Chapitre Quatre

Jacob vs Bella

*

*

J'avais passé une nuit des plus agitées. Je n'avais trouvé le sommeil que très tardivement, voir très tôt – question de point de vue. Mes rêves m'avaient embarqué vers des mondes inconnus : je nageais dans une immense piscine où scintillaient des centaines de poissons multicolores, me faufilant entre eux avec facilité. Je nageais sans m'arrêter, suivant désespérément une silhouette loin devant moi. Peu à peu, je me rapprochais d'elle et repérais les formes d'une femme ; sa poitrine, sa taille fine, ses fesses rebondies, ses longs cheveux flottant dans son sillage. Victoria ? Attends-moi s'il te plaît… Laisse-moi t'attraper, une bonne fois pour toutes. Je nageais de plus belle, m'épuisant. Je tendis la main et saisis sa cheville. Elle se retourna et je réalisais que ce n'était autre que Bella. Surpris, je la relâchais. Elle me sourit et indiqua quelque chose derrière moi. Je fis volte face et découvris Victoria, nue, une tasse de café fumante à la main. Elle s'approcha de moi et posa ses lèvres sur les miennes, aspirant mon oxygène. C'en était trop. À bout de souffle, je remontais à la surface, les poumons au bord de l'explosion.

Haletant, j'ouvris les yeux. Changement de décors radical. Putain, Edward, il faut que tu apprennes à respirer la nuit… Je soufflais et m'enroulais sous la couette. Victoria… J'avais encore rêvé d'elle. Sa peau blanche entourée de poissons lumineux, son sourire timide, sa chevelure flamboyante… Mon corps se souvenait encore de cette vision dévastatrice. Comme bien des matins, j'étais brûlé par ce désir qu'elle m'inspirait. Je la voulais. Pour moi, tout seul. Je souhaitais que ce soit elle qui me libère. Pourtant, elle était insaisissable. Elle était ailleurs, dans un autre monde, un univers où je n'existais pas. Je n'étais pour elle qu'un habitué de son lieu de travail, rien de plus. Il fallait que j'arrête de fantasmer. D'ailleurs, le rêve commençait à rattraper la réalité. L'image de Victoria me proposant une tasse de café revenait sans cesse dans mon esprit. Pitié, va l'offrir à quelqu'un d'autre, quelqu'un d'assez bien pour toi puisque visiblement ce n'est pas le cas, et laisse-moi me rendormir… Hep. Une minute. Je délire ou cela sentait réellement le café ??

Je me levais d'un bond et enfilais mes vêtements de la vieille, roulés en tas sous la table de chevet, et ouvrais vivement la porte. Dans ma précipitation, je m'emmêlais dans le tapis du salon et m'affalais au sol, lourdement. Crac. Le pied d'un fauteuil. Je criais. La douleur…

- Hey, s'éleva une voix que je ne connaissais pas. Ça va ?

Je relevais péniblement la tête ; Bella s'était accroupie devant moi, et m'observait, visiblement inquiète. Oh putain, Bella. Je l'avais complètement oubliée.

- Je… Je crois que je me suis fait mal, gémis-je en portant la main à mon visage.

- Ne touche pas, m'ordonna-t-elle. Tu t'es légèrement ouvert l'arcade sourcilière.

- Je saigne ? Demandais-je alors qu'elle m'aidait à m'asseoir.

- Un peu.

- Tu ne vas pas t'évanouir, hein ? M'inquiètais-je, le souvenir de Jacob me revenant en tête.

Elle leva un sourcil, comme jaugeant si j'étais sérieux ou pas.

- Bien sûr que non, rétorqua-t-elle. Allez viens, je t'emmène dans la salle de bain pour soigner tout ça.

Elle me chopa par le bras et me traîna avec elle.

- Assied-toi, m'indiqua-t-elle en désignant le rebord de la baignoire.

