Chapitre 3 : Etat d'âme d'une femme
_ Pourquoi ? Pourquoi faut-il toujours que je terrorise l'équipage pour qu'il me respect et m'obéissent ?
Le capitaine Mélina Dil'Messia, après avoir tué l'un des membres de son équipage pour insubordination, avait demandé à son lieutenant de prendre le commandement du déferlant, le bateau de la marine qu'ils avaient pris quelques minutes auparavant. L'équipage avait manifesté son déplaisir devant le fait que se soit le lieutenant Dinar, et non le second du capitaine, qui prenne le commandement du bâtiment de la marine. Elle avait alors dut s'énerver et proférer des menaces pour se faire obéir. Elle était maintenant entrain de s'entretenir avec son second.
_ Je comprends que cela puissent déplaire aux autres capitaines qu'une femme soit capitaine, car pour eux les femmes ne doivent pas travailler et encore moins avoir des responsabilités. Mais pour les marins de plus basse extraction les femmes peuvent travailler et avoir des responsabilités. Alors pourquoi rechignent –t –ils tant a m'obéir ? Elle haussait le ton à chaque mot, si bien qu'à la fin de sa tirade elle hurlait a sans casser la voix.
_ Le problème se n'est pas le fait que vous ayez des responsabilités, du moins pour l'équipage. C'est le fait que vous soyez sur un navire. Lui répondit Bastus, son second, sur un ton calme.
_ Maudite superstition ! Ils préfèrent servir un bon à rien, comme mon frère, ou un tyran, comme dashe ; plutôt qu'une femme compétente ! Maugréa le capitaine.
_ Belle preuve de modestie ! Ironisa Bastus, un grand sourire aux lèvres.
_ Pardonne moi, ma suffisance. Mais si je ne me complimente pas personne ne le fera. Dit-elle tristement.
_ Alors arrêtez. Ne soyer plus capitaine. Faite ce que l'on vous dit de faire, et vous ne souffrirez pas de devoir vous complimentez seul. Il avait dit cela d'un ton sec et cinglant, qui dénotait avec son attitude habituellement calme et chaleureuse.
_ Qu … quoi ? Bafouilla – t –elle. Mais il en est or de questions, ma vie, mes rêves et mes espoirs sont sur la mer. Je préfère mourir que de renoncer. Je ne vois pas pourquoi … .
_ Alors arrêtez de vous plaindre, ou vous donnerez raisons à ceux qui disent que les femmes n'ont pas de place sur un bateau. Il avait dit cela comme une évidence. Et cela la moucha.
Elle lui jeta un regard hébété ne comprenant pas le revirement d'opinion de Bastus. Lui qui avait toujours été le seul à l'approuvée et à la suivre.
_ Ne me regardez pas comme cela. Vous êtes exceptionnelle, et je vous respect pour ce que vous êtes : un capitaine juste, intelligent, fort et loyale. Mais si vous vous plaignez cela vas arrivez, un jour, aux oreilles d'un autre capitaine ; et vous serez déloger de votre navire a coup de canon par tous les capitaines, qui pensent que les femmes sont faibles et nuisent à la réputation des pirates.
Elle resta muette devant la pertinence de ce discours. Elle qui se vantait d'être têtu, obstiné, avec une volonté inébranlable ; elle se plaignait, au lieu de continuer à lutter.
_ De plus, reprit Bastus, sachez que les gradés de ce navire vous respect car vous êtes le capitaine qui à le moins de perte humaine, les plus grosses prisent, et cela depuis dix jours.
_ Ne serait-ce pas plutôt parce que j'ai l'appui de Draken, le chef des pirates, dit-elle d'un ton soupçonneux.
_ Il faut le reconnaître au début, oui. Mais plus maintenant.
_ Combien d'hommes auraient suivis sans le soutient de Draken ? demanda t- elle.
_ Je pense que …
Il s'interrompit, car il avait perçu un bruit sourd. Il regarda son capitaine. Immobile elle était aux aguets. Soudain un bruit déchira le silence. Les deux officiers se précipitèrent sur le pont. Des éclats de bois jonchaient le sol. La ridelle de bâbord avait été complètement pulvérisée par une salve de boulet. Mais aucun homme n'avait été touché. Le capitaine regarda sur bâbord et ne vit qu'un bateau pirate à deux lieux. Or le seul navire capable de tirer des boulets sur de telles distances était laBoucherie, celui-ci appartenait à Dashe. Elle ordonna qu'on hisse le pavillon noir. Une fois le pavillon au sommet du grand mât, une nouvelle salve d'acier plut sur le Guet- apens. Dans les récits et les faits historiques très peu de pirates avaient attaqué un autre navire pirate. En effet, la sanction est la mort du capitaine attaquant, à moins que le navire attaqué ait été jugé coupable de faiblesse.
Dans le cas présent, il était impossible de juger faible le Guet- apens et son équipage. Pour preuve, ils ramenaient un bâtiment de la marine ses cales pleine d'or.
Le capitaine Mélina Dil'Messia se reprit, lorsque l'un de ses hommes gémit, un boulet l'ayant dépouillé de son bras gauche, lors de la quatrième salve.
_ Il veut nous envoyé par le fond ! Hissez la grand voile ! Abaissez les perroquets ! Fermez les écoutilles ! Elle s'était exprimée avec virulence afin de ne pas essuyer de contestations.
_ Vous pensez que la Boucherie à été prise par la marine ? interrogea Bastus.
