Spleen
Note de l'auteur : Premièrement, je vous remercie tous et toutes pour vos reviews, elles m'ont toutes fait très plaisir. Je remercie également ceux ou celles qui n'ont pas laissé de review, mais ajouté aux alertes ou aux favoris, cela me flatte aussi beaucoup.
Deuxièmement, il y a quelques petites erreurs dans le prologue, comme des répétitions de mots, un « ces » à la place de « ses ». Ma bêta (et meilleure amie lol) me les a faites savoir, et je tiens donc à vous présenter mes excuses. Aussi le poème du prologue est « Spleen » de Charles Baudelaire.
Enfin, vous reconnaîtrez probablement la célèbre scène du balcon de la pièce Roméo et Juliette, écrite par Shakespeare. J'espère que ce chapitre vous plaira.
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Sur mon visage
Je porte, tu le vois, le masque des ténèbres,
Sinon l'idée que tu m'as entendue, ce soir,
Empourprerait mes joues de jeune fille.
Que je voudrais être convenable, que je voudrais,
Ce que j'ai dit, le détruire ! Mais adieu, mes bonnes manières,
M'aimes-tu ? Je sais bien que tu diras oui,
Et je te croirai sur parole. Mais si tu jures,
Tu peux te parjurer. Des parjures d'amants
On dit que Jupiter se moque … Ô Roméo,
Si tu m'aimes, proclame-le d'un cœur bien sincère,
Et si tu m'as trouvée trop aisément séduite,
Je me ferai dure et coquette, je dirai non,
Mais pour que tu me courtises, car autrement
J'en serais incapable … Beau Montaigu,
Je suis bien trop éprise, et c'est pourquoi
Tu peux trouver ma conduite légère,
Mais, crois-moi, âme noble je serai
Plus fidèle que d'autres qui, plus rusées,
Savent paraître froides. Je l'aurais tenté, je l'avoue,
Si tu n'avais surpris, à mon insu,
Mon aveu passionné d'amour. Aussi, pardonne-moi,
Sans attribuer à une âme frivole
Cet abandon qu'a découvert la nuit trop sombre.
ROMEO
Ma dame, je m'engage par cette lune sacrée
Qui ourle d'argent clair ces feuillages chargés de fruits …
JULIETTE
Oh, ne jure pas par la lune, l'astre inconstant
Qui varie tout le mois sur son orbite,
J'aurais trop peur
Que ton amour ne soit tout aussi changeant.
ROMEO
Par quoi vais-je jurer ?
JULIETTE
Ne jure pas du tout !
Ou, si tu veux, par ton être charmant
Qui est le dieu de mon idolâtrie.
Alors, je te croirai.
ROMEO
Si le tendre amour de mon cœur …
Hermione arracha le livre des mains de Cédric.
- Tu pourrais avoir un peu plus de respect envers Shakespeare voyons ! le réprimanda-t-elle. Cet homme est le dieu de la romance !
Cédric lui prit la main tenant le livre dans la sienne, et de son autre main l'attira à lui afin de lui donner un doux baiser. Trop enivrée par la tendresse de son amour, la brune perdit sa garde, ce qui profita à Cédric, qui lui reprit le bouquin, et s'échappa à l'autre bout de la pièce, dans le but de continuer sa parodie d'une des plus belles scènes que le monde du théâtre ait pu porter.
Mettant sa main gauche, libre, sur son cœur, il reprit à la tirade de Juliette.
Non, non, ne jure pas. Bien que tu sois ma joie,
Ce serment cette nuit ne m'en donne aucune.
C'est trop impétueux, irréfléchi, soudain,
Trop semblable à l'éclair, qui a cessé d'être
Avant qu'on puisse dire : « Il brille. » Ma chère âme,
Bonne nuit. Ce bourgeon de l'amour, s'il mûrit
Dans la brise d'été, sera peut-être
Une splendide fleur à notre prochaine rencontre.
Bonne nuit, bonne nuit ! Le même doux repos
Qui règne en moi descende dans ton cœur.
