Disclaimer : rien ne m'appartient hormis quelques OC par-ci par-là.
Chapitre 3 : un loup-garou à Poudlard.
Comme tous les pires moments de sa vie, Sirius n'avait absolument rien vu venir.
Lorsque à l'âge de onze ans il avait été réparti, ô surprise, à Gryffondor, même s'il avait pensé que sa famille ne serait pas forcément ravie, il n'avait jamais imaginé l'enfer que ses parents et cousines allaient lui faire vivre durant les cinq années suivantes.
Malgré leurs relations plus que ombrageuses, Sirius ne s'était pas attendu à la veille de ses seize ans à ce qu'il finisse par décider de quitter, de fuir le toit familial, n'en pouvant plus de sa famille puriste, de leur allégeance à Voldemort. C'était une décision qu'il avait prise sous l'impulsion du moment, après une entrevue particulièrement douloureuse avec son paternel.
Et quand en 1981, la question s'était posée de décider qui serait le gardien du secret de James et Lily, et que Sirius, faisant aveuglément confiance à Peter, l'avait proposé, il n'aurait jamais imaginé dans ses rêves les plus fous que le petit rat pouvait les trahir, que Peter serait l'instrument de leurs pertes, qu'à cause de lui James et Lily mourraient, que le petit Harry serait envoyé chez ces horribles Dursley et que lui Sirius allait devoir passer douze longues années à Azkaban.
Alors non dans sa vie les catastrophes avaient frappé Sirius en plein cœur, le prenant toujours par surprise, mais maintenant qu'il était revenu dans le passé, on aurait pu penser qu'il serait un peu mieux préparé et que des coups de ce genre l'atteindraient moins brusquement.
Que nenni. Sirius allait devoir apprendre que chaque action a des conséquences, aussi imprévisibles qu'elles soient et qu'on ne peut jamais maîtriser le futur.
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Quand Sirius se réveilla ce matin-là, a priori tout allait bien et rien n'avait changé. Du coin de l'œil il vit James qui dormait toujours, la bouche légèrement ouverte et les cheveux plus en bataille que jamais. Remus était toujours à l'infirmerie, la pleine lune venait juste de se terminer. Peter quant à lui était apparemment sous la douche si on en jugeait à la petite voix qui chantonnait en provenance de la salle de bains. Une matinée de février tout ce qu'il y a de plus normale donc, dehors le temps était maussade, on était vendredi, et Sirius devait se dépêcher s'il voulait aller déjeuner avant de se rendre en cours de métamorphoses voir son professeur préféré.
Il se dépêcha de réveiller James, tâche ardue étant donné que le poursuiveur de Gryffondor n'avait dormi que deux petites heures. Il alla ensuite hurler à Peter d'arrêter ses vocalises et leur laisser la salle de bains s'il ne voulait pas que Sirius révèle à toute l'école qu'il lui arrivait quelques fois de dormir avec son doudou Mr Sans-Poils, ou plus précisément un nounours tellement vieux que les maraudeurs l'avaient affublé, sans demander l'avis de Peter, de ce petit sobriquet. Cela eut l'effet escompté, Peter sortit immédiatement de la salle de bains après avoir marmonné dans sa barbe 'suis même pas l'seul à avoir un doudou non mais'.
Puis les trois Maraudeurs, après avoir une fois de plus battu des records de vitesse pour se préparer, descendirent de leur dortoir et rejoignirent la Grande Salle, apparemment très agitée ce matin. Mais une fois qu'ils furent entrés dans la salle les bruits cessèrent aussitôt et les regards se braquèrent sur les Maraudeurs. Ceux-ci, qui avaient après tout l'habitude de ce genre d'attentions n'en furent pas surpris outre mesure, mais ils constatèrent très vite que les regards qui se posaient sur eux étaient craintifs, surpris ou même, et c'était pour la majorité, franchement hostiles.
« Qu'est ce qui se passe les mecs ? demanda Peter d'une petite voix craintive.
- Venez on va s'asseoir, répondit Sirius, de plus en plus inquiet mais qui essayait de ne pas le montrer.
Mais avant qu'ils n'aient pu s'installer à la table des Gryffondors, une demoiselle rousse de sixième année vint les harponner en grande vitesse et les tira hors de la grande salle.
- Lily mais qu'est-ce qui te prend ? demanda un James abasourdi tout en se frottant le bras.
- Vous n'êtes pas au courant je suppose, dit-elle d'une voix légèrement angoissée. La rouquine se tordait les mains et avait l'air sincèrement anxieuse. Et elle les regardait tous les trois avec compassion, ça ne pouvait être bon signe.
- Dis-nous ce qui se passe Evans, demanda Sirius d'une voix dure.
- Toute l'école sait que Remus est un loup-garou, avoua-t-elle, fixant ses yeux vert émeraude sur James. Celui-ci tressaillit en entendant cette information. Peter ouvrit grand la bouche et Sirius attaqua aussitôt.
- De quoi tu parles et comment es-tu au courant ? demanda-t-il d'un ton agressif, mais une boule se formait dans sa gorge. Une boule de la taille d'une boule de cristal utilisée en divination. Ce n'est pas possible. Ce n'est tout simplement pas possible. Je suis en train de faire un cauchemar. Qui aurait pu révéler que Remus est un loup-garou ? Et comment est-ce possible, ça n'est jamais arrivé dans le passé !
- Ne me regardez pas comme ça, contre-attaqua une Lily Evans sur la défensive. Je suis au courant depuis la troisième année lorsqu'on a étudié les lycanthropes en défense contre les forces du mal, il m'a suffit de recouper les indices ce n'était pas si compliqué ! Et ne vous inquiétez pas je n'ai jamais rien dit à personne, c'est le secret de Remus et je le respecte, je comprends qu'il ne désire n'en parler à personne. Mais ce matin, ajouta-t-elle, les regardant tous les trois à tour de rôle, quand je suis descendu dans la salle commune j'ai entendu tout le monde parler de ça. Selon Alice quelqu'un a lancé la rumeur ce matin et tout le monde en parle. Tout le monde repense à ses fréquentes absences, son teint sans cesse maladif et tout le monde en déduit que cette rumeur est plausible, tout comme moi il y a quatre ans, termina-t-elle d'une petite voix.
- Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, répéta Peter avec désespoir. Est-ce que vous croyez qu'ils savent…
- Tais-toi Peter, dirent en même temps James et Sirius et Lily les regarda d'un air intrigué. Sirius en était malade. Qui avait pu découvrir le secret de Lunard ? Et qu'est-ce qui allait se passer ? James à côté de lui avait l'air de se poser les mêmes questions.
- Est-ce que ça va James ? demanda timidement la préfète. James était devenu très pâle, il arpentait le couloir et se passait la main dans les cheveux avec nervosité. Il avait l'air franchement terrorisé et Sirius partageait son état d'esprit.
En entendant Lily parler, James sembla sortir de ses réflexions. Il jeta un coup d'œil désespéré à Sirius mais celui-ci ne pouvait lui fournir aucune réponse.
- Il faut qu'on aille voir quelqu'un. Un professeur ou Remus, quelqu'un, finit par dire James, et ses amis acquiescèrent.
- Venez, on va aller voir le professeur McGonagall, indiqua Lily, qui s'était tout naturellement incluse dans leur groupe, dans leurs problèmes, et eut-ce été d'autres circonstances, Sirius mais surtout James en auraient été ravis.
