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"Je vais te chercher"
L'étranger était resté septique face à cette déclaration. Tant d'ardeur pour retrouver un homme, qui plus est, officiellement mort.
Il n'y a que les femmes pour penser ainsi, « quoi que peut-être Naruto » rectifia t-il avec moquerie. Pourtant aucune femme ne s'était jamais démenée pour lui. Ino savait se montrer possessive, mais à la manière d'une petite sœur capricieuse. Sa mère… bah en tant que tyran. Ou bien Temari qui ne lâchait jamais le dernier mot avec lui. Cette fille galère… ou plutôt femme (galère !) il serait tant d'admettre. Il n'avait jamais pu établir clairement ses rapports avec elle. Ils étaient deux personnes qui ne cessaient de tester leur réparties et leur foi en la suprématie de leur sexe, comme s'ils ne pouvaient pas se piffer. Mais s'ils étaient dans le même périmètre, à coup sur l'un d'eux tournait autour de l'autre. On pouvait appeler cela soit du sado-masochisme (« … ») soit un couple en devenir.
Mais ça en était resté au stade du "ça aurait pu". C'est ainsi qu'en plus de son mépris incontestable pour l'organisation, il en voulait puérilement à l'Akatsuki de ne pas lui avoir permit d'approfondir cette relation.
Quitte à devoir se tapir dans l'ombre, il avait personnellement exigé que la Godaïme lui incombe le rôle d'éclaireur. C'était d'ailleurs bien face à son élan inhabituel de motivation que Tsunade avait accepté. Pouvoir agir seul, mais surtout faire sa propre enquête parallèlement. L'espionner s'il avait de la chance, ce qui ne fut malheureusement jamais le cas en 2 longues années. Et pour cause...
C'est dans une bourgade au pays de l'herbe, que Shikamaru pu apprendre la nouvelle en surprenant la conversation d'un medic-in avec un botaniste. Peu de temps après que Lee, trop heureux de voir autant de fleurs, se soit fait griller pour avoir exécuter avec un peu trop de fougue la danse de la joie dans la plantation de ce dernier.
- « … cette commande était réservée pour l'aînée de la fratrie Sabaku. Mais depuis qu'elle a pris la fuite… »
- « Elle n'est pas signalée comme déserteur ? »
- « Voyez vous donc, bien sur que non ! Le Kazekage est tout de même son frère. Il semble qu'ils soient passés à un accord, mais en ces temps où la paix est fragile, cela semble impensable. »
- « Y a-t-il une raison plausible qui circule à ce sujet ? »
- « Aucune de convaincante. La donzelle était particulièrement fermée depuis … la Catastrophe » murmura t-il tout bas « ainsi soit, quelle perte pour Suna ! Une belle et redoutable princesse, quoiqu'un peu sauvage, qui fout le camp. »
- « Un mariage arrangé avec un autre pays aurait été profitable. Il n'y a qu'un homme pour rendre les femmes aussi impétueuses … »
- « Shibari-san ? »
Il ouvrit les yeux subitement. Il devait la retrouver.
- « Hai. Sumimasen » Et galère! Une absence qui n'était pas passée inaperçue. Il mettrait ça sur le compte de la fatigue.
« Vous me demandez des informations concernant une ombre. Tout ce qu'il y a de plus insaisissable. A part peut être le vent... Vous êtes consciente que vu la nature de la requête, seulement si vous êtes en mesure de me renseigner sur la Faucheuse de Suna, je vous dévoilerais des indices. »
Il savait que dévoiler des informations sur lui-même était comment dire… Idiot. Mais qui d'autre que soi-même se trouve le mieux placé pour gérer ce sujet ? Révéler sa position datant d'il y a 3 mois allait difficilement le compromettre vu qu'il était aux alentours de Suna. La voyageuse n'avait qu'à retourné dans son pays, essayé de chercher sa trace dans les grains de sable si elle le pouvait.
- « Nous aspirons tous deux à trouver deux personnes introuvables n'est ce pas ? Vous l'avez peut-être connu ? »
Elle voulait rendre la pareille.
- « Et j'ose espérer que votre tempérament vif du pays du vent vous mettra sur la même longueur d'onde que la princesse. » éluda t-il en tentant d'esquiver la question précédente.
Mais son interlocuteur n'avait pas l'air de cet avis
- « L'avez-vous connu ? » répéta t-elle presque sur un ton encourageant.
- « Oui. » d'un ton qu'il aurait voulu moins triste. Mais il n'en dit pas plus.
- « C'est étrange tout de même… Vous êtes trop mystérieux même sans véritablement avoir l'air de le faire exprès. Vous vous comportez presque comme si sa ne pouvait être qu'à vous qu'il fallait demander des informations. Mais plus je vous écoute et plus vous me paraissez aussi stratégique que l'As que je recherche. Vous ne vous identifiez pas parfois à lui par hasard ? »
C'est qu'elle en pose des questions! Elle analyse presque aussi finement que moi. Mais le match reste 2 à 1. Dire qu'il comptait le nombre de piques gagnantes ! « Temari je t'ai encore dans la peau. »
La conversation prenait une tournure trop sentimentale. Chacun savait désormais que l'autre recherchait à but privé. Et puis ils se troublaient mutuellement. Il y avait trop de détails dans l'attitude de chacun qui paraissait tellement similaires à celui ou celle qu'ils poursuivaient. Pendant les minutes qui suivirent, ils se firent face, se remémorant la conversation, essayant de recréer la voix de l'autre en se disant « Bon sang est-ce que sa voix était aussi enrouée que la sienne ? Est-ce que "lui" aurait pu encore muer ? ». Un égarement où pendant un moment ils imaginaient à la place de l'inconnu encapuchonné face eux, la personne qu'ils cherchaient avec frénésie. Temari face à Shikamaru. Shikamaru face à Temari.
Mais la journée avait été déjà bien longue, la conversation avait commencé trop tard et l'avait secouée plus qu'elle ne l'aurait cru. La jeune femme se leva et regarda l'heure « on approche de la 3e heure » puis s'adressa finalement à son interlocuteur.
- « Je crois que cette conversation va être reportée. Ryoge-san m'a l'air sur le point de fermer. Je vous revois peut-être ce soir » fit-elle d'un air entendu puis se retira.
Il lui rendu son salut et demeura impassible jusqu'à ce qu'il la vit s'engouffrer dans un couloir, certainement pour atteindre sa chambre. Il relâcha alors un peu la tension et tira un bon coup sur sa cigarette. Puis d'un air dépité l'écrasa sèchement sur le cendrier. En reconsidérant la conversation, aucun des deux n'en avait réellement tiré quelque chose. Ils s'étaient affrontés silencieusement, testant l'autre. Une dure à cuire celle là. Et il avait bien entendu un son métallique lorsqu'elle s'était assise. Un kunaï, donc une kunochi. Galère.
Mais il avait l'impression de s'être approché de tellement plus important. Comme si en ce laps de temps chacun avait senti que l'autre était "La" personne la plus fiable qu'ils puissent espérer trouver. Un seul détail le gênait. Et bien qu'il ne se risquerait pas à faire de même, voir son visage lui enlèverait tous les doutes. Il voulait constater. Il ne savait pas quoi, mais constater tout de même (peut-être voir si elle était humaine pour commencer !) Aux grands projets les grands efforts, se lever d'une chaise déjà...
Quoi de plus évident pour lui de devenir une ombre?
