Chapitre 6
Voir passer les nuages
Salut
Bon, avec un peu – beaucoup – de retard voici le chapitre 6.
Merci à tous ceux qui m'ont gentiment encouragé.
Encore une fois j'ai été prise dans un flot d'événements indésirés – le chapitre à été écrit assez facilement cette fois-ci – qui ont fait que je n'ai pas pu le poster avant.
Après ce chapitre j'ai réussi à me faire une idée précise de la fic et je vous annonce qu'elle ne contiendra que 9 chapitres plus une séquelle que je désire mettre à part.
Je vous expliquerai cela au cours des prochains chapitres.
Dans celui-ci j'ai voulu mettre en avant le rôle des personnages 'secondaires' c'est pour cela qu'on pourrait penser que rien ne se passe entre Harry et Severus. Il faudra attendre le chapitre 8 pour que la 'grande bataille' ait lieu, d'ici là ils vont continuer à flirter un peu – enfin je crois je n'ai pas encore commencé le chapitre 7 ^^.
Disclaimer : Tous les personnages sont la propriété de JK Rowling.
Paring : Harry/Severus (principal) mais aussi Rémus/Sirius, d'autres couples apparaitront plus tard je ne veux pas vous gâcher la surprise.
Warning: Cette fic est classée M c'est parce qu'elle comportera des scènes très explicites. De plus dans ce chapitre il y aura un petit lime (dites moi ce que vous en pensez moi je suis pas hyper satisfaite mais vos lectures peuvent m'éclairer).
C'est aussi un slash. C'est à dire des relations amoureuses entre hommes.
Si vous n'aimez pas ça, ne lisez pas ! Homophobes, passez votre chemin
Autres petits rappels : c'est un UA et les personnages sont un peu OOC, mais bon étant donné qu'ils n'ont pas connus tout le tra la la avec Voldy c'est un peu normal que leur caractère change.
Ah oui j'espère que vous avez aimé les deux OS que j'ai posté. J'en posterai deux autres sur les couples HP/SS et SS/RB mais il faudra attendre la fin des vacances.
En attendant bonne lecture à tous.
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Chapitre 6
Voir passer les nuages
Voilà.
Ils y étaient.
Ils leur avaient fallut un peu moins de 7 minutes pour arriver a Grimmaurd Place et Harry pensa qu'il devait avoir l'air d'un idiot.
Tout d'abord pour avoir réussi à se perdre alors qu'il se trouvait à deux pas de chez lui. Et il se renfrogna d'avantage lorsqu'il s'aperçut que l'homme qui l'avait reconduit ne pouvait s'empêcher de retrousser ses merveilleuses lèvres en un sourire sarcastique.
Ensuite, parce qu'en cherchant dans les poches de sa veste il s'était retrouvé face à l'évidente absence du petit porte clé métallique en forme de griffon.
C'était une chose de se faire ramener chez lui par un homme qu'il connaissait à peine, de le draguer ouvertement en lui proclament presque qu'il était l'homme de sa vie, c'en était une autre de se faire raccompagner – par ce même homme – pour rien.
Quel abruti je fais !
Il avait certes retrouvé tous les souvenirs, concernant Severus Snape, qui étaient tapis dans sa mémoire mais il n'était pas encore préparé à faire face à celui qui, il s'en apercevait maintenant, avait été le modèle de son idéal masculin.
Or il se voyait mal faire demi-tour pour aller à la Cour des Miracles sous une pluie torrentielle.
Comme il ne voyait ni la moto de Sirius ni la voiture de Remus il en conclut que ses parents n'étaient pas encore rentrés – le garage servant d'avantage de débarrât qu'autre chose.
Journée de merde !
Sentant son nouveau voisin ruminer après avoir fouillé peu discrètement ses poches, Severus se décida de poser la question qu'il savait déjà inutile :
- Vos clés seraient–elles attachées à un porte clé en forme d'oiseau ?
Le regard que lui envoya le plus jeune l'aurait touché s'il n'était pas tinté de cet espoir qui se voit lorsque la personne en face pense que vous êtes à deux doigts de résoudre ses problèmes.