Ils partirent tous en direction du bureau de leur directrice de maison. Une fois arrivés devant la porte ils constatèrent que l'agitation régnait dans le bureau de leur professeur. Prenant son courage de Gryffondor à deux mains, Sirius frappa à la porte.
- Entrez, cria une voix agitée au bout de quelques secondes.
A l'intérieur de l'office du professeur McGonagall se trouvaient également, à la grande surprise des quatre étudiants, le professeur Slughorn et le professeur Dumbledore, dont les yeux bleus ne pétillaient plus.
- Justement nous allions venir vous chercher, s'exclama le professeur Slughorn. Vous êtes au courant de ce qui se passe je suppose ? Bien est-ce que l'un d'entre vous trois, dit-il en indiquant d'un mouvement de tête les maraudeurs, a quelque chose à voir avec la révélation du jour sur la condition de Mr Lupin ? Sirius fut furieux de constater que son ton était accusateur.
- Oui bien sûr que cela vient de nous, rétorqua-t-il d'un ton rageur. Hier soir on cherchait une bonne blague à faire et on s'est dit 'tiens et si on mettait au pilori notre meilleur ami, ça serait marrant !', oui on adore faire du mal à nos meilleurs amis, on avait très envie que Remus soit expulsé de Poudlard, mis au ban de l'école et rejeté de tous ! Sirius avait craché les derniers mots avec un tel mépris, une telle force que tous dans la salle en furent estomaqués et ni McGonagall ni Dumbledore ne songèrent même à le réprimander pour le ton qu'il utilisait face à un professeur. Personne ne savait que ces paroles renvoyaient à la terrible plaisanterie que Sirius avait faite vingt ans auparavant et qui avait failli coûter la vie à Rogue, mais également à Remus, personne ne savait que Sirius s'en voulait toujours pour cette nuit là, qu'il ne se pardonnerait probablement jamais le mal qu'il avait pu causer.
- N'expulsez pas Remus, dit soudain Peter d'un ton suppliant. Il n'a rien fait de mal, ce n'est pas nous qui l'avons dénoncé on vous le jure ! Mais il ne peut pas partir de Poudlard simplement à cause de son petit problème de fourrure comme dit James, et un mince sourire se dessina sur les lèvres de toutes les personnes présentes dans la salle hormis les Maraudeurs. S'il vous plaît ! plaida Peter et Sirius songea qu'en ce moment, Peter avait l'air d'un enfant, un enfant faible qui demandait seulement à ce que les choses restent comme avant, que rien ne change dans sa petite vie. Est-ce que c'est pour ça qu'il a basculé du côté de Voldemort ? Parce qu'il avait perdu ses repères, qu'il ne savait plus quoi faire, qu'il avait trop peur pour tenter de se battre ?
- Nous ne parlons pas d'expulser Mr Lupin Mr Pettigrew, le rassura le directeur de Poudlard. Il n'en est pas question,simplement cela va s'avérer très délicat à gérer. Tout le monde n'a pas la même ouverture d'esprit que vous quatre et Mr Lupin va devoir subir de nombreuses pressions, des parents vont nous submerger de courriers pour ne pas garder un loup-garou à Poudlard.
- Qui a dénoncé Remus ? demanda Sirius d'une voix dure. Son ton s'adoucit quand il vit le professeur McGonagall lui lancer un regard qui disait 'nous sommes tous du même côté Mr Black alors calmez vos ardeurs s'il vous plaît'. Est-ce que vous avez une idée sur l'identité de celui qui a fait ça ? rajouta-t-il plus doucement.
Les trois professeurs hochèrent négativement la tête et Lily se permit alors de prendre la parole.
- Ce matin au petit déjeuner Alice Simmons m'a dit que c'était quelqu'un de la maison Serpentard qui avait lancé la rumeur en premier, dit-elle d'une petite voix.
- Nous allons mener une enquête ne vous inquiétez pas, assura Dumbledore. Maintenant, si le professeur McGonagall veut bien vous excuser de son prochain cours je pense qu'il est peut-être préférable que vous soyez tous avec moi pour annoncer la nouvelle à Mr Lupin ». Le professeur McGonagall hocha de la tête pour montrer son approbation et en silence les quatre Gryffondors suivirent le directeur.
Le trajet de la petite troupe et du directeur jusqu'à l'infirmerie fut des plus silencieux. Chacun était plongé dans de sombres pensées. Qu'allait-il se passer pour Remus ? Chaque élève de Poudlard allait forcément prévenir leurs parents et le scandale allait éclater. Ils allaient réclamer l'expulsion de leur meilleur ami, Dumbledore allait écoper de tous les blâmes et son aura allait se ternir : quelle genre de directeur admettait dans son école une créature des Ténèbres ?
L'avenir s'annonçait bien sombre pour les Maraudeurs et Albus Dumbledore.
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« C'est hors de question Lupin, n'y pense même pas parce qu'on ne te laissera pas faire ! cria Sirius qui arpentait l'infirmerie avec nervosité. Ses yeux étaient injectés de sang par le manque de sommeil et ses cheveux habituellement si bien coiffés étaient en bataille, ils auraient presque pu rivaliser ceux de James qui en ce moment se tenait à son côté, l'air plus résolu et déterminé que jamais.
- Mr Lupin, n'adoptons pas de solution extrême, tenta de raisonner le directeur de Poudlard. Remus se trouvait dans son lit d'hôpital. Quand Sirius lui avait appris la nouvelle, son teint était devenu plus blanc que jamais, ce qui était beaucoup dire pour un lycanthrope habitué aux sensations fortes et aux réveils douloureux. Il avait accusé le coup avec fierté, bien que des larmes aient perlé dans ses yeux. A présent, ses bras étaient croisés sur sa poitrine et il avait sa tête des mauvais jours, comme l'appelait Peter, celle qu'il avait en seconde année le jour où les trois autres Maraudeurs lui avaient appris qu'ils étaient au courant pour son petit 'problème de fourrure' et qu'il avait alors décrété qu'il resterait à l'écart de James, Sirius et Peter désormais.
- Vous ne pouvez pas me garder à Poudlard professeur, répondit d'un ton très calme Remus. C'était comme si on lui avait annoncé sa sentence, et qu'il la prenait avec fatalisme, comme s'il la méritait effectivement.
- Personne ne sait rien encore, pour l'instant ce n'est qu'une rumeur et on peut la réfuter, contre-attaqua Sirius, qui plus que personne se sentait concerné par ce problème. Et si c'était de sa faute ? Et si c'était quelque chose de différent qu'il avait fait qui avait permis à quelqu'un de dénoncer la condition de Remus ? Il ne se le pardonnerait pas si encore une fois il avait causé des problèmes à un de ses meilleurs amis.
- Arrête, Sirius, dès le mois prochain les élèves guetteront la prochaine lune et verront que je ne suis pas là et ils feront le lien et alors je serai un paria et les parents, l'ensemble de la communauté sorcière se déchaînera contre le professeur Dumbledore, s'emporta le lycanthrope. Je devrais plutôt m'estimer heureux que mon secret ait pu rester caché pendant six ans ! Le mieux pour tout le monde c'est que je m'en aille dans la plus grande discrétion possible et l'histoire se tassera d'elle-même.
- Tu n'es qu'un idiot, s'énerva le timide Peter. Que tu partes ou que tu restes le scandale éclatera et restera ! Si toi tu pars c'est moi, James, Sirius, Dumbledore et le reste des professeurs qui vont devoir faire face au reste de la communauté sorcière ! Si tu pars tu n'es qu'un lâche !
