Un très grand merci à Yam115 pour son défi : cela faisait un moment que je n'avais pas pris un tel plaisir à écrire sur SGA !
Rodney entra en clopinant dans le laboratoire. Avec un peu de chance, sa petite « évasion » ne serait pas découverte avant un petit moment. Carson avait d'autres chats à fouetter …
Rodney frissonna.
Deux autres cadavres avaient été découverts. Sur Atlantis … et bien entendu, Caldwell avait déclaré l'état d'urgence !
Ils avaient un wraith en liberté sur les bras.
Sauf que ni Carson ni Biro ne pensaient qu'il s'agissait d'un wraith. Il n'y avait aucune marque sur la poitrine des victimes et Rodney avait clairement entendu Biro annoncer à Carson qu'elle n'avait trouvé aucune trace d'enzyme dans les corps de Lewis et d'Akoué.
Ce qui signifiait qu'ils avaient un gros, gros problème sur les bras.
Restait juste à identifier ledit problème et pour ça, Rodney avait besoin d'accéder à la banque de données d'Atlantis.
Rodney posa ses béquilles contre le bureau et s'installa à son poste de travail. Quelque chose de pointue lui perça les fesses.
- Ouch ! Qu'est-ce que --
Oh, le cube ! Il l'avait presque oublié ! Il l'avait fourré dans sa poche juste avant de fuir, euh, de sortir, de l'infirmerie.
Rodney posa l'objet sur son bureau.
Un cube, juste ça. Huuuuum …
Quelques heures plus tard, Rodney n'était pas plus avancé.
Il avait passé tous les tests possibles et imaginables (allant jusqu'à irradier le mystérieux objet) et rien. Impossible de voir ce qu'il avait dans le ventre … au sens littéral du terme.
Et Sheppard n'avait pas réussi à « l'allumer » ce qui signifiait qu'il ne s'agissait peut-être même pas d'un artefact Ancien.
Sans même y réfléchir, Rodney pensa « met toi en marche ! » en direction du cube.
Une lumière blanche éblouissante accompagna cette dernière pensée avant qu'il ne perde connaissance.
John était crevé. Trop de stress et pas assez de sommeil. L'histoire de sa vie depuis qu'il était arrivé sur Atlantis. Il sourit.
Pour rien au monde il ne changerait de vie !
Il tapota son oreiller et exhala lentement. Aaaaah, qui aurait cru que le nirvana c'était en fait des draps propres et un coussin moelleux ? Il ferma les yeux et laissa le bruit de l'océan qui filtrait par la fenêtre ouverte, le bercer …
Elle était magnifique.
De longs cheveux noirs cascadaient sur ses épaules, sa peau était cuivrée et il avait une irrépressible envie de la toucher. Elle lui souriait, à califourchon juste au dessus de lui. John tendit la main vers elle. Ses longs cheveux lui chatouillaient les joues. Il l'attira à lui.
Il l'embrassa et --
//Colonel Sheppard …//
John se releva brusquement dans son lit, en sueur. Génial, voilà qu'il se mettait à faire des rêves érotiques comme un adolescent en pleine crise de puberté !
//Colonel Sheppard, répondez.//
John tâtonna un moment sur sa table de chevet avant de trouver son communicateur. Il le passa derrière son oreille puis répondit d'une voix qu'il espérait ferme.
- Sheppard.
//Colonel, vous êtes attendu d'urgence à l'infirmerie, c'est le docteur Mckay.//
Aaaaaah, c'était mieux, beaucoup mieux …
Elle passa la main dans ses cheveux. Ils étaient toujours noirs mais leur tessiture avaient changé, ils étaient moins crépus, plus lisses ; c'était pareil pour la couleur de sa peau, beaucoup plus claire. Ses yeux ne tarderaient pas à virer au vert, un joli vert pailleté.
Et son petit « puit d'énergie » du moment n'avait même pas perdu de son attrait.
Oui, décidément, utiliser l'un des siens avait toujours été plus efficace que ces mortels.
Les humains étaient trop fragiles, une seule nuit d'amour et pouf ! il n'en restait plus rien, si ce n'est un petit tas d'os. Mais elle devait bien avouer que ce qu'il manquait en qualité, il le rattrapait en quantité.
Ses congénères n'étaient plus qu'un souvenir dans l'imaginaire collectif des peuples de la galaxie de Pégase mais ici, elle avait senti la présence de leurs descendants.
De forts mignons descendants ma foi …
Lorsqu'elle aurait drainé toute l'énergie de John, elle passerait à un autre.