- Vous les avez trouvées ?
Le regard vert était rempli d'espoir, pareil à celui d'un enfant auquel on vient d'annoncer que son anniversaire à été avancé.
A cet instant précis, Severus maudit son fils, maudit son filleul, maudit ce chien de Black et toutes les personnes plus ou moins impliquées dans cette comédie qui faisait de sa vie un enfer. Mais devant les yeux du garçon qui étaient trop verts pour son bien et devant l'absence évidente de vie au numéro 12, il ne put qu'abdiquer.
- Cela ne servirait à rien de retourner voir mon fils je le connais assez bien pour savoir qu'il aura disparu tout comme vos clés.
Le regard interloqué d'Harry le fit sourire lorsque ses sourcils se haussèrent imperceptiblement.
- Vous avez oublié vos clés, ou plutôt on vous a dérobé vos clé, dans cette foutue librairie. Cela ne servirait à rien d'y retourner elles n'y seront plus. Je vous propose de venir chez moi et d'appeler un de ces bons à rien qui vous sert de parent pour rentrer au plus vite.
- Comment …
- Je connais simplement mon fils.
Il remarqua que le vent venait de s'élever d'un coup sur la place faisant tourbillonner les dernières feuilles restant au sol dans un ballet étrange. Severus ne put empêcher un sourire mi-figue mi-raisin se dessiner sur ses lèvres.
- Et puis, il faut bien que j'apprenne à connaitre l'homme de ma vie non ?
Ses yeux se posèrent sur son passager qui eut la décence de rougir et de baisser les yeux. Ils sortirent de la voiture pour se diriger rapidement vers le numéro 9.
Harry remarqua d'abord que la maison, vue de l'extérieure, ressemblait beaucoup à celle du numéro 12. Seul le petit jardin de l'entrée différait, parce que si celui qu'il avait devant les yeux était bien entretenu, les haies taillées soigneusement et les parterres de fleurs fraichement retournées pour laisser la terre respirer en cette saison d'hiver, celui du 12 s'approchait d'avantage d'une jungle sauvage qu'autre chose. La première fois qu'ils y avaient pénétrés, Sirius avait faillit tomber à cause des mauvaises herbes qui entravaient le chemin. Il avait certes payé quelqu'un pour s'occuper de la maison, mais il en avait oublié le jardin et il en payait les frais.
Ils se hâtèrent de passer la porte pour se retrouver dans la chaleur du hall aux couleurs pastel très agréables et qui contrastait avec l'apparente sévérité du maître des lieux.
Sans un regard pour son invité surprise, Severus se dirigea directement vers le salon qui se profilait au bout du couloir.
Derrière lui, Harry prit une grande inspiration avant de le suivre tout en se répétant en boucle cette phrase qui, semblait-il était devenu son crédo.
Journée de merde !
Tout en avançant, il remarqua les petits tableaux représentants pour la plupart des paysages de tempête accrochés à intervalles réguliers sur les murs. Des tableaux sombres et fascinants par la précision de leurs traits malgré le rapide coup d'œil qu'il leur avait jeté.
Mais aussitôt rentré dans le salon une nouvelle angoisse le saisit. Qu'allait-il se passer désormais ?
Non pas qu'il n'apprécie pas le fait de se retrouver seul avec cet homme, par un après-midi pluvieux, et les images que lui envoyaient son esprit prouvaient bien le contraire, mais, même si ces idées le faisaient presque saliver d'envie, il était peut probable que ledit homme soit enchanté par cette proposition.
De plus, le petit aperçu auquel il avait eu droit l'avait convaincu d'une chose, Severus Snape n'était pas quelqu'un de très bavard. Alors il pria silencieusement tous les dieux et déesses qui pouvaient passer par là qu'un de ses parents puisse rentrer rapidement.
Séduire l'homme d'accord, mais il lui fallait un plan d'approche. Plan d'approche qui devait se préparer, se peaufiner avec soin, qui devait se penser comme l'on pense le plan d'une bataille. En un mot comme en deux, il avait besoin de temps pour parvenir à cerner cet homme.
Pour l'instant mon pauvre Harry, tu n'en as pas !
