Suite dédicacée à VLU, parce que je sais combien elle aime Carsonichou ...


- Bonjour Halling, dit John en tendant la main à l'Athosien qui était venu à leur encontre.

Halling fronça les sourcils, se demandant un moment ce que signifiait la main tendue du Terrien puis sourit et, se rappelant visiblement la coutume terrienne, serra la main du Colonel tout en le saluant de la tête.

- Bonjour Colonel Sheppard. Nous sommes heureux d'apprendre que votre mission a été couronnée de succès.

- Merci Halling. Yep, nous avons --

Il fut interrompu par des cris et les deux hommes tournèrent la tête vers le brouhaha provenant du campement. Plusieurs Athosiens, dont un adolescent, vinrent à leur rencontre.

- Halling ! Garwin …. Garwin a disparu ! Annonça l'un des Athosiens.

- Que s'est-il passé Tarell ? Demanda Halling.

Tarell désigna l'adolescent de la main.

- Garwin et Kaliac ont voulu voir l'étoile … Kaliac est revenu mais pas Garwin.

- Un problème Halling, demanda John.

Halling soupira. Il posa sa main sur l'épaule de Kaliac. L'adolescent avait les yeux rougis par les larmes.

- Je crains que l'un de nos enfants n'ait voulu jouer aux … scientifiques. Garwin est un jeune homme curieux de tout, il aime partir en exploration.

- « La science ? Après tout, qu'est-elle, sinon une longue et systématique curiosité », déclama Rodney.

Halling et John tournèrent la tête vers lui. Halling semblait gêné quant à John, il jeta un regard noir à Rodney.

- Euh, André Maurois … Je veux dire ce n'est pas de moi, mais de lui … Maurois.

Halling hocha la tête et sourit maladroitement à Rodney avant de se tourner à nouveau vers John.

- Je dois vous laisser. Je dois annoncer la nouvelle de la disparition de Garwin à sa mère.

- Je … je suis sûr que Gershwin va bien, lança Rodney à Halling qui se retourna et lui fit une petit signe de la tête avant de rejoindre le campement accompagné de Tarell et de Kaliac.

John fixait toujours Rodney, les bras croisés sur la poitrine.

- Quoi ! Lâcha Rodney, agacé.

- Toujours aussi sensible, hein McKay.

Rodney leva les yeux au ciel et se replongea dans la lecture de son LSD.

- La curiosité est ce qui fait progresser la science, Colonel. Ce Gershwin a --

- Garwin.

- Quoi ?

-Garwin, le prénom du gamin est Garwin, pas Gershwin.

- Oh.

- Oui, oh.

John porta la main à son communicateur radio.

- Lorne ?

//Oui, Colonel.//Répondit le Major Lorne.

- Notre mission a légèrement évolué.

//Evolué, Colonel ?//

- Un jeune athosien a disparu, probablement non loin du site du crash de notre météorite. Il est notre priorité (John leva la main pour stopper les récriminations qu'il pouvait sentir venir de McKay).

//Compris. Est-ce que je dois prévenir Atlantis pour qu'ils envoient un autre Jumper avec une équipe médicale ?//

- Hum, oui, on ne sait jamais.


Rodney boudait. C'en était presque risible. John sourit en surveillant du coin de l'œil l'astrophysicien qui grommelait dans sa barbe tout en effectuant des réglages sur son LSD. John plaignait l'équipe scientifique qui les accompagnait : avec un Rodney d'humeur normale, leur vie n'était déjà pas facile mais avec un McKay grognon …

John connaissait bien Rodney. Il savait très bien que le scientifique voulait lui aussi retrouver ce gamin en vie et comprenait fort bien que la vie d'un enfant était plus importante que n'importe quelle découverte scientifique mais c'était juste plus fort que lui, il fallait qu'il joue les Père Fouettard.

Halling et trois autres Athosiens les avaient rejoints dans leurs recherches. Ils avaient la description du gamin : 17 ans, de taille moyenne, cheveux roux, yeux bleus, vêtu d'une veste verte et de bottes marrons.

- Aha ! Fit soudainement McKay qui accéléra le pas et disparut dans le feuillage dense autour d'eux.

