Chapitre Six
Welcome Teddy Bear
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Certains faits sont universels.
Je m'explique - un exemple au hasard : peut-être avez-vous déjà remarqué, mais les toilettes des bars sont généralement horribles. Impersonnels, dépourvus de toute décoration, le carrelage au sol collant sous les pieds, les murs entièrement recouverts de flyers de concerts, de dessins et de brûlures de cigarettes. Parfois le gérant confond les lieux avec le cagibi et entrepose ses affaires un peu encombrantes dans le coin, se moquant pas mal de la place qu'il vous reste pour étendre vos jambes. Souvent le rouleau de papier est douteux, la cuvette n'inspire pas confiance, la chasse d'eau est hors service et le verrou semble avoir été installé à l'époque où Kennedy était encore en vie.
Il y a des choses comme ça qui sont immuables, internationales : ni les années, ni les continents ne peuvent y changer quelque chose. Je suis persuadé que les toilettes d'un bar chilien des années 1800 ont exactement le même niveau (très fortement négatif) de propreté qu'un pub irlandais du vingt-et-unième siècle. Et accessoirement, que ceux de Wolf & Co. CQFD.
Mes chaussures butèrent contre quelque chose de volumineux et de dur – un carton très certainement, mais j'étais incapable de l'affirmer : la seule misérable ampoule du coin avait rendu l'âme à peine ma bringuette remontée. Maudissant ma malchance, je tâtonnais pendant une vingtaine de secondes avant de trouver – enfin ! – le lavabo. Je me lavais les mains vite fait, du mieux que je pouvais. J'abandonnais toute recherche d'une quelconque serviette pour me sécher les doigts et préférais me consacrer à la chasse à la porte de sortie.
Une voix agacée attira mon attention. Ce bourdonnement irrité m'indiqua sans le savoir la bonne direction à prendre. Je poussais la porte avec soulagement et me cognais contre une masse assez conséquente.
- Ouch !
Je fus surpris du regard en biais que me lança Jacob. Il semblait contrarié. Ok, je m'étais élancé sans retenue contre son dos, le projetant sur le mur en face. D'un autre côté, il faut être stupide pour téléphoner dans un minuscule couloir et juste devant une porte. Baissant les yeux, il se concentra de nouveau sur sa conversation, se décalant légèrement pour me laisser passer. Je haussais les épaules et partais retrouver Bella et Jasper. J'entendis dans mon dos Jacob siffler furieusement à l'adresse de son interlocuteur, et s'emporter en s'exclamant quelque chose à propos de « prendre des initiatives », « position délicate », « la moindre des choses c'est de prévenir ».
- Où est Jake ? Me demanda Bella lorsque je me rassis à ses côtés. Il est parti comme un voleur.
- À l'arrière du bar. Je pense qu'il a un problème avec un de ses fournisseurs.
- Encore ? S'étonna Jasper. Je croyais qu'il avait réglé tout ça pourtant.
- A priori c'est encore d'actualité… Je viens de surprendre un échange téléphonique assez corsé.
- Pourquoi ne nous en parle-t-il pas ? Il sait que nous pouvons l'aider s'il faut...
- Vu la tête qu'il a fait quand il m'a reconnu, je ne suis pas sûr qu'il ai très envie de partager ses problèmes avec nous.
- Mais c'est idiot ! S'exclama Jasper.
- Écoute, tu connais Jake ; il a sa petite fierté. Il préfère ce bar à son propre père, laissons-le gérer ses affaires, cela ne nous regarde pas.
Jasper grogna mais ne relança pas le sujet. Après tout, Jacob était assez grand pour diriger sa petite entreprise comme il l'entendait.
- Jake a déjà eu des soucis ? Demanda Bella d'une petite voix, mordillant nerveusement un stylo.
- Il a créé ce bar tout seul, comme un grand, et ça n'a pas été facile tous les jours, lui expliquais-je. Maintenant ça va mieux, il a réussi à s'imposer et puis il a une clientèle assez fidèle. Mais au début, certains ont essayé de lui mettre des bâtons dans les roues.
