Spleen
Note de l'auteur : Je suis vraiment heureuse d'avoir reçu ces quelques reviews … Elles n'étaient pas nombreuses, mais c'est ce qui fait qu'elles sont d'autant plus importantes à mes yeux.
Réponse à Aurelle : Merci infiniment pour cette review très belle … Tu peux remercier Cha Darcy également, qui m'a fait remarquer que je n'avais pas autorisé les reviews anonymes !! Aussi, je suis ravie que mon style d'écriture te plaise, parce qu'il m'a fallu bon nombre de fics commencées – et jamais terminées – pour trouver celui qui m'allait.
Tu as parfaitement exprimé ce que tu pensais, et j'en suis heureuse.
Comme je le dis souvent (bien que je l'aie volé à une réplique de film) : un auteur aime savoir son travail apprécié !
Bisous. J'espère que tu aimeras tout autant ce chapitre aux anciens.
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Elle savait qu'il faisait jour, elle pouvait sentir la chaleur des rayons de soleil, qui passaient par la petite fente laissée entre les rideaux, sur sa peau. Cependant, elle n'avait nullement envie de se lever. Elle ne souhaitait pas quitter la douce sensation de sécurité que les couvertures lui procuraient depuis qu'elle s'était glissée dedans.
Elle savait qu'elle devait se lever.
- Hermione, ma chérie, il faut te lever maintenant, lui dit doucement une voix qu'elle n'identifia pas sur le coup.
Elle ne bougea pas pour autant. Il en faudrait beaucoup plus pour la faire ouvrir l'œil. Une autre voix intervint, qu'elle n'identifia pas non plus.
- Je sais ce qui la fera se lever, ne t'inquiète pas, je la connais ma Mimi.
C'est alors qu'elle sentit une très agréable odeur. Celle du café au lait sucré. La seule odeur qui la ferait se lever à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit. L'odeur à laquelle elle avait droit chaque dimanche matin.
Elle ouvrit un œil, pour voir un bol plein de ce délice dont elle sentait la fragrance.
- Je savais que cela t'obligerait à montrer tes superbes yeux marron, Mimi.
- Cédric, souffla-t-elle.
Il n'y avait que lui qui l'appelait ainsi.
Hermione ouvrit les yeux d'un coup sec.
Elle avait encore rêvé de lui. Voilà désormais 2 mois qu'elle passait ses nuits à rejouer diverses scènes qu'elle et Cédric avaient vécu. Et chaque matin elle se levait avec ce même creux dans la poitrine. Chaque matin elle se dirigeait dans la salle de bain communicante avec la chambre, et y pleurait pendant 5 minutes, repensant au rêve qu'elle avait fait.
Elle était partie de l'hôpital depuis plus d'un mois, et vivait à présent chez les Weasley. Ses parents avaient essayé de la faire venir chez eux, mais ils travaillaient tous les deux, et ils ne pouvaient pas vérifier si elle allait bien, à rester seule dans une maison remplie de souvenirs. Alors Molly avait proposé de la prendre chez eux, puisqu'elle était toujours à la maison et que tous ses enfants en étaient partis. C'est ainsi qu'elle se retrouvait à dormir dans l'ancienne chambre de Ginny, qui était aussi la plus grande. Et puis elle se sentait au Terrier comme chez elle. Ils étaient un peu sa famille d'adoption, et cela lui faisait un bien fou d'y être. Harry leur rendait visite tous les jours, les trois quarts du temps pour faire garder Mattieu, son fils âgée de 2 ans. Ron venait plusieurs fois par semaine, entre 2 entraînements, et Ginny faisait de son mieux pour venir, son poste de professeur lui prenant beaucoup de son temps libre.
Elle descendit les escaliers pour arriver dans la cuisine, où l'attendaient un bol de café au lait, des toasts et de quoi les tartiner. Molly était debout devant le lavabo, surveillant que ses sortilèges de lavage marchent correctement. Elle se retourna cependant en entendant grincer la chaise sur laquelle s'asseyait Hermione.