Docile, j'obéissais. Tout allait trop vite dans ma tête, je ne savais plus si j'étais encore en train de rêver. Bella commença à fouiller dans la boîte à pharmacie – elle était rouge vif, placée en évidence dans la pièce.

- Où sont les petits poissons ? Demandais-je, déçu de ne pas les retrouver.

- Comment ?

Bella sembla surprise. Elle regarda autour d'elle, puis baissa le regard vers son pull et son pantalon, à la recherche d'un indice.

- Tu as du prendre un sacré coup sur la tête, en fait… Murmura-t-elle en s'approchant.

Elle glissa sa main dans mes cheveux et passa mon crâne à la loupe.

- Je ne vois rien…

Oups. Mayday, Terre à Edward, mayday. Réveille-toi idiot, réveille-toi ! Bella est réellement là, et toi tu dois avoir l'air d'une larve intégrale ! Reprend-toi avant qu'elle ne te croit fou à lier !

- Je crois que j'ai juste besoin de… Me réveiller complètement. Je me suis levé un peu trop vite, je n'ai pas eu le temps de comprendre ce qu'il m'arrivait.

Elle me jeta un coup d'œil et l'instant d'après, elle n'était plus là. Merde, j'avais quand-même réussi à lui faire peur. Tu es vraiment trop stupide, Edward Cullen. J'en étais là à me lamenter lorsque je sentis quelque chose de froid et d'humide sur mon visage. J'eu un sursaut.

- Du calme, murmura Bella, ce n'est qu'un vaporisateur d'eau. Ça va t'aider à te sortir du brouillard.

Sans ajouter un mot de plus, elle repartit à l'assaut de ma boîte à pharmacie. Enfin sorti de mon état second, je la regardais sans discrétion. Elle ressemblait davantage à une femme que ce que j'imaginais. Elle portait un jean assez simple avec un pull noir à col roulé - rien de très sophistiqué en somme. Si ma sœur découvrait une telle tenue, elle hurlerait au scandale. Pour Alice, le style n'était pas qu'un bonus. Pourtant, Bella était très jolie ainsi. Elle avait relevé ses lourds cheveux en une haute queue-de-cheval, ce qui accentuait la finesse de sa nuque. Autour de son cou brillait une mince chaîne en argent où pendait un petit soleil. J'avais beau chercher, je ne décelais en elle aucun signe de faiblesse, aucun indice d'une quelconque maladie.

Elle se tourna vers moi et m'appliqua un coton imbibé de désinfectant au-dessus de l'œil.

- Ça va mieux ?

J'agitais mon menton de haut en bas et décidais de me jeter à l'eau :

- Je suis le fils de Carlisle et Esmé.

- Je sais.

- Je m'appelle Edward.

- Je sais aussi, sourit-elle.

- Et toi c'est Bella c'est ça ?

Question inutile. Mais bon, il fallait bien que je meuble.

- Tout à fait. Je suis désolée pour hier soir, j'ai du m'assoupir dans la voiture.

- Pas de problème. De toute manière j'imagine que ça aurait été un peu bizarre comme situation…

Elle me fit un petit sourire et déchira l'emballage d'un pansement avant de le mettre en place.

- Bien, je pense que ça devrait cicatriser vite. J'ai préparé le petit déjeuner, tu as faim ?

***

Effectivement, l'odeur de café était réelle. Une tasse fumante m'attendait, posée à côté de viennoiseries diverses.

- Wow. C'est pourquoi tout ça ?

- C'est la moindre des choses pour te remercier de ton hospitalité. Je ne sais pas si tes parents t'y ont forcé mais…

- Ne t'inquiète pas, la coupais-je, il n'y a aucun problème. Je vis seul dans ce grand appartement depuis que ma sœur est partie, alors un peu de compagnie ne me fera pas de mal.

Je m'asseyais et me décidais pour une brioche. Décidément, cette « colocation » commençait plutôt bien. Bella prit place en face de moi.

- Que t'ont dit tes parents à propos de moi ?

