Bonsoir tout le monde !
Comme promis voici le chapitre 3 qui est un peu différent de ce que j'avais prévu, donc probablement différent de ce à quoi vous vous attendiez. J'espère qu'il vous plaira quand même. Faites le moi savoir si ce n'est pas le cas (vous pouvez aussi me le dire si vous l'avez aimé ^^)
Disclaimer : Tous les personnages sont la propriété de JK Rowling.
Paring : Harry/Severus (principal) mais aussi Rémus/Sirius, d'autres couples apparaitront plus tard je ne veux pas vous gâcher la surprise.
Warning: Cette fic est classée M c'est parce qu'elle comportera des scènes très explicites. De plus dans ce chapitre il y aura un petit lime (dites moi ce que vous en pensez moi je suis pas hyper satisfaite mais vos lectures peuvent m'éclairer).
C'est aussi un slash. C'est à dire des relations amoureuses entre hommes.
Si vous n'aimez pas ça, ne lisez pas ! Homophobes, passez votre chemin
Autres petits rappels : c'est un UA et les personnages sont un peu OOC, mais bon étant donné qu'ils n'ont pas connus tout le tra la la avec Voldy c'est un peu normal que leur caractère change.
Et comme je n'aime pas trop blablater voici la suite :
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Chapitre 3
Ab imo pectore
(Du fond du cœur)
« Ça nous à toujours rassuré de s'avoir que l'on avait un homme à aimer dans ce monde. »
Nimeni
Lorsque Draco Malfoy se réveilla ce matin là, beaucoup plus tôt qu'à l'habitue, il comprit qu'il y avait quelque chose qui clochait.
Ce n'était jamais lui qui se levait le premier. Il fronça ses sourcils pour chercher ce qui avait bien pu le réveiller de si bonne heure.
Il avait l'impression qu'un parfum étrange flottait dans l'air, pareil à celui des orages d'été et il ne savait pas s'il aimait ce parfum, cette atmosphère qui semblait annoncer un changement. Il n'était vraiment pas doué pour ça.
Il tourna son regard vers le corps allongé à ses cotés.
Devait-il le réveiller pour lui en parler ?
Ce n'était surement rien du tout, il s'imaginait simplement des choses ; mais malgré cela l'impression demeurait toujours et il ne parvenait pas à s'en défaire.
Sachant qu'il n'allait pas pouvoir se rendormir avec cette idée qui ne cessait de le tourmenter il écarta la couverture qui le recouvrait et allait sortir du lit lorsqu'une voix interrompit son geste :
- Je le sens aussi. Ne t'en fais pas ce n'est rien de mauvais. Viens te rendormir.
La voix ensommeillée de son amant eut un impacte immédiat sur Draco, qui en oublia ses pensées étranges et se rallongea dans le lit, venant caler son corps contre celui chaud – et nu remarqua t-il avec un sourire- de l'homme qui était allongé à ses cotés.
De toute manière il avait toujours raison pour ces choses là alors autant l'écouter plutôt que de faire une montagne de stipulations inutiles. Si Draco parvenait parfois à sentir l'air changeant qui flottait dans l'atmosphère – comme c'était le cas aujourd'hui – son compagnon parvenait à interpréter presque à chaque fois ces sensations.
Un géni qu'ils disent.
En se faisant cette réflexion le visage de Draco se tordit dans une moue de mépris qu'il savait feinte mais qu'il ne pouvait empêcher, vieille habitude oblige. Cela faisait un moment qu'il avait reconnu le géni que cachait ce corps trop frêle et fragile ; mais pour rien au monde il ne l'admettrait à voix haute.
La voix de l'homme à moitié endormit retentit à nouveau dans la chambre.
- Draco amour, rendors-toi et laisse moi encore une heure et demi de sommeil. Je te réveillerai à mon tour et je sais combien tu peux apprécier mes réveils, alors ne rumine pas trop et viens dans mes bras.
Il s'était retourné pour plonger son regard bleu claire dans les prunelles grises, qui s'assombrissaient de désir.
Draco hocha la tête et vint se blottir contre le corps de son amant.
