Rating: T parce que le sujet est morbide, et parce que Cid ne sait pas être poli.
Résumé: Un voyage pour enquêter sur la mort d'un être cher peut cacher d'autres motivations. La mort n'est jamais facile à accepter... Et si finalement ce qu'ils avaient cherché tout ce temps c'était une chance de lui dire toutes ces choses passées sous silence ?
Rappel: L'usage de l'italique indique un flash back.
Chapitre trois: Sur ta route
Cid claqua la porte en usant de ses plus beaux jurons puis partit d'un pas décidé vers son hangar. Il resta un moment planté devant les engins, avant de s'installer sous le scooter volant maintenu en l'air pour réparation. C'était le scooter de Yuffie, elle l'avait cassé lors de sa dernière mission avec lui, et il l'avait traitée de tous les noms d'oiseaux possibles alors qu'elle se retenait de rire, un air honteux -à moitié seulement- fiché sur le visage.
-Mais enfin Cid ça n'est pas si grave, tenta-t-elle de relativiser. Après tout, avec toutes les matérias que j'ai récupéré, j'ai de quoi t'en racheter un
-M'en racheter un ? s'offensa Cid. C'était un modèle unique espèce de gamine irresponsable !
-Eh bien je te rembourserai. Tu auras de quoi racheter des pièces comme ça.
Il ouvrit et ferma la bouche, abasourdi par son audace. Elle avait réponse à tout.
-Raah, va jouer ailleurs, tu m'emmerdes, conclut-il.
-Oh allez vieil homme, ne fais pas la tête, ricana la jeune ninja en se mettant hors d'atteinte du coup de bâton.
-Vire de là Yuffie, va enquiquiner quelqu'un d'autre !
-Quelle patience, se moqua-t-elle.
Cid bouillonna et usa de quelques jurons et menaces pour lui courir après vers l'extérieur. Une fois qu'elle y fut, il ferma l'immense porte du hangar.
Il n'était pas dit qu'on pouvait l'enquiquiner ainsi impunément.
Shera ouvrit la porte sur Vincent et Reeve. Elle les dévisagea, surprise, puis les laissa entrer.
-Cid ne t'a pas prévenu qu'on passait ? s'enquit Reeve une fois qu'elle les eut installés dans le salon devant des rafraîchissements.
-Il ne parle plus beaucoup depuis...
Shera s'arrêta net, cherchant ses mots. Reeve acquiesça.
-Nous sommes tous attristés par le départ de Yuffie.
-Ça le détruit, soupira-t-elle. J'aurai pensé que le temps l'aiderait à avancer, mais il n'a fait qu'empirer les choses. Il passe ses journées dans le hangar, il ne dort plus dans notre chambre, et je le retrouve en train de pleurer au milieu de la nuit, des photos éparpillées partout autour de lui... Je ne sais plus quoi faire.
Elle secoua la tête, désespérée, puis cacha son visage larmoyant dans ses mains.
-Elle comptait tellement pour lui, souffla-t-elle. Il me disait parfois qu'elle était comme sa fille, qu'il aurait toujours du mal à voir qui que ce soit lui tourner autour, et qu'il se sentirait toujours obligé de l'engueuler à chaque fois qu'elle ne filait pas droit.
-C'est au sujet de Yuffie que nous sommes là Shera, annonça Vincent.
Elle se redressa et les observa un moment. Reeve soupira et se lança dans son récit alors que Vincent s'éclipsait pour aller chercher Cid.
Il le trouva en train de pester après le scooter de Yuffie dans le hangar. Le blond s'arrêta en le voyant et se leva d'un bond.
-Vincent, je suis désolé pour ce que je t'ai dit, s'excusa-t-il avant même que Vincent n'ait pu le saluer. Je ne le pensais pas bien sûr, c'était cette putain de douleur. Yuffie t'adorait, et je sais que pour toi aussi ça a été vachement dur...
-Et ça l'est toujours, souffla Vincent.
Cid acquiesça tristement mais il se reprit vite.
-Bon, on va botter quelques culs ? Avoir un peu d'action ne me ferait pas de mal !
