Rating: T parce que le sujet est morbide, et parce que Cid ne sait pas être poli.

Résumé: Un voyage pour enquêter sur la mort d'un être cher peut cacher d'autres motivations. La mort n'est jamais facile à accepter... Et si finalement ce qu'ils avaient cherché tout ce temps c'était une chance de lui dire toutes ces choses passées sous silence ?

Rappel: L'usage de l'italique indique un flash back.


Chapitre cinq: Je te vois

-Arrête de te dandiner bon sang, on va juste au bar, ce n'est pas comme ton bal, pesta Cid.

-J'aime pas les robes, marmonna Yuffie en arrêtant de faire les cent pas pour se laisser tomber à côté de Cid sur les marches. T'es sûr qu'il n'a pas perdu la mémoire hein ?

Cid ne put s'empêcher de rire légèrement et enlaça les épaules de Yuffie pour la caler contre lui.

-T'en fais pas petiote, tu es la première personne sur qui le grand Vinnie Valentine a posé des questions en revenant dans le coin.

-Je ne suis pas petite, j'ai vingt-et-un an, protesta la brune en lui adressant un regard de défi.

Il rit et se leva pour allumer une cigarette. Yuffie l'observa, puis repositionna les plis de sa robe verte pour pouvoir plier ses jambes et s'appuyer dessus, glissant ses poings sous son menton.

-J'aime pas ne pas avoir mon bandeau, je me sens nue, marmonna-t-elle.

-Pourtant tu es largement plus habillée que d'habitude, se moqua Cid.

-Hey ! Vieux pervers !

-Idiote, répliqua-t-il en haussant les épaules.

Yuffie scruta le noir un moment, songeuse.

-Il est en retard, soupira-t-elle. Peut-être que la fête ce n'était pas une si bonne idée.

-Il a promis à Cloud qu'il viendrait, tenta-t-il de la réconforter.

Elle acquiesça, mais la tristesse se lisait dans ses traits. Cid soupira et écrasa sa cigarette avant de se rasseoir à côté de Yuffie. Il posa sa main au milieu de son dos et le frotta doucement.

-T'inquiètes pas, il viendra je te dis.

Et comme pour lui donner raison, la cape rouge de Vincent se détacha du noir alors qu'il apparaissait. Yuffie se leva comme sur ressort et alla se jeter dans ses bras. L'homme l'accueillit avec surprise, mais referma tout de même avec précaution son bras métallique sur elle. Yuffie lui racontait déjà mille choses et il avait à peine le temps de saisir la moitié des informations. Il suggéra qu'elle était contente de le revoir et s'autorisa à lui adresser l'un de ses si rares sourires.

Cid soupira et les suivit alors qu'ils rentraient faire la fête. Il avait eu l'impression de céder sa fille à un potentiel gendre lorsqu'il avait vu Yuffie enlacer avec tant de plaisir Vincent. Et bon sang, il n'avait pas réalisé qu'elle était déjà si grande, en âge d'aimer... En âge de partir loin.

-Hey Cid, tu veux bien me faire danser ? revint soudain Yuffie. Je ne trouve pas de cavaliers qui dansent aussi bien que toi, ajouta-t-elle avec un sourire enfantin.

Il accepta en riant, se moquant d'elle pour étouffer le cri de joie de son cœur. Parce qu'elle était comme sa fille, et parce qu'elle reviendrait toujours vers celui qui était comme son père.


Cid écrasa une énième cigarette dans le cendrier Wutaïans, et enfin le majordome apparut pour leur annoncer que Godo allait les recevoir.

Ils furent introduits tous trois dans le bureau que Vincent avait visité la nuit précédente. Godo s'assit face à eux, la mine fatiguée mais tentant de faire bonne figure.

-De quoi vouliez-vous m'entretenir messieurs ?

-Nous savons que Yuffie avait été enlevée avant d'être retrouvée morte. Nous savons également qu'elle a probablement été assassinée. Et nous voulons des réponses, énonça Reeve.

Godo se passa la main dans les cheveux, l'air ennuyé. Il ne chercha cependant pas à nier.

-Pourquoi tous ces mensonges ?

-Parce que nous voulons éviter au meurtrier de pouvoir se vanter de son crime, soupira Godo. Ma fille méritait une mort sans tâche.

