Pressé contre lui, il ne demande pas mieux. Il est si bien, dans ses bras chauds et réconfortants... doucement, le brun vient chercher ses lèvres, pour l'entraîner loin dans un baiser. Instinctivement, il enlace ses bras autour du cou de son amant, qui passe les siens autour de sa taille. Le baiser se rompt, puis, l'autre murmure, tout contre ses lèvres, « Je t'aime, Cloud... je t'aime... » Puis, il descend vers son cou pâle, et mordille la peau sensible du creux du cou. « Z... Zack... » grogne-t-il. « Je t'aime, » murmure l'autre, ses lèvres brûlantes encore collées à la peau de son cou. Puis, il le serre contre lui, ne le laissant pas s'échapper. « Je t'aime, » répète-t-il, ses mains, respectivement agrippée à ses cheveux et à ses épaules chétives. Finalement, il lâche du bout des lèvres « Je... je t'aime, Zack... »
Cloud se réveilla, confus. Il avait mal aux yeux, d'avoir peut-être – que disait-il, sûrement ! – pleuré dans son sommeil. Il s'était souvenu... de la journée avant sa mort. Il était tellement bien, dans ses bras chauds, réconfortants, forts ! Il n'y avait que le fil d'oxygène branché au nez du brun qui avait légèrement gâche le moment... ça allait très mal cette journée-là... Zack avait beaucoup de mal à respirer. Et pourtant, il l'avait embrassé...
Et il était tout courbaturé... il ne se rappelait pas grand-chose de la soirée d'hier...
« Bien dormi, Belle au bois dormant ? » dit une voix grave, appartenant à Leon.
Cloud le regarda avec des yeux endormis. Il était assis juste à côté de lui. Les événement de la veille lui rejouèrent dans la tête... lui pleurant dans le bras du brun, et sa tête posée sur l'épaule de ce dernier, alors qu'il lui racontait milles et une histoires sur son cher Zack...
« Dis-moi, tu n'es pas bavard, le matin... » s'amusa Leon.
Cloud baissa les yeux, puis dit tout bas:
« Merci. Merci de m'avoir dit tout ça sur Zack.
– Le plaisir était pour moi. »
Cloud regarda timidement les yeux de tempêtes de l'autre. Il ne tarda pas à se perdre dedans leur tourmente triste.
Leon s'approcha, puis s'assit près de lui. Le coeur de Cloud joue subitement les tambours de guerre, alors que ses joues s'empourpraient. Il détourna les yeux.
« Tu es timide pour deux... remarqua Leon, avec un sourire.
– Zack était le seul capable de me mettre à l'aise... répondit Cloud. »
On cogna à la porte. Leon se leva, et marcha vers la porte.
C'est seulement à ce moment-là que Cloud remarqua la couverture posée sur ses épaules... il rougit, en se rappelant s'être endormit... ah, quelle honte il avait !!
Se demandant comment diable il avait pu s'endormir sur un inconnu – m'enfin, s'il avait connu Zack, il ne devait pas être si pire que ça... –... et... un bel inconnu... et... « Il a un peu de ce quelque chose que Zack avait... c'est une impression, mais... »
Ses pensées furent soudainement coupées par Tifa, qui se jeta à son cou.
« Que Dieu soit loué ! Tu n'as rien ! » dit-elle, visiblement soulagée.
Cloud leva un sourcil. Euh... oui, il avait vaguement entendue le brun qui avait veillé sur lui toute la nuit se disputer avec son amie, enfin, dispute à sens unique, mais quand même... alors que Leon avait tenté d'expliqué ses intentions sans arrières-pensées, la brune lui hurlait de ne plus s'approcher du blond...
Elle le força à se lever, ce qu'il rechigna à faire, sous prétexte que ce divan était bien confortable, et qu'il était fatigué.
« Tu te reposeras chez toi ! » s'énerva Tifa. « Allez, viens ! » finit-elle par lui ordonner, bizarrement expéditive.
Elle le tira par le bras, le forçant à marcher vers la porte. Cloud n'aimait pas qu'elle prenne les commandes, mais ne dit rien.
La main de Leon s'interposa entre Cloud et le bras de Tifa, se posa sur la main de la fille posée sur le bras du blond. Elle regarda le brun avec un regard flamboyant.