Ce Carson avait l'air tout à fait comestible, se dit-elle en quittant sa forme humaine. Et son nom sonnait de manière bien plus originale.
Sa sortie par la fenêtre n'eut pour témoins que les oiseaux de mer d'Atlantica.
- Où est-il ! Hurla John en entrant en trombe dans l'infirmerie.
- John ! s'exclama Elisabeth. Ce n'est pas ce que vous croyez …
Elle posa une main rassurante sur son épaule et se tourna vers Zelenka qui se trouvait là lui aussi. Radek fit une petite grimace.
- Je l'ai trouvé inconscient dans son labo … il tenait ça dans les mains.
L'ingénieur tchèque tendit le cube qu'ils avaient trouvé dans le cratère à John. John fixa un moment l'objet qui se trouvait dans sa paume comme s'il ignorait de quoi il s'agissait.
- Dans son labo … Mais je croyais qu'il devait passer la nuit à l'infirmerie ? Demanda t-il.
- C'est aussi ce que je croyais, fit une voix à l'accent écossais inimitable derrière eux.
Carson se débarrassa de ses gants en latex dans un des containers qui se trouvait juste derrière la salle d'examen et soupira.
- Carson ! Comment va-t-il ? Demanda Elisabeth.
Carson secoua la tête.
- Franchement, je ne sais pas Elisabeth. Il est dans le coma mais j'ignore quelle en est la cause. Il n'a aucune blessure apparente, aucun trauma n'apparaît sur nos scans. Il n'y a absolument aucune raison médicale expliquant son état.
Elisabeth se tourna vers Radek et désigna de la tête le cube que John avait toujours dans les mains.
- Docteur Zelenka, nous devons en savoir plus sur cet objet.
John tendit le cube à l'ingénieur.
- Je m'y mets tout de suite Docteur Weir, lui répondit Radek qui sortit de l'infirmerie en emportant le cube.
- Carson, est-ce que … est-ce que nous pouvons le voir ? Demanda Elisabeth.
Carson lui adressa un petit sourire triste.
- Oui, bien sûr.
Elisabeth s'était assise près du lit de Rodney et tenait sa main dans la sienne. John lui, était resté debout.
Il ne parvenait pas à croire que l'homme qui était allongé sur le lit en face de lui était Rodney. Le Rodney McKay qu'il connaissait n'était jamais immobile. Lorsqu'ils passaient la nuit sur une des planètes qu'ils exploraient, John dormait en sa compagnie et manifestement, Rodney continuait dans son sommeil à travailler : il grommelait tout haut (la plupart du temps des phrases inintelligibles, ce qui était fort dommage puisque cela ne fournissait à John aucun matériel pour un peu de chantage …), se redressait parfois soudainement, comme un de ces diables montés sur ressort, pour débiter une formule mathématique sibylline (et tout aussi inutile que les grommellements d'après John). Après ça, le grand Rodney McKay se réveillait frais comme un gardon alors que John portait sous les yeux les traces de ces nuits agitées (et c'était lui qui avait droit à des petites piques du genre « que faites vous donc de vos nuits, Colonel ? Encore une Bimbo intergalactique à satisfaire, hum ? »).
- 500 pages, dit soudain Elisabeth, rompant le silence pesant qui régnait dans la pièce.
John haussa les sourcils : de quoi voulait-elle donc parler ?
Elisabeth, continua à parler, sans lever les yeux, tenant toujours la main de Rodney dans la sienne.
- Il a écris un livre sur moi … tout ce que j'ai apporté à Atlantis, les réalisations de toute une vie, de toute ma vie … en 500 pages.
Elle laissa échapper un petit rire triste.
- Et bien entendu, il y a le chapitre 10 … le fameux chapitre 10 (6).
John hocha juste la tête. Il ignorait de quoi parlait Elisabeth mais c'était manifestement quelque chose d'important, quelque chose entre Rodney et elle.
- Je … je vais voir si l'équipe de Radek a progressé, dit Elisabeth. Elle se leva, reposant gentiment la main de Rodney sur sa poitrine et sortit de l'infirmerie.
John se retrouva seul avec Rodney. Il soupira et prit la place d'Elisabeth.
- Bon sang, Rodney, dans quel pétrin est-ce que vous vous êtes encore fourré ? Murmura t-il à la forme immobile sur le lit.