-Elle ne méritait pas de mort du tout ! s'emporta Cid.

-Cid, intervint Reeve en le faisant rasseoir. Pourquoi nous avoir caché la vérité à nous aussi ?

-Parce que nous ne savions pas quoi vous dire. Nous n'avons ni tueur, ni arme du crime... Tout porte à croire que c'est bien la foule qui l'a tuée dans la panique.

-Mais ça ne ressemble pas à Yuffie, surtout pas compte tenu des circonstances, conclut Reeve.

Godo acquiesça.

-Nous ne pouvons plus entrer en contact avec Slevin, nous le cherchons depuis un mois, mais il n'y a plus trace de lui. Il est certainement le seul à savoir ce qu'il s'est passé.

-Vous ne pensez pas qu'il l'ait tué vous non plus ? s'enquit Reeve.

-Slevin est une brute, un orgueilleux et un dangereux ambitieux, mais jamais il n'aurait exécuté son seul moyen d'accession au trône.

-Où étiez-vous le soir de l'enlèvement de Yuffie ? demanda soudain Vincent. N'avez-vous rien remarqué d'étrange ?

Godo l'observa étrangement avant de répondre.

-Eh bien vous avez sûrement lu les rapports vu tout ce que vous savez...

-Vous avez dit être dans votre bureau en train de travailler, récita Reeve.

-Ce n'est pas exactement ce que je faisais, soupira Godo. J'étais en train de lancer des recherches pour Yuffie. J'ai été idiot en tolérant Slevin au palais, alors le moins que je pouvais faire pour elle, c'était retrouver son seul ami alors qu'il avait disparu.

-Vous voulez parler de ce garde du corps auquel Yuffie a fait appel contre Slevin ? s'informa l'homme en rouge.

Godo acquiesça, mais n'ajouta rien. Vincent insista:

-Qui était cet homme ?

-Pas un homme en tout cas, répondit Godo. Vous le connaissez, il s'agissait du dénommé Red XIII, Yuffie l'appelait Nanaki, un ami à vous aussi non ?

-La touffe de poils nous aurait mentis ? s'exclama Cid en regardant ses amis.

-Eh bien nous savons qui chercher ensuite, annonça Reeve. Merci pour les renseignements seigneur Godo.

Ce dernier s'inclina alors que Vincent se dirigeait déjà vers la porte. Cid ne put s'empêcher de rester un peu en arrière pour pointer un doigt accusateur sur Godo.

-Vous auriez dû prendre soin d'elle, gronda-t-il. C'était une gamine, elle ne méritait pas votre stupidité.

-Cid, soupira Reeve en le forçant à sortir.

La porte se referma, laissant le silence s'installer.

Godo s'affaissa dans son fauteuil et s'épongea le front. Une sonnerie retentit au-dessus de la porte et il sortit son téléphone, assuré que ses visiteurs étaient trop loin pour l'entendre.

-Ils sont sur tes traces, je devais le leur dire, informa-t-il son interlocuteur.

-Je ferai en sorte qu'ils me trouvent dans ce cas, répondit la voix calme de Nanaki.


-Hey Reeve regarde ! se réjouit Yuffie, en équilibre sur la rambarde du toit du QG.

-Prends garde Yuffie, la chute serait rude, sourit Reeve sans pour autant bouger du sol où il était allongé.

Les étoiles leur servaient de toit en cette soirée d'été. Yuffie était apparue dans la matinée et avait demandé l'asile pour quelques jours. Reeve n'avait pas posé de questions, il savait qu'elle venait du manoir de Vincent, et il lui avait donné une chambre. Mais elle avait refusé, elle voulait dormir sur le toit. Alors elle l'avait entrainé avec elle tout là-haut, des couvertures sous les bras.

Depuis, elle avait fait un nombre considérable de choses déconseillées quand on est sur le toit d'une construction aussi immense que le QG de la WRO.

Et maintenant elle était là à tanguer sur la rambarde de métal, un sourire enfantin sur les lèvres. Un simple coup de vent pouvait avoir raison de sa vie, mais tenter de la faire descendre, c'était la briser. Elle était fragile à cet instant, il le savait. Parce qu'elle aimait et ne se savait pas aimée en retour. Parce qu'elle n'avait plus d'espoir et que ça la tuait. Parce qu'elle avait laissé derrière elle Vincent Valentine, celui qu'elle aimait de tout son être.