- Que tu t'appelais Bella, que tu allais aux Beaux-Arts et que tu étais américaine.

- Et quoi d'autre ? Insista-t-elle.

Je savais ce qu'elle voulait entendre.

- Ils m'ont dit que tu avais besoin d'un endroit calme pour réfléchir un peu, éludais-je.

Elle hocha la tête et je vis le soulagement détendre ses traits.

- Tu sais, reprit-elle, j'ai accepté la proposition de tes parents parce que j'étais un peu perdue, et que je ne savais plus quoi faire. Je suis consciente que débarquer comme ça, du jour au lendemain, ne doit pas être facile pour toi, et je m'en excuse. Je te promets que ça ne durera pas longtemps. Si tu le souhaites, je peux partir dès maintenant, je comprendrais.

Je n'avais pas envisagé que la conversation prenne ce chemin. Je pensais à Esmé, et à l'attachement qu'elle avait l'air de porter à Bella. Je ne pouvais pas la forcer à rester, mais je devais au moins lui faire comprendre qu'elle était la bienvenue ici.

- Non, non, attends… Il n'y pas de problème, je viens de te le dire. Tu as vu la taille de cet appartement ? Si tu cherches un logement, reste ici, ça ne sert à rien d'aller t'enfermer dans une cave de 5 mètres carrés sentant le moisi. Ça ne me dérange pas. Tu sais, je pars travailler le matin, je rentre le soir, et généralement là encore je travaille… Ta présence ne me gêne pas le moins du monde, au contraire. Je serai heureux de t'aider.

- Pourquoi ? Me défia-t-elle.

- Parce que je connais mes parents. Je leur fais confiance. S'ils ont pensé que tu serais mieux ici qu'autre part, je les crois.

Je la vis se mordre la lèvre inférieure. L'endroit qu'elle venait de quitter était-il si horrible ?

- Et toi, pourquoi as-tu accepté d'aller dormir chez un parfait inconnu ?

Elle baissa le regard. Héhé, je venais de retourner la situation à mon avantage.

- Tes parents sont vraiment exceptionnels, souffla-t-elle. Je me suis dit que leur fils ne devait pas être si terrible.

J'éclatais de rire, elle me sourit.

- Tu as raison, je ne suis pas si terrible. Je ne vais pas te mordre, rassure-toi !

Je me levais et glissais mes mains dans mes poches.

- Tiens, lui dis-je en lui tendant un jeu de clés, je t'ai fait faire un double. Reste autant de temps que tu le voudras.

- Merci.

- Je vais te faire visiter.

Elle rougit. J'étais fier de mon coup. J'avais réussi à la convaincre de ne pas partir tout de suite. J'espérais qu'elle reste au moins une semaine, histoire d'apprendre à la connaître un minimum. Je repensais aux paroles de Jacob : « Cette femme à quelque chose de particulier ». Si mes parents s'étaient donnés du mal pour l'aider, elle devait en valoir la peine. Je ne savais pas ce qu'elle avait, mais cela n'avait plus vraiment d'importance ; c'était mon devoir de prendre le relais.

Je lui faisais faire le tour de l'appartement ; en ouvrant la porte de l'ancienne chambre d'Alice, je découvrais un lit impeccable. S'il n'y avait pas le sac de voyage de Bella sur le sol, on aurait pu croire qu'elle n'avait jamais dormi ici.

- De qui est-ce la chambre ? Me demanda-t-elle.

- C'était celle de ma sœur Alice. Elle a emménagé avec son fiancé il y a quelques années maintenant.

- Où ça ?

- À une quinzaine de minutes à pieds, pas plus. Ils ont racheté une ancienne boulangerie et ont tout refait.

- Si c'est aussi bien décoré que sa chambre, je n'ose imaginer le résultat, souffla-t-elle en refermant derrière elle.

- Tu verras, ma chambre n'a rien à voir, la prévins-je en ouvrant ma porte.