Hermione, qui avait réalisé depuis quelques secondes, le rattrapa, et s'en suivit une course-poursuite à travers le salon, la cuisine, et se termina dans la salle à manger, chacun d'un côté de la table. Cédric pu enfin reprendre là où il s'était arrêté. Il savait pertinemment que sa chérie détestait cela, mais ne pouvait s'empêcher d'aimer la voir sortir de ses gongs.
ROMEO/Cédric
Oh, vas-tu me laisser si insatisfait ?
Alors qu'il s'apprêtait à dire la réplique suivante, Hermione le devança.
JULIETTE / Hermione
Quelle satisfaction peux-tu avoir cette nuit ?
ROMEO / Cédric
L'échange de nos vœux de fidèle amour.
JULIETTE / Hermione
Je t'ai offert le mien dès avant ta requête.
Mais je voudrais avoir à le donner encore.
ROMEO / Cédric
Voudrais-tu le reprendre ? A quelle fin, mon amour ?
JULIETTE / Hermione
Pour être généreuse et te le donner à nouveau,
Et pourtant je ne tiens qu'à cette richesse.
Mon désir de donner est vaste autant que la mer
Et aussi profond mon amour. Mais plus je donne
Et plus je garde pour moi, car l'un comme l'autre
Sont infinis … J'entends un bruit. Adieu,
Mon cher amour … Je viens, bonne nourrice ! Doux Montaigu,
Sois fidèle. Attends-moi un instant, je reviens.
ROMEO / Cédric
Ô nuit bénie, bénie ! J'ai peur, puisqu'il fait nuit,
Que tout ceci, ce ne soit qu'un rêve
Trop flatteur, délicieusement, pour être vrai.
JULIETTE / Hermione
Deux mots, cher Roméo, et bonne nuit, cette fois.
Si ton élan d'amour est conforme à l'honneur
Et ton dessein le mariage, écris-moi demain
Par le biais de quelqu'un que je t'enverrai,
Où et quand tu entends qu'on célèbre le rite.
Et alors je mettrai à tes pieds mon destin
Et te suivrai, mon seigneur et maître, d'un bout à l'autre du monde.
Durant tout le dialogue, elle avait contourné lentement la table, et désormais ils étaient face à face, se regardant droit dans les yeux. Cédric fut le premier à réagir.
- Dois-je réellement attendre demain ? demanda-t-il dans un souffle.
Hermione le regarda, perplexe.
- De quoi tu parles ?
Cédric déposa alors le livre sur la table, et délicatement posa un genou à terre. Puis il prit les mains d'Hermione entre les siennes.
- Mademoiselle Hermione Jean Granger, voudrais-tu faire de moi l'homme le plus heureux de l'univers en acceptant de devenir ma femme ?
Hermione cessa de fixer la femme qui lisait, à une dizaine de mètres d'elle. Elle leva les yeux pour regarder autour d'elle. Bien que cela fasse plus de 3 jours qu'elle avait été transférée dans cette clinique, c'était aujourd'hui la première fois qu'elle sortait dans le jardin qui y était attelé. Elle s'était assise sur un banc, en travers, ayant une jambe de chaque côté, et observait tout ceux qui allaient et venaient. Ainsi elle avait aperçu des parents qui serraient leur fils dans leurs bras, pleurant de joie, mais aussi des adultes – sûrement des frères et sœurs – qui étaient ici pour visiter une personne âgées, et enfin, elle avait vu un homme embrasser son épouse, patiente de la clinique.
Ce qu'elle n'avait pas vu, par contre, c'était ses parents, ou ses amis. A croire que tous l'avaient oubliée. Elle n'avait pas vu sa mère depuis près de deux jours, ce qui était en partie la raison pour laquelle elle se retrouvait dans le jardin, se sentant de plus en plus seule dans sa chambre. Ses amis ne devaient pas avoir appris la nouvelle, ce qui démontrait parfaitement que dès que l'on sortait du monde de la magie, on n'existait plus.
