Alors là, je me suis défoncée pour ce chapitre. En espérant qu'il vous plaise . Donc, voilà : BONNE LECTURE !

Me.

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« La Mort est une chose dont les hommes se méfient, faute de la connaître. Caelan, lui, l'offrait aux Mangemorts sans hésiter, car il savait ce qu'était mourir, ayant rencontré, d'après ce que je comprends en y repensant, de nombreuses fois la Faucheuse sans qu'elle ne le touche. Oui, on peut vraiment dire qu'il faisait un cadeau à ces pauvres diables en mettant fin à leur vie maudite. Si moi-même avais marché sur les traces de mon père, je crois que j'aurais aimé que ce soit lui, et pas un de ces crétins qui font le bon plaisir de Fudge, qui me prive de la vie. »

Drago Malfoy,

24 ans.

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Parc de Poudlard, peu après la bataille.

Les Ténèbres avaient vaincu la Lumière ; à cette heure avancée de la nuit, déjà beaucoup de personnes avaient été envoyées rejoindre leurs aïeux. Mais le combat n'était pas fini. Oh non. Le Véritable Combat, où les deux Avatars de ce que les humains nomment le « Bien » et le « Mal » combattront, où l'Equilibre tanguant dangereusement sur le fil du rasoir redeviendra stable, celui que tous attendent dans l'espoir d'un monde meilleur, venait en vérité tout juste de commencer.

La bataille avait été sanglante des deux côtés ; les défenseurs avaient été pris par surprise, bien sûr, mais eux-mêmes avaient à leur tour surpris leurs attaquants en se défendant... sauvagement. Mais pour lui, cela ne suffisait pas. Q'une douzaine de vies aient été sauvées, d'accord, mais qu'une centaine d'autres soient définitivement perdues... C'était inacceptable.

Il arpentait le terrain ensanglanté, faisant la sourde oreille à sa douleur lorsqu'il voyait celles des autres. Il regardait, désabusé, de pauvres bougres ramper à terre pour demander le coup de grâce. Et il se maudissait –une fois, deux fois, mille fois !- de ne pas pouvoir accorder ce qu'on lui demandait, non pas à grands cris, mais en d'inaudibles murmures.

La mort avait déposé son voile sur nombres de visages qu'il y avait deux ans à peine, il voyait souriants et pleins de joie. Quelle différence avec le présent ! Quelle différence avec ces rictus de souffrance qui se gravaient, un à un, dans sa mémoire ! Il avait beau s'être démené comme un beau diable, cela n'avait pas suffit. Sous le nombre, ils avaient ployés, ils s'étaient relevés... mais à quel prix ? A un trop lourd tribut, d'après lui.

Voldemort, cet être abject... Il serait content. Il rirait lorsque les survivants lui raconteraient leurs exploits... La Haine prenait corps en lui, alors qu'il imaginait en face de lui son ennemi, que le Destin avait désigné comme tel bien avant sa naissance. Il errait, au-delà de la fureur, trop présent dans la réalité pour pouvoir porter de l'importance aux appels lancinants qu'il entendait en écho, de très, très loin.

Parallèlement, il était triste. Immensément triste. Comment pouvait-on choisir de détruire plutôt que de construire ? Et le désespoir l'étreignait, car lui aussi avait choisi de détruire au lieu de construire ; il avait décidé de répondre aux armes par les armes. « Mais tu n'as pas vraiment décidé, » lui souffla une voix. « On a encore choisi à ta place... »

Son visage, comme à l'accoutumée, ne reflétait rien, mais ses yeux noirs, noirs comme le ciel, noirs comme ce foutu champ de bataille, noirs comme les ténèbres qui avaient envahies le monde, noirs comme la Mort, étaient habités par de la Haine à l'état pur ; il n'était plus lui-même, il était une entité supérieure, contrôlée par sa seule fureur. Il était la Haine Personnifiée. Et tous prenaient conscience, en le voyant fixer sans voir tous ces morts, que si c'était le calme à l'extérieur, la tempête grondait en lui. Et ils comprenaient aussi que cette Haine était dirigée vers deux personnes. Premièrement, Voldemort. Et deuxièmement... Lui-même.

Tout simplement à cause des murmures incessants qui lui remplissaient le crâne. ...venge-nous... ...tuez ces Mangemorts... ...je ne comprends pas... ...tellement difficile... Lui non plus ne se comprenait pas. Personne ne pourrait le comprendre. Jamais. Bien sûr, il tuerait tous ces Mangemorts. Il ferait ce qu'on lui disait, pour que ces voix venues d'outre-tombe le laissent tranquille. Il le ferait, mais en accomplissant son destin, ne se maudirait-il pas lui-même ? Ne l'était-il pas déjà, pour avoir tué tous ces gens ?

Pourquoi devait-ce être à lui de le faire ?

Une question sans réponse. Il était même las de se la poser. Plusieurs fois déjà, en tant que Harry Potter ou en tant que Caelan, il s'était demandé à quoi tout cela servait. A rétablir l'Equilibre ? Qu'est-ce qu'il en avait à foutre ? A sauver la Magie ? Mais bordel, pourquoi lui ?