- MCKAY ! Nondenon … grogna John qui se lança à la poursuite de son exaspérant coéquipier.

Ce type était tout simplement INCROYABLE …. Et pas dans le bon sens du terme ! Il pouvait passer des heures à marcher dans une forêt à sursauter aux moindres bruits suspects (c'est-à-dire dès que le vent soufflait un peu trop fort ou qu'il marchait sur une feuille morte !) mais BING ! dès qu'il s'agissait de technologie, il se transformait en une sorte de Chevalier téméraire, sans peur certes mais surtout sans aucun instinct de survie, bon sang !

John rattrapa rapidement Rodney. L'astrophysicien se tenait, un large sourire aux lèvres, au bord d'un cratère encore fumant.

- Nous l'avons trouvé ! Annonça McKay.

- Et nous avons aussi trouvé le malheureux Garwin, ajouta Lorne qui les avait suivis.

John et Rodney se tournèrent vers lui.

Le Major était agenouillé près d'un corps.

Des cheveux roux, des yeux bleus tournés vers le ciel, une veste verte et des bottes marron. Tout collait avec la description de Garwin, tout sauf un petit détail …

Le corps appartenait à un homme qui semblait être âgé de 97 ans et non de 17.


Carson soupira en se relevant. Il fit un signe de la tête à l'infirmier qui recouvrit le corps de Garwin.

- Quel est votre verdict Doc ? Wraith ? Lui demanda John.

Carson secoua la tête.

- Non, je ne pense pas … il n'y a aucune marque sur la poitrine. J'ai fais quelques prélèvements. Si je trouve des traces d'Enzyme Wraith nous serons fixés.

- Des wraiths … Rodney frissonna et se rapprocha instinctivement de Sheppard. Peut-être qu'un Dard s'est crashé près d'ici lors du siège d'Atlantis ?

John hocha la tête. Oui, c'était plausible.

- Mais pourquoi aurait-il attendu aussi longtemps pour attaquer les Athosiens ?

- Dois-je vous rappeler notre petite aventure avec Robinson Crusoé version Pégasienne, il y a deux ans ? Ce wraith avait survécu près de 10 000 ans ! Celui-ci a du attendre jusqu'à ce que … et bien, jusqu'à ce que la faim le fasse sortir du bois. Sans vouloir faire de vilain jeu de mots.

Rodney jetait des regards effrayés autour de lui, s'attendant certainement à ce qu'à tout moment, un wraith furieux et affamé, ne se jette sur eux. Et John ne pouvait pas lui en vouloir … ces foutus vampires intergalactiques lui fichaient lui aussi une sacrée trouille.

- John, annonça Carson, je vais accompagner Halling au campement avec le corps de ce malheureux gamin. Je rentrerai tout de suite après pour étudier les prélèvements.

John hocha la tête.

- Lorne va vous accompagner, c'est plus prudent.

- Merci John, répondit Carson, je dois dire que l'idée d'un wraith en liberté dans les parages n'est pas des plus rassurante et je --

- OUCH ! Aaaaaargh ...

John et Carson tournèrent immédiatement la tête en direction du cri. Ils découvrirent un Rodney McKay sur les fesses, à l'intérieur du cratère, se tenant la cheville, une grimace de douleur sur le visage. Carson descendit la paroi et fut à ses côtés en un instant.

- Bloody Hell ! Rodney, vous ne pouvez pas faire un peu plus attention à l'endroit où vous posez les pieds ? Vous êtes pire qu'un gamin qui vient d'entendre la cloche de la récréation sonner. Laissez moi voir ça …

Dents serrées contre la douleur, Rodney parvint néanmoins à répliquer sur un ton grinçant.

- La cloche ? Et encore une confirmation du caractère complètement arriéré d'une certaine partie du globe, pour ne pas la nommée, l'Europe et plus précisément – AAAAAAAAARRRRRRGHHH !

- Hum, marmonna Carson qui, ignorant comme il en avait l'habitude les insultes de Rodney, palpait la cheville de ce dernier. Je ne pense pas que ce soit cassé mais il n'y a qu'une seule manière de s'en assurer, n'est-ce pas ?