- Je ne savais pas…
- Dans ce cas, il vaudrait peut-être mieux que tu n'abordes pas le sujet, lui conseillais-je. Jake n'aime pas trop parler de ça, je crois que ça le met mal à l'aise d'être perçu comme une victime.
- Oui, je connais ça, souffla Bella comme pour elle-même.
Je fronçais les sourcils et voulu lui demander de préciser sa pensée quand Jasper prit de nouveau la parole.
- Alors comme ça tu dessines Bella ?
Je suivis son regard. Bella avait crayonné un dessin assez joli sur sa serviette en papier. Son geste, certainement machinal, la mis devant le fait accompli. Oui, effectivement, elle dessinait, et en plus plutôt bien, à ce que je voyais. Une petite lueur triste s'alluma dans ses yeux et elle parut soudainement fascinée par son thé à la menthe.
- Bella va aux Beaux-Arts, dis-je rapidement.
- Une artiste alors, sourit Jasper avec un air taquin. Et ça te plaît ?
- Beaucoup, répondit-elle. Et toi, que fais-tu dans la vie ?
Je sentis le changement de sujet à peine camouflé. Bella ne cessa de lui reposer des questions, évitant ainsi une déviation de la conversation.
Je me penchais en plissant les yeux vers l'esquisse. Ses coups de stylo traçaient les contours nets d'une petite fille souriante, les cheveux bouclés, des petites lunettes rondes, quelques dents en pleine repousse. C'était d'un réalisme saisissant, j'avais presque l'impression de la voir en face de moi. Et pourtant ce n'était qu'un « griffonnage », juste quelques traits sur une serviette en papier au coin d'une table… Je n'avais pas imaginé qu'elle puisse avoir tant de talent. Soudain je trouvais cela dommage de savoir que Bella n'allait plus à l'école. Je ne savais pas quelle était la raison qui la poussait à sécher, mais c'était un beau gâchis. Il fallait que j'essaye de remédier à ça.
Le téléphone de Jasper sonna, brisant leur discussion passionnante sur « comment monter une serre ? » et il sortit pour prendre l'appel. J'eu à peine le temps de voir la photo de ma sœur clignoter sur son écran et su qu'il était parti pour un bout de temps.
- Dis-donc il a l'air calé en architecture !
Je haussais un sourcil.
- D'un autre côté c'est son métier…
Bella ouvrit la bouche pour répondre puis fonça les sourcils en remarquant mon air railleur.
- Je rêve où tu te moques de moi là ?
- Ce n'est absolument pas mon genre, murmurais-je en souriant comme un taré.
- Humpf.
Bella se renfrogna et elle croisa les bras sur son torse, l'air faussement vexé.
- Si j'étais toi, j'essayerai d'être plus sympa avec ta nouvelle « colocataire », appuya-t-elle en mimant les guillemets.
Mon cœur s'emballa. C'était la première fois que nous étions seuls depuis notre arrivée à Wolf & Co après la piscine. Je n'avais pas encore eu l'occasion de justifier mon geste.
- Ha tiens justement… Je… Heu… J'espère que tu ne m'en veux pas, je me suis dit que ça serait plus simple.
Le regard qu'elle me lança, à la fois interrogatif et provocateur, m'indiqua que cette réponse n'était pas suffisante.
- Colocataire, c'est l'excuse parfaite. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise où qu'il te pose des questions indiscrètes.
- De quel genre ?
- N'importe quoi. A propos de tout ce qui aurait pu te pousser à emménager chez un inconnu.
Un blanc s'installa.
- Je ne sais pas ce que tes parents ont raconté mais je ne suis pas aussi fragile que ça tu sais, chuchota-t-elle sur le ton de la confidence. Je peux encore m'occuper de moi et j'assume parfaitement tous mes actes.
