– II –
Quand il étend ses ailes pour s'envoler
Voilà donc le deuxième chapitre! :D
Il se passe toujours à la même époque et il va surtout montrer la rencontre et l'évolution de la relation entre Gino et Anya. ^^
J'ai adoré l'écrire! J'ai trouvé ça trop mignon! XD
J'espère qu'il vous plaira!
Bonne lecture! :3
La chambre de Gino possédait trois portes. L'une menait dans le couloir mais n'était autorisée à être ouverte que part Kotori pour transmettre les repas. La seconde ouvrait sur la salle de bain, tout aussi gigantesque. Quant à la troisième, c'était un accès direct à une bibliothèque où un professeur particulier venait faire cours à Gino quatre jours par semaine. C'est de cette dernière que le blondinet sortait, le soir où Anya se réveilla.
Il l'avait ramenait dans sa chambre la veille. Comme elle ne retrouvait toujours pas ses esprits, Kotori l'avait lavé, lui avait fait enfiler une des ses longues chemises, et l'avait allongé sur le lit.
Ce soir là, Gino, assis à son bureau de chambre, finissait quelques devoirs lorsque le bruit des couvertures que l'on déplace lui fit tourner la tête.
La fillette était assise sur le lit et regardait la chambre d'une air ébahi.
Elle finit par poser sur lui ses grands yeux rubis et resserra la couverture contre son corps dans un geste effrayé.
« Oh! Tu es enfin réveillée! S'exclama Gino avec enthousiasme. Ce n'est pas la peine d'avoir peur, je ne te veux pas de mal, tu sais.
Elle se recroquevilla encore et ouvrit la bouche, comme pour parler. Aucun son n'en sorti.
- Tu... Tu est muette? Tenta l'enfant, un peu déçu de cette réaction.
Peut-être était-elle noble et n'avait pas le droit de parler à des inconnus... Dans ce cas il valait mieux la vouvoyer; le tutoiement avait fusé à cause de l'âge, il ne s'était pas vraiment posé la question. Il ne s'était pas non plus demandé d'où venait cette fillette et si quelqu'un pouvait la chercher... Non, tout ça n'avait vraiment pas d'importance dans son insouciance enfantine.
- Où... Où est-ce que je suis? Chuchota la petite fille d'une voix enrouée.
Gino poussa un soupir de soulagement. Elle n'était pas muette et ce n'était pas non plus une bourgeoise – du moins, la tournure de sa phrase le laissait supposer.
- Tu es dans ma chambre, répondit-il en allant s'asseoir sur le lit, juste à coté d'elle. (Ne prenant pas garde à son mouvement de recul.) Je m'appelle Gino! Et toi?
Il y eut un profond silence durant lequel la fillette fixa son sauveur d'un air perdu. Quand son menton se mit à trembler et ses yeux à s'embuer, Gino s'affola.
- Qu-Qu'est ce qui t'arrive? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas? Je suis désolé! Eh, tu ne vas pas pleurer quand même?
- J'ai... oublié...! lâcha-t-elle entre deux hoquets. Je me souviens plus... Mon nom et... Et tout... Et... Et...
Elle éclata en sanglot, sous le regard impuissant du gamin. Ce n'était vraiment pas de cette façon qu'il s'était imaginé la scène de leurs présentations... Faute de mieux, il lui tapota la tête en tentant d'être réconfortant.
- Ce... Ce n'est pas si grave... C'est... C'est juste le choc. Ça va te revenir bientôt, tu es juste un peu fatiguée... Ne te mets pas dans cet état... Je... Je vais te commander à manger, tu dois avoir faim, pas vrai?
À l'évocation de la nourriture, la fillette releva son petit visage inondé de larmes. Sa poitrine se souleva par accoue encore une dizaine de fois avant qu'elle ne se trouve en état de parler.
- Oui... S'il vous plait.
Gino sauta du lit et couru frapper à la porte qui s'ouvrit lentement.
- Kotori, ça y est, elle est réveillée.
- C'est vrai? Comment va t-elle? S'enquit la servante en entrant dans la chambre. Mais maître, que lui avait vous fait?
Elle se précipita au chevet de l'enfant, sans se soucier de la porte laissée ouverte sur laquelle Gino lorgna un moment avant de rejoindre sa nourrice.
- Elle a juste faim, tu peux nous apporter le repas, s'il te plait? Il y a de la soupe, non? Ça la rechauffera.
La femme lui jeta un regard surpris mais ne demanda pas plus de renseignements sur l'état de la petite. Peut-être le moment n'était-il pas bien choisi. Ou bien, chose plus crédible à laquelle elle ne pensa pas, peut-être Gino voulait-il se réserver le droit de consoler sa protégée; c'était en effet un moyen pratique de la mettre en confiance et de se lier d'amitié avec elle.
- Bien, maître, je reviens de suite.
Le jeune garçon attendit que Kotori aie refermé la porte derrière elle avant de se retourner vers la gamine.
- Tu te sens mieux? (La petite le fixa ardemment sans répondre, mettant le jeune noble mal-à-l'aise.) Tu n'as pas froid...? Euh... Kotori cuisine très bien, tu verras, tu vas te régaler...
