Disclaimer : Les personnages de cette fanfic appartiennent à leurs auteurs respectifs. Jack Jack (Les Indestructibles), Kagome et InuYasha (InuYasha), Lucky Luke (Lucky Luke), Obelix (Asterix le gaulois).
Auteur pour ce chapitre : Cassegrain-MIB
Petite précision : Lorsque Cassegrain a écrit ce chapitre, elle pensait qu'Ilian était une fille mais c'est bien un garçon.
Manon et Yoko s'activaient depuis maintenant une bonne heure dans cet appartement du 15e arrondissement, à Paris. La propriétaire se trouvant avoir 70 ans, elle avait gardé des bibelots, tous plus inutiles les uns que les autres, mais qui devenaient dramatiquement dangereux dans les mains de quelqu'un qui était, au choix, soit malveillant dés le départ (un vase de Chine, lorsqu'il est pris en pleine tête, peut être excessivement douloureux), soit, plus simplement, particulièrement susceptible.
Les deux jeunes femmes avaient donc stockés la plupart de ces objets dans toutes les armoires de la maison. Mieux vaut prévenir que guérir.
Heureusement, c'est cette semaine-là qu'avait choisi la grand-mère de Manon pour partir en Bretagne, voir sa famille. Et les deux jeunes filles l'avaient convaincu de leur laisser ses clés. Techniquement, elles n'avaient pas menti sur les raisons de cette réquisition. Elles allaient bien recevoir des « amis ». Elles avaient juste omis de donner de plus amples détails sur le physique aussi bien que sur le mental des personnes concernées.
Yoko était d'origine asiatique, elle parlait couramment japonais et français. Les deux jeunes femmes se comprenaient donc parfaitement. Mais il est vrai que la barrière de la langue restait un problème qui devenait dérangeant.
La sonnette de la porte se fit entendre, les deux jeunes filles se prirent à sourire : c'est maintenant que tout commençait.
- C'est bon, j'y vais, cria Manon, en rejetant en arrière ses boucles châtain clair.
Elle alla ouvrir, et trouva sur son palier la famille des Indestructibles, au grand complet. Ils avaient, bien sûr, tous leurs masques. Manon les voyaient régulièrement, sa mère étant leur pédiatre.
Elle avait entendu parler, grâce à un ami, d'un grand championnat auquel elle souhaitait participer. Pour cela, elle avait cherché des personnes possédant des dons particuliers. Elle avait alors pensé à Jack Jack. Il avait grandi, et allait aujourd'hui sur ses cinq ans. Il avait fallu des jours et des jours pour convaincre sa mère de le laisser à la jeune fille, et ce n'était rien à côté de la détermination nécessaire pour convaincre le père du petit garçon de ne pas l'accompagner.
Après une discussion animée, et les dernières recommandations de la mère de l'enfant,
Manon finit par refermer la porte sur la famille Parr, et amena Jack Jack dans le salon. Lorsque Yoko l'aperçut, elle eût une moue dubitative. Elle ne connaissait pas tous les détails du championnat, les épreuves n'ayant pas encore été révélées. De plus, elle ignorait qui seraient ses compagnons de voyage.
Néanmoins, elle était presque sûre que la place d'un enfant n'était pas près d'eux.
- Tu… Es sûre de ce que tu fais ? C'est pas dangereux pour un enfant de son âge ?
- T'inquiète pas, sourit Manon en prenant le petit garçon dans ses bras, je suis peut être maladroite, mais je suis l'aînée d'une sacrée fratrie, je devrais pouvoir en gérer un seul.
D'autant que, crois-moi, il est bien plus apte à se défendre que toi ou moi.
Et, comme pour illustrer ses propos, le petit garçon sauta des bras de la jeune fille et traversa le mur qui séparait le salon de la cuisine, sous le regard médusé de Yoko.
- Pointu comme technique de fuite…
- Très utile en tout cas.
Retentit alors un bruit de plat qui se brise, suivit d'un grand éclat de rire de Jack Jack. Yoko se précipita pour voir ce qu'il avait cassé… Et Manon, restée dans le salon, entendit un grand cri qui la fit sursauter.
- Qu'est ce qui se passe Yoko ? cria-t-elle en courant vers la cuisine.