Elle passa la tête et fronça les sourcils.

- En effet, une vraie chambre de garçon. J'ai connu ça aussi !

- Comment ça ? Ne pus-je m'empêcher de demander.

- J'ai un grand frère, me sourit-elle.

- Où est-il en ce moment ?

- Quelque part aux USA, je ne sais pas très bien où exactement.

Je la dévisageais. Elle se fit plus précise :

- En fait il a joué au baseball pendant des années, il était plutôt bon. Et puis il y a deux mois, il en a eu marre, il a tout arrêté. Depuis il rattrape un peu le temps perdu, il fait une sorte de road-trip.

- Je vois, acquiesçais-je. Besoin de liberté. Bon, si ça ne t'ennuie pas, je vais me laver, déclarais-je. Fais comme chez toi : télévision, musique, livres… Finissais-je en secouant la main.

Elle me sourit à nouveau.

***

L'eau chaude me fit le plus grand bien. Vu l'état lamentable dans lequel je venais d'apparaître, une bonne douche et une tenue propre n'étaient pas du luxe. Savonnant chaque centimètre de ma peau pour la seconde fois, j'essayais de faire le point sur ma matinée.

1. J'avais fait connaissance avec Bella.

2. Je m'étais cassé la gueule devant elle, tout seul, comme un grand.

3. Je lui avais parlé de poissons imaginaires.

4. J'avais réussi à la mettre à l'aise pour ce qui concernait notre « colocation ».

Bon, le bilan n'était pas si négatif que ça au final. J'avais même envie de dire qu'il était presque positif. Bella avait effectivement l'air très gentille (même si elle devait me prendre pour un dingue) comme me l'avais déjà dit Esmé. Et puis elle n'avait pas l'air d'une malade en phase terminale. Au contraire, elle semblait plutôt bien se porter. Elle était énergique, s'était levée bien plus tôt que moi et avait été me chercher des petites viennoiseries à la boulangerie. Elle n'avait pas l'air de se morfondre, de pleurer tout le temps ou d'être désagréable. Elle s'habillait bien, se maquillait, sentait bon et portait des bijoux. Bref, une fille tout ce qu'il y avait de plus NORMALE. Je ne savais plus à quoi je m'attendais, mais la surprise était plutôt bonne. Peut-être pourrions nous devenir de véritables amis par la suite ? C'était un peu prématuré, mais j'avais bon espoir. En tout cas, une chose était certaine : elle plairait à Jacob. Sûr à 200%, j'étais prêt à y mettre ma main à couper. C'était tout à fait son genre. Surtout que Jacob succombait facilement devant une jolie fille, ce que Bella était tout à fait. Justement, en parlant de Jacob… Ouch ! J'avais complètement oublié qu'il devait passer me voir ! Je m'habillais en quatrième vitesse et partais rejoindre Bella.

Elle lisait, tranquillement installée sur le canapé. Elle avait l'air captivée, et souriait toutes les deux secondes..

- Tu lis quoi ?

Elle me montra la couverture. C'était une bande-dessinée de Garfield. Ce chat faisait rire n'importe qui.

- Bon choix, commentais-je. Dis, heum, Bella… Mon meilleur ami va certainement passer me voir, il habite juste au-dessus… J'espère que ça ne te dérange pas ? Car si tu préfères rester au calme, dis-le moi et je décommande, c'est pas bien grave, je le vois très régulièrement de toute manière…

- Mais non, c'est bon, m'assura-t-elle.

- Super. Tu verras, il est impressionnant mais il ne ferait pas de mal à une mouche.

