Disclaimer : Les personnages de cette fanfic appartiennent à leurs auteurs respectifs.
Auteur pour ce chapitre : Maxi
Nous nous demandons souvent si l'histoire au sens de réalité historique a un sens à la fois si l'on peut la comprendre, si elle est cohérente, et si elle est orientée vers une direction et une fin précise. De même à propos de l'histoire au sens de connaissance du passé. C'est plutôt à propos de l'histoire au sens de réalité historique que la question paraît avoir lieu de se poser.
En effet, si l'on ouvre un livre d'histoire, nous ne devons pas nous dire que c'est du charabia, mais que c'est un discours intelligible et rationnel. L'histoire au sens de connaissance du passé fait donc immédiatement sens. Mais la question de savoir si l'histoire au sens de connaissance du passé a un sens ne paraît donc pas très pertinente, mais encore qu'elle pourrait mener à s'interroger sur la rationalité du discours historique. Ce sera de part cette légère introduction que commencera notre histoire. Et de ce fait, l'histoire de Maxi Tatsumiya.
Un jour comme les autres en ce jeudi matin à la St. Francesca Academy, une école de Tokyo particulièrement tournée vers la Chine. Tous les élèves de cet établissement reçoivent moult cours sur les origines de ce pays, faits historiques, cultures et traditions... Mais aussi des cours de Stratègie Militaire ainsi que des cours non-obligatoire de Kyûdo ou Kendo. Avec plusieurs particularitées qui la démarquerait des autres écoles, St. Francesca n'était pourtant qu'une école parmi tant d'autres dans le pays. Mais si en effet nous nous attardons sur sur ce point précis, c'est parce que nous y retrouvons un étudiant : Maxi Tatsumiya. Garçon ordinaire, si ce n'est plus froid et réservé que la moyenne des personnes de son âge.
Jeune homme de 17 ans calme et à la fois sérieux dans son travail, entraîné au Kendo depuis son plus jeune âge. C'est pour sa passion de la Chine qu'il avait décidé de se rendre dans cette académie. Vivant seul depuis la mort de ses parents, il y a bientôt dix ans, puis celle de sa grand-mère maternelle qui l'avait pris en charge, de ses 7 à 15 ans. La vieille femme était partie vers un monde meilleur, il y a déjà deux ans de cela. Le garçon était seul depuis ce temps. Mais le plus étrange était encore qu'il ne se souvenait absolument plus de son enfance remontant au soir de la mort de ses parents...
Mais peu importe pour l'instant. Bien que sans famille connue, il vivait très bien tout seul et s'en sortait d'ailleurs fort bien. Étudiant le jour, caissier le soir dans un Convini de 21 à 01 heures du matin. Fatiguant, certes, mais nécessaire pour vivre. Les loyers des appartements ne se payent pas tout seul en général, voyez-vous...
C'est après un début de journée classique que Maxi se rendit à St. Francesca. Ce dernier arriva même en avance, il s'en rendit compte en observant sa montre. Près de vingt minutes avant le début du premier cours. De quoi s'asseoir dix bonnes minutes dans la cour pour lire tranquillement, loin des bruyantes personnes déjà présentes dans les couloirs de l'établissement. En soit, une bonne idée. Rien de tel qu'un peu de lecture avant un cours de Japonais Ancien. Du moins, c'est ce que le jeune homme pensait qu'il allait faire. Un évènement jugé au premier abord dérisoire par le garçon le fit dévier de son idée première. En effet, au moment où il venait de tourner la tête pour voir s'il y avait des personnes dans les environs, Maxi se figea lorsqu'il vit une personne forcer la porte pourtant cadenassée du petit temple se trouvant au fond à gauche de la cour de l'école.
Il venait de se passer là quelque chose qui n'était pas anodin. Quand bien même le jeune Tatsumiya ignorait totalement ce qui se trouvait en ce lieu, il ne pouvait tout de même pas laisser un inconnu profaner un lieu sacré. Et d'autre part, qui pourrait bien laisser faire quelque chose de ce genre ? Des amoureux en train de se bécoter, certes. Il en va de même pour bien d'autres, mais là n'est pas le sujet, il est inutile de tergiverser un nombre incalculable de minutes pour en arriver au fait.
Sans perdre davantage de temps, le garçon se rua en direction du temple. Ce qu'il y découvrît fût d'autant plus étonnant. Une simple pièce avec pour seule décoration un petit autel sur lequel se trouvait un objet que l'inconnu ne se priva pas d'essayer de voler. Surpris de s'être fait repérer aussi rapidement, l'homme cagoulé laissa tomber de surprise ce qu'il s'apprêtait à voler. L'objet en question roula jusqu'aux pieds de Maxi qui le ramassa aussitôt. En regardant de plus près, le garçon s'aperçu que ce n'était autre qu'un vieux miroir d'une étrange forme. Une sorte de soleil. Oui, c'était ce qui lui était venu en premier à l'esprit. Sans doute un peu trop soulagé de voir qu'il venait d'empêcher un vol, le jeune homme ne vit que trop tard l'inconnu arriver dans sa direction et le pousser avec violence pour dégager la porte de sortie.
Étonné de voir la personne lui bondir dessus, Maxi tomba sur son arrière train, et par la même occasion, lâcha le malheureux miroir qui alla se briser sur le sol de pierres. Quant au voleur, c'était déjà trop tard pour tenter de le rattraper ou de retrouver sa trace. Il n'en avait pas l'air, mais il courait plutôt vite. Le jeune homme se retrouva seul. Un long silence s'installa avant qu'il ne dise enfin quelque chose. Brisant par la même occasion le mutisme total présent dans le temple.
« Et zut... »
Pas qu'il s'attendait maintenant à voir l'apprenti voleur revenir, mais cela lui aurait été utile. Sans blague. Être obligé de corriger les erreurs des autres. Où va le monde ? Je vous le demande... D'accord, c'était aussi partiellement de la faute de Maxi, il avait bien lâché l'objet du délit, mais je voudrais bien vous y voir. Lequel d'entre vous aurait été capable de faire ce que Maxi venait de faire ? Toi, le petit dégoutant et train de te décrotter le nez avec tes doigts ? Toi, qui baille de fatigue ? Ou encore, toi, qui est en train de te demander si tu vas être cité ou non ? Les chances de réponses positives sont plutôt minces, si vous voulez mon avis.
Voilà en plus que le garçon devait se coltiner le ménage. Où sont les membres du personnel lorsque l'on a besoin d'eux ? Personne n'aurait la brillante idée de venir apporter une brosse et une balayette au jeune homme ? Non ? Bah... Il était au moins préférable d'essayer que de ne rien dire, vous me direz. Qui ne tente rien n'a rien. C'est de cette pensée que Maxi se releva avant de commencer à regrouper les plus gros morcaux du défunt miroir. Pourquoi avoir entreposé un tel bibelot dans un temple ? Les gens ont parfois de drôles d'idées. Mais si cet objet était rangé dans cet endroit, c'était peut-être parce qu'il valait cher. Il allait en plus devoir rembourser pour quelque chose dont il n'était qu'à moitié responsable. La barbe. Qui plus est, heureusement qu'il n'était pas superstitieux. Si sa mémoire était bonne, il aurait sept ans de malheur à supporter. Fichtre. Il y avait encore des personnes pour croire à une de ces croyances populaires ? Les chats noirs et corbeaux ; cacher ses pouces lorsqu'un corbillard passe ; la semelle d'une Geta qui se rompe... J'en passe et des meilleures. Et dire que des gens croyaient encore à des trucs comme ça. Non mais, Franchement...
Cette tâche accomplie, il remarqua que quelque chose était noté sur le devant de l'autel où se trouvait le miroir. Légèrement curieux, Maxi décida d'y jeter un coup d'oeil. « Miroir de l'époque de la Dynasie Han. Cadeau de Ryuubi à Kann'u lors du Serment des Trois dans le Jardin des Pêchers ». Allons bon ! Voilà qu'il avait finalement brisé un objet d'au moins 1800 ans ! Ce n'était pas que le portefeuille qui allait déguster, le garçon allait aussi s'en prendre plein la figure. Bordel. Un objet aussi important pour les Historiens que pour la recherche en elle-même. Plus surprenant encore, que faisait un objet aussi précieux dans un temple si petit que celui-ci ? Ce n'était pas là que le miroir aurait dû se retrouver, mais plutôt dans un musée hautement surveillé. Il en va également de soit, pourquoi un objet logiquement en charge du pays Chinois se retrouvait au Japon, dans cette école ? Trafic d'objets précieux ? Le garçon préférerait que ce ne soit pas le cas. Et mer**. Il allait encore se retrouver fourré dans une de ces histoires compliquées ? Qu'est-ce qu'il allait avoir sur le dos, maintenant ? Des Yakuza qui ne le lâcheront pas avant de l'avoir noyé dans une baie de Tokyo ? Le directeur à dos qui le collera pour les années à venir ? Que ce soit l'un ou l'autre et quand bien même un autre choix du genre, Maxi préférait s'en sortir et oublier ce qui venait de se passer.
En pleine réflexion au Pays des Songes, le jeune homme ne remarqua pas tout de suite qu'une éblouissante lumière commençait à se dégager des restes regroupés du miroir. Lorsqu'il se retourna enfin, prenant conscience qu'il se déroulait quelque chose d'anormal, la lumière l'englouti totalement.
Ne sachant combien de temps plus tard, Maxi commença à battre des paupières. Tout cela n'était finalement qu'un rêve ? Un rêve ? Si l'on en suit la définition classique qui a survécut à l'Histoire, il semblerait, que ça ne soit qu'une représentation visuelle de l'inconscient. Mais là, nous parlons bien du rêve au sens propre. De l'acte de rêve, alors que le corps est incapable d'agir, bercé par notre propre pensée. Le rêve au sens physique, est complexe à comprendre puisqu'il arrive à mêler des propriétés physiques avec des éléments surnaturels, et un bon nombre d'hommes y ont consacré leurs vies. Il obsède l'homme, depuis sa création, de part sa dimension fantastique. Cependant, un aspect commercial s'y est même développé, avec les fameuses et grotesques interprétations de ceux-ci. Naturellement, certains psychanalystes, et mêmes si leurs points de vues restent encore polémiqués, ont su établir des schémas de bonnes augures, et très intéressants à connaître.
Mais, qu'est-ce que le Rêve, d'un point de vue, plus philosophique ? Est-on, face à une question métaphysique ? A laquelle répondre nous serait impossible ? Un Monde qui nous serait impossible d'accès, à nous, mortels ? Non, du moins, en un sens général. Car en effet, même si chaque individu présent sur Terre, possède une définition très personnelle de l'acte de rêver, on peut en dégager des similitudes. Il s'agirait d'une fascination, d'un abandon de la réalité, pour en aboutir à une utopie, notre utopie. De cette manière, l'être humain en fait ce qu'il veut. Alors que certains, préféreront vivre dans un rêve toute leur vie, d'autres auront pour objectif de les vivre réellement. On ne peut dire que l'un est meilleur que l'autre, ce serait un manque d'objectivité, mais aussi de lucidité. Le fait est que, le rêve reste une notion impalpable, une notion universelle. Tout le monde rêve, mais personne ne peut le faire mieux qu'un autre. On retrouve donc, un aspect égalitaire, un retour à la création, aux idées du créateur. Bien entendu... C'était loin d'être le genre d'idéaux que possèdait le jeune homme. Bien qu'il ne soit pas un âne, il ne se souciait guère de ce genre de chose. Selon lui, sa vie se résumerait à un rêve, et personne ne pourrait lui en faire démentir. Personne.
Néanmoins, de la notion d'un rêve, celui qui venait de se dérouler avait été tout ce qu'il y avait de plus saissisant. Presque réel, c'est dire. Il y avait cependant quelque chose d'étrange dans tout ça. Pour quelle raison Maxi sentait qu'il était allongé sur de la pierre ? S'il n'était pas chez lui, dans son lit, qu'est-ce que ça signifiait ? Il n'était pas tombé dans les pommes en beau milieu du chemin pour aller à l'école, quand même... Non. Aussi loin qu'il s'en souvienne, le garçon ne se rappelait pas qu'il y avait des gravas sur du béton. Inutile de tirer des conclusions hâtives. Autant mettre ça tout de suite au clair, et au plus vite. Ouvrant doucement les yeux, il remarqua en premier lieu un ciel d'un bleu azur magnifique. Finissant par se redresser avant de se retrouver sur les fesses, Maxi constata plutôt rapidement qu'il était dans une forêt. En même temps, ce n'était pas comme s'il y avait eu une autre possibilité. Entouré de nombreux arbres et de végétation en tout genre. Difficile de faire plus clair. Au moins, il s'était retrouvé en plein dans un chemin. Le temps qu'il comprenne ce qu'il lui arrive, il n'aura pas à chercher désespérément une route à suivre. Un point positif, d'accord, mais cela n'expliquait toujours pas où il se trouvait.
Partant de ce principe, il n'était pas nécessaire de reste ici plus longtemps. L'idéal serait plutôt d'aller explorer les environs pour se faire une idée de l'endroit. Tout de même... Si la découverte du miroir dans le temple de l'école n'était qu'un rêve, comment s'était-il retrouvé ici sans se souvenir d'y être allé de lui-même ? Avait-il été découvert puis assommé par des Yakuza et déposé ici ? Non, certainement pas. De deux points. L'un : ce n'est pas la manière de faire de ces derniers. De deux : ils n'auraient jamais pris le risque de laisser le garçon en vie. Bien étrange comme situation. Et ce n'était pas encore terminé. Une fois sur ses jambes, Maxi remarqua une épée à ses côtés. Une épée, où plutôt la gamme au-dessus. L'arme faisait bien la longueur du jeune homme, s'arrêtant aux alentours des genoux, si ce n'était pas plus. Quant à sa largeur, un peu moins grande que celle d'un corps humain normalement constitué. Une arme de ce genre, cela devait au moins peser dans les quarante à cinquante kilos. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Un dernier cadeau offert au garçon afin qu'il puisse s'en servir pour mettre fin à ses jours ? En tous les cas, ce n'était pas un sabre aussi imposant qu'il pourrait transporter avec lui pour se défendre. Hum...
Bah. Ce n'était pas non plus comme s'il s'était retrouvé sur une autre planète à devoir combattre des monstres géants. La science-fiction, très peu pour lui. Restons lucide et ne commençons pas à nous embarquer dans des idées abracadabrantes. D'autant que le moment était très mal choisi pour la plaisanterie. Enfin, essayons tout de même de nous faire une idée de l'endroit dans lequel nous nous trouvons. Pour ce faire, un peu de marche était ce qu'il y avait de plus simple à faire. Les choses commencèrent à s'arranger au moment ou du bruit se faisait de plus en plus entendre en direction d'un buisson derrière Maxi. Enfin. Jamais il n'aurait autant souhaité croiser une personne que maintenant. Parlons de ces personnes, justement. Vous en croisez souvent, vous, des comme ça ? Trois personnes. L'un énorme et armé d'une sorte de gros gourdin, l'autre petit, avec un poignard et le dernier d'une épée courte ? Non, à mon avis. Sans compter leurs habits laissant penser qu'ils venaient d'au moins un siècle en arrière.