Sa bouche vint trouver immédiatement le point, à la base du cou aussi pâle que le sien et qui faisait gémir son compagnon. Ce dernier se positionna directement sur lui immobilisant les bras de Draco au dessus de sa tête.
- Tss tss tss ! Dray s'il te plait, laisse moi dormir et je ferais tout ce que tu voudras au réveil.
Le sourcil de Draco se leva et un sourire sensuel orna son visage.
- Tu sais que j'adore ta manière de me convaincre.
La bouche de Draco se posa doucement sur les lèvres de son amant dans un baiser rapide avant de venir se blottir dans ses bras. L'homme le berça quelques instants, lui caressant le dos en attendant qu'il s'endorme. Une fois la respiration de Draco devenue régulière il posa un baiser parmi les mèches presque blanches et ferma les yeux à son tour.
Oui cette journée serait porteuse de nouvelles. Il espérait seulement que Sev ouvrirait les yeux sur ce qui allait lui être proposé. Il espérait aussi que Black arriverait à le convaincre, parce que même s'il ne l'admettait pas, Sev n'avait pas encore enterré Regulus et seul l'appuie de son ancienne « famille » pouvait l'y aider.
***
- Papa est parti ?
- Oui ; il rentrera en fin d'après midi d'après ce que j'ai compris. Il m'a dit que le mieux serait que je te montre un peu le quartier, tu n'es pas beaucoup sortit depuis qu'on est là. Et en plus on doit faire des courses. Moony m'a laissé une liste
- Heureusement qu'il pense à tout. Je crois me demande comment on a fais pour vivre sans lui au début.
- Je me le demande aussi.
Le regard de Sirius se fit lointain un instant. En le remarqua Harry se gifla m'mentalement ; il s'avait bien que Sirius s'en était énormément voulu d'avoir laissé son Moony en arrière.
- Désolé P'pa.
- T'inquiète pas j'étais con à l'époque.
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- Dis P'pa !
- Oui fiston ?
- Pourquoi tu veux jamais voir 'Mus ?
- C'est une longue histoire Harry.
- C'est à cause de ce qui s'est passé avec mes parents ?
- Un peu. Tu sais, j'étais très proche de Rémus à l'époque de l'accident et le revoir me fait penser à tous les moments passés avec tes parents et ça me rend triste. C'est pour ça que je suis parti d'Angleterre.
- Mais moi je ne te rends pas triste ?
- Non toi tu m'as au contraire beaucoup aidé à surmonter ça.
- T'as eu besoin de moi alors !
- Bien sur je n'y serais pas arrivé sans toi.
- Mais tu sais, 'Mus aussi est triste.
- Oui mais …
- Et en plus lui il a eu personne pour le réconforter de la mort de papa et m'man, et en plus toi tu es parti. Tu sais il s'est retrouvé tout seul.
- Ne dis pas de bêtises !
- J'dis pas de bêtises P'pa, même si j'ai que sept ans et je me rappelle pas de tout ce qui s'est passé avant l'accident mais je sais que Rémus et toi vous été amoureux !
- Etiez.
- Et que si moi, mon amoureuse elle partait au bout du monde je serai encore plus triste.
- C'est qui ton amoureuse ?
- C'est Chris
- Mais c'est pas une fille, c'est un garçon.
- Et alors ? toi t'es bien amoureux de 'Mus ! et puis 'Mus il est très gentil et il m'apporte toujours du chocolat quand il vient me voir et c'est même le meilleur chocolat que j'ai jaaaaaamais mangé, mais je sais que 'Mus il est triste parce que t'es pas là. Et tu sais il m'a raconté qu'il était venu à bord d'un oiseau géant pour chercher à te sauver de la tour d'ivroire dans laquelle tu étais enfermé. C'est vrai qu't'as été enfermé dans une tour d'ivroire ? ça veut dire que 'Mus c'est ton prince charmant ? Comment il à fait pour te délivre ?
- Ce n'est pas mon prince charmant ! j'ai pas une tête de princesse !
