Par amour

Chapitre 5 – Une arme unique

Sesshoumaru et Rin se reposaient sous le soleil. Ils prenaient leur temps pour revenir à terre familiale des Inu. Rien ne pressait. Sesshoumaru regardait le ciel et songeait aux nombreux changements dans sa vie depuis que cette femme était à ses côtés. Il ne se lassait pas de ses baisers, de ses caresses. Quel pouvoir elle avait sur lui! Et pourtant, cela ne le dérangeait pas.

- Sesshoumaru-sama?, lui demanda-t-elle.

- Nous y serons bientôt, Rin.

- Je sais.

Ils restèrent silencieux quelques instants. Sesshoumaru savait bien que Rin appréhendait un peu d'être introduite au château comme sa compagne.

- Rin.

- Oui, Sesshoumaru-sama?

- À partir de maintenant, je veux que tu m'appelles Sesshoumaru.

- Oh... Ce sera difficile.

Sesshoumaru se souleva légèrement et s'appuya sur un coude. Il regarda attentivement la jeune femme et replaça une mèche de cheveux derrière ses oreilles.

- Tu n'es pas une servante, Rin. Tu n'es pas mon esclave. Tu es mon égale.

- Oui, Sesshoumaru-sss...

Il déposa un doigt sur ses lèvres. Rin soupira et recommença, en se concentrant.

- Oui, Sesshoumaru.

L'appellation la fit rougir malgré elle. Pour Sesshoumaru, la prononciation de son seul nom par Rin l'émut plus qu'il le croyait. Ils se regardèrent, fascinés par l'expression des yeux de l'autre. Ce simple changement devenait tout à coup une autre façon pour eux d'être plus proches. Un sourire illumina le visage de Rin, le même qu'elle avait eu lorsqu'il avait demandé à la petite fille battue, voilà si longtemps, ce qui était arrivé à son oeil gauche. L'émerveillement atteint encore une fois Sesshoumaru. Comment faisait-elle pour lui communiquer autant de joie?

Il se pencha pour l'embrasser, heureux de la savoir amoureuse de lui. Et dire qu'il avait failli la laisser partir. Quel idiot il avait été! Sa Rin. Non, ils n'arriveraient pas au château aujourd'hui. La route était très longue lorsqu'il faisait aussi beau sur le chemin. Et puis, ils n'étaient pas pressés...

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- Rin.

Le soleil se couchait et le couple n'avait pas fait un pas de plus en direction du château. Rin sortit de son demi-sommeil en attendant la voix grave de son amoureux.

- Qu'y a-t-il, Sesshoumaru?

L'appellation la faisait encore rougir, mais elle aimait dire son nom ainsi.

- Je voudrais t'offrir quelque chose pour te faire plaisir.

- Oh! Mais j'ai déjà tout ce que j'ai besoin, lui répondit la jeune fille en lui souriant.

Sesshoumaru ne répondit rien. Rin savait qu'il ne l'écouterait pas et qu'il offrirait quelque chose, malgré ses protestations. Pourquoi lui en avait-il parlé alors? Sans doute pour lui permettre de faire une demande. Et Rin savait très bien ce qu'elle souhaitait.

- Sesshoumaru.

- Mmm?

- Je sais.

- Que souhaites-tu, Rin?

- Je veux une arme.

- Ah...

Rin s'était appuyée sur son torse pour lui faire la demande. Sesshoumaru la regarda, agréablement surpris de son choix.

- Une arme, Rin?

- Oui.

- Quel genre d'arme?

- Un bâton avec une pointe. Ou deux, peu m'importe. Mais je veux une arme solide, capable de résister à des attaques de youkai, comme celles de Sesshoumaru, par exemple.

- Oh... Tu veux m'attaquer, Rin?, lui demanda-t-il, en glissant son ongle le long de son cou.

Rin frissonna.

- Bien sûr que non! Excepté de façon tout à fait... amoureuse, lui répondit-elle en lui caressant la joue.