« Ôte tes sales pattes de Cloud ! dit-elle.
– Tu te prends pour quoi, sa mère ?! À ce que je sache, il est libre, et majeur, à vingt et un ans !
– Lâche-le, bon sang ! cria-t-elle. »
Cloud n'avait jamais vu son amie aussi fâchée. Elle le fit sortir, de force de la grande maison où s'était tenue la fête, Leon sur les talons, qui tentait de s'expliquer à une Tifa complètement furieuse. Elle faisait même peur à ce pauvre Cloud !
***
Tifa jeta Cloud sur le sofa de son appartement. Le blond s'assit comme il fallait, et la regarda, la colère dans ses beaux yeux aquamarine.
« Tifa ! s'exclama-t-il. Pourquoi es-tu entrée comme une tornade ? »
Elle soupira bruyamment, visiblement sur le point d'exploser. Elle commença à tourner en rond, en grognant. Elle avait l'air d'une lionne qui venait de découvrir que son lion prenait n'importe quelles chattes qui lui venait...
« Leon n'est pas quelqu'un à fréquenter ! dit-elle. C'est un petit connard de flirteur !
– T'as dit la même chose pour Zack, remarque ! dit Cloud, lui aussi en furie. »
Elle tourna subitement son regard sur lui. Il était tellement possessif, et plein de jalousie, qu'il tourna au rouge.
« Tu es à moi, Cloud, à moi ! décréta-t-elle, s'approchant, prédatrice. Personne à part moi ne t'aura !
Elle s'assit sur lui à califourchon, laissant promener ses mains sur le torse du blond, en dessous de son tee-shirt, qui la repoussa gentiment, incapable de faire du mal à sa meilleure amie. Mais pas non plus capable d'accepter ses avances...
« Il y a longtemps que je suis là; que j'attends que tu me remarque, Cloud, lui dit-elle dans un souffle, en tentant d'approcher ses lèvres des siennes.
– Laisse-moi... »
Elle l'embrassa rudement, sans lui laisser le temps de décider. Ce fut dès ce moment que Cloud la poussa, le plus fort possible. Avec un petit cri, la brune retomba par derrière.
Cloud se releva, s'essuyant les lèvres, les yeux pleins d'eaux, sa confiance quasi-aveugle en Tifa brisée en morceaux, il s'éclipsa, avec un court sanglot. Pourquoi fallait-il que tout aille si mal ?!
« Cloud ! Reviens ! »
Pourquoi fallait-il que tout aille si mal ?!
***
Essoufflé, Cloud ne savait pas comment il était arrivé devant le présentoir à magazines de la supérette du coin de sa rue. Il ne savait vraiment pas pourquoi il était là. Ni comment il s'était rendu là. Il soupira, une fois, deux fois, avant de regarder un peu, pour faire comme s'il n'était pas mal à l'aise que sa meilleure amie se soit jetée sur lui d'une telle façon...
« Cloud ! s'exclama une voix connue. »
Le blond se retourna, et fut non moins soulagé de voir Leon s'approcher de lui, les mains dans les poches de son manteau.
« Ça va ? T'as l'air tout pâle. »
Le blond eut un petit rire nerveux, avant de répondre un nerveux:
– Tifa m'a sauté dessus.
– Vraiment ?
– Vraiment... répondit-il en pouffant nerveusement.
Leon lui donna une petite tape sur l'épaule.
« T'inquiètes, lui dit-il. Un jour ou l'autre on se fait tous sauter dessus par un de ses amis...
– Zack ? dit-il gorge nouée.
– Tidus... dit Leon, avec un sourire en coin. »
Cloud dû se retenir de rire. Le sourire que Leon lui offrait était si charmant ! Il en aurait presque rougit s'il avait été une fille facile ! Mais il n'était pas une fille, et encore moins facile !
« Que t'as dit Tifa, à mon sujet ?
– Que tu étais un flirteur pas fréquentable... »
Leon eut un autre rire charmant. Les joues de Cloud en rosirent...
« C'est peut-être vrai, dit-il, en se penchant légèrement, pour être à sa hauteur. »
Et il déposa, dans un simple frôlement, avec une douceur innée, ses lèvres sur celles du blond, qui frémit comme s'il eût s'agit de son premier baiser. Leon se retira aussitôt, regardant si quelqu'un les avait vus. Mais il n'y avait personne, et le comptoir était suffisamment loin pour que le commis ne les vît pas.