Alors on va faire comme dans les situations de crise !
…
On va y aller à l'instinct !
Un large sourire presque machiavélique orna quelques secondes le visage fin d'Harry avant qu'il ne se décide à rattraper, d'un pas rapide, son hôte infortuné.
Si Severus s'était retourné à ce moment là, il aurait sans doute pensé que le fils de James et Lily était irrémédiablement devenu fou. Probablement avait-il vécu trop longtemps aux côtés de ce sale chien de Black.
Heureusement pour Harry, il ne se retourna qu'une fois arrivé dans le salon.
- Débarrassez-vous de votre manteau. Le téléphone est juste là. Vous préférez prendre du thé ou du café ?
- Du café merci.
Harry était entrain de suspendre sa veste au porte manteau du hall que Severus lui avait indiqué lorsque la question lui avait été posée aussi lorsqu'il revint au salon, la pièce était vide, il entendait seulement le bruit que faisait son hôte dans ce qui semblait être la cuisine.
Il alla vers le téléphone tout en détaillant la pièce qu'il avait sous les yeux.
S'il devait séduire cet homme il devait parvenir à le cerner.
Bien sur, le journal découvert dans le grenier lui serait d'une aide précieuse, mais il avait été écrit lorsque l'homme qu'il convoitait avait à peine vingt ans et Harry savait qu'il ne devait pas se baser uniquement sur ce journal.
Le salon était une vaste pièce meublée avec gout et simplicité.
Le sol était couvert d'épais tapis persans sur lesquels siégeaient de grands fauteuils à hauts dossiers autour d'une table basse ainsi que plusieurs canapés qui entouraient une télévision de grande taille et qui était posée dans un coin de la pièce. Par l'état presque neuf de ces canapés, Harry en conclut que ce coin ne devait pas être utilisé très souvent.
Cela collait bien à l'image qu'il avait de l'homme sombre.
De l'autre coté de la pièce une autre table basse, entourée cette fois d'un ensemble de fauteuils et de canapés en cuir brun sombre, trônait devant une cheminée éteinte.
Dans un des coins Harry aperçut ce qu'il déduit être un mini bar en bois claire ayant la forme d'un tonneau dont l'un des cotés portait une poigné de fer forgé joliment ouvragée.
Continuant son tour de la pièce ses yeux se posèrent sur l'endroit d'où provenait une lueur chaude et orangée. Il découvrit, dans un repli de la pièce, ce qui semblait être une alcôve dont les fenêtres donnaient à l'ouest. La lumière provenait des rayons du soleil couchants qui se faufilaient entre les bâtiments londoniens pour donner directement dans ce renfoncement à peine visible.
Il se souvint rapidement d'une soirée qu'il avait du passer dans cette alcôve. Endormit à moitié. Il se souvint aussi d'une couverture qu'on lui posait sur le corps et d'une mélodie douce et apaisante.
Ce souvenir lui fit déceler une large forme, à peine visible de l'endroit où il se trouvait.
Il se tourna pour mieux la voir.
La lumière déclinante du jour ainsi que le mauvais angle de vue qu'il avait ne lui permettaient pas de voir l'objet correctement mais d'après son souvenir, les lignes esquissées et les ombres tordues qui reposaient sur un pan de mur il finit par être certain qu'il s'agissait du piano.
Il allait s'avancer pour s'en assurer lorsqu'une voix interrompit son mouvement.
- Allo ?
- Papa ?
- Harry ? Ça va ? C'est quoi ce numéro de téléphone ?
- Oui oui ça va. Je suis chez l'un de nos voisins, écoute c'est assez compliqué à expliquer comme ça mais j'ai perdu mes clés. Tu peux venir me récupérer au 9 Grimmaurd Place lorsque tu rentres ?
- Au 9 ?
- Oui. Je t'expliquerai.
- Très bien Harry j'arrive dans une quinzaine de minutes.
- Tu n'es pas au lycée ?
- J'ai fini plus tôt. Je suis parti faire deux trois courses. Je me dépêche.
- Bien. A tout à l'heure. Et oublie pas c'est au 9 !