_ Cela te parait-il possible ? Moi non. Si la marine avait réussit, par miracle à approché du navire et pourquoi pas, à prendre ce fichu navire, Dashe l'aurait fait coulé. Elle était sur d'elle et ne paraissait pas le moins du monde surpris par la situation.
_ Vous n'êtes pas surpris n'es-ce pas ? Vous vous y attentiez. C'était plus une affirmation, qu'une question.
_ En faite, pour être franche, je l'attentais. Une voix froide. Les yeux pétillants d'une lueur meurtrière. Ses cheveux volaient au vent. On eut dit une déesse vengeresse.
_ C'est- ce que je redoutais. C'est folie, vous le savez ? Dashe est le plus sanguinaire des pirates et un chasseur de talents. Sans compter sur son navire, un trois ponts contenant cent vingt canons, dont une trentaine sont des soixante quatre livres à pivot : les bouche de l'enfer. Il peut tirer sur une distance de quatre lieues sans problème.
_ Si tu essaye de me faire changer d'avis, arrête tout de suite. Surcouf à réussit malgré son modeste navire à prendre des bâtiments beaucoup plus gros sans problème. Mais si tu veux partir, tu peux je ne t'en voudrais pas.
_ J'ai dit que c'était une pure folie, alors pourquoi partirais-je. Dit-il le sourire aux lèvres.
_ Je m'en doutais. Mais eux me suivront-ils ? Dit-elle en montrant, d'un mouvement circulaire, son équipage. Je ne peux rien faire si ils n'y mettent pas du leurs.
Une septième salve toucha le bateau, cette fois-ci seulement dix boulets avaient touché le Guet-apens. C'était le signe qu'il distançait leur poursuivant. Une dizaine d'autres bordés de canons avaient été tiré avant que les tirs ne cessent. Quelques heures après le dernier coup de canon, le capitaine réunit son équipage.
_ Comme vous avez dut le constaté nous faisons poursuivre par le navire de Dashes le sanguinaire. Le Vil et le L'infâme ne tarderont pas à le rejoindre. Nous ne disposons pas d'alliés. Ils ont des bateaux plus rapides, disposant d'une plus grande puissance de feu, d'équipages entrainés à son maximum. Il n'y a que peu de chance que nous réussissions à atteindre les îles Draken, qui nous protégeraient. Et pour finir, si nous en décousons, ils ne feront pas de prisonniers, afin ne pas laisser de témoin de leur traitrise. La mort au service d'un capitaine n'est supportable que si l'on y est attaché. C'est pourquoi je vous offre la chance de partir. Tous se mirent à chuchoter atterrés par cette proposition.
_ Dans deux heures nous passerons à proximité d'un îlot, ceux qui voudront descendre le pourront. Ceux qui resteront, pour nous il y a toutes les chances que nous mourions. Elle se tut quelques minutes laissant son discours imprégner les hommes quelle avait devant elle. Vous disposez de deux heures de réflexions. Sur ce, elle rentra dans sa cabine.
Bastus la rejoignit quelques minutes après.
_ Vous avez bien fait. J'ai fait savoir que je restais, et les lieutenants Deug et Vratt on immédiatement suivit. Dit-il amuser. Nous ne seront pas que deux à nous divertir, dit-il.
_ Pourquoi m'as-tu suivit … je veux dire… au début. Lui demanda Mélina d'une voix douce.
_ J'étais là, le jour où vous avez demandé un bateau, j'ai entendus votre plaidoyer, et vous m'avez profondément bouleversé. Aucun pirate n'aime la mer plus que vous, aucun n'aurait eut le courage de faire ce que vous avez fait, d'endurer ce que vous avez enduré. Je vous respect et vous admire, CAPITAINE. Sa voix était si douce, une larme vint poindre au bout de ses cils. Tomba. Et il se tut.
_ Merci, souffla-t-elle. Merci, mon ami.
_ Terre ! Terre ! cria la vigie
Le capitaine Dil'Messia se rendit sur le pont. Tout les hommes c'étaient réunit. Bastus, qui depuis deux heures tentait de prendre la température, vint se placer à la droite de son supérieur. Le silence s'installa puis le Mélina s'avança. Prit son courage à deux mains. La sentence allait tomber. Elle fixa les uns après les autres. Certains paraissait décidés, d'autres semblaient plus sceptique. Elle durcit son visage, prête à rester de marbre quoi qu'il ce passe.
_ Que ceux qui veulent partir décrochent les chaloupes tribord et bâbord, et fuient les affrontements.
Tous se regardèrent, pour se soutenir les uns, les autres. Dans un ensemble parfait ils prirent tous la direction des chaloupes. Il ne resta face à elle que le deuxième et troisième lieutenant, ainsi que Dag le chef cannonnier.
Elle ne cèda pas à la tristesse qui lui broyait le cœur. Aucune personne présent n'aurai put savoir si elle était triste, furieuse ou calme ; même Bastus.
_ Lieutenants se sera un honneur de mourir à vos côtés , de même pour vous Dag. Bastus, une fois qu'il ne restera plus personne armé tout les conons, avec Dag. Lieutenant Vratt armé les pistolets. Lieutenant Deug les armes blanches. Moi je m'occupe de vous les mettre à porter de sabres.
Elle regarda les chaloupes se détacher. Il ne restait qu'une chaloupe à bâbord et deux à tribord. ça y est, il n'en reste plus. Elle se détourne. Un bruit sourd retentit. Un autre. Puis encore un. Elle se retourne regarde par-dessus bord. Les chaloupe exposent en milles morceaux. Et soudain…