- Quoi ? Grogna Rodney.

- Vous rentrez avec moi sur Atlantis et hop, sous ce scanner ancien que vous aimez tant.

- Que j'aime … mais de quoi est-ce que vous parlez ? Vous avez perdu le peu qui vous restait de neurones ou quoi ?

Carson qui s'était agenouillé près du canadien se releva. Il lança un regard noir à Rodney.

- Vraiment, pour passer autant de temps dans mon infirmerie, il faut bien qu'il y ait une raison, non ? Colonel, vous me donnez un coup de main. Je crois que nous allons avoir deux personnes à rapatrier vers le campement.

- Pas de problème Doc. Mais ne croyez pas que vous vous en sortirez comme ça McKay. C'est la seconde fois que vous agissez sans attendre mes ordres en moins d'une heure.

Les deux hommes fixaient Rodney, bras croisés sur leur poitrine. Rodney les dévisagea tour à tour, yeux écarquillés et bouche grande ouverte.

Wow, pensa John, Rodney Mckay réduit au silence. Impressionnant.

Un doigt se leva et fut pointé d'abord dans la direction de John …

- Vous ! Pour mémoire, puisqu'il semblerait que ce qui vous serve de cheveux agisse comme un trou noir et absorbe toutes les informations qui lui sont fournies : JE NE SUIS PAS UN MILITAIRE, id est, je n'ai pas à suivre vos ridicules ordres !

… puis de Carson.

- Quant à vous ! Ah ! Est-ce que de la laine m'a poussé sur le dos sans que je m'en sois rendu compte ? Non, n'est-ce pas ? Alors qu'est-ce qui vous fais croire que J'AIME être dans votre infirmerie … Et j'utilise le mot avec largesse.

Carson et John échangèrent un regard entendu. Leur petit génie tenait la grande forme.

- De toute manière, grogna Rodney qui se releva en s'aidant des racines d'arbres qui bordaient l'intérieur du cratère. J'ai des recherches à mener. Puisque vous êtes médecin, faites donc votre boulot que je puisse retourner travailler tranquillem-- Aaaaaaaaaaaaaaaaaah !

- RODNEY !

- MCKAY !

Cette fois, Rodney avait glissé au fond du cratère. Sa cheville avait tout simplement lâché sous lui et il avait fait un joli roulé-boulé. Carson et John le rejoignirent rapidement.

- Rodney, est-ce que ça va ? Demanda Carson.

Rodney était allongé sur le côté et se tenait une fois encore la cheville.

- D'après vous ? Grogna t-il. J'avais mes doutes avec Kavanaugh sur le fait que personne ne vérifie la véracité des diplômes cités dans les curriculum vitae au SGC, mais là j'ai la preuve ultime …

Carson secoua la tête, sourit à son ami et l'aida à s'asseoir.

- Et dire que je croyais que vous étiez juste un astrophysicien, il semblerait que vous nous ayez caché vos talents de gymnaste, le taquina t-il. C'était une jolie roulade.

- Yep, un 10 sur 10, ajouta John, une véritable petite Nadia Comaneci et -- hey, qu'est-ce que c'est que ça ?

Le « Ca » en question se trouvait à quelques centimètres de Rodney. John tendit la main vers l'objet et le toucha. Froid. Curieux …

Bien évidemment, Rodney lui arracha pratiquement l'objet des mains et se mit à le regarder sous toutes les coutures. Ce qui fut une observation plutôt rapide puisqu'il s'agissait d'un simple cube.

- Hum, dit juste Rodney.

Carson fronça les sourcils.

- Ce pourrait-il que ce cube soit à l'origine de cette fameuse fumée rose ? Demanda t-il.

Rodney ne répondit pas, toute son attention sur le cube. Il fronça les sourcils et se tourna vers John en lui tendant l'étrange objet.

- Essayez de l'activer, lui commanda t-il.

John s'exécuta (non sans avoir lever les yeux au ciel : McKay n'aimait pas recevoir d'ordre mais aimait en donner avec tout le charme d'un sergent instructeur).

Rien. Il pensa « allume toi ! », « on ! », et même « Sésame ! » mais le résultat était toujours le même : un cube froid et inerte. Il rendit l'objet à un Rodney visiblement dépité.