- Mais moi je veux que 'Mus c'est ton prince charmant ! Dis tu veux bien le laisser être ton prince charmant ? j'en ai marre de dire que j'ai qu'un Papa, j'aimerai bien en avoir deux ! et puis tous les copains ils seront jaloux eux ils on que des mamans ou des papas, sauf Drew qui à deux mamans, mais moi je peux pas avoir deux mamans parce que je t'ai déjà toi et que t'es pas une fille même si 'Mus c'est ton prince charmant. Et en plus 'Mus il fait bien la cuisine et il pourra me faire pleins de gâteaux à la rhubarbe et au chocolat et on pourra aller tous les trois au par cet été et on pourra aussi …
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- Eh réveilles toi ! je sais bien que ta nuit à été agitée mais c'est pas une raison de somnoler alors que tu dois aller faire tes courses et montrer à ton fils la ville où tu as grandi.
- Harry !
- Quoi on doit faire les courses. C'est Papa qui l'a dit.
- Tu sais de quoi je parle !
- Oh ça ! Mais tu sais, ça me fait plaisir de voir que mes parents ont une vie sexuelle épanouie.
- Pitié dis moi que nous n'avons pas cette conversation !
- Mais P'pa, je croyais que tu serais la dernière personne gênée par ce genre de conversation. Tu sais c'est toi qui as commencé, lorsque j'avais quinze ans, à me parler de papillons et de fleurs.
- Je ne pouvais pas savoir que tu t'intéresserais d'avantage aux papillons qu'aux fleurs.
- Et surtout tu ne pouvais pas savoir que je connaissais déjà la plupart des choses que tu m'as dites. Mais c'était tellement marrant de te voir gêné et nerveux que je ne pouvais pas te dire qu'il n'y avait pas grand-chose à m'apprendre. Et puis Papa semblait tellement s'amuser à te voir comme ça que tu ne peux pas m'en vouloir
- Continue à te foutre de moi et je te promets que tu n'auras pas droit au cadeau que Moony et moi te préparons !
Aussitôt, Harry s'arrêta de parler pour regarder son père de manière suspicieuse.
- Qu'est-ce que tu complote encore ?
Le regard candide et innocent que lui lança Sirius n'eut aucun effet.
- P'pa la dernière fois que tu as eu une idée, l'appart' à faillit prendre feu.
- Eh c'était aussi l'idée de Rémus !
- …
- Mais si je t'assure.
- …
- Il l'a approuvé !
- …
- Il n'a rien dit lorsque je lui ai proposé de faire ce feu d'artifices sur le balcon pour ton anniversaire !
- …
- Eh ce n'est pas de ma faute si le balcon était trop petit et que quelques étincelles du décollage sont tombées sur les rideaux !
- …
- …
- Non tu as raison ; c'était un très bon anniversaire.
Les deux hommes se sourirent, prenant chacun leur blouson et leur casque avant de sortir de la maison.
- Aller Gamin, alors le faire ce tour.
- Tu sais j'ai vingt trois ans P'pa.
- Peut être mais pour moi tu seras toujours un gamin.
Harry savait que ce déménagement avait été dur pour ses deux pères, surtout que cette maison était remplie de souvenirs. Mais, si Sirius avait pu y vivre à nouveau avec l'aide de son frère après tout ce que ses parents lui avaient fait subir, ils pourraient, 'Mus et lui, l'aider à leur tour, après tout Sirius avait réussi à tourner la page, il fallait juste lui prouver qu'il avait raison.
Harry savait aussi qu'ils avaient déménagé en partie à cause de lui, alors il se promit de tout faire pour que jamais ces parents adoptifs n'aient à regretter cette décision.
***
La voiture noire se gara le long de l'allée prévue à cet effet et encadrée de hauts peupliers. Un peu plus loin se dressait une grande maison – plus petite que le manoir Malfoy mais d'une taille à faire pâlir de jalousie les voisins qui essayaient depuis des dizaines d'années à construire une demeure qui pourrait faire de l'ombre à celle du Sir Lucius Malfoy.
Sortant de la voiture et remontant le col de sa redingote (j'ai étudié les diverses formes de manteaux pour trouver le terme exact ^^) Severus Snape se dirigea vers l'entrée de la maison, traversant dans sa longueur l'allée de peupliers qui faisaient plier leurs branches sous le vent et la pluie de décembre. Il ne prêta aucun regard au jardin qui, même sous la pluie battante garait son charme.