-Yuffie, tu vas te faire mal, reviens te coucher, tenta-t-il.

-Me faire mal ?

Sa voix était désormais triste. Il se redressa et l'observa attentivement, calculant ses chances de l'attraper sans qu'elle ne fasse une chose stupide.

-Mourir ça ne doit pas faire aussi mal, conclut-elle en se tournant vers le vide. Et je suppose que ça ne lui a pas fait si mal que ça à lui, après tout, c'est comme s'il n'avait plus de cœur, comme s'il n'y avait qu'elle à jamais...

-C'est faux, souffla Reeve en s'approchant doucement. Il t'aime, il a juste oublié comment il fallait dire ces choses-là. Mais un jour il s'en souviendra, et ce jour-là tu seras heureuse.

-Et s'il s'en souvenait trop tard ?

-Mieux vaut tard que jamais Yuffie. Un jour il te dira que tu es belle, qu'il aime te faire danser, et que t'avoir toujours à l'embêter, ça le fait sourire. Il t'avouera que tu l'as fait rougir, que tu l'as réveillé. Et quand il aura fait cette longue phrase, il te dira les mots les plus importants. Il te dira qu'il t'aime, et tu songeras que ça en valait la peine.

-Et je serai heureuse..?

Les larmes dévalaient ses joues.

-Tu seras radieuse, souffla Reeve en lui tendant la main.

Elle attrapa sa main et il la fit tomber dans ses bras où il la serra contre lui. Elle cacha ses larmes sous son long manteau avec lequel il la cacha au monde.

-Tu seras radieuse, répéta-t-il en embrassant la tempe de Yuffie.


Vincent se réveilla en sursaut une fois de plus. Il se dirigea vers la petite salle de bain de sa cabine et se passa de l'eau sur le visage, comme si ça allait chasser l'image du corps sans vie de Yuffie. S'il avait su, il ne l'aurait jamais laissée partir. Il aurait trouvé les mots que sa gorge avait emprisonnés. Il l'aurait laissée le sauver, et il aurait passé sa vie avec elle.

Mais l'évidence était là trop tard, il n'avait pas été assez rapide, il n'aurait jamais la chance de lui dire qu'elle avait toujours eu raison. Et pourtant il avait imaginé des milliers de scénarios quand elle était partie. Il s'était imaginé se servir de la clef pour aller lui dire enfin qu'il n'était qu'un idiot et qu'au fond, il l'aimait et l'avait su dès les premiers battements de cœur qu'elle lui avait fait rater. Il avait parfois vu plus loin, imaginant Yuffie revenir au manoir et faire des caprices tous plus extravagants les uns que les autres. Et sa vie était belle, parce qu'elle était là et parce qu'elle lui promettait à mi-voix d'y être toujours.

Il aimait Yuffie, et il avait manqué sa chance de le lui dire.


-Vinnie, tu crois qu'on va s'en sortir ?

-Il ne s'agit que de s'échapper d'un bâtiment, nous devrions pouvoir le faire sans problème, répondit-il calmement.

Yuffie soupira et laissa reposer sa tête contre lui. Ils étaient assis au sommet de l'immeuble, dos contre dos. Reeve avait envoyé des soldats les ramasser, mais l'engin avait été abattu.

-On fait une bonne équipe hein ? sourit-elle.

Il acquiesça, elle le sentit. Elle se leva soudain et se planta face à lui.

-T'as raison, on va les massacrer et aller boire une bonne bière pour fêter ça.

-Tu as l'âge ? répliqua-t-il en haussant un sourcil inquisiteur.

-Arrête de m'insulter et lève tes jolies fesses.

Il eut un air légèrement choqué et elle rit.

-Il y a des chances qu'on meurt, fallait bien que je te le dise, plaisanta-t-elle.

-Personne ne mourra, assura-t-il.

-Nous ne sommes sûrs de rien.

Et comme pour appuyer ses dires, elle se mit à sa hauteur et l'embrassa. Vincent écarquilla les yeux alors qu'elle s'écartait. Elle lui adressa un regard un peu timide.

-Oui bon je sais, je ne suis pas le canon qu'il faudrait pour que cette scène soit super sexy, mais j'en avais super envie, marmonna-t-elle.