- De toute façon tu ne pars pas c'est hors de question, et si tu crois que tu as le choix sur le sujet alors tu te trompes lourdement ! s'écria James à son tour. On va faire face à ce problème tous ensemble, et on s'en sortira.
- Et comment James ? Comment ? cria Remus à bout de nerfs. Les loups-garous sont des parias, des monstres, jamais on ne m'acceptera, jamais !
- On peut essayer de prétendre que c'est faux, marmonna Peter mais tout le monde sentit bien que même lui n'y croyait pas.
- Ce n'est peut-être pas la bonne solution, dit d'une petite voix Lily, qui jusque là était restée en retrait. Tous les regards se braquèrent aussitôt sur elle, et pour être franc certains avaient même oublié qu'elle était même présente parmi eux. On ne devrait peut-être pas tenter de dissimuler ou nier le fait que Remus est un loup-garou, mais l'affirmer et expliquer que les élèves ne risquent rien à son contact, qu'il n'est pas si dangereux que ça, et que ça s'est bien passé pendant six ans, il n'y a aucune raison pour que les choses changent ! Le fait que vous ayez donné sa chance à Remus, ajouta-t-elle en s'adressant directement à Dumbledore, était quelque chose très courageux, mais il est peut-être temps d'aller plus loin et de changer les mentalités. Remus n'est dangereux qu'une seule nuit par mois, et toutes les précautions ont été prises pour faire en sorte que tout le monde soit à l'abri. Je suis sûre qu'une fois qu'on aura calmement expliqué aux élèves de quoi il en retourne, beaucoup d'élèves et leurs parents se calmeront et comprendront.
- Et si ce n'est pas le cas Evans ? répondit Sirius après que tout le monde ait assimilé la déclaration de la petite rouquine. Sirius admettait en théorie que son idée était bonne, mais dans les faits il doutait que ça se passe comme ça. La vie lui avait appris que les miracles ou tout simplement la justice, ça n'existait pas.
- Alors tant pis, déclara Lily d'un ton ferme. Je sais que certains comprendront et resteront auprès de Remus, et les autres n'auront qu'à aller se faire voir chez les Strangulots, ajouta-t-elle le rouge lui montant aux joues. Remus n'a pas à avoir honte ou à se cacher pour quelque chose dont il n'est pas responsable ! A ce que je sache il n'a jamais demandé à ce qu'on le morde et à devenir un loup-garou à chaque pleine lune !
- Vous êtes plus digne de Gryffondor qu'aucun d'entre nous, répondit alors Dumbledore, qui était resté étrangement calme durant cet échange, et Lily rougit encore plus sous le compliment. Mlle Evans a raison, dit-il à l'attention de tous. Ce soir au dîner j'expliquerai la situation de Mr Lupin à tous les élèves. Le conseil des gouverneurs est déjà au courant de toute façon, ainsi que la Ministre de la magie. Personne ne peut m'obliger à vous expulser Remus, nous allons faire front à cette situation et vous verrez que tout se passera bien.
Les trois autres Maraudeurs hochèrent la tête avec vigueur, visiblement rassurés par le petit discours de Dumbledore. Tous avaient peur, mais ils étaient prêts à attaquer, à défendre Remus. Après tout, ils n'étaient pas Gryffondors pour rien.
- Je ne veux causer de soucis à personne, bredouilla Remus dont les bras s'étaient décroisés et qui ressemblait en ce moment à un enfant perdu, abattu.
- Il est trop tard pour ça Remus, répondit avec le plus de gentillesse possible James. Nous et le professeur Dumbledore serons les premiers attaqués, mais ça en vaut la peine ! Tu n'as pas à être ostracisé pour ton petit problème de fourrure ! C'est comme a dit Lily, il est peut-être temps d'agir en profondeur et de changer les mentalités de la communauté sorcière, tu n'es pas le seul enfant lycanthrope et il est temps que tous aient leurs chances ! ».
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Remus fit enfin son apparition dans la Grande Salle ce soir-là pour dîner, flanqué de ses gardes du corps, alias les Maraudeurs, qui arboraient tous des mines sombres et des regards qui disaient 'attaquez notre ami et vous allez le regretter jusqu'à la fin de vos jours'.
Dans le plus grand silence ils se rendirent jusqu'à la table des Gryffondors, où Lily et quelques-uns de leurs amis les attendaient. Alice Simmons, Gryffondor de septième année qui sortait avec Franck Londubat, un ami des Maraudeurs en septième année et Anna Beals était une gryffondor de sixième année, amie de Lily. Elle était sortie avec Remus pendant leur cinquième année, pendant presque un an. Ils avaient rompu deux mois auparavant car ils s'étaient tous les deux rendus compte que leurs sentiments s'étaient estompés avec le temps et qu'ils étaient mieux amis. Ils étaient restés en très bon termes et sa présence à ses côtés signifiait beaucoup pour Remus.
Mise à part Lily, personne n'avait été au courant. Après leur petite 'réunion' à l'infirmerie, les Maraudeurs et la préfète étaient retournés en cours dans une atmosphère plus que tendue. Tout le monde dévisageait sans vergogne les trois stars de Poudlard, les murmures étaient nombreux sur leur chemin et la situation devint très vite intenable. Personne n'osait venir les voir, tous préféraient parler ou médire dans leurs coins en attendant une quelconque validation ou infirmation de ces rumeurs.
Le pire avait été de voir le visage clairement victorieux de Severus Rogue, et Sirius avait alors été persuadé que Snivellus avait quelque chose à voir avec cette histoire.
Sirius savait maintenant que la nouvelle sur la lycanthropie de Remus se propageant dans Poudlard était liée à Snivellus. Hormis le nouveau comportement de James et de lui-même c'était le seul élément qui avait changé : Sirius n'avait pas joué sa funeste blague à Rogue et celui-ci n'avait donc pas été presque attaqué par Lunard et sauvé par James. Mais ça ne tenait pas la route ! Si Rogue n'avait pas découvert la lycanthropie de Remus, comment aurait-il pu la révéler au grand jour ? Sirius se souvint que dans l'autre passé, Rogue avait voulu tout révéler à tout le monde, mais que Dumbledore avait véritablement dû le supplier pour qu'il garde le silence. Ce serait donc logique que s'il avait découvert le secret, il ait voulu le dire à tout Poudlard, mais comment aurait-il pu le découvrir ? Les avait-il suivis lors de la précédente pleine lune ? Mais s'il les avait suivi, alors il avait dû voir que James, Peter et lui étaient des animagi ! Pourquoi n'aurait-il rien dit à ce sujet, pourquoi n'aurait-il pas profité de cette opportunité en or pour mettre à terre ses ennemis jurés ? Il y avait quelque chose qui échappait à Sirius, celui-ci en était sûr. Mais il savait également que Rogue était coupable, et que de ce fait il allait payer.
Les Maraudeurs s'installèrent, et aussitôt qu'ils furent assis, les discussions reprirent. Certains sortirent de la grande salle avec un air de défi, pour la plupart des Serpentards. Beaucoup regardaient Remus avec frayeur, et celui-ci gardait les yeux baissés vers son repas, légèrement honteux.
Le professeur Dumbledore apparut à la table des professeurs, et le silence gagna la salle. Son visage habituellement pétillant et souriant avait ce soir un aspect sévère et soucieux. Il se leva, et tous comprirent qu'il avait une déclaration à faire. Une déclaration qui allait concerner un certain Gryffondor populaire de sixième année.