Rodney reposa la carte du menu sur la table devant lui avec un smack sonore. Cela faisait une éternité qu'il était là et bien entendu, pas une seule serveuse à l'horizon ! Déplorable … mais au combien typique de tous les routiers américains. Et en plus, celui-ci semblait tout droit sorti d'un de ces vieux nanars des années 50, jusqu'au Jukebox dans le coin, aux chromes rutilants.
Rodney soupira. Bruyamment.
Toujours aucune serveuse. Et il avait faim. Et soif. D'ailleurs, c'était certainement l'approche d'une crise hypoglycémique qui l'avait poussé à entrer dans ce bouiboui. Il avait déjà dit des dizaines de fois à Sheppard qu'il détestait -- Et tiens, en parlant du loup, où était donc ce fichu fils d'Oncle Sam ? Après tout, s'il était là, assis, à dépérir, c'était à cause du Colonel América. Il devait, une fois encore, s'être trompé de route et ils avaient échoué dans ce minable petit resto. Ce type avait le sens de l'orientation d'une huître ! Comment il avait réussi à entrer dans l'Air Force, ça, c'était un mystère pour Rodney.
Parce que franchement, comment pouvait-on se perdre dans le Nevada en cherchant La ville de Las Végas ?! VEGAS !!! La ville dont les lumières ne s'éteignent jamais. Mais non, ils s'étaient perdus, rectification, SHEPPARD s'était perdu, et ils avaient atterri là et --
Rodney fronça les sourcils.
Huhu, forcément, ce devait être la faute à Sheppard sauf que … sauf que Rodney ne se rappelait pas avoir pris la voiture avec lui. En fait il --
- Bonsoir, qu'est-ce que je peux vous servir ? Fit une voix enjouée juste à côté de lui.
Un homme d'une trentaine d'années se tenait là, un ridicule tablier blanc ceint autour des reins. Le genre avec de la dentelle sur les bords. Et un badge agrafé sur sa poitrine où on pouvait lire « Stagiaire ». Bah, voyons, voilà qui expliquait bien des choses !
Rodney lui jeta un regard noir, se saisit de la carte (qu'il ouvrit volontairement en la faisant claquer brusquement) et déclama.
- Un café noir, des œufs brouillés, du bacon et du Cheddar.
Puis il tendit la carte au serveur. Ce dernier s'éloigna, tout sourire, après avoir rengainé son petit calepin.
- Oh, et un jus d'ananas ! Lui cria Rodney.
Le serveur se tourna vers lui et hocha la tête.
- Frais le jus de fruit !
Un nouveau signe de tête et le serveur disparut dans la cuisine.
Humpf, au moins il lui avait ôté cet agaçant sourire du visage. Comme si l'incompétence pouvait se cacher derrière un beau sou--
- Voilà !
- Que … Quoi ?!!!
Le serveur venait de déposer sa commande devant Rodney
- Quoi, quoi ? C'est bien que ce que vous avez commandé, non ?
Il sortit son petit calepin et déclama, sur le même ton qu'avait employé Rodney pour passer sa commande :
- Café noir, œufs brouillés, bacon et Cheddar.
Il examina les plats qu'il venait de poser sur la table
- Humoui, on dirait que tout y est. Jusqu'au jus d'ananas frais.
- Mais … mais … comment avez-vous fait pour … pour aller si vite, c'est …
- Personnellement, j'ai une petite préférence pour les frites, les frites françaises, juteuses et fondantes.
Et un plat de frites apparut à côté de la tasse de café de Rodney.
- Vous en voulez une ? Demanda le serveur qui grignotait une frite.
Rodney cligna des yeux, bouche ouverte, parfaite personnification d'un malheureux poisson maintenu hors de l'eau. Son regard fit le tour du petit routier. Plusieurs personnes se trouvaient là, chacune occupant un box. Seule.
Et c'est cette image qui, telle la proverbiale ampoule s'allumant au-dessus de la tête des personnages de dessin animé, fut une révélation.
- OhMonDieu, murmura t-il, vous … vous êtes un Ancien !
John s'était installé près du lit de Rodney, un exemplaire de Golf Magazine ouvert sur les genoux. Le même magazine qu'il avait essayé de lire pendant la petite séance improvisée de méditation pré-ascension qu'il avait eue avec Rodney quelques semaines auparavant. Curieusement, les articles sur le tournoi Lancôme avait perdu de leur attrait. Lorsqu'il avait eu la tâche d'aider Rodney à « faire la paix avec lui-même » pour lui permettre d'atteindre le repos spirituel nécessaire à l'accomplissement de l'ascension, il fallait bien que John avoue qu'il n'avait guère pris au sérieux son rôle de coach (il avait dévalisé Teyla, lui empruntant toutes ses bougies mais son investissement s'était arrêté là). Mais il ne comptait pas refaire cette erreur.
