Chapitre Deux
Une Étrange Requête
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Je pressais le pas. J'avais passé la soirée de la veille dans la nouvelle maison d'Alice et Jasper et étais rentré chez moi à une heure plus que tardive. Ce matin, je m'en mordais les doigts. J'avais les yeux encore tout collés et la tête dans le brouillard. Et par ce froid hivernal plus que polaire, je n'avais qu'une envie : retourner bien au chaud sous ma couette. Heureusement, je serrai religieusement entre les mains engourdies deux tumblers de café, un noir et un rose, récupérés à la va-vite chez Wolf & Cie, un bar se trouvant entre mon domicile et mon lieu de travail. J'en portais un à mes lèvres avec précaution, veillant à ne pas glisser sur les trottoirs gelés. Quelle délicieuse sensation que le liquide brûlant glissant le long de ma gorge, me réchauffant brutalement. Impeccable pour se réveiller totalement. Été comme hiver, je ne pouvais survivre convenablement en ce bas monde sans mon café matinal de Wolf and Cie.
Ragaillardi, c'est avec sourire que je m'arrêtais devant l'enseigne Librairie. Je sortais les clés de ma poche et soulevais l'épais grillage en ferrailles. En ouvrant la porte, un mélodieux carillon sonna à mes oreilles avant de s'éteindre doucement. Je posais délicatement mes deux trumblers (dont un largement entamé) sur le comptoir et allumais toutes les lumières. Une fois mon manteau posé dans l'arrière boutique, je boostais le chauffage et retournais au front. Me rapprochant de la porte d'entrée, je retournais le petit panonceau en bois : « Librairie La Fugue : OUVERT ». Je relevais la tête et tombais nez-à-nez avec une belle blonde. Emmitouflée sous un bonnet de laine et une grande écharpe, elle me souriait tranquillement derrière la porte vitrée. Je me poussais pour la laisser entrer.
- Salut Edward ! S'exclama-t-elle en se frottant les mains. Brr, il ne fait pas chaud ici !
- Je viens d'augmenter le thermostat, la rassurais-je. Ça devrait bientôt aller mieux.
- Cool ! Tu gères la fougère Eddy ! Dit-elle en se débarrassant de ses multiples couches de vêtements superflus.
Je serrais les dents. Merde. J'ai du mal entendre. Non. Pitié, pas ça. Pas elle. Jasper passait encore… Tout ça était de la faute d'Alice. À force de me surnommer ridiculement « Eddy » à tout bout de champ, cette mauvaise habitude déteignait sur notre entourage.
- Rosalie, s'il te plaît, je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler « Eddy », il me semble.
- Mais...? Ta sœur t'appelle toujours comme ça, et pourtant tu ne lui dis rien à elle ? Bouda-t-elle.
Et voilà, j'en étais sûr. Que répondre à ça ?
- Je te rappelle que ma sœur est cinglée, avançais-je en levant un sourcil.
- C'est pas faux, s'écria Rosalie en riant. D'ailleurs je vais chez elle ce soir, et comme ça je pourrais enfin voir les travaux finis !
- C'est magnifique.
- À ce qu'il paraît oui. Je te ferai un compte-rendu demain matin, ajouta-t-elle en me faisant un clin d'œil.
J'attrapais mon tumbler tandis que Rosalie se jetait avidement sur le deuxième – le rose. Je lançais un coup d'œil circulaire autour de nous. Comme chaque lundi, le magasin n'était pas en très bon état. En effet, tous les samedis, la boutique était envahie et nous n'avions jamais le temps de la remettre d'équerre avant le début de semaine suivant.
- Bon, les premiers clients devraient arriver d'ici une ou deux heures, on a le temps de bien avancer d'ici-là.
Rosalie hocha la tête avant de glisser un disque de Michael Bulbé dans la petite chaîne derrière le comptoir. Nous allions avoir besoin d'énergie.