Se hâtant d'atteindre la porte pour échapper aux gouttes d'eau, il songea au moyen d'emprunter un parapluie à Lucius sans que celui-ci ne s'en aperçoive.
C'était devenu un jeu – si tant est que les descendants des familles Snape et Malfoy s'abaissassent à ce genre de jeux puérils – Severus s'amusait à voler en douce un parapluie à Lucius à chaque fois qu'il pleuvait et qu'il avait oublié le sien. Le but était de ne pas se faire prendre, chacun des deux partis notant scrupuleusement les scores.
Bien sur il aurait pu en demander un mais ça n'aurait pas été la même chose.
Deux coups à la porte et Lucius s'avançait vers lui pour le saluer et l'inviter à rentrer.
Severus nota tout de suite l'air conspirateur qu'avait le visage de son ami mais il ne s'en inquiéta pas. Il était en plein procès et cet air là était habituel chez lui dans ces cas là.
Il le suivit sans dire un mot dans le petit bureau situé à droite du hall de réception et s'installa dans son fauteuil préféré près d'une cheminée et d'une table basse sur laquelle se trouvaient un service à thé. Lucius s'assit à son tour, servit le thé et attendit quelques secondes.
Les deux hommes se connaissaient depuis trop longtemps et avaient leurs petites habitudes. Ainsi Lucius savait que Severus ne buvait que du thé noir, presque imbuvable, avec quelque fois un zeste de citron ou une lampée de whisky et Severus savait que Lucius attendait qu'il prenne la parole pour commencer la discussion, discussion dans laquelle il monopolisait la parole à son grand soulagement.
La seule fois où ces règles n'avaient pas été suivies fut à la mort de Regulus.
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Il faisait froid et pluvieux ce 3 mars 1985. Lucius s'apprêtait à aller à l'hôpital pour voir comment se portait Regulus. Cela allait faire trois mois qu'il s'était fait pour la première fois. Les meilleurs oncologues se penchaient sur son cas mais dès la première opération la sentence était tombée.
Il ne restait au cadet des Black moins de six mois à vivre, le cancer s'étant trop développé sur ses poumons pour être opérable.
Severus avait été anéanti.
Il s'en souvenait encore.
Ce fut la seule fois ou il avait vu son ami pleurer.
Après une semaine, Regulus sortait, bien décidé à passer le peu de temps qui lui restait à vivre entouré de ses proches et dans un endroit autre qu'un hôpital. Tout s'était bien déroulé les deux premiers mois même si Regulus était de plus en plus affaiblit et tentait de cacher les mouchoirs qui se couveraient de sang à chaque fois qu'il toussait.
Severus ne le quittait pas d'une semelle, gardant son air froid malgré la douleur visible dans les prunelles sombres.
Souvent Regulus s'était reproché de leur avoir avoué la vérité. Un tel diagnostique huit mois après la mort des Potter avait sérieusement achevé le groupe.
Black et Lupin s'éloignaient, et si Sirius devait souffrir de la mort de ses meilleurs amis, Lupin souffrait aussi de la perte de son compagnon.
Lucius savait que Lupin n'était pas aussi fragile qu'il en avait l'air mais il savait aussi que ce chien de Black était tout pour lui, alors le voir s'éloigner de la sorte faisait mal au jeune professeur et tout le monde pouvait le voir, et personne ne se faisait d'illusions ; si à la mort des Potter venait s'ajouter la rupture du couple Lupin/Black, leur groupe était fini.
Mais pour le moment ce qui comptait c'était que Regulus sorte au plus vite de l'hôpital pour qu'ils puissent profiter de lui le plus de temps possible.
Lorsqu'il avait été admis après un évanouissement il y a deux jours, les médecins avaient dit qu'il pourrait ressortir aujourd'hui, alors Lucius s'était offert de faire le chauffeur sachant que Black était trop occupé par la paperasse concernant l'adoption d'Harry.
Il devait passer chercher Severus à 7 heures avant d'aller à l'hôpital.
