Hello tout le monde.

Voici le deuxième chapitre.

Bon j'ai mis un peu de temps à le peaufiner j'espère que ça en vaut la peine.

J'ai essayé de travailler un peu plus la mise en page parce que celle du premier chapitre est inexistante et que c'est horrible à lire de cette manière.

Que dire de plus. Dans ce c'est l'arrivée de Severus !

Pour l'instant les deux premiers chapitres mettent en place la situation, qui est assez compliquée. J'en ferai un rapide résumé dans l'intro du chapitre 3 pour ne pas gâcher toute l'intrigue de ce chapitre. (Même si bon niveau intrigue ce n'est pas non plus du Agatha Christie).

Donc bon le Bla Bla habituel :

Disclaimer : Tous les personnages sont la propriété de JK Rowling.

Paring : Harry/Severus (principal) mais aussi Rémus/Sirius, d'autres couples apparaitront plus tard je ne veux pas vous gâcher la surprise.

Warning: Cette fic est classée M c'est parce qu'elle comportera des scènes très explicites. De plus dans ce chapitre il y aura un petit lime (dites moi ce que vous en pensez moi je suis pas hyper satisfaite mais vos lectures peuvent m'éclairer).

C'est aussi un slash. C'est à dire des relations amoureuses entre hommes.

Si vous n'aimez pas ça, ne lisez pas ! Homophobes, passez votre chemin

Autres petits rappels : c'est un UA et les personnages sont un peu OOC, mais bon étant donné qu'ils n'ont pas connus tout le tra la la avec Voldy c'est un peu normal que leur caractère change.

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Chapitre 2

« Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi »

Mathias Malzieu

Le temps était gris en ce jour de décembre, et, lorsqu'il ouvrit les rideaux de la fenêtre donnant sur le petit parc au milieu de la place, le visage de Severus Snape s'orna d'un sourire sarcastique. Tout ce qu'on disait sur le temps Londonien était vrai ; et ce temps pluvieux amenait avec lui les pensées mélancoliques, et l'homme en avait assez de ne penser qu'à ça dès que le temps virait au gris.

Secouant légèrement la tête comme pour reprendre le cours normal de ses idées il sortit de chez lui et traversa la place en direction du numéro 12.

Cela faisait près de vingt ans que personne n'était venu habiter la maison. Il supposait que Black ne voulait pas la vendre ; trop de souvenirs heureux la remplissaient.

Alors, même s'il n'était pas d'un naturel curieux, il ne pouvait s'empêcher de se demander à qui ce sale chien de Black avait bien pu la céder, elle qui avait tant représenté pour lui. Mais il n'irait pas ce matin ; ce matin, comme tous les matins, il allait dire bonjour à un vieil ami.

"Bonjour Regulus."

Une main longue, fine et pâle se leva pour caresser distraitement les chiffres dorés qui ornaient l'arc de pierre encadrant le lourd portail du mur d'enceinte.

Comme chaque matin depuis qu'il était revenu en Angleterre, il passait dire bonjour à l'homme qui l'avait brusquement quitté.

"Tu vas avoir de la compagnie."

Son regard noir se tourna vers la moto posé près de l'entrée du garage. Il lui semblait l'avoir entendue hier soir mais il n'avait su au matin s'il s'agissait d'un rêve ou de la réalité.

"J'y pense encore tu sais. Je me demande ce que j'aurais fais s'ils étaient restés. Je ne crois pas que ça aurait changé grand-chose. On ne se supportait pas assez pour se soutenir face au deuil. Eh puis je n'aurais pas rencontré Théo."

Un sourire mince et furtif apparut sur les lèvres de l'homme en noir avant de s'effacer, emporté par le vent qui venait juste de se lever faisant tourbillonner les feuilles au milieu du parc. Les mots de Severus n'étaient que des murmures à peine audibles par lui-même que la brise avait emporté, le laissant face au silence. Et c'est peut être ça, ou peut être le calme qui tomba soudain sur Grimmaurd Place qui permit à l'homme d'entendre la voix claire, bien qu'atténuée, sortir par la fenêtre à peine ouverte de la cuisine.