- Oui, oui, je n'ai pas dit le contraire, ce n'est pas vraiment ça…
- Quoi alors ? Demanda-t-elle doucement.
- C'est juste que tu es venue chez moi pour pouvoir être tranquille, et je n'ai pas envie qu'on t'embête c'est tout.
Elle fit mine de protester mais je posais un doigt ferme sur ses lèvres.
- Et puis d'abord attend, on vit ensemble non ? Je suis désolé, mais pour moi c'est ça la colocation. Alors excuse-moi de te le dire, mais cela me fait PLAISIR de dire qu'on est coloc, même si c'est provisoire. Et tu n'aimerais pas me faire de peine tout de même ?
Elle secoua la tête, blasée.
- Ok, ok, soyons « colocataires ». D'un autre côté tu as raison, c'est plus bien plus simple comme ça.
Je jubilais. Non seulement elle ne me prenait pas pour un fou, mais mieux encore : elle acceptait mon mensonge. Soulagement.
- Me revoilà ! S'exclama Jacob en s'affalant sur moi.
Je sursautais sous le choc et dû me rattraper de justesse à la table pour ne pas m'effondrer au sol.
- Putain Jake mais qu'est-ce que tu fous bordel ??!
- Oula, mais c'est qu'il deviendrait grossier notre petit Eddy !
- « Eddy » ? Releva immédiatement Bella avec un petit sourire en coin qui ne présageait rien de bon.
Je soupirais d'avance.
- Tu as vu comme il est désagréable ? Geignit Jacob. Je veux seulement lui faire un câlin et lui il me repousse sans ménagement.
- Jake, tu pèses une tonne, je te signale, râlais-je. Allez, descend de mes genoux s'il-te-plaît.
Il obéit avec une mauvaise volonté apparente.
- Je crois que Jasper essaye de communiquer avec nous, articula lentement Bella.
Je me tournais vers la fenêtre et Jacob fit de même. Mon beau-frère, l'oreille toujours greffée à son téléphone, nous fit un signe de la main pour nous indiquer qu'il partait. Je levais mon pouce vers le haut pour lui souhaiter bonne chance. Un appel d'Alice nécessitant un départ immédiat était rarement un bon présage.
- Super ça tombe bien. Je voulais vous parler seul à seuls.
Jacob se pencha vers nous, passant un bras au-dessus des épaules de Bella et un autre autour des miennes, l'air conspirateur.
- Bella, pardonne-moi, j'ai réagi de façon stupide quand je t'ai vu. Edward, excuse-moi de ne pas t'avoir dit que j'avais un deuxième meilleur ami.
C'était donc ça. Notre dispute le tracassait toujours. Je devais lui voir fait plus de peine que prévu. Je m'attendais à ce qu'il ajoute quelque chose d'autre mais il relâcha la tension dans notre dos et soupira d'aise.
- Haaaa, ça fait du bien !
- C'est tout ??
- Je voulais juste vous dire ce que j'avais sur le cœur ; maintenant que c'est fait, je retourne travailler !
Sur ce, il se leva et nous abandonna sans un regard.
- Tu ne t'es jamais dit qu'il était bizarre ce type ? Grimaça Bella.
- Si, tous les jours. Allez vient, on rentre.
Je récupérais ma veste et la suivie vers la sortie. En passant, je remarquais une petite fille qui me détaillait avec de grands yeux. Elle mit sa main sur son nez pour remonter maladroitement ses petites lunettes. Il lui manquait quelques dents, et ses cheveux blonds étaient bouclés.
***
J'éteignis la télévision et m'étirai en grognant.
- Alors, c'était comment ?
Bella trépignait à côté de moi. Nous avions passé le reste de la journée dans le canapé à débattre de cinéma. J'avais eu la mauvais idée d'émettre des hypothèses quand à la crédibilité de John Travolta en femme. Au final, c'était le seul truc potable de l'oeuvre qu'elle venait de me forcer à regarder.