« Hey, petit. Ce sont des étranges habits que tu as là. D'où tu viens comme ça ?
- D'où je viens ? De Tokyo.
- Jamais entendu parlé. C'est sans doute le nom donné à une nouvelle région environante, répondit l'homme aux deux personnes à ses côtés, puis retournant la tête en direction de Maxi. »
Mais il était atterri sur quelle planète ? Même le plus paumé des Japonais était obligé de connaître la capital du Japon. Là, il y avait un vrai problème. Pas seulement les trois hommes honteusement habillés et bouffis au possible, mais aussi le fait qu'ils ne savaient absolument pas ce qu'était Tokyo. Demandez à n'importe quelle personne sur terre, elle répondra globalement ce qu'est Tokyo. Sans compter les exceptions comme les petits enfants, les personnes souffrants de maladies qui atteignent le cerveau et les personnes tout simplement stupides. Soit ils ne savaient vraiment pas ce qu'était le Japon, soit ils étaient vraiment à la ramasse.
« Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le plus important, grogna le meneur. Tu vas nous donner tout les objets de valeurs que tu as sur toi et vite, si tu ne veux pour avoir la gorge tranchée. »
Quoi ? Est-ce que le garçon avait bien entendu ? Se faire trancher la gorge ? Le nouveau mode de racket des jeunes ? Jusqu'où va le monde, je vous le demande... Mais de là à passer des poings et aux armes à feu aux armes blanches, il y avait un problème. De toute façon, le jeune homme n'avait absolument rien de valeur sur lui, il avait déjà tâté ses poches pour voir s'il avait quelque chose qui lui aurait été utile, en vain.
« Si vous cherchez un enfant de riche où une personne avec un portable, lecteur MP3 et même un portefeuille, je ne suis pas votre homme, rétorqua séchement le garçon à ces futurs ravisseurs. Essayez donc avec une autre personne.
- Tu sembles pourtant venir d'un endroit riche. Tu parles depuis tout à l'heure de choses que nous ne connaissons pas. »
Ne pas connaitre le Japon était déjà une chose, mais en plus ignorer ce qu'était un téléphone portable et un lecteur MP3, nous touchions le fond de l'imbécilité. Rencontrer en pleine forêt trois êtres sous-développés, ce n'était pourtant pas une mince affaire. Et pourtant, Maxi était bien tombé sur ce genre de personnes. Même pas un garde-forestier, non. Trois imbéciles. Trop de muscles avait peut-être atrophié leurs cerveaux, va savoir... Mais bon sang, dans quelle époque vivaient-ils ?
« Bah. Nous sommes visiblement tombé sur un fauché. Pas grave les gars. Il semble au moins posseder une belle et grande épée. »
L'épée ? Ce truc géant qui faisait pratiquement la taille de son propre corps ? Maxi n'avait même pas essayé de la soulever, sachant d'avance que c'était peine perdue. Il faudrait au moins la force de deux à trois personnes pour la ramasser, ainsi qu'avoir une terrible force à disposition. Mais du moment que ces trois énergumènes le laissait tranquille, il s'en fichait.
« Prenez-la donc avec vous, enfin, si tant est que vous arrivez à la soulever. »
Ni une ni deux, le chef du trio afficha un large sourire avant de claquer des doigts. De part ce signal il envoya son complice à la massue soulever l'arme. Maxi n'avait pas remarqué qu'il était aussi grand de près. Il dépassait au moins les deux mètres de haut. Sans compter qu'il était aussi gros qu'il n'avait de muscles. Et pourtant, à la surprise générale, l'homme n'arriva même pas à s'emparer de l'objet en question. Il le souleva d'à peine quelques centimètres du sol, avant de le lâcher.
« Chef ! C'est impossible de soulever cette arme !
- Rhaaaa ! C'est pas grave, cria l'homme de frustration, on va le tuer et ensuite nous le dépouillerons de ses affaires ! En avant les gars ! »
Il avait réussi à blesser la fierté de ces bandits et il était plutôt ravi. Mais ce n'était pas comme ça qu'il allait s'en sortir. S'il avait au moins un bout de bois, il pourrait s'en servir comme d'une arme, mais, rien. Ses cours quotidiens de Kendo seraient totalement inutiles pour l'instant. Si au moins il pouvait soulever l'arme pour se battre... Mais revenons-en plutôt aux méthodes traditionnelles. Il n'avait d'autre option que le corps-à-corps. Pas qu'il était un expert en la matière, mais il se débrouillait. Le temps de désarmer l'un des trois pour s'approprier une arme, du moins. Mais encore fallait-il qu'il arrive à tenir jusque-là...
« Vous, là ! Ça suffit ! »
Une voix autre que celles des personnes déjà présentes venait de se faire entendre. À y réfléchir un simple instant, cet hurlement d'avertissement était celui d'une femme. Et justement, une personne en train de marcher tranquillement à la gauche du groupe commençait à apparaître. Quelques instants plus tard, elle était enfin visible. Une jeune femme aux longs cheveux noirs, habillée tout aussi de façon étrange, mais nettement plus élégante. Une sorte de tenue étrange à la mini-jupe, laissant les épaules découvertes et sur laquelle se trouvait une mimi cravate. Une nouvelle mode chez les jeunes ? Le goût était plus que particulier mais plutôt original. L'autre chose très largement visible n'était autre qu'une sorte de lance avec une gueule de dragon par laquelle sortait une lame. Encore plus qu'une mode, Maxi avait l'impression de s'être retrouvé au beau milieu d'un défilé de Cosplays.
« T'es qui, toi ?
- Mon nom est Kann'u, répondit la jeune femme. Vous, bandits qui menacez les gens innocents et profitez de cette époque instable, si vous regrettez vos méfaits et que vous voulez vous en excuser en Enfer, alors approchez. »
Cette fille semblait plutôt confiante, mais avait-elle vraiment raison ? Kann'u ? Pour tout dire, ce n'était pas vraiment du Japonais. Ce nom laissait penser au premier abord à celui de Kann'u Unchô de la légende Chinoise. Maxi avait de plus en plus de mal à comprendre ce qui se déroulait actuellement sous son nez. Mais dans le genre : Un Lycéen se retrouve projeté dans une autre dimension et doit se battre contre des attardés mentaux et rencontre une fille folle des Cosplays, ce ne serait pas mal. À méditer pour un prochain long métrage de série Z.
« Eh, chef ! Ce ne serait pas la fameuse tueuse de bandits aux cheveux noirs, demanda le plus petit du groupe. Celle qui se débarrasserait des voleurs et autres bandits ?
- Ah ? Tu parles de cette légende ? Ce n'est rien que du bluff. Tout juste inventer pour essayer de nous faire peur ! Je vais le prouver en la tuant aussi ! »
Là, ça craignait d'une façon vraiment monumentale. Trois bandits ; une sauveuse et... Maxi. On se croirait maintenant dans un Shôjo Manga. De pire en pire. Mais ce qui était plus grave encore, c'était qu'une jeune fille allait se battre seule contre trois hommes. Aussi forts soient-ils, le jeune homme ne pouvait cette fois la laisser combattre seule. Qui ne tente rien n'a rien. Dans ces conditions, autant essayer de bouger l'épée du sol et la pousser dans les pieds des autres. De ce fait Maxi se baissa, empoigna l'arme à deux mains et aussi surprenant que cela puisse paraître, la souleva avec autant de facilité qu'un Shinai pour les d'entraînements de Kendo. L'étonnement fut tel que le garçon failli tomber en arrière, voulant mettre toutes ses forces pour s'emparer de l'arme. Depuis quand il avait autant de force pour réussir à soulever ce qu'une personne bien plus forte que lui n'y était même pas arrivée ? Comprenons-nous bien, il n'aurait pas été logique de ne pas profiter de cette occasion. Puisqu'il pouvait se servir de l'arme, alors autant l'utiliser. Maxi ne couru qu'un bref instant avant de se retrouver dos à dos avec la jeune femme.
« Un petit coup de main ?
- Volontiers. Merci. »
Mais même à deux contre trois, ils étaient en désavantage. Les autres étaient en supériorité numérique. Et pourtant, lorsque les trois bandits sautèrent pour les attaquer, d'un simple geste de la main les deux personnes envoyèrent un coup en direction du ciel. Les voleurs ne mirent pas longtemps à littéralement s'envoler, criant par la même occasion de stupéfcation. Ils étaient si loin qu'ils n'étaient déjà plus dans le champs de vision de Maxi. Finalement, ils étaient bien nuls. À moins que ce ne soit le garçon et la jeune femme qui ne soient trop forts pour eux. Pffffff... Au moins une affaire de réglée, même si ce n'était pas plus compréhensible pour autant. Envoyer trois personnes aussi facilement dans les cieux, Maxi n'avait pas vu ça depuis les ****mon. En même temps, ce n'était pas non plus vraisemblable de pouvoir porter seul une telle arme. De nombreuses choses étaient encore à élucider, la première de savoir dans quel endroit il se trouvait actuellement.
« Je vous remercie de m'avoir aidée, bien que ce genre de petites frappes aboient plus qu'ils ne mordent, ajouta la mystérieuse jeune femme.
- Le plaisir était pour moi. je ne pouvais pas laisser une fille se battre seule. »
Le plaisir était pour moi ? Mouais. Disons plutôt qu'il connaissait la politesse et que répondre de façon trop classique aurait été mal pris. Alors, autant opter pour une manière de répondre plus courtoise. De plus, il était préférable d'être du côté de cette fille plutôt que le contraire. Après tout : " Les ennemis de mes ennemis sont mes amis ". N'est-il pas ? D'autant qu'elle pourrait très certainement le renseigner sur le lieu de sa présence.
« Mais je ne me suis pas encore présentée. Mon nom est Kann'u, aussi connue sous le nom de Unchô. Mon vrai nom est Aisha.
- Et moi je me nomme Maxi. Maxi Tatsumiya. Enchanté. »
Cette Kann'u semblait plutôt surprise par la manière de présentation du jeune homme. M'enfin, à quoi s'attendait-elle au juste ? C'était plutôt elle qui avait un nom à rallonge. Et maintenant qu'il se penchait sur la question... Kann'u... Unchô ? Kann'u Unchô ? ! LE Kann'u Unchô ? ! Le grand et fier guerrier de l'époque de la Dynastie Han à la longue barbe et utilisant une lance connue sous le nom de " La Queue du Dragon " ? Non... Simple coïncidence. Rien de plus. Comment voulez-vous qu'une fille aussi belle, même Maxi le reconnaissait, soit le célèbre Kann'u Unchô ? Mais bon sang, regardez-là. C'était une fille ! La légende n'avait jamais fait référence à une fille ! Du coup, cela cassait plutôt le mythe du grand guerrier viril à souhait. Certes, les femmes à barbe étaient une attraction en général pour les fêtes foraines, mais rien de plus. Le jeune homme avait maintenant une autre priorité. S'assurer de l'identité de la jeune femme.
« Vous ne devez pas venir d'un endroit proche d'ici pour n'avoir que deux noms et des vêtements aussi étranges, Maxi-dono, rigola-t-elle légèrement. D'où venez-vous, si ce n'est pas trop indiscret ?
- Non, en effet. Je viens d'un lieu très loin d'ici. Et d'ailleurs, pouvez-vous me dire le nom de l'endroit dans lequel nous sommes, Kann'u... San ? Je veux dire, l'endroit exact.
- L'endroit ? Et bien, nous nous trouvons dans une forêt aux abords du village Touka. J'y fais actuellement un arrêt avant de me remettre en chemin. »
C'était maintenant très clair, elle ne mentait pas. Maxi était revenu près de 1800 ans en arrière, dans la Chine au moment de la Dynastie Han. Wow. Difficile d'avaler quelque chose d'aussi gros, mais en même temps... Soit il était devenu complètement cinglé, soit c'était tout ce qu'il y avait de plus réel. Encore, il aurait pu outre-passer d'avoir fait une sorte de voyage dans le temps d'une façon ou d'une autre, mais que Kann'u Unchô soit une fille et plutôt mignonne par la même occasion... Bien. Calme ; réspire ; détends-toi. Répète après moi : " Une mer bleue et calme. Une mer bleue et calme. Une mer bleue et calme... " Voilà, laisse maintenant la sérénité pénéter ton corps. Méthode gratuite pour garder une zen-attitude. Simple, mais efficace.
S'il en jugeait seulement parce ce qu'avait dit Kann'u, ce, enfin cette dernière devait en être vers le début de son histoire. La halte au village Touka, hum... Si les souvenirs du garçon étaient encore bons, ce devait être après avoir fait la rencontre de Chouhi.
« Bien. Maintenant que les voleurs qui rôdaient autour de ce village sont chassés, je peux y retourner. Mais peut-être souhaitez-vous également m'y accompagner, je pourrais ainsi vous remercier de m'avoir aidé.
- Disons que ce n'est pas de refus, accepta le garçon. De toutes les façons, il y a plusieurs choses dont je dois m'assurer. »
Il n'aura pas fallu plus longtemps avant de se rendre en direction du village. Dix bonnes minutes à discuter de tout et de rien plus tard, Touka était enfin en vu. Un endroit simple, à première vue. Bon, d'accord, les personnes s'y trouvant n'avaient absolument rien à voir avec les gens que le garçon connaissait. C'était, comment dire, pittoresque. Pittoresque mais sympathique pour un endroit qui aurait au moins 1800 ans. Le seuil de la pauvreté n'était pas présent comme Maxi le pensait. Les habitants étaient habillés convenablement et semblaient en bonne santé. Pas de quoi s'alarmer. Et même si le garçon était regardé par l'oeil curieux des habitants, il ne se passa rien de particulier. Un enfant qui était venu le regarder de près, deux-trois vieilles femmes faisant des messes basses... La chose classique à laquelle il s'attendait plus ou moins. La jeune femme l'accompagnant ne put s'empêcher de sourire d'amusement. Un peu plus loin dans le village, les deux jeunes personnes tournèrent à une auberge. C'était apparemment ici que Kann'u s'était arrêtée avec une autre personne pour y passer la nuit. Un compagnon de voyage, hein... La petite fille qui l'attendait à une table et qui avait déjà commencé à manger, que dis-je, dévorer ce qui se trouvait en face d'elle, serait plus juste. C'était vers elle qu'Aisha s'était dirigée.