- Je ne risque pas d'oublier.
Harry voulut répliquer mais son père avait déjà raccroché.
Il s'interrogea un instant sur ses dernières paroles lorsqu'il entendit une porte s'ouvrir sur un Severus Snape portant un plateau contenant deux tasses de café fumant ainsi qu'un sucrier et un pot de crème.
- Je m'excuse mais je ne suis pas très sucreries. J'ai même du batailler pour trouver un peu de sucre alors …
- Ça ne fait rien. Ne vous dérangez pas pour moi.
Harry lui offrit un sourire désolé avant de continuer.
- Mon père arrive dans une quinzaine de minutes, je ne vous dérangerais pas plus que nécessaire.
Severus installa le plateau sur la table basse près de la cheminée et lui lança un regard signifiant qu'il n'en croyait pas un mot.
Le regard d'Harry soutint les deux orbes sombres avant de se détourner.
- Vous avez au moins le temps de prendre ce café.
D'un geste il invita Harry à le rejoindre.
- Comment prenez vous votre café ?
Le regard vert se fit pensif un instant avant de répondre.
- A cette heure-ci un sucre suffira.
Severus déposa alors un cube blanc dans le liquide sombre avant de tendre la tasse à Harry qui n'hésita pas à effleurer outrageusement les doigts qui la tenaient. Voyant les sourcils de l'homme en face de lui se froncer il lui lança un sourire pétillant.
- Je crois que nous avions convenus que le vouvoiement n'était pas de rigueur Severus.
- Je crois que VOUS avez convenu cela tout seul.
- Si tu renâcles cela sera d'autant plus intéressant.
- Insolent.
Le regard vert se fit un instant lubrique avant que Severus n'enchaîne.
- Morveux.
Mais le ton n'y était pas et le regard visiblement rieur de l'homme fit comprendre à Harry qu'il avait réussit à faire un pas en avant.
Il prit une gorgée de café, se délectant du gout amer du liquide, observant son vis-à-vis du coin de l'œil.
- Qui vient vous chercher ?
Le ton était celui de la conversation, posé, poli et un brin hypocrite, mais derrière cette façade perçait une certaine curiosité.
- Remus ; Remus Lupin.
A la découverte de ce nom, Severus sembla se détendre imperceptiblement.
Harry sourit à ce constat.
Il connaissait dans les grandes lignes la vie de l'homme qui lui faisait face et savait qu'une confrontation directe avec son autre père serait rude pour lui. Il ne voulait pas encore brusquer les choses, sachant que le sujet Regulus Black serait à bannir pour l'instant.
Le silence s'installa un instant dans le salon. Harry prit les choses en main avant qu'il ne s'éternise. Foncer tête baissé n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire mais ne rien faire du tout était pire.
- Etes-vous déjà allé à New-York, monsieur Snape ?
Ledit monsieur Snape put noter le retour du vouvoiement, il put aussi noter la voix grave qui s'était fait chaude et légèrement rauque.
C'est dans un soupire qu'il prononça un « oui », le gamin voulait jouer, il allait jouer.
Cela faisait presque quatre mois qu'il n'avait pas eut quelqu'un dans son lit, alors si l'apollon qui lui faisait face se proposait si gentiment, pourquoi ne pas lui donner ce qu'il voulait.
Il connaissait trop bien les pulsions qu'ont les jeunes à cet âge et pensait que les beaux discours prononcés un peu plus tôt n'étaient que des paroles en l'air qui seront oubliées aussi vite l'objet désiré obtenu.
C'était le B.a.-ba de la psychologie.
Et tant pis pour la différence d'âge, tant pis pour le retour de Black, tant pis pour le gamin qu'il avait gardé trop de fois selon lui.
Devant lui se tenait un homme qu'il ne connaissait pas – pas encore lui dit une petite voix dans sa tête – et qui était plus que désirable, alors pourquoi ne pas tenter le coup.
Cela fermerait le bec à son fils et son traître de filleul et il pourrait faire enrager Black. Le seul problème qui se profilait était Remus, mais il allait se débrouiller avec. Pour l'instant, il voulait jouer. Jouer au jeu de la séduction qu'il n'avait pas pratiqué depuis longtemps – depuis Charlie en fait.