« Bonsoir à tous et à toutes. Comme vous le savez déjà une rumeur a gagné Poudlard aujourd'hui, une rumeur qui prétend que Remus Lupin, Gryffondor de sixième année serait un loup-garou, commença-t-il d'une voix très grave, et tous les élèves présents dans la salle le regardaient avec la plus grande concentration possible. A la table des Gryffondors James, Peter et Sirius avaient tous une main sur l'épaule de Remus, et ceux qui le remarquèrent virent leurs soupçons confirmés. L'air presque désespéré de Remus ne faisait rien pour rassurer. Après un petit moment de silence Dumbledore reprit la parole. Ces accusations sont exactes, reprit-il, la voix quelque peu tremblante. Il jeta un regard bienveillant à Remus et un brouhaha monstre envahit alors la grande salle. Des Serpentards dont faisaient partie Rogue et sa clique de Mangemorts se levèrent de leurs sièges et pointèrent un doigt accusateur sur le directeur de Poudlard et l'équipe professorale. Les cris et indignations se succédaient, venant de toutes les tables.
Mais certains faisaient front. Les Maraudeurs, Lily, Alice, Anna, Franck, et Evana qui avait rejoint leur table, étaient regroupés autour de Remus et il était évident à leurs visages résolus qu'ils ne se laisseraient pas faire.
SILENCE ! finit par hurler Dumbledore, d'une voix bien plus forte qu'en temps normal. Cela prit tout le monde par surprise mais les discussions ne cessèrent pas. Et asseyez-vous s'il-vous-plaît je n'ai pas fini de parler, ajouta-t-il à l'attention du groupe de Serpentards toujours debout, dans une attitude de défi.
- Comment pouvez-vous laisser un loup-garou à Poudlard ? l'accusa Tom Avery, Serpentard de sixième année. Etes-vous complètement malade ? se déchaîna-t-il. Ce type est un danger pour nous tous !
- Mr Avery je vous prie de vous calmer, vous n'avez pas à parler sur ce ton au professeur Dumbledore, intervint alors Slughorn.
- Tom a raison, répondit Rogue, un sourire cruel s'étirant sur ses minces lèvres. Vous gardez un monstre dans un établissement remplis d'enfants innocents, un monstre qui peut nous attaquer à n'importe quel moment! A ces mots plusieurs élèves, notamment de première ou seconde année poussèrent des petits cris de frayeur et Remus se ratatina sur son siège.
- Ferme-la Snivellus, tu ne sais même pas de quoi tu parles, cria James, qui s'était levé de sa table. Remus a un petit problème, une seule nuit par mois!
- Cela suffit tout le monde, les coupa Dumbledore, désormais en colère. Comme je disais avant d'être interrompu, je n'ai pas fini de parler. Je sais que cette nouvelle peut en déconcerter plus d'un, que beaucoup d'entre vous ont peur des loup-garou, mais je peux vous assurer que toutes les précautions possibles et inimaginables ont été mises en oeuvre pour nous assurer que tout le monde ici, et cela inclut Mr Lupin, reste en sécurité. Remus Lupin a été mordu par Fenrir Greyback, dont beaucoup d'entre vous ici ont entendu parler, à l'âge de six ans. Il était innocent, ce n'était qu'un enfant ! Et depuis ce jour où il a été mordu, cette malédiction le poursuit chaque mois. A chaque pleine lune il doit endurer une transformation non seulement douloureuse mais également humiliante. Mais sa lycanthropie n'affecte en rien la personnalité de Mr Lupin, cela n'affecte en rien le fait qu'il soit un bon élève, courageux, dévoué, volontaire et généreux, un vrai crédit à sa maison et à Poudlard, conclut-il. Le silence se fit dans la salle. Un silence tendu, hésitant, plein de frayeur qui fut rompu par un Serdaigle hésitant de cinquième année, qui leva la main.
- Oui Mr Fisher ? répondit le professeur Dumbledore en hochant légèrement la tête.
- Professeur, je voulais demander, bredouilla-t-il. Quel genre de précautions avez-vous pris pour assurer la sécurité de tous ? demanda-t-il, et bon nombre d'élèves hochèrent la tête en signe d'acquiescement, curieux d'entendre la réponse.
- Je suis content que vous posiez cette question, répondit le directeur, qui adressa un petit sourire à l'élève qui avait posé la question. A chaque pleine lune, Mr Lupin est conduit par un passage secret à la cabane hurlante de Pré-au-Lard, qui, contrairement aux rumeurs n'est pas hantée. Le professeur McGonagall et Mme Pomfresh s'assurent ensuite que Remus est bien à l'abri qu'il est impossible pour lui de s'enfuir.
- Et vous êtes bien sûr qu'il lui est impossible de s'enfuir ? demanda Rogue avec un sourire narquois et le sang de Sirius se glaça dans ses veines. Il sait, songea-t-il avec désespoir. Il sait que nous sommes des animagi et il va nous dénoncer devant tout le monde ! Dumbledore sera absolument furieux et là on risque vraiment l'exclusion ! Et Azkaban ! Et je ne suis pas revenu dans le passé pour retourner dans cette prison de malheur.
- J'en suis persuadé Mr Rogue, répondit d'un ton las Dumbledore. Seule une intervention extérieure pourrait permettre de libérer Mr Lupin, et cela est impossible. Je vous le répète, vous n'avez aucune crainte à avoir ! Maintenant je conseille à tout le monde de retourner à son repas, j'ai entendu dire que le rôti était particulièrement bon ce soir ». Le silence retomba dans la grande salle et Dumbledore se rassit à sa place. Son regard survolait chaque table, comme pour défier quiconque de se rebeller contre cet état de fait. Mais certains osèrent. Les trois-quarts des élèves de la maison de Salazar, après s'être rapidement consultés du regard quittèrent la grande salle, sous les regards furieux des Maraudeurs et compagnie et celui, attristé, de Dumbledore. Puis, sous l'impulsion des Gryffondors, tout le monde commença à manger. Mais les regards curieux et anxieux de beaucoup d'élèves ne cessèrent pas, et ce repas dans la grande salle fut le pire de toute la vie de Remus.
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« Bon eh bien ça aurait pu être pire, commença Peter avec hésitation, jetant des regards nerveux au reste des Maraudeurs, Lily, Evana, Anna, Franck et Alice qui s'étaient tous réfugiés dans la Salle sur demande une fois le repas terminé. Personne n'acquiesça, l'humeur était bien trop sombre.
- Ca aurait pu être mieux aussi, rétorqua Sirius de mauvaise humeur. Comment est-ce que Rogue a su bon sang de bordel de strangulot ? cria-t-il avec énervement.
- Nous ne sommes pas sûrs que Rogue soit à la base de tout ça, rétorqua Lily, et Sirius se souvint alors que dans un passé très lointain, Lily et Rogue étaient amis, avant qu'il ne devienne un Mangemort et ne la traite de Sang-de-bourbe devant la moitié de l'école.
- Arrête Lily on sait très bien que c'est lui, tu n'as pas vu son air triomphant, répondit sèchement James. Et il n'arrêtait pas de nous suivre ces derniers temps, il était déterminé à savoir pourquoi Remus disparaissait tous les mois !
- Très bien c'est peut-être lui, admit Lily, un air de défaite marquant alors son beau visage. Mais surtout, ce n'est pas une raison pour tenter de vous venger.
- Quoi ? s'exclamèrent trois Maraudeurs incrédules. Mais tu es folle !