Parce qu'il était « un Elu » ? Pourquoi n'avait-il pas le choix ? Il avait envie de tomber à genoux, de pleurer, de se laisser aller à l'Etreinte Maternelle de la Faucheuse. Mais immédiatement, il se sentait honteux d'avoir pensé ça, il se redressait et se répétait, comme une litanie : « Je ne mourrais pas avant de l'avoir tué. Il ne mérite pas de gouverner ce monde. »

Il soupira, première marque d'émotion qu'il laissait paraître depuis la bataille. Il remettait tout en question. Et si c'était lui qui se trompait ? Si Voldemort avait raison, finalement ? Mais son sang se mit à bouillir, la Haine lui donna une claque magistrale, il revit ses parents, son parrain, Cédric... Toutes ces personnes, mortes, tuées par Voldemort... et parce qu'il était faible.

« Personne n'est parfait. » Mais lui, ne le savait pas. Il n'acceptait aucune faiblesse de sa part. Il n'y avait pas le droit. Car lorsqu'il y a une fissure dans un mur, il y a toujours moyen de l'agrandir, n'est-ce pas ?

« Caelan, Caelan, Caelan, Caelan... »

Il entendait quelqu'un l'appeler. Et il ignorait ces appels, craignant ce qu'il découvrirait derrière lui. Un autre mort ? Un survivant qui lui incomberait la faute de ce massacre, si ce n'était pas par des paroles, par son simple regard ? Il s'arrêta, ferma les yeux. Et laissa libre cours à sa rage.

Il hurla. Et tomba à genoux.

Et les appels se turent, avant que le jeune homme sente quelqu'un devant lui. Il souleva les paupières, furieux contre lui-même, souffrant intérieurement sans moyen de guérison. Et ses yeux noirs croisèrent deux autres de couleur ? Qui le regardaient, sans porter aucun jugement.

L'animal s'était arrêté à un mètre de lui. Assis, il sondait l'âme du guerrier, sans aucune arrière-pensée. Son calme se transmit à Caelan ; sa fureur fut domptée, seule resta la tristesse... et la volonté.

Il sentit quelque chose couler sur son visage... Une larme ? Depuis combien de temps n'avait-il pas pleuré ? Etonné, le Serpentard en laissa couler d'autres. Le lynx eut une sorte de mimique qui ressemblait à un sourire, et une voix douce et chaleureuse retentit dans l'esprit de l'humain : « Laisse-les partir. Abandonne ta tristesse. Je serai là quand tu auras besoin de moi. »

Le félin s'approcha, et son museau toucha le nez du jeune homme. « Sänyyré. Voilà mon nom. » Leurs regards, toujours croisés, finirent par se détacher et le lynx, sans un regard en arrière, partit, laissant Caelan seul, mais étrangement... complet.

Il le savait, il venait de trouver son âme sœur (1).

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Hall d'Entrée, après la bataille, un peu avant le passage au dessus.

Drago soupira en regardant les portes, closes. Immenses, décorées en temps de fête, elles semblaient si loin de ce qu'elles masquaient... Un champ de morts, un cimetière. Le refuge d'une hécatombe, où un seul vivant osait –et surtout, pouvait- encore se dresser en brandissant le poing face à l'injustice.

Mme Pomfresh lui avait demandé d'aller chercher « ce fichu Serpentard qui s'obstine à rester dehors... Ce ne sera pas bon pour sa santé, c'est moi qui vous le dis... ». Drago n'avait pas protesté, ayant compris que celui dont elle parlait n'était autre que Caelan ; peut-être aurait-il l'occasion de s'excuser ?

Inspirant un grand coup, il passa les portes, tentant de fermer ses sens aux odeurs, aux visions qui l'assaillaient. Et au silence...

Un silence pesant, horrible, insoutenable.

Il ne tarda pas à repérer le jeune homme, zigzaguant entre les corps. Mais en vérité, constata-t-il, ce n'était plus vraiment un jeune homme. Du moins, pas celui qu'il connaissait. Celui-ci dégageait une aura de puissance, de fureur, de haine telle que le Serpentard hésita à lui parler. Il se ressaisit vite, et, bien qu'intimidé par le guerrier –car c'en était un, n'est-ce pas ?- il l'appela, tout en le suivant :

-Caelan !

Ce n'était qu'un murmure, et le bretteur ne dut pas l'entendre, car il continua de marcher, seul. Drago se maudit avant de crier, un peu plus fort :

-Caelan !

Toujours rien. Le Malfoy réitéra son geste, une fois, deux fois, une bonne douzaine de fois. Fichtre, ce qu'il marchait vite, l'autre ! Comment pouvait-il avoir une chance de le rattraper, à une telle allure ?