***
Je travaillais à la librairie La Fugue depuis le début de mes études. Je m'étais cherché un petit boulot étudiant et finalement je n'étais jamais parti. Le gérant, un petit vieux nommé Éléazar, m'avait trouvé fort sympathique, allez savoir pourquoi, et il m'avait immédiatement engagé. J'avais continué mes études de lettres en parallèle, j'avais réussi, et depuis je travaillais ici à plein temps.
Au tout début, nous étions tous les deux, puis il avait eu quelques problèmes de santé. Il avait alors engagé une seconde étudiante pour m'aider dans mon travail. Une grosse erreur au final ; elle s'adressait tellement mal aux clients qu'elle les faisait fuir. À mes yeux, elle était totalement folle. Elle parlait des hommes comme des donuts et semblait d'une boulimie effrayante. À chaque fois qu'elle posait ses yeux sur moi, je frémissais. Elle m'observait comme si elle allait me bouffer. Et puis tout s'était arrêté le jour où je l'avais surprise en train de s'envoyer en l'air dans la remise avec le livreur d'une maison d'édition. Mon sang n'avait fait qu'un tour. C'était sa parole contre la mienne, et Éléazar m'avait fait confiance. Après cette histoire, cela avait été dur pour nous de retrouver notre clientèle.
Du coup, il m'avait laissé maître pour ce qui était d'un nouveau recrutement. Je n'avais pas été chercher bien loin : Rosalie Hale, une des meilleures amies d'Alice et qui faisait le même parcours scolaire que moi. Je savais qu'elle était la bonne personne avant même de lui en parler. Je le savais, car elle passait sa journée soit à lire, les yeux brillants, soit à écrire sur de multiples carnets, frénétiquement. Je le savais car elle rédigeait un feuilleton pour le journal de l'école et qu'il marchait du tonnerre. Je le savais car elle avait la carte de fidélité de La Fugue et était une de nos clientes les plus assidues.
Je connaissais déjà Rose depuis plusieurs années. Elle était dans le club de gymnastique de ma sœur. J'avais été quelque peu surpris de la retrouver sur les bancs de l'université mais j'avais appris à la connaître : derrière la fille blonde à forte poitrine et aux ongles parfaitement manucurés, j'avais découvert un cœur qui bat. Travailler avec elle n'avait été que fous rires et petits bonheurs. Aujourd'hui, je la considérais comme mon amie la plus proche.
On frappa à la porte. Ah, c'était une livraison de livres. Je signais rapidement le papier et embarquais trois cartons bien lourds dans la réserve.
- C'est quoi ? Demanda Rosalie en s'approchant.
- Passe-moi le cutter, on verra.
Ni une ni deux, elle sortit un canif de sa poche arrière de jean et transperça le carton. Mon dieu, toutes les filles se baladaient-elles dans la rue avec une arme blanche dans leur culotte ?
- Ha, parfait, c'est le dernier bébé de Lisa James Smith, commentais-je en voyant une couverture apparaître. La maison d'édition avait pourtant prévenue qu'ils seraient en retard sur la livraison…
- Boarf, ils ne sont jamais fiables de toute façon. Ça va à l'étage c'est ça ?
- Ouep. En attendant tu peux arranger la vitrine s'il te plaît ? Il faut absolument le mettre en avant.
- Pas de problème Eddy.
Je montais péniblement à l'étage, traînant un des cartons comme un boulet à mon pied. J'arrivais dans l'endroit de la librairie que je préférais le plus. Lorsque j'avais commencé ici, c'était un grand débarras, un dépotoir de cinquante mètres carrés dans lequel Éléazar refourguait tout ce qui l'encombrait : cartons vides, invendus, présentoirs… J'avais juste halluciné. Tout cet espace était ridiculement inutilisé. Pendant des mois, j'avais alors monté un projet : le réhabiliter à la vente et faire du premier étage un lieu dédié aux sous-genres de la littérature. Bande-dessinée, mangas, fantasy, chick-lit… Tout y passait. J'avais fait des recherches, avaient monté un solide dossier que j'avais par la suite proposé à Éléazar. Il paraissait très étonné par mon audace, et je ne sais pas pour quelle raison incongrue il m'avait dit : « OK ». J'en avais chié, mais j'avais réussi. Déblaiement, peinture, installation d'étagères, sélections d'ouvrages, publicité… En l'espace de six mois, les revenus de la librairie avaient doublé. Désormais, c'était notre rayon le plus rentable.