"Et ne faites pas de bêtises ! Papa doit être partit dans moins d'une heure !"

Quelque chose dans la voix qui s'éleva dans la quiétude de ce matin de décembre fit frissonner Severus. Elle lui semblait étrange ; claire et joyeuse et pourtant profondément sérieuse dans ses intonations malgré la bonne humeur évidente qui paraissait dans l'exclamation.

C'était la voix de ceux qui ont trop vécus trop jeunes et qui en ont été marqués à vie. Elle était à la fois triste et pleine d'espoir comme l'envolée des violons de l'hiver de Vivaldi, et Severus en aima instantanément le timbre comme il avait aimé celui de l'homme à qui il parlait en ce moment.

"Mais ta voix était tellement différente, tellement plus grave, tellement plus douce . . ."

Un éclat de rire sortit l'homme de ses pensées pendant que le bruit d'une fenêtre qu'on ferme se faisait entendre de l'autre coté du mur. Un rire grave et profond, qui ressemblait parfois à l'aboiement d'un grand chien, qui ressemblait aussi à celui de quelqu'un qu'il connaissait, qu'il avait connu. Et une fois de plus il se laissa emporter par les souvenirs.

Je crois que l'arrivée de ces personnes me perturbe plus que je ne voudrais l'admettre. Trop de souvenirs remontent, ça doit être la moto. Il en avait une semblable ce chien.

Flash Back

"Et ne faites pas de bêtise ! Rémus doit partir à son stage dans une heure !"

Il était assis dans la cuisine, discutant calmement avec Rémus, lorsqu'une tornade s'abattît sur lui et l'attrapa, l'arracha à sa chaise et l'entraina avec force vers les escaliers. Il eut à peine le temps de se retourner pour voir Black lever les yeux au ciel et Rémus avoir un sourire indulgent, qu'il était déjà entrain de monter les marches de la noble et très ancienne maison des Black.

Il gravit en trébuchant les dernières marches menant au premier étage avant de se retrouver collé au mur, un corps, fin et légèrement plus grand que lui, pressé contre le sien qui ne tarda pas à réagir en réponse à cette infraction de son espace personnel. Il se mordit la lèvre inférieure pour ne pas gémir.

Oh dieux qu'il m'a manqué !

Levant les yeux il découvrit en face de lui deux pupilles indigo qui éclairaient un visage fin et noble. Si Sirius était charismatique au possible et possédait une forte prestance, il fallait reconnaitre qu'il n'avait pas l'allure princière de son petit frère.

Et merde voila qu'il repartait sur ses idées d'allure princière. C'est fou la capacité qu'il a à me transformer en guimauve.

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- Tu n'es pas un putain de prince charmant !

- Oh Sev tu l'as dit toi-même j'ai une allure princière !

- J'étais ivre !

- Sev je ne t'ai pas vu ivre depuis tes 15 ans. Et à cette heure là même Sirius n'était pas ivre !

- Tais-toi !

- Mais moi aussi je t'aime Sev, et j'aime savoir que mon allure te plait.

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Regulus avait un port de tête à faire pâlir de jalousie toutes les têtes couronnées d'Europe. Ajouter à cela un visage fin et aristocratique et des cheveux noirs jais tombant comme des baguettes sur un corps que des années de natation avait sculpter, le jeune homme en face de Severus, de par l'appartenance des Black à l'arbre généalogique de la famille royale, aurait pu être le partit idéal pour toute jeune fille noble à marier, si ce n'est que ledit homme en face de Severus avait suivi les traces de son frères et se désintéressait profondément de la gente féminine, couronnée ou non. Au plus grand bonheur de Severus.

Mais pour l'instant ledit Severus devait avouer avoir d'autres préoccupations que les jeunes filles de bonnes famille parce que le parti idéal en question était en train d'approcher ses lèvres fines et idéalement ourlées de sa bouche, et Severus arrêta toute réflexion à la seconde où cette bouche happa la sienne.