- Une arme. Une seule personne peut te faire une arme de cette qualité. Et Totosai ne m'apprécie pas beaucoup.

Sesshoumaru sourit. Rin ne comprit pas pourquoi, mais elle avait l'impression qu'il trouvait la situation particulièrement amusante.

- Faisons un détour et rendons-lui visite, Rin.

Elle sourit, contente de voir qu'il acceptait sa demande. Et Rin en était certaine, Sesshoumaru saurait lui dénicher l'arme parfaite.

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En arrivant près du lieu de résidence de Totosai, Sesshoumaru s'arrêta et se contenta de dire à Jaken:

- Rejoins-moi avec Rin.

Et il partit à toute vitesse, impossible à suivre. Jaken tira Ah-Un par la bride en criant à Sesshoumaru-sama de l'attendre tandis que Rin marchait à ses côtés, vers la caverne de Totosai.

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Sesshoumaru ne voulait pas laisser le temps au maître d'armes de prendre la fuite. Il le connaissait trop bien. Déjà, lorsqu'il arriva, Totosai embarquait sur sa vache youkai. Sesshoumaru l'attrapa par la tête et le retourna vers lui.

- Totosai, mais où allais-tu?

Un éclair sadique passa dans ses yeux. Totosai se sentit rapetisser sous ce regard.

- Mais nulle part, daiyoukai! Nulle part!

- C'est bien ce que je me disais, Totosai.

Sesshoumaru le jeta par terre et attendit que Rin, Jaken et Ah-Un les rejoignent.

- Comment va la santé depuis notre dernière visite?

- Oh! Sesshoumaru-sama! Je tousse un peu depuis quelques temps, je ne fabrique plus beaucoup d'armes...

- Bien sûr. Pourtant, il me semble que celles-ci sont magnifiques, dit Sesshoumaru en admirant le travail de maître de deux épées, accrochées au mur.

- Merci, daiyoukai. Mais elles ne sont rien comparées à Bakusaiga.

- Je sais.

Sesshoumaru n'en dit pas plus et Totosai se demanda ce qu'il était venu faire chez lui. C'est à ce moment qu'arriva les trois compagnons du grand youkai. Une jeune femme courut vers lui en souriant:

- Sesshoumaru!

Totosai sursauta à l'appellation. Le youkai allait sûrement la mettre en pièces pour une telle audace. Mais Sesshoumaru resta de glace et il permit même à la jeune femme de s'approcher tout près, à une distance qui aurait fait peur à Totosai s'il avait été à sa place. Le youkai se tourna vers lui:

- Totosai, voici Rin, dit-il en lui désignant la jeune femme, qui fit une courbette rapide. Elle souhaite une arme.

« Est-ce que j'ai des hallucinations? Sesshoumaru-sama en compagnie d'une humaine? », s'interrogea Totosai. Il faillit s'étouffer en comprenant le but de la visite du youkai.

- Sesshoumaru-sama! Une arme pour elle? Une arme pour une humaine?

Il ne perçut pas le mouvement trop rapide du youkai, mais il sentit son bras qui le retenait très fort en le soulevant dans les airs. Et il ne pouvait pas manquer le regard furieux qui le fixait. Sesshoumaru ne desserra pas les dents en disant:

- Que veux-tu sous-entendre, Totosai?

- Mais, mais... Rien! Rien du tout, grand youkai! Sinon que je serais enchanté de lui fabriquer une arme!, dit-il en se débattant sans résultat.

Sesshoumaru le laissa tomber par terre et lui lança une boutade.

- Toutes mes excuses pour ce malentendu.

Totosai lui jeta un regard surpris. Sesshoumaru semblait s'amuser de la situation... Le maître d'armes se dirigea vers la jeune femme. Il perçut tout de suite l'odeur intense de Sesshoumaru-sama qui la couvrait comme une aura. Il comprit mieux son erreur et il eut des sueurs froides dans le dos en sentant le regard du youkai qui le suivait.