C'était naturellement que Rosalie et moi nous étions partagé la librairie : elle le rez-de-chaussée, auprès des classiques qu'elle affectionnait tant. Moi à l'étage, entouré de tous ces livres géniaux mais si peu considérés par les « grands » de ce monde.
Cette librairie était tout ce que j'aimais.
J'avais tout de suite apprécié d'être là, au milieu de ces étagères sans fins, dans une ambiance chaleureuse, familiale, avec une petite odeur d'encens et de la musique douce en fond. J'avais aimé me sentir à l'aise parmi tous ces auteurs de génie, caresser leurs épaisses couvertures et parcourir leurs pages noircies de petits caractères ou embellies par des illustrations fabuleuses. C'était ici chez moi. Éléazar devait l'avoir compris, car il m'avait toujours offert la possibilité de lire autant que je voulais, voir même d'emporter quelques ouvrages à mon domicile, et les remettre en rayon une fois finis. Résultat : j'étais devenue ce que l'on appelle communément un « monstre de lecture ». À l'université, j'impressionnais même mes professeurs. Les références ? Je les avais. Les actualités ? Au courant. Les nouveautés ? Déjà lues. Aucun bon écrivain ne m'échappait. C'est comme ça que je m'étais lancé dans la critique littéraire.
J'avais rejoint Rosalie à la rédaction du journal de la faculté et avait repris la page Lecture, délaissée, la remaniant et effectuant des changements radicaux. Cela avait été une révélation. J'avais commencé à tenir régulièrement une chronique sur le site internet du Chat Pitre que nous avions créé Rose et moi. Cette dernière avait bien aimé l'idée, y postait chaque semaine un feuilleton à la sauce chick-lit dont bien des lecteurs se régalaient et le nombre de visiteurs augmentait de jour en jour.
Je mis en place le dernier exemplaire de NightWorld et descendais au rez-de-chaussée. Rosalie bavardait tranquillement avec notre patron.
- Éléazar ! M'exclamais-je, comment allez-vous ?
- Pas trop mal, mon petit Edward, pas trop mal. Et toi ?
- Impeccable, nous venons de recevoir un bouquin qui à mon avis risque de beaucoup marcher.
- Tant mieux. Les affaires n'ont jamais été aussi bonnes.
- Oui, et il y a encore une séance de dédicaces dans deux semaines.
- Qui ça ? Demanda mon boss en tendant l'oreille.
- Ai Yazawa, une auteure japonaise.
- Hum certainement. Tu sais que je te fais confiance, moi je suis un peu dépassé par les événements !
Il se mit à rire. J'avais envie de faire de même mais je n'y arrivais pas. La librairie était ce qu'il avait de plus cher. S'il n'avait pas eu de graves problèmes de santé, il aurait profité tout comme nous de la nouvelle notoriété de la boutique, que désormais Rosalie et moi étions seuls, à gérer.
- Bon et elle est connue cette fille ? Demanda-t-il, curieux.
- Très, elle a écrit un des mangas les plus vendus du marché.
- Ah bon ?? Mais que vient-elle faire ici ? Comment l'avez-vous convaincue ?
Je passais ma main dans les cheveux, gêné.
- Vous vous souvenez de ma sœur Alice ?
- Oui, bien sûr ! La petite qui court partout ?
- Heuuu… Oui, ça doit être ça. Je vous avais qu'elle était styliste ?
