Phase quatre – Soudainement je vois
J'aime Bella, elle était comme une meilleure amie, une sœur pour moi et maintenant, elle est un peu plus que ça et je me sens un peu perdue. Chaque fois que je la touche, je sens une décharge électrique. Quand je suis proche d'elle, son odeur est tellement présente que je ne peux même plus m'entendre penser. Et quand son visage s'illumine d'un sourire, je fonds complètement et c'est difficile de ne pas tomber à ses pieds. Même lorsqu'elle était encore humaine, elle était une déesse à mes yeux. Okay, peut-être que j'y vais un peu fort.
Il n'y a pas eu une seule seconde, minute ou même jour sans que je ne pense à elle. C'était dur de cacher mes pensées à Edward, mais j'ai néanmoins trouvé le moyen de le faire à chaque fois. Penser à ce que j'aimerais avoir lorsque j'irais faire les boutiques était un parfait blocage qui me protégeait de toutes pensées au sujet de Bella. En fait, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que je sente qu'Edward se doutait de quelque chose. Est-ce que j'ai agi étrangement lorsqu'il était avec Bella? Probablement pas, j'étais comme d'habitude à chaque fois, comme la sœur que je suis supposée être. Bella agissait étrangement avec moi aussi, mais j'ai pris l'habitude de ne pas y prêter attention. Être avec elle me rend toujours heureuse, peu importe la façon dont elle se comporte avec moi.
Tout le monde était sorti soit chasser, soit magasiner et les deux seuls occupants dans la maison étaient Bella et moi. J'étais dans ma chambre à débattre si je devais descendre et passer du temps seule avec elle. Ça me rendait nerveuse d'une certaine façon, mais je m'arrangeai pour mettre cette nervosité de côté et descendis les escaliers. Je l'appelai même si je savais où elle se trouvait. Même si cela faisait déjà deux ans que sa voix humaine s'était transformée en l'une des nôtres, je ne pouvais toujours pas m'y habituer, même si je ne m'étais jamais habituée à sa voix humaine. J'essayai de mémorisai le ton encore une fois, mais comme chaque fois que je l'entendais parler, ça me rendait presque dingue.
Je fus derrière elle en un rien de temps et je la vis lire un de mes magasines. Je savais qu'elle n'aimait pas ce genre de lecture, mais ce sont les seuls trucs à lire dans le coin. Je ne me moquai pas pourtant. Je me penchai et l'embrassai sur le front le plus rapidement que j'en fus capable pour que mes lèvres ne s'attardent pas trop longtemps sur sa peau froide. Nous avons parlé comme des sœurs l'auraient fait et je l'enlaçai lorsque je sentis qu'elle était triste alors qu'elle repensait à sa vie humaine. Je me dépêchai de lui suggérer d'aller faire les boutiques ou quelque chose dans le genre. Elle déclina et je dus lui faire les yeux doux. Comme je m'y attendais, elle accepta et bientôt nous étions à l'intérieur de ma Porsche à rouler à toute vitesse vers l'endroit que j'avais décidé qu'on allait: Vancouver. Au moins, je n'allais pas à L.A. ou New York puisque ça aurait fait un sacré voyage pour faire les magasins!
Je commençai à fredonner pour ne pas avoir à parler. Son odeur près de moi suffisait à me faire perdre la tête. Le temps passa si rapidement et je commençai à m'inquiéter à son sujet. Bella n'avait pas dit un seul mot depuis qu'elle était entrée dans la voiture. J'arrêtai de chantonner et me tournai pour la regarder. Elle était perdue dans ses pensées, très loin puisque ses sourcils étaient froncés et je me demandai à quoi elle pensait. Mais je m'inquiétais toujours pour elle, car peu importe ce à quoi elle pensait, ça devait être important. Je la regardai se retourner vers moi et pendant un instant nos yeux se croisèrent. Cependant, ça ne dura pas très longtemps puisqu'elle se dépêcha de regarder ailleurs et ça me fit rire. Elle était mignonne, trop mignonne pour son propre bien. Puis je lui demandai à quoi elle pensait; elle répondit un premier mensonge sur une longue période. Je l'obligeai à me dire la vérité et elle me la dit cette fois. Lorsqu'elle mentionna Edward, je me sentis coupable d'avoir ces sentiments pour elle, puisque Bella était sienne et non mienne.