Il venait à peine de descendre qu'il entendit cogner à la porte. Lorsqu'il l'ouvrit il découvrit un Severus Snape en larmes, contenant mal ses sanglots, du sang coulait de son crâne accentuant le teint blafard et grisâtre de l'homme.
Dans l'allée Lucius remarqua la voiture de Severus, le pare-chocs complètement emboutit, le pare-brise brisé et l'aile droite enfoncé.
A cet instant là Lucius eut peur.
Entrainant son ami à l'intérieur il pria pour que le pire ne soit pas arrivé, mais ses espoirs furent balayés par la seule phrase que Severus prononça ce jour là.
- Il est mort.
Cela se résumait à ça. « Il est mort ».
Juste trois petits mots.
Regulus était mort et Severus était entrain de sombrer.
Ce jour là Lucius ne prononça aucune parole.
Il resta simplement avec Severus, son fils et sa femme, réveillés par le bruit partirent voir Sirius, les laissant seuls. Et Lucius sut que c'était le début de la fin.
S'il en était venu à apprécier Black et Potter c'était surtout grâce à Severus, Regulus et Lupin et la réciproque était vraie. Black avait accepté Severus dès l'instant où il avait vu que Severus pouvait faire apparaitre un sourire le visage habituellement taciturne de son petit frère.
C'est Regulus qui avait permis la cohésion du groupe à la mort des Potter ; c'est Regulus qui a poussé son frère à tourner la page ; c'est Regulus qui à aidé Remus à sortir de sa dépression.
Maintenant qui poussera Sirius ?
Qui soutiendra Rémus ?
Qui veillera sur Severus. ?
Lucius l'ignorait.
Et il avait peur, parce que malgré tout ce qu'il avait pu dire, ce groupe était une partie de sa famille et la voir se disloquer sous ses yeux impuissants le rendait malade.
Mais pour l'instant il devait être fort.
Pour Severus déjà. Il devra habiter chez eux ; ensuite il faudra consoler Lupin et l'empêcher de faire une connerie. Black avait plusieurs fois mentionné qu'il devait changer d'air et qu'il ne restait en Angleterre que pour son frère. Il avait même reçu un appel du directeur d'un cabinet new-yorkais très réputé mais Lucius n'a pas voulu lui en parlé, préférant attendre que Black se décide à venir de lui-même.
Tout foutait le camp et lui était là, et ne pouvait rien faire. Black l'enverrait au diable s'il lui disait quoi que ce soit. Lupin allait lui faire un sourire triste avant de sombrer seul dans son coin, et Severus …
A ce moment là, tenant son premier véritable ami malgré la grande différence d'âge qui les séparait, Lucius constata combien ils étaient tous seuls à l'extérieur de ce groupe.
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- Le 12 a de nouveaux propriétaires.
Les pupilles noires s'attardèrent un instant sur l'éclat qu'elles avaient cru percevoir dans celles de Lucius.
- C'est une bonne chose, reprit le blond, cette maison allait bientôt tomber en ruines.
Sourires.
Tous deux savaient jusqu'au prix que Black mettait dans l'entretient de son ancienne maison en dépit de l'océan qui le séparait d'elle.
Les tasses fumantes furent portées aux lèvres.
- Tu sais je crois vraiment que c'est une bonne chose.
- Peut-être.
Silence. On entendait battre la pluie à la fenêtre. Et le vent redoublait d'intensité. Dans le bureau tout semblait si paisible que l'on aurait pu croire que la tempête se déchainait sur un autre monde.
- Tu passe voir ton fils ?
- Et le tien aussi.
- J'avais oublié que c'était sa semaine sans.
Severus ricana.
- Tu n'aurais pas du l'initier au droit aussi tôt, il aurait pu suivre un cursus normal et tu saurais quand aller le voir.
- Oh mais je suis fière de voir qu'il n'a pas besoin d'aller en cours pour avoir son diplôme. Et je sais parfaitement quand il est libre.
Severus haussa un sourcil sarcastique mais ne dit rien.
- J'ai peut être des difficultés à me souvenir des semaines en effet.
- Tu n'as pas oublié qu'ils se marient au printemps tout de même.
