Mercredi 29 août 1767

Ma tendre, je t'écris cette lettre dans l'état le plus critique que tu puisse imaginer, laisse moi te conter ce qui m'est arrivé aujourd'hui.

A peine après t'avoir écrie la précédente lettre, nous nous sommes lancés dans cette inquiétante traque au gibier, si toute foi il peut être considéré comme tel.

L'épaisse et sombre forêt de la nuit précédente me paraissait beaucoup moins étouffante en plein jour, et une bonne quinzaine d'homme avec nous.

Le grincement des arbres s'était transformé en brise paisible et les vieux hiboux avaient laissés place à quelques Durbec sauvages.

Le craquement anarchiques que produisait trente pieds sur le sol et les bruits métalliques de quelques faux mal aiguisées se mêlaient au sons de la forêt.

Mais dans tout cet infâme brouhaha, un son s'écartait des autres, comme un silence quelque part où il devrait y en avoir.

J'essaie ma chérie, de te retranscrire du mieux possible tout ce que j'ai vécu et ressentit aujourd'hui mais ces sensations étaient tellement étrange que même le plus grand des poètes y aurait éprouvé de la difficultés.

Nous avions marché durant à peu près une heure dans la forêt sans rien trouver, après un courte pose nous avions décidé de nous disperser pour mieux chercher, il est évident que Moi et Jack étions un groupe a part entière.

Jack n'avait alors cessé d'être surexcité, il pensait que la chose qui avait tué Vance et Salem n'était autre qu'un gros sanglier, et qu'il serait facile en plein jour de débusquer la bête et de l'abattre pour revenir en héros... tout cela pour impressionner Andrea la fille de Monsieur Gotfroi.

Il ne cessait de chercher dans les broussailles de traquer le moindre bruit, il s'évertuait à pourchasser un petit renard pensant que cela pouvait être la bête.

Quand soudain un cris retentit dans la forêt à nouveau, beaucoup plus long et fort que celui de la nuit dernière.

Nous nous sommes alors précipités vers l'endroit d'où venait le bruit.

Et là, sous nos yeux muets d'horreur ainsi que de ceux d'une dizaine de travailleurs nègres, un homme ou plutôt ce qu'il en était dans un immonde filet de couleur noire, son corps était lacéré jusqu'aux os dont la plupart étaient coupés en laissant une coulée de sang s'en échapper.

La plupart des nègres poussait des jurons dans leur langue maternelle tandis que d'autres faisaient le signe de croix.

Nous étions tous comme figés devant cet atroce spectacle, Jack s'était approché de moi et m'avait dit :-Quel chose au monde, crois tu, serait capable de faire une pareille chose ?

-Je ne sais pas Franck, et à vrai dire, je ne préfère pas le savoir.

-Je sais que je ne t'ai pas souvent dit ça Will, mais j'ai très peur.

-Je te comprends, moi aussi.
Et soudain, comme en pleine nuit, un faisceau de lumière tellement fort qu'il camoufla la lumière du jour traversa le groupe pour aller abattre un des travailleurs dans un bruits d'explosion.

S'en était alors suivie d'une multitude de cris et d'agitation, un second faisceau élimina trois hommes de plus.

J'ai alors saisit Jack par le bras, et l'ai entrainé plus profondément dans la forêt, nous entendions derrière nous des hurlements de douleurs et des cris, la bête devait être en trin de finir son travail.

Nous étions touts les deux, dans une forêt que nous ne connaissions pas, la nuit commençait à tomber; et nous ne savions pas quoi faire.

Le soleil lui même, de son aspect rougeâtre, nous mettait en garde, et nous conseillait de quitter cette forêt le plus rapidement possible.

-Will... Will mais qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire ? M'a-t-il demandé, d'une voix emplie de larmes.

-Ne t'inquiète pas Jack, on va s'en sortir, je te le promets.

Et nous nous en sommes sortie ma tendre, je n'ose te raconter la demi heure d'angoisse pur que nous avons enduré à essayer de retrouver notre chemin dans les bois, avec cet assassin qui visiblement prenait un malin plaisir à nous regarder filer.

Mais nous y sommes arrivé, nous sommes retombé sur le champ de tabac et avons foncés directement vers le château de Monsieur Gotfroi.

Sous la pluie tiraillante de la nuit, devant sa grande porte, Sir Alexandre lui tenant son parapluie, nous lui avons tout expliqué, tout.

Et sa première réaction fut d'ouvrir grand la bouche pour nous dire : « Entrez ».