarda d'un petit air narquois et un petit sourire en coin se forma sur ses lèvres. « Je ne sais pas moi, peut-être que ce bel étalon, agent du FBI, éveille en toi autre chose qu'une envie physique… » Sa voix s'estompa alors qu'elle scrutait sa meilleure amie.
« Mais enfin, Angela, je n'éprouve aucun sentiment envers Seeley Booth. » répondit-elle vigoureusement à la jeune experte en informatique.
« Brennan, ma puce, à qui essaies-tu de faire croire ça ? »
Le docteur Brennan resta sans voix pendant quelques instants.
Angela avait-elle raison ? Ai-je de vrais sentiments pour Booth ? C'est vrai que je suis fortement attirée par lui, mais anthropologiquement parlant tout ça n'est qu'une question de phéromones. Mais pourquoi est-ce que je ressens ce nœud dans l'estomac et ce vide depuis que je sais qu'il a été enlevé ? Pourquoi est-ce que je ne veux qu'une seule chose pour le moment, c'est que Booth me prenne dans ses bras et me dise que tout ça n'est qu'un horrible cauchemar ?
« Brennan ? » l'appela Angela, mais celle-ci n'obtint aucune réponse.
« Hmmm ? Qu'est-ce que tu disais ? »
C'est alors que le docteur Brennan répondit quelque chose à sa meilleure amie qui la surprit elle-même.
« Booth me manque. » murmura-t-elle.
Angie avait les yeux écarquillés. Non ce n'était pas possible, elle avait sûrement mal entendu. Tempe ne pouvait définitivement pas avoir dit ce qu'elle croyait avoir entendu.
« Tu peux répéter, s'il te plait ? »
« Booth me manque. » lui dit Bren alors que des larmes commençaient à lui piquer les yeux.
Le cœur d'Angela Montenegro se serra comme à chaque fois qu'elle voyait des larmes briller dans les yeux de sa meilleure amie. Ce qu'elle venait de lui confier avait été très difficile pour Tempe, elle le savait. Temperance avait une réelle peur de l'abandon, c'est pour cela qu'elle ne s'attachait à aucun homme.
L'enfance marque décidément à vie,pensa Angela.
Passer une grande partie de sa vie en foyer et familles d'accueils n'était pas ce que l'on pouvait appeler une excellent manière de démarrer dans la vie.
'Démarrer' n'était pas exactement le bon choix de mots vu qu'elle avait une famille mais que celle-ci avait volé en éclat, le jour où les parents de Brennan étaient morts dans un accident de voiture. Et son frère l'avait abandonnée peu après. Comment était-on censé se construire alors ?
Pourtant elle avait réussi avec brio, elle était une des meilleurs anthropologues du pays. Le 11 septembre 2001, elle avait aidé à identifier les victimes pendant plusieurs jours, plusieurs semaines même. Temperance Brennan excellait dans ce qu'elle faisait et maintenant, elle paraissait si désemparée et fragile.
Ange s'approcha de son amie et lui ouvrit les bras.
« Ca va aller, ma chérie, on va le retrouver tu verras, tu iras bien. » lui dit-elle en frottant la main sur le dos de Brennan.
« Tu n'en sais rien, Angela… » répondit la jeune femme d'une voix tremblante
« C'est vrai. Je n'en sais rien, mais j'ai confiance en Booth, en toi et en la science et en notre équipe de fouines. Mais dis-moi depuis quand paniques-tu toi ?»
Tempe desserra légèrement son étreinte afin de pouvoir regarder Angie dans les yeux. « Je ne panique pas. Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne panique pas. »
« Ah non ? »
« Non. »
« Ah bon, j'aurais juré pourtant. »
Bren, lui jeta un regard interrogateur. « Je ne vois pas ce que ça veut dire. »
« Ça, je n'en doute pas, ma chérie. » sourit doucement Angela.
« Angela, que veux-tu dire ? »
« Rien, chérie, laisse tomber. Je te l'expliquerai plus tard. Ce qui compte maintenant, c'est de retourner à l'institut et d'analyser cette lettre. »
Tempe relâcha complètement son étreinte et acquiesça. Les deux amies se dirigèrent vers leurs voitures respectives et, quelques instants plus tard, elles roulaient en direction de l'institut.
A suivre…