Au grand soulagement de Gino, la servante choisi ce moment pour entrer. Elle vint placer deux plateaux sur le lit dans lesquels fumait un bon bouillon de poule accompagné d'un morceau tendre de filet mignon et d'une crème brulée.
- Merci beaucoup, Kotori, s'exclama le gamin, satisfait.
- De rien, bon appétit. N'hésitez surtout pas à m'appeler s'il y a un problème. »
Et elle se retira.
La fillette attrapa lentement la cuillère et la planta dans la soupe d'une main tremblante, en faisait gicler quelques gouttes sur les couvertures.
« - Euh... Tu as besoin d'aide? Demanda gentiment Gino.
L'enfant n'eut pas le temps de répondre que déjà son hôte découpait la viande avec agilité. Il en piqua un morceau avec la fourchette et la lui tendit. Elle le regarda un moment, étourdie, puis engouffra le morceaux dans sa bouche.
- Merci...
Gino sourit et, voyant qu'elle s'était calmé, tenta la conversation.
- Alors... Tu ne te souviens vraiment de rien? Marmonna-t-il, soucieux d'avoir à essuyer un nouvel
assaut de larmes.
Mais la crise semblait être passée, et sa nouvelle amie ne fit que secouer tristement la tête.
- Non... Pourquoi est-ce que je suis ici?
- Eh bien... Je t'ai vu par la fenêtre, tu étais allongée dans le jardin alors avec Kotori – la femme que tu as vu tout à l'heure – on est allés te chercher. Elle pense que tu es entrée par le ruisseau qui passe sous le grillage, parce que tu étais toute trempée.
- Je vous remercie...
- Oh ce n'est rien! Au contraire! Et puis tu sais, tu peux me tutoyer! Par contre, tu n'as pas le droit d'être ici, alors il faut être discrets...
- Pourquoi ça?
- Mes parents sont plutôt méchants et, normalement, j'ai l'interdiction formelle de quitter ma chambre. (Comme elle ne répondait pas, Gino enchaîna innocemment.) Tu sais, quand je t'ai vu, je t'ai pris pour une fleur!
La fillette le regarda avec des yeux ronds et s'empourpra sous le rire jovial du garçon, heureux de la voir réagir.
- Tu peux rester ici jusqu'à que tu retrouves la mémoire, continua Gino en lui donnant la béquée, mais il va bien falloir te trouver un prénom, sinon ça risque d'être difficile...
- Mais je ne m'en souviens pas...
- Je peux t'en trouver un, si tu veux? .
- Je... Pourquoi pas...
Gino lui offrit son plus beau sourire. Elle lui répondit par un autre; timide mais sincère.
- Alors, que dis-tu de... Génocy? Clothildia? Allanella?
- C'est un peu long... bougonna-t-elle en fronçant le nez.
- Tu as raison... Et Allena?
- Un peu vieillot..., protesta timidement l'anonyme.
- D'accord, d'accord... Voyons voir... Allena... Anela... Anea...
- J'aime bien Anea... Anea, Anea, Anea, Aneia, Aneia, Ania...
- Anya! Anya, c'est encore plus joli, non? »
Le visage de la fillette s'illumina. Un nouveau nom. Pour une nouvelle vie. Gino avait l'air gentil et la nourriture était bonne. C'est tout ce qu'elle savait de ce qui l'attendait... Ça lui suffisait. Elle sourit et serra ce prénom maintenant sien contre son cœur.
Anya.
S'il avait pu voir la lune, Gino aurait dit qu'elle était déjà haute dans le ciel quand, allongée sur son lit, il se remémora les événements passés.
Cela faisait cinq mois qu'il avait recueilli Anya, en ce moment blottie contre lui. Bien que la liberté lui manqua toujours, il n'avait jamais été aussi heureux...
Kotori avait pris la fillette sous son aile et la gardait en général avec elle lorsqu'il prenait ses cours. Tout les soirs, il regagnait sa chambre où de petits gâteaux l'attendait toujours. En effet, sa mère adoptive avait appris à Anya les rudiments de la cuisine, et cette dernière mettait un point d'honneur à lui faire gouter ses créations, parfois succulentes, souvent... originales.
Le blondin apprenait ensuite à lire et à écrire à son amie qui, si elle l'avait su un jour, ne se rappelait plus la technique. Elle ne progressait pas vite mais il ne s'impatientait pas, riant au contraire à chacune des ses grimaces dépitées.
Sur ses jours de repos, Gino passait le plus clair de son temps à jouer ou à parler avec Anya.
Il avait enregistré chacun de ses gestes, chacune de ses mimiques... Il avait l'impression de la connaître plus qu'elle même ne se connaissait. Il prenait un malin plaisir à la contrarier, juste pour voir son petit nez se froncer d'une façon qu'il lui était si propre. Il aimait la regarder sourire quand il appréciait ses plats et la voir rougir quand il la complimentait exprès.
Avec elle, il n'avait pas à se soucier de son attitude. Il ignorait comment se comporter avec les autres et elle, elle l'avait oublié. Ils étaient eux mêmes sans se poser de questions, sans se juger...