- Rin-sama, c'est cela?

- Oui.

- Quelle genre d'armes maîtrisez-vous?

- Je sais me battre au bâton et avec deux armes courtes.

- Oh...

Totosai partit vers sa caverne, totalement absorbé dans ses pensées. Quelle situation embarrassante, vraiment. Sesshoumaru-sama n'était jamais tendre avec lui. Il prit deux sai et un bâton. Il demanda à la jeune fille d'accomplir quelques kata avec les armes pour évaluer ses mouvements et sa maîtrise des armes. Il comprit rapidement qu'elle était remarquablement habile à la maîtrise de deux armes, mais que son bras gauche avait plus de difficulté à supporter le poids du deuxième sai et que ses mouvements étaient alors plus lents. Il réfléchit pour trouver une solution à ce problème. Il devait lui fabriquer des armes parfaites, sinon Sesshoumaru-sama le tuerait sans un regard en arrière. Et il redoutait encore plus les moments qui précéderaient sa mort. Et si le youkai décidait de « s'amuser » avec lui??? AHHH!!!! Quelle situation terrible!

- Très bien, Rin-sama. Je sais exactement ce dont vous avez besoin. Un sai et un jitte.

Elle déposa les armes et Totosai se tourna vers Sesshoumaru, interrogatif.

- Les armes de votre père sont de qualité supérieure parce que les matériaux l'étaient. Ses crocs furent utilisés pour Tessaiga et Tensaiga. C'est la même chose pour Bakusaiga que vous portez. Avec quoi voulez-vous que je fabrique les armes de Rin-sama?

- De quoi as-tu besoin?

- De vos griffes, monseigneur.

Sesshoumaru ne broncha pas, mais Totosai entendit les cris d'horreur de Rin et du petit youkai.

- Très bien, Totosai.

Et il lui tendit la main, un défi dans le regard. Totosai frissonna. Il n'avait eu aucun mal à retirer le croc d'Inuyasha lorsqu'il avait fallu réparer Tessaiga, mais il craignait profondément la réaction du grand frère, autrement plus menaçant. Ce dernier le regardait avec une expression amusée dans les yeux. « AHHH! Mais ce youkai est sadique, il est sadique! », pensa-t-il en allant chercher l'instrument nécessaire à l'extraction.

Rin s'approcha de Sesshoumaru.

- Mais, tu n'y penses pas sérieusement?

- Bien sûr.

- Mais non! Il y a sûrement un autre moyen!

- Sûrement, lui répondit-il en la regardant. Mais je trouve celui-ci particulièrement symbolique, Rin.

Rin resta sans voix. Ses armes seraient faites des griffes de Sesshoumaru. Elle avait souhaité que son arme soit aussi puissante que Sesshoumaru et ce serait le cas. Il la protégerait jusque là. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il ajouta:

- Ne t'inquiète pas, Rin. Mes griffes repousseront en moins d'une journée.

Elle ne répondit pas, car Totosai venait de surgir avec une gigantesque pince. Il s'avança vers Sesshoumaru, l'air incertain. Rin se mit à trembler. Le maître d'armes regarda la main tendue du youkai sans réussir à faire le premier geste. Sesshoumaru maudit l'hésitation de Totosai.

- Allez, idiot!

L'affaire fut vite faite. Sesshoumaru couvrit ses doigts ensanglantés d'un tissu propre et il se dirigea vers Rin. Il posa son bras sur sa taille pour la rassurer. Ce geste la calma suffisamment pour que ses tremblements cessent.

- Totosai.

- Oui, Sesshoumaru-sama.

- Je reviendrai dans une semaine. Ne fuis pas cette fois.

- Non! Je serai là, Sesshoumaru-sama, répondit le maître d'armes en se jeta en plat ventre su r le sol.