« Aisha ! Tu es enfin rentrée ! Les bandits ne devaient pas être de taille face à toi, s'exclama la fillette tout en invitant son amie à la rejoindre.
- J'arrive, j'arrive, répondit la jeune femme. Laisse-moi te présenter la personne qui m'a aidé à me débarrasser des voleurs.
- Je porte le nom de Maxi Tatsumiya. Enchanté.
- Je suis Rinrin !
- Rinrin ! Ne dévoile pas ton vrai nom tout de suite. Présente-toi convenablement, rétorqua Kann'u, gênée.
- Kann'u-san, Rinrin ne serait pas...
- N-Non, ce n'est pas ça, coupa-elle, embarrassée. Rinrin n'est pas ma fille, j'ai simplement fait voeu de sororité avec elle !
- En fait, je voulais plutôt vous demander si elle était votre petite soeur. Il se voit qu'elle ne pourrait être votre fille compte tenu approximativement de votre âge... »
Visiblement coufuse, la jeune femme aux longs cheveux noirs rougit légèrement avant d'essayer de se reprendre.
« Ah ? Ex-Excusez-moi Maxi-dono. D'habitude tout le monde pense que Rinrin est ma fille, je ne sais pas pourquoi...
- Tu dois être fort Maxi-ojisan pour avoir aidé Aisha !
- Ojisan ? Je fais si vieux que ça ? Pour répondre, disons plutôt que je me débrouille...
- Hum... Onii-chan, alors ! Va pour ça, rigola la petite fille. Je suis Chouhi, aussi connue sous Yokutoku, mais mon vrai nom est Rinrin. »
Cette fois encore, Maxi avait manqué de tomber et s'évanouir de stupeur. Il s'y attendait pourtant, mais la surprise était de taille. De taille miniature, pourrait-on aussi dire. Un grand et puissant guerrier au sang chaud : Chouhi. Le seul côté qui ressortait vraiment était celui de l'appétit hors du commun. Qu'est ce qu'il allait rencontrer après ça ? Un Sousou transexuel ? Un Shokatsuryou bête comme ses pieds ? En même temps, cette représentation serait sans doute amusante à voir. S'il était en train de rêver en fantasmant sur des personnages historiques, il n'était pas tiré d'affaire. Un rêve ? Non. Il avait déjà écarté un peu plus tôt cette probabilité. Un monde alternatif de la réalité ? Possible. Mais ce n'était certainement pas en essayant de trouver une quelconque réponse pour le moment que les choses s'arrangeraient.
Du bruit venant en direction de la rue arracha le jeune homme de ses pensées. Visiblement un attroupement de personnes. Maxi décida d'aller voir ce dont il était question. Il comprit assez vite ce dont il en retournait. L'Empire sur le point de s'effondrer ; les troubles civils ; le banditisme et les autres luttes pour apporter la paix à la nation. Il était aussi question de la famine qui faisait rage en ce moment même dans le village. Rien de bien étonnant au final. Le pays était en guerre en ce temps-là. Les Trois Royaumes ne devaient pas encore être en place. Enfin, difficile de vraiment se situer dans un tel moment présent.
C'est à ce moment que Chouhi, précédée de Kann'u entrèrent dans la discussion.
« Les bandits n'ont de cesse de piller de plus en plus près des villages. C'est un gros problème qu'il faut régler au plus vite, commença fermement Kann'u. L'Empire Han ne fait pas non plus grand-chose pour nous aider, c'est sans doute pour cette raison que le banditisme se fait de plus en plus régulier.
- Personne ne fait rien pour aider des villageois comme nous, contesta une vieille femme. Nous n'avons d'autre choix que de nous en remettre à la prédiction de nos oracles. »
Une prédiction ? Curieux pour cette fois, Maxi entra à son tour dans la conversation. Cette histoire de prédiction l'intriguait. Qui sait ? Il pourrait trouver de cette façon un moyen de rentrer dans son époque. Pas qu'être en charmante compagnie le dérangeait. Ça, il s'en fichait un peu. Mais plutôt qu'il ne savait pas si sa présence pouvait avec une répercussion dans le futur. Il en convient qu'il serait assez mal vu de modifier le passé.
« Pouvez-vous m'en dire plus sur cette histoire de prédiction, s'il vous plaît ?
- Tu ne dois pas être d'ici pour ne pas connaître cette histoire, commença le patron de l'auberge. En même temps, je n'ai jamais croisé une personne avec de tels vêtements. Quoi qu'il en soit, tu ferais mieux d'écouter la doyenne du village si tu veux en apprendre plus.
- Écoute donc, mon garçon. D'après une ancienne légende il y aurait une allusion à ce qu'une personne arriverait du ciel afin d'apporter la paix au royaume. Cette personne serait le Messager du Ciel. Nous n'avons pas plus de précision si ce n'est qu'il porterait avec lui le blason d'un bouclier avec à son centre une lettre.
- Un peu comme ça, coupa Rinrin en pointant l'épaule du garçon.
- Rinrin ! Ne dérange pas Maxi-dono avec tes farces de mauvais goûts ! Excusez-là, c'est encore une enfant.
- Je ne suis plus un enfant ! La chose sur son épaule ressemble à ce qui est dit dans la légende ! »
En y regardant d'un peu plus près, elle n'avait pas tort. Ce qui se trouvait sur l'épaule droite de l'uniforme de Maxi n'était autre que le blason de son école : la St. Francesca Academy. Nous y retrouvions effectivement un bouclier avec à son centre une lettre. Un " F ", l'initiale de l'école. Mouais... Simple coïncidence, rien de plus. Quoiqu'à bien y réfléchir... Mais ce n'était en tout cas pas ce que pensait les villageois, de plus en plus nombreux à se ressembler autour du jeune homme. Pire qu'une star de cinéma et même qu'une horde de quinquagénaires à l'assaut du premier jour des soldes, il était entouré de toute part. Même Kann'u pourtant sceptique dans un premier temps semblait commencer à y croire. Plus les minutes passaient, plus Maxi se demandait vraiment si ce n'était pas lui ce fameux Messager du Ciel. À cause très certainement de nombreuses guerres et des bandits dans les environs, les villageois voulaient plus que tout s'accrocher à un espoir de paix à venir. L'espoir que représentait pour eux le garçon. Un Messie, en tout et pour tout. Même Maxi n'était pas tout à fait de glace. Il ne pouvait se résoudre à laisser tant de personnes dans le besoin. C'était tout simplement impossible. Et puis, il n'était pas non plus tout à fait indifférent au charme que dégageait Kann'u, il fallait bien l'avouer.
De fil en aiguille le jeune homme apprit des choses importantes. Parfois même assez difficiles à comprendre. Comme par exemple cette histoire ou les Trois Royaumes qui se sont, selon l'histoire Chinoise, formés après la dynastie des Han, ont déjà été mis en place précédemment. C'est-à-dire en même temps que cette dernière. Cela donnait un grand coup dans toutes les théories des scientifiques de nos jours. Mais pour être honnête, des Trois Royaumes, seuls deux se trouvaient déjà présents. L'empire du Gi, fondé et dirigé par Sousou et le royaume du Go, dirigé par Sonsaku. Seul Shoku, logiquement représenté par Ryuubi n'était pas encore formé. Selon l'histoire connue, Shoku aurait normalement été crée dans la même période que les deux autres royaumes. Qu'importe. Son choix était maintenant fait.
« Vous pouvez compter sur moi. Je ferais mon possible pour vous aider dans cette quête pour la paix. »
Ce fut le premier pas vers une longue bataille pour aider le pays. Les villageois semblaient ravis, pratiquement en pleurs. Maxi ne savait ni pour combien de temps il en aurait, ni même s'il était destiné à rester à cette époque pour le restant de ses jours, mais il s'était trouvé une raison pour se battre. Il n'était pas seul. Il pouvait aussi compter sur l'aide de Kann'u et Chouhi, lesquelles avaient fait dans la soirée même serment d'allégeance envers le jeune homme. Ce dernier était près, dès le lendemain, à mener à bien cette promesse de paix à venir.
Sautant une période pendant laquelle Maxi fit son possible pour mener à bien sa mission, nous nous retrouvons maintenant deux ans plus tard après son arrivée dans l'époque de la Dynastie Han. Soit il avait maintenant 19 ans. Déjà deux ans qu'il était arrivé dans ce monde. Tant de choses étaient déjà arrivées qu'il serait bien trop difficile de vous informer de tout. Aussi, nous vous proposons un petit résumé des évènements importants qui se sont passés.
Une heureuse surprise attendait Maxi ; Kann'u et Chouhi dès leur premier affrontement contre des bandits pour aider un village voisin. Ils firent la rencontre de Shokatsuryou Koumei, de son vrai nom : Shuri. Le fameux grand stratège était ici représenté par une jeune fille approximativement plus jeune que Maxi de deux ou trois années. Ce dernier la sauva de l'attaque des voleurs, puis, apprenant de la bouche de Kann'u que le garçon était le Messager du Ciel, Shuri les supplia de la laisser les rejoindre. La jeune fille sera la première à se joindre au groupe, en tant que stratège militaire. Bien que mignonne, elle possédait un étrange passe-temps... La lecture de livres érotiques.
Peu de temps après, ce fut le tour de Chou'un Shiryu, de son vrai nom : Sei, alors sous les ordres de Kousonsan Hakukei. Une partie de l'armée de Maxi rejoignît Kousonsan afin de l'aider à repousser des envahisseurs. Chou'un, déjà présente sur le champs de bataille, reçu l'aide de Kann'u et Maxi. Le combat remporté, Sei assura au jeune homme qu'elle les rejoindrait un peu plus tard.
Suivi plus tard de Bachou Moki (Sui) et de Kouchuu Kansho (Shion). La première pour une raison de vengeance, la seconde pour remercier Maxi d'avoir sauvé sa fille.
Quelques autres personnes se joindront aussi à l'armée du jeune homme. Batai (Tanpopo) la cousine de Bachou ; Houtou Shigen (Hinari) la meilleure aime de Shuri. Mais aussi et surtout Ryuubi Gentoku (Touka), leader légitime du Royaume Shoku (Shu en Chinois), dirigé jusque là par Maxi. Afin de respecter l'histoire connue, le garçon laissera sa place de dirigeant à Touka et deviendra à la place conseiller militaire ; guerrier et garde du corps de Ryuubi. Contrairement encore une fois à la légende, la jeune femme était plutôt le genre de personne maladroite, capable de se perdre en une fraction de seconde. Difficile de toujours la garder sous les yeux, surtout lorsque l'on sait qu'elle déteste aussi la paperasse. Il lui arrivait bien souvent de filer à l'Anglaise en cours de travail. Maxi avait parfois l'impression qu'elle le faisait exprès pour le taquiner et qu'il lui porte un peu d'attention. Quoi qu'il en soit, les Trois Royaumes étaient maintenant formés.
Venons-en maintenant aux deux autres royaumes. Le second, étant connu sous le nom de Gi (Wei en Chinois). Sousou Motoku (Karin) était à sa tête. Plutôt perfide dans sa version historique et en dépit d'être considéré ici comme un peu cruelle et calculatrice, elle était en réalité une personne honorable. C'était aussi un dirigeant brillant et un génie militaire. Elle n'avait pas peur de dire ce qu'elle pensait dans n'importe quelle situation, si elle ne l'aimait pas. Karin souhaitait avoir de belles femmes sous ses ordres, en particulier Kann'u. Elle affichait très nettement son penchant pour la gente féminine. Lors du premier affrontement entre Shoku et Gi et après être devenu captive suite à sa défaite, elle s'interroga fortement sur la raison et la venue de Maxi au sein d'un royaume adverse au sien, pensant alors qu'il ferait un très bon conseiller militaire, de part ses connaissances sur la Chine. N'ayant pas d'animosité envers la jeune femme, elle fut relâchée. Elle essayera plusieurs fois par la suite de convaincre Maxi de la rejoindre.
Le troisième et dernier royaume se nommant Go (Wu en Chinois) Sonsaku Hakufu (Sheren) en était la dirigeante jusqu'à son assassinat lors d'une bataille contre Gi. Passant ainsi les rênes à sa deuxième soeur : Sonken (Renfa). Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire pour ce royaume, Maxi n'ayant que rarement croisé son chemin.
Il va de soit que ce n'était là qu'un simple résumé de ce qu'a vécu le jeune homme en deux ans, mais il faudrait bien trop de temps pour absolument tout dévoiler. Nous pourrions aussi bien parler de Tôtaku que de Enshô, en passant par les soeurs Chô, mais nous gardons le plaisir de vous expliquer cela une prochaine fois.
Revenons-en maintenant à nos moutons, si vous voulez bien. Nous nous retrouvons pour le moment dans une bien étrange situation. Alors que le jeune homme était arrivé à une piste pour l'aider à rentrer chez lui, il s'y était rendu en curieux. A vrai dire, il ne savait pas vraiment s'il voulait rentrer dans son ancien monde. Il avait, en deux ans, trouvé son charme à cette époque. Aisha ; Chouhi ; Shuri et les autres ne lui manqueront-elles pas ? Si, bien entendu. Il avait côtoyé la plupart des personnes qu'il avait rencontrées et les voyaient pratiquement tous les jours. Du moins, les membres de Shoku, en tout cas. Le garçon n'avait pas vraiment d'attachement envers le monde où il était né, ce n'était pas faux, mais cela restait tout de même son monde et son époque où il avait vécu durant 17 ans.
Histoire de simplement voir par lui-même de quel moyen possible de retour il en résultait, Maxi se rendit dans un endroit reculé de la capitale de Touka. Son idée était de ne pas en parler aux autres, mais il fut bien vite découvert. Ryuubi lui ordonna pour une fois très sérieusement de se faire accompagner. Ce fut donc Kann'u (Aisha) ; Koumei (Shuri) ; Chou'un (Sei) et Batai (Tanpopo) qui l'accompagnèrent.
« Vous n'étiez pas obligées de m'accompagner, vous savez...
- Goshujin-sama (Maître) ! Vous ne pensez pas sérieusement ce que vous dites, répliqua Aisha, mécontente de la réflexion du jeune homme.
- Hawawa... Kann'u-san, Goshujin-sama avait sans doute une bonne raison de vouloir y aller seul. Nous sommes peut-être d'ailleurs un peu trop nombreux pour l'accompagner.
- Oh ? Se pourrait-il, Shuri, que tu aurais préféré être seule pour accompagner Maxi-dono ?, ajouta Sei d'une voix provocatrice.
- Ch-Chou'un-san !
- Je rigole, je rigole ! Nous savons bien que tu n'es pas la seule dans ce cas-là. »
Bizarrement, les trois autres filles ne répliquèrent même pas à cette provocation, toutes la tête tournée dans une direction opposée à celle de Maxi. Hum... Sei était bien sarcastique, aujourd'hui. Bon, bien entendu, cela ne changeait pas beaucoup de d'habitude, mais quand même, pour que personne ne lui réponde...