- Mouais, peut-être…
- Bref, elle a fait un voyage au Japon il y a quelques mois et elles se sont rencontrées. Alice a réussi à négocier une de ses robes contre une visite officielle dans notre librairie.
- Sérieusement ??
Éléazar avait l'air incrédule.
- Mais pourquoi a-t-elle fait ça ?
- Hum, disons qu'elle avait une dette envers moi. Elle a complètement embouti ma voiture un jour où elle faisait une marche arrière tout en téléphonant.
Rosalie se mit à rire franchement.
- Je vois, bien négocié en tout cas, me félicita Éléazar tout en me tapotant l'épaule. Je le savais que c'était une bonne affaire de t'engager !
La sonnette retentit et nos deux premiers clients de la journée entrèrent. Je savais que bientôt, il y aurait du monde en permanence.
- Bon allez les enfants, je ne vous embête pas plus longtemps. Je ne voudrai pas vous empêcher de travailler !
- Éléazar, répliqua Rosalie, je vous signale que c'est justement grâce à vous qu'on travaille, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué.
Le vieil homme lui fit un petit sourire tordu, souleva son chapeau et reparti en boitillant. Malgré les apparences et la bonne humeur qu'il affichait constamment, je savais qu'il souffrait énormément. C'est avec un petit pincement au cœur que je me remis à travailler.
Rosalie m'aida à refermer la grille. Le froid était mordant ce soir, mes doigts engourdis avaient bien du mal à mettre la clé dans la serrure. Je louchais avec envie sur ses gants en laine qui avaient l'air si chauds. Parfois, c'est dur d'être un mec.
Nous marchions dans la même direction pour une fois ; la maison d'Alice et Jasper n'était pas très loin de chez moi.
- Je me fais du souci pour Éléazar, m'avoua Rosalie à voix basse. Ses problèmes n'ont pas l'air de s'arranger…
- J'ai même l'impression que ça s'aggrave de jour en jour.
- Tu penses que ses jours sont comptés ?
- Non, tout de même pas… Il est costaud, tu as bien vu, solide comme un roc !
- Mouais m'enfin quand-même… Ça m'inquiète. Il devrait être déjà parti à la retraite.
- Je ne sais pas pourquoi il continue à gérer la librairie. C'est beaucoup de responsabilités.
- Tu ne penses pas qu'il doit culpabiliser vis-à-vis de toi et moi ? D'un côté c'est grâce à nous que la librairie à redécollée. Je suis sûre qu'il se ronge les sangs à propos de ça…
- Faudra lui en parler un de ces quatre.
- Sans doute. Bon je te laisse, nos chemins se séparent ici ! Et en plus je crois que ton téléphone sonne !
Effectivement, trop absorbé par la conversation, je n'avais pas réalisé que quelqu'un essayait vainement de me joindre. Rosalie me fit un petit signe de la main en s'éloignant, je lui souris et décrochais.
- Oui ?
- Edward, c'est Papa. Tu es à l'appart ?
- Pas encore, je reviens du boulot. Pourquoi ?
- Je peux passer te voir ?
- Tout de suite ? Demandais-je, surpris.
- Oui. Je suis déjà en route.
- Heu… Pas de problème, mais qu'est-ce…
- J'arrive.
Et il me raccrocha au nez, seul comme un idiot face à la tonalité sans fin. Quelle mouche lui piquait ? Connaissant mon père, je savais qu'il serait bientôt là. Je pressais le pas en me demandant la raison d'une visite si inattendue de Carlisle. À peine déchaussé, l'interphone retentit. Quelques secondes plus tard, il était devant ma porte, essoufflé, l'air sérieux et hagard à la fois, les yeux brillants.
- Papa ? Tout va bien ??
Il hocha vivement la tête et entra. Je fermais la porte et l'observais d'un œil inquiet. N'enlevant ni son manteau ni ses grosses chaussures, il faisait les cent pas dans mon salon.
- Papa ?