- Ce que Lily veut dire, reprit Evana, c'est qu'il ne faut surtout pas que vous rentriez dans son jeu. Rogue n'attend que ça, il veut que vous l'attaquiez, j'en suis persuadée. Soyez plus matures et plus intelligents et occupez-vous plutôt de Remus et de faire comprendre aux autres élèves que sa lycanthropie n'est pas un vrai problème. Et non ce n'en est pas un, ajouta-t-elle avec dureté en direction de Remus qui avait alors poussé un soupir d'incrédulité.
- Elle a raison, répondit Remus, les yeux fixés sur le sol. Ne faites rien dans ce sens, ça ne servirait à rien et ça ne ferait qu'empirer les choses.
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En pratique, cela fut très dur pour les Maraudeurs à suivre.
Cela fut surtout très dur pour Sirius, qui s'en voulait d'avoir mis son ami dans cette situation. C'était de sa faute si Remus traversait cette épreuve aujourd'hui. Mais qu'aurait-il pu faire d'autre ? Il avait voulu éviter de mettre à mal leur amitié, éviter que Snivellus découvre le secret de Remus. Or maintenant toute l'école était au courant et Rogue était probablement au courant que le reste des Maraudeurs étaient des Animagi illégaux. C'était encore pire que dans le passé.
En ce qui concernait la découverte de la lycanthropie de Remus Lupin, l'école était indubitablement divisée. Il y avait ceux, des Serdaigles pour la plupart, qui étaient venus voir les Maraudeurs et avaient demandé des approfondissements.
Flash-back.
Les Maraudeurs se trouvaient dans la Grande Salle, en train de prendre leur petit déjeuner. Cela faisait deux jours que l'école entière savait que Remus était un loup-garou. Remus avait déjà reçu plusieurs beuglantes qu'Alice avait détruites d'un simple mouvement de baguette avant qu'elles ne puissent exploser.
Du coin de l'œil Sirius vit un groupe de Serdaigles s'avancer vers eux. Ils n'avaient pas l'air belliqueux, mais Sirius s'attendait à tout.
« Excuse moi Remus est-ce qu'on peut te parler quelques minutes ? demanda l'un d'entre eux, un quatrième année du nom de Simon Perthona, attrapeur de l'équipe.
- Ca dépend de ce que vous lui voulez, s'avança Sirius d'un air dur.
- Ne t'inquiète pas Black, le rassura Perthona. On veut juste lui poser quelques questions sur ce qu'on a appris lundi soir. On n'est pas là pour l'attaquer ou quoi que ce soit.
- Range tes armes Patmol, dit d'un ton fatigué Remus. Je vous écoute, quelles sont vos questions ?
- On aurait voulu que tu nous en dises un peu plus sur ta condition de lycanthrope, dit alors une fille, Sarah Hopkins, condisciple d'Evana. On a étudié les loups-garous en troisième année mais on n'a vu cela que sous l'aspect 'créature des ténèbres' si je peux formuler comme ça. Mais comment est-ce que cela se passe, concrètement ? insista-t-elle. Et Sirius constata alors que c'était plus de la curiosité que de l'animosité qui animait ces Serdaigles, et il en fut rassuré.
Remus passa alors plus d'une demi-heure à répondre aux questions des Serdaigles qui s'étaient installés à leurs tables. Sirius avait eu raison, ces élèves étaient plus fascinés que terrifiés, ils avaient tout un tas de question en réserve et ne durent s'arrêter que lorsque Lily vint leur rappeler qu'il était temps de se rendre en cours de Potions.
- Eh bien tu vois tout le monde ne réagit pas si mal que ça à la nouvelle, déclara avec gaieté James alors que tous descendaient en direction des cachots.
- Oui, c'est peut-être bon signe, renchérit Peter. Et Sirius lui lança un petit sourire. En ce moment il était plus que rassuré par l'attitude de l'ancien traître.
Lorsque la nouvelle avait éclaté, Sirius avait eu très peur que Peter n'en profite pour s'éloigner de ses amis. Après tout, le rat avait toujours recherché les bonnes grâces de tout le monde, il était connu pour ne pas supporter les ragots ou les mauvaises paroles à son encontre et supportait mal toute forme de critique. Sirius avait donc pensé que l'association révélée avec une supposée créature des Ténèbres aurait rebuté Peter et l'aurait jeté un peu plus vite dans les bras des Mangemorts.
Mais c'était tout le contraire qui se produisait. Peter avait sans même réfléchi pris la défense de leur ami et se tenait à ses côtés, quoi qu'il se passe. Peut-être qu'il y avait de l'espoir. Si Sirius le tenait suffisamment à l'œil, peut-être qu'il pourrait le sauver.
Mais le monde ne s'arrêtait pas aux Serdaigles curieux et avides de nouvelles connaissances. Il y avait également les autres. Ceux qui conspuaient Remus, qui chuchotaient sur son passage et lui jetaient des regards effrayés. Il y avait les Serpentards qui le désignaient ouvertement du doigt, le traitaient de bête sauvage et monstrueuse. Ceux qui cherchaient à le provoquer, dans l'espoir d'obtenir une réaction violente et peut-être ainsi faire en sorte qu'il ne soit renvoyé.
Même si pas mal d'élèves au final avait fini par accepter la lycanthropie de Remus, ce n'était pas pareil pour certains parents. En moins d'une semaine Dumbledore avait reçu une bonne centaine de beuglantes, et l'affaire avait été même couverte par la gazette du sorcier, qui avait dénoncé en première page l'inconscience du directeur de Poudlard de mettre leurs enfants en danger.
Mais la communauté sorcière pouvait bien protester tant qu'elle voulait, elle ne pouvait rien faire contre Dumbledore. Tant que le conseil des gouverneurs était d'accord, tant que la ministre de la magie, Millicent Bagnolde, avait, avec réticence mais ce n'était pas important, approuvé les actions du directeur, on ne pouvait forcer celui-ci à expulser un loup-garou qui avait en plus bientôt fini sa scolarité.
Dumbledore espérait qu'avec le temps l'affaire se tasserait et que peut-être quelque chose de positif ressortirait de tout cela. Ce qu'il ne savait pas, c'est que le résultat de tout cela dépasserait toutes ses attentes, et bien plus vite que prévu.
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Cela faisait maintenant plus de deux mois que la nouvelle sur la lycanthropie de Remus avait défrayée les chroniques de Poudlard, et pourtant Remus faisait toujours la une des potins et discussions en tous genres. C'était toujours irritant, et franchement fatiguant, et Sirius avait de plus en plus de mal à se contenir et à ne pas frapper tous les idiots sur leurs chemins qui continuaient à considérer le doux et gentil Remus Lupin comme un monstre sanguinaire qui les dévorerait dés qu'il pourrait.
- Calme toi Sirius, tenta Peter à un Sirius fulminant. Tu vas encore te prendre une retenue avec McGonagall.
- Il y a pire comme punition, intervint James. Elle est vachement sympa avec nous ces derniers temps, et généralement on passe les retenues à discuter avec elle.
- Ce n'est pas une raison James, soupira Remus. Peter a raison, Patmol doit arrêter de perdre son sang-froid avec les Serpentards et tous les autres. Ça va finir par tomber aux oubliettes cette histoire. Cela fait déjà deux mois, et rien de terrible ne m'est encore arrivé. Je suis encore à Poudlard, j'ai toujours mes amis, je n'ai plus à mentir et inventer des excuses bidon tous les mois, et pour couronner le tout Lily Evans, notre tigresse indomptable se rapproche de plus en plus de Cornedrue ici présent ! conclut-il avec un grand sourire, et James rougit sous ces paroles.