Cette fois, il serait là pour Rodney, vraiment là.
Carson leur avait dit que parler à quelqu'un dans son état était important de manière à stimuler … euh, John ne se rappelait plus quoi. Pas grave, l'important, c'était qu'il était là.
Il se trémoussa sur sa chaise.
Ouais, il était là, mais franchement, est-ce que Carson ne pourrait pas faire un petit effort pour équiper ses salles de chaises dignes de ce nom ? Non, parce que franchement, attendre que votre meilleur ami veuille bien daigner ouvrir un œil et regagner le monde des vivants, c'était déjà assez difficile comme ça, alors le faire avec les fesses en compote !
John soupira. Au moins, le coma de Rodney avait été (si on pouvait dire ça) la seule mauvaise nouvelle de la journée. Aucun autre corps momifié n'avait été retrouvé.
Le moniteur cardiaque auquel Rodney était relié émit un bipbip irrégulier interrompant les pensées de John qui fut sur ses pieds en un instant. Le canadien était–il enfin en train de se réveiller ?
- Rodney ?
Le moniteur se calma. John soupira à nouveau et retomba lourdement sur sa chaise.
Ok, temps de faire un peu de lecture.
John posa son magazine sur la table de chevet et prit l'épais manuscrit qui se trouvait là.
- « Technologies Asgard et terrienne : une symbiose réussie », lut John à voix haute. Hum, tout un programme, hein ? Et vous savez qui a écrit ce petit chef-d'œuvre McKay ? Continua John. L'autre grand cerveau de nos deux jolies galaxies réunies, j'ai nommé, le Colonel Samantha Carter.
John fit jouer ses sourcils d'un air entendu. Malheureusement, la forme sur le lit ne bougea pas d'un pouce. John poussa un énième soupir et commença sa lecture.
Rodney, qui était passé de la personnification du poisson à celui de la pauvre chouette, fixait l'homme devant lui. Non, pas un homme, un Ancien. Il se retrouvait comme Daniel Jackson (7) entre les mains de -- Minute, s'il était en compagnie d'Anciens, cela voulait dire que …
- Ooooooh non. Je suis mort … grogna t-il, yeux fermés et front posé sur la table devant lui.
Le serveur fit la grimace.
- Euh, non, pas tout à fait …
Rodney, le front toujours sur la table, grogna à nouveau et maugréa.
- Je suis mort et un Ancien me baratine avec des énigmes pseudo ésotériques, génial, non vraiment, c'est génial.
- Docteur McKay, vous n'êtes pas mort, soupira le serveur.
Rodney releva la tête, tout sourire.
- Vraiment ? Wow, ça, c'est une bonne nouvelle, une excellente nouvelle même !
Le serveur eut une nouvelle grimace gênée.
- Mais, euh, ça ne veut pas dire que vous soyez en tip-top forme non plus.
Un nouveau grognement échappa à Rodney qui cette fois frappa la table de son front.
- Je le savais … parler à un Ancien, c'est comme croire que l'on peut tenir une conversation intelligente avec Kavanaugh.
Il releva la tête et foudroya l'homme du regard.
- Et d'ailleurs, où est cette satanée Oma Desala ?
Un éclair de tristesse passa dans le regard du serveur et Rodney regretta (presque …) sa question.
- Je suis Orlin (8), répondit l'Ancien. Oma est … était mon mentor.
Rodney fronça les sourcils. Il avait déjà entendu ce nom quelque part mais où ? Soudain, il s'en souvint : dans un des rapport de l'équipe SG1.
Orlin lui sourit en voyant que Rodney avait compris qui il était.
- Et oui docteur McKay, il semblerait que nous partagions la même passion pour … un Colonel de l'armée de l'air Américaine.
Rodney croisa les bras sur sa poitrine.
- Ok, très bien, si vous répondiez à mes questions, Don Juan. Et par pitié, sans les entourloupes verbales dont les vôtres sont si friands.
Orlin s'installa sur la chaise en face de Rodney.
- Très bien Docteur.
- Parfait, si nous commencions par le plus important, c'est-à-dire moi. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de « mort sans être mort » ?
Orlin resta un long moment silencieux, jouant avec une frite, avant de la gober.
- Vous jêtes chûr que vous ne voulez pas en goûter une ? Demanda t-il tout en mâchouillant.