Regulus était le seul à lui faire éprouver autant de sensations par un simple baiser, par sa langue qui se promène délicatement sur ses lèvres, par ses dents qui les mordillent avant de venir les embrasser comme une excuse. Par les mots qu'il lui susurre à la fois tendres et entreprenants.

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- Je te veux là, maintenant, tout de suite. Je veux que tu me fasses tout oublier, je veux être totalement dépendant de tes gestes, de chacune de tes caresses, de ta langue qui court sur mon corps, de tes mains qui m'effleurent à peine. Je veux voir ta bouche descendre sur mon corps et prendre ma queue, je veux te voir me sucer comme tu sais si bien le faire, doucement, légèrement avant que tu ne t'emportes, que tu viennes agacer mon gland avec tes dents avant de le lécher comme s'il s'agissait d'un met exquis dont tu veux t'accaparer chaque saveur. Je veux que tu viennes en moi, d'un coup, je veux sentir ton sexe en moi, je veux te sentir mordre mon épaule lorsque tu jouiras en moi, et que je jouirai aussi, ta main sur mon sexe. Et …

- Black on est en plein milieu d'une boutique de putains de peluche !

- Eh ! Ce n'est pas de ma faute si tu m'excite !

- …

- …

- Aller on prend celle-là et on rentre ! Ce sale gosse ne saura pas ce que c'est de toute manière. Et j'en ai assez de voir toutes ses peluches.

- …

- …

- Sev … ?

- QUOI !?

- Tu bandes !

- Connard.

- Moi aussi je t'aime.

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Regulus colla d'avantage ses hanches à celles de son amant, lui faisant ressentir tout le désir qu'il avait pour lui. Ce dernier se cambra d'avantage pour accentuer la pression de cette partie si dure et si chaude contre son propre corps, pestant contre les vêtements bien trop superflus à l'heure actuelle.

Si l'on pouvait croire que Severus Snape était un connard froid et taciturne doublé d'un être asexué ou frigide, il aurait fallu le voir à cet instant, coincé contre le corps brulant de Regulus, les cheveux sombres tombant sur son visage légèrement rougit par l'excitation, les yeux noirs et le regard lointain, comme si sont esprit s'était détaché du monde extérieur. Son corps, cambré à l'extrême, tentait de se rapprocher, de se fondre dans celui pressé contre lui. Sa tête était légèrement penchée en arrière dans une position de quasi-soumission permettant l'accès à son cou à la langue, aux dents et à la bouche de l'homme qui l'avait acculé contre ce mur. A cet instant, Severus Snape était pour cet homme qui se pressait contre lui, l'incarnation même de la débauche.

Les lèvres de Regulus parcouraient la peux tendre et pâle du cou de Severus ; mordant, léchant, embrasant tout sur leur passage, s'attardant sur la veine bleuie qui ressortait sur la peau blanche et qui, si on la maltraitait correctement rendait Severus encore plus excité, plus impatient, plus entreprenant.

Tu m'as manqué.

La voix délicieusement rauque et pleine de promesses et si sensuellement grave qu'elle aurait pu rendre dur le plus hétéro des hommes, envoya des frissons dans tout le corps du plus jeune qui en gémit d'anticipation.

Tu ne peux pas imaginer à quel point j'ai pu être frustré à te voir rentrer chez toi chaque putain de soir de cette putain de semaine en sachant que je ne pouvais te rejoindre.

Severus grogna lorsqu'il sentit cette bouche s'éloigner de son cou.

- J'espère au moins que tes auditions se sont bien passées.

La bouche s'égarait maintenant sur la mâchoire, s'approchant et s'éloignant des lèvres pâles sans jamais les toucher, et les yeux indigos fixaient obstinément les iris noirs dans une attitude de défi.

Regulus voulait jouer, il allait jouer.