Néanmoins, elle fut rassurée dés qu'elle vit la scène. Ce n'étais pas le cas de la jeune japonaise, qui pointait du doigt un étrange personnage en répétant :
- Regarde ! Il y a un homme dans la cuisine !
- Calme-toi Yoko, je le connais. C'est un ami.
Un homme se tenait au fond de la pièce. Il aurait pu paraître effrayant, s'il avait été autre part que coincé entre une gazinière et un frigidaire. Il enleva la capuche qui couvrait son visage, arrachant un sourire à la jeune fille, qui se tourna vers Yoko, qui tenait une casserole, projetant probablement de s'en servir en cas de nécessité.
- Yoko, je te présente… Merlin.
Elle la regarda, dubitative.
- Merlin euh… Merlin ? Celui de la légende
arthurienne, et tout et tout ?
- Enchanté, mademoiselle, répondit l'enchanteur.
Yoko consentit à abandonner son arme, et à serrer la main qu'il lui tendait. Il était bien loin de l'idée qu'elle s'était faîte d'un enchanteur dont l'âge avoisinait les 1400 ans. Pas de barbe blanche et cape bleue comme dans le conte de Disney. En réalité, on lui aurait donné la vingtaine, avec ses cheveux brun et ses yeux verts.
- Donc la légende arthurienne, c'est vrai ?
- En partie, confirma l'enchanteur, même si on a enjolivé certaines choses.
- Et qu'est ce qui…
- Excusez-moi de vous interrompre, coupa
Manon, mais on devrait peut être se concentrer sur le reste de l'équipe.
Elle était bien placée pour savoir que les explications de Merlin, surtout sur un tel sujet, pouvaient leur prendre au bas mot trois jours. Or, il manquait encore la moitié de l'équipe, et elle comptait rejoindre le point de rendez-vous dés la nuit tombée. Encore fallait-il qu'elle parvienne à convaincre tout le monde.
Yoko commençait à entrevoir quelles genres de « compagnons de route » ils attendaient, et cela n'était pas pour lui déplaire, bien que tout sauf rassurant.
- Mais depuis quand tu le connais ? demanda-
t-elle en désignant l'enchanteur d'un signe de tête.
- Euh… Depuis ma naissance en fait. C'est mon père qui le connaissait. En réalité, toute ma famille du côté de mon père le connaît. C'est lui qui m'a parlé du championnat. Si j'y participe, il acceptera enfin de me dire comment ma famille parfaitement rangée et ancrée dans le présent à pu rencontrer un enchanteur qui agissait en Grande Bretagne au Ve siècle.
Merlin parlait peu, mais Manon était heureuse qu'il soit arrivé le premier. Il aiderait probablement à « canaliser » le caractère pour le moins impulsif des personnages qui arriveraient probablement d'une minute à l'autre. Jack Jack était tout sourire, suivant Merlin en courant et en répétant « Pourquôa tu es pas passé par la porte tôa ? »
A peine les quatre amis furent-ils rentrés dans le salon, qu'ils entendirent la sonnette. A vrai dire, ils l'entendirent une fois, puis une autre fois, et encore une autre fois…. Manon fronça les sourcils et courut jusqu'à la porte, suivi de près par Jack Jack, que toute cette animation amusait beaucoup. De plus, il était loin d'être craintif, car il avait conscience dans une certaine mesure de la protection que ses pouvoirs lui offraient.
En ouvrant, elle tomba nez à nez avec Kagome et, près d'elle, Inuyasha, accroupi devant la sonnette, visiblement très intrigué par ce machin qui fait du bruit quand on appuie dessus.
Il ne semblait d'ailleurs pas bien en avoir comprit le fonctionnement, puisqu'il s'évertuait à l'utiliser alors que, puisque Manon était en face de lui, l'utilisation de l'appareil perdait un peu de son intérêt. Kagome fit un signe de tête que la jeune fille interprétait comme un « Laisse-le. »
Kagome et Inuyasha suivirent Jack Jack jusqu'au salon. Yoko leva un sourcil interrogateur. Manon la comprenait. Le kimono rouge vif du jeune homme ainsi que ses oreilles de chien avaient de quoi surprendre. Et ses manières avaient de quoi laisser perplexe. Mais si Kagome se lançait dans les explications, ils en avaient pour la journée. Autant attendre le reste de l'équipe.