- Ça non, ça fait des années que Draco me prend la tête avec ça, il n'y a aucune chance pour que je l'oublie
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- Papa ! Théo et moi on va se marier !
Lucius jeta un regard mi-exaspéré mi-amusé à son fils unique qui s'était jeté sur lui à peine le pas de la porte passé. Derrière lui un petit garçon fluet aux cheveux sombres qui descendaient en larges boucles autour de son visage baissait la tête presqu'apeuré d'être une source de désagréments.
- Draco, deux hommes ne peuvent pas se marier.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il n'y à pas de loi qui les autorise à le faire.
- Mais …
- Dray tu sais ça ne fait rien, ne dérange pas ton père pour ça.
Lucius regarda son filleul. Il était toujours aussi poli et soucieux de ne déranger personne. Sa voix elle-même semblait demander pardon au silence de rompre sa quiétude.
- Mais Papa toi tu travaille à faire la loi.
La porte de la cuisine s'ouvrit laissant rentrer un Severus Snape portant le plateau du gouté pour les deux enfants.
- Bonjour Severus.
- Lucius.
Les deux garçons regardèrent le plateau apporté par le brun, puis croisèrent leur regard. Draco alla vers l'autre et lui prit là main.
- Tonton Sev'rus Théo et moi on va se marier !
- C'est vrai ça ?
Théo rougit et baissa les yeux. Il avait encore peur d'être rejeté par cet étrange homme qu'il avait appris à aimer.
- Si cela vous dérange il n'en sera rien.
Posant le plateau Severus s'approcha du garçon et s'accroupit
- Si c'est ce que tu veux Théo cela ne me dérange pas.
Le regard plein de gratitude que lui lança le petit brun lui serra le cœur. Il avait une nouvelle raison de vivre maintenant et même si la confiance de Théodore allait lui être difficile à gagner, il allait y arriver parce que depuis la mort de Regulus, ce gamin, accroché au cadavre de sa mère dans une rue sordide de Prague, était ce qui lui était arrivé de mieux.
Une voix fluette tintée de gravité rompit le cours de ses pensées :
- Papa tu travaille à faire la loi.
- On peut dire ça comme ça.
- Alors tu n'as qu'à faire une loi pour que des garçons puissent se marier ensemble !
Lucius en était resté bouche-bée.
Le sourcil haussé de Severus et sa moue sarcastique montraient bien qu'il ne l'aiderait pas à se sortir de là.
Ce ne fut que lorsqu'il rencontra le regard plein d'espoir de son fils puis celui de son filleul qu'il s'aperçut du sérieux de la réplique de Draco.
Il décida de se renseigner sur la possibilité d'autoriser une telle union, au cas où la lubie de son fils ne passerait pas. Son engouement se fit plus fort encore lorsque quelques heures plus tard, Théodore vint le voir, un air trop sérieux sur son visage d'enfant.
Le garçon lui demanda de ne pas se déranger pour cette histoire de mariage, que Draco oubliera bien assez tôt cette idée, et que lorsqu'il sera grand il épousera une jeune et jolie fille issue de la noblesse anglaise. Et que de toute manière Draco était trop jeune pour comprendre le sens de ses paroles et qu'il pourrait toujours l'en dissuader.
Lucius ne dit rien, mais il avait vu la lueur dans les yeux trop bleus du petit garçon.
Ce jour là il eut deux certitude absolue: premièrement, si jamais quelque chose entre les deux garçons, son fils était entre de bonnes mains ; deuxièmement, le fils adoptif de son ami était bien trop intelligent et perspicace pour son âge.
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- Je crois que Draco est un peu stressé ces derniers temps.
- Il a de quoi l'être, il n'a pas de témoin.
- Ton fils aussi.
- Je sais. Mais je crois qu'il a l'intention de prendre les jumeaux.
- Misère !
- Ce sont les premiers à être venus vers lui lorsqu'il est arrivé. De plus ils sont assez intéressants une fois la première impression passée.
- Je ne sais pas combien de personnes paieraient pour être à ma place. Severus Snape, le grand Severus Snape, la terreur du barreau, admettre avoir de la sympathie pour quelqu'un d'autre que son fils, son filleul ou le diable personnifié …
- Tu te flattes toi-même.