Il l'appela une nouvelle fois et s'apprêtait à répéter l'expérience lorsque toute voix mourut au fin fond de sa gorge et qu'il s'arrêta, une dizaine de mètres derrière celui qu'il appelait. Un hurlement lui vrillait les tympans. Ou bien était-ce un murmure ? Il l'ignorait ; la seule chose qu'il savait, c'était que ce cri-là, il ne voulait plus jamais l'entendre. Rage, douleur, haine, injustice... Tous les pires fléaux contenus dans la boîte de Pandore étaient exprimés en une seule voix. En une seule personne.

Et Drago pâlit lorsqu'il se rendit compte que cette personne, qui criait vengeance à la Terre entière, était son ami.

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Grande Salle (infirmerie provisoire).

Hermione, alors qu'elle se faisait soigner, observait Medwyn. Il était appuyé contre un mur et semblait en proie à une longue discussion avec lui-même. Autour, des cris, des appels à l'aide, ...

Elle regarda autour d'elle, et fixa notamment la porte de la Grande Salle. Elle y revenait constamment ! Pourquoi ? La réponse vint d'elle-même sur le seuil de ces portes justement, et un nom, tristement prononcé, lui échappa des lèvres :

-Caelan... (2)

Comme s'il avait entendu malgré la distance et le fait qu'il était à dix mètres, il tourna son regard vers elle. « Plus de paillettes... », se dit-elle. Non, il n'y en avait plus, et il n'y en aurait plus jamais, semblait-il. Son cœur se serra à l'image du jeune homme, paraissant perdu, qui se tenait, presque hésitant, sur le seuil des portes.

Sa douleur était une des milliards de tâches sur la nappe immaculée de la vie -mais elle semblait être d'une envergure plus grande. Elle ne comprenait pas comment il pouvait encore tenir debout après toutes les horreurs qu'il avait passé –elle ne connaissait pas les circonstances exactes mais savait qu'un regard ne pouvait pas mentir. Et ce qu'elle lisait dans le regard du Serpentard l'effrayait.

Drago Malfoy sortit soudain de l'ombre, derrière Caelan et lui glissa un mot à l'oreille. Tiens ? Ils étaient redevenus amis ? Le bretteur eut un sourire et fit un signe de tête vers Medwyn. Curieuse, Hermione aurait bien aimé savoir de quoi il retournait ; malheureusement, Pomfresh en décida autrement en lui fourrant une potion de sommeil dans la bouche.

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Idem.

Le blond soupira. C'était le moment de jeter sa fierté aux roses. De demander pardon. Il s'approcha du jeune homme, qui avait, au bout d'un moment, consenti à le suivre et murmura :

-Dis... Tu me pardonnes ? (3)

Un mince sourire étira les lèvres de Caelan, et il répondit, désignant d'un signe de tête le demi elfe appuyé contre un mur :

-Ce n'est pas à moi de faire tes excuses...

Comme s'il avait entendu qu'on parlait de lui, Medwyn se redressa et marcha vers eux. Ignorant un peu Drago, il s'adressa au second Serpentard, semblant troublé :

-Je suis désolé, mais je dois partir. Prévenir les miens, tu sais... Hum, j'aurais aimé rester avec toi mais...

-Mais tu restes avec moi, répondit l'étudiant en penchant la tête sur le côté.

-Hein ? Mais il faut que je...

Caelan eut un sourire :

-Oui, tu pars. Avec moi.

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(1) Dans la légende des elfes (que J'AIE inventé pour cette fic, non pas Rowling), « au Début de Toutes Choses, Aluinör créa les êtres. Il les lia par deux, faisant en sorte que l'un complète l'autre, et les appela les Maërres, les Âmes Soeurs. L'âme sœur d'un être peut se trouver en n'importe quoi : un arbre, un humain, un autre elfe, un animal... Chaque personne a son âme sœur, il suffit de la trouver.

L'on dit, dans les Ecrits d'Ezsenvîr, que deux âmes sœurs réunies sont la perfection même, qu'ils font partie, durant la brièveté de leur rencontre, d'Aluinör lui-même. Ainsi a parlé Azertun. »

(2) On en revient toujours à lui ; mais après tout, n'est-ce pas le titre de ma fic ?

(3) Les excuses sont un peu enfantines, je suis totalement d'accord, mais disons que Drago n'a pas trop l'habitude...

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Ha ha ! Et commence vraiment la guerre ! Alors, ça vous a plu ?

Prochain chapitre, vous l'avez deviné, le voyage et la visite chez les demi elfes... Encore une chose, de Dimanche à Mercredi-Jeudi, je serai... à BUDAPEST ! Oui oui mais ne vous inquiétez pas, apparemment j'aurais Internet et –là, pas de doute- un ordinateur. Il suffit juste que je prenne C : HdA sur une Clé USB, donc don't worry, vous aurez sûrement un autre chapitre pendant les vacances.

En espérant que Lilya réponde vite à mon mail,

Bisous,

Ptronille

PS : prière de lire le (1), il est important et obligatoire.

PS n°2 : Je vais peut-être changer de pseudo au profit de Pimousse en l'honneur d'un(e) chaton(ne) qu'on va peut-être garder –si ce n'est pas le cas, on le donnera. Voilà voilà, groooooooooos bisoooooooooooooooooooooooooosssss ! Je vous ADOOORE !