- Mouais, sympa…
- « Sympa » ? Tu ne peux pas dire ça, ce film est un chef d'œuvre ! Je suis trop émue !
- Bella, tu es sûre qu'on parle du même film ? On vient de regarder Hairspray, pas Titanic.
- Il n'y a pas de comparaison possible entre Zac et Léo, Edward, alors répond à ma question !
- « Sympa » est le meilleur mot que j'ai en stock pour décrire ce film. Toutes ces chansons m'exaspèrent…
Bella porta la main à son cœur, comme si elle était victime d'une crise cardiaque.
- HO. MON. DIEU. Ne me dis pas que tu n'aimes pas les comédies musicales ??!
Je me reculais, pressentant le mauvais pas.
- Heuuuu… Ce serait grave ?
- Pire encore. TERRIBLE..
Je déglutis devant son air menaçant. Heureusement, on frappa à la porte, ce qui me sauva d'un affrontement sauvage. Sauvé par le gong !
- Jake ? Qu'est-ce que tu fais là ? M'étonnais-je en le trouvant sur mon palier.
D'habitude, Jacob rentrait bien plus tard de Wolf & Co. Il semblait au bord de la panique. Ses yeux affolés guettaient les escaliers derrière lui.
- Est-ce que Bella est là ? Demanda-t-il précipitamment.
- Oui bien sûr.
Je l'appelais et elle arriva à ma droite en un instant, sourire aux lèvres.
- Je suis vraiment désolé, débita Jacob, je n'avais pas du tout pensé que…
Brutalement, une masse surgit de l'étage inférieur et propulsa Jacob dans mes bras. La respiration coupée, je regardais avec effroi le monstre entrer dans mon appartement et se jeter sur Bella avec un cri bestial. Cette dernière hurla, je paniquais.
- Bella ?? Bella ! Est-ce que tout va bien ?!?
Je dégageais Jacob d'un coup d'épaule et me relevais en bondissant. Un homme assez volumineux avait pris Bella dans ses bras et la serrait contre lui. Qui était-ce ? James ? Ou quelqu'un d'autre ? En tout cas il avait l'air sacrément costaud ! Sa carrure était impressionnante, son dos immense. J'étais prêt à aider Bella à s'en débarrasser, mais ça n'allait pas être facile… Celle-ci, accoudée sur son épaule, l'air désespéré, me fit pourtant signe de ne pas intervenir.
- Jacob Black, tu n'es qu'une sale petite balance, persifla-t-elle en lui lançant un regard mauvais.
- Pardon, pardon, pardon, vraiment je ne savais pas que…
- Ferme-la tu veux ?
Jacob se tut, rembarré comme il fallait par un petit bout de femme qui décidemment ne se laissait pas faire.
- C'est qui ? Demandais-je, fatigué d'être encore mis de côté.
- Son frère.
Plus que surpris, je me tournais vers les deux personnes enlacées au beau milieu de mon salon.
- Son frère ? Mais il fait au moins deux mètres !
- J'avoue, l'hormone de croissance a été mal répartie… J'appelle ça « l'injustice de la nature ».
- Jacob, je t'ai dit de la fermer ! S'énerva Bella. Emmet tu as fini, c'est bon ??
Immédiatement, deux énormes mains la soulevèrent et la déposèrent délicatement au sol.
- Edward, désolée pour tout ça, s'excusa-t-elle en venant vers moi. Laisse-moi te présenter mon grand frère, Emmet.
Le-dit Emmet se retourna vers moi, un sourire de Ken plaqué aux lèvres. Il attrapa la main que je ne lui tendais pas et me la broya avec la plus grande vigueur.
- Salut ! Alors comme ça c'est toi l'autre meilleur ami de Jake ??
- Ça dépend des jours, grognais-je en me massant les doigts, le regard en biais vers l'Indien.
- Pardon de t'avoir bousculé tout à l'heure. Je n'ai pas vu ma sœur depuis longtemps, je n'ai pas pu me retenir.