« Si personne ne veut de Maxi Onii-chan, je suis d'accord pour l'épouser, repris Batai. Alors ? Pas d'autres propositions ?
- Tanpopo... Je t'ai déjà dit de ne pas plaisanter avec quelque chose comme ça, soupira le jeune homme.
- Mais je ne plaisante pas, je suis disponible si tu ne trouves pas une autre fille pour te marier et si tu ne veux pas finir tout seul !
- Huhum, toussa Kann'u pour attirer l'attention, nous sommes arrivés à l'endroit indiqué. »
Un endroit, ou plus précisément une grotte. Il aurait été vu en ce lieu un miroir semblable à celui qui aurait transporté Maxi à cette époque. Pas besoin de trop rouler des mécaniques auprès des autres pour savoir qu'il devait exister un moyen similaire pour le retour dans l'autre monde. S'il était arrivé ici à la suite d'avoir brisé un miroir, il pourrait en être de même pour repartir.
Descendant tous les cinq de leurs chevaux, ils entrèrent dans la fameuse grotte. Une grotte qui ne devait pas en être à sa première fréquentation, si tout du moins nous nous référions aux torches déjà présentes des deux côtés des murs. Un lieu de rite ? Qu'importe, l'essentiel était pour l'instant de découvrir si la rumeur était bien fondée. Il n'y avait que très peu de chances, mais autant s'en assurer.
« Faites attention, il y a de fortes chances pour que ce soit un piège. Shuri, reste derrière-moi. »
Les filles acquiescèrent de la tête. Kann'u ; Chou'un et Batai gardant une main sur leurs armes, Koumei restant aux côtés de Maxi. Oui, ça sentait de plus en plus le guet-apens. L'atmosphère se faisait à l'instant plus oppressante, ce qui n'était pas vraiment pour faciliter la tâche. Au bout de plusieurs minutes de marche, la grotte commença à s'agrandir. Le petit tunnel avait laissé place à une large caverne, au bout de laquelle se trouvait un autel. Mais quel autel. Rien à voir avec celui que Maxi avait vu dans son école avant de se retrouver ici. Celui-ci étant nettement plus grand, recouvrant presque entièrement le fond de la caverne.
Une voix commença alors à retentir à côté du lieu de prière. Une voix qui n'avait rien de chaleureux.
« Alors comme ça tu es vraiment venu. J'aurai difficilement pu imaginer meilleur scénario.
- Qui es-tu, questionna Kann'u, et qu'est-ce que tu veux ?
- Qui je suis ? Connaître mon nom ne vous apportera rien, mais vous pouvez m'identifier par le nom de Saji Genpô. Ce que je veux ? Rien de bien compliqué, voyons. Simplement rattraper mon erreur d'il y a deux ans, à savoir me débarrasser d'un rat qui se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Celui que vous nommez Maxi Tatsumiya. »
Saji Genpô ? Hum... Ah. Celui qui était connu pour être un Maître Taoïste, un grand sorcier. Seul quelques rares passages de l'histoire des Trois Royaumes faisaient référence à ce personnage. Contrairement à l'homme frisant la cinquantaine dans la légende, celui-ci faisait plutôt adolescent, voir jeune garçon.
« Un ennemi de Maxi-dono, hein... Ce n'est pas comme si tu étais le seul, rétorqua Sei. As-tu au moins une raison valable dans ce que tu dis ?
- Possible... Après avoir mis la main sur ce miroir derrière-moi, je me suis souvenu d'une vieille légende y faisant référence. J'ai ensuite trouvé le moyen de m'en servir et me suis retrouvé à son époque, poursuivit-il, mais le temps d'avoir retrouvé le miroir identique, j'ai été découvert par ce cafard et été obligé de prendre la fuite. J'étais à deux doigts de prendre le contrôle des deux mondes.
- C'est donc de cette façon que Goshujin-sama s'est retrouvé ici. Après la fameuse bousculade avec cet homme, en déduit Koumei, le miroir s'est brisé et l'a donc transporté ici pour qu'il trouve l'autre moitié et vous empêcher de l'utiliser.
- Bonne déduction. Mais si je tue le responsable de cet acte, le miroir de l'autre monde devrait alors de nouveau se reconstituer de lui-même et je pourrais enfin mettre la main dessus. Aussi, pour mon ambition personnelle, vous allez tous mourir ici-même. »
D'un simple geste de la main, le sorcier invita ces alliés qui apparurent de nul-part. De la magie, sans grand doute. Ils devaient être environ de quinze à vingt... Ce combat allait très certainement être bien plus difficile que les classiques champs de batailles. Cet ennemi était en maître en terme de magie, ce qui n'était pas à ignorer.
« Comme si nous allons nous laisser faire, dit alors Tanpopo d'un ton de voix plus sérieux que d'habitude, allons-y ! »
Elle avait parfaitement raison. Le jeune homme et ses compagnons allaient vendre très cher leurs peaux et se battraient jusqu'à la fin.
« Aisha ; Sei ; Tanpopo ! Occupez-vous des soldats ! Shuri, va te cacher derrière le gros rocher là-bas et hurle mon nom si quelque chose ne va pas. Quant à moi, je m'occupe de Saji. »
Les filles s'occuperaient très bien de simples soldats, il n'y avait nullement besoin de les aider à les combattre. Shuri n'aurait qu'à se cacher et préparer entre temps un des plans dont elle avait le secret. Le plus dur resterait sans doute Saji. Ce dernier préférait pour l'instant s'amuser avec Maxi en lui envoyant des sortes de boules d'énergie. Même si ce n'était pas très difficile à esquiver pour l'instant, il ne fallait pas oublier que son adversaire était un puissant mage. Ce n'était certainement pas là l'étendu complet de ses pouvoirs.
D'un geste souple de rotation, Maxi esquiva la magie de son ennemi puis contre-attaqua à son tour. Il abattit son arme sur le sol qui déclencha alors une sorte de petite bourrasque de vent suivi d'une rafale d'énergie que Saji esquiva à son tour. Le sorcier semblait plutôt surpris, ne s'attendant pas à ce que le jeune homme connaisse ce genre d'attaque. Le combat continua sans que l'un des deux hommes ne prenne le dessus sur l'autre, même si d'un remarquable réflexe Maxi réussit à esquiver et s'élançant l'instant d'après sur le mage, le blessant légèrement par la même occasion au bras gauche. Grimaçant de stupéfaction, Saji le repoussa d'un coup de pied dans les côtes. Pour ainsi dire, ils étaient à l'instant présent d'un niveau relativement proche, jusqu'au moment ou le sorcier commença à perdre son calme.
« Bien. Ce n'est pas que je m'ennuie, mais je dois te tuer. Permets-moi de mettre fin à tes jours dans les secondes qui suivent. »
Ne sachant comment, Maxi se retrouva dans l'incapacité de faire le moindre mouvement, bloqué par la magie de son adversaire. Le sorcier leva les mains au ciel avant de faire apparaître une boule d'énergie noire, et, seulement quelques secondes plus tard, la lança sur le garçon toujours paralysé.
« Retourne au néant. Puisse ta mort permettre à mon ambition de se réaliser. »
Se retrouvant bien vite happé par l'énergie, Maxi était à la merci de cette technique. C'était comme si en l'engloutissant, l'énergie négative était en train de faire disparaître le jeune homme. Il essayait pourtant au maximum de se dégager de l'emprise de Saji, en vain.
« Goshujin-sama ! »
Deux des quatre jeunes femmes s'élancèrent sans hésiter dans la boule d'énergie : Kann'u et Koumei. Les soldats vaincus, Aisha s'apprêtait à venir aider Maxi lorsque celui-ci fut touché par la magie du sorcier. Quant à Shuri, elle ne pouvait tout simplement ne pas faire que rester en retrait, sans faire quoi que ce soit pour aider.
« Je ne vous laisserais pas faire, hurla le mage, allez donc le rejoindre dans le monde des morts !
- C'est nous qui ne te laisserons pas faire, Saji !, interrompit Chou'un en attaquant l'homme.
- Tch... Ne vous mettez pas en travers de mon chemin, pantins que vous êtes ! Qu'espérez-vous faire ? !
- Laisse-moi te dire une chose, Saji. Nous nous battons toujours pour aider et défendre nos camarades.
- C'est comme ça. Maxi Onii-chan et les autres, nous les protégeons. Moi aussi. Perdre la vie pour cette cause ne nous fait pas peur !
- Fum... De bien belles paroles pour ce que vous êtes, répliqua Saji, le sourire aux lèvres. Alors, approchez ! Je vais vous montrer que vous ne vous attachez qu'à des illusions !
- Prépare-toi, Saji. Nous ne mourrons pas comme ça, montre-nous ce que tu sais faire !
- Pour Maxi Onii-chan, Aisha et Shuri ! En avant ! »
Le temps se faisait de plus en plus long, presque interminable. Était-ce vraiment la mort que le jeune homme avait souhaité ? Une mort héroïque comme celle-ci ? Il n'en savait rien, mais une chose était certaine, il allait mourir comme il avait passé sa vie. Seul. Une bien triste fin même si finalement cela ne le dérangeait pas plus que ça.
« Goshujin-sama !
- Aisha... Shuri... »
Oui. Le jeune homme avait presque oublié que dans ce monde il y avait des personnes qui comptaient sur lui, qu'il comptait à leurs yeux. Pas seulement pour ce qu'il apportait au pays, mais aussi pour les liens qu'il avait tissé avec toutes ces personnes.
« Maxi-sama ! »
Pourquoi ? Pourquoi mettaient-elles autant d'énergie pour essayer de le sauver, lui qui n'était qu'un étranger à ce monde il y a encore deux ans de cela ?
« Accorchez-vous, cira Shuri, nous allons venir vous sauver !
- Ne laissez pas cette lumière noire vous emporter. Laissez votre coeur vous guider, exprimer ce qu'il ressent. »
Elles étaient toutes deux entrées dans le sort de Saji, sachant très bien que cela pourrait leur coûter la vie. Mais le jeune homme était vraiment aussi important pour elles ? Il valait la peine de mettre en jeu la vie des deux jeunes femmes ? Aisha la première, elle se montrant plutôt ferme en général avec Maxi. Elle reprit justement la parole, pratiquement tout de suite après sa dernière phrase.
« Ce n'est pas ce que je veux ! Ne partez pas !
- Ne partez pas... Ne nous laissez pas seules... Nous allons trouver un moyen pour vous sauver, alors, ne vous laissez pas emporter par ce sort !
- Vous aviez promis que nous resterions ensemble pour toujours ! Vous aviez promis ! Pour toujours... Ne partez pas ! Mon coeur n'arrive pas à se faire à se que la vie pourrait être sans vous ! »
Aisha n'avait pas tort, Shuri non plus... Le coeur du jeune homme n'était pas non plus de cet avis, il lui faisait mal. Ce pincement était un signe, le signe montrant qu'il avait de l'attachement envers ses amies. Il ne voulait pas les laisser seules, il ne voulait pas partir dans un lieu où elles ne se trouveraient pas.
« Vous êtes une personne précieuse à mes yeux... Quand vous êtes bougon, quand vous êtes indifférent, quand vous êtes gentil... Je vous aime, dit finalement la jeune femme aux longs cheveux noirs, marquant une courte pause avant de reprendre. Je vous aime, je vous aime ! Je ne veux pas que vous partiez sans avoir tenté quoi que ce soit pour vous sauver !
- Hawawa... Goshujin-sama, est et reste Goshujin-sama. Vous êtes vous-même et c'est ce qui fait que vous êtes précieux pour moi. Je veux être avec vous, c'est pour cette raison que je ferais n'importe quoi pour vous sauver. Tout ce que nous avons passé ensemble, bons et mauvais moments, moi, Shuri, ne peux les oublier. Ne partez pas... Nous devions rester ensemble pour toujours... Ne partez pas... Vous êtes la personne que j'aime, mon Goshujin-sama... Peu importe la façon, je vous sauverais !
- Aisha... Shuri... »
L'amour, hein... Mais au final, que savions-nous vraiment de la notion de ce sentiment ? Une histoire d'amour, lorsqu'elle démarre, se vit sur le mode de la magie et de l'enchantement. On aimerait croire qu'elle est toujours unique et mystérieuse. Pourtant, à y regarder de près, l'amour, comme la plupart des sentiments, a aussi ses lois. C'est justement ce qui fait que nous tombons amoureux. Pas seulement Aisha et Shuri, mais tout le monde. Le jeune homme aussi avait le droit d'aimer, même s'il n'était pas encore complètement certain de ses propres sentiments.
Il aimait à la fois Aisha, au même titre qu'il aimait Shuri. Il pouvait compter sur les deux jeunes femmes et ses autres amies, il savait maintenant qu'elles ne le laisseront jamais tomber. Après cette conclusion, le sort s'estompa et Maxi fini par s'en libérer totalement avant de saisir les deux mains tendues d'Aisha et Shuri... Au même moment, une gigantesque lumière les transporta en un autre lieu. Un lieu qui allait sceller le départ d'une nouvelle mission : Le Grand Championnat 2.
Un battement de paupières, puis un deuxième... Même s'il avait la possibilité de se relever, Maxi hésitait encore. Il avait peur que tout ce qui venait de se dérouler dans cet autre monde ne soit que le fruit d'une matérialisation de son subconscient. Un rêve ? Ah non, alors ! Nous n'allons pas encore remettre sur le tapis cette histoire qu'il avait de très nombreuses fois classé sujet terminé. Pfff... Nul besoin de s'en faire pour ça. Dans le pire des cas, il avait tout simplement trouvé la mort lors de son combat contre Saji. Rien de bien joyeux, finalement.
« Goshujin-sama ? »
Hum ? Il avait finalement emporté avec lui dans la mort Aisha et Shuri ? Sa bêtise avait fait en plus deux autres morts qui pouvaient être évités. Le pied total. Quoi de plus rassurant que de savoir qu'il n'avait pas été le seul à mourir ? Cette pensée aurait très bien pu l'effleurer, mais non. Plutôt que de penser à la mort de ses amies, il était en train de penser qu'il entendait simplement des voix et qu'il avait été le seul à passer de vie à trépas. Plaisanterie à part, il était temps de se relever.
« Goshujin-sama ! Réveillez-vous !
- Aisha, tu sais qu'il existe d'autres moyens pour réveiller que les gifles ?, entama le jeune homme en se relevant. »
Très certainement, mais Aisha n'était pas vraiment du genre à faire dans la dentelle. Un petit massage ou quelque chose dans le genre aurait été plus apprécié, enfin, l'essentiel était d'être réveillé. Pas de quoi fouetter un chat du moment qu'il n'était pas mort.