- Ce n'est pas encore dit qu'elle veuille bien sortir avec moi, marmonna-t-il, gêné. Mais le sourire sur ses lèvres et l'étincelle de joie et de fierté dans ses yeux en disaient bien assez long.
- Tu vois, mon plan a marché, rétorqua Sirius. Et je te préviens, en guise de remerciements j'exige d'être le témoin à votre mariage et le parrain d'Ha…de votre premier enfant, se rattrapa-t-il à temps.
- De quel enfant vous parler ? les interrompit tout d'un coup Lily Evans, descendant visiblement de son dortoir. Elle se dirigea vers le canapé où se trouvaient les garçons, souriante. Une attitude qu'on n'aurait jamais pu voir chez la rouquine quelques mois auparavant. Et une nouvelle fois Sirius se congratula mentalement de son bon travail sur James.
- Rien du tout, Sirius disait des bêtises, comme d'habitude, dit James avec précipitation. Alors comment ça va Lily ? ajouta-t-il tout en lui faisant de la place pour qu'elle puisse s'asseoir avec eux.
- Eh bien je te cherchais justement James, dit-elle avec hésitation. Je me demandais si tu pouvais m'aider pour le devoir de Métamorphoses qu'on doit rendre la semaine prochaine.
- Mais pourquoi tu t'y prends déjà maintenant ? Et comment ça se fait que tu demandes de l'aide à James, tu es excellente dans toutes les matières répondit Peter, sérieusement intrigué, à la place de James, et Sirius dut se retenir pour ne pas lui lancer une vanne bien placée. Peter n'avait décidément aucun talent en ce qui concernait les filles.
- Bien sûr que je t'aiderai Lily, répondit enfin James, lançant un regard noir à son ami, et Lily lui jeta un regard reconnaissant. Tu veux qu'on aille à la bibliothèque maintenant ? Là où on ne sera dérangés par personne ? dit-il en jetant des regards entendus à ses amis, qui comprirent le sous-entendu. Sirius lui jeta un clin d'œil et Peter eut enfin l'air de comprendre.
- Ne rentrez pas trop tard les enfants, cria Sirius alors que James et Lily sortaient par le portrait. Bon maintenant qu'est ce qu'on fait ? demanda-t-il à ses deux comparses.
- Moi je veux finir mon livre, indiqua Remus, qui était depuis tout à l'heure plongé dans un roman moldu prêté par Anna.
- Tu n'es pas drôle Mumus, rétorqua Sirius, mais c'était plus un constat qu'une plainte. Bon et toi Queudver ?
- Je suis partant pour une petite aventure dans le château, répondit celui-ci en haussant les épaules.
- Très bien, se félicita Sirius. Je vais chercher la cape de James et la carte des Maraudeurs et on y va ? Lunard dernière chance de sortir de ta monotonie et de vivre une aventure pleine de frissons et d'excitation ? tenta-t-il.
- Sans façon je passe, soupira-t-il de derrière son livre, et ses deux amis se levèrent alors et moins de cinq minutes ils étaient sortis de la salle commune.
Remus resta dans la salle commune, qui se vida petit à petit. Certains vinrent lui parler quelques minutes. Mis à part quelques exceptions, les Gryffondors avaient fait front uni devant la nouvelle. Une loyauté à toute épreuve, digne de la maison Poufsouffle.
Alors que Remus était plongé dans son livre, tout d'un coup, le portrait s'ouvrit, et Alice Simmons fit son apparition.
- Remus, tu n'aurais pas vu Anna ? demanda-t-elle, l'air visiblement préoccupée.
- Non, pourquoi ?
- Elle devait me rejoindre il y a une demi-heure et pourtant je ne l'ai pas vu, et je l'ai cherché partout ! s'exclama-t-elle. Je me fais du souci car en ce moment il y a toute une bande de Serpentards qui n'arrête pas de l'embêter et de la provoquer.
- Je vais aller la chercher, proposa-t-il, se levant de son douillet fauteuil. Ne t'inquiète pas, la rassura-t-il avec un petit sourire, je vais te la ramener.
Sans tarder il sortit de la salle commune, regrettant que Sirius et Peter aient pris la carte des Maraudeurs. Les connaissant, ils pouvaient se trouver n'importe où dans le château, ou même dans la forêt interdite. Même si Sirius s'était étrangement calmé ces derniers temps, il restait un Maraudeur envers et contre tout, et Remus soupçonnait que Sirius s'ennuyait en ce moment. Etant donné le contexte bien particulier, les Maraudeurs ne l'avaient plus accompagné aux deux dernières pleines lunes, et ils n'avaient également plus fait de petites excursions, et cela devait lui manquer.
Remus décida d'aller tout d'abord explorer les cachots. C'était étonnant qu'Anna soit en retard, elle qui était connue pour sa ponctualité, et Remus craignait en effet que quelque chose ne lui soit arrivé. Tout comme Lily elle venait d'une famille moldue, mais ne possédant pas le tempérament de feu de la préfète des Gryffondors, elle était plus fragile et plus encline aux moqueries cruelles et aux attaques des Serpentards.
Elle et Remus étaient sortis ensemble durant leur cinquième et sixième année, pendant une période de temps assez longue pour un Maraudeur, mais ils étaient restés amis par la suite, et Anna lui avait apporté tout son support lorsque la nouvelle avait éclaté. Remus l'aimait énormément. C'était une amie douce et fidèle, extrêmement gentille et généreuse. Et il valait mieux que les Serpentards ne lui aient rien fait, car là ça risquait de ne pas passer pour le lycanthrope.
Il était plus de dix heures passés, et plus personne ne se baladait dans les couloirs sombres et humides des sous-sols de Poudlard. Cela faisait déjà plus d'un quart d'heure qu'il cherchait la jeune fille quand Remus décida de remonter à l'étage et de tenter plutôt de trouver Sirius et Peter afin de jeter un coup d'œil à la carte. Il s'apprêtait à remonter au rez-de-chaussée quand, soudain, il entendit un bruit suspect.
Il se retourna, et à son grand ennui fit face à Severus Rogue, Avery et Jugson. Tous arboraient un sourire cruellement narquois. Remus s'attendit au pire.
- Tiens, tiens, commença Severus, s'avançant vers le lycanthrope. Mais qu'est ce que nous avons là ? On dirait un monstre. Et sur cette réplique éminemment spirituelle, ses deux comparses éclatèrent d'un rire bête.
Remus se força à garder son calme. C'était incroyablement dur, mais il ne tenait pas à provoquer d'esclandres. C'était tous ce que cette bande désirait, et il ne leur donnerait pas satisfaction. Il s'avança pour partir, mais Jugson, qui avait un gabarit pouvant rivaliser celui d'un gorille, se mit devant lui et l'en empêcha.
- Qu'est ce que vous voulez ? demanda Remus avec lassitude. Si vous cherchez à vous battre, vous avez frappé à la mauvaise adresse je ne vous ferai pas ce plaisir.
- Ah oui vraiment ? répondit d'un ton narquois Avery, connu comme étant un futur Mangemort en herbe, cruel et vicieux. Mais qui t'a dit qu'on te laisserait le choix ?