Son regard se perdit bien vite dans le vide, les scènes toutes plus remplies d'amour et de joie les unes que les autres, lui donnant envie de pleurer. Elle ne sentit pas quand quelqu'un s'assit derrière elle, et sursauta quand la personne, qui se trouva être un homme, commença à lui parler :
- Si je puis me permettre, pour quelle raison vous êtes vous retrouvée patiente dans une clinique comme celle-ci ? lui demanda-t-il avec une courtoisie relevant d'un effort qui paraissait surhumain.
- Je ne vois pas en quoi cela vous concerne, répondit Hermione.
L'homme ne dit rien, ni même ne bougea. Se faire refouler ne lui faisait ni chaud ni froid. Au bout d'une très longue minute, pour lui bien sûr, il se remit à converser :
- Pour ma part, je suis venu voir une amie. Elle ne sait pas que je suis là, je lui fais la surprise. Si un de vos amis vous faisait la surprise de venir sans que vous ne le sachiez, en seriez-vous contente ? Je me suis posé la question pendant près d'une bonne heure en venant jusqu'ici. De plus, je ne sais pas comment m'y prendre avec elle, étant donné que c'est la première fois que je viens dans ce type d'hôpital. Que pensez-vous ?
Hermione réfléchit quelques instants. Comment pouvait-elle savoir ce qu'elle ressentirait à la place de la jeune femme qu'il était venu voir ? Elle n'était pas à cette place. Ses amis à elle n'avaient pas donné le moindre signe de vie depuis des semaines. Il y a 8 jours elle avait perdu son fiancé, et trois jours plus tard avait fini à l'hôpital. Enfin elle avait été envoyée ici pour qu'on gère sa dépression. Et lui il lui demandait si elle savait comment son amie à lui réagirait ? Et surtout, comment il devrait agir avec elle ?
- Soyez normal.
Sur ce elle se leva. Passant au niveau de la femme lisant Roméo et Juliette, elle constata que le livre n'était plus dans les mains de sa propriétaire – qui parlait avec d'autres personnes – mais sur la table. Rageant en voyant la couverture, Hermione fusilla des yeux ce pauvre bouquin, qui valsa à une vingtaine de mètres.
Personne ne vit cette scène, sauf l'homme avec qui Hermione parlait quelques secondes plus tôt. Cet homme se leva du banc et lança un sort informulé afin de remettre le livre à sa place. Il ne faudrait pas que sa propriétaire crie à sa perte. Enfin, il repartit dans la direction par laquelle il était venu, pensant qu'il serait tant que Miss Granger aille dans un endroit où elle ne risquerait pas de mettre le monde des sorciers en danger.
Cette même Miss Granger retourna jusqu'à sa chambre, pour y trouver, non sans surprise, Harry, Ginny et Ronald. Quand ils l'entendirent, Ils lui foncèrent tous dessus, voulant tous l'embrasser et la serrer dans leur bras.
- Vous m'étouffez, réussi-t-elle à prononcer.
Tous s'écartèrent immédiatement. Ginny se rapprocha de nouveau, non sans lancer un regard noir aux garçons pour qu'ils restent là où ils étaient, et serra Hermione dans ses bras, moins fort cette fois.
- Mione, commença-t-elle. Je suis tellement désolée. Je ne savais pas … Nous ne savions pas pour Cédric, je t'assure. Si nous l'avions su, nous serions venus dans la seconde qui aurait suivi. D'ailleurs c'est ce que nous avons fait. Regarde par toi-même …
En effet, Hermione nota qu'Harry portait toujours ses pantoufles, et que Ron ne s'était pas coiffé. Elle remarqua aussi que Ginny n'était pas maquillée, et avait encore son bas de pyjama. Enfin, le ventre de Ron se mit à gargouilla, et elle supposa qu'il l'avait faite passer en priorité sur son petit déjeuner.
En réalisant que, contrairement à ce qu'elle avait pensé, ses amis ne l'avaient pas oubliée, Hermione sourit tendrement, et pleura. Paniqués, ses trois meilleurs amis crurent avoir fait quelque chose de mal et se confondirent en excuses en tout genre, allant du « je suis désolée si j'ai dit quelque chose de mal » - Ginny – au « Désolé si tu avais faim, je n'ai pas résisté devant ta tartine à peine entamée » - Ron.