Rodney se leva, furieux.
- Non, je ne veux pas de vos … frites ! Ce que je veux ce sont des réponses : qu'est-ce qui m'est arrivé ?
- Il se peut que vous euh, soyez dans le coma lui répondit Orlin.
Rodney retomba lourdement sur sa chaise.
- Coma ? Mais … mais comment est-ce que j'ai pu tomber dans le coma ? Je n'étais même pas en mission !
Toujours gêné, Orlin répondit avec un petit haussement d'épaule.
- Il se peut aussi que j'ai une petite part de responsabilité dans ce qui vous est arrivé.
Rodney fronça à nouveau les sourcils surpris par la réponse d'Orlin lorsqu'il comprit ce que l'Ancien voulait dire.
- VOUS ! C'est vous qui m'avez fait ça ! Vous … vous avez essayé de me tuer !
- Je suis désolé mais c'était la seule manière de vous amener ici.
- Oh, vraiment. Et vous pourriez être un peu plus spécifique sur le « ici » ?
- Vous pouvez voir cet endroit comme … comme une zone neutre. Vous savez que les Anciens ne peuvent interagir sur la vie ou les évènements touchant les humains au risque de perdre leur statut, mais ici c'est en quelque sorte possible.
- Je vois, et il faut absolument être mort pour avoir le plaisir de goûter à votre café ? Demanda Rodney sur un ton sarcastique.
- Mort, oui, ou mourrant … et vous êtes dans le second cas docteur McKay donc plus vite nous en venons au fait et plus vite vous avez une chance de rester en vie.
- Très encourageant marmonna Rodney. Ok, soupira t-il, je vous écoute : pourquoi avez-vous besoin de moi ?
- Vous devez m'aider à stopper quelqu'un.
- Stopper quelqu'un ? Comment ça stopper ? Et de qui s'agit-il ? Un Goau'ld a demi ascensionné comme Anubis ?
Orlin grimaça au nom d'Anubis.
- Non, pas un Goau'ld mais vous avez raison, elle est en quelque sorte « en partie » seulement une des nôtres.
- Elle ?
- Oui, c'est … c'est … Orlin soupira. C'est un peu compliqué.
Un autre regard noir de Rodney l'obligea à s'expliquer.
- L'Ascension peut parfois peser sur certains. Tous ne parviennent pas à faire le deuil de leur vie mortelle et de … ses plaisirs.
Rodney fronça les sourcils.
- Plaisirs ? De quels plaisirs est-ce que vous …
Il s'interrompit en voyant Orlin rougir.
- Oh non ! Il ne manquait plus que ça : une Ancienne mangeuse d'homme, grogna t-il.
- Euh, vous n'êtes malheureusement pas très loin de la vérité. Ceux qui ont suivi ce … chemin survivent dans les deux sphères, celle de l'Ascension et celle de la mortalité, en se nourrissant de la force vitale d'un être vivant.
Rodney pâlit en comprenant les implications de ce que venait de lui apprendre Orlin.
- Elle est sur Atlantis, murmura t-il. C'est elle qui a tué Cartridge et … et les deux techniciens.
- Garwin, le nom du jeune garçon était Garwin … comment peut-on être aussi mauvais avec le nom des gens autour de soi ? S'étonna Orlin.
- Oh comme si c'était ce qui était important ! Comment est-ce que je peux arrêter cette … cette … euh, cette quoi d'ailleurs ? Comment appelle t-on une Ancienne qui joue les vampires version Wraith ce qui est plus qu'ironique si l'on considère le fait que ce sont ces mêmes Anciens qui ont créé les wraiths.
- Succuba, répondit Orlin (ignorant la remarque de Rodney sur la création des wraiths, bien évidemment).
- Comment ça Scuba (9) ? Quoi, vous voulez faire de la plongée sous-marine ?
Orlin leva les yeux au ciel.
- Non, Succuba (10), c'est son nom.
- Succuba ? Vous voulez dire comme dans Succube (11) ?! Vous voulez que je vous débarrasse d'un … d'un mythe !
- Un mythe vieux de plus de dix mille ans oui … un mythe qui va tuer tous les hommes de votre expédition.
- Mais … mais pourquoi est-elle sur Atlantis ? Pourquoi maintenant ?
Orlin soupira.
- Nous avions réussi à la contenir prisonnière mais elle est parvenue à s'échapper.
- Minute, vous avez dit que vous aviez réussi à la « contenir ». Qu'est-ce que ça veut dire au juste ?