- Bonjour ma belle, bien dormi ? lui demanda-elle, s'asseyant en face.
- Bonjour, Molly, répondit Hermione. J'ai encore rêvé de Cédric. Comme toutes les nuits.
Son interlocutrice ne sut quoi dire pendant quelques instants, et pour cacher sa gêne, elle se leva, et fit mine de ranger quelque chose, tout en lançant joyeusement à Hermione :
- Tu devrais prendre des forces, Mione, aujourd'hui nous allons sur le chemin de Traverse faire des emplettes. Il me faut de la poudre de cheminette, du thym, du romarin, des racines de mandragore …
Hermione ne l'écoutait déjà plus. Elle regardait l'assiette, son bol entre ses mains. La nourriture ne lui donnait pas envie, comme à chaque fois. Et comme à chaque fois, elle termina son bol et partit se préparer dans sa chambre.
Alors qu'elle gravissait les marches, elle entendit Mme Weasley prononcer un « cette enfant va finir par se faire emporter dans un coup de vent, à ne jamais manger… »
Hermione arriva dans sa chambre, se déshabilla, pour finir en débardeur et culotte, plia son pyjama et alla dans la salle de bain. Elle ouvrit la cabine de douche et mit l'eau en marche – il fallait du temps pour que l'eau chaude ne vienne, comme dans toutes les vieilles maisons – et ressortit pour terminer de se déshabiller. Attrapant un élastique, elle s'attacha les cheveux en un chignon rapide. Enfin, elle récupéra sa serviette de bain, qu'elle plaça près de la cabine, pour l'avoir à porter de main au moment de sortir. Elle entra finalement dans la cabine.
L'eau chaude lui fit un bien fou. Elle laissa son visage sous le jet pendant quelque secondes, histoire de se remettre les idées en place. Alors elle repensa à ce qu'il s'était passé à l'hôpital, quand Harry, Ron et Ginny étaient venus. Elle repensa à cet homme qui leur avait envoyé le hibou. Ce même homme qui était venu lui parler dans le jardin, et qui lui avait ensuite envoyé un hibou à elle. Hermione voulait savoir qui était cet homme, pour pouvoir le remercier de ce qu'il avait fait pour elle. Sans lui, elle n'aurait probablement pas vu ses meilleurs amis ce jour-là, il y a 2 mois.
C'est donc sur la décision de trouver un moyen de savoir l'identité de son mystérieux « allié » qu'elle sortit de la cabine de douche, et s'enroula dans la serviette qu'elle s'était préalablement préparée. Elle se lava les dents et alla dans la chambre, pour se chercher des vêtements à mettre.
Après plus d'une demi-heure à fouiller le placard dans le but de trouver un habit ne la montrant pas trop maigre, Hermione fini par enfiler une robe dans des tons de vieux rose, qui lui allait encore assez bien. Elle descendit donc pour rejoindre Molly à l'entrée du Terrier.
Fleury et Bott. Il lui semblait qu'elle n'y avait plus mis les pieds depuis des siècles. Et pourtant tout était toujours à la même place que dans ses souvenirs. C'est donc contente de cette constance qu'elle retrouva le rayon des romans d'amour écrits par des sorciers. Bien qu'elle ne souhaitait nullement en acheter, elle les regarda tous, lisant parfois les résumés, plus par curiosité que par envie. Alors qu'elle s'avançait les yeux sur les étagères, elle ne vit pas la table – récemment ajoutée – en plein milieu du rayon. Elle s'y cogna, et la pile de livres qui était dessus s'étala sur le sol de la librairie. Quelques têtes se retournèrent sur elle, en majorité des femmes qui, en voyant quel livre se trouvait par terre, lui lancèrent un regard des plus meurtriers. Ne comprenant pas ces regards, Hermione commença à ramasser, jusqu'à ce qu'elle ne voie quelqu'un se baisser et l'aider avec sa tâche.
