Chapitre 8

« Nous ne parlâmes que très peu durant ce voyage ; pour moi, cela signifiait le retour chez moi et tout ce que cela impliquait, pour Caelan, c'était, je pense, le premier pas vers la véritable guerre. Et pourtant, malgré le silence, j'imagine que c'est pendant cette semaine de voyage que j'ai le mieux appris à le connaître. Si les paroles sont souvent factices, les actes ne trompent pas, eux. »

Medwyn

Dumbledore entra dans la Grande Salle. Son regard se promena vers les tables des Quatre Maisons, qu'il avait toutes convoquées pour le dîner. Ce soir-là était la célébration pour les défunts. S'attelant à la table, il remarqua une chaise vacante à la table des Serpentards. Fronçant les sourcils, un peu agacé en remarquant que c'était (encore une fois) Caelan qui manquait à l'appel.

-Minerva, auriez-vous l'extrême obligeance d'aller chercher M. Caelan, s'il vous plaît ? Ce repas ne peut souffrir une seule absence.

-Bien sûr.

La Directrice des Gryffondors se hâta dans les couloirs, son regard brûlant promettant une sévère punition à l'impudent qui n'avait visiblement aucun respect pour les morts.

Un quart d'heure plus tard, elle revint, essoufflée.

-Albus ! Il n'est pas là ! Je... J'ai demandé l'aide d'elfes de maisons pour le retrouver, mais apparemment, les sorts de localisation sont formels : il ne se trouve pas à Poudlard...

Le vieil homme murmura quelque chose qui ressemblait à un juron, s'attirant les regards choqués ou amusés des élèves. Puis il adressa un sourire au professeur, les yeux pétillants de malice :

-Mais bien sûr ! Suis-je bête ! Il a dû poser une protection sur lui !

« Mais il ne peut pas résister à de la magie blanche de haut niveau, n'est-ce pas ? Je parie qu'il ne se rendra même pas compte qu'on est en train de lui lancer un sort ! » pensa Dumbledore.

Il partit dans l'arrière-salle, traça une étoile à six branches, un cercle et des runes sur le sol. Avec un sourire mutin, il savoura d'avance l'idée de piéger le jeune homme, et incanta... L'instant d'après, un vent se leva et se fit ressentir jusque dans la Grande Salle ; le ciel enchanté vira au noir où seule une spirale d'une couleur argentée dansait. Les torches s'éteignirent, sauf deux qui enflammèrent deux des quatre tapisseries sur les murs. Puis deux voix, l'une froide et sans émotion, l'autre chargée de colère, retentirent :

-Ne le touchez pas ou vous le regretteriez...

Puis tout redevint normal ; il n'y eut plus que les cendres des broderies pour attester de ce moment. Le directeur revint précipitamment dans la Grande Salle et vit que seules deux tapisseries restaient : celles de Gryffondor et Serpentard...

-

Les flammes léchaient le bois avec avidité ; la fumée déroulait ses volutes, esquissant des formes qui lui rappelaient son passé. Son compagnon de route n'avait pas non plus le moral : le regard tourné vers l'est, leur destination, il ressassait, lui aussi, de sombres pensées. Soupirant, Caelan, s'allongea, bras croisés derrière la tête, fixant sans vraiment le voir le ciel qui s'assombrissait peu à peu. A mesure qu'il se laissait envahir par ses sentiments, son visage se ferma, ses yeux devinrent noirs et une ombre s'abattit sur lui.

Finalement, malgré tous les airs qu'il se donnait, il restait prisonnier de son passé. Il n'arrivait pas à franchir le gouffre qui le séparait des autres ; il n'arrivait pas vraiment à se séparer définitivement d'Harry Potter pour devenir Caelan. Il avait appris à être objectif, à réviser parfois ses sentiments ; il avait appris quand faire confiance à son instinct ou quand s'en méfier. Mais au fond, tout au fond, il restait toujours Harry. Le Harry qui ne supportait pas de vivre dans le mensonge.