Il allait séduire, séduire vraiment ce jeune homme qui était déjà attiré par lui. Et il allait aussi le laisser le courtiser sans en donner l'air. Severus Snape décida de se laisser aller au plan de ses traitres d'amis.
- Oui j'y suis déjà allé, donner un concert pour une collecte de fonds.
Et c'est avec sa voix lasse qu'il entreprit de converser avec l'objet de sa convoitise.
Ne rien donner pour l'instant.
Le faire patienter.
C'est ce qui rend les choses encore meilleur.
Prendre son temps.
OoOoOoO
- C'était Harry.
- Alors ?
Pas moins de quatre voix venaient de s'élever dans le salon situé à l'arrière d'une librairie. L'homme châtain qui avait pris la parole eux un sourire et se tourna vers le jeune homme brun appuyé contre un des pans de la cheminée.
- Tu avais raison il est au 9.
A ses paroles la plupart des personnes présentes dans la pièce réprimèrent un sourire, leur opération avait commencé avec succès, ils espéraient pour la plupart connaitre assez Severus pour anticiper ses mouvements.
- Bien.
Le jeune homme brun se releva.
- Il n'est pas revenu, ce qui est une bonne chose en soi. Tu as dit que tu le chercherais dans combien de temps ?
- Quinze minutes. Si je lui laisse trop de temps Harry est capable de faire une connerie.
Théo approuva d'un hochement de tête accompagné d'un sourire avant de se tourner vers les autres personnes présentes.
- Fred, Georges, vous partez dans une heure.
Les jumeaux approuvèrent d'un air obéissant, ce qui n'était vraiment pas bon signe.
- Hermione, tu as le temps de passer demain matin ?
- Je crois que cela pourra se faire. En attendant, je dois y aller. Moi j'ai une vraie librairie qui m'attend.
- Eh !
Le cri d'indignation que poussèrent les jumeaux et Draco la fit sourire.
Elle alla poser Chaton dans les bras de l'homme à la longue barbe blanche, se penchant pour lui chuchoter quelque chose avant de se tourner vers la femme qui se tenait près de lui.
- Voulez vous rentrer avec moi professeur McGonagall ?
- Cela fait bien des années que je ne suis plus votre professeur Miss Granger.
- Les vieilles habitudes vous savez …
Les deux femmes se sourirent d'un air espiègle, puis la plus agée se leva en saluant l'assemblée.
- Heureuse de vous revoir parmi nous Remus.
- Heureux de vous retrouver Minerva.
- Ah et n'oubliez pas la réunion de la semaine prochaine.
- Je n'y manquerai pas.
Hermione fit un vague salut à l'assemblée avant de prendre le bras de la femme qui l'accompagnait et de sortir du salon en chuchotant d'un air conspirateur.
Le silence se fit un moment dans la pièce. Calme et serein. Presque le silence d'avant la bataille. Théo avait déjà placé les pièces, maintenant il lui faudrait les avancer.
- Je vais partir également.
Lucius Malfoy s'était levé de son fauteuil et époussetait son pantalon sombre – sur lequel il n'y avait pas le moindre brin de poussière, Malfoy oblige – d'une main distraite.
- Lupin. Je ne te le dirai qu'une fois, mais je suis heureux de te revoir. Tu n'as pas oublié le chemin de ma demeure ?
Les lèvres dudit Lupin se recourbèrent en un sourire ironique.
- J'ai fais ce trajet tant de fois qu'il me serait difficile de l'oublier Lucius.
Le ton était séducteur, et l'ainé des Malfoy ricana.
- Black n'est pas là Lupin.
- Oh tu sais je ne fais que m'entrainer.
Les deux hommes se regardèrent avant d'échanger un sourire complice.
- Quoi qu'il en soit demain 19h chez moi. Narcissa sera ravie de vous revoir.
Lupin approuva.
Le blond salua d'un geste les personnes encore présentes avant de partir à son tour.