-Nous devons parler sérieusement de découvertes que Reeve a faites concernant la mort de Yuffie, avoua Vincent. Et la mission que nous te proposons suggérerait de se lancer à la recherche d'un possible meurtrier.
Cid écarquilla les yeux et dut se maintenir sur la rambarde derrière lui.
-Tu veux dire que notre Yuffie, quelqu'un l'aurait..?
Vincent acquiesça.
-Reeve est en train de raconter l'histoire à Shera, tu devrais venir.
Cid acquiesça, un éclair de haine au fond des yeux.
Si quelqu'un était responsable de la mort de Yuffie, il ferait un carnage de ce monde jusqu'à ce qu'il trouve le coupable.
-Vinniiiie ?
Vincent ignora son ton suppliant, concentré sur son livre. Mais Yuffie reprit quelques secondes plus tard, s'appuyant sur son accoudoir.
-Vinniiiiiiie ?
Elle le redit, sur plusieurs tons différents, avec des nuances de voyelles, mais toujours avec la même façon de l'agacer.
-Si tu me réponds pas, je me déshabille, menaça-t-elle.
Il leva un regard exaspéré vers elle et Yuffie éclata de rire en se laissant tomber sur ses genoux, attrapant son livre au passage pour l'envoyer valser sur le canapé non loin.
-J'ai un service à te demander, expliqua-t-elle en le regardant très sérieusement malgré la position embarrassante qu'elle imposait à Vincent.
-Ça ne ferait que le troisième de la semaine, marmonna-t-il.
-Trois services en une semaine ce n'est pas énorme, répliqua-t-elle.
-Nous sommes mardi Yuffie, soupira-t-il.
-Ah oui, ça alors j'aurai juré qu'on n'était pas ce jour-là...
Elle rit alors qu'il cachait plutôt bien son amusement.
-Tu me le rends ce service ?
-S'il s'agit d'embêter un membre d'Avalanche c'est non, et si ça implique t'embrasser ou te toucher devant des gens, c'est non également.
Yuffie se mordit la lèvre, ennuyée.
-Et t'asseoir à côté de moi à un bar pour faire croire qu'on est ensembles, c'est non aussi ?
-Je ne ferai pas croire quoi que ce soit concernant une relation entre toi et moi, protesta-t-il calmement.
-Mais ce gars il ne me lâche pas, répondit-elle avec une voix enfantine et une grimace boudeuse.
-Demande à Reeve.
-Déjà fait.
-Il a dit non ?
- Il n'avait pas posé de conditions comme toi. Donc quand je lui ai demandé de se jeter sur moi en public, il est parti. J'ai pris ça pour un non.
Elle haussa les épaules, comme si demander aux gens de se jeter sur elle pour échanger un baiser fougueux était tout à fait normal et rationnel.
-Tu auras juste à me tenir la main, reprit-elle.
-C'est non.
-Mais comment je l'évince moi ?
-Dis-lui que tu ne veux pas, répondit-il le plus naturellement du monde.
-Déjà essayé, il prend ça pour un encouragement à être plus assidu. Il croit que je veux qu'il me fasse la cour.
-Oh je vois, vieille école ?
-Il m'a promis qu'il décapiterait tous ceux qui m'importunent, il a même dit qu'il provoquerait en duel quiconque s'opposera à notre amour, récita-t-elle avec un air blasé.
-Cid devrait lui flanquer une trouille suffisante, va lui dire.
Yuffie soupira et se leva de Vincent qui put enfin respirer normalement. Elle allait partir mais elle se tourna, songeuse.
-Je ne suis pas assez bien pour être vue avec toi ou tu es juste vieux jeu ?
Il secoua la tête et se pencha pour attraper son livre. Yuffie insista et il se résolut à lui donner une réponse.
-Tu es trop jeune et agitée pour moi.
-C'est une façon pour m'évincer sans avoir à avouer que tu ne me trouves pas belle ?
-Si je le pensais, je te l'aurai dit.
-Et ça c'est une façon de me dire que tu me trouves belle ? rit-elle.