- Nous l'avons enfermé sous sa forme matérielle de sorte qu'elle ne puisse plus faire de mal à personne puis nous l'avons exilée sur un astéroïde …
Rodney grogna.
- Laissez moi deviner : ce même astéroïde que nous avons du détruire parce qu'il menaçait Atlantis ?
Orlin hocha la tête.
- Oui. Normalement, il aurait du passer très loin de l'orbite d'Atlantica mais quelque chose à du modifier sa trajectoire.
- Hum. C'est le cube n'est-ce pas ? C'est là dedans que vous l'aviez enfermée.
- Encore une fois, exact docteur Mckay.
Rodney fronça les sourcils et soupira.
- Et je parie que sa forme matérielle est une fumée rose.
- En effet.
- Diable, je viens de perdre 50 dollars à cause de votre succube, ronchonna Rodney.
Rodney avait parié avec Zelenka que ce dernier se mettait le doigts dans l'œil jusqu'au coccyx s'il croyait à cette histoire de fumée rose. Décidément, Rodney détestait les Anciens …
- Ok, et comment fait-on pour la remettre dans sa boîte ? Demanda t-il.
Orlin resta silencieux. Il s'était remis à jouer avec les frites. Mauvais signe, pensa Rodney.
- Orlin, si vous avez besoin de mon aide, vous devez tout me dire.
Orlin soupira.
- Malheureusement, il n'y a qu'un Ancien qui puisse, avec ses pouvoirs, arrêter Succuba.
- Oh, et bien dans ce cas, je ne vois pas pourquoi vous avez besoin de mes services. Pourquoi ne vous en occupez vous pas personnellement. Vous êtes un Ancien, vous avez les pouvoirs qui vont avec, qu'est-ce que vous attendez ?
Orlin eut un sourire triste.
- J'ai fais une promesse. A Oma. Celle de continuer son œuvre. Continuer à vous protéger tous … mais il y a un prix à payer pour ça.
Rodney sentit ses forces le quitter lorsqu'il comprit où voulait en venir Orlin.
- Si vous détruisez cette succube, vous perdrez votre statut d'Ancien, c'est ça ?
Orlin hocha la tête.
- Je suis désolé … je … je ne vois qu'une seule solution.
- Il vous faut un Ancien qui ne craigne pas de redevenir humain, murmura Rodney qui venait de comprendre où voulait en venir Orlin.
- Je suis désolé, se contenta de répéter Orlin.
Rodney se leva furieux.
- Quelle belle bande de lâches vous faites tous autant que vous êtes ! Lança t-il aux occupants du café qui l'ignorèrent. Vous créez des monstres et vous laissez les autres se charger de les détruire. Il se tourna vers Orlin qui n'avait pas bougé. Vous savez pertinemment que je ne peux pas dire non.
- Et vous savez pertinemment que pour subir l'Ascension vous devez d'abord mourir, répliqua Orlin. C'est pour cela que je vous ai choisi Docteur McKay, vous avez déjà subi l'Ascension (12) et je sais que --
- Ouais, ouais, ouais, assez de bavardage, le coupa Rodney. Plus vite je subirais votre fichue l'Ascension, plus vite je pourrais redevenir moi-même … l'idée d'être comme l'un de vous ne serait-ce que quelques heures me donne la nausée.
Rodney passa entre les rangs des petits boxes la tête haute, ignorant ceux qui étaient assis là et sortit du café. Orlin soupira et le suivit.
- …. Et le couplage avec les turbines permet de libérer l'énergie suffisante pour créer un champ de force capable de contenir les effets d'une dépressurisation violente.
Yep, John se souvenait parfaitement de ce petit miracle qui leur avait permis de survivre lorsque, McKay et lui, lorsque ce virus wraith avait pris possession du Daedalus (13). Il soupira et se frotta les yeux. Il lisait depuis des heures ce foutu manuscrit. Et toujours rien …
- Colonel ! Qu'est-ce que vous faites encore là, grogna une voix reconnaissable entre mille.
- Hey Carson, répondit John. Il agita le manuscrit. Je faisais un peu de lecture à notre belle aux bois dormants.
Carson examina le titre et secoua la tête.
- Pas étonnant que vous tombiez de sommeil avec des lectures pareilles, allez ouste, sortez de mon infirmerie et allez vous reposer un peu.
- Carson, je --
- Ah non, vous n'allez pas vous y mettre vous aussi ! Répondit Carson, bras croisés sur la poitrine. Vous croyez que je n'ai pas assez de soucis avec un de mes meilleurs amis entre la vie et la mort ? Vous voulez aussi que je m'inquiète pour vous ?
