Chapitre V

Les fumées prédisent l'avenir

Elle l'avait fait. Elle avait donné à Malefoy ce qu'il voulait. Il l'avait attiré dans un coin sombre après que tous furent sortis, indifférents à ce qui se passait dans le bureau du Directeur. Oh elle avait bien vu un éclair dans les yeux de son ennemi. De surprise ou de contentement, elle n'en saurai jamais rien. Elle avait gardé la tête haute et ne l'avait pas quitté des yeux tandis qu'il examinait le vêtement. Il n'y avait visiblement découvert aucune supercherie puisqu'il avait sorti de sa poche la photo d'Hermione-la-Blanche. Elle l'avait attrapé avec une petite moue dédaigneuse pour la froisser avant de la mettre en sureté dans sa poche.

Elle était à nouveau seule dans le couloir. Elle l'était beaucoup trop à son gout, en ce moment.

Elle avait perdu la notion du temps ; la journée avait été plus que longue. Il lui semblait être déjà le soir alors qu'il n'était que 18H00. Elle pensa à ses amis et espéra que leur entrainement c'était bien passé. Peut-etre qu'elle pourrait parler à Ginny à son retour. Mais pas de ça. Personne ne devait savoir.

Il l'avait, enfin. La cape d'invisibilité, elle était à lui. Mais ce n'était qu'une infime partie de son plan. Elle était un élément capital, tout autant que la sottise de la Miss je-sais-tout. Bien sûr qu'il savait qu'elle allait lui donner. Elle était si naïve ; mais il devait toutefois avouer qu'elle avait fait preuve de cran, puisque ses yeux trahissaient le secret. Elle n'avait rien dit à Potter. Tant mieux. Personne de devait savoir, ou tout serait à recommencer. Et il n'avait pas de plan B. Il n'avait pas de temps à perdre, il devait vite se rendre dans sa salle.

[...]

Il transpirait abondament. La sueur perlait sur son front d'ocre, et ses cheveux collaient à son visage, ne laissant rien voir d'autre que sa bouche entre-ouverte et haletante. Cela faisait plusieures heures que Drago Malefoy s'affairait, ne faisant rien d'autre que déplacer des objets, en laver d'autres, soulevant d'énormes recueils de formules. La scène aurait été horrifiante pour quiconque serait arrivé à l'instant. Mais il savait, on ne pouvait pas le voir.

A chaque grimoire qu'il déplaçait, il sentait l'angoisse serrer un peu plus son coeur. Il pouvait tout aussi bien faire le plus beau coup de sa jeune vie, tout comme le pire qui lui couterait bien plus qu'un chatiment de Voldermort. Il frissonna à la pensée de son " Maitre ". Il n'avait décement pas été tendre avec lui. Drago le revoyait hanter ses nuits, troubler son sommeil, l'empêchant de dormir des jours entiers. Il avait l'ordre d'accepter la " proposition " du mage noir. Si celui-ci la faisait passer pour une chance, ce n'était pas le ressenti du jeune homme. Il ne voulait pas faire ça. Il voulait que ça se produise, mais pas qu'il en soit le responsable, le coupable, le ... criminel. Il enviait presque la bande de Gryfondor qui n'avait que pour seul souci de rayer Valdemort de la liste des vivants. Lui aussi devait rayer un nom, mais celui-ci serait tout aussi facile à raturer que celui du Lord.

" - Il a été fantastique ! Il a fait beau certes, et Angelina et les autres filles volaient parfaitement, permettant une vue magnifique sur l'ensemble du terrain mais ... Oh et puis les nouveaux batteurs ! De vrais génies ! Les Cognards n'ont pas frolé un seul brin de paille jaunis de ses vieux balais d'école ! Je trouve que l'éclair de feu de Harry ne fait plus aussi jeune qu'au tout début, mais il tient la route ... Dans les virages, on sent une légère défaillance lorsque Harry remonte d'une chandelle ... Tu vois ?

J'imagine très bien Ginny

Alors je continue ! S'égaya son amie.