- Salut ! lança Yoko, joviale malgré
l'étonnement qui se lisait sur son visage.
Elle s'exprimait dans un japonais parfait, ce qui étonna Kagome. S'ensuivit une conversation animée que Manon ne comprit pas, car ne connaissant que quelques mots en japonais. Quand à Inuyasha, il restait superbement ignorant de tout ce qui pouvait se passer autour de lui, même si il surveillait Kagome du coin de l'œil.
Voyant l'absence de réaction du demi-démon, Manon soupira : on avait beau s'attendre à cette réaction, elle restait très décourageante. C'était pas gagné.
Néanmoins, au bout de quelques minutes, la jeune fille eut le curieux sentiment de comprendre tout ce que disaient Kagome et Yoko. "Elles parlent en français ?"
Les deux jeunes femmes se turent à leur tour, aussi étonnées qu'elle de s'exprimer tout à coup dans cette langue, que Kagome ne maîtrisait d'ailleurs pas du tout.
- Excusez-moi, intervînt Merlin avec son éternel sourire, mais je pense que la conversation entre nous tous sera plus facile ainsi.
Manon se rendit alors compte qu'avoir choisi Merlin était probablement le plus grand trait de génie de cette aventure. Car elle n'avait pensé quasiment à rien. Les différences entre ceux dont elle voulait faire ses « compagnons », la barrière de la langue... Ces multiples obstacles entre eux ne lui avaient même pas effleuré l'esprit. Or, grâce à cet étrange enchanteur, tout semblait étonnamment simplifié.
Inuyasha avait beau être indifférent aux personnes qui l'entouraient, il était cependant très intéressé par l'environnement. Yoko se félicita mentalement d'avoir fermé le piano. Cependant, le demi-démon ne mit pas longtemps à dénicher la flute traversière de Manon, qu'elle n'avait visiblement pas suffisamment bien cachée. Devant son insistance et celle de Kagome, elle consentit à jouer quelques notes.
Inuyasha se montra très intrigué, et insista pour tenter à son tour d'émettre un son. Il n'y parvînt d'ailleurs pas. La jeune flûtiste pensait naïvement que l'intérêt suscité par son instrument cesserait, dés lors qu'Inuyasha comprendrait qu'il ne parviendrait pas à sortir le moindre son. C'était mal connaître le demi-démon qui attrapa la flute des deux mains.
Il s'apprêtait à la fracasser sur un meuble quand Kagome, d'une voix très calme et grâce à des réflexes qu'on sentait aiguisés par l'expérience, prononça très distinctement :
- Osuwari.
Jack Jack éclata de rire une nouvelle fois, et tenta à son tour de prononcer le « mot magique ». Il fut d'ailleurs bien déçu de constater qu'il ne se passait rien. Manon vînt le prendre dans es bras, tandis qu'Inuyasha se relevait, visiblement très énervé.
- Kaaagome pourquoi t'as fais ça ? J'allais rien
faire, c'est solide ce truc de toute manière !
Il n'eut pas le loisir de tester à nouveau la solidité de l'engin car Manon le rangea avec interdiction formelle d'y toucher. Elle fit ensuite les présentations. Kagome, tout comme Yoko avant elle, était très surprise de rencontrer l'enchanteur en chair et en os. Inuyasha en revanche, n'en avait jamais entendu parler, et se contenta de croiser les bras en détournant la tête. Heureusement pour lui, le magicien n'était pas susceptible.
Un coup de revolver fit sursauter tout le groupe, à l'exception d'Inuyasha qui se contenta de dégainer Tessaïga, à l'intérieur de l'appartement. Etant donné qu'il n'était pas très grand, et qu'ils étaient déjà cinq, le moindre mouvement du demi-démon aurait probablement coupé un meuble en deux.
Manon se dépêcha de retourner dehors avant que ce coup de revolver inopiné n'attire tout mon quartier. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle retînt un cri de surprise. Déjà, avoir un cowboy sur son palier n'a rien d'habituel. Mais lorsque, au troisième étage d'un immeuble, ce cowboy se trouve être perché sur sa monture, cela devient carrément décourageant.
- Désolé, je voulais vérifier que je l'avais rechargé.
