Coucou !

Bien, voilà le 8ème chapitre, qui, j'espère, vous conviendra. Sinon, je cherche toujours quelqu'un pour la béta-correction, s'il vous plaît...

Bonne lecture !

Gaya.


« Tu ne me connais pas. Personne ne me connait. Je suis seul dans une situation qui dépasse tout entendement. Je ne pourrais pas tenir… »

C'était ce qu'Harry était en train d'écrire, inconsciemment, à la place de son essai de métamorphose. Lorsqu'il s'en rendit compte, il déchira son parchemin et le jeta dans le feu ronflant. Certaines filles à côté pouffèrent tandis qu'il se levait, prenait son sac et partait sans demander son reste dans son dortoir vide.

Il était las de tout. Avant même la fin de la première semaine de cours, il était fatigué de devoir faire semblant de n'être qu'un élève parmi tant d'autres, de faire comme s'il ne s'était rien passé ces dernières années, comme si les pertes qu'il avait subies étaient superficielles, comme si… Comme si, alors qu'il n'en était rien. Il avait souvent regretté d'être Le Survivant, auparavant, mais désormais, il lui paraissait presque pire d'être Harry Rivers, simple étudiant. Alors qu'il en savait plus que la plupart des professeurs !

Mais s'il voulait que tout change… Il devait le faire. Il se leva avec la résignation inscrite sur son visage, et quelqu'un entra avant qu'il n'ait eu le temps de se refaire un visage normal. C'était un garçon du dortoir – son nom lui échappait – qui parlait à un Severus indifférent à ses paroles.

« Tu sais, mes parents en sont très fiers. D'être de sang pur et 'tout le reste' parce que c'est un honneur pour eux. Et quand je vois ces Sangs-De-Bourbe pleurnicher pour ces sales moldus qui mangent les pissenlits par la racine depuis hier soir, ça me fait marrer. Le Seigneur des Ténèbres avait bien prévu son raid. Les aurors sont arrivés bien après, et la ville de Bath était déjà morte. Oh, il y a bien des survivants, malheureusement, à cause des vacances et de la lâcheté – la trahison – de certains des nôtres, mais ça a quand même été un succès. »

Severus aperçut Harry qui s'était figé, l'horreur se lisant dans ses yeux alors qu'il s'était rassis sur son lit et fixait sans le voir l'élève qui parlait toujours, sans remarquer le silence des deux autres. Finalement, sans lâcher Harry des yeux, Severus interrompit Yaxley – il s'en souvenait maintenant – dans sa tirade.

« C'est bon, Yaxley, j'ai compris. Va raconter ça aux autres. »

Et le mangemort obéit, comme le brave toutou qu'il était – bien que son maître ne soit pas Severus.

Le silence s'installa entre les deux antagonistes. Harry ne s'était pas vraiment aperçu de la présence de l'autre garçon, plongé dans ses souvenirs comme il l'était. Il ne voyait que le sang, la mort, la douleur. Il était replongé dans une bataille perdue par l'Ordre, une des plus meurtrières.

Sa première. Il se revoyait, prenant un petit garçon dans ses bras qui pleurait en appelant son jumeau « Gaby ! Gaby !... Papa, Maman, Gaby ! » tout en se vidant de son sang à cause d'un Sectusempra. Il voyait ces hommes et ces femmes, ces vieillards et ces enfants, ces parents, ces adolescents, ces sorciers, ces moldus, tomber pour une victoire qui n'arriverait jamais.

Il voyait Rémus et Tonks partir ensemble, avec un dernier sursaut pour l'amour qu'ils se portaient. Il voyait tous ces visages hantés par la mort, toute la douleur prenant la place de l'innocence. Il voyait la mort, la mort, la mort, la souillure, la douleur, le désespoir, le sang, puis encore la mort.

Ses prunelles en étaient remplies. Et il ne pouvait plus pleurer. C'était fini, il n'y avait plus d'espoir. Rien que ces images, le hantant à jamais alors qu'il était impuissant, le hantant inutilement, le culpabilisant de n'avoir pas été meilleur, de n'avoir pas su battre Voldemort à temps. Il culpabilisait alors qu'il avait fait de son mieux, parce que justement, ce n'était pas assez !

Il reprit brusquement contact avec la réalité lorsqu'une main se posa sur son épaule. Ce n'était pas une main amicale, loin de là, mais c'était rassurant. Il regarda alors Severus dans un silence douloureux. Celui-ci le fixait de ses yeux indéchiffrables, essayant de comprendre pourquoi cette expression de douleur si prenante et en même temps quasi-invisible avait envahie le visage de son compagnon de chambre. Et il s'assit lui-même sur son lit, attendant une explication qui vint quelques instants plus tard, dans un murmure incertain.