- Hum, pas de soucis. Je n'ai presque rien senti, mentis-je pour clore la discussion.
- Emmet, qu'est-ce que tu fous là ?
- Bella, ne sois pas si agressive veux-tu ? J'ai fait beaucoup de route pour toi.
- Je ne t'ai rien demandé à ce que je sache ! Martela-t-elle en tapant du pied.
- Chut, ne t'énerve pas voyons ! Je suis sûr qu'Edward ne connaît pas encore ton côté hystérique, tu ne voudrais pas le traumatiser avant l'heure ?
- T'inquiète c'est déjà fait, précisais-je.
- Ha merde, j'arrive trop tard… Elle t'a fait l'éloge des comédies musicales ?
- Malheureusement, oui…
- Ok. Si tu veux un conseil, surtout ne regarde JAMAIS Grease avec elle. C'est horrible, elle ne peut pas s'empêcher de chanter en même temps que les acteurs.
- Emmet !! Ne change pas de sujet, et dis-moi ce que tu fais là !
- Je te l'ai déjà dit, je suis venu te voir, fit-il en haussant les épaules.
- Ça, j'ai bien compris. Tu peux développer s'il-te-plaît ?
- On en parlera plus tard, répondit-il, plus sérieusement cette fois.
À ma grande surprise, Bella hocha la tête et n'ajouta rien.
- Et si vous veniez boire un verre chez moi ? Proposa Jacob – une excellente idée pour une fois.
***
L'appartement de Jacob, un étage au-dessus, était bien plus petit que le mien. Ce qui était surtout frappant, c'était à quel point on sentait qu'un célibataire vivait ici. Évier plein de vaisselle sale, lit défait, tee-shirt traînant par terre, paquet de chips entrouvert sur la table basse… Là où moi j'avais tendance à concentrer mon attitude bordélique seulement dans ma chambre, Jacob, lui, l'appliquait à chaque recoin de son logement.
Il rangea sommairement, déblayant le canapé, avant d'aller nous chercher des boissons. Bella s'installa entre Emmet et moi, et je me sentis rassuré de ne pas être juste à côté de son frère. C'est le genre de type qui t'arrache un bras sans s'en rendre compte, en éternuant ou voulant enlever une poussière sur ta chemise.
Je me sentais mal à l'aise. Emmet avait surpris tout le monde en débarquant ici, surtout moi. Je l'avais trouvé brutal, sans gêne, presque malpoli. Il s'était jeté sur sa sœur sans douceur, elle si fragile en ce moment, si fatiguée. Il avait mis Jacob dans une position très délicate, lui qui n'avait certainement pas pensé à mal. Pauvre Jacob, il ne marquait pas de point en ce moment avec Bella. Après des retrouvailles plutôt électriques, Emmet n'avait pas arrangé les choses. Arriver chez quelqu'un ainsi, jamais je n'aurai osé. Pourtant, plus j'y réfléchissais, plus je comprenais sa réaction. Si j'avais su qu'Alice n'allait pas bien, même à l'autre bout du monde, j'aurai foncé la voir, peu importe le gars l'hébergeant. Peut-être qu'Emmet n'était pas aussi désagréable que ça en réalité. Il devait juste être très inquiet pour Bella, voilà tout… Je ne voulais pas rester sur ma première impression. Je n'étais pas comme ça. Je devais lui laisser sa chance. Après tout, n'était-il pas l'autre meilleur ami de Jacob ?
Deux heures plus tard, j'avais ma confirmation. Emmet était un mec cool. Ses blagues me faisaient rire, ses aventures me faisaient sourire, la façon dont il regardait Bella m'attendrissait. Il nous avait raconté les moindres détails de son road-trip solitaire, ne manquant pas d'anecdotes drôles et farfelues. Finalement, cela ne m'étonnait pas qu'il soit le frère de Bella. Ils avaient les mêmes expressions, les mêmes façons de s'exprimer, la même approche des choses. Ils me racontèrent mille et une histoire mettant en scène Jacob enfant, à l'époque où ils étaient tous les trois toujours partants pour faire des bêtises. Le pauvre Jacob avait le rôle maudit de celui qui se faisait attraper – et punir - à tous les coups. Et finalement, je l'imaginais bien comme ça. Aujourd'hui, il était grand et fort, déployant des tonnes de muscles, mais lorsqu'il était petit, c'était un maigrichon peureux qui suivait Emmet à la trace et se cachait derrière Bella quand ça tournait mal.