Je retournais à la salle de bain me sécher les cheveux et enfiler un pull. Dans ma poche, mon portable vibra. Jacob :

« Je suis devant ta porte, dépêche-toi de m'ouvrir que je vois ta nouvelle « colocataire » ! »

J'en salivais d'avance. J'essayais d'imaginer sa tête lorsqu'il la verrait. Ses yeux sortiront-ils de leurs orbites de la même manière que le jour où je lui ai présenté Rosalie ? Bégayera-t-il, comme la première fois où il a rencontré Alice ? Je me frottais les mains et partais lui ouvrir – chose que je ne faisais habituellement pas : Jacob rentrait ici comme chez lui, ne prenant jamais la peine de frapper. Il m'attendait sur le palier, les yeux brillants bien que fatigués. Il affichait son éternel sourire-banane, légèrement moqueur. Je lui serrais la main et il articula un « Alors ? » silencieux. Je hochais la tête en souriant, il me bouscula presque pour rentrer. Soudain, je vis son sourire se désintégrer en un instant. Je me retournais, soucieux. Bella le fixait, les yeux exorbités, la main sur la poitrine. Mon regard se déporta de nouveau vers Jacob. Il la regardait de la même manière, une expression profondément choquée déformant ses traits.

- Jake ?

- Bella ?

- Mais… Qu'est-ce que… ?

- J'y crois pas… C'est toi qui… ? Bafouilla Jacob en la pointant du doigt.

- Mais depuis quand… ?

- Et comment ça se fait que… ?

J'essayais de suivre le fil de leur conversation, mais c'était incompréhensible. Je n'étais d'ailleurs pas sûr qu'ils discutent réellement ; cela ressemblait davantage à des réflexions qu'ils se faisaient à eux-mêmes. Une chose cependant était indiscutable :

- Heu… Vous vous connaissez ?

Ils se tournèrent vers moi d'un seul bloc. Bella prit la parole :

- Nos parents sont amis, m'expliqua-t-elle.

- Vraiment ? Demandais-je, surpris.

- Nous habitions vraiment côte à côte, ajouta-elle.

- Mais je croyais que tu avais grandi dans une réserve indienne, m'étonnais-je en jetant un coup d'œil vers mon ami.

- Dans laquelle le père de Bella venait pêcher tous les dimanches avec le mien, grogna-t-il.

Je l'observais. Il semblait carrément contrarié. Pourquoi ? Que se passait-il ? Quelle était donc la raison le poussant à baisser les yeux au sol ? Je me tournais vers Bella ; elle semblait tout aussi mal à l'aise.

- Alors comme ça ce n'est plus le grand amour avec James ? Demanda sèchement Jacob.

Aussitôt, Bella fit deux pas en arrière. Son visage se ferma, ses traits se durcirent. Instantanément, je la vis passer de la simple gêne au mal-être le plus profond.

- Cela ne te regarde pas, claqua-t-elle violement.

- Ça m'aurait étonné, marmonna-t-il.

Vite, une idée de génie. Je me grattais la gorge, dansant d'un pied à l'autre.

- Tu veux boire quelque chose Jake ? Proposais-je, la voix déraillant légèrement.

Il acquiesça et je les invitais à me suivre dans le salon. Rapidement, j'amenais quelques bouteilles de jus de fruit sur la table basse. Il ne fallait pas que je les laisse seuls trop longtemps. Je devais rapidement trouver une solution. Pourvu que Jacob ai le bon sens de s'éclipser poliment… De toute évidence, j'allais avoir du mal à le faire partir. Je le vis ouvrir la bouche pour prendre la parole. Immédiatement, je le devançais :

- Alors comme ça, vous avez grandis ensemble ? Questionnais-je pour détendre un peu l'atmosphère en tendant son verre à Bella.

- Jake est le meilleur ami de mon frère.

Je clignais des yeux et gardais mon bras en suspension.

- Ce n'est pas possible.

- Comment ça ? S'inquiéta-t-elle.

- Jake est déjà mon meilleur ami. Hein Jake, dis-lui.

- Heuuu… Répondit-il, l'air affolé.

- Jacob Black, c'est une blague, n'est-ce pas ?

- Je ne t'ai jamais parlé d'un certain Emmet ? Couina-t-il.