- Hum, réitéra ce dernier en examinant le cube.

- Euh, Doc, vous êtes certain qu'il ne s'est pas aussi fait mal à la tête, parce que des phrases monosyllabique, c'est très … nonrodnesque.

Cette fois, ce fut à Carson de lever les yeux au ciel.

- Aidez moi plutôt à le relever.

Clopin-clopant, ils parvinrent à remonter les parois du cratère et à rejoindre l'équipe du Major Lorne.


Une fois à bord du Jumper, Carson avait hésité à ôter la chaussure de Rodney. D'un autre côté, ici ou dans l'infirmerie ne changeait pas grand-chose au fait qu'il allait tôt ou tard devoir le faire. Le tout c'était de distraire Rodney suffisamment longtemps pour lui permettre d'opérer rapidement. Carson se demandait parfois s'il n'était pas pédiatre, surtout lorsqu'il s'occupait de l'équipe du Colonel Sheppard. Du moins de ses membres masculins. Pire que des gosses ces trois là ! Et présentement, en guise de sucette destinée à éviter les cris et les pleurs, le plus gros bébé des trois jouait avec cet étrange cube … parfait. Carson qui avait desserré les lacets de la chaussure de Rodney en profita pour soulever la cheville et --

- Aaaaaah ! Mais qu'est-ce qui vous prend Carson ? Vous voulez m'amputer ou quoi ?

Opération Baby McKay réussie.

Ils avaient laissé l'équipe scientifique en compagnie du Major Lorne en fin de compte puis ils avaient ramené le corps de Garwin et joint Teyla par radio. Elle se rendrait sur le Continent pour aider à la cérémonie funéraire. Si tôt après la mort de Charrin, pauvre Teyla. Carson secoua la tête d'un air triste.

- Tout va bien Doc ? Lança John du poste de pilotage.

- Tout va parfaitement bien, Colonel. Hum, Rodney, je crois que cette seconde chute a légèrement aggravé votre cheville mais toujours rien de cassé. Une bonne entorse, rien de plus. Vous pourrez galoper comme si de rien n'était dans une petite semaine.

- Galoper ?! Vous devez me confondre avec les moutons que vous avez -- Aaaaargh !!!

- Oh, désolé Rodney, fit Carson sur un ton pas particulièrement repentant tandis qu'il terminait de bander la cheville de l'astrophysicien.

Hey ! Même le serment d'Hippocrate avait ses limites. D'ailleurs, s'il avait connu Rodney, pas sûr qu'Hippocrate serait resté médecin, pensa Carson.


Elle sentait qu'elle perdait ses forces. Il avait pourtant été jeune … mais cela n'avait pas été suffisant, pas après toutes ces années. Il fallait qu'elle agisse et vite sinon --

C'est à ce moment là qu'elle le sentit …

Il était différent des autres. Juste de simples humains, les descendants de ces pauvres mortels que les Anciens avaient aider à répandre dans toute la galaxie, avant de les abandonner à leur sort.

Il était un des leurs. Un Ancien … ou ce qui en était le plus approchant.

Elle sentait la force qui émanait de lui et se était attirée par elle, un peu comme ses insectes attirés par la lumière. Et elle languissait de pouvoir se brûler à sa chaleur …

Il lui fallait sa force.

Le petit filet de fumée rose ondula jusqu'au vaisseau atlante et se glissa à l'intérieur juste au moment où la porte se refermait.


- Allez hop Rodney venez vous asseoir, dit Carson en indiquant la chaise roulante que les infirmiers avaient amenée dans le hangar à Jumper.

- Hop ? Est-ce que c'est le terme médical ? Se plaignit Rodney qui s'installa néanmoins dans la chaise aidé par un infirmier et Carson.

- Rodney … plus vite nous nous rendrons à l'infirmerie, plus vite je pourrais confirmer mon diagnostic concernant votre cheville, et plus vite vous pourrez vous amusez avec votre nouveau jouet.