Sesshoumaru serra le corps de Rin contre le sien et s'éleva dans les airs. Jaken embarqua vivement sur Ah-Un et les suivit en leur criant de l'attendre. Totosai soupira. Le daiyoukai était allé jusqu'à lui donner ses griffes pour qu'il fabrique une arme à cette femme. Se pourrait-il qu'il l'aime? Même pour un youkai de sa qualité, la douleur avait dû être terrible puisqu'il avait arraché trois griffes. « Incroyable! Incroyable! » Il se mit au travail immédiatement.

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En se dirigeant vers les montagnes, Sesshoumaru sentait la tension dans le corps de Rin. Elle ne l'avait pas regardé et elle n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient quitté Totosai. Bientôt il vit le soleil amorcer sa descente et il trouva un endroit au milieu des boisées où ils pourraient monter un camp pour la nuit. Il se posa au sol, mais il ne déposa pas Rin. Il la garda contre lui et il la regarda. Des larmes coulaient sur ses joues. Sesshoumaru fut surpris. Il n'avait pas réalisé qu'elle pleurait.

- Rin?

Elle ne répondit pas, mais elle le regarda avec des yeux émus et peut-être un peu de colère aussi. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais elle la referma aussitôt comme si les sons n'arrivaient pas à sortir. Sesshoumaru vit sa poitrine se soulever et l'entendit prendre une grande respiration. Elle le regarda encore une fois et lui demanda:

- Ça va?

- Bien sûr. Ça ne saigne déjà plus.

Le regard de la jeune femme s'adoucit, comme si elle comprenait pourquoi il avait fait cela. Elle prit son visage entre ses mains et elle l'embrassa passionnément. Sesshoumaru gronda devant ce baiser inattendu et la tint plus étroitement. Jaken se posa tout près avec Ah-Un. En voyant la scène, il s'éloigna en souriant.

Rin caressait le visage de Sesshoumaru en l'embrassant. Sa joue où des traces fléchées étaient dessinées, son oreille pointue de youkai, beaucoup plus affinée que la sienne, sa nuque où glissait ses cheveux blancs, plus fins que de la soie. Elle était affamée de la saveur de sa bouche, de la façon possessive qu'il avait de l'embrasser, de ce sentiment d'être si petite entre ses bras puissants.

Sesshoumaru l'appuya contre un arbre et sa bouche glissa dans son cou. Rin sentit un frisson la traverser. Elle profita de ce moment pour lui poser une question:

- Sesshoumaru?

- Mmm?

- Totosai tout à l'heure... Il a utilisé les mêmes termes de politesse pour nous deux. Comment a-t-il deviné pour moi?

Sesshoumaru interrompit ses gestes et fixa sur son regard doré sur Rin, un peu d'amusement dans les yeux.

- Dès qu'il t'a approchée, il l'a senti sur toi...

Et il se remit à embrasser son cou et la jonction de son épaule.

- Il a senti quoi?

- Mon odeur, ma salive, mon essence. Il a tout de suite compris que je t'avais possédée, Rin.

Rin, elle aussi, avait perçu les odeurs que leurs moments ensembles lui laissaient. Mais elle ignorait que cela était perceptible pour les autres. Elle rougit en songeant que le maître d'armes en savait tant sur eux.

- Est-ce que tous les youkai peuvent le sentir?

Elle fut légèrement déconcentrée par Sesshoumaru qui continuait son exploration de l'autre côté de son corps. Il en profita pour dénouer ses cheveux et enfouir son visage près de son oreille afin de humer son odeur.

- Oh oui. Tous les youkai, Rin. Particulièrement ceux au nez sensible, comme ceux de ma famille.

Rin comprit tout de suite et rougit de plus belle.

- Inuyasha?

Elle crut entendre un léger rire venant de Sesshoumaru.

- Il s'est d'ailleurs permis de venir me faire la leçon dès qu'il m'a senti sur toi à ton retour au village, Rin.