- Imperius, cria soudainement Rogue, et l'esprit de Remus se vida tout d'un coup. Il n'éprouvait plus rien et c'était agréable. Tous ses soucis, ses appréhensions s'étaient envolés. Il fit un tour sur lui-même, le regard vide, sous les éclats de rire des Serpentards.
- Et si on s'amusait un peu avec lui d'abord ? suggéra Jugson, un petit sourire cruel se dessinant sur des lèvres trop fines pour un tel visage. Il est complètement à l'ouest là ce serait dommage de ne pas en profiter !
- Tu as oublié le plan ? répondit Rogue d'un ton irrité. On doit faire ce qu'on a dit, point final. Et se dépêcher. Je n'ai pas envie qu'on nous interrompe, après tout ses petits copains ne sont peut-être pas très loin.
- Très bien, alors à toi l'honneur, répliqua Avery. Vu que c'est toi le cerveau de toute cette opération.
- Mais avec plaisir mon cher Tom. Depuis le moment que j'attends cela, dit Rogue avec un sourire mauvais.
- Attaque nous, dit-il à l'encontre de Remus. Attaque nous violemment, vas-y. Mais pas avec ta baguette. Laisse ressortir ton côté bestial au grand jour. Vas-y attaque.
Le regard de Remus changea aussitôt. Ses yeux se rétrécirent et il serra les poings. Les trois futurs Mangemorts lui firent face, prêts à souffrir pour obtenir ce qu'ils désiraient, se venger des Maraudeurs et causer du tort à Dumbledore. Si jamais la communauté sorcière venait à apprendre que le protégé lycanthrope du vieux sorcier avait attaqué violemment trois élèves, le scandale serait énorme et Dumbledore serait contraint de démissionner. C'était faire d'une pierre deux coups.
Sans crier garde, Remus se jeta sur la cible la plus proche, en l'occurrence Severus Rogue, qui eut beaucoup de mal à se laisser faire, le premier instinct naturel étant de sortir sa baguette et de contrer ces attaques. Rogue poussa un petit cri de douleur lorsque Remus lui infligea un coup de poing violent en plein visage. S'écroulant par terre, il se recouvrit son visage qui commençait à saigner de ses mains, mais Remus, obéissant aux ordres, n'en avait pas fini. Il se jeta sur sa victime à terre et s'apprêtait à faire beaucoup de dégâts lorsque…
- Remus non, cria une voix désespérée. Sirius se rua vers son ami et, avec l'aide de James, l'éloigna de Rogue. Il recula d'un pas lorsqu'il aperçut la lueur démente qui habitait les yeux d'un de ses meilleurs amis. Une lueur démente dans des yeux inhabituellement vides.
- Stupefix, hurlèrent deux voix en même temps, et Sirius et James virent trois éclairs rouges passer dans leur direction, pour frapper les Serpentards derrière eux. Se retournant, ils virent Lily et Peter, tremblants.
- Finite incantatem, lança doucement Lily sur Remus. Celui-ci secoua la tête et sembla alors sortir d'un rêve.
- Qu'est ce qu'il se passe ici ? demanda faiblement Remus, regardant tout autour de lui. Qu'est ce que vous leur avez fait ? dit-il en apercevant les Serpentards à terre.
- La question c'est plutôt qu'est ce qu'ils t'ont fait ? répliqua sombrement Sirius. On vient de te trouver, attaquant Snivellus.
- Quelqu'un t'a lancé l'imperium, ajouta Lily, dont les mains tremblaient. J'ai reconnu tous les signes.
- On doit aller voir Dumbledore. Immédiatement, ordonna alors James, dont le visage était devenu tout rouge et dont les yeux brillaient sous l'effet de la colère. Peter, Sirius, aidez moi à faire léviter ces trois ordures, dit-il en serrant les dents, et trois wingardium leviosa plus tard, tous se dirigeaient vers le bureau du professeur Dumbledore.
Dix minutes plus tard, ils se retrouvèrent devant la gargouille qui menait au bureau du directeur. Lily prononça le mot de passe d'une petite voix, et tous montèrent l'escalier en pierre, ne prenant pas garde aux têtes des Serpentards qui se cognaient à certains endroits.
Le professeur Dumbledore était présent dans son office. Assis derrière son bureau, il semblait plongé dans de la paperasse quelconque, l'air préoccupé. Entendant le bruit, il leva les yeux en direction de ses élèves, et son sourire se figea en voyant les trois personnes figées que les Gryffondors lui apportaient.
- Je suis sûr que vous avez une excellente explication pour tout ceci, et je suis impatient de l'entendre, déclara-t-il d'une voix ferme, se levant de son siège.
- Ils ont lancés un impardonnable sur Remus, répondit avec passion Sirius, s'avançant d'un pas vers le directeur. Dumbledore eut un moment de recul en entendant cela.
- C'est une accusation très grave, dit celui-ci d'une voix lente.
- Mais c'est vrai, s'écria Peter. Ils ont forcés Remus à les attaquer, probablement parce qu'ils veulent le faire exclure.
- Mr Lupin ? interrogea Dumbledore.
- Je ne me souviens de rien, répondit celui-ci avec gêne. J'étais parti chercher Anna Beals, je me trouvais dans les cachots quand je suis tombée sur eux trois, dit-il en désignant les trois Serpentards toujours pétrifiés. Ils ont cherchés à me provoquer en me traitant de monstre, puis c'est le trou noir, jusqu'à ce que je voie les Maraudeurs et Lily.
- Vous pouvez peut-être prendre les souvenirs de Remus pour les regarder dans une pensine ? suggéra James avec espoir. Il savait par son père que Dumbledore en avait une.
- Très bien, soupira le directeur, qui semblait avoir pris dix ans sur le coup. Mr Lupin, si vous le voulez bien.
La suite se déroula très vite. Dumbledore plongea dans sa pensine après avoir récupéré les souvenirs de Remus, et en ressortit dix minutes plus tard, plus tracassé et triste que jamais.
- Très bien, finit-il par déclarer. D'un mouvement brusque de sa baguette, il mit fin aux sorts qui avaient été lancés sur les Serpentards, qui se réveillèrent d'un coup.
- Qu'est ce qui passe ? demanda nerveusement Jugson, son regard allant de droite à gauche. Rogue au contraire se rembrunit en voyant les Maraudeurs, l'air menaçant autour de lui, et choisit de garder le silence.
Dumbledore ne répondit pas mais se dirigea vers sa cheminée, d'où il appela les professeurs McGonagall et Slughorn, en les priant de se rendre dans son bureau immédiatement.
- Quoi qu'ils vous aient racontés c'est faux, dit avec précipitation Avery, des gouttes de sueur commençant à perler sur son front.
- Asseyez-vous, fut la seule réponse de Dumbledore, prononcé d'une voix inhabituellement sévère. Je viens de visionner les souvenirs de Mr Lupin concernant votre rencontre dans les cachots, aussi toute tentative de vous justifier ne sert à rien.
Dans le silence le plus complet les trois Serpentards s'assirent. Sirius arpentait la pièce, sachant que si jamais ils croisaient les regards des trois futurs Mangemorts, il était capable de ne pas se contrôler. Comment avaient-ils pu oser ? Et si Sirius, Peter, James et Lily qui les avaient rejoint en cours d'expédition n'avaient pas vu la carte, n'avaient pas vu le nom de leur ami accolé à celui des trois serpents, que se serait-il passé ? Les Serpentards auraient été peut-être gravement blessé par Remus et celui-ci aurait été exclu, sans l'ombre d'un doute !
Très vite les deux directeurs de maison firent leur apparition, Slughorn haletant derrière la stricte professeur de Métamorphoses.