Tout cela –ce destin, cette fausse histoire, et cette famille, ces amis qui lui manquaient tant !-, tout cela lui pesait. Le jour, il n'en laissait rien paraître, mais le soir, allongé sur son lit, ses yeux noirs grands ouverts, il pensait à tout ce à côté de quoi il passait. Et à tout ce qui était arrivé par sa simple existence.

Il détestait voir Hermione pleurer un ami supposé mort et surtout qui ne l'était pas. Il détestait voir Ron devenir de plus en plus renfermé, se tourner vers la Magie Noire afin de venger un ami qui n'était pas mort. Il détestait voir Albus Dumbledore, si fatigué. Il détestait lire dans les journaux les messages des lecteurs déplorant la perte de leur Espoir.

Il soupira et caressa l'idée de se confier à Medwyn. Et tout d'un coup, il tiqua. Se redressant brusquement, il se tourna vers le demi-elfe :

-Medwyn ?

Celui-ci se tourna vers lui.

-J'ai complètement oublié de te demander... Lorsque tu es venu à Poudlard, tu étais blessé. Qui est-ce qui t'avait fait ça ?

Son compagnon esquissa un sourire : les paroles de Caelan étaient fidèles à lui-même, claires, nettes et précises.

-C'étaient des Manticores. Trois d'entre elles me sont tombées dessus, l'autre jour. J'ai eu du mal à... gérer trois fronts en même temps.

-Je vois.

Le silence s'abattit à nouveau sur les deux compagnons. Et brusquement, le jeune humain se leva, le regard fixé sur la forêt près de laquelle ils s'étaient arrêtés.

(PoV Medwyn)

-Caelan ? Qu'est-ce que…

Le demi-elfe ne put finir sa phrase ; son ami venait de partir en courant, l'air alarmé. Jetant un regard inquiet sur le camp derrière lui, Medwyn se saisit de sa rapière, prêt à se battre, et le suivit.

Il faisait sombre dans le sous-bois et sans l'ultravision, qu'il avait héritée de sa mère elfe, il aurait sûrement perdu Caelan de vue. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait, Medwyn perçut des hennissements désespérés. « Comment a-t-il pu les entendre de si loin ? » fut la question qui lui vint en premier lieu –question qu'il se hâta de ranger dans un coin de son esprit quand il comprit qu'une licorne était attaquée.

Lorsqu'il arriva enfin dans la clairière où s'était arrêté Caelan, le combat s'était engagé ; son ami, ses deux cimeterres à la main, repoussait une créature monstrueuse : deux ailes (noires toutes deux) et un corps écailleux de chauve souris, une gueule immense, dont les trois rangées de dents auraient facilement pu avaler un humain, quatre bras squelettiques couverts d'écailles, tenant chacun une épée à la forme étrange, qui semblait aspirer la lumière. Medwyn n'avait jamais vu pareil monstruosité et quand la chose darda sur lui son regard brûlant, son cœur se glaça et il ne pu s'empêcher de frissonner.

Alors, un hennissement le fit revenir à la raison ; décidant que Caelan avait l'air de bien se débrouiller, il s'approcha de la licorne…

(PoV Caelan)

Sautant, esquivant, tournoyant, plongeant de tous côtés, contraint et forcé par les deux paires de bras du monstre d'être sans cesse en mouvement, Caelan n'arrivait pas à prendre le pas sur l'Ethreint (car c'était comme cela qu'on appelait ces créatures) et ne pouvait pas se permettre de s'arrêter une seule seconde pour analyser la situation et déterminer les points faibles du démon, sans quoi il se faisait déchiqueter par quatre lames.

Il exécuta un saut périlleux arrière, mais ayant prévu le mouvement, le monstre changea son angle d'attaque. Ainsi, lorsque l'humain retomba sur ses pieds, s'arrêtant une fraction de seconde pour reprendre son équilibre, les épées fendirent l'air…

Le jeune guerrier en évita une en bondissant en arrière, une autre en plongeant sur le côté. Mais la troisième le cueillit, alors qu'il se relevait, au ventre, transperçant son armure de cuir noir et atteignant la chair.

