J'ai un peu tardé a cause de ma connection internet capricieuse … J'essayerai de faire mieux la prochaine fois !

CHAPITRE 2.

L'aile de son nez. Droite.

Sa peau, si fine au dessous de son oeil. Laissait transparaitre ses veines.

Ses lèvres froides. Légèrement ourlées.

Ses cheveux si fins, presque blancs.

Son corps. Pâle. Semblait celui d'une statue.

Tout était là.

Le soleil se levait peu à peu.

Comment avais-je pu douter de nous un seul instant ?

Tout était là pour moi.

Ma vie était là, captive, au creux de son cœur, au creux de son corps.

Quelques rayons transperçaient les volets et venaient mourir sur son visage. Plus pâle que jamais.

Toutes ces années de guerre nous avaient détruit, petit à petit.

Personne n'était parvenu à se reconstruire véritablement.

Les vestiges d'humanité que nous avions autrefois en nous s'étaient détruits. Inéxorablement.

Pourtant, nous n'avions cesse de croire en nous, d'aimer, et d'espérer que ce monde devienne réellement meilleur.

Draco était si beau ainsi. Calme. Inhabituellement paisible.

Je me levai. M'habillai lentement. Je voulais profiter de son odeur qui flottait dans la chambre.

Vous savez, cette odeur que l'on connait si bien. Qui rappelle tant de choses. Qui donne le sourire, mais qui, en même temps, nous renvoit à tellement de choses que l'on aurait aimé oublier. Qui prend aux tripes.

Je ne voulais pas laisser la mélancolie m'envahir.

Alors, sans me retourner, je partis.

La boule au ventre, comme d'habitude. Je ne pouvais chasser de mon esprit cette voix qui me disait que, peut être, je ne le verrais jamais plus.

Que peut être, les derniers Mangemorts restés fidèles le détruiraient cet après midi même pour sa trahison.

Je décidais de marcher un peu dans le quartier avant de revenir au Square Grimmaud. L'air frais de ce matin de Printemps me détendrait.

Le ciel était clair et le vent frais du matin me rafraîchissait. Je m'abandonnais à mes pensées tandis que j'allais où mes pieds me guidaient.

J'avais vingt ans. C'était la première chose qui me traversa l'esprit.

Et je cherchais, dans mes souvenirs, mon enfance. Quel avait été mon foyer? Ce maigre placard chez les Dursley?

Et mon adolescence ?

Noyée dans la guerre et dans la souffrance. Je ne me souvenais même pas avoir souhaité un jour mes dix-huit ans.

Ma vie s'était comme arrêtée, au début de la guerre. Bien sûr, il y avait eu des moments de joie.

La joie de gagner une bataille par exemple. La joie de sauver une vie.

Mais la joie de passer un simple moment entre amis, de rire, de vivre, tout simplement ?

Et moi, dans tout ça ?

J'avais l'impression de ne jamais avoir connu tout cela.

Mes dix huit ans m'avaient été confisqués par la guerre.

Seulement faiblement éclairés par mon amour.

Un amour sans borne, au delà de la guerre, au delà de notre camps.

Comment définir combien je l'aimais ?

Au delà de ma vie, bien sûr.

Sans lui je n'étais plus.

Draco Malfoy.

Combien ce nom sonnait doux à mon oreille.

Comme un chant. Ma langue dansait sur mon palet en le prononçant.

Draco.

Malfoy.

Il était ma muse, mon espoir, mon bonheur.

Et ma plus grande souffrance.

Imaginez mon amour pour lui.

Un amour pur. Mais destructeur.

Dévastateur.

Un amour aussi fort qu'il ne pouvait être sans la haine.

Combien de fois nous était il arrivé de nous battre jusqu'au sang depuis le début de notre histoire ?

Combien de fois m'avait-il blessé plus profond qu'un couteau à la force de ses mots ?

Combien de fois m'étais-je écroulé, ou étais-je parti en me promettant de ne plus jamais revenir ?

Tous ces épisodes nous avaient à la fois déchirés et rapprochés.

Mais celui d'hier avait peut être été celui de trop. Comme je lui en voulais.

Seul lui était capable de me faire perdre mon sang froid à ce point.

Cette pensée me ramena sur terre, il fallait que je rentre. Le soleil montait dans le ciel.

Je transplanai au Square, dans ma chambre.

Je remis mon pyjama, enlevai mes lentilles de contact et m'ébouriffai un peu les cheveux. Descendis dans la cuisine.