Je me levais pour aller chercher quelque chose à grignoter dans la cuisine. Je commençais à avoir faim. Et depuis que Bella avait banni chez moi toute forme de nourriture grasse, je n'avais qu'une envie : m'enfourner des Chocobons jusqu'à implosion de l'estomac. Je savais où mon meilleur ami rangeait ses confiseries et commençait à faire le tri.
- Alors comme ça on fait les placards ? Me surpris Bella, la main dans le sac.
- J'ai un petit creux…
- Je vois ça ! Justement, je voulais te dire : il faut que je discute un peu avec Emmet.
Devant mon manque de réaction, elle précisa sa pensée :
- En tête-à-tête, tu vois, entre frère et sœur…
- Ho oui bien sûr, excuse-moi, je n'avais pas compris ! Tu veux que je vous laisse l'appartement, vous serez plus tranquilles ?
- Quoi ?? Mais bien sûr que non, je ne vais pas te virer de chez toi, quelle idée ! On va juste aller manger un bout en ville, et on en profitera pour parler un peu.
- Ok, c'est comme tu le sens. Tu peux proposer à Emmet de dormir sur le canapé s'il veut.
- Tu plaisantes ? C'est Jacob qui l'a amené ici, alors c'est lui qui va l'héberger ! Il se démerdera !
Une fois Bella et Emmet partis, je me retrouvais seul avec Jacob. Je l'aidais à ranger son salon, à déplier son divan et j'allais lui chercher des draps propres chez moi. Finalement je lui posais la question qui me brûlait les lèvres :
- Qu'est-ce qu'il s'est passé Jake ?
Il soupira.
- J'étais inquiet de savoir que Bella n'était plus avec son petit-ami, tu sais cela faisait très longtemps qu'ils sortaient ensemble… Alors j'ai appelé son frère pour en savoir un peu plus, mais figure-toi qu'il n'était même pas au courant ! Et puis ce matin il m'a téléphoné en me disant qu'il arrivait. J'ai essayé de le raisonner mais ce mec-là, quand il a une idée derrière la tête…
- Tu crois que c'est grave, ce qu'elle a Bella ?
Il haussa les épaules et je compris que lui non plus ne savait pas vraiment quoi penser. Je rentrais chez moi et épuisé par une telle journée, je me glissais directement dans mon lit. Entre l'altercation avec Victoria le matin, la colocation surprise face aux questions de Jasper et l'arrivée tonitruante d'Emmet, j'avais bien mérité une bonne nuit de sommeil.
Bonjour à tous!
Je suis complètement navrée du retard de publication... Mais je crois que désormais je vais avoir du mal à poster un nouveau chapitre toutes les semaines. Vous voilà prévenue! Mais pas de panique, tout va bien (merci Lucie de t'être inquiétée).
Merci pour vos nombreuses reviews sur le chapitre dernier, cela m'a fait très plaisir! J'espère que "Welcome Teddy Bear" vous a également plu! Beaucoup d'entre vous ont émis des hypothèses quand au nouveau personnage, et certains ont cité Emmet... Bravo à Fleur50, Miinie, phika17 et dream-fascination!
Et j'en profite pour souhaiter un très bon anniversaire à Lucie qui est une de mes plus fidèles lectrices et qui me fait toujours de supers commentaires! Pardon pour le retard, j'espère que tu ne m'en veux pas! Merci d'être attentive à cette fiction en tout cas :)
MERCI à TOUS de suivre Fugue, et à très vite j'espère!