- Je m'en souviendrai.

- Ha bon, pourtant je.. Mais, Edward, qu'est ce que tu t'es fait au visage ? Questionna-t-il innocemment en désignant mon pansement.

- N'essaye pas de changer de sujet ! Grondais-je.

Je me levais et lui désignais la porte d'entrée.

- Sors.

- Mais, Edward, c'est ridicule voyons, c'est tout à fait possible d'avoir deux meilleurs amis à la fois, je ne vois pas où est le problème…

Je lui arrachais son verre des mains et prenais mon air le plus fâché possible.

- Ok, ok, je rentre chez moi. À plus Bella. Eddy… Je t'appelle, hein.

- C'est ça. Bon débarras.

Il déguerpit sans demander son reste. Je me tournais vers Bella : elle semblait catastrophée.

- Je… Je suis désolée, je ne voulais pas créer d'embrouille…

J'éclatais de rire. Elle était stupéfaite.

- Tu n'es pas vraiment en colère alors ?

- J'avais juste envie de l'embêter un peu. Et puis je pense qu'il ne t'aurait pas lâchée de sitôt sinon.

Bella me fit un petit sourire.

- Dans ce cas, je ne peux que te remercier. J'espère juste que ça ne vous posera pas de problème…

- Aucun risque. D'ici demain, tout sera oublié. Au pire, il effacera mon ardoise dans son bar, plaisantais-je. Je suis vraiment désolé, je ne savais pas que vous vous connaissiez.

Elle haussa les épaules, une adorable petite moue au bord des lèvres.

- Oui, enfin, on ne se fréquente pas vraiment… Nous étions toujours à trois avec mon frère, plus jeunes, mais je crois que l'amitié fille/garçon, ça finit rarement bien.

- Attends, c'est toi sa défaite amoureuse ? Réalisais-je.

- Pardon ?

- Jacob m'a dit qu'il avait quitté sa réserve après s'être pris un râteau. C'était toi ??

- Faut croire, gloussa-t-elle.

- Je comprends mieux sa réaction, avouais-je.

Je m'installais dans la cuisine et commençais à préparer le déjeuner. Mine de rien, il fallait que je me dépêche si je ne voulais pas être en retard au travail. Rosalie m'attendait à 13 heures.

Bella me donna un coup de main. Elle avait rapidement repris du poil de la bête. L'arrivée de Jacob l'avait bouleversée cependant plus qu'elle ne le montrait, j'en étais sûr. Je me souvenais très bien de la peine lisible des ses yeux plusieurs minutes auparavant. Ce James devait certainement être son (ancien ?) petit ami. En tout cas, il valait mieux ne pas poser la question. Après tout, pourquoi Bella avait-elle préféré venir s'installer provisoirement chez moi que chez Jacob, qu'elle semblait très bien connaître ? Je n'en aurai pas mis ma main à couper, mais j'avais ma petite idée là-dessus : moi au moins, je lui foutais la paix.


Bonjour à tous! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes? J'en profite pour vous souhaiter une très bonne année 2010!! Plein de bonheur...

J'espère que vous avez apprécié ce nouveau chapitre, qui s'est fait légèrement attendre! Je vous rassure, je reprends le rythme habituel :)

Un grand MERCI à bichou85, Agathe, Milqua, bellaagain, Morgane, samiaCullen, Miinie, Miss-Aurore, Ivy, hp-drago, Fleur50, nia1988, Nelvea, Lucie, Clauue16, Béatrice, PrincetonGirl818, chouchoumag, AnZeLe42100, Magda88 ainsi que Letmesign23! Je suis désolée de ne pas avoir répondu personnellement à vos reviews, j'ai pas mal de problèmes de connexion en ce moment et puis la période des fêtes n'est pas la plus propice pour se poser un peu... Promis, j'essaye d'arranger ça :)

À dimanche prochain.. J'espère vous trouver au rendez-vous !