En peu de temps, Anya était devenue indispensable et, bien qu'il lui souhaitait de retrouver la mémoire, son égoïsme le forçait à avouer qu'il désirait de tout cœur la garder à ses côtés.
« Je suis désolé, Anya, murmura-t-il dans le silence de la nuit, vraiment désolé.
- Désolé de quoi? Demanda la petite voix endormie de sa protégée.
Gino sursauta. Il était persuadé qu'elle dormait depuis des heures déjà. Il n'avait pas prévu de s'expliquer. Pourtant, c'était l'occasion d'apaiser sa conscience. Il se lança.
- Par ma faute, tu es cloitrée ici. Tu ne peux pas sortir. Si je ne t'avais pas ramener, tu n'aurais pas à être emprisonnée... Et pourtant, je n'arrive pas à le regretter. Parce que, même si à cause de moi tu es privée de liberté, je suis heureux d'avoir une amie... C'est horrible, pas vrai? Par ma faute, tu es devenu comme moi. Un oiseau en cage.
Le garçon appréciât particulièrement que l'obscurité cache à Anya la teinte rosée qu'avaient pris ses joues. Il avait peur qu'elle se moque de lui, de sa sensiblerie, mais par dessus tout, qu'elle lui reproche son égoïsme. Qu'elle s'éloigne de lui, qu'elle se mette à pleurer et qu'elle lui ordonne de la laisser partir. Elle n'en fit rien.
- Des oiseaux... chuchota-t-elle, pensive. Je n'ai jamais vu d'oiseaux... J'aime bien être un oiseau, si tu en es un aussi... (elle se lova encore plus à côté de lui) Tant que je suis avec toi, je peux même être une limace...!
Le menton de Gino se mit à trembler et il ferma les yeux le plus fort qu'il le pu.
- Merci, Anya, merci pour tout...
Il y eut un long silence durant lequel le garçon fixa le plafond dont il ne décelait aucun détail. Après plusieurs minutes d'un agréable calme, le jeune noble senti la petite main de son amie se glisser dans la sienne.
- J'ai peur, Gino, confia-t-elle si bas qu'il eut du mal à l'entendre.
- Peur?
- Oui... J'ai peur d'oublier, encore... J'aime vraiment ma nouvelle vie... Mon nouveau nom... Toi... Madame Kotori... Te faire des gâteaux... J'ai peur d'oublier tout ça...
Gino restait un moment sans repondre. Il se sentait tout à coup stupide de s'en être voulut pour l'existance qu'il avait ''infligé'' à sa protégée; il ne s'était pas douté qu'elle lui puisse tant lui plaire et qu'elle y soit attacher au point d'avoir peur de s'en séparer.
- Ne t'inquiète pas Anya, même si tu oublies, moi je ne t'oublierai pas. Et compte sur moi pour te remettre les souvenirs en place!
- Tu ne m'oublieras pas... Jamais...?
- Jamais. C'est promis!
- Merci, Gino... Moi non plus, alors... Je te garderai toujours dans un coin de ma tête... Comme ça quand je serrai triste, je penserai à toi pour me consoler...
Elle resserra l'étreinte de ses doigts, et vint poser sa tête sur l'épaule de son sauveur. Il rigola, légèrement gêné.
- Quand tu serras triste, je te consolerai en personne, tu n'auras pas besoin de penser à moi.
- Toujours? Tu seras toujours là pour me consoler?
- Toujours! Tu verras, quand je serai grand, je serai voyageur! Comme ça, je rattraperai tout le temps perdu! Je ferai le tour du monde!
- Et moi? Tu vas me laisser?
- Toi tu viendras avec moi! s'exclama Gino, contemplant déjà son avenir. On vivra dans une jolie maison à la campagne, à l'abri du bruit.
- On pourra avoir un chien?
- Bien sûr! On l'appellera...
- Freidrich. J'aime bien, Freidrich.
- Oui, si tu veux. Et il y aura des oiseaux partout. Qui volent dans tous les sens...
- Comme nous?
- Oui! On n'aura plus de cage, on sera libres.
- Il me tarde qu'on soit grands, alors...
- Moi aussi Anya, moi aussi...
- Je crois que je vais faire de beaux rêves...
- Oui, il faut que tu dormes, il est tard...
- Bonne nuit Gino...
Il sourit, heureux, et déposa un baiser léger sur le front d'Anya. Elle ne rougit pas, naviguant déjà sur le merveilleux océan des rêves...
Si seulement ils avaient su...
La suite au prochain épisode! J'espère que celui-ci vous a plu! :D
Désolée, il est un peu inutile mais je tenais vraiment à mettre tout ces petits passages anodins et pleins de bonheur entre un Gino tout naïf et une Anya adorablement gentille et souriante! (C'est qu'après on dirait une tombe -'_'-).
Bref, c'que je veux dire c'est que j'essaierai de faire le prochain chapitre un peu moins ennuyant mais là c'était vraiment important pour la suite de vous faire sentir à quel point ils pouvaient tenir l'un à l'autre... Je suis cruelle! Mwahahah! 8D
Chu ~ ! :3