- Non, ça va, les rassura Hermione. Je suis juste contente que vous soyez là. C'est pour ça que je pleure. Et aussi à cause du fait que j'ai facilement la larme à l'œil depuis … Vous savez quoi.
Ils parlèrent pendant des heures, chacun allant à son tour se changer en transplanant, de la salle de bain cela va sans dire. Hermione leur parla de Cédric, ainsi que de son décès, ce qui entraîna une demi-heure de câlins pour la faire arrêter de pleurer. Ensuite les autres se mirent à raconter un peu de leur vie. Ginny raconta à quel point elle aimait être le nouveau professeur de sortilèges à Poudlard. Ron raconta ses exploits en tant que gardien de l'équipe des Cannons. Et Harry raconta à quel point la vie de père célibataire était difficile.
Bien qu'ils ne ce soient pas vus depuis des mois, ils reparlaient comme s'ils ne s'étaient quittés que la veille. Au bout d'un moment, alors qu'ils mangeaient à la cantine de la clinique, Hermione leur posa la question qui la taraudait depuis qu'elle les avaient vus :
- Dites-moi, qui est-ce qui vous a mis au courant que j'étais ici ? Mes parents ne savent pas très bien comment vous joindre et ils sont les seuls à savoir. Alors qui a pu vous prévenir ?
Ron, qui avait la bouche plus que pleine, peinant à répondre, et Ginny se sentant mal à l'aise, ce fut Harry qui lui répondit.
- Pour te dire la vérité, aucun de nous ne le sait. Ce matin, nous avons tous les trois reçu un hibou anonyme. Je crois que j'ai encore le bout de parchemin sur moi attends …
Il fouilla ses poches avant, puis arrière, pour y trouver un morceau de parchemin sur lequel était écrit :
Ton amie Hermione Granger se trouve à la Clinique Ste Sarah.
Sa chambre est la 253, au deuxième étage, aile West
Son fiancé est mort la semaine dernière
Elle a besoin de toi.
Cordialement.
Hermione observa le parchemin. Celui, ou celle, qui avait envoyé ces hiboux savait pertinemment qui elle était, où elle était, et dans quel état de faiblesse elle était. Tout à coup, le sentiment de sécurité qu'elle avait commencé à ressentir s'effaça.
Elle se leva et marcha le plus vite possible jusqu'au jardin, pour avoir de l'air. Elle-même commencé à en manquer sérieusement. Suffoquant, elle tomba à genou, une main sur sa poitrine. Elle n'arrivait pas à respirer, et moins elle y arrivait, plus elle paniquait.
Ginny appela une infirmière pour que celle-ci aide son amie, qui désormais était de nouveau plongée dans l'inconscience.
Lorsqu'Hermione se réveilla, elle se demanda pourquoi elle était dans son lit, alors qu'elle se souvenait parfaitement s'être étouffée dans le jardin de la clinique. Puis elle réalisa qu'elle n'était plus dans sa chambre. S'asseyant sur le lit, elle comprit qu'elle n'était carrément plus dans la clinique, mais à Ste Mangouste. Regardant partout autour d'elle, elle constata un vase contenant un bouquet, sur sa table de chevet. Dans ce bouquet se trouvait une carte.
Elle la lut, et reconnut l'écriture qui était sur les parchemins que ses amis avaient reçus.
Ces fleurs ont deux buts :
De un vous remerciez pour votre conseil, mon amie a été plus qu'heureuse
De deux vous présenter mes excuses pour m'être immiscé dans vos affaires.
J'ai envoyé ces hiboux à vos amis, parce que vous aviez besoin d'eux.
Tendrement,
D.
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Le chapitre est un peu plus long, mais c'est parce que la scène du livre est très longue, mais cependant très importante dans le chapitre.
Je verrais une fois de plus mes journées illuminées par la beauté des reviews … ^^ bonne semaine à vous mes lecteurs adorés.