- Tu pourrais me faire un café s'il-te-plaît ? Me demanda-t-il en se retournant vivement vers moi.
Un café ? À cette heure ? Bien que légèrement surpris, je ne protestais pas et me rendais dans la cuisine. Carlisle n'avait vraiment pas l'air dans son assiette. Silencieusement, je lui rapportais une tasse. Debout derrière la fenêtre, il semblait plongé dans la contemplation de la ville. Je posais le café sur la table basse. Alerté par le bruit, il vient s'asseoir en face de moi.
- Merci, me dit-il en portant la tasse à ses lèvres.
Pendant plusieurs minutes, nous ne pipions mot. Lentement, il buvait son café par petites gorgées tandis que je luttais pour ne pas ouvrir la bouche. Pourquoi était-il ici ? Pourquoi semblait-il si fatigué ? Que s'était-il donc passé ?? Les secondes s'écoulant, les scénarios les plus fous traversèrent mon esprit. Ma mère avait-elle été victime d'un accident ? Mon père avait-il perdu son poste ? Jasper et Alice rencontraient-ils un quelconque problème ? Mes parents étaient-ils en difficulté financière ? Une personne de ma famille était-elle décédée ? Toutes ces hypothèses me paraissaient toutes aussi inconcevables les unes des autres.
- Edward ?
Je sursautais. À présent, j'étais presque en panique. Cette situation était tellement inhabituelle que je ne savais comment la gérer.
- Il faut que je te parle.
Ho putain. Ça n'annonçais rien de bon !!! J'essayais pourtant de paraître convaincant :
- Je t'écoute.
Phrase dérisoire, oui, merci de le signaler, j'en étais conscient. Je me sentais ridicule.
- C'est à propos de mon travail.
Ouf. Personne n'était mort. Je me sentais soudainement soulagé d'un poids. C'était bien d'ordre professionnel. Mon père avait-il commis une grave erreur médicale sur un patient ? J'espérais de tout cœur que ce n'était pas cela. Carlisle était le type le plus dévoué à l'espèce humaine que je connaissais.
- Ça ne se passe pas bien ? Ne puis-je m'empêcher de m'inquiéter.
- Ce n'est pas vraiment ça… Disons que c'est compliqué.
Il sembla hésiter.
- Tu veux bien m'expliquer ?
- C'est que tu vois, le métier de médecin… Depuis tout petit je voulais faire ça. J'ai tout fait pour et j'ai réussi. Et je ne regrette pas mon choix mais parfois…
- Tu te lasses ?
- Me lasser ?? Il esquissa un sourire. Non pas du tout, loin de là. C'est juste que parfois c'est un peu plus… Dur que je ne me l'imaginais.
J'haussais un sourcil. J'étais loin de penser que mon père avait de quelconques faiblesses. Peut-être n'était-il pas si fort que l'image que je m'en faisais.
- Il m'arrive de rencontrer certaines personnes qui me touchent plus que je le voudrais. Après, c'est difficile de passer à autre chose.
- Tu parles de la distance professionnelle ?
- Oui voilà exactement. Je n'arrive pas toujours à me détacher de certains événements, j'ai tendance à les prendre trop à cœur.
Il marqua une pause. Il chercha longuement ses mots, termina son café, posa da tasse. Il tordit ses doigts dans tous les sens, passa nerveusement sa main dans ses cheveux, et finalement reprit sa tasse.
- Il y a peu de temps, j'ai rencontré une femme… Une jeune femme pour être plus précis.
- Une de tes patientes ?
- En effet. Et malgré moi, je n'ai pas pu m'empêcher de dépasser les frontières qu'il y a entre un membre du personnel médical et un malade.
Ses paroles mirent un certain temps avant de grimper jusqu'à mon cerveau. Mais quand elles prirent tout leur sens dans mon esprit, je me levais d'un bond. Contre ma volonté, la colère me broya le cœur.
- Ho. Mon. Dieu.