D'un geste brusque Severus renversa leur position, ses bras enserrant la taille du plus grand pour rapprocher leurs bassins et une de ses mains vint frôler la bosse plus que prometteuse qui déformait le jean de son partenaire. Elle enserra la hampe dressée à travers le tissu. Il savait que Regulus adorait être touché de la sorte, qu'il aimait le contact brut de l'épais tissu sur son sexe dur, et Severus savait aussi que lorsqu'il portait ce genre de pantalons il ne prenait pas la peine de mettre de sous-vêtements. Aussi accentua t-il la pression de sa main sur le haut de la braguette. Faisant attention a ne pas le blesser, il encercla légèrement la couronne à la basse du gland et la malaxa en douceur.
Regulus, contre lui, haletait et retenait de son mieux ses grognements. Il lança un regard noir à l'homme qui lui procurait autant de plaisir lorsqu'il enleva sa main de l'endroit duquel il ne fallait surtout pas l'enlever.

- Mes auditions se sont bien passées.

Ce furent les seules paroles de Severus avant d'approcher lentement sa bouche de celle de Regulus.

Mais il n'approfondit pas le baiser ; il se contenta de laisser ses lèvres courir sur leurs jumelles sans appuyer d'avantage, le baiser ressemblant d'avantage à l'effleurement tendre et doux d'un premier baiser que s'offrent les amants sans vraiment savoir ce qu'il adviendra d'eux.

Mais leur premier baiser était déjà bien loin et la tendresse n'était pas d'actualité après une semaine de frustration. C'était d'avantage une sorte de défi muet, savoir qui craquera en premier. Sortant sa langue pour humidifier ses lèvres, Severus effleura intentionnellement celles de Regulus d'un geste emplit de luxure, les rendant brûlantes dans l'attente. Et cette langue était trop chaude, trop humide et trop agile pour que ce dernier laisse passer une telle opportunité d'étancher sa soif et de se noyer dans cette bouche.

Il la happa, cette langue diabolique, il l'attrapa avec ses dents, l'amenant de force dans sa bouche, la suçant avec délice avant de la libérer et de jouer avec elle, de l'entrainer dans une danse torride et sensuelle, la dominant un instant avant de rendre les armes et de la laisser conquérir ce terrain qu'elle ne se lassait de découvrir encore et encore et encore et encore.

Severus voyant que son ami était tombé dans son piège commença à lui caresser le torse à travers le léger pull qu'il portait. Il redécouvrit chaque creux, chaque bosse, chaque muscle couvert par le doux vêtement, goutant les gémissements de plaisir à la bouche même de son compagnon.

Compagnon qui lui ne se contenta pas de le caresser à travers le tissu.

Ses mains s'étaient déjà faufilées sous la chemise sombre et venaient taquiner du bout des doigts le creux des reins, tachant d'aller au delà du pantalon pour pouvoir toucher ces fesses qui semblaient appelaient ses mains de manière psalmodique.

Se cambrant d'avantage, il poussa une de ses jambes entre celles de son partenaire faisant ondulant du bassin pour faire ressentir à l'autre toute la force de son envie et, selon ce qu'il sentait cogner contre le haut de sa jambe et le léger hoquet qu'émit Severus à ce contact, son envie était partagée.

Severus grogna encore et, sans lâcher la bouche et la langue de l'autre, il répéta lui-même le mouvement, frottant son érection contre le jean de Regulus, rapprochant le bassin de son amant pour lui faire subir le même traitement.

Les bras du plus jeune des Black ayant migrés pour se poser sur les épaules du brun, il s'y accrochait désespérément, comme un ivrogne s'accroche à sa bouteille et suréleva encore un peu ses hanches pour être plus près de cette chaleur qui risquait de le faire devenir fou si elle ne se pressait pas à le consumer. Et …

- Mon Dieu que c'est bon !