- Peut-être. Mais Severus tu as du coucher avec eux avant d'admettre qu'ils étaient assez intéressants une fois la première impression passée.
- Et alors je n'ai pas précisé en quoi ils étaient intéressants.
Sourires entendus. Passé un temps les deux hommes n'avaient pratiquement plus besoin de se parler.
Ils finirent leur thé en silence.
- Tu passes les voir ?
- Il le faut bien.
Le regard de Severus fit le tour de la pièce et s'attarda sur le porte-manteau du bureau.
Parfait.
- Je dois passer au cabinet récupérer le dossier de l'affaire Riddle, tu as besoin de quelque chose ?
Le blond hocha négativement la tête, il ne voulait pas travailler en ce moment.
- Salue les petits de ma part et dis leur que demain soir Cissy et moi organisons un dîner pour de vieux amis qui sont rentrés récemment.
- Je transmettrai.
- Tu es aussi invité.
- Je n'aime pas dîner avec des gens que je ne connais pas.
- Viens quand même Severus, je suis sur que ce dîner te fera plaisir.
- On verra bien.
Mettant son manteau, il ouvrit la porte ; un courant d'air frais entra dans la maison faisant frissonner Lucius.
- Pour l'histoire des témoins, je crois que Draco inconsciemment espère qu'Harry tombera du ciel avant son mariage.
- Que veux-tu dire Severus.
- Draco a été marqué par le départ du jeune Potter, il n'a plus lié de liens d'amitié aussi forts qu'avec lui.
- Il avait à peine cinq ans.
- Il était assez âgé pour s'en rendre compte.
- Tu as peut-être raison.
Severus partit sans répondre.
En refermant la porte, Lucius Malfoy observa que, dans le porte-parapluie situé sous le porte-manteau, il manquait un parapluie.
Il sourit.
Severus marquait encore un point.
Installé dans sa voiture Severus laissa un mince sourire orner ses lèvres en sortant le parapluie de sous son manteau. Laissant ses pensées dériver, il repensa à ce qu'il avait dit à Lucius à propos de Draco.
Je me demande ce que deviens Harry.
***
Maudites ruelle ! maudites pluie ! maudites explications à la con ! tourner à droite puis à gauche, mon cul oui ! vieil imbécile ! je suis sur qu'il l'a fait exprès ! et merde voila que ça tombe encore plus ! maudite pluie ! il faisait presque beau il y a un quart d'heure !
Au beau milieu d'une petite ruelle qui s'était assombrie avec l'accumulation des nuages d'orage dans le ciel, Harry était à deux doigts de s'arracher les cheveux.
La pluie tombait de plus en plus fort et il s'était perdu dans un dédale de petites rues dont il n'arrivait pas à sortir. A cet instant il aurait tout donné pour pouvoir étriper correctement le vieillard aux étranges lunettes en forme de demi-lune qui lui avait indiqué le chemin pour retrouver Grimmaurd Place, mais en suivant les conseils de ce vieux sénile il s'était retrouvé encore plus égaré qu'il ne l'était avant dans cette ruelle avec personne aux alentours pour lui donner la moindre indication.
Lorsqu'il vit un chat filer se mettre à l'abri, un rictus s'installa sur son visage.
On dirait le début d'un mauvais film d'horreur, il ne manquerait plus que le serial killer qui arrive derrière moi pour compléter la scène.
Il allait revenir sur ses pas pour chercher une nouvelle sortie lorsque le bruit d'un carillon se fit entendre suivi d'une voix qui semblait venir du fond de la rue.
A te voila enfin ! maudit chat, moi qui espérait que tu n'allais plus ramener tes puces chez nous !
Le carillon à nouveau, suivit du bruit d'une porte qu'on ferme et Harry remercia toutes les divinités qui passaient par la de lui avoir montré la voie d'un endroit où il pourrait demander son chemin. Il continua sa route vers le fond de l'impasse – il voyait maintenant qu'il s'agissait d'une impasse.
Il est marrant l'autre, ce n'est pas cette rue qui me mènera à Grimmaurd !