- Professeur que se passe-t-il ? demanda celle-ci d'un ton alarmée.
- L'affaire est très grave Minerva, débuta Dumbledore. Messieurs Rogue, Avery et Jugson ont lancé un Impardonnable sur Mr Lupin pour l'obliger à les attaquer, dans le but de le faire exclure.
- Mais ce n'est pas possible, pas mes élèves, dit d'une voix faible Slughorn, jetant des regards presque apeurés aux trois Serpentards qui avaient décidé de se murer dans le silence.
- En êtes-vous sûr professeur ? dit à son tour Minerva, qui avait blanchi sous les propos de son mentor.
- Absolument certain Minerva. Maintenant la question est de savoir ce que nous allons faire.
- Pas Azkaban ! s'écria soudain Avery, perdant son sang-froid. Tout sauf ça !
- Est-ce que vous vous rendez compte de la gravité de vos actes ? s'emporta Slughorn. Jeter un Impardonnable sur un autre élève, c'est un crime passible de plusieurs années à Azkaban, en compagnie des Détraqueurs ! Mais qu'est ce qui vous est passé par la tête par Merlin !
- Albus, ils sont trop jeunes pour aller à Azkaban, les Détraqueurs les détruiraient complètement, plaida Minerva.
- Il n'est pas question de les envoyer là-bas, soupira le directeur, se rendant auprès de son phénix, qui chantait doucement. Mais ils ne peuvent pas rester à Poudlard, décréta-t-il avec tristesse. Je ne peux mettre mes autres étudiants en danger, et étant donné leurs passés et leurs situations j'ai peur que de tels incidents ne recommencent.
- On est exclus alors ? demanda Avery, une lueur d'espoir dans la voix. Personnellement ça ne le dérangeait pas, il pourrait ainsi rejoindre les rangs de Lord Voldemort plus tôt. Il avait eu 17 ans deux mois plus tôt et avait donc déjà la marque qui brûlait sur son bras.
- Oui, il n'y a pas d'autre solution, répondit au bout de quelques minutes Dumbledore. Nous cacherons les raisons pour laquelle vous avez été exclus, mais dès demain vous partirez de Poudlard. Je l'annoncerai au petit déjeuner. Professeur Slughorn, veuillez raccompagner ces trois jeunes gens dans leurs cachots et veillez à ce qu'ils préparent leurs affaires.
Le professeur de Potions, les épaules affaissées, s'exécuta. Les Maraudeurs et Lily n'arrivaient pas à en croire leurs oreilles. Ils étaient exclus ! C'était comme un rêve douloureusement devenu vérité. Leur ennemi de six ans disparaîtrait de leur vie aussi brusquement qu'il y était entré, mais à quel prix ? Il avait failli détruire Remus, et malgré le soulagement qui envahissait Sirius à l'idée que Remus n'aurait pas à souffrir de cet incident et que les coupables seraient punis, il se jura que dans un avenir proche, il se vengerait de ce que Rogue avait fait. Il lui ferait payer très cher. Le Rogue de ce monde n'avait plus rien à voir avec le Rogue de son ancienne vie. Il ne serait jamais l'espion de Dumbledore, mais, avec Sirius qui connaissait le futur, ce n'était probablement pas si grave.
Finalement, la situation s'arrangeait petit à petit. Les principaux détracteurs de Remus avaient été exclus, et le lycanthrope n'aurait plus à souffrir leurs attaques.
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Le lendemain matin, à l'heure du petit déjeuner dans la grande salle, Dumbledore fit une déclaration solennelle devant tout les élèves. Sans donner de détails il expliqua que Rogue, Jugson et Avery avaient attaqué Remus afin de le forcer à faire ressortir son côté bestial, pour pouvoir en fin de compte le faire exclure de Poudlard. Etant donné les circonstances très graves, ils avaient été exclus, ce qui déclencha des cris de protestations chez les Serpentards et des petits cris de surprise et de soulagement chez les trois autres maisons.
A partir de là, les regards portés sur Remus changèrent singulièrement. Beaucoup de ceux qui s'étaient mis à le craindre se repentirent et vinrent lui présenter des excuses, fustigeant les trois coupables qui avaient osé tenter de le faire renvoyer. Bien sur certains membres de la maison de Salazar campaient sur leurs positions, pour la plupart des adeptes de Lord Voldemort ou des descendants des grandes familles de sang-purs qui avaient encore des idées conservatrices. Mais les autres se montraient circoncis et discrets.
Petit à petit les choses reprenaient donc leurs cours normal et les Maraudeurs retrouvaient leur popularité d'antan. De plus, la nouvelle de l'exclusion fit vite le tour de la communauté sorcière, et les plaintes des parents diminuèrent en conséquence. Beaucoup furent choqués par les événements, et finirent par admettre que peut-être ce n'était pas si grave qu'un lycanthrope étudie à Poudlard. Après tout, cela faisait déjà six ans qu'il y était présent et jamais rien ne s'était passé ! Et puis Albus Dumbledore avait tout mis en œuvre pour que tout le monde soit en sécurité, et il ne cessait de répéter qu'il n'y avait rien à craindre de cette situation. Et il n'était pas le plus grand sorcier du XXe siècle pour rien ! Il devait avoir un peu raison.
La Gazette du Sorcier vint même interviewer Remus, quelques jours après la fin des examens de sixième année. Au début, le Gryffondor avait refusé, mais c'est James et Lily qui avaient insisté pour qu'il se prête au jeu, arguant qu'il serait bon que la communauté sorcière puisse entendre sa voix, et ainsi se faire une idée plus juste sur la situation.
Le journaliste avait également interrogé le reste des Maraudeurs et Lily, quelques membres des autres maisons excepté les Serpentards et quelques professeurs pour donner une vue d'ensemble, et l'article paru, sans être élogieux, dépeignait un jeune garçon mature et responsable, qui était même préfet, dont les professeurs louaient le travail fourni et l'intelligence, qui avait des amis, dont nul autre que James Potter, héritier de la prestigieuse maison Potter et dont le patriarche, Bowen Potter défendait avec conviction la cause du jeune lycanthrope.
Et cela permit la naissance d'un mouvement de reconnaissance, extrêmement timide cela va sans dire, mais néanmoins présent. Dans les colonnes des différents journaux sorciers apparurent des témoignages de sorciers qui connaissaient des loups-garous ou en avait même dans leurs propres familles. Ils relataient les difficultés de leurs conditions d'existence, l'impossibilité d'avoir un travail stable, l'exclusion dont ils étaient victimes.
Et le jour où les Maraudeurs et Lily reprirent le Poudlard Express pour rentrer chez eux, Sirius songea que peut-être les choses n'avaient pas si mal tourné. Avec un peu de chance, et comme l'avait déclaré Lily, cela allait peut-être permettre de faire avancer la cause des lycanthropes et améliorer leurs conditions d'existence, incluant Remus. Et il était revenu dans le passé pour cette raison après tout : changer les choses, construire un monde meilleur.
Note de l'auteur : voila, probablement un des chapitres les plus longs que j'ai fait, j'espère qu'il vous aura plu. Laissez-moi des reviews pour me dire ce que vous en avez pensé. Les réponses aux reviews sont sur mon livejournal (lien dans mon profil), merci à tous ceux qui suivent cette histoire, me laissent des reviews ainsi que mon bêta pour ses précieuses corrections. A bientôt pour le prochain chapitre et bisous à tous.