Il avait besoin d'un point d'ancrage dans la réalité et le cou de Severus lui servait volontiers d'amarre. Alors, une fois certain de pouvoir se raccrocher à quelques chose il éloigna son bassin du corps chaud, qui le rendait peu à peu dément, avant de venir entourer la taille du dit corps de ses jambes, permettant ainsi à leur deux verges dressés de se rencontrer à travers le tissus dru de leur pantalons. Et après cela c'en fut trop, ils étaient trop durs pour se retenir. Trop de frustration contenue, trop de rêves mouillés cette semaine les mettant en scène dans les positions les plus folles, trop d'envies refoulées. Alors dans un dernier coup de reins les deux hommes jouirent presque simultanément dans un râle. Leurs mains glissèrent sur ce corps qui leur avait tant manqué.

Ils se sourirent presque timidement avant de s'embrasser à nouveau. Il y avait quelque chose de tendre dans ce moment post-orgasmique. Le baiser retardant le moment de la séparation, retardant le moment ou leurs yeux se rencontreraient à nouveau.

L'atmosphère était pareille à celle d'après leur première fois, un peu tendue mais sans aucun soupçon de remords, juste la peur de regarder l'autre pour replonger dans la réalité. La pudeur aussi du corps mis à nu qui n'est pas exposé de la même manière pendant l'amour. Cette tension remplie de questions de « et maintenant ? ».

Rompant le baiser, Severus posa son front contre celui de son amant et ferma les yeux. Et ce fut tout ce dont Regulus avait besoin pour se détendre.

Ce geste plus que tout autre l'émut car il montrait à quel point lui aussi avait manqué à Severus, à quel point il comptait pour lui. Il montrait qu'il n'était pas le seul à avoir subi cette semaine, à avoir attendu presque fébrilement cet instant. Alors il sourit tout simplement, et se fit la réflexion qu'il était bête de se monter toute une histoire simplement pour un front posé sur le sien.

De toute manière il n'en avait rien à faire. Il était bêtement heureux, ça lui suffisait.

Il se souvint que, lorsqu'il était revenu de chez Lily et James – « et Harry aussi ! » songea t-il en se remémorant du petit garçon qui insistait toujours pour être cité dans le nom des personnes que l'on venait visiter –, Sev était déjà là, à discuter avec son frère et Rémus, ou plutôt à discuter avec Rémus tandis que son frère lui jetait des regards assassin.

Oui, Severus était aussi impatient que lui de le retrouver, seulement il ne le disait pas, il le montrait, et Regulus aimait ça.

Les mots peuvent aisément mentir, et même si Severus se vantait de ne jamais mentir il reconnaissait aussi être un maître dans l'art de dissimuler les faits en jonglant avec les mots. Mais ses gestes, eux, ne trompaient pas.

Poussant un soupire de bonheur, il se détacha de son perchoir improvisé avant de poser rapidement ses lèvres sur celles de Severus.

- Allons dans la chambre, murmura t'il sans quitter du regard son amant. Tu dois me raconter comment s'est passé ta semaine, et après on se préparera. Sirius à organisé une petite soirée.

Un rictus apparut sur les lèvres de l'autre homme

- Il profite de notre réussite pour avoir une bonne raison de se souler la gueule et de faire boire Lupin pour mieux profiter de lui.

- Alors tu as réussi !

- Tu en doutais?

Devant l'air à la fois moqueur et heureux de son amant, Severus ne put s'empêcher de rattraper ses lèvres pour un baiser plein de promesses. Et tout en s'embrassant, ils se dirigèrent vers la chambre de Regulus pour finir ce qu'ils avaient si bien commencé et qu'ils mourraient d'envie de faire depuis une semaine.

Une semaine qu'ils attendaient ce moment, une semaine qu'ils se croisaient sans s'adresser la moindre parole de peur de se sauter dessus, une semaine que Regulus pensait à cet instant – et lorsqu'on est un jeune homme de vingt et un ans et en pleine possession de ses moyens, il est difficile de se retenir de sauter sur l'homme avec qui vous entretenez depuis un an une relation si foutrement torride.

Depuis un an qu'ils étaient ensemble, ils n'avaient jamais été séparés plus de trois jours, alors cette semaine à être si proches et si éloignés l'avait rendu fou.