- Carson, cet objet a été retrouvé au beau milieu du cratère formé par la chute d'une météorite ! Ce n'est pas un jouet, c'est … c'est …

- Humoui, c'est quoi ? Demanda Carson qui avait pris les commandes de la chaise et se dirigea vers le transporteur le plus proche.

- Et bien je ne le sais pas … encore, grommela son patient.

- Messieurs, j'ai été ravi de faire le taxi, ou plutôt l'ambulancier, les interrompit John, mais le devoir m'appelle : je dois faire le débriefing de notre macabre découverte à Elisabeth et à Caldwell.

- Macabre ? Pourquoi macabre ? Nous ne savons même pas ce que c'est ! S'insurgea Rodney.

- Rodney, soupira John, je parlais de la découverte du corps de ce pauvre gamin.

- Oh. Oui, oui, bien sûr.

Au moins, le canadien avait-il un air contrit.

- Doc, je maintiens que la tête a aussi reçu un choc, lança John à l'attention de Carson.

- Hey, j'ai entendu ça ! Répliqua Rodney de son fauteuil.

- A tout à l'heure Rodney, lui répondit John, et ne faites pas pleurer les infirmières cette fois !

Les portes du transporteur se refermèrent empêchant John d'entendre la réponse, certainement pas très aimable, de Rodney.


C'était frustrant … le sentir si près d'elle, et être incapable de faire quoique ce soit !

Si elle avait pu prendre forme humaine, elle aurait certainement tapé du pied comme une petite fille trop gâté à qui l'on refuse un jouet.

Et quel charmant jouet il allait faire, en effet.

Elle n'était généralement pas très « regardante » : du moment qu'il s'acquittait de leur rôle de « batterie », elle ne demandait pas grand chose aux hommes qu'elle choisissait mais parfois, parfois il lui arrivait de joindre l'utile à l'agréable.

Elle l'avait observé dans le vaisseau. Elle aimait sa voix, un tantinet traînante, plutôt sexy, ses yeux verts – ou était-ce noisette ? – ses lèvres sensuelles et pleines. Son nom l'avait un peu déçu. John. Cela semblait banal, un nom trop court pour porter la moindre noblesse. Un de ces derniers amants, un général, juste avant qu'elle ne s'élève, avait porté un nom digne d'elle : Hippaforalkus (5). Voilà un nom qui avait de la classe … et le général n'avait pas été trop mal non plus.

Elle l'avait avec regret suivi des yeux lorsqu'il avait quitté le hangar.

Il lui fallait se rassasier maintenant … et justement, deux spécimens se dirigeaient vers le vaisseau.


- Bonsoir Colonel, clamèrent en cœur les deux techniciens chargés de s'occuper des Jumper après leur sortie. Il les salua rapidement et sortit du hangar.


- Et bah, pour une fois que Sheppard et son équipe nous le ramène en un seul morceau, dit l'un des techniciens en entrant dans le jumper.

- Ouais, un record ! Hey, j'ai reçu la dernière version de WorldCraft, ça te dit une partie ce soir ?

- No problem mon pote. Ca tombe bien, j'ai un litre de la liqueur spéciale du docteur Zelenka. Je lui ai échangé contre deux paquets de Twix.

- J'ai entendu dire qu'il utilisait les barres chocolatées qu'il troquait contre sa petite concoction maison pour amadouer McKay.

- Bah, vu le gabarit du monstre à « amadouer », il va falloir qu'il en distille quelques tonneaux de sa fameuse liqueur !

Les deux hommes éclatèrent de rire et se mirent au travail. Aucun d'eux ne remarqua le petit nuage rose se former derrière eux.


Le docteur Zelenka sifflotait en entrant dans le hangar à Jumper pour son inspection quotidienne. Il prit sans même y réfléchir la direction du Jumper que l'équipe de Sheppard venait d'utiliser.

Il aimait les journées qui se terminaient sur une bonne nouvelle. Et c'était exactement ce qu'il venait de recevoir, une très, très bonne nouvelle.

Carson l'avait appelé pour lui dire que Rodney serait au repos forcé pour une dizaine de jours. Mauvaise entorse … Pauvre, pauvre Rodney. Et heureux, très heureux Radek !