- C'est ainsi qu'on traite mes livres charmante demoiselle ? lui lança, avec une pointe de moquerie, une voix particulièrement sensuelle.
Et voilà que maintenant elle se faisait draguer par le propriétaire de la librairie qui, au passage, était censé être un peu plus vieux que ce que la voix lui permettait d'imaginer.
Alors qu'elle s'occupait de replacer le dernier livre, Hermione répondit :
- Je suis désolée monsieur, j'ai heurté la table, et les livres sont tombés.
- Je sais, dit-il simplement.
Etonnée, elle releva enfin ses yeux vers son interlocuteur, et quelle ne fut pas sa surprise de le reconnaître.
- Malfoy ? demanda-t-elle, par sûreté.
- Lui-même, Granger.
Un ange passa.
Ce fut le blond qui coupa ce silence qui devenait beaucoup trop pesant à ses yeux.
- Sinon, ma très chère Granger, que deviens-tu ? la questionna-t-il, en insistant sur le « très chère ».
- Pour tout te dire, pas grand-chose, j'ai beaucoup vécu du côté moldu, et je suis de retour chez les sorciers depuis peu de temps. Et toi ? Ecrivain pour les femmes désespérées ? Je vois que tu restes dans ton hobby d'antant : les femmes.
Il rit. Son rire éblouit toutes la gente féminine qui se trouvait dans les parages, ce qui n'échappa pas aux yeux de l'ancienne lionne. Quelques têtes vinrent s'interposer entre elle et le blond, demandant à ce dernier des autographes, des photos …
Hermione, se sentant tout à coup mise à l'écart et mal à l'aise, repartit vers l'entrée d'un pas tranquille. Elle ouvrait à peine la porte qu'elle entendit son nom prononcé.
- Bah alors Granger, on s'en va sans même me dire au revoir ? C'était Malfoy, débarrassé de ses groupies. Ce n'est pas très poli tu sais ?
Hermione relâcha la porte et se retourna pour faire face à l'arrogant.
- Depuis quand la politesse est de mise avec toi ? lui asséna-t-elle.
- Depuis que je suis gentil et t'offre un exemplaire de mon livre, dédicacé qui plus est. Tu devrais être enchantée et pleurer de joie, Granger.
Il lui tendit le livre, elle le repoussa.
- Il y a une autre chose sur laquelle tu n'as pas changé. Tu es toujours aussi prétentieux et insupportable.
La lionne ré-ouvrit la porte d'entrée, et de sortie, du magasin et, tournant une dernière fois la tête vers son ancien ennemi, lui lança, avec un petit sourire en coin :
- Au plaisir de ne jamais te revoir, Malfoy.
Alors qu'elle refermait la porte, le serpentard lui répondit en murmurant :
- On se verra beaucoup plus tôt que tu ne l'imagines, Hermione.
- Mione !! cria Ginny de joie en apercevant son amie dans le salon du terrier. Comment vas-tu ma chérie ?
Elles se serrèrent dans les bras.
- Etrangement bien, lui répondit la brune. J'ai revu un ancien étudiant de Poudlard aujourd'hui, chez Fleury et Bott.
- Il va falloir que tu me dises de qui il s'agit, parce que tous ceux ayant des enfants à l'école y vont pour aller chercher des livres de cours …
Hermione lui fit signe de s'assoir, puis fit de même.
- C'était Malfoy.
- Draco ? Sérieusement ? Je le croyais à Paris, ou un truc dans le genre. Comment est-ce qu'il va ?
A la tête que tirait la brune, si le Malfoy en question était là il aurait sortit une phrase du genre « pour une fois miss-je-sais-tout ne sait pas quoi dire, si ce n'est pas ironique ».
- Ginny, il faut que tu m'expliques là. Depuis quand parles-tu de Draco comme s'il s'agissait d'un super ami ? Ce que je me rappelle de vos relations, c'est que vous vous détestiez. Je sais que j'ai raté beaucoup de choses, mais de là à ce que notre pire ennemi soit devenu votre meilleur ami, je suis perdue…
Ginny sourit face au désarroi de son amie.