Après son départ, les jumeaux entrainèrent leur frère dans la librairie pour lui montrer leur dernière trouvaille tandis que le professeur Dumbledore se tournait vers Draco pour le questionner sur ses études.
Théo lui se rapprocha du couple resté sur le canapé.
- Cédric, j'espère que cela ne te dérange pas que l'on vous ait entrainé là-dedans ?
Le couple lui sourit.
- Ne t'en fais pas Théo. Nous avons embauché un détective sur place. Si quelqu'un entend parler du collier nous le saurons immédiatement.
- Et puis c'est tellement plus drôle de jouer les entremetteurs.
La jeune asiatique avait appuyé ses dires par un grand sourire qui illuminait son visage, ses yeux sombres et bridés brillant d'une lueur d'amusement. Se mêler de la vie d'autrui ; Cho Chang était sans doute leur meilleur stratège dans ce domaine.
- Je suis content dans ce cas là. J'attendais justement que les deux représentants de la loi soient occupés à autre chose pour vous demander de me rendre un petit service.
Ils se regardèrent. Cherchant à anticipé la demande.
- Harry James Potter c'est ça ?
Murmura le blond.
- Harry James Potter ET Harry James Black Lupin.
Approuva Theodore.
Le couple sur le canapé acquiesça.
- Mais attend demain, j'ai besoin de sommeil ce soir.
- Tout ce que tu veux ma belle.
Ils se sourirent d'un air entendu. Théo reprit la parole pour demander.
- Cédric, tu as des nouvelles de Zacharias ?
- Il m'a envoyé un message il y a une semaine, il suit l'homme que tu lui as demandé de suivre mais il semblerait que ce ne soit pas lui. Il attendra la fin de la semaine pour te dire s'il a du nouveau.
- Bien.
Et ils continuèrent leur conversation, parlant ou chuchotant.
Théo interceptait de temps à autre un regard de la part de son futur mari, le rassurant d'un geste.
Si Draco n'avait aucun problème avec le couple qui servait au cercle d'espion et de voleur, le fait qu'il leur ait demandé d'enquêter sur l'ami qu'il avait perdu il y a plus d'une quinzaine d'année ne l'aurait pas mis de bonne humeur.
Mais Théo devait savoir si Harry agirait comme prévu. Il devait recevoir l'aide voulue en temps voulu et c'était là toute la difficulté de la chose.
Toutes les affaires du cercle avaient cessées, sauf quelques unes qui étaient suivies à distance grâce à leurs correspondants.
Cela l'avait d'ailleurs étonné, parce que s'il était capable de bien des choses, Théo avait encore du mal à assimiler le fait que toutes les personnes qui, appartenaient au cercle qu'il avait créé, lui étaient totalement et irrémédiablement loyales.
Il avait pensé que certains membres préféreraient suivre eux même la progression des affaires sur lesquelles ils enquêtaient, mais non, tous avaient répondus à son appel.
Il fit le tour de la pièce des yeux.
C'était devenu des membres de sa famille.
Sa famille à part entière. Même s'ils n'avaient aucun lien entre eux, ils l'avaient tous acceptés et c'est ce qui avait compté pour lui.
Quand Cédric était tombé sous le charme d'une prostituée asiatique, il avait tout fait pour la sortir de là, usant des contacts de son père et de ceux qu'il s'était fait tout au long de son adolescence. Et il n'avait rien perdu au change. Cho ne contribuait pas seulement au bonheur de Cédric, mais aussi à celui du cercle, elle était une voleuse de premier ordre.
Lorsque les jumeaux durent affronter le regard de leur famille qui avait appris leur relation hors norme, il avait été là pour les soutenir, leur offrir de quoi prendre un nouveau départ, sans jamais les juger. Les deux frères avaient trouvés dans ce cercle un endroit où ils pouvaient vivre sans les regards désapprobateurs, horrifiés ou dégoutés.
Ils avaient fait de leur amour leur force principale et peu de personnes étaient aussi machiavéliques et fins stratèges que ces deux là réunis.
Tous étaient liés d'une manière ou d'une autre.