« Hawawa... Goshujin-sama, vous allez bien ?
- Disons que oui. J'ai simplement connu de meilleurs réveilles. »
La jeune femme responsable du réveille brutal en question tourna la tête, légèrement honteuse.
« Blaque à part, nous sommes-nous ? Je ne me souvenais pas que la Chine était comme ça. »
C'était même peu de le dire. De la lumière à perte de vu, ils étaient dans un endroit sans limite. Rien d'autre n'était visible que cette blanche lumière. La mort avait finalement eu raison des trois personnes ? Comme vision du Paradis, Dieu pouvait mieux faire. Personne ne voudrait rester dans un endroit comme celui-ci, qui rendrait fou n'importe qui. Imaginez-vous enfermé dans une pièce sans fin. Que même si vous marchiez des heures durant vous verriez toujours le même paysage sans que rien ne change. Vous voyez, maintenant ? C'était exactement ce qu'était en train de vivre le trois jeunes personnes.
« J'en conclus que vous souhaitez partir d'ici, je me trompe ? »
Une autre voix venant de nul-part, mais rien à voir avec celle de Saji se faisait entendre. Un homme d'âge mûr, apparemment.
« Qui est là, interpella Aisha, ou sommes-nous ? !
- Je me doutais bien que vous me poseriez la question, mais je ne peux malheureusement y répondre comme vous le souhaiterez. Je suis tout le monde et personne à la fois. Je n'ai à proprement parlé pas de nom ainsi que de forme matérielle.
- Vous préférez sans doute que nous vous appelions " Le Vieux " ?
- Eh bien... Ce n'est pas que je n'aime pas, mais...
- Va pour ça, alors.
- Vous pourriez au moins m'écouter, jeune homme ! »
Maxi se faisait plutôt sarcastique pour ce début de discussion, mais il n'aimait pas parlementer dans le vide, sans savoir à qui il parlait vraiment. Personne et tout le monde à la fois ? Pourquoi pas non plus le PSG et l'OM, pendant qu'il y était. Shuri semblait être la plus inquiète du groupe, mais aussi celle qui essayait le plus de découvrir en quel lieu ils se trouvaient, de part sa prochaine question.
« Nous sommes tous les trois morts, non ?
- Pas tout à fait. Votre mort à tous les trois n'étaient pas prévue pour aujourd'hui. Maxi, vous ne deviez normalement pas vous rendre dans cette grotte, mais décidiez de reste dans l'époque de la Dynastie Han pour toujours.
- Parce que vous allez me dire que c'est de ma faute ? répliqua le garçon, je ne devrais pas m'y rendre ?
- En quelque sorte. Mais je ne sais comment, vous avez changé le futur. Ce qui fait maintenant que vous n'êtes ni vivants, ni morts. C'est pour cette raison que vous êtes arrivés ici, à la frontière entre les milliers de dimensions existantes, en plus du Paradis et de l'Enfer.
- Vous n'allez pas non plus nous dire que vous êtes Dieu ou quelque chose dans le genre, maintenant ?
- ... C'est un point sur lequel je n'ai pas le droit de parole. »
Hallelujah. Jésus reviens, Jé-ésus reviens parmis les tiens ! Mais bien entendu. Quelle connerie monumentale. Il faurdait être bizarre pour croire à une chose pareille, l'existence même de Dieu.
« Et, continua la jeune fille blonde, qu'attendez-vous de nous ?
- Certes, certes... Revenons au sujet de base. J'ai une mission pour vous.
- Une mission ? Questionna Aisha, interloquée.
- Parfaitement. Je vais brièvement vous en informer. Le reste, vous le découvrirez le moment venu. Bien, toussota la voix, commençons... Certaines personnes n'ont de cesse de me proposer de participer à quelque chose qu'ils appellent " Le Grand Championnat 2 ". Mais vous devez vous douter que je n'ai pas que ça à faire. Aussi, vous allez y participer à ma placer afin de racheter le prix de vos vies. C'est-à-dire qu'une fois ce championnat terminé, vous pourrez retourner dans le monde de la Dynastie Han.
- Vous n'auriez pas plutôt autre chose à nous proposer ? Je ne sais pas moi... Un village à aider, des envahisseurs à repousser. Non, rien de tout ça ?
- Non, je n'ai que ça pour vous. »
Flûte. Cette histoire commençait à sentir mauvaise. Un mauvais pressentiment était en train de grandir dans le coeur du jeune homme, mais il n'avait pas vraiment le choix et devait accepter cette offre tout ce qu'il y avait de plus douteuse.
« La parole est d'argent, mais le silence est d'or. Vous avez pris la bonne décision. Maintenant, laissez-moi entrer un peu plus dans les détails. Vous devrez participer à ce championnat en équipe, vous serez huit au total. Cela signifie donc qu'il vous manque encore cinq personnes : trois femmes et deux hommes. Vous n'aurez qu'à entrer dans la dimension indiquée afin de les persuader à participer eux aussi. »
- Ce sera tout où vous avez enfin terminé ? Soupira Maxi. Le temps commence à se faire long.
- Jeune impatient ! Nous arrivons à la fin, un peu de tenue. Sachez aussi que vous devez être tous répartis dans une catégorie : Force ; Vitesse ; Agilité ; Magie ou Astuce. Maxi, vous ferez partie de la vitesse. Kann'u sera de la catégorie force, quant à Koumei, vous serez dans la classifiacation de l'astuce. Oh, reprît-il, j'ai failli oublier. Afin de vous aider à trouver vos futurs coéquipiers, une liste vous sera remise avec le nom, la dimension et une rapide descrïption de la première personne que vous devrez trouver. Lorsque vous l'aurez convaincu, le nom du suivant apparaîtra et ainsi de suite. »
- Une dernière chose, coupa le jeune humain, que sont devenues Sei et Tanpopo après notre départ ?
- Vos deux amies ? Elles vont très bien. Saji fut obligé de battre en retraîte, peu de temps après que vous soyez arrivés ici. Si vous avez terminé avec vos questions, au travail !
Sans perdre une seconde de plus, Maxi ; Aisha et Shuri furent transportés vers leur première destination. Rendez-vous en 2020, au Japon et dans la dimension Sekirei. Ce que pouvait dire le jeune homme en arrivant sur place avec ses deux amies, c'est que Tokyo ne donnait pas visuellement un grand changement, s'il devait ressembler à ça, en 2020. La ville n'était pas trop changée par rapport à l'époque d'où venait vraiment Maxi, soit grosso modo une dizaine d'années plus tard. Enfin, il était temps de se mettre au travail, histoire d'en terminer le plus rapidement possible. C'était bien beau, mais ou était la liste avec les noms en question ? Le garçon fouilla dans quelques-unes de ses poches avant de la dénicher.
« Voyons voir... Nous nous trouvons actuellement dans la dimension Sekirei, en 2020, et nous recherchons une dénommée... Tsukiumi. Bon, enchaîna Maxi, suivit d'un long soupir, commençons les recherches.
- Goshujin-sama ! Qu'est-ce que font ces petits êtres dans cette étrange boîte carrée ? Demanda Shuri, curieuse.
- Comment dire... C'est vrai qu'il y a 1800 ans, vous ne connaissiez pas la télévision. Disons qu'avec les années, les hommes ont trouvés un moyen de transparaître certaines choses par cette boite en question.
- Et cet homme, que fait-il à parler tout seul dans ce petit objet ? Interrogea à son tour Aisha. C'est de la magie ? »
Difficile d'expliquer et de mettre en avant ce que serait les réseaux, les infrastructures spatiales et tout le reste. Le jeune homme n'était pas calé en ce point et s'en fichait plutôt qu'autre chose. Les téléphones portables, très peu pour lui. Rien que d'entendre le son d'une sonnerie le mettait en général de mauvaise humeur.
« Non, non. Pas du tout. Mais comme ce serait trop compliqué pour moi de vous expliquer tout en détail, je dirais simplement que les hommes développèrent avec le temps un système permettant de dialoguer avec une personne, même si elle est à l'autre bout du monde.
- Vous voulez dire qu'ils sont télépathes, c'est ça ?
- Passons, passons... N'oubliez pas que nous avons encore à trouver cette Tsukiumi et quatre autres personnes. »
Qu'indiquait d'autre la liste sur cette dimension ? Hum... Pas grand-chose, en fin de compte. Un petit passage faisait simplement référence à ce que 108 Sekirei rechercheraient leur Asikabi afin que ses derniers puissent leurs donner leurs " ailes " et que Tsukiumi était l'une d'entre elle : la numéro 9. Mouais... Rien de plus précis ? Non, absolument rien d'autre. Heureusement tout de même que " Le Vieux " les avaient logiquement téléportés dans un rayon proche de leur futur coéquipière. Une dernière chose était noté : " À dire lorsque vous serez en difficulté : Vous êtes ma Sekirei. "
Observées bien plus d'une fois pendant les recherches, Aisha et Shuri ne passaient pas inaperçues aux yeux des passants. Croiser une fille avec une lance dans la rue n'était pas très courant non plus, il fallait bien l'avouer. Ceci dit, cela prouvait aussi que le Cosplay était toujours aussi prisé avec le temps. Une heure plus tard, les recherches avaient été vaines. Il y avait un problème, là. Cette Tsukiumi n'était pas censé se trouver dans les parages ? Elle était bien bonne, celle-là ! Pas l'ombre d'une blonde en vue depuis le début. Et pourtant, les trois jeunes personnes n'avaient que poussés les recherches au sol. Ce fut sautant d'un toit que deux femmes passèrent à toute allure devant le petit groupe, disparaissant aussi sec. Même Maxi n'avait pas eu le temps de comprendre quoi que ce soit, l'action avait été trop rapide pour lui.
« Vous, en-dessous ! Vous êtes sur mon chemin, partez ! »
Le temps de lever la tête, le jeune homme vit blanc. Pour ainsi dire, une culotte. Une personne portant une jupe venait de sauter de toit et semblait atterrir à l'endroit même où se trouvait Maxi. Ce dernier eu juste le temps de faire un pas de côté et donc de se décaler afin d'éviter la collision.
« Vous êtes ici pour me ralentir, c'est ça ? Je n'ai pas de temps à perdre, je... informa la nouvelle personne, avant de poser un genou à terre.
- Hum ? Qu'est ce qui se passe, encore ?
- Cette... Cette étrange sensation... Comme si quelque chose était en train de bouger à l'intérieur de moi... »
- Goshujin-sama, c'est peut-être elle la fameuse Tsukiumi.
- Bien vu, Shuri, félicita-t-il. Maintenant que tu le dis, il est vrai que cette fille ressemble au portrait de la personne en question. »
Bon. Si nous comptions en effet la chevelure, la Tsukiumi en question serait aussi une blonde platine. Et Après ? Après les mêmes cheveux ne signifie pas forcement qu'elle soit la personne recherchée. Si Maxi ne recherchait pas davantage à savoir s'il s'agissait ou non de la bonne personne, ce ne serait alors que du temps de perdu.
« Sale... Ce serait toi, mon Ashikabi ? »
Ashikabi ? Ah, oui. Ce mot était mentionné dans l'explicatif de cette dimension. Le jeune homme ne savait pas ce dont il en retournait, mais le fait que cette femme le connaisse aussi voulait certainement dire quelque chose.
« Il semblerait que oui, acquiesça le garçon, vous me recherchiez également ?
- Oui... Je te recherchais, mais pour te tuer avant que tu ne puisses t'emparer de mon corps ! »
Gné ? Les Ashikabi seraient des violeurs ? Cette dimension serait finalement peuplé " d'Ashikabi " qui ne chercheraient qu'à violer les " Sekirei " ? Mais il y avait aussi la possibilité pour qu'Ashikabi veulent dire " mari " et Sekirei " femme "... Quel que soit le cas, Aisha ne se fit pas prier pour s'interposer devant l'humain, en prévision d'une attaque. Un geste prouvant qu'elle tenait vraiment à Maxi.
« Tout va bien, Aisha. Je n'ai pas l'intention de me battre, dit-il tout en posant une de ses mains sur l'épaule gauche de la jeune femme, baisse ton arme. Tsukiumi, si tel est votre nom, je doute plus qu'autre chose que nous nous soyons compris. J'ai besoin de vous, mais j'ignore ce que signifie Ashikabi et Sekirei.
- Tu veux vraiment essayer de me faire avaler ça ? Je ne te crois absolument pas ! Si je te laissais me donner mes ailes, je ne serais au final qu'une vulgaire poupée entre tes mains !
- Je ne vois pas de quoi tu parles et je ne vois pas non plus pourquoi je ferais une chose pareille...
- Assez de paroles inutiles ! Mizu Iwai ! (Festival Aquatique) »
De l'eau s'accumula autour de la jeune femme avant que celle-ci ne la lance sous haute pression. Il n'avait pas été signalé dans le rapport qu'elle pourrait utiliser de l'eau... En voilà au moins une qui trouverait facilement sa place dans la catégorie : magie.
Se refusant à bouger pour l'instant, Maxi préférait encore se prendre l'attaque plutôt que d'avoir à sa battre. Après tout, il fallait bien la mettre en confiance s'il souhaitait qu'elle vienne avec eux au championnat.
« Je ne me battrais pas. Vous êtes ma Sekirei. »
Maxi ne savait même pas ce qu'il était en train de dire, il n'avait fait que redire la phrase qui était notée sur la liste. Celle-ci servi au moins, car la jeune femme blonde stoppa son attaque avant qu'elle ne touche sa cible. Le moment semblait avoir été le bon pour la dire. Tsukiumi semblait être encore plus rouge qu'elle ne l'était déjà avant.
« Toi... Tu as bien dit " Ma Sekirei ", non ? Pends-donc tes responsabilitées.
- Reponsabilitées ? Interrogea maxi, surpris. Comment ça ? »
- Ne joue pas à ça avec moi ! Ce que tu viens de me dire à l'instant équivaut à une demande en mariage ! Moi, la Sekirei numéro 09, Tsukiumi, accepte cette proposition !
Une demande en mariage ? Hey ! On ne lui avait jamais parlé de ça ! C'était ça que voulait dire cette phrase à utiliser en dernier recours ? ! Ouais, mais... Comment dire... Le jeune homme ne tenait pas vraiment à se marier. D'un : aussi jeune. De deux : avec une fille qu'il ne connaissait que depuis le temps de faire chauffer des frites Mac Cain au micro-onde. Pour ainsi dire, quelques minutes seulement. À ne pas non plus oublier la tête de six pieds sous terre que faisaient actuellement Aisha et Shuri.
« Euuuuh... Comment dire...
- Quoi qu'il en soit, coupa-t-elle, j'accepte exeptionnellement que tu deviennes mon Ashikabi. Quel est ton nom ?
- Et bien, Maxi. Maxi Tatsumiya.