" Bonjour Harry. Content de voir qu'il y a des gens encore capables de dormir une nuit complète…"

J'apprécierai toujours les sarcasmes de ce fichu Pat.

"C'est vrai qu'il est un peu tard, j'ai du sommeil à rattraper... Tu me passes le café Ron ?"

Je n'aimais pas le regard d'Hermione sur moi. Elle semblait toujours soupçonner quelque chose.

Cela m'étonnait d'ailleurs qu'elle ne m'ait pas encore percé à jour.

Bientôt trois ans que je leur cachais la vérité à propos de ma relation avec Draco.

Je m'étais plongé dans ce mensonge comme on creuse un trou.

Chaque jour je m'enfonçais un peu plus. Et en sortir devenait presque impossible.

Chaque jour la vérité était de plus en plus dure à cacher.

De jours en jours, l'idée même de tout leur avouer me paraissait de plus en plus inconcevable.

C'est sur ces pensées que s'entama réellement ma journée.

Car la matinée passée avec Draco ne comptait pas.

Ma journée commençait seulement lorsque j'étais arrivé à l'Ordre, et que la réalité pouvait me percuter de plein fouet.

Que, même si la guerre était finie, mes compagnons avaient gardé leurs visages détruits.

Nous nous étions tellement plongés dans la guerre que personne n'avait songé à l'après. A cette période de deuil qui la suivait.

Moi, j'avais toujours pensé disparaitre sans avoir pu connaitre la paix.

Alors, le jour où Lucius m'a annoncé la fin de la guerre, je me suis retrouvé totalement déboussolé.

Vivre, oui. Mais dans quel but?

Qu'est ce qui me pousserait dorénavant à me lever chaque matin?

A quoi je servais, moi, l'espoir des sorciers, maintenant que Voldemort n'était plus?

Et comment reconstruire un pays où chaque bâtiment, chaque forêt et chaque âme avaient été entièrement détruits par la guerre?

Il y avait autour de la table Hermione, Ron, Pat et Severus.

L'austère professeur me regardait d'un air de reproche.

C'est vrai que je n'avais pas été très discret ce matin. Normalement je quittais Draco plus tôt pour que personne ne puisse rien soupçonner

Mais aujourd'hui, le calme inhabituel de Draco m'avait comme envouté.

Je n'avais pas pu résister à contempler sa magnifique beauté lorsque son visage était si paisible.

Car il m'était rare de voir Draco ainsi.

Depuis que la guerre était finie, il était sans arrêt nerveux. Les quelques Mangemorts qui subsistaient dans la nature voulaient sa peau.

Alors il déversait toute cette amertume sur moi.

Quand il était fatigué, il devenait atroce. Ses mots m'attaquaient, me taillaient, et lui ne s'arrêtait jamais.

Je me suis toujours demandé comment il faisait pour toujours toucher là où ça fait mal.

Il me semblait tellement différent dans ces moments là. Les mâchoires serrées, crispées, et ses yeux qui viraient à l'orage...

C'était toute sa haine qu'il me crachait à la figure. Toute sa peur. Toutes ces années de souffrance et de frustration.

Toute sa haine envers ses actes, envers les Mangemorts, mais surtout envers lui même.

Et moi, je me sentais tellement faible face à lui. Tellement vulnérable.

Lorsqu'il m'attaquait avec ses mots, ma seule attaque était la violence.

Mes actes de la veille le prouvaient. Face à ces mots, j'étais horriblement faible.

OoOoOoOoOo

Lundi 26 Juin. Le lever du soleil était éblouissant. Il était très tôt. Mais je n'arrivais plus vraiment à finir mes nuits depuis bien longtemps.

Trois semaines exactement que je n'avais plus vu Draco. Pas une seule nouvelle de lui. En général, c'était moi qui le contactais.

Mais cette fois là, je m'étais promis de résister, d'attendre un quelconque signe de lui. Qui ne venait pas, évidemment.

Je voulais lui montrer que je n'avais pas besoin de lui. Qui ne me manquait en aucun cas. J'avais ma fierté.

Mais le fait est qu'il me manquait horriblement.

Alors, j'étais là, j'attendais un signe du ciel. La cigarette à la bouche, appuyé sur le rebord de la fenêtre, à contempler le ciel tout bleu. Immaculé.

Je tremblais de tout mon corps. Je ne voulais pas pleurer, non. J'étais plus fort que ça. Mais, malgré moi, les larmes s'accrochaient à mes cils et dégringolaient le long de mes joues.