- Luuuuke, tu es désespérant, soupira la jeune fille… Puis, voyant qu'Inuyasha se mettait en garde : « Aaaaah non Inuyasha, rengaine ça tout de suite, il est avec nous ! Tu feras tes conn.. euh plus tard ! ».
Elle imaginait surtout la tête de sa grand-mère quand elle devrait lui expliquer que oui la « fête » avait un peu dégénéré, ce qui expliquait l'absence de porte et l'état des meubles… Heureusement pour elle, Kagome et Yoko avaient bien l'intention de calmer les élans des uns et des autres.
Les deus jeunes japonaises reconnurent tout de suite le cowboy. Il est vrai que, outre le fait que Lucky Luke était parfaitement reconnaissable, il possédait une certaine notoriété. Manon, pour sa part, tentait de trouver un endroit où laisser Jolly Jumper. Dans ce vieil appartement, il n'était guère facile de trouver un endroit suffisamment spacieux pour un cheval.
Entre-temps, Inuyasha avait prit son revolver des mains du cowboy. Il regardait avec étonnement ce drôle d'engin. Et là, un flash.
"M****," se rappela soudainement Kagome, "il ne connaît pas les armes à feu, il n'y en a pas dans le Japon Féodal. Mon Dieu Inuyasha, n'appuie pas sur cette gâchette !"
- Inuyasha, suggéra Yoko, tu devrais lâcher ç…
Une seconde détonation retentit, avant que le demi-démon ne rende, avec une rapidité surprenante, son colt à Lucky Luke, avant de finir face contre terre, la faute au « Osuwari ! » de Kagome. Quand à Jolly Jumper, il hennissait, ce qui laissait deviner qu'il riait. Jack Jack avait délaissé l'ensemble des « adultes », et tentait de monter sur le dos du cheval, en s'aidant du canapé sur lequel Jolly était appuyé.
- C'est fou ça ! s'exclama Yoko, vivement intéressée par l' « Osuwari » de Kagome. Comment tu fais ?
S'ensuivit alors une longue explication de Kagome sur le pourquoi du comment et la présence du collier autour du cou du demi-démon. Collier que Manon remerciait intérieurement, parce qu'ils allaient en avoir bien besoin.
La voisine de pallier était sortie de chez elle
en entendant le tapage. Une vieille commère austère qui pourrissait littéralement la vie de tout le voisinage chaque fois que quelqu'un avait le malheur de la croiser.
Bien que la vision de cette vieille folle poursuivie par Inuyasha lui soit particulièrement agréable, Manon s'obligeait à la prudence, et la congédia avec un sourire mielleux, tandis que Yoko avait posée ses deux mains sur le museau de Jolly Jumper pour l'empêcher de hennir.
Si la situation avait été différente, la jeune fille aurait très probablement ri. C'est d'ailleurs ce qu'elle fit, sitôt la porte refermée, en voyant le compagnon de Lucky Luke très intrigué par le comportement de cette femme étrange qui avait mis ses mains sur son museau.
Ils étaient à présent sept. Ne manquait que…
BAM BAM BAM.
Manon soupira : Obélix.
Le principe même de « sonnette » était presque aussi étranger au gaulois qu'à Inuyasha. Elle se tourna vers Merlin, qui souriait. Il souriait décidemment tout le temps. Mais finalement, c'était plutôt positif, car cela réduisait l'angoisse que la jeune fille ressentait. C'était probablement lui qui l'avait amené jusqu'ici. Les pouvoirs de l'enchanteur étaient bien utiles. Il aurait été particulièrement compliqué de se rendre en Gaule sous l'ère de domination romaine pour récupérer Obélix.
Manon s'empressa d'ouvrir, avant qu'il ne démolisse la porte. . Yoko se chargea de mener les présentations. Bien sûr, elle et Kagome connaissaient déjà le célèbre gaulois. Inuyasha ne se départit pas de sa gentillesse coutumière, et Manon tenta sans succès d'utiliser l' « Osuwari ». Heureusement, Kagome se chargea de faire passer le message et une fois encore, le demi-démon se retrouva face contre terre, ce qui amusait beaucoup Obélix qui riait aux éclats en se tenant le ventre.
- T'as un problème, le gros ? S'énerva Inuyasha… Juste avant de se prendre un coup sur la tête qui le ramena derechef au niveau du sol.