Caelan leva les yeux. Il n'entendait plus rien, ni les hennissements de la licorne, ni le rire sombre de l'Ethreint, ni le cri de Medwyn, qui s'était pétrifié, incapable de faire un seul geste. Il n'entendait plus que son cœur, qui battait, semblait-il, ses dernières mesures. A moins que ce ne soit des tambours ?

« Je vais mourir… »

Alors qu'il plongeait son regard dans celui du démon, définitivement prêt à partir, prêt à sentir la quatrième lame mordre sa poitrine, il sentit quelque chose se dégagea de lui. L'épée ? Il jeta un coup d'œil incrédule vers le bas, et vit qu'elle était toujours plantée dans son corps.

« Huh ? »

Avant qu'il ne puisse s'interroger dessus, il sentit comme un énorme coup derrière la tête, et tout devint noir.

(PoV Medwyn)

Pétrifié d'horreur, Medwyn regarda Caelan qui se tenait là, immobile, devant le démon. Un dernier défi aux ténèbres avant de… Non, il n'allait pas mourir, pas vrai ? Pas déjà !

Il lui semblait entendre quelque chose. Comme des tambours. Ou une armée en marche. Ou la mer pendant une tempête.

« BOUGE-TOI ! » lui intima avec force une voix inconnue –sa conscience, sûrement.

Mais bouger, il en était incapable, rendu incrédule par ce qu'il se passait sous ses yeux.

Quelque chose s'était détaché de Caelan, une chose d'infiniment brillant. « Son âme ? » Et cette chose fonça vers le démon… Il y eut un bruit mat quand ses quatre bras tombèrent à terre. Il y en eut un autre lorsque son torse tomba à son tour, hurlant de douleur, vouant le guerrier aux gémonies.

Les tambours augmentaient le tempo.

Les arbres de la forêt se courbèrent sous l'effet d'un vent inexistant, le ciel vira au noir ; les seules lumières étaient la licorne, et le corps de son ami.

Le son des tambours devint continu.

Puis tout se troubla, semblant se rassembler au-dessus de la clairière ; et la puissance rassemblée fondit sur l'Ethreint, qui tomba en poussière, emportant ses épées avec lui dans le gouffre de la mort.

Alors, le monde redevint normal.

La licorne se releva et s'approcha de Caelan. Elle baissa la tête, toucha son visage du bout du museau, puis releva la tête vers Medwyn.

« Je reviendrai chercher Harry Potter quand il sera soigné. »

L'incrédulité frappa Medwyn.

« Soit elle se trompe, soit elle ment… »

Et c'est alors qu'il se rappela que les licornes étaient bien trop intelligentes pour se tromper, et bien trop pures pour le mensonge…

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Hi Hi Hi !

Vous avez à présent compris pourquoi Medwyn dit ça au début du chapitre.

Mmmmmhhhh, prochain chapitre - chez les elfes ! Rencontre de la cousine de Medwyn (bah oui, quoi !), et si j'ai vraiment envie de faire long (pas comme là, quoi), et bah : formation d'un truc-dont-il-faut-que-je-définisse-le-nom.

Merci beaucoup pour toutes les reviews. Je n'y réponds pas, parce que je suis une grosse flemmarde et une méchante mdr

(La partie grosse flemmarde est vraie.)

Merci à Panthere et Lilya pour m'avoir boosté.

Et désolée pour le retard, j'ai été longue, et le serais sûrement encore. J'ai pas d'excuses, autrement que celle que j'écris présentement un roman qui me bouffe heure sur heure, que je fais autre chose (je lis, je dessine, je flemmarde) et que j'ai aussi une famille qui mérite qu'on s'occupe d'elle, et une école qui (ne) mérite (pas) qu'on s'en préoccupe.

Bizzz

Ptronille

Bon, je ferais pas de meurtre cette fois parce que je suis une gentille fille, mais franchement tu le mériterais ! C'est un peu méchant et sadique une fin comme ça… Je reconnais la Sether qui dort en toi ! XD

Allez, courge ma belle ! Continue tu peux le faire !

Biz JTDDDDD

Lilya