- Maxi, hein... Très bien. Que ceci scelle notre contrat. »
les lèvres des deux personnes entrèrent en contact, un court laps de temps. Mais durant cet instant, des ailes poussèrent au dos de la jeune femme avant de ce refermer peu de temps après. C'était donc ça " donner ses ailes " ? Pas que l'initiative de Tsukiumi était déplaisante, c'était même le contraire, mais le jeune homme sentait en ce moment même deux regards brûlants dans son dos. Si bien qu'il en hésita même à se retourner.
« Tu es désormais mon Ashikabi. Maintenant et pour toujours. »
Cette missions achevée, Maxi ; Aisha et Shuri avaient une nouvelle coéquipière : Tsukiumi. La jeune femme avait acceptée de les suivre du moment que Maxi était avec eux. La situation ne s'était pas arrangée, elle avait même empirée. La manipulatrice d'eau et Aisha ne s'entendaient pas plus que ça, un sentiment de rivalité était installé dans le petit groupe. Vivement qu'ils partent à la recherche de garçons.
Ceci dit, nous passons maintenant à une autre dimension. La dimension Kanon. Date : an 2006 ; Lieu : Japon. Pas d'autre indication pour l'instant. 2006, hein... Deux ans avant que Maxi ne se soit retrouvé transporté en Chine. Ils se retrouvèrent cette fois dans un bâtiment, en plein milieu de la nuit. Seul la lune éclairait l'endroit ou le noir était pour l'instant de rigueur. De nouvelles indications arrivèrent sur la feuille que le jeune homme venait de prendre dans ses mains.
« Nous sommes encore au Japon, mais cette fois en 2006. Nous recherchons... Mai Kawasumi. Une lycéenne de 17 ans. Je propose de nous séparer pour les recherches. Aisha, Tsukiumi, prenez par la gauche. Shuri et moi nous irons de l'autre côté. »
Les deux jeunes femmes n'avaient pas vraiment la tête à l'écoute, préférant pour l'instant continuer leur querelle. Choisir d'être accompagné par une de ces deux-là aurait été un mauvais choix, autant y aller avec Shuri, étant la seule à ne rien dire. Cette mission commença une nouvelle fois avec un peu de marche, si bien que Maxi fini par voir des numéros sur certaines portes. Ils se trouvaient finalement dans une école.
« Est-ce bien raisonnable de laisser Kann'u-san et Tsukiumi-san seules, Goshujin-sama ?
- Je suppose qu'il faudra qu'elles apprennent à s'entendre. Autant commencer dès maintenant.
- En parlant de ça, repris la jeune fille blonde, est-ce que vous allez vraiment vous marier Tsukiumi-san ?
- Je te rassure, Shuri, je ne savais absolument pas qu'en disant " Ma Sekirei " je ferais en même temps en mariage. Je n'ai fait que redire ce que j'avais vu sur la liste.
- Je comprends mieux, dit-elle d'une voix soulagée. Tant mieux... »
Le garçon ne répondit pas à cette dernière phrase, mais préféra caresser doucement la tête de Shuri, qui le laissa faire. Maxi savait bien que son amie appréciait lorsqu'il le faisait. Un geste affectif valait parfois mieux qu'une simple réponse, tout comme l'avait fait le garçon. Le coeur a ses raisons que la raison ignore, n'est-il pas ? Quelques minutes plus tard, le petit couple s'arrêta. Une silhouette était en vue, positionné devant une des nombreuses vitres de l'établissement. Même si le jeune homme restait sur ses gardes, la personne ne bougea pas d'un millimètre, ce qui laissa supposer à Maxi qu'elle n'était pas hostile.
Accompagné de Shuri, l'humain avança doucement. Puis, ne se retrouvant qu'à quatre ou cinq mètres de la mystérieuse personne, s'arrêta. La jeune femme ne tourna la tête qu'un bref instant, avant de la remettre dans sa position initiale. Elle ne semblait pas plus prêter attention que cela aux nouveaux visages qui étaient arrivés, plutôt préoccupée par autre chose.
Et cette épée ? Que faisait une jeune fille avec cette arme dans une école au beau milieu de la nuit ? Certes, Maxi n'était pas non plus en bonne position avec son arme lacée derrière son dos, la même qu'il avait reçu le jour de son arrivée en Chine. Puis nous venons à ce sujet, un peu d'histoire ne fait jamais de mal. Entre temps, l'arme avait dévoilée trois pouvoirs au garçon. La première étant que seul Maxi et des personnes chères à son coeur pourront la soulever et celle-ci sera alors aussi légère qu'une plume. La seconde permet au garçon d'envoyer des rafales d'énergie sous plusieurs formes, comme lors du combat contre Saji. La troisième et dernière augmente la vitesse de son utilisateur, mais en contrepartie le fatigue aussi beaucoup plus vite.
Pour en revenir au sujet de base, personne n'engagea la conversation. Une minute était passée depuis le bref coup d'oeil à maintenant. Shuri n'osait rien dire, alternant de regards entre Maxi et le sol. La jeune femme regardant au travers de la vitre, elle, n'avait pas bougée depuis tout à l'heure. Son regard était vide et n'exprimait que très peu de sentiments, comme Maxi il n'y a pas si longtemps de cela. Soupirant légèrement, le garçon compris qu'il allait être le premier à engager la conversation.
« Mai... Kawasumi ? »
Mais la personne ne répondit pas, laissant s'écouler les secondes. Une autre méthode devait se mettre en place si le garçon espérait la faire parler.
« Oui ou non ?
- ... Oui. »
Un premier mot sorti de sa bouche, enfin. La confirmation était faite, cette fille se disait bien être Mai Kawasumi. Le reste de la conversation allait sans doute être passionnant si ni la jeune femme, ni Maxi n'étaient très causant à la base.
« Qu'est-ce que tu fais là, à attendre ? »
Toujours pas de réponse, à croire qu'elle n'aimait vraiment pas discuter avec des étrangers. Autant continuer avec la même technique que tout à l'heure, dans ce cas.
« A : J'attends quelque chose ou quelqu'un. B : Parce que je n'ai rien à faire. C : Aucun des deux.
- ... A. »
Tiens donc. Elle attendait finalement quelqu'un. Il ne restait plus qu'à approfondir ce point, puis lui demander de le suivre.
« A : Une personne. B : Un fantôme.
- ... B. »
S'y connaissant relativement peu en la matière, le garçon pensait tout de même qu'une touche d'humour viendrait à détendre l'atmosphère, mais le résultat ne fut pas celui attendu.
La conversation n'alla pas plus loin, lorsque Mai tourna vivement la tête avant de pointer son arme en direction de Maxi et Shuri. Avait-il dit quelque chose qu'il l'avait contrariée ?
« Shuri, reste derière moi. »
La jeune fille acquiesça puis se colla contre son maître. Celui-ci sortant lui aussi son arme au cas ou il devrait protéger Shuri. Cependant, Mai ne fit même pas attention au garçon et lui sauta par dessus. Wow. Quelle rapidité, en plus de l'agilité. La première catégorie serait sans doute la bonne pour la jeune femme. Lorsque Maxi se retourna, il vit la silencieuse Mai découper d'un seul coup une forme presque transparente, cette dernière disparu juste après.
« Je m'en doutais... C'est après toi qu'ils en ont... Qui es-tu, exactement ?
- Ils en ont après moi ? Je ne sais même pas de quoi tu parles. C'est quoi cette histoire de fantôme, d'ailleurs ? »
Pour la première longue phrase que Mai formulait, le jeune homme aurait préféré une nouvelle plus réjouissante. La cible de monstres ? C'était quoi, cette histoire ?
« Je ne peux rien dire à personne pour l'instant, répondit Mai de façon négative, mais je dois découvrir pourquoi ils en ont après toi... Maxi Tatsumiya... »
Hey ! Elle connaissait déjà son nom ? " Le Vieux " avait déjà parlé du petit groupe ? Non. Il avait signalé que c'était à Maxi de se débrouiller pour aborder le sujet. Alors, elle devait le connaître d'une façon ou d'une autre.
« Quand bien même ce serait exact, que fais-tu dans cette école au beau milieu de la nuit ? »
En posant cette question, le jeune homme venait d'entrer dans le vif du sujet. À la surprise générale, Mai sembla répondre de façon honnête à cette interrogation.
« ... Watashi wa Mamono o Utsumono Dakara. (Je suis une chasseuse de Démons). »
- G-Goshujin-sama ? Questionna la jeune fille blonde, inquiète.
- Ce n'est rien, Shuri. Nous devions nous attendre à des choses dans ce genre en nous engageant dans cette mission.
- O-oui...
- Maintenant, Mai, je suppose que tu vas vouloir nous accompagner ? »
Une nouvelle fois, la jeune femme était redevenue silencieuse. Soupirant, Maxi répris son ancienne méthode.
« A : Oui. B : Non ?
- ... A »
Cette histoire de fantômes était pour l'instant la plus bizarre des choses qu'il devait affronter dans cette mission. Puisse-il espérer comprendre par la suite ce dont il en résultait. C'est à ce moment qu'Aisha et Tsukiumi arrivèrent, visiblement plus calmes même si elles semblaient encore se faire la tête. Bah, elles finiraient bien pas se trouver un point d'entente.
Le petit groupe changea une fois de plus de dimension. Retour maintenant en 2004. Direction le monde de Fate, au Japon, dans la ville de Fuyuki. Il n'y avait pas grand-chose à dire au premier abord, cette petite ville semblait être tout ce qu'il y avait de plus charmante. Que dire d'autre ? Le calme semblait régner, les gens marchaient de façon calme dans la rue. Difficile de dire autre chose au premier coup d'oeil. C'est la liste qui se chargea de tirer le jeune homme de ses pensées. Le premier des deux hommes à recruter serait un certain... Lancer. Cheveux bleu et yeux rouges. Mis à part le nom et ces deux descrïptions, rien d'autre n'était indiqué. D'accord... Au moins c'était clair. C'était à Maxi de se débrouiller seul pour le trouver. Lancer... Un nom vague laissant penser le premier imbécile au lancer de javelot. Au moins, à défaut d'être courant, c'était original.
« La " cible " est un dénommé Lancer. Il aurait des yeux rouges comme le sang et des cheveux bleus comme le ciel. Nous n'avons pas d'informations supplémentaires. Le garçon marqua une courte pause avant de reprendre. Faisons deux groupes. Aisha et Shuri d'un côté, Mai ; Tsukiumi et moi de l'autre. »
Ce n'était pas qu'il voulait se séparer de ses deux plus anciennes amies, mais plutôt que le jeune homme voulait profiter de ce moment pour discuter un peu avec Mai et Tsukiumi. Ce n'était pas du goût d'Aisha, mais elle se faisait une raison. Elle se doutait que son maître n'éprouvait pas de sentiment d'amour envers les deux autres jeunes femmes. C'est ce qui lui permettait de se rassurer. Shuri devait être du même avis, connaissant bien le garçon. Un signe de la main plus loin, le groupe se sépara.
« Maxi, je peux savoir quelle est ta relation avec ces deux autres filles, exactement ? »
Aïe. La question qui dérangeait venait d'être posée par Tsukiumi. Aborder ce sujet en l'enchantait pas vraiment, d'autant plus que la belle blonde était hostile envers les autres femmes qu'il côtoyait. Ce qui rendait la réponse plutôt difficile.
« Ce sont deux aimes très proche, répondit-il sincèrement. Elles ont toujours été là pour moi.
- Qu'est-ce que tu sous-entends par " très proche " ? rétorqua immédiatement la Sekirei, commençant à s'énerver.
- Eh bien... Comment dire... Ah ! Mai, tu ne m'a toujours pas dit pourquoi je suis poursuivi par ces fantômes.
- Ne change pas de sujet ! J'ai posé une question ! »
C'était sans compter sur le calme olympien de la jeune chasseuse qui ne répondit qu'au moment ou Tsukiumi avait empoigné le garçon par le col, quelques secondes plus tard.
« ... Je ne sais pas... »
Super. Cette réponse n'allait pas lui apporter grand-chose et il allait être obligé de trouver une autre façon de détourner le sujet. Cette histoire de sentiment était difficile à définir, surtout pour lui. Quoi de plus dur pour un garçon qui n'avait plus fait preuve d'émotions depuis des années ? Ce ne fut qu'il y a plusieurs mois qu'il avait commencé à reprendre goût à la vie, grâce à Aisha, Shuri et toutes les autres. Mais de là à pouvoir être amoureux d'une fille qu'il ne connaissait même pas depuis une journée, c'était une autre paire de manches.
Enfin, il fallait se faire une raison, Lancer n'allait pas se trouver comme ça. Même si nous en convenons qu'une personne avec les cheveux bleus et le yeux rouges ça ne devait pas courir à tous les coins de rue. Pourtant, et après plus de deux heures, ils ne trouvèrent personne de ce genre. À croire que Lancer n'était même pas dans cette ville et qu'ils étaient arrivés dans une mauvaise dimension. La nuit commençait à tomber et les recherches ne seraient que plus délicates. Arrivant un peu plus tard dans la cour de ce qui semblait être une école, Maxi ne fut pas plus avancé. Toujours rien.
Réfléchissant à un moyen de trouver l'homme aux yeux rouges, Maxi remarqua un peu en retard Mai dévier un objet qui était en plein sur sa trajectoire. Si elle n'avait pas agie, il aurait pu mourir. Le garçon la remercia et la Démon Hunter se conta de rester silencieuse, faisant un simple hochement de tête. Tsukiumi ne tarda pas elle aussi à se retourner. Cependant, personne n'était en vue. Elle devait être cachée quelque part, cette attaque ne pouvait pas être arrivée toute seule.
« Bien joué. Vous n'êtes pas n'importe qui pour avoir dévié mon attaque surprise. »
L'ennemi sorti de l'ombre et se dévoila. Une autre femme. Ce qui signifiait que ce n'était pas Lancer. Il aurait aussi été difficile de confondre des cheveux bleus et des roses pétants.
« Je ne sais pas qui tu es, mais il est clair que nous ne sommes pas dans le même camps. »
Tsukiumi avait raison. La conclusion avait été à la fois rapide, mais aussi clair et net.
« Les futurs morts n'ont pas besoin de connaître mon nom, mais appelez-moi Rider si vous le voulez.
- Qu'est-ce que vous espériez en m'attaquant tout à l'heure ?
- J'ai ordre de mon Master de vous tuer avant que l'invocation n'ai lieu. Si vous voulez bien m'excuser... »
Combien de fois avait-il déjà entendu une phrase similaire à celle-ci ? Il va s'en dire que ce n'était pas la première fois, loin du compte. Rider ne se fit pas prier davantage, et attaqua directement avec comme arme une paire de longues chaînes d'acier cloutées.