Lucius, les couvrait à l'intérieur du territoire anglais et Dumbledore et McGonagall les couvraient en Europe. D'autres de leurs contacts s'occupaient d'eux dans les différents continents.
C'est comme cela d'ailleurs que Théo avait rencontré Remus.
Toutes ces personnes l'avaient accepté, désormais c'était à son tour de s'occuper d'elles.
Alors Théo sourit.
Il avait une famille qui donnerait tout pour aider ses membres. Une famille étrange et bigarrée aux comportements inhabituels et parfois déplacés, mais une famille quand même.
Il sourit en pensant que ces réflexions viraient drôlement à la guimauve ces derniers temps, mais ne s'en soucia pas.
Son regard croisa celui de Draco et il se dit qu'il pouvait se permettre d'être mièvre, après avoir cru mourir de froid dans cette ruelle de Prague, la vie ne pouvait être que meilleure.
OoOoOoO
A quelques petits kilomètres de là, au 9 Grimmaurd Place, une conversation se tenait à bâtons rompus entre deux hommes.
Il leur avait fallut moins de cinq minutes pour s'accorder sur un sujet de discussion.
Et depuis lors Severus faisait une liste critique et très subjective des endroits qui méritaient d'être vues à Londres.
Le plus âgé était entrain d'argumenter sur l'intérêt architectural de la Westminster Cathédral lorsqu'ils entendirent un bruit résonner dans la pièce.
Severus se leva, allant vers la porte d'un pas décidé, mais ses épaules tendues et son visage figé montrait qu'il appréhendait la rencontre avec l'une des images de son passé.
Harry se dépêcha d'enfiler sa veste avant de le suivre. Il entendit la porte s'ouvrir dans un grincement.
- Bonjour Severus, cela faisait longtemps.
- Remus.
Les deux hommes se faisaient face, sans prononcer un mot, presque figé malgré le sourire de Remus se voulait rassurant et ses yeux qui montraient toute la tendresse qu'il avait pour l'homme qui lui faisait face.
- Tu as changé.
- Toi aussi, Severus, toi aussi.
Ils se fixèrent encore un moment quand Remus, n'y tenant plus pris soudainement l'autre homme dans les bras.
Le brun se tendit un moment avant de se relâcher et d'entourer son ancien ami de ses bras, enfouissant sa tête dans le cou pâle, il respirait à plein poumons cette odeur qui lui avait apportée tant de réconforts dans sa jeunesse.
Lorsqu'il est entré dans le groupe qui fréquentait Lucius, la première personne à s'être tournée vers lui, après Lily avait été Lupin.
Lupin qu'il avait outrageusement dragué rien que pour faire enragé Black.
Lupin.
Lupin qui avait été le seul qui le comprenait presque à demi-mots.
C'était à lui qu'il confiait ses craintes lorsqu'il n'était pas encore avec Regulus, c'est dans ses bras qu'il avait pleuré à la mort de ses parents.
Lupin plus que Regulus savait comment le réconforter, il savait dire les mots justes, lui indiquer le chemin à suivre. Il était trop fière pour parler de toutes ses peurs à Regulus mais étrangement, il pouvait se confier à Lupin, parce qu'il avait quelque chose dans le regard qui montrait que lui aussi vivait avec ses propres démons.
A la mort de Regulus, après le départ de Black, deux raisons l'ont poussé il à quitter l'Angleterre : tout d'abord, il est parti pour fuir tous les souvenirs qui s'y trouvaient, trop de morts en trop peu de temps dans un groupe qu'il considérait comme sa véritable famille et deuxièmement pour permettre à Lupin de se détacher de lui et de partir faire ce qu'il devait faire.
Parce que s'il n'était pas parti faire ces concerts en Europe, Lupin serait resté avec lui pour le consoler, lui faire oublier sa peine, le faisant passer en premier, oubliant son propre chagrin après le départ de son amant. Et Severus refusait que, cet homme qu'il aimait à sa manière, gâche sa vie pour lui.
Maintenant, alors que Remus se détachait de lui, un sourire aux lèvres, resplendissant de bonheur, il sut qu'il avait fait le bon choix.
Tous deux étaient maintenant heureux.