Il lui adressa un bref regard lassé puis reprit sa lecture. Il n'entendit pas Yuffie revenir sur ses pas, mais il sentit ses lèvres se déposer brièvement sur sa joue. Il écarquilla les yeux mais avant de pouvoir faire quoi que ce soit, elle avait déjà disparu.
Le Shera se posa à proximité de Wutaï et Reeve laissa ses soldats en charge du vaisseau alors que Cid, Vincent et lui se mettaient en marche vers la ville.
Ils eurent du mal à atteindre le palais, c'était jour de marché et les Wutaïans envahissaient les rues et ruelles, à la recherche des meilleurs prix. Une fois dans le grand Hall, un majordome vint à eux d'un pas rapide et agacé.
-Le Palais n'est pas ouvert au public, déclara-t-il sèchement.
-Ça tombe bien, on est dans le privé, répondit Reeve. Nous souhaitons parler au seigneur Godo.
-Vous avez rendez-vous ?
-Non, mais ça ne saurait tarder.
-Pas de rendez-vous, pas d'entrée, répliqua le majordome. Maître Godo est toujours très affecté par la mort de sa fille la princesse Yuffie Kisaragi. Il porte le deuil dans ses appartements privés.
-Nous le savons, nous sommes là pour elle, répondit Reeve. Yuffie était notre amie.
Le majordome sembla hésiter, les dévisageant, puis il poussa un léger soupir agacé.
-Je vais me référer à l'intendant, ne bougez pas.
Il s'éloigna d'un pas rapide et disparut par une porte discrètement dissimulée par deux pans de tapisseries. Reeve se tourna vers ses deux amis.
-Plutôt agressif pour un accueil, commenta-t-il.
-Godo doit craindre pour sa vie, déclara Vincent. Il y a plus de gardes dans ce Hall que la dernière fois que je suis venu.
-Tu étais déjà venu ? s'étonna Cid.
-Yuffie m'avait forcé à la suivre à Wutaï lors d'une mission que Reeve nous avait attribué, répondit Vincent.
-En tout cas, reprit Reeve, si Godo craint pour sa vie, c'est que lui aussi soupçonne des choses concernant la mort de sa fille.
Cid et Vincent acquiescèrent alors que le majordome revenait avec un homme d'un certain âge au sourire accueillant.
-Le seigneur Godo ne peut accueillir les amis de Yuffie Kisaragi aujourd'hui, déclara-t-il. Est-il possible que vous reveniez demain ?
-Putain de merde encore des délais, marmonna Cid. On veut le voir maintenant, ajouta-t-il à voix haute.
Reeve leva une main pour le faire taire et s'inclina légèrement.
-Mes excuses, déclara-t-il. Mon ami est très impatient. Nous reviendrons demain pour nous entretenir avec le Seigneur Godo.
Après quelques politesses, les trois hommes rebroussèrent chemin et retrouvèrent la fourmilière humaine des rues.
-Godo n'est pas dans le palais, on nous a mentis, déclara Vincent.
-Comment le sais-tu ? s'étonna Reeve.
-Yuffie m'avait expliqué que lorsque son père est au palais, un drapeau blanc est suspendu au balcon de ses appartements et que lorsqu'il est absent, c'est un drapeau bleu-roi.
-Tu penses qu'on s'en est également pris à Godo ?
-Je ne sais pas. Mais le drapeau est bleu-roi.
-Donc le père Godo n'est pas dans son donjon ? intervint Cid.
Vincent acquiesça. Reeve sembla alors songeur et ne reprit la parole que quelques minutes plus tard, alors qu'ils atteignaient le Shera.
-Je pense qu'entrer dans le palais pour aller chercher nous-mêmes les informations ne seraient pas une mauvaise idée.
Vincent et Cid le dévisagèrent un instant, mais le chef de la WRO reprenait le dessus. Ça n'était plus une simple mission, Reeve en faisait une affaire à résoudre coûte que coûte.
Réponses aux reviews-qui-sont-toujours-les-bienvenues-rappelons-le-tout-de-même ^^
Lys9191 Je trouve ça amusant que tu ais pensé qu'elle ne soit pas morte… enfin, amusant n'est pas le mot ^^'
666bulle Alors rendez-vous tous les deux soirs :)
lunastrelle réponse bientôt :)