Ma voix était hachée est trahissait l'état de décomposition de mon amour filial.
- Edward ? Que t'arrive-t-il ?
- Rien, rien ! Je viens juste de découvrir que mon père est un connard, voilà tout !!
Debout à son tour, il fit un pas dans ma direction, l'air complètement déboussolé.
- Qu'est-ce que.. ?
- Ne t'approche pas de moi !
- Voyons tu…
- Je m'en fous Papa !! Je m'en tape ! Il y a certaines choses que les enfants ne doivent jamais savoir ! Et Maman, elle le sait, ou tu t'es dit « Tiens, je vais d'abord en parler à mon fils, avec un peu de chance il me donnera un ou deux conseils » !!
- Bon sang Edward mais je peux savoir de quoi tu parles ? Est-ce que j'hallucine ou tu t'imagines que je trompe ta mère ?!?
Brutalement, j'étais déstabilisé.
- Heu… C'est pas ça ?
- Edward, soupira-t-il, j'aime Esmé au dernier degré d'aliénation mentale. Que vas-tu chercher ?
- Attends, tu me dis que tu as franchi « certaines frontières » avec une patiente, que veux-tu que je pense d'autre ?
- Je ne parlais pas de ce genre de choses…
- Mais de quoi alors ?? Tu tournes autour du pot depuis tout à l'heure !! Je suis largué moi ! Mets-toi un peu à ma place et on verra bien comment tu réagiras ! Parce qu'actuellement je suis tendu comme un string !
- Ok, ok, calme-toi. Et assied-toi, s'il te plaît. Tu me donnes le tournis.
Je soufflais un bon coup et me laissais chuter sur le sofa. J'étais à bout.
- J'ai un service à te demander, Edward.
- Quel genre de service ?
- Serait-il possible d'héberger quelqu'un ici provisoirement ?
- La jeune fille dont tu me parlais tout à l'heure ?
- Oui. Elle est dans une situation délicate ces derniers temps, j'aimerais lui proposer cette solution.
Hum hum. Effectivement, il avait dépassé les limites. Depuis quand un médecin plaçait-il ses malades chez ses mômes ? Toutefois, je savais pertinemment que Carlisle devait avoir de bonnes raisons de le faire. Jamais il ne s'était autorisé une telle chose, ce devait être ce que l'on appelle un « cas exceptionnel ».
- J'imagine que je te fais confiance. Bien sûr qu'il n'y a pas de problèmes. C'est chez toi après tout.
Je n'étais pas vraiment sûr de vouloir héberger chez moi une fille que je ne connaissais ni d'Adam ni d'Eve mais je le faisais pour lui. Uniquement. Foutue adoration paternelle !
- Peut-être mais c'est toi qui y habites. Je tenais à avoir ton accord avant de lancer l'idée.
- Ce serait pour quand ? M'inquiétais-je tout de même.
- Bientôt, à priori. Je t'appelles pour te dire si cela se fait ou non.
Il se leva et se dirigea vers la porte.
- Merci Edward.
- Derien…
Il disparut dans la noirceur du couloir.
Et voici le deuxième chapitre! Je sais que l'histoire met du temps à se mettre en place, mais pas d'inquiétude, Bella débarque bientôt ^_^
Merci à vous tous pour vos reviews, elles me font toutes très plaisir! Lucie, Louise Malone, Miinie qui sautille même dans ses commentaires, Letmesign23, Clzmznce, Nia1988, Ivy (love U), Morgane (merci de ta fidélité, j'espère que tu aimeras aussi cette fiction), Mlle-Soophie qui a parfaitement rempli sa mission, Mabullerie qui me fait rosir de plaisir, Zul, Nelvea, Magda88 (et merci pour ton aide), AnZeLe42100, Mary02, Babounette, Cecile82, Adore Yoou, sans oublier ma petite soeur qui m'a laissée un commentaire sans se déconnecter de mon compte T_T'