Lui avait rencontré Théo et Remus avait retrouvé son bon à rien de Black.
Severus laissa un sourire orner ses lèvres. Tandis que Remus constatait.
Je vois que tu as rencontré Harry.
Ce dernier était resté un moment figé par l'attitude de l'homme qui l'avait hébergé le temps que Remus n'arrive.
Il savait que ses parents le connaissaient, mais il ne pensait pas qu'ils avaient été si proches. Il remarqua la boule qui s'était formée dans son estomac seulement à la mention de son prénom par son père.
Son regard était inexpressif lorsqu'il se tourna vers les yeux ambrés de Remus et ce dernier se permis un cri mental de victoire : Harry était jaloux après une simple accolade.
Cela allait être beaucoup plus simple que prévu, mais il voulait d'abord complètement enfoncer le clou avant de faire son compte rendu à Théo.
- On peut y aller Harry. Severus, j'ai été content de te revoir. J'espère que nous pourrons nous revoir demain. Même si Sirius se débrouille au piano il n'est pas aussi doué que toi.
Severus eut envie de ricaner mais se retint.
Il connaissait bien le niveau de Black et savait qu'il était bon.
Il savait aussi que Remus adorait jouer en duo avec son mari, alors cette proposition n'avait qu'un seul but et, même si ça l'embêtait de jouer le jeu de son interlocuteur, il fonça tête baissée dans la gueule du loup.
- Ça me ferait plaisir de reprendre nos duos hebdomadaires. Et Remus …
- Oui ?
- Black n'est pas la.
- En effet.
le ton était ouvertement séducteur et Severus perçut le rapide coup d'œil que le châtain lança en direction d'Harry, et ne put que sourire d'avantage. Il avait eut raison, pour une raison x ou y Lupin voulait voir la réaction de son fils.
En effet, derrière lui Harry était entrain de fulminer.
Son père et l'homme qu'il désirait flirtaient impunément sous ses yeux.
Il dépassa Severus avec rage avant de se tourner vers Remus et de lui faire signe qu'ils devaient y aller.
- Viens déjeuner avec nous demain.
- Salut ce chien de Black de ma part.
- Je n'y manquerait pas !
Severus se contenta d'hocher la tête avant de fermer la porte.
Remus et Harry traversèrent la place en silence, le premier réprimant son fou rire. Et, tout en s'approchant de leur maison commença mentalement un décompte :
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
- J'ai oublié mon écharpe. J'arrive dans moins de cinq minutes.
Remus se contenta d'hocher la tête et de pénétrer dans la maison, un large sourire aux lèvres.
Harry était tellement prévisible.
OoOoOoO
Arrivé devant le numéro 9. Harry eut à peine le temps de frapper que la porte s'ouvrit sur un Severus Snape au sourire moqueur qui tenait dans ses mains une grande écharpe rouge sombre.
- C'est une manie chez vous de laisser vos affaires n'importe où ?
Harry lui fit un sourire aguicheur.
- Pas n'importe où ; seulement aux endroits où je désire retourner.
A ces paroles il prit l'écharpe des mains de l'homme qui lui faisait face avant de se pencher pour murmurer à son oreille.
- Et si cela vous intéresse, je suis bien meilleur violoniste que mon père Severus.
Severus réprima un frisson lorsque le gamin prononça son nom. Sa voix était légèrement rauque sans rien perdre de l'éclat qui l'avait marqué le matin même. Les s étaient sifflés à la manière des serpents, langoureuse et délicieusement érotique. Et son corps en trembla légèrement.
Il eut à peine le temps de réagir que déjà Harry avait posé ses lèvres sur sa joue et partait vers sa maison.
Oui, la partie allait être intéressante pensa Severus à cet instant.
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Bon, j'espère que cela vous a plut.
Pour le chapitre 7 si je ne l'ai pas posté d'ici demain soir il faudra attendre la fin des vacances pour l'avoir puisque je pars animer une colo de ski et je n'aurais pas le temps d'écrire et encore moins de publier.
En attendant, bonnes vacances à ceux qui en ont.
Bonne fin de semaine aux autres.
Merci encore.
Booz