Ce n'était pas qu'il n'aimait pas Rodney. Non. Il appréciait sincèrement le canadien. Après tout, il lui avait sauvé la vie lorsqu'il avait été électrifié dans ce couloir.

Radek frissonna au souvenir de cet évènement.

Humpf, oui, il l'avait sauvé mais après avoir été responsable de la dite électrocution. Cet hlupàk ! Mais juste après, alors que Rodney avait su qu'il allait mourir, ce qu'il lui avait dit l'avait touché. Oui, il aimait bien Rodney … mais cela n'empêchait pas que savoir qu'il allait disposer d'une semaine de paix et de tranquillité dans le labo était une excellente nouvelle, maintenant s'il pouvait trouver le moyen de se débarrasser aussi de Kavanaugh, il --

- Aaaaaargh ! Fit-il en s'écroulant de tout son long sur le sol du Jumper.

Sur quoi, avait-il donc buté ? Il rehaussa ses lunettes et poussa un autre cri en découvrant ce qui était responsable de sa chute.


Le docteur Biro releva ses lunettes sur son nez puis fit un signe aux infirmiers. Les deux hommes placèrent l'un après l'autre, les cadavres des malheureux techniciens dans un sac qu'ils posèrent sur une civière avant de rejoindre le transporteur.

- J'en saurai un peu plus après l'autopsie, annonça Biro avant de rejoindre les infirmiers. Je vous contacte dès que j'ai du nouveau.

Caldwell, John et Elisabeth se trouvaient autour du Jumper, lequel était présentement emplis de techniciens cherchant un quelconque indice sur ce qui était arrivé.

- Et vous dites que les corps ont la même apparence que celui de cet athosien ? Demanda Caldwell.

John hocha la tête.

- Affirmatif. Aucune trace sur la poitrine mais cette même apparence squelettique, comme s'ils avaient vieilli prématurément.

- Lewis avait 27 ans, et je crois qu'Akoué venait de fêter son 25ème anniversaire chez lui, au Caméroun, murmura Elisabeth encore sous le choc de la macabre découverte.

- Hum, l'explication la plus plausible à leur mort reste un wraith. Je pense qu'il serait bon de passer en alerte orange, répondit Caldwell.

- J'ai déjà donné l'ordre, répondit Sheppard. J'ai aussi demandé à l'équipe de Lorne de revenir sur Atlantis immédiatement. Teyla veut rester là-bas, pour les funérailles de Garwin. Ronon est avec elle.

- Parfait, répondit sèchement Caldwell, tenez moi au courant.

- Bien entendu Monsieur.

Caldwell prit congé, laissant John et Elisabeth seuls.

- C'est moi ou j'ai la désagréable impression qu'il cherche toujours à me piéger ? Demanda John sur un ton faussement dégagé.

Elisabeth lui sourit.

- John vous êtes le commandant militaire de cette base et tout ce que vous avez accompli est la preuve que la confiance que StarGate Commande a placé en vous est méritée.

Ce fut au tour de John de sourire à Elisabeth.

- Il faudrait peut-être le lui dire … il n'a manifestement pas reçu le mémo.

Il y eut un moment de silence.

- John est-ce que vous pensez vraiment qu'un wraith a pu s'infiltrer dans la Cité ?

- Je l'ignore Elisabeth, je l'ignore … allez, je vous raccompagne à vos quartiers.

- Oh, et que me vaut cet honneur ?

- La couleur de notre niveau d'alerte … orange, ce qui, si vous avez lu notre manuel de procédure d'urgence signifie qu'aucun civil ne doit se promener seul. Faites moi d'ailleurs penser à avoir une petite discussion avec un astrophysicien de notre connaissance à ce propos.

- Un problème avec Rodney ?

- Il semble être à nouveau dans sa période « je n'en fais qu'à ma tête ».

- Je vous fais confiance pour le ramener dans le droit chemin.

- A vos ordres Madame !

Ils sortirent du hangar, inconscients du regard qui s'attardaient sur eux. Un regard traversé d'un éclair rose.

A suivre

(5) Rappelez vous, c'est le général qui a donné son nom au vaisseau ancien découvert dans l'épisode Inferno, 219 et rebaptisé Orion par Sheppard.