John ouvrit la bouche pour répliquer mais une main se posa sur son épaule.
- John, juste deux petites heures de repos, un bon repas, une douche et vous pourrez revenir. Je vous appelle s'il y a du nouveau.
Et John capitula. Diable d'écossais, pensa t-il en sortant de l'infirmerie. Il sourit. Il était fier de compter Carson parmi ses amis.
Fraîchement douché, John se laissa purement et simplement tomber sur son lit, épuisé. Le stress de leur macabre découverte ajouté à celui provoqué par l'état de santé de Rodney l'avaient complètement lessivé. Il avait à peine fermé les yeux qu'il dormait déjà.
Il les rouvrit sur un visage d'une si grande beauté que sa respiration en fut coupée.
Elle se fit la remarque que c'était toujours plus facile lorsqu'ils dormaient. Il lui suffisait alors de rentrer dans leurs rêves et le tour était joué.
Et celui-ci répondait merveilleusement. Quel dommage qu'il n'ait pas vécu plus tôt, avant que les siens ne poursuivent leur quête d'immortalité, avant que les Réplicateurs et les wraiths ne détruisent tout … avant qu'elle ne se perde elle-même.
Elle lui sourit. Il répondit en l'attirant à lui, l'embrassant goulûment.
Oui, c'était vraiment dommage …
- Bloody Hell ! Mais qu'est-ce qu'il peut bien avoir, soliloquait Carson.
Les diverses analyses auxquelles il avait soumis Rodney n'avaient rien donné. Absolument rien : si on devait en croire les résultats, Rodney était en pleine forme.
Sauf qu'il était plongé dans un profond coma.
Carson secoua la tête. Il prit la tassé de thé qui se trouvait à côté de son ordinateur et allait la porter à ses lèvres lorsque Sandra, l'infirmière de nuit, entra en trombe dans son bureau.
- Docteur ! C'est le docteur McKay, il est en fibrillation ventriculaire ! (14)
Carson lâcha si brutalement sa tasse qu'il en renversa tout le contenu sur son bureau.
- Ok, et maintenant, maugréa Rodney.
Il se trouvait sur Atlantis, dans un des couloirs menant aux quartiers d'habitation.
Il jeta un rapide coup d'œil à ses mains … enfin, aux longs fils de lumière qui se trouvaient à l'endroit où était sensé se trouver ses mains. Il eut un frisson. Du moins, il était certain qu'il en aurait eu un s'il avait été corporel.
Il était mort.
Et il avait avec succès subi l'Ascension. Elisabeth serait si fière de lui.
Maintenant, il avait une mission à accomplir. Trouver vampirella et la mettre hors d'état de nuire. Orlin lui avait dit qu'il la trouverait facilement : les Anciens se « détectaient » généralement les uns les autres.
Et en effet, Rodney « sentit » quelque chose. Quelque chose de mauvais et de malsain.
Il se concentra sur la source de son inconfort.
Le couloir où il se trouvait fut un moment illuminé par sa présence puis replongea dans le noir.
John n'était pas un « débutant » en ce qui concernait le sexe mais c'était la première fois qu'il ressentait ça …
Chaque caresse le faisait frissonner, chaque baiser menaçait de le faire exploser. Et il en voulait plus, toujours plus … jamais une femme ne s'était donnée à lui de cette manière, et jamais, il ne s'était abandonné aussi complètement.
Elle était tout et il ignorait qui elle était.
Il captura ses lèvres pour un autre baiser, laissant ses mains vagabonder sur les courbes généreuses sous lui, toujours plus bas, toujours plus profond … Il aurait pu se perdre en elle.
Elle était sa vie, la raison pour laquelle il respirait. Elle était --
- Oh, bien sûr ! J'aurais du m'en douter, l'interrompit une voix ronchonne. Pourquoi faut-il que les Anciens apprécient autant les Major et les Colonels de l'USAF, hein ?
John se réveilla en sursaut, clignant des yeux. Il se sentait … épuisé. Que s'était-il passé ? Lentement, il tourna la tête.
Rodney ? Rodney était dans sa chambre. John réprima un petit ricanement. Bras croisés sur la poitrine, bouche de travers et yeux plissés : wow, Rodney avait l'air en colère, supraméga en colère et -- hu ? Qui c'était ça ?
Elle.