Je savais qu'Edward lui manquait, mais je devais lui poser la question pour l'entendre le dire elle-même, seulement pour m'encourager à garder mes résolutions. Je lui laissai savoir que Jasper me manquait aussi. C'était vrai, mais sentir son corps contre le mien gagnait haut-la-main sur l'absence de Jasper. Puis, je l'entendis dire Ils reviendront bientôt sans espoir dans sa voix. Qu'est-ce que c'était que ça? Edward ne lui manquait pas? Ma question avait été répondue lorsque j'avais eu l'imbécilité de lui parler d'Edward. Puis je fus frappée par une vision que je ne pus ignorer puisque c'était à propos de l'unique journée que je pouvais passer avec Bella, seule avec elle. Je la voyais chercher dans un tas de chaussures et je souris. Je me tournai vers elle et vis qu'elle s'éloignait de moi. Que faisait-elle pendant que ma vision?
«Nous allons te trouver des talons, encore plus de talons et des chaussures!» M'enthousiasmai-je et sans m'en rendre compte, mes mains avaient quitté le volant et applaudissaient d'excitation. Puis je l'entendis grogner et mes mains retournèrent instantanément à l'endroit où elles devaient être. C'était dans ces situations où elle geignait qu'elle me faisait glousser, puis rire. Mais soudainement, une autre vision me frappa et encore une fois, je ne pus l'ignorer.
Ce que je vis me donna vraiment envie de pleurer. Le futur se retira de mon champ de vision et je pensai que quelque chose d'aussi beau que cela était supposé être déchirant. La seule chose déchirante dans cette vision était qu'Edward et Jasper n'y étaient pas. J'étais là, avec Bella et le reste de la famille. Nos mains s'accrochaient l'une à l'autre, mais Edward et Jasper n'étaient pas présents. Je pus sentir les larmes au fond de mes yeux, mais je savais qu'elles ne couleraient jamais. Mes larmes étaient autant de joie que de douleur. La joie immense d'avoir Bella et la douleur de perdre un frère ainsi qu'une âme-sœur. Encore là, Jasper et moi sommes ensemble depuis plusieurs décennies maintenant et il attend depuis un moment que je lui dise les sentiments que j'ai pour Bella. Il l'a senti, je le sais et peu importe ce que je fais, je ne pourrai jamais cacher mes sentiments à Jasper. Il est une partie de ma vie après tout. Mais de savoir que j'allais le perdre d'une telle manière me faisait mal. Toutefois, ce n'était qu'une vision et même si j'étais avec Bella, Edward et Jasper resteraient, non? Je ne pourrais pas vivre en sachant que Jasper me quitterait à cause de mes inflexibles sentiments pour Bella. Mais qu'adviendrait-il d'Edward? Qu'arriverait-il si je lui volais Bella? Je ne voulais pas le faire et j'essaierais d'empêcher la vision de se réaliser si j'en étais capable.
Mes yeux focalisèrent de nouveau et je pus voir les yeux concernés de Bella. Les larmes au fond de mes yeux étaient l'explication à son expression et je ne pus faire autrement que de lui sourire pour la rassurer. Tout allait être pour le mieux, ou plutôt c'est ce que je me dis pour me convaincre que tout allait être pour le mieux. Et je savais que j'allais devoir lui raconter ma vision, mais que devrais-je lui dire exactement? Qu'on serait ensemble dans le futur? Que ça soit bientôt ou plus tard? Ça serait gênant, non? Puisque je n'avais pas vu ou senti quoique ce soit de la part de Bella qui me prouvait qu'elle m'aimait de la même façon que je l'aimais. Tout ça n'avait pas de sens et je devais penser à une histoire que je pourrais lui raconter sans que ce soit ma vision. Mais cela voudrait dire que je devais lui mentir, et je ne voulais pas faire ça. Est-ce que c'était le moment où je sortais de ma coquille et lui avouais ce que je ressentais? Ça serait la situation la plus gênante pour nous, mais je savais qu'elle ne m'éviterait pas. Alors ça en valait la peine et j'avais l'éternité pour m'en remettre.
«Bella...» Je m'arrêtai, cherchant les mots que je voulais et ceux que je ne devais pas utiliser. C'était rare pour moi de chercher mes mots puisqu'ils m'ont toujours vu comme quelqu'un de bavarde. Maintenant, j'avais seulement besoin de penser à comment mettre tous ces mots ensemble pour que ce soit le plus facile à comprendre et lui dire que ce n'était pas sa faute si j'étais tombée amoureuse d'elle. C'était maintenant ou jamais.