Il acquiesça, toujours choqué. Puis il remarqua qu'elle était toujours proche, et il songea qu'il n'avait pas eu le temps de savourer cet instant étrangement doux. Il se baissa vers elle et captura ses lèvres avec légèreté avant de la soulever du sol alors qu'elle enlaçait son cou en approfondissant son ébauche.

Il la sépara de lui doucement et vit qu'elle rayonnait.

-T'es pas non plus le prince charmant, mais c'était plutôt hot ça, détailla-t-elle.

Il la reposa sur le sol et leva sa main métallique à hauteur de son visage. Il aurait voulu pouvoir sentir la chaleur de ses joues rosies, mais il pouvait la blesser, monstre qu'il était.

-Bon, admettons qu'on s'en sorte, je suppose que je dois oublier ce que tu viens de faire ?

Il hocha la tête et elle soupira en gardant un léger sourire. Elle attrapa sa main métallique et l'approcha de sa joue sans qu'il ne puisse réagir. La griffe dorée entailla sa joue, mais elle souriait encore lorsqu'il retira sa main.

-Eh bien moi je veux m'en souvenir, et cette cicatrice de guerre est la plus belle que j'aurai.

-Nous devons y aller, trancha-t-il pour ne pas avoir à s'énerver.

Il avait regretté longtemps d'avoir cédé à cette étrange envie, car il n'avait pas eu la chance de laisser sa vie dans les combats qu'ils avaient traversé à deux jusqu'au bas de l'immeuble.

Il avait regretté, mais n'avait jamais pu oublier. La très légère cicatrice de Yuffie le lui rappelait à chaque fois qu'elle envahissait son espace vitale.

Et il n'aurait jamais pensé la voir un jour sur le visage inanimé de Yuffie.


-Vincent, murmura la voix familière de Yuffie, Vincent ouvre les yeux s'il te plaît.

Vincent se redressa et regarda son reflet dans le miroir. Il était fatigué, son visage ne semblait plus si impassible. Soudain, ses yeux endormis s'agrandirent de compréhension et il quitta la petite salle de bain à toute allure. Il s'habilla rapidement, puis sortit en courant de sa chambre pour rejoindre la salle de pilotage. Il avait senti depuis le début que Yuffie avait voulu lui dire quelque-chose, et maintenant, il savait.

Cid et Reeve lui adressèrent des regards surpris lorsqu'ils le virent arriver en courant.

-Vincent ? Que s'est-il passé ? le questionna Reeve.

-Je savais que quelque chose clochait, répondit Vincent. Je le savais depuis le début. C'était sous nos yeux et nous n'avons rien vu.

-De quoi diable parles-tu ? intervint Cid.

-La cicatrice, c'est la cicatrice, tenta d'expliquer Vincent.

-D'accord Vincent, tu vas te calmer et après tu pourras peut-être nous dire de quoi tu parles, le coupa Reeve.

L'homme en rouge hocha la tête et respira à fond, le comble pour lui d'habitude si calme.

-Yuffie avait une cicatrice à la joue, elle se l'était faite sous mes yeux, expliqua-t-il.

-Oui et alors ?

-La cicatrice était sur la joue droite. La Yuffie à qui nous avons dit adieu il y a un mois avait bien une cicatrice, mais elle était sur la joue gauche.

Le Shera fut brusquement secoué et Reeve et Vincent perdirent l'équilibre. Cid se remit de ses émotions et reprit la barre.

-Putain de merde ! pesta-t-il. Tu veux dire que la morte, ce n'était pas Yuffie ?

-Vincent, tu es sûr de toi ? vérifia Reeve en se relevant.

-Je suis le responsable de cette cicatrice, je sais ce que je dis.

Cid balbutia des mots sans but, des larmes dans les yeux, avant de réussir à faire une phrase:

-Ça veut vraiment dire ce que j'espère alors ?

-Oui Cid, confirma Vincent. Yuffie est toujours en vie.

Le soleil se leva et inonda la salle de pilotage, alors que le silence s'y faisait.

Et dire qu'un jour Yuffie avait cru qu'il ne la voyait pas vraiment.


Ha ! et là c'est le moment où soit vous êtes plus ou moins emballé(e)s, soit vous détestez et choisissez de ne plus jamais revenir lire :)

merci pour les reviews je les adore ! =) (et merci 666bulle pour la pub –inattendue– =) )