- Je ne suis pas GROS !
Si cette frappe n'avait pas été destinée à une personne qu'elle avait déjà vue avec un trou dans le ventre, Manon se serait vraiment inquiétée. Elle nota d'ailleurs mentalement de ne jamais traiter Obélix de « gros », même si elle croyait savoir qu'il ne frappait pas les filles.
- Excuse moi Manon mais… Qu'est ce qu'on va faire avec un bébé ? Interrogea Luke.
- Ah ne me dîtes pas ça ! Si vous saviez le temps qu'il m'a fallu pour convaincre sa mère de me le laisser, et ensuite pour convaincre son père de ne pas venir avec nous !
- Et… Pourquoi on est là ? interrogea Kagome.
Manon se tourna vers la lycéenne. Restait à espérer que ses explications décousues suffiraient à les convaincre. Grâce à Merlin, elle avait déjà pu rencontrer Lucky Luke et Obélix dans leurs époques respectives. Restait à informer les autres du but de cette grande réunion.
- Et bien… En fait j'aurais besoin de vous pour… Une sorte de… Quête.
- Une quoi ?
- Une aventure si tu préfères Obélix. Et je savais que vous seriez capable de…
- Tu nous connaissais ?
Bien sûr, il n'y avait que lui pour poser une telle question. Méfiant, toujours méfiant. Elle se tourna vers Inuyasha.
- Votre… Réputation vous précède ! Enfin non, je connaissais déjà Yoko, Merlin et Jack Jack. J'avais aussi rencontré Obélix et Lucky Luke.
Manon essaya un sourire plein de bonne volonté, Inuyasha abandonna. Il fut le seul.
- Et comment tu nous as fait venir ici ? interrogea Lucky Luke.
- Grâce à Merlin. Je le connais depuis un certain temps en fait. Ou plutôt, ma famille le connait depuis un certain temps. C'est lui qui m'a permis de vous faire venir dans ce m… Ici !
Kagome adressa à Manon un sourire complice mais eût la présence d'esprit de ne pas en dire plus.
- Keh ! Et pourquoi on accepterait ?
- T'as peur de quoi ? Hein ? Que je te mange ? S'énerva la jeune fille.
- Espèce de sale gar…
- Osuwari !
Et hop ! Reparti pour un tour. Jack Jack riait aux éclats en battant des mains.
- Il est vraiment bizarre le monsieur chien !
Inuyasha était rouge de colère. Il commençait à en avoir assez de finir face contre terre.
- Pff… En plus « Manon » c'est vraiment débile comme nom.
L'intéressée était à bout de patience. Tant pis pour les beaux discours sur la maturité.
- Parce que tu trouves ça mieux toi, de t'appeler « chien démon » ?
Un autre Osuwari mit un terme à la discussion.
- Alors, vous seriez d'accord pour participer à ce grand championnat ? demanda Manon, pleine d'espoir.
- Vous n'avez pas envie de vivre d'autres aventures que celles de vos époques respectives ? Ce serait l'occasion de s'amuser un peu et de faire connaissance ! De toute façon, qu'est ce qu'on a à perdre ? Renchérit Kagome.
La jeune fille remercia la miko d'un regard.
- Je ne vous aurais pas fait venir si l'affaire n'avait pas revêtu une quelconque importance, déclara l'enchanteur.
Yoko se dit que son amie avait eu raison en appelant Merlin. Son autorité ne permettait pas de discussion et il finit par rallier tout le monde à ma cause. Avec plus ou moins de motivation certes, mais qui veut la fin veut les moyens.
Il fut plus difficile de résumer en quelques mots de quelles époques chacun venait. Et expliquer ce qui constituait celle dans laquelle ils se trouvaient aurait été impossible sans Yoko, Kagome et Merlin qui devait être un grand adepte du voyage temporel, puisqu'il semblait très au fait de la technologie moderne.
Excepté Yoko et Lucky Luke, personne n'avait l'air particulièrement surpris. L'habitude sans doute d'être confronté à ce genre de phénomène. Le surnaturel devait être une chose à laquelle on s'habituait.
Venait maintenant le problème du transport. L'équipe était très loin du lieu de rendez-vous, et la carte laissée à Manon par sa grand-mère semblait dater de l'avant-guerre.