Oui, c'était elle … il fallait qu'il la rejoigne. Il tenta de se relever mais retomba lourdement sur son lit. Il essaya de s'aider de ses mains mais il lui semblait que tout son corps pesait des tonnes. Impossible de bouger. Et pourtant, il fallait qu'il bouge !!! Que se passerait-il si elle disparaissait ? Il ne pourrait plus vivre sans elle …
Rodney. Rodney l'aiderait, il était son ami.
John ouvrit la bouche pour l'appeler mais ce qui en sortit ressemblait à un grognement inintelligible.
OhMonDieu ! Qu'allait-il faire si Rodney ne pouvait pas l'aider ?
Des larmes se mirent à couler sur ses joues … Sans elle, Il était perdu.
- Humpf, oui, évidemment vous n'êtes pas mal annonça Rodney qui faisait face à Succuba.
Cette dernière lui sourit et, après avoir rejeté sa longue masse de cheveux noirs derrière ses épaules, s'approcha de lui, hanches ondulant.
- Ooooooh mais je suis plus que « pas mal », Ancien. Elle avait craché le dernier mot.
Elle se planta devant Rodney et posa sa main sur sa joue. Suggestivement, elle s'approcha de lui et colla son corps au sien, plaçant une de ses jambes entre celles de Rodney.
- Je pourrais vous donner à nouveau l'envie d'être humain … l'envie de sentir, de ressentir.
Elle planta son genou sur une partie sensible de l'anatomie de Rodney … qui resta de marbre. Il l'attrapa par les épaules et la repoussa.
- Désolée mais franchement, je crois que je vais passer … Il frissonna de manière exagérée. J'aurais l'impression de coucher avec mon meilleur ami. Fascinant vraiment cette capacité à prendre les traits génétiques de l'être humain que vous videz de sa force vitale … vous pourriez être sa sœur jumelle.
Succuba poussa un feulement (si, si, Rodney était certain qu'il s'agissait d'un feulement) et, griffes dehors, s'apprêtait à se jeter sur lui, lorsqu'elle stoppa net.
Rodney tenait le cube dans ses mains. Il commençait à perdre sa matérialité et souriait en secouant le cube.
- Allez, temps de retourner dans votre cage, Tigresse.
- Nooooooooooonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ! Hurla Succuba.
Mais c'était trop tard. Toute la pièce fut bientôt baignée d'une lumière blanche éclatante. Lorsqu'elle disparut, il ne restait plus qu'une seule personne dans la pièce.
Epilogue la semaine prochaine !
(6) Dans Tao of Rodney, 314, notre Roro écris un livre de 500 pages sur Weir et le chapitre 10 est consacré à, je cite, « l'alchimie » qui existe entre eux deux (du moins selon Roro).
(7) Episode « Pour la vie », 818. Oma Desala propose à nouveau l'Ascension à notre ami Daniel qui vient d'être tué par RépliCarter, dans un décor très particulier : celui d'un petit resto, type routier américain.
(8) Episode « Ascension », 503. Samantha Carter, alors encore Major, est suivie par un Ancien, Orlin, au retour d'une mission. Orlin s'amourache de Sam !
(9) SCUBA est l'acronyme anglais pour Self Contained Underwater Breathing Apparatus.
(10) Succube, qui est un mot masculin, vient étymologiquement du mot Succuba qui signifie concubine en latin. Il existe une autre interprétation de l'étymologie de ce mot : sub (sous) et cubare (coucher) ce qui donne qui « couche sous ».
(11) La succube (incube pour un homme) est une femme, très belle, généralement une déesse (sorcière, fée, comme il vous plaira) qui entre dans les rêves des hommes et les séduit. On la retrouve dans pratiquement toutes les mythologies (grecque, romaine, arabe, mésopotamienne, égyptienne …) et dans le chamanisme.
(12) On peut considérer que Rodney a en effet été « ascenssionné » un bref instant, juste assez longtemps pour comprendre comment il pouvait se sauver lui-même (épisode Tao of Rodney, un de mes préférés bien entendu !).
(13) Episode « IA », 202.
(14) Petit reste de mes années fac' à regarder Urgences : la fibrillation ventriculaire est un trouble du rythme cardiaque grave (contraction désordonnées des ventricules) qui fait le plus souvent suite à un infarctus du myocarde ou à une autre cardiopathie. Elle provoque un arrête cardiocirculatoire responsable d'une perte de connaissance et d'un état de mort apparente. Le traitement d'urgence repose sur la cardioversion (choc électrique externe) destinée à régulariser les contractions cardiaques.