Rin devint cramoisie. Elle n'insista pas pour en savoir plus. Elle laissa plutôt Sesshoumaru défaire habilement sa ceinture. Elle noua ses jambes autour de sa taille et elle le sentit bientôt ne faire qu'un avec elle. Ce plaisir, qu'elle connaissait bien et qui était pourtant nouveau à chaque fois, elle se sentait si choyée que ce soit lui qui le lui donne. Des éclairs d'extase parcouraient son corps, alors qu'il continuait ses mouvements lents et profonds. Rin gémit. Elle voulut savoir:

- Est-ce que c'est aussi bon pour Sesshoumaru?

Il ne répondit pas tout de suite.

- Que veux-tu savoir au juste?

- Oh... Seulement... Ce que c'est pour toi...

- Coquine.

Il resta silencieux un long moment et Rin perdit sa concentration à propos de ses interrogations. La présence de Sesshoumaru en elle se faisait plus intense et elle sentait son esprit perdre sa cohérence. Mais il lui répondit:

- J'adore sentir ta chaleur autour de moi, sentir le plaisir monter en toi sous mes caresses. Lorsque nous sommes ainsi, je me sens le youkai le plus puissant du monde, puisque je te possède, Rin. Et puis...

La respiration de Sesshoumaru s'était accélérée et il serra les dents pour garder son contrôle quelques instants de plus.

- Et puis, il n'y a qu'avec toi que je peux m'abandonner complètement, Rin. Et ça me fait infiniment plaisir...

Rin ne chercha pas à répondre et Sesshoumaru ne l'aurait pas écouté de toute façon. C'était un de ces moments où il pouvait tout oublier et se fondre entièrement dans la chaleur de Rin.

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Très exactement une semaine plus tard, Rin reçut des mains de Sesshoumaru les armes demandées. Il sourit en voyant encore une fois les émotions l'envahir. Un sai et un jitte. Trois griffes, toutes trois tirées des doigts de Sesshoumaru. Rin resta sans voix devant les objets.

Un sai. Une arme courte pour sa main droite, qui ressemblait à un trident. Les deux pointes qui entouraient le pic central étaient constituées des griffes de Sesshoumaru. Elles luisaient d'une lueur verdâtre et Rin savait que ces pointes étaient empoisonnées. Elle prit l'arme dans sa main. Le poids était parfait. Elle la fit tourner, heureuse de savoir que ses longues années d'entraînement lui permettrait de ne pas laisser choir le sai sur son pied. Elle ne résisterait pas une seconde au poison du youkai.

Un jitte. De la même longueur qu'un sai, mais qui ne possédait qu'une seule pointe courbée, elle aussi empoisonnée, près du pic central. Le poids était donc moins important et Rin trouva tout de suite que l'arme était exactement ce qu'il lui fallait. Totosai était vraiment un grand maître. Elle admira la poignée qui se moulait parfaitement à ses petites mains.

Elle se mit en position d'attaque, les armes bien en main. Sesshoumaru sortit son épée du fourreau et enchaîna quelques mouvements avec elle. Rapidement, il la vit devenir plus à l'aise avec ses nouvelles armes. Ce fut elle qui revint à la charge, une lueur dans les yeux. Sesshoumaru para son attaque et répliqua. Les coups s'enchaînèrent de plus en plus rapidement. Pour le youkai, c'était facile d'augmenter la vitesse. Mais il était conscient qu'elle était plus rapide qu'un humain ordinaire. Sa petite taille lui permettait de se déplacer facilement autour de lui et il ne lui connaissait pas cette maîtrise des armes. Il était enchanté de découvrir Rin sous ce jour. Son séjour dans le village lui avait été bénéfique.