Il chercha des yeux ce qui pouvait passer pour une boutique, car le bruit de carillon provenait surement de celui accroché en haut des portes d'entrées de certaine anciens commerces, mais il ne voyait rien d'autre que des immeubles à l'air peu accueillants et qui semblaient pour la plupart inhabités.
Il allait presque faire demi-tour lorsque ses yeux se posèrent sur la devanture de ce qui semblait être une librairie de livres anciens. La vitrine exposait de vieux livres aux pages jaunies et à la couverture au cuir légèrement racornit et dont le titre en lettres dorées était effacé sur la plupart.
Un exemplaire de ce qui semblait être une vieille édition de L'Enfer de Dante Alighieri était ouvert sur une des illustrations du français Gustave Doré et Harry resta un instant fasciné s'étant rendu compte que le livre qu'il avait sous les yeux devait avoir près de cent cinquante ans.
Sortant de sa contemplation il regarda à l'intérieur pour voir si quelqu'un s'y trouvait parce que même si les livres semblaient être posés là depuis longtemps, la vitrine paraissait bien entretenue et la faible lumière provenant de l'intérieur confirma à Harry que la librairie devait être ouverte.
Et même si elle ne l'est pas j'expliquerai que je me suis perdu et que je n'ai pas trouvé âme qui vive pour m'indiquer le chemin. Je parie que la personne qui tient cette librairie est un vieux monsieur très gentil qui acceptera de m'aider, pas comme l'autre vieux fou de tout à l'heure !
Il se dirigea vers la porte, l'estomac étrangement noué, comme s'il allait faire un pas dans un endroit mystérieux, et à la réflexion il se rendit compte que c'est justement ce qu'il s'apprêtait à faire. Levant les yeux avant de passer la porte, il vit sur la plaque de bois qui la surplombait le nom de la librairie gravé en lettres aux couleurs écaillées et encadrées de ce qui lui semblait être des cartes du tarot de Marseille.
Un squelette et un pendu (1) bizarre. Je vais peut être tombé sur un autre fou.
Il hésita jusqu'à ce qu'une nouvelle bourrasque ne ramène sur lui une nouvelle volée de gouttes de pluie encore plus grosse et plus froide qu'il y a quelques minutes.
Tans pis, quitte à mourir, je préfère être tué par un fou psychopathe au chaud plutôt que mort de froid à cause de cette foutue pluie.
En passant la porte, alors que le carillon carillonna pour annoncer sa venue il songea que ce n'était pas le nom qu'un fou psychopathe donnerait à sa boutique.
Non certainement pas.
C'est un bien joli nom d'ailleurs.
A la cour des miracles. (2)
A suivre …
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(1) : les cartes citées sont bien sur la carte sans nom et la carte du pendu.
(2) : je cherchais désespérément un nom pour la librairie, un nom qui soit joli et qui renvoi une image mystérieuse du lieu. Bref je planchais là-dessus depuis au moins deux jours lorsque je me suis aperçue que la chanson que j'écoute en boucle depuis maintenant presque une semaine était en fait le nom idéal. Pour la chanson il s'agit de la cour des miracles (court of miracles) dans le bossu de Notre Dame de Disney – ok j'avoue je suis une fan incontestable de Clopin. Bref voila d'où est tiré le nom de la librairie.
Bonsoir tout le monde.
Alors voila le chapitre 3.
Au début je n'étais pas très fière de lui, tout d'abord parce que je trouvais qu'on reste trop centré dans le passé et ensuite parce que je ne voulais pas du tout raconter ça au début. Cependant, après relecture je me suis aperçue qu'il fallait que je raconte cette entrevue entre Lucius et Severus ne serais-ce que pour amener Lucius dans l'histoire.
Je comprendrai que certains soient déçu parce qu'ils s'attendaient peut être à la rencontre entre Harry et Severus (chose qui était prévue à l'origine). Votre avis m'intéresse beaucoup. En tout cas ne désespérez pas, cette rencontre auras lieu dans le prochain chapitre (je ne peux plus faire de détours maintenant, tous les chemins mènent à elle).
Pour la suite, elle arrivera soit dimanche soir soit lundi.
Chapitre 4
A la cour des miracles.
Bonne soirée à tous
BooZ
