Allez ! Comme j'ai déjà bien avancé et pour inaugurer la première personne qui a mis IdP dans sa Story Alert... J'offre ce chapitre ! Merci ! (Non, je ne suis pas desespérée lol)
Je ne refais pas la fiche d'identité, une fois, je crois que ça suffit, non ?
Bizz.
Noir. Tout était noir. L'inquiétude, puis la panique montèrent en lui. La peur d'avoir échoué, pas celle de mourir – celle là il ne l'avait plus depuis si longtemps, lorsqu'il avait été brisé…
Mais Harry ne devait pas rater son coup ; il devait, vraiment, c'était obligatoire, sauver le monde sorcier.
C'était énorme – présomptueux même – mais réel. Après tout, il était le Survivant – le seul, le vrai – et cela lui laissait un goût amer dans la bouche. C'était son droit de survivre, et son devoir de sauver le monde.
Peu importe. Il le ferait, pour toutes ces vies perdues, et il aurait peut-être le droit à une vie normale après ça.
Mais il devait déjà sortir de ce noir profond et angoissant. Il se concentra et essaya de percevoir les battements de son cœur. Voilà. Il n'était pas mort au moins – si la mort était juste le noir absolu, ce serait véritablement effrayant. Il lutta pour ouvrir ses paupières qu'il sentait à peine et prendre conscience des parties de son corps. Il réussit. Mais la lumière était trop éblouissante et instinctivement, ses yeux se refermèrent. Il réessaya et laissa ses pupilles s'habituer à l'éclatante lumière. Quand il sentit qu'il pouvait essayer de bouger un peu, il redressa sa tête pour voir où il était. Quelqu'un le regardait. Il retint de justesse la magie qui crépita au bout de ses doigts lorsqu'il s'aperçut qu'il était observé.
En effet, Harry pouvait utiliser la magie sans baguette – encore difficilement mais il sentait qu'il s'améliorerait lorsqu'il attendrait sa puissance maximale, pour ses vingt ans qu'il atteindrait dans quelques mois. Et il s'était tant habitué à la guerre qu'il tenait toujours sa magie prête pour lancer n'importe quel sort. 'Vigilance constante' aurait approuvé Maugrey s'il avait été encore vivant. Il eut un sourire mélancolique.
Mais il était là pour avancer, quoique ce principe était paradoxal étant donné qu'il se trouvait dans le passé – comme le prouvait la barbe grise appartenant à un Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore d'au moins vingt ans plus jeune que la dernière fois qu'il l'avait vu. A ce moment, Harry était heureux d'être assoiffé. Car ses glandes lacrymales le lâchèrent et des gouttes salées coulèrent. Et il était sûr que s'il avait été plein d'eau, son être n'aurait plus été qu'un torrent débitant à haute vitesse toute ses larmes…
D'un geste gêné, il essuya ses larmes qui prouvaient qu'il était encore un minimum humain.
Dumbledore avait l'air déconcerté que le sosie de James Potter soit devant lui, ses yeux d'émeraudes un peu fous déversant de temps à autres des larmes, le corps maigre et recouverts de cicatrices, le visage émacié et sale…
Il était en réalité affolé de voir qu'un adolescent si jeune – il lui donnait 21 ans mais il faisait tellement plus – soit autant en mauvais état. Il avait vu des jeunes subissant de mauvais traitements, des enfants abandonnés à eux-mêmes dans ce vaste monde, des rescapés de la guerre, mais celui-ci… Il semblait le mélange des trois catégories…
Et cela le désolait. Il se promit de protéger le garçon au péril de sa vie, ignorant qu'il l'avait fait des années plus tard. Mais pour l'instant, l'important était de découvrir qui était ce garçon apparu sur le sol de son bureau au beau milieu de la nuit. C'était Fawkes et son instinct extrêmement puissant qui l'avait réveillé.
Il avait aussitôt métamorphosé une des nombreuses petites pierres qu'il gardait à cet effet en canapé confortable et y avait allongé le garçon qui s'était réveillé dix minutes plus tard…
Pensant que le jeune homme avait eu le temps de récupérer, et étant très curieux, il déclara.
« Avant de t'embarrasser de questions, je voudrais savoir si tu es conscient du lieu où tu te trouves, de qui je suis, et si tu te souviens de ce qui t'est arrivé. »
Le meilleur moyen d'aborder une possible amnésie… Mais le jeune devant lui acquiesça lentement, une larme perlant à nouveau dans ses yeux remplis d'une lassitude qu'un humain ne devrait jamais connaître, surtout si jeune. Un mystère, ce garçon, décida t-il. Mais il continua, essayant d'appliquer le siècle d'expérience de diplomatie qu'il avait derrière lui.
« D'accord. Tu m'as l'air bien fatigué. » Oh, doux euphémisme. Il avait l'air mourant, oui ! Et il devait absolument se remplumer, ce n'était pas humain d'être aussi maigre ! «Alors, déjà, veux-tu quelque chose à manger ? Ce sera le plus simple avant que tu n'expliques ton apparition soudaine et ton étrange ressemblance avec l'un de mes élèves… »
Oh, bien sûr. Harry soupira. Complexe situation. Devait-il, ou non, dévoiler le futur ? Si non, il faudra bien au moins expliquer ses origines et de quand il venait, mais quels aspects omettre ? Il tombait de fatigue, et il sentit qu'il n'aurait pas la force de tenir un interrogatoire en règle… Aussi répondit-il par l'affirmative à la proposition de nourriture – il rêvait de l'instant ou il mangerait un repas normal – et proposa de remettre la séance de questions au lendemain, quand il serait en état d'expliquer tout clairement. Le directeur qu'il aimait comme un grand-père accepta et il vit avec bonheur le singulier scintillement de son regard alors qu'il lui proposait en attendant la collation un bonbon… au citron pour changer.