« J'ai essayé de faire quelque chose… J'étais impuissant. Je ne pouvais rien faire pour les aider, et je les voyais mourir, essayant de trouver encore quelque chose de bien dans l'être humain, alors qu'ils succombaient dans la douleur la plus totale. Même là, ils n'étaient remplis que de foi dans l'existence humaine, alors qu'on les torturait. Ils tentaient de ne voir que l'amour et ils ne tombaient jamais dans la haine et dans la vengeance. Ils n'étaient animés que par l'espoir… Je n'ai jamais compris comment ils réussissaient à faire abstraction de ce mal qui les rongeaient, au sens propre comme au figuré. »

S'apercevant qu'il en avait peut-être trop dit, il se justifia :

« Ma famille. Je parlais de mon petit frère et de ma petite sœur. »

Ce qui n'était pas tout à fait faux. Parmi les enfants dont il avait parlé un instant plus tôt, deux étaient des enfants qu'il avait presque adoptés. Clara et Victor. Les petits choux qui avaient été torturés pendant des heures mais dont la dernière phrase avait été :

« Riry, pardonne-les, ils ne sont pas si méchants que ça. Ils aiment des gens qui les aiment aussi. C'est normal, non ? »

Des paroles innocentes d'enfants qui avaient pourtant tout perdu. Des paroles sages, des paroles de vérité. Mais comment respecter cela, alors qu'il ne pouvait voir de leurs actions que des choses mauvaises ? Comment respecter ces paroles, alors que ceux qui les avaient prononcés étaient morts torturés, de la main-même de ces hommes dont ils avaient pris la défense ? Comment ?...

« Tu devrais te calmer. »

Telles furent les paroles de Severus avant qu'il ne se lève et ne parte. Celui-ci essayait de réfléchir à la situation. Il était déstabilisé, et avait presque pitié de son camarade. Quel mystère, ce garçon !

***

Harry quant à lui, évacuait ses démons pour un moment par l'eau qui dégoulinait de lui. Il s'était à peu près calmé et sa douche finissait le travail. Il en avait plus que besoin. Il sortit de la salle de bain propre et déterminé à ne plus montrer sa faiblesse à quiconque. Il avait déjà assez honte que Severus l'ait vu dans un tel état !

Il se rendit compte qu'il était plus que l'heure de dîner. N'ayant pas la moindre envie de se retrouver entouré d'apprentis tueurs, il descendit à la cuisine directement. Se retrouver avec des elfes de maisons si optimistes lui remonta un peu le moral, et il prit le temps de se recomposer son état d'esprit de d'habitude.

C'est avec la peau du ventre bien tendue qu'il se dirigea vers son dortoir. La fatigue s'était abattue sur lui d'un coup, et il ressentait dans tout son être un besoin irrépressible de dormir. Il n'avait même pas fini ses devoirs. Tant pis, il se lèverait plus tôt. Il ne croisa personne dans les couloirs, ni dans la salle commune, ni dans le dortoir.

Harry s'écroula sur son lit, prenant à peine le temps de se mettre en tenue de nuit. Il s'endormit en quelques instants, son esprit fatigué remarquant juste le bruit de la porte qui s'ouvrait avant de sombrer dans les bras de Morphée.

Il était étendu sur un sol doux. Il ouvrit les yeux et remarqua tout de suite l'incroyable blancheur pure qui l'entourait. Dans les nymphes de son rêve, Harry sut qu'il fallait qui se lève et aille jusqu'au bassin d'eau un peu plus loin.

Il était penché au dessus de l'eau, et attendait que le reflet de son image se dissipe. Ce qui arriva, et il put distinguer l'objet bleu au fond de l'eau. Attiré, il se baissa et rentra sa main dans l'eau...

Et il se réveilla, la main toute engourdie. Il crut voir une lueur blanche qui l'entourait, mais ce ne devait être qu'une impression, car ça se dissipa juste quand il la regarda de plus près.

Il se leva, remarquant que son réveil allait bientôt sonner. Il l'éteignit en avance et se dirigea tranquillement vers la salle de bain. Il se sentait étrangement apaisé. Il se souvenait légèrement de son rêve, qu'il savait étrange, mais il ne chercha pas à en savoir plus.

Lorsqu'il sortit, il était déjà l'heure d'aller manger. Il ne dit pas un mot à ses camarades de chambres qui se levaient et discutaient. Il sentait le regard de Severus peser sur lui, mais il n'en eu cure. Il descendit, et dans les couloirs, discuta un moment avec Liana qu'il avait croisé. Au moment de passer la grande porte, il la regarda et dit tranquillement :

« Rendez-vous ce soir à dix-huit heures en haut de la tour d'astronomie. Il lui fit un clin d'œil et rentra dans la salle.

La jeune fille, troublée, le regarda un instant avant de secouer la tête en souriant. Ses amies la regardèrent bizarrement lorsqu'elle commença à manger et à discuter avec entrain, mais ne firent aucun commentaire même si elles n'en pensaient pas moins qu'il y avait de l'amour dans l'air.

Ce qui était faux, bien que Liana ressente une impatience grandissante. Mais elle savait qu'ils ne seraient jamais en couple, car elle le voyait plus comme une sorte de frère, malgré leur relation toute récente. C'était une sorte d'instinct, qu'elle ne s'expliquait pas.

Quant à Harry, c'était sans arrière-pensée aucune qu'il avait dit cela à la jeune fille. Il lui avait donné ce rendez-vous sans réfléchir, ressentant juste le besoin de parler à Liana. Parler de quoi ? Ca… il n'était pas Trelawney pour le savoir…


Alors ? Vos impressions ?

Bizz.