- Euh… Manon ? Tu la tiens dans le mauvais sens…
L'intéressée rougit jusqu'aux oreilles. Elle avait toujours été nulle en orientation.
- Je fais ce que je peux, s'énerva-t-elle.
En plus d'être maladroite, elle était également susceptible. Inuyasha émit un « Keh » caractéristique, et il fallut tout son sang-froid à la jeune fille pour ne pas lui hurler dessus, une fois de plus.
Elle reprit son examen de la carte… Yoko lui proposa de l'aide, qu'elle ne refusa pas, puisqu'elle lui passa la carte d'un geste brusque. Inuyasha ricana : elle lui tira la langue. Mature, non. Mais détendant, oui.
Yoko trouva la place du Châtelet en 5 minutes. Manon soupira. Son sens de l'orientation pitoyable à souhait était loin d'être une découverte. Cependant, le voir confirmé devant témoins était un peu gênant.
Kagome se tourna alors vers Merlin :
- Vous ne pourriez pas nous… Téléporter directement là-bas ? Comme vous avez fait avec Obélix. Ce serait plus rapide, et nous n'aurions pas à traverser tout Paris dans ces tenues.
Manon regarda Merlin, et acquiesça avec frénésie. Elle ne se voyait pas prendre le métro avec un gaulois, un demi-démon de l'époque féodal et un cheval. Sans parler du colt de Lucky Luke qui n'était pas vraiment réglementaire.
- Je devrais pourvoir m'en charger, dit-il avec un sourire qui arracha aux trois jeunes femmes un soupir de soulagement.
- Ce tombe bien, il fait déjà presque nuit, commenta Manon. Nous aurons moins de problèmes.
- Quels problèmes ? interrogea Lucky Luke innocemment.
- Nos… Tenues, risquent de ne pas passer inaperçu.
- Keh ! Moi, chez Kagome j'avais juste à mettre une casquette et j'avais pas de problèmes !
Manon le regarda. A peine une journée qu'elle avait à « supporter » sa compagnie, et il était déjà désagréable. Une main de Merlin sur son épaule la calma pour de bon, tandis qu'un regard courroucé de Kagome au demi-démon calmait celui-ci.
- Tu t'en sors très bien, murmura l'enchanteur à son oreille.
Il se tourna ensuite vers toute l'équipe.
- Très bien. Je vais vous faire passer un par un, par tranche de 5 minutes. Comme ça, Manon aura le temps de faire les présentations. Ça va à tout le monde ?
Tous acquiescèrent, et Jack Jack arriva en traversant le mur, sous le regard médusé d'Inuyasha, en criant qu'il voulait venir aussi et qu'il savait faire le voyage tout seul.
- Très bien, alors Manon passera en premier et…
- Non je ne passe pas en premier.
- Pourquoi ? l'interrogea Kagome.
- On est une équipe, non ? On part ensemble. Et puis… je préfèrerais qu'on parte ensemble.
Ils se regardèrent.
- Euh… S'il vous plaît ?
- Moi j'suis d'accord avec elle, on y va tous ensemble.
Manon se tourna vers Inuyasha, véritablement étonnée. Comme quoi…
En réalité, devoir rencontrer une quinzaine de
personnes douées d'un talent de défense ou le plus souvent d'attaque d'un coup, coincée dans sa condition d'humaine maladroite qui ne possédait aucun don particulier, était pour le moins inquiétant. Elle préférait avoir des amis à ses côtés.
- Je ne peux pas nous envoyer tous en même temps, répliqua Merlin. Je dois contrôler l'endroit où vous arrivez, et plus vous serez nombreux, plus grand sera le risque de se tromper d'endroit. Or si on vous dissémine n'importe où dans Paris, on attirera bien trop l'attention.
Manon soupira. Elle avait décidé de participer, ça incluait un certain sang-froid.
- Très bien, je passerai en premier. Mais vous me suivez, promis ?
- Oui promis ! s'écria le gaulois.
Obélix vînt à elle et la serra si fort qu'elle vit le moment où sa cage thoracique exploserait sous la pression de cette force surhumaine. Il était très enthousiaste à l'idée de participer à ce genre d'aventure, ce qu'il illustrait par des réactions pour le moins… Excessive.