Cela faisait seulement quelques minutes qu'elle parlait avec Ginny, mais elle avait l'impression que ses pas lui faisaient faire du sur-place. Elle avait intercepté la jeune Weasley alors que l'équipe revenait de l'entrainement, et lui avait demandé de ses nouvelles. Celle-ci s'était lancée avec passion dans un discours sur le dernier entrainement de Quiddich.

Hermione et son amie déambulaient à présent dans les couloirs, lorsque la brune eut une désagréable sensation. Elle ne se sentait pas bien, et quelque chose semblait la déranger. Elle se souvient alors de la mise en garde de Dumbledore, et demanda à Ginny de continuer seule, prétextant devoir faire un détour pour voir un professeur, lui demander, soit disant, si elle pouvait rendre son devoir mercredi plutôt que jeudi. Ginny sembla déçue de ne plus pouvoir raconter ses matchs avec sa camarade, mais elle ne fit pas d'histoire et continua seule.

Hermione continua tout en sentant la menace s'intensifier. Elle tourna au pied d'un escalier et s'engouffra dans une longue allée vide. Elle apperçut alors un filet de fumée grise, qui restait étrangement statique. Le nuage ondoyait, faisant du sur place. Elle avait l'impression qu'il l'attendait. Prudente, elle avança " Mais d'où vient-il ? " Elle retient un cri de surprise.

Une immense porte de bois était en train de se dessiner sur un long pan de mur. Les battants étaient en acier, et la Gryffondor y reconnut là un style ancien, probablement pas de ce siècle. La porte s'ouvrit sans qu'elle ne la touche, comme si quelqu'un à l'intérieur l'avait fait.

Elle se retourna en même temps que la fumée bougeait. Elle avança, plutot rapidement, et franchi la porte, entrant dans la Salle sur Demande. Hermione réfléchit à toute allure. Devait-elle entrer ? Ou devait-elle prévenir un professeur ? Mais si elle faisait ça, la porte disparaitrait ... Alors elle entra.

Il redressa brutalement la tête. Il avait entendu un bruit sourd, et un peu de lumière avait illuminé la pièce. Quelqu'un avait ouvert la porte. Un professeur ? Il ne distinguait pas la personne de son poste. Il devait se dépecher, terminer la préparation. Il plaça le dernier ingrédient et commença la formule. Cela devait marcher.

Devant Hermione, la fumée s'anima soudain. Elle tournait très vite et sa couleur se fonçait petit à petit. La jeune fille recula d'un pas, mais le nuage ne la suivit pas. Au contraire. Ce qu'elle ne savait pas c'est qu'à quelques mètres de lui, un jeune homme fébrile venait de difficilement terminer sa formule. Le nuage fit alors un rapide demi-tour et alla s'enfoncer dans le chaudron.

Il y eut alors un grand bruit, une explosion. De la fumée, beaucoup de fumée. Hermione se cachait le visage de ses bras, et sa robe volait en tout sens. Drago Malefoy, sous la cape d'invisibilité, n'en menait pas moins large. Il priait tous les dieux de ne pas avoir fait de bêtise, et encore plus qu'il resterait en vie pour en faire un jour une plus grosse.

Un éclair de lumière illumina la salle l'espace d'un instant, qui suffit à Hermione pour observer brièvement son environnement. Elle se trouvait dans une gigantesque salle, dont la décoration n'était pas à la dernière mode. La couleur était fade, tirant vers le vert délavé.

Plusieurs sortes d'objets étaient disposés un peu partout ; des armes. Des boucliers, des glaives, des marteaux, à l'apparence moldue s'étalaient. La Gryffondor perdit alors tout son sang froid et tourna brusquement les talons pour s'enfuir. Et tant pis pour l'orgueil des rouges et or.

Un rire éclata. Un rire ancien, de plusieurs centaines d'années qui résonnait dans cette salle du même âge.

Sur le sol, un petit bout de papier s'animait. La même scène se répétait. Une jeune fille aux cheveux de neige ouvrait la porte et manifestait visiblement sa surprise.