« Dans tes rêves, ma grande ! Tu ne toucheras pas à Maxi ! »
Tsukiumi n'attendit même pas un signal du garçon pour le défendre, de même pour Mai, quoique celle-ci ne répondit même pas à l'assaillante. Analysons rapidement la situation. Ce combat devenait du trois contre un ; l'adversaire était une femme ; Maxi ne comprenait toujours pas cette histoire d'invocation et de Master. Ça n'avait rien de rassurant. Maudite histoire à trois francs six sous. Remarquez, ce n'était pas vraiment pire que celle avec des fantômes qui poursuivraient Maxi.
Cette fille était à la très rapide, mais aussi agile. Peut être même plus que ne l'était la Demons Hunter. Tuskiumi, elle aussi, peinait à la touche avec ses jets d'eau. Même avec l'avantage du nombre, les trois personnes n'arrivaient pas à prendre le dessus. Esquivant une attaque, Rider réussi à toucher le garçon de de loin, grâce à sa chaine d'acier. Maxi porta sa main libre à son épaule pour constater la blessure. Heureusement que ce n'était pas trop grave, une simple éraflure. S'il devait utiliser la capacité de son arme pour augmenter sa vitesse, il serait fatigué trop vite. Aussi, le jeune homme décida de ne pas tenter le coup.
L'instant d'après, la jeune femme aux cheveux roses envoya voler d'une pierre deux coups Mai et Tsukiumi, de deux coups de pied dans l'estomac.
« Abandonnez. Seuls un puissant Master ou un autre Servant peuvent espérer me toucher.
- J'ai pour d'habitude de toujours combattre jusqu'au bout, affirma-il, désolé. Je n'ai pas non plus pour accoutumance de laisser des amies se débrouiller seules.
- C'est un geste très louable, mais aussi stupide. Tu ferais mieux de te rendre maintenant au lieu de souffrir un peu plus longtemps.
- Ce n'est certainement pas pour toi et maintenant que je changerais ma façon de penser. Au combat, je réponds par l'épée. »
Elle esquissa un sourire avant de recommencer à l'attaquer, Mai et Tsukiumi essayant encore de se relever. Fichtre, les coups étaient durs à éviter. Rider jonglait entre le corps-à-corps et ses chaînes, ce qui rendait l'esquive encore plus difficile. Tel une bête, elle continuait à attaquer jusqu'à briser la garde du garçon pour enfin lui porter le coup de grâce.
« C'est la fin pour toi. »
Ce n'était pas cette façon de mourir dont Maxi avait pensé. Mourir... Non, il n'était pas encore mort. Ce n'était pas non plus maintenant qu'il allait y passer. Il avait encore des choses à faire, trop pour renoncer tout de suite à la vie. C'est de cette pensée que sa main droite commença à le brûler. Une forme était en train de s'y dessiner. Le sol aussi voyait une sorte de cercle alchimique se tracer tout seul. Qu'est ce qui se passait encore ? Rider, qui semblait mécontente, fut aussitôt repoussée.
Une autre personne venait de faire son apparition de part le cercle qui avait disparu. Au sol, le garçon ne le vit que de dos. Grand ; combinaison bleue ; armé d'une lance rouge. Mais aussi... Des cheveux bleus. Ce ne fut que quand il se retourna pour adresser la parole à Maxi que ce dernier compris enfin qu'il avait en face de lui le fameux Lancer.
« Oh ? C'est apparement toi, mon Master. Au moins, tu as une bonne tête.
- Quoi ? Master ?
- Nous parlerons de ça plus tard, si tu le veux bien. Je dois m'occuper d'une personne avant toute chose. »
Ce quelque chose ressemblait étrangement à une femme à la tenue légère, aux longs cheveux rose et armée de chaines. C'est dans sa direction que Lancer s'avança.
« Tch... J'ai mis trop de temps à m'occuper de lui, commença-elle d'un ton légèrement rageur. Tu es arrivé plus rapidement que prévu, Servant lancer.
- Au vu de ton équipement, tu dois être Rider, non ? Tu tombes bien, un petit combat après tout ce temps me fera le plus grand bien ! »
Tout allait trop vite pour comprendre ce qui se passait actuellement. Rider avait donné comme dernière réplique le lancé de sa chaine que l'homme en combinaison évita facilement. Il faisait même très d'une très grande souplesse en esquivant et déviant toutes les attaques qui étant destiné. L'Agilité était tout désigné pour lui.
Plusieurs minutes s'écoulèrent sans que Maxi n'intervienne. Entre temps, Mai et Tsukiumi l'avait rejoint. Ils restaient là, à attendre et ne faisaient qu'observer le combat qui se déroulait sous leurs yeux. Au final, Lancer sautant en arrière et plaça la pointe de sa lance vers le sol. De l'énergie commençait à s'accumuler à son bout.
« Je te donne une chance. Une seule. Part maintenant, ou sinon... »
Rider réfléchit un petit instant avant de répondre, baissant alors sa chaine d'acier.
« Soit. Je me retire pour cette fois, mais nous nous reverrons. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. La jeune femme disparu instantanément. Ce combat se terminait enfin, sans déclarer de blessé. Seule la petite égratignure sur l'épaule de Maxi était présente. Pas besoin de se faire soigner pour ça, elle guérirait toute seule d'ici plusieurs jours. Sa première tâche achevée, Lancer revint en direction de celui qui l'avait invoqué.
« Bien. Voilà qui est déjà fait, Master.
- Master ? Servant ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Je vois, tu m'as invoqué sans le faire exprès. Eh bien, sache pour commencer que la marque que tu as à la main droite se nomme " Reiju ". Cela prouve que tu es mon Master. Ensuite, continua-il en poussant un léger soupir, les Master sont des personnes au nombre de sept qui sont choisis pour participer à la Guerre du Saint Graal. »
- La Guerre du Saint Graal ? Qu'est-ce que tu veux dire exactement par là ?
- Du calme, jolie blonde, j'y arrive.
La remarque n'était pas la bienvenue et Tsukiumi failli perdre son sang-froid. Maxi la stoppa en plaçant un bras face à elle, lui faisant signe de s'arrêter.
« Pour en revenir à la cette guerre, c'est une lutte à mort entre les sept Master pour obtenir le Saint Graal. Le Graal est un objet qui réalise tous les voeux de celui qui l'obtient. Et moi, au même titre que six autres Servant, nous battons pour notre Master afin de l'aider à obtenir le Graal. »
Et encore une pseudo histoire compliquée à avaler. Le Saint Graal était bien l'objet principal de la quête des Chevaliers de la Table Ronde vers le Vème siècle, non ? Après la rencontre d'un Pseudo Dieu, le Saint Graal. Au point ou il en était, pourquoi pas. Que dire d'autre ? Les univers ne sont pas tous les mêmes et ont tous une part d'histoire. Celle de ce monde tournerait auprès d'un objet qui ne serait finalement pas aussi légendaire que nous le pensions.
« Je suppose donc que je dois participer à cette Guerre du Graal ? En conclu l'humain.
- En effet. Moi, Servant de classe Lancer met ma lance à ton service, au même titre que mon corps. Ton destin sera le mien. »
Proposé de cette façon, ça faisait un peu film gay sur les bords. Mais l'essentiel était là, fini avec le monde de Fate. Très bon timing de la part d'Aisha et Shuri qui revenaient encore au même moment. Plus que deux personnes et la première partie de la mission serait achevée. Encore un garçon et une fille. Tant qu'à faire, autant espérer que ce soit plus facile.
Ils disparurent une nouvelle fois, direction un autre monde. La dimension suivante ouvrit ses portes. Le monde de Devil ; époque inconnue ; lieu inconnu. Pour compenser le peu d'informations qu'ils avaient reçus, le petit groupe se retrouva directement dans un bâtiment. La décoration, si nous pouvions l'identifier ainsi, était d'un style plutôt ancien. Seul un billard présent dans un coin de la pièce rajeunissait l'endroit. Le plus inquiétant restait les diverses têtes dans lesquelles étaient plantées des épées, et enfoncées dans un mur.
« Wah. Le propriétaire des lieux doit être un sacré fêtard, se réjouit Lancer, ont risque de bien s'amuser avec lui.
- Dépêchons-nous de trouver notre prochain coéquipier et partons d'ici, cet endroit ne m'inspire pas confiance. »
Shuri était véridique et le chef du groupe était bien de cet avis. L'ambiance que dégageait l'édifice n'avait rien de rassurant et ce n'était certainement pas de voir des têtes de démons plantées dans un mur qui pourrait l'en dissuader. Qui plus est, le sol était couvert de plusieurs boîtes à pizza vide. C'est-à-dire, du très propre.
« Au fait, Goshujin-sama, qui recherchons-nous pour cette fois ?
- Bonne question, Aisha. C'est un certain Dante, détective au Devil May Cry. Nous devrions justement nous trouver dans son agence.
- Finissons-en vite, réprimanda Tsukiumi. J'ai envie d'un bon bain bien chaud. »
Il ne devrait pas y en avoir pour très longtemps, cette fois-ci. Le bâtiment ne semblait pas relativement grand, ce qui faciliterait largement les recherches. Ce ne serait au maximum que l'affaire de cinq à dix minutes, enfin, s'il n'y avait pas de soucis entre temps.
« Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous êtes venu me proposer un travail ? »
Descendant de l'escalier, un homme aux cheveux blancs, habillé de rouge. C'était la première fois qu'ils trouvaient aussi rapidement la personne recherchée. Enfin une mission sans encombre. Maxi en était plutôt heureux, d'ailleurs.
« J'ai affaire à Dante, n'est-ce pas ?
- Tout à fait. Je suis chasseur de démons et créateur du Devil May Cry. Si vous êtes là, c'est que vous avez quelque chose pour moi ?
-Oui. Je vous propose de participer à un événement. Nul doute qu'il y aura des démons à éliminer, assura le jeune homme. Vous êtes d'attaque ?
- Bien entendu, du moment qu'il y a de l'argent à la clef une fois mon travail achevé. »
De l'argent ? S'il voulait, mais il allait y avait un problème. Maxi n'avait pas le moindre billet sur lui, d'autant qu'il en était de même pour tous les autres. L'argent, toujours l'argent. Le garçon n'allait pas dépenser ne serait-ce qu'un centime pour payer un homme et lui demander de le suivre. Tout ça, une seule personne allait s'en occuper. C'était lui le responsable de tout ce tintouin et personne d'autre. Qu'il se débouille donc à savoir comment il pourrait payer Dante.
« Ne vous en faites pas pour ça, celui qui nous a envoyés vous récompensera comme il se doit.
- Go-Goshujin-sama ! Vous croyez vraiment qu'il faut employer ce mensonge pour que Dante-san accepte de nous suivre ? » Dit Shuri au creux de l'oreille de son maître.
Vivre dans la vérité n'était pas aussi simple que nous le pensions, beaucoup de personnes employaient les mensonges pour subvenir. Aussi malheureux que ce soit, la vie était ainsi faite et nous ne pouvions rien y changer avec de simples pensées.
« Dis-toi simplement que ce ne sera plus un mensonge si " Le Vieux " le paye vraiment. Relativilisons.
- Si vous le dites... »
Du moment que Dante acceptait de venir avec eux, le résultat final importait peu pour le garçon.
Alors que tout semblait s'être passé au mieux, un bruit assourdissant se fit entendre en dehors du bâtiment. Un cri qui n'avait vraiment rien d'humain.
« Si vous voulez bien m'excuser, nous partirons après ce petit contre-temps. »
Qu'il disait. Si ça se trouvait, il avait prévu ça depuis le début. Cette idée avait effectivement traversée l'esprit du jeune homme, mais c'est aussi bien vite qu'elle fut écartée. La porte d'entrée se brisa comme d'un rien, laissant dévoiler une immonde bête dégoulinant de bave. Le genre de monstre croisé entre un crapaud et un alligator. Comprenez bien qu'il n'y avait rien de bon à voir ça. Pourtant, un coup de feu ne tarda pas à retentir. Dante venait de tirer à bout portant sur la créature, personne ne l'avait vraiment vu traverser la pièce.
« Ne vous en faites pas, ça arrive de temps en temps par ici. »
Il n'était pas chasseur de démons pour rien, tout comme Mai. Il était seulement bien plus équipé que cette dernière. Deux armes à feu dans le genre du pistolet étaient visibles dans ses mains, en plus de l'épée qu'il avait derrière son dos. La même que celle de Maxi, quoiqu'un peu plus petit. La bestiole s'effondra aussi vite qu'elle était venue, une balle dans la tête ne devait pas faire du bien. Non content d'en avoir déjà tué un, il sorti de son établissement. D'autres étaient en train d'arriver.
« Vous voulez de l'aide ? proposa Maxi. Nous pouvons vous prêter main forte si vous le souhaitez.
- Pas la peine. Je devrais très bien m'en tirer tout seul pour si peu. Contentez-vous d'admirer que vous n'avez pas embauché n'importe qui.
- C'est comme vous voulez. »
Sans perdre plus de temps, Dante se lança à l'assaut des mêmes créatures que celle qu'il avait déjà abattu. Fort était de constater qu'elles ne faisaient vraiment pas le poids contre lui. Il donnait plus l'impression de s'amuser avec qu'autre chose. Esquivant le coup de l'un ; tranchant la tête d'un autre ; tirant sur celui qui essayait en vain de l'attaquer par derrière. L'homme aux cheveux d'argent serait un atout majeur pour l'équipe. Bien qu'apparemment bon dans plusieurs catégories, la force restait tout de même son meilleur élément.
La constatation était surprenante, pas une seule blessure durant le combat. Dante : 10 ; Monstres : 0. Belle démonstration de force dont il nous avait fait part.
« Une bonne chose de faite. Rien ne vaut un peu d'exercice avant une mission.
- Toi, je sens qu'on va bien s'entendre tous les deux. »
Vu le caractère de Lancer, il était en effet probable qu'ils s'entendent le mieux possible. Shuri, quant à elle, était préoccupée par autre chose.
« Ex-excusez-moi, Dante-san. Mais, que vont penser les gens s'ils aperçoivent ces monstres morts en face de votre lieu de travail ?
- Pas de soucis, petite. D'ici une poignée de secondes il redeviendront poussière. »
Dante était sans conteste une personne sur qui le groupe pouvait compter, même s'il était plus motivé par de l'argent que par le but de la mission en elle-même. En tout cas, ils en avaient aussi terminé pour ce monde. Il n'y avait pas besoin d'y rester plus longtemps.
« Allons-y pour notre dernière équipière. »
Une autre fille, hein. Pourquoi ne pas avoir fait simple et être parti dans l'ordre à la recherche de toutes les filles en première et les garçons ensuite ou inversement ? Mais, non. Il avait fallu faire deux filles ; deux garçons et une fille. La logique des uns n'était pas perçu de la même façon par tous, Maxi en serait le parfait exemple. Question de logique, finalement.