« Refais-le... demanda Cloud, tout bas.
– Tes désirs sont des ordres... »
À nouveau, le brun effleura de ses lèvres bronzée celle d'albâtre du blond, qui, par pur instinct, passa délicatement ses bras frêles autour du cou du brun, qui posa ses mains sur les hanches du blond, avec un douceur, que Cloud pensa innée. Ensuite, le blond lui laissa l'accès à sa bouche, les yeux fermés de délice...
Tifa arriva à ce moment-là, essoufflée, et regarda la scène, incapable de détacher ses yeux des deux garçons qui s'embrassaient sous ses yeux. Les mots restaient bloqués dans sa gorge. Les larmes lui montaient aux yeux. Ça aurait dû être elle ! Elle et elle seule !
Leon lui servit un regard victorieux, tout en continuant à embrasser le blond, qui faisait quelques centimètres de moins que lui. « Trop tard, Tifa... » semblait-il lui dire.
Cloud recula d'à peine un pas regardant dans les yeux de brun, et des mots – peut=être aussi pas pur instinct ? – quittèrent ses lèvres, dans un murmure à peine audible:
– Je t'aime...
Un sourire tendre passa sur le visage du brun, qui le prit dans ses bras, tout aussi tendrement.
« Cloud... pourquoi ? dit la voix brisée de Tifa. »
Sans quitter les bras de son nouvel amant, Cloud se retourna, et lui servit un regard triste. Ses yeux semblaient dire, « Excuse-moi, mais c'est lui que j'aime... »
« Très bien, dit Tifa, résignée. »
Cloud et Leon la regardèrent bizarrement. Elle fouilla dans la poche arrière de son jean.
« Très bien. répéta-t-elle. »
Elle sortit un canif.
« Très bien. Si je ne peux pas avoir Cloud, personne ne l'aura ! »
Elle avait l'air d'une folle furieuse. Son regard avait changé. Cloud ne reconnaissait plus la jeune fille conciliante qu'il avait connue depuis son enfance...
D'instinct, Leon se plaça devant Cloud, qui tremblait de tous ses membres.
« Raisonne-toi, Tifa, ordonna-t-il.
– Personne à part moi n'aura Cloud !
– Si lui ne veut pas de toi ?
– Il apprendra à me vouloir... termina-t-elle. »
Elle commença à courir vers le brun, son couteau, en main. Elle tenta ensuite de le pousser, pour atteindre Cloud, qui recula, et finit par tomber, et entraîner le présentoir à magazine dans sa chute.
« Pousse-toi, Leon ! grogna Tifa, en essayant de l'atteindre. »
Mais le jeune homme tenait bon. Il semblait décider à ce que Tifa ne le touchât pas de son arme.
Mais le moment fatidique arriva.
Tifa donna un grand coup, que Leon ne parvint pas à retenir, qui lui arriva tout près du coeur. Avec un exclamation étouffée, le brun tomba juste devant Cloud, tenant sa blessure, qui saignait à grand flots.
Cloud le regarda, incapable de bouger, ses yeux grandis d'horreur.
Malgré tout, le brun se releva, et se plaça devant le blond, juste pour créer un vide métaphorique entre Tifa et le blond.
« Tu ne lui toucheras pas... » assura-t-il faiblement.
Ce fut le signal. Cloud fut incapable de retenir un sanglot, puis deux, puis trois, puis quatre, jusqu'à pleurer comme un enfant. Il s'accrocha désespérément au dos du manteau à col de fourure du brun, pour pleurer, en se cachant du mieux qu'il pouvait.
Leon tendit un main pour faiblement caresser ses cheveux, disant tout bas:
– Tout ira bien, Cloud... tout ira bien.
Ses yeux se fermèrent. Il tomba sur le côté. Le sang maculait le plancher et la magazine tombé. Cloud regarda son amant à peine déclaré, puis Tifa, avant de porter à nouveaux son regard sur le brun. Ses lèvres tremblèrent. Ses larmes doublèrent.
« LEOOOOON ! »
Pfiou, ç'a été dur... j'espère ne pas avoir trop fait attendre, et ne pas en avoir trop fait...