- Obélix… Lâche-moi… S'il te plaît… Tu… M'étouffes…
- Oh pardon, s'excusa-t-il en la relâchant, penaud.
Lucky Luke avait ramené Jolly Jumper dans le salon. Celui-ci, en voyant les oreilles de chiens d'Inuyasha, qui se trouvait juste à côté de lui, les mordit, sans doute pour s'assurer qu'elles étaient réelles.
Le demi-démon pesta contre le cheval, tandis qu'Obélix riait une nouvelle fois aux éclats. Mais cette fois, Inuyasha ne le traita pas de « gros ».
Merlin étendit le bras en direction de la fenêtre la plus proche. A la place de l'immeuble éclairé que l'on voyait à travers la fenêtre apparut soudain une fontaine éclairée. La place du Châtelet.
Manon étendit le bras vers la fontaine, et fut surprise de ne pas sentir la paroi dure de la vitre sous ses doigts. Elle se retourna vers Merlin. Il l'encouragea d'un signe de tête. Alors, en évitant le plus possible de penser au fait qu'elle s'apprêtait à traverser une fenêtre située au troisième étage d'un immeuble parisien, et qu'une défaillance du portail l'amènerait à une chute de plusieurs mètres, elle ferma les yeux et franchit le portail.
Environ une seconde plus tard, tout se modifia. Les sons d'abord, car elle entendait soudain la nuisance sonore caractéristique de la capitale. Les éclats de voix, le bruit de la fontaine… Puis le sol devint plus inégal, elle sentait sous ses pieds les vieilles dalles en pierre au lieu du parquet de l'appartement.
Ce qui lui sembla une éternité plus tard, elle entendit des bruits derrière elle. Elle se retourna. Ils étaient tous là. Jack Jack était monté sur Jolly Jumper, que Lucky Luke tenait par la bride.
Kagome restait près du demi-démon, Obélix regardait autour de lui avec intérêt, mais il restait étonnamment calme. Merlin avait dû lui faire la morale sur ce qu'il fallait faire et ne pas faire dans la capitale.
Elle aperçut un attroupement autour de la fontaine. Mais dans l'ombre, elle ne distinguait rien qui put l'aider à s'assurer qu'ils s'agissaient des équipes déjà présentes. Néanmoins, elle avança vers eux, suivie par les sept équipiers, qui devaient tous avoir l'air plus sûrs d'eux qu'elle-même ne l'était.
Elle aurait donné cher, très cher, pour que la distance les séparant de la fontaine soit longue, très longue. Mais très vite, elle distingua des visages. Ils semblaient tous accaparés par la dispute d'une jeune femme et d'un homme aux cheveux blancs, plutôt effrayant. Leurs éclats de vois portaient jusqu'à l'autre bout de la place.
- Excusez-moi, demanda-t-elle, est-ce ici le rendez-vous pour le grand championnat ?
Toutes les personnes présentes se retournèrent. Elle se sentit rougir. Une quinzaine de paire d'yeux la dévisageaient. Naturellement, c'était à elle de prendre la parole. Elle esquissa un vague sourire, auquel certains répondirent.
- Oui c'est ici, répondit un jeune homme qui arborait une queue de loup et des oreilles en pointes. Mais Manon n'en fut pas surprise, elle commençait à comprendre qu'il ne fallait plus s'étonner de rien.
Celui qui fut étonné, en revanche, c'est Inuyasha, qui interpella le démon-loup avec force. Si bien qu'en quelques minutes, ils se traitaient déjà de tous les noms, au grand damne de Kagome qui tentait de les séparer, et qui n'y parvînt que lorsqu'elle utilisa le fameux :
- Osuwari !
Lorsqu'Inuyasha fut immobilisé, Manon vit avec surprise une jeune femme brune s'approcher du loup et le prendre par la taille, signifiant donc assez clairement quel lien les unissait. Bien sûr, Obélix se mit à rire comme à son habitude, ce qui détourna l'attention d'Inuyasha.
Pendant que les deux garçons se battaient derrière elle, Manon tentait de rester de marbre, consciente que cette première rencontre resterait à jamais gravée dans les anales. Elle, qui voulait donner une certaine impression de sérieux, s'efforçait d'ignorer les cris et les coups portés par les membres de son équipe.