Il adorait la voir ainsi, combattive et stable sur ses pieds, malgré les mouvements brusques. Des mèches de cheveux s'échappaient de ses attaches élastiques et allaient se coller à son visage mouillé par l'exercice. Un éclair d'admiration passa rapidement dans les yeux de Sesshoumaru. Ce fut bref et il retrouva vite son masque de glace, mais Rin avait perçu le changement. Elle s'arrêta et lui sourit, le souffle court.

Durant l'exercice, elle avait pris avantage d'une petite colline pour être un peu plus haute que Sesshoumaru. Il s'approcha lentement d'elle.

- Merci, lui dit-elle.

Il ne dit rien et garda son air impassible.

- Merci pour les armes d'abord. Elles sont merveilleuses. Et elles me viennent de toi, ce qui les rend infiniment précieuses pour moi.

Rin prit le visage aimé entre ses mains et regarda Sesshoumaru, plus sérieusement.

- Merci ensuite de me laisser être moi. De supporter mes demandes horribles et de te prêter au jeu d'un combat avec une faible humaine.

Cette fois, Sesshoumaru voulut répliquer, mais elle posa un doigt sur sa bouche.

- Merci finalement de me laisser te suivre, de me laisser t'aimer et de me le rendre mille fois. Je sais fort bien que tu as longtemps hésité, étant donné ma nature humaine. Je comprends le sacrifice que tu fais en t'attachant à moi, Sesshoumaru. Je sais la douleur que tu crains lorsque je mourrai. Je te promets de prendre soin de moi, et aussi de toi, pour être là le plus longtemps possible, à tes côtés.

Elle se pencha vers lui et lui embrassa le front, tout doucement. Sesshoumaru resta muet après ces mots. Son corps s'était tendu lorsqu'il avait entendu Rin exprimer aussi clairement sa peur la plus intense. Il ferma les yeux et soupira. « Rin. Oh, Rin! Si tu savais comme j'ai peur du moment où tu partiras! », pensa-t-il sans pouvoir le dire à voix haute. Il la serra très fort dans ses bras. Elle blottit sa tête contre son épaule. Sesshoumaru se sentait envahi de tendresse et de tristesse. Des émotions qu'il laissait rarement prendre possession de lui de façon aussi intense.

Rin lui caressa les cheveux en fredonnant une mélodie et Sesshoumaru s'assit, Rin toujours dans les bras. Il ne pouvait plus la regarder, il ne pouvait plus lui parler. Il n'y avait que sa fierté qui le retenait. Impossible qu'il pleure, même devant Rin, non, jamais. Les efforts qu'il faisait pour contenir ses émotions crispaient son corps. Rin continua sa chanson. Bientôt, il se calma dans ses bras. La voix de Rin l'apaisa et, pour une rare fois, il s'endormit. Le sommeil eut un effet bienfaiteur. Sesshoumaru eut l'impression d'amener avec lui toute la chaleur de l'amour de Rin. Dans son rêve, elle était tout près de lui, elle lui caressait les cheveux. Dans ses rêves, il pleurait dans ses bras et elle l'écoutait, en le regardant gentiment. Elle pleurait elle aussi, avec un doux sourire. Ses peurs se calmaient et son corps se détendait enfin. Sesshoumaru perdit le fil de son rêve et il s'endormit plus profondément.

Il ne sut jamais qu'il n'avait pas vraiment rêvé.

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Je suis restée longtemps silencieuse après cette scène. Qui a dit que les gens heureux n'avaient pas d'histoire? Pourtant, nous devons chaque jour faire face à nos peurs. Chaque jour, on doit gérer les imprévus. Chaque jour, on doit essayer de réaliser ses rêves, ses projets, en sachant bien que l'on risque parfois d'être déçu. Si la présence d'un ami ou d'un amour peut nous aider à aller un peu plus loin, n'est-ce pas merveilleux?

Le prochain chapitre est beaucoup plus long que je l'avais prévu. C'est pourquoi je le diviserai en deux parties. Bonne lecture et merci à ceux qui ont fait des « reviews », ce sont de petits bonbons pour moi.

Myriel.