La préparation aux différentes auditions auxquelles ils se présentaient cette semaine allait les occuper tout le long. Leur rythme de travail complètement différents et un Severus d'une humeur massacrante et agressive envers toute personne qui le perturbait dans son travail les avait persuadé que la décision de rester chacun de son coté était la meilleure à suivre.

Chacun s'était donc cloitré chez soi. Severus, qui, malgré son jeune âge vivait seul, refusait quasiment tous les visiteurs qui se présentaient, seuls Lily et Lucius trouvant grâce à ses yeux. Il ne sortait que pour se dégourdir les jambes après avoir fini de travailler – c'est-à-dire vers les sept heures du matin.

Les derniers jours, alors qu'il répétait en vu de sa dernière et plus importante audition, il devint tellement imbuvable que Lucius sortit de chez lui cinq minutes à peine après y être entré. Severus avait beau être de sept ans son cadet, il savait reconnaitre une menace lorsqu'il en voyait une, et un Severus Snape dérangé au beau milieu de son travail était on ne peut plus menaçant.

Le blond s'inquiéta cependant de la mine plus que fatiguée de son ami et, décida de l'aider malgré lui et de se venger de l'accueil qui lui avait été fait. Il réunit le groupe – Regulus non compris – qui s'était formé lors de sa première cuite et qui ne s'était que peu séparé depuis (1), pour parler du cas Severus.

La décision fut rapide. Une seule personne pouvait mener à bien la mission « permettre à Severus de se reposer même s'il ne veut pas ». Elle se présenta accrochée à la main d'une jolie rousse qui frappa à la porte du 9 Grimmaurd Place d'un air affolé.

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- J'ai dis que je ne voulais voir personne !

- Mais Sev, je dois aller d'urgence à la clinique et James doit travailler ce soir !

- Demande à Black !

- Il travaille avec James, Sev !

- Je ne suis pas une foutue Baby Sitter !

- Mais Sev fais un effort s'il te plait ! en plus tu la passe demain ton audition. Tu dois te reposer ce soir !

- J'ai pas besoin de repos Lil's. j'ai besoin de travailler !

- Mais tu peux travailler ! si tu ne le fais pas jusqu'à pas d'heure. En plus Harry adore t'écouter.

- J'ai déjà dis non ! je ne veux pas d'un morveux sur les bras !

- …

- …

- Eh ! j'suis pas un morveux ! j'ai presque 5 ans !

- Ah ouais ?

Un regard vert qui affronte deux iris noirs.

Un sourcil qui essaye de se lever seul mais qui entraine l'autre au passage.

Un éclat de rire grave que peu de personnes ont un jour entendu.

Lorsque Lily repartit sans son fils, un sourire aux lèvres, elle se dit qu'Harry est surement l'une des seules personnes au monde à pouvoir mener le pianiste par le bout du nez.

En rentrant chez elle, elle s'installa dans les bras de son mari.

- Ça a marché ?

- Sev est fou d'Harry. Bien sur que ça a marché !

- Très bien. Alors madame Potter, si on allait travailler sur le petit frère que notre cher fils réclame tant ?

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Fin du Flash Back

- C'est peut être bête à dire, mais ce soir là, après avoir joué un peu pour Harry, j'ai dormis comme un bébé.

Perdu dans ses pensées l'homme commença à pianoter sur les chiffres dorés. A cet instant il laissait certaines émotions transparaitre. Ils étaient peu à avoir eut le privilège de voir ce phénomène se produire et le nombre s'était réduit au fil des ans.

- Il ne reste plus que Lucius, Draco et Théo, murmura t-il. Et toi.

Ses doigts se figèrent. Il allait faire demi-tour lorsqu'il lança :

- Au fait Cissy, Théo, Draco et les jumeaux te saluent. Lucius aussi mais il ne l'admettra jamais.

Un silence. Autour de lui la place prenait vie, les personnes allaient travailler sans prêter attention à lui. Toutes savaient ce qu'il faisait et même si Severus Snape n'était pas le voisin le plus charmant ni le plus aimable on lui pardonnait.