Une petite surprise attendait le petit groupe presque constitué, pour la recherche du dernier membre. Ils ne savaient pas encore qui elle était, mais trois personnes en particulier allaient en prendre conscience un peu tard. En plein voyage entre les dimensions, ils entendirent tous la même voix dans leur têtes.
« Bonsoir, jeunes gens. Comment ce passe les recherches ?
- À votre avis ? Ai-je besoin de vous faire un dessin ? Répondit froidement Maxi. Si vous êtes celui que vous prétendez être, vous devriez tout voir d'en haut, je me trompe ?
- Ce que vous êtes susceptibles, vous les jeunes.
Parce que vous croyez que vous, les " ancêtres de ce monde ", êtes mieux ? »
La conversation aurait très facilement pu tourner au règlement de compte entre l'employeur et l'employé, mais ils savaient certainement que ce n'était ni le bon moment pour une dispute de cette envergure, ni le meilleur l'endroit. Ils remettraient ça à plus tard.
« Changeons de sujet. Vos nouveaux coéquipiers ne sont pas étonnés d'entendre une voix dans leur têtes ?
- Non, répliqua Shuri, nous avons déjà expliqué ce que nous savions sur le sujet.
- Très bien, cela me dispensera au moins d'avoir à tout ré-expliquer. Entrons maintenant de le vif du sujet, je vais vous dévoiler dans quelle catégorie vous serez, et le nom de notre équipe. »
Parce qu'en plus l'équipe avait un nom ? Bon, pourquoi pas après tout.
« Catégorie Force : Kann'u et Dante. Catégorie Vitesse : Maxi et Mai. Catégorie Agilité : Lancer. Catégorie Magie : Tsukiumi. Pour terminer, catégorie Astuce : Koumei et votre dernière équipière.
- Pourquoi ne pas nous dévoiler son nom, questionna Aisha, si nous devons la trouver ?
-Tout simplement parce que vous la retrouverez peu avant le lieu de rendez-vous avec les trois autres équipes et que je préfère vous laisser l'identifier seuls.
- Vous êtes perfide. Mais vous le saviez déjà, non ?
- Un peu de respect pour les anciens, espèce d'impertinent !
- C'est ça, on lui dira... »
Dommage qu'une simple voix dans votre tête n'ai pas de visage, Maxi aurait bien aimé voir la réaction de celle qui l'obligeait à participer à ce championnat débile. La motivation n'était pas déjà là, alors pour le reste, si vous saviez vraiment...
« Quoi qu'il en soit, voici le nom de votre équipe. Vous serez la formation " Alpha & Oméga ". »
Et après, il croyait vraiment que le garçon essayait toujours de deviner qui il était vraiment ? Si c'était ce qu'il voulait, il aurait pris un autre nom d'équipe. Enfin, cela dit en passant, Maxi aimait bien ce terme.
« Nous sommes l'Alpha & l'Oméga. Le premier et le dernier, le commencement et la fin.
- Bien ! En voilà un bon état d'esprit comme je l'attendais de votre part !
- C'est surtout parce que je n'ai pas le choix...
- Quoi qu'il en soit, continua la mystérieuse voix, je vais maintenant passer par ce qu'il y a de moins agréable dans cette réunion. Je vais êtres obligé de faire une sorte de transplantation de souvenirs à chacun d'entre vous.
- Plus explicitement ?
- Vous savez ce qu'est une greffe, non ? C'est presque la même chose sauf que je vais directement verser à vos cerveaux les informations sur vos coéquipiers. Ainsi, cela vous fera comme si vous vous connaissiez déjà depuis plusieurs années. »
Il ne se gênait pas, pour une simple voix. Partager des informations et tout savoir sur ses alliés ? Maxi n'était absolument pas d'accord avec cette façon de faire, les autres devaient forcement avoir des choses qu'ils ne voulaient pas dévoiler à d'autres et garder pour eux seulement.
« Je ne suis pas d'accord avec vous, mon vieux. Je ne souhaite pas partager mes souvenirs avec qui que ce soit. Il vous faudra me payer une fortune pour que j'accepte.
- Je suis totalement d'accord, ajouta Tsukiumi. Autant apprendre à se connaître tout simplement au lieu d'avoir recours à une telle méthode.
- ... Moi aussi...»
Il était dans le vrai. Dante ressemblait à ce genre de type mystérieux qui ne voulait pas parler aux autres de son passé. Tsukiumi avait aussi ses raisons, et c'était même normal. Le jeune homme fut par contre surpris d'entendre Mai, elle qui n'avait pas ouvert la bouche depuis de nombreuses heures.
« Navré, mais vous n'avez pas le choix. C'est comme ça. Procédons dès maintenant aux transferts. »
D'un geste vif, Maxi s'empara de sa tête des deux mains. Mal. Sa tête lui faisait mal. Il sentait d'innombrables informations pénétrer dans son cerveau. C'était largement plus douloureux qu'un simple mal de tête ; plus douloureux que s'il se faisait frapper à coup de batte de baseball. Le passé de Tsukiumi, de Mai et Dante... Ce qu'ils aimaient et n'aimaient pas ; leurs passions... Tout. Tout était en train d'arriver d'un seul coup. Ce n'était que trop d'informations pour un seul cerveau.
Quand quelques secondes plus tard la douleur commença à s'atténuer, le jeune homme lâcha doucement sa tête. La douleur n'était déjà plus là. Trente secondes de souffrances pour ça...
« Espèce de... Vous saviez bien que nous étions contre et pourtant, vous l'avez fait.
- Pour votre bien à tous, je n'avais pas le choix. Il en dépendait de votre survie dans le championnat. »
Il serait aussi difficile que ça, au point d'utiliser un échange d'informations aussi extrême ? Personne ne le savait, mais tous se redressèrent en s'observant. Ils avaient eux aussi reçu le même traitement que le garçon et sauraient alors forcement pour son passé qui lui est inconnu. Il n'y avait peut-être pas que des points négatifs. Le groupe resta silencieux, Tsukiumi se grattant la tête ; Aisha et Shuri échangeant des messes basses ; Dante levant la tête ; Mai et Lancer ne bougeant pas. Difficile de tout connaître sur d'autres personnes en si peu de temps. Et pourtant, preuve en était faite.
« Avant de vous quitter, je vais vous donner une dernière information. Vous avez rendez-vous à la Place de Châtelet, dans la dimension de la Terre, à Paris. Dépêchez-vous, vous êtes la dernière équipe attendue. Les autres sont déjà tous là. »
Il n'y avait toujours pas un bruit, si bien que nous aurions pu entendre une mouche voler. C'était dans le calme le plus total que la petite troupe arrivait à Paris, la ville lumière. Enfin, par lumière soulignons les dizaines et dizaines de lampadaires qui étaient allumés. La ville était plongée dans le noir de la nuit. Ce n'était pas les quelques personnes en train de s'enivrer en pleine rue qui allaient pouvoir indiquer la place de Châtelet. Comme d'habitude, on est jamais mieux servi que par soi-même.
La tension était toujours montée d'un cran, jusqu'à ce que Tsukiumi décide de crever l'abcès.
« Au moins, je peux vraiment me prétendre être la femme de Maxi maintenant que je connais son histoire. »
La réplique d'Aisha ne se fit pas attendre.
« Qu'est-ce que tu dis ? ! Mais tu ne le connais pas depuis une journée alors que moi depuis plus de deux ans ! Ce n'est pas la peine de rêver !
- Mesdemoiselles, mesdemoiselles. On se calme et on respire. Ce n'est pas le moment de se disputer pour ça, essaya vainement d'interrompre Lancer, vous ne croyez pas ?
- Toi, je ne t'ai rien demandé. » répliqua la jeune femme aux longs cheveux blonds.
Cette intervention pour faire retomber le climat de tension était la bienvenue, même si Maxi ne savait pas vraiment si le jeune femme avait ouvertement entamé la conversation dans ce but. Au moins, ça marchait. Dante était dans son coin à essayer de se retenir de pouffer de rire. Mai, égale à elle-même ne changea pas d'expression, elle se contenta d'observer son épée.
Pendant ce temps et afin d'éviter la petite querelle, Maxi essaya de questionner Shuri sur son passé.
« Dis-moi, Shuri, Ne saurais-tu pas ce qu'il s'est passé dans mon enfance, avant mes sept ans ?
- Hawawa... D-Désolé, Goshujin-sama. Votre mémoire se termine le jour de vos sept ans, je n'ai rien avant cette date. Désolé...
- Bah... Ce n'est pas grave. Et puis, ce serait frustrant de connaître mon passé de cette façon. C'est à moi de le retrouver.
- Oui, Goshujin-sama. Je serais toujours là pour vous aider. »
Pour la seconde fois de la journée, Maxi caressa les cheveux blonds de la jeune fille. Toujours là pour l'aider... Oui, le jeune homme était heureux de pouvoir compter sur Shuri, Aisha et tous les autres.
« Vous avez l'air de bien vous amuser, Maxi ; Kann'u ; Koumei. Maxi, toujours aussi calme et stoïque ; Kann'u toujours aussi belle et Koumei, toujours en train de réfléchir et de s'excuser. »
Cette voix... Une voix féminine... Non, impossible. Ce n'était pas elle, ça ne pouvait pas être elle. Les trois personnes se retournèrent du tac au tac pour la voir de leurs yeux. Ils ne s'étaient pourtant pas trompés, c'est bien elle, en chair et en os.
« Sousou-dono ?
- Karin suffira pour me nommer, Maxi. »
Sousou Motoku, de son vrai nom Karin, l'impératrice du Royaume de Gi. Nous avions même pris le temps d'écrire un peu plus tôt un passage sur la demoiselle. La dernière participante n'était pas ici seulement pour la compétition du championnat, pas de doute à avoir là-dessus. Au-delà même de son caractère, Karin ne faisait jamais rien au hasard.
« Nous sommes maintenant au complet, si je compte mon arrivée en tant que dernier membre de l'équipe. »
Dernière, oui, mais pas des moindres. Toujours quand nous pensons le moins à une personne que nous la retrouvons en face-à-face... Les jours à venir n'allaient pas être simples, loin de là.
« Maxi, qui est cette fille ? Tu as l'air de déjà la connaître. »
Bien sûr, Tsukiumi en rajoutait une couche. Elle ne pouvait pas se contenter d'être aussi silencieuse que Mai, non, pas une seule fois jusqu'à maintenant elle ne l'avait été. Ce fut le plus calmement possible que le garçon essaya de répondre.
« C'est... Une connaissance du monde dans lequel j'ai été envoyé il y a deux ans. L'impératrice d'un des Trois Royaumes, celui du Gi. Sousou Motoku aka Karin.
- Oh ? Et quelles sont vos rélations ? Interrogea Tsukiumi, commençant à serrer le poing.
- Nos relations ne vont pas plus loin qu'une simple amitié, coupa la nouvelle venue avec un sourire en coin, ainsi qu'un accord dans lequel quatre personnes se sont engagées. »
Aisha et Shuri firent un pas de côté quand Maxi se contenta de ne pas bouger et de paraître le moins tendu qu'il le pouvait. Avec de la chance, personne ne répondrait pour questionner sur l'engagement.
« ... Engagement ? »
De tout le monde et à la surprise général, Mai osa sans la moindre gène demander ce qu'il en retournait. La seule fois ou le chef de l'équipe aurait voulu ne pas l'entendre, voilà qu'elle parlait.
« Rien de bien important. Nous avons simplement conclus un marché disant que si Maxi n'avait pas un rapport... privilégier, dirons-nous, avec Kann'u et Koumei avant une certaine date, elles entreraient toutes le deux à mon service personnel. »
Ce n'était pas tout à fait de cette façon que ça c'était passé. Invité à une réunion portant sur la révolte des trois soeurs Chô avec Aisha et Koumei et après plusieurs verres de saké, le seigneur Sousou lança ce pari que Maxi s'empressa de refuser. Ce ne fut par contre pas le cas des deux jeunes femmes l'accompagnant qui acceptèrent sans comprendre. Alors qu'Aisha devenait assez entreprenante lorsqu'elle touchait à de l'alcool, Shuri quant à elle laissait s'exprimer librement ce qu'elle ressentait, sans en être gênée. C'est aussi à daté de ce jour que Maxi refusa de les laisser toucher à une seule goutte d'alcool. Dans son époque, le garçon avait déjà entendu quelque chose du genre « Mais même quand tu bois du blanc tu as le nez qui devient rouge » mais ça se confirmait aussi avec le saké. Leur premier verre avait aussi été par la même occasion leur dernier.
« Wah ! En voilà un qui a de quoi faire pour s'occuper !
- Lancer, je crois qu'il va avoir suffisament de choses à gérer en une seule fois, soupira Dante, inutile d'en rajouter une couche. »
Si c'était de l'énervement qu'elle voulait déclancher, Karin avait pleinement atteint son but. Les minutes qui suivirent se passèrent à essayer de calmer Tsukiumi, en prise avec les deux filles de la promesse.
Le calme revenu, le petit groupe marcha un peu avant de retrouver une vingtaine de personnes devant une fontaine. La Place de Châtelet était droit devant. Ils étaient enfin arrivés, après tout ce temps. Les choses sérieuses allaient enfin commencer. Ne connaissant personne, Maxi se déplaça directement vers ce qui lui semblait être un organisateur du championnat. Une chose mi-serpent ; mi-humain.
« Nous sommes l'équipe Alpha & l'Oméga, désolé du retard. »
Il ne le savait pas encore, mais plusieurs regards en particulier se posaient sur lui.
« Vos noms et catégories, je vous pris.
- Je suis le chef de l'équipe : Tatsumiya Maxi – Catégorie Vitesse.
- Kawasumi Mai... Même catégorie...
- Sh-Shokatsuryou Koumei aussi appelée Shuri. Catégorie A-Astuse.
- Sousou Motoku également nommée par Karin. Astuse, également.
- Kann'u Unchô de mon vrai nom Aisha. Catégorie Force.
- Dante. Même groupe que ma voisine.
- Tsukiumi, Sekirei numéro 09. Catégorie Magie.
- Enfin, Lancer. Catégorie Agilité. »
Tout le monde savait ce qu'il avait à dire et ça tombait d'ailleurs très bien. En moins de temps qu'il en fallait pour le dire, l'équipe Alpha & l'Oméga était inscrite au championnat.
« Inscrïption complète. Merci à vous de participer. »
Les quatre équipes étaient maintenant réunies, le voyage allait pouvoir commencer. Pourtant, Maxi avait l'impression que certains participants des autres équipes venaient de réagir à son nom. Il ne savait pas pourquoi, mais le saurait sans doute bien plus rapidement qu'il ne le pensait.