Lorsque ma cigarette fut consumée, je séchai mes larmes et m'allongea sur mon lit.

Je ne tiendrai plus longtemps sans Draco. J'avais tellement besoin de lui...

J'étais faible. J'étais faible, et j'étais bien seul, ce matin, face à l'immensité du ciel.

Enfin, c'est ce que je pensais.

Je n'étais pas si seul en fin de compte.

A des kilomètres de là, Draco Malfoy était, tout souriant, allongé dans l'herbe jaunie par la chaleur et les yeux plongés dans l'infini. Il ne se lasserait jamais de contempler les cieux.

Il ne parvenait pas à effacer le sourire de son visage. Il avait beau essayer de se mordre les joues et de serrer les lèvres, son rire discret reprenait de plus belle.

Dans une heure, il reverrait Harry Potter.

Et ça le rendait heureux. Bêtement heureux de savoir que ses bras l'étreindraient dans si peu de temps. Il attendait cela depuis une éternité.

Il regarda sa montre, 6H58. Il était temps d'y aller.

Il ramassa le bouquet de fleurs qu'il avait fait à l'aube, et transplana devant la vieille bâtisse, au 12 Square Grimmaud.

Il se recoiffa rapidement, et frappa à la porte. Un Harry à la mine ensommeillée lui ouvrit la porte.

«Bonjour mon amour»

Harry mit quelques instants à comprendre ce qu'il lui arrivait. Puis son visage s'éclaira. Draco était de retour. Draco était venu le chercher. Il lui fit un grand sourire, s'effaça pour le laisser entrer.

Il lui laissa à peine le temps de lui donner les fleurs, et il le prit dans ses bras. Il ferma les yeux, respira son odeur. Ils souriaient.

Ils étaient heureux.

Vint le moment où être seulement l'un contre l'autre ne suffit plus, ils montèrent dans la chambre d'Harry, s'embrassèrent, firent l'amour, lentement, amoureusement.

Puis ils discutèrent, allongés sur le lit, toujours dans les bras l'un de l'autre. Discutaient de tout, de rien. De leurs rêves. De comment ils voyaient le futur. Un futur ensembles. C'était la première fois qu'ils abordaient ce sujet.

Une maison avec des clôtures blanches, un chien, un jardin et des balançoires. Des balançoires pour qui ? Pour les enfants. Leurs enfants ?

Ils souriaient et échangeaient des regards amoureux.

Ils vivaient les plus beaux moments de leur histoire. Jamais ils ne s'étaient sentis aussi paisibles, aussi proches l'un de l'autre avant.

Jamais Draco ne lui avait paru si… humain.

Il y avait quelque chose de changé dans son attitude. Quelque chose qui le rendait merveilleux.

Mon dieu, il l'aimait tellement…

Et quelqu'un frappa à la porte.

En quelques instants seulement, Harry comprit. Qu'aujourd'hui tout s'arrêtait. Que lorsque l'air est lourd, l'orage ne peut qu'éclater.

Il voyait la poignée descendre comme au ralentit, il était incapable de faire quoique ce soit. De toutes manières, qu'aurait-il pu faire ?

Le temps reprit brusquement son cours : Hermione entra en trombe dans la chambre, en larmes.

« Harry, Ron est blessé, il a eut un accident, Harry ... MALFOY ?! »

Elle venait de découvrir Draco. Ils étaient pris la main dans le sac. Que dire, que faire ? L'esprit d'Harry était comme bloqué.

« Heu, Hermione... Je comptais t'en parler bientôt, c'est pas facile à expliquer, je ... »

« Habilles toi vite et suis moi, Ron est en danger ! »

« Bien sûr, j'arrive, je, heu, je suis désolé d'avoir a te dire ça Hermione mais là je suis nu et ... »

« Putain Harry je m'en fout, tu soir de ce putain de pieu, tu t'habilles, et tu te grouilles ! »

Quelques instant plus tard, Harry était levé et habillé, et tendait la main à Hermione pour transplaner.

OoOoOoOoOoOoO

Il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre. Mais c'est un peu pour planter le décor. L'action viendra ensuite !

Ce n'est pas mon chapitre préféré… Je pense que je préfère les suivants. Mais il faut bien présenter un peut tout le petit monde !

Une review me ferait plaisir ! J'aime beaucoup connaître votre avis.

Juju_