Ils s'étaient tous aperçus au fil des ans que beaucoup de leurs petits problèmes avaient été réglés par cet homme à l'air à la fois froid et méprisant et terriblement seul, aussi les habitants de la place ne faisaient pas de commentaires et le laissaient tranquille.

Severus Snape était peut être considéré comme le pire des salauds en dehors de la place, mais tous savaient ici à quoi s'en tenir et, même s'il ne le montrait pas, Severus appréciait le soutient moral invisible de ses voisins.

Après une dernière caresse sur les chiffres, il enfila ses gants, un rictus sarcastique aux lèvres face à cette vieille habitude de prendre extrêmement soin de ses mains, et tourna le dos au numéro 12.

Il réfléchissait au fait de saluer ou non ses nouveaux voisins, mais cela voudrait dire qu'un jour ou l'autre il devrait leur expliquer pourquoi il se pointait chaque matin devant leur porte et ça il ne le voulait pas.

Il parlait aisément de Regulus avec Lucius ou Theo mais il ne parvenait pas à aligner trois mots sur le sujet avec d'autres interlocuteurs, il laisserait le soin de prévenir les nouveaux arrivants à l'une des vieilles femmes habitant à l'entrée de la place et qui le connaissaient depuis le décès de ses parents, bien qu'il ne leur ait pas adressé la parole plus de cinq fois par an.

Il referma brusquement la portière de sa voiture et démarra en trombes. Il allait être en retard à son rendez-vous avec Lucius, le temps semblait de nouveau tourner au gris et il avait oublié son parapluie. S'il avait été un homme à juré il ne se serait pas retenu.

Journée de merde !

***

Au deuxième étage du 12 Grimmaurd Place, une main laissa retomber le pan du rideau qu'elle tenait.

Deux prunelles verts suivirent l'homme en noir jusqu'à sa Porsch noire elle aussi, un éclat de fascination et d'interrogation brillait dans les yeux de Harry Lupin-Black, lorsqu'ils regardèrent Severus Snape s'éloigner.

Harry se posait beaucoup de questions sur cet homme à l'air triste. Même il son visage le cachait bien, ses gestes ne pouvaient mentir.

Le jeune homme était pourtant certain de deux choses : il connaissait cet homme, et il était diablement attiré par lui, malgré la quinzaine d'années de plus qu'il devait avoir (2).

***

Dans la cuisine, deux étages plus bas, deux hommes se tenaient enlacés, regardant, par le seul angle de la fenêtre permettant de voir au dehors du mur d'enceinte, le même homme monter dans la voiture. Leurs deux visages étaient un mélange de tristesse et de nostalgie.

-Alors c'était bien sa voiture.

- Oui.

- Il a vieillit.

- Oui.

- Tu crois qu'on a mal fait ?

- De partir ? non. Je ne le connaissais pas assez pour le consoler. La seule qui aurait pu c'était Lily mais Lily …

- …

- Et toi tu lui aurais trop rappelé ton frère et il serait devenu fou à force de t'avoir à ses cotés. Vous ne vous êtes jamais adressé la parole plus de dix minutes avant de vous sauter à la gorge, et cela dès le début.

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- Je vous présent Severus Snape, un petit prodige du piano …

- Malfoy c'est un gamin et …

- Ta gueule Black si je l'ai invité c'est que sa compagnie m'est agréable …

- Je n'ai pas besoin que l'on me défende Lucius !

- Il sait parler en plus ! mais dit donc Lucy tu ne nous avait pas dit que tu avais un nouvel animal domestique !

- Black c'est ça ?

Les deux hommes se défient du regard.

- Qu'est ce que tu veux morveux ?

- Rien je regarde. Lucius m'avait dit que tu étais pas mal mais je constate que tu n'es qu'un jeune chiot imbécile. Je ne vois pas ce que Lupin peut faire avec toi.

- Touché Severus, et pourtant je ne t'ai jamais confié que pour clouer le bec à Black il suffisait de remettre sa relation en question.