Manon dévisageait un à un les personnes présentes, et ce, bien malgré elle. La curiosité surpassait la timidité. Son regard s'attarda sur un personnage pour le moins étrange, à savoir un homme déguisé en femme. Elle allait éclater de rire, quand un regard glacial de l'homme aux cheveux blancs l'en dissuada.
Elle s'approcha d'une jeune femme qui, assise près de la fontaine, un carnet à la main, semblait être la responsable des inscrïptions.
- Bonjours, pour s'inscrire, c'est ici ?
Elle acquiesça en souriant, ce qui rassura la jeune fille.
- Tu dois juste présenter les membres de ton équipe.
Manon se retourna. Jack Jack, perché sur le dos de Jolly Jumper, riait en regardant Obélix et Inuyasha qui se battaient (à mains nues). Kagome et Yoko essayaient de les séparer, Lucky Luke comptait les points et Merlin souriait en commentant de temps à autre.
Quand aux autres équipes, elles dévisageaient tout ce petit monde avec incompréhension.
- Euh… Kagome ? interrogea Manon, s'il te plaît.
- Osuwari !
- Très bien, alors celui qui est par terre c'est Inuyasha. Je voulais l'inscrire dans la catégorie force. Le gr… grand à côté qui se marre, c'est Obélix. Catégorie force également. Les deux filles près d'eux sont Yoko et Kagome. Yoko participerait dans la catégorie Intelligence et Kagome dans celle de la Magie.
Jack Jack, qui entre temps était descendu du cheval, se précipita vers eux.
- Ah, est ce qu'il y a une limite d'âge pour les participants, interrogea Manon, parce que théoriquement, il n'a que 5 ans.
Ilian semblait décontenancée.
- Euh… Non pas de limites d'âge, mais dans quelle catégorie vas-tu le faire concourir ?
Le petit garçon descendit des bras de la jeune fille et, sitôt assis par terre, il ferma les yeux, serra les poings, et se métamorphosa en boule de feu, sous le regard véritablement surpris de toutes les personnes présentes, à l'exception de Yoko qui avait déjà assisté à ce genre de phénomènes.
- Très bien. Catégorie Magie, je présume ?
La jeune fille acquiesça.
- Voici Lucky Luke, que j'aurais placé dans la catégorie Vitesse. Et là-bas, c'est Merlin qui…
- Merlin ? LE Merlin ?
Manon se retourna vers une jeune fille qui semblait éberlué. Elle avait des cheveux bouclés et la jeune femme près d'elle l'appelait « Hermione ». Un homme brun et plutôt effrayant se tenait près d'elle, lui-même semblait tenter de conserver un air impassible.
- Enchanté, répondit l'enchanteur, avec un calme déconcertant.
- Et lui, je voudrais le mettre dans la…
- Magie.
- Voilà.
Ilian rassembla ses notes :
- Très bien je crois que nous avons tout le monde… Ah non, et toi, tu comptes concourir dans la catégorie ?
- Euh… Agilité ?
- Tu as un don particulier ?
Manon se mit à rougir.
- Ah non pas vraiment je… Enfin je ne crois pas… Mais je crois que dans cette catégorie là, ce serait mieux. Je n'ai classé personne dans cette catégorie pour le moment.
-Très bien, euh… Tu as un nom à proposer pour ton équipe ?
Tous les membres de son équipe s'étaient approchés, attendant la réponde avec intérêt. Réponse qui tardait à venir, parce que la jeune fille n'y avait même pas réfléchi.
- Pff… Tu penses vraiment à rien…
- Mais je t'emmer…
- Osuwari.
Manon ignora l'échange agité qui s'ensuivit entre Inuyasha et Kagome, s'efforçant de trouver quelque chose de plus original que « les aigles démoniaques » ou « les démons enflammés ».
- Euh… « Kendalc'h ».
Elle se tourna vers Merlin qui esquissa un sourire. Inuyasha se retînt de commenter, craignant une réaction de Kagome.
Après s'être assuré que le nom convenait à tout le monde, l'équipe fut enregistrée sous le nom de Kendalc'h, « persévérance » en breton, ce qui était un clin d'œil à une caractéristique dont ils allaient avoir bien besoin.
Ils étaient alors trois équipes présentes sur le lieu du rendez-vous, ne manquait que la dernière et le championnat pourrait réellement commencer.