- Toutes mes excuses Mione, j'ai oublié de t'en parler. Il se trouve que, il y a quelques années maintenant, alors que je me remettais très mal d'avoir été plaquée par Harry, j'ai rencontré Malfoy dans un bar un soir. Nous avons beaucoup parlé, et un verre après un autre, on a fini par passé la nuit ensemble. Ça a été, probablement, la plus belle nuit de ma vie. Enfin la plus sportive quoi …
- Epargne-moi les détails s'il te plaît, la coupa Hermione.
- Désolée. Je reprends. Lui et moi n'avons rien tenté d'autre. Cela n'est arrivé qu'une seule fois, mais nous avons gardé un bon contact, et désormais nous sommes amis. C'est comme ça que j'ai appris qu'il devait partir dans je ne sais plus trop quelle grande ville pour faire une interview, une séance d'autographes et une conférence de presse pour son dernier bouquin qui, cela dit en passant, est passionnant.
- J'ai déjà du mal à accepté le fait que vous soyez amis, alors ne te lance pas dans son éloge en tant qu'écrivain, s'il te plaît Ginny. Bon il est temps d'aller souper.
- Tu as raison, en plus j'ai une faim de loup, pas toi ?
Elles se levèrent, et se dirigèrent dans la cuisine, pour voir qu'il y avait un couvert de trop. La brune regarda Mme Weasley.
- Molly, il y a un couvert en plus, qui vient manger avec nous, en plus de Ginny ?
Molly décolla son visage de la fenêtre, elle donnait l'impression d'attendre impatiemment l'arrivée de quelqu'un, et se retourna vers les deux femmes.
- Aujourd'hui j'ai revu un ami de la famille, et l'ai invité à souper avec nous.
- Ma femme est toujours accueillante, dit Arthur, qui venait d'entrée dans la pièce. Il arrive Molly, ne sois pas aussi stressée.
En effet, à peine avait-il fini de prononcer ces mots qu'ils entendirent toquer à la porte d'entrée. Molly s'empressa d'aller ouvrir.
- Ah tu es venu, lui dit-elle en l'étouffant dans une étreinte maternelle dont elle seule a le secret.
- Oui je suis venu Molly, je vous l'avais dit, lui repondit le jeune homme.
Hermione reconnu directement qui était le propriétaire de cette voix. Malfoy. Non seulement il était un ami de Ginny, mais il était carrément un ami de la famille. Elle se demanda si Ron était vraiment d'accord avec cela.
Malfoy salua Arthur d'une poignée de main et d'un échange des plus courtois. Puis il salua Ginny, en la serrant dans ses bras langoureusement. Alors que les parents Weasley retournaient dans la cuisine, Hermione aperçut la main du serpentard descendre jusqu'au fessier de la rouquine. Cette dernière gloussa et se libéra de l'étreinte de son ami. Miona comprit que ce qu'il s'était passé entre eux deux ne s'était pas passé qu'une seule fois. Vint alors son tour de saluer son ennemi. Ce dernier sembla chercher quelque chose dans sa cape alors qu'il s'approchait d'elle.
Lorsqu'il sortit l'objet qu'il recherchait, Hermione crut qu'elle allait l'étrangler.
- Tiens, Granger, tu as oublié ceci à la librairie.
Il lui tendit, avec un grand sourire hypocrite, le livre qu'il avait voulu lui offrir. Elle ne pouvait décemment pas le lui rendre cette fois, ce serait vu comme une insulte.
- C'est très gentil de ta part de le lui avoir rapporté, dit gaiement Molly. Allez, installez-vous maintenant, le repas va être servi dans quelques secondes.
A table, Arthur se mit en bout de table avec à sa droite Molly puis Ginny. A sa gauche se trouvaient Hermione et Draco. Ce dernier, ne voulant pas entacher sa réputation de gentleman, écarta la chaise à chacune des femmes présentes. Ce repas promettait d'être des plus long …
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