- …

- C'est la première fois que je vois quelqu'un qui, en dehors de ce groupe, ose parler à Sirius de cette manière. Je m'appelle Lily Evans, enchantée.

- Severus Snape.

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- Tu sais je crois que je l'aimais vraiment beaucoup. Il a rendu R tellement heureux.

- Je sais. Il a fait tout un tas de choses pour nous tous sans qu'on le remarque vraiment. Je crois que seuls Lucius et Lily s'en rendaient compte.

- C'est à notre tour désormais.

- Je crois qu'en effet c'est à notre tour.

- Alors je sais comment faire.

- Comment ?

- Harry.

- …

- Quoi ?

- Je ne pensais pas que tu t'en étais rendu compte.

- De quoi ? Que Harry est le seul qui pouvait distraire Severus de R ou que tous les hommes avec lesquels Harry soit sorti sont de grand bruns ténébreux et imbuvables ?

- Tu insinues que Severus s'intéressait déjà à Harry ?

- Non simplement qu'il a toujours éprouvé de l'affection pour lui et qu'il était le seul à lui parler comme à un adulte malgré ses « gamin » ou « morveux ».

- Je crois que tu as raison mais ils on t quand même quinze ans de différence.

- Et alors ?

- Je ne te savais pas aussi libéré.

- Pourquoi ? ça ne regarde qu'eux. Je sais déjà que Snape va avoir du mal à s'y faire, alors tu n'imagine pas le bonheur que me procure l'idée qu'il va se prendre la tête avec ça. Et puis si Harry est attiré par ce type de mec autant lui offrir celui qui a inventé le genre des grands bruns ténébreux et imbuvables.

- Tu sais Paddy, parfois tes raisonnements me font peur.

- Je sais mon amour, je sais. Maintenant assez parlé de Severus-je-passe-ma-vie-a-emmerder-tout-le-monde-Snape. Embrasse-moi plutôt.

- Tu devais attendre que je te dise 't'as d'beaux yeux tu sais'.

- Tu es pressé. Tu dois partir dans 15 minutes.

A suivre …

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(1) J'aime bien l'idée que c'est parce que Lucius a bu jusqu'à s'en rendre malade que tout le petit groupe se soit bah regroupé. J'écrirais peut être un petit OS sur cette soirée. Je la voie d'ici avec un Lucius les cheveux tombants sur le visage blafard et nauséeux.

(2) Alors je me suis pris la tête pour que les différences d'âge entre les personnages soient plus ou moins crédible. Aussi pour faire simple lorsqu'Harry est né Sirius, James, Lucius et Narcissia avaient 22 ans, Rémus et Lily en avaient 20, Regulus 17 et Severus 15. Pour ce qui est de la crédibilité de l'appartenance de Severus dans ce groupe de personnes beaucoup plus âgées je dirais juste que si une personne peut être jeune par l'âge il n'en est pas de mentalement. J'ai personnellement des conversations extrêmement intéressantes avec une petite fille d'à peine dix ans alors que j'en ai vingt. Et pour la différence d'âge entre Severus et Harry bah je me suis appuyée sur un couple que je connais et qui se sont connus à peu près au même âge qu'ont Sev et Harry et donc la même différence d'âge; ça fait près de trente ans qu'ils sont ensemble et ils sont toujours aussi mignons à voir et toujours aussi amoureux (ca fait plaisir à voir d'ailleurs). J'aurais pu garder la même différence que dans le bouquin mais ne connaissant pas de couples avec une telle différence d'âge j'ai préféré prendre quelque chose qui me parle plus et au moins je sais que ce n'est pas totalement surréaliste.

Et que dire d'autre. Dans le prochain chapitre on verra l'entrée en scène du fameux Théo. Qui est-il pour Severus ?

Je n'ai pas commencé l'écriture du chapitre 3 mais comme je suis chez moi toute la journée de demain et de jeudi je crois que vous pouvez l'attendre pour jeudi soir ou vendredi .

D'ici là bonne fin de semaine.