III –

Quand la branche casse sous lui

***

Hyuu ~ ! Troisième chapitre en ligne! x3

Ce sera le dernier se déroulant à cette époque, il est un peu court car, normalement, je devais laisser cette partie dans le second chapitre, mais ça faisait vraiment trop long, alors... xD

Je pense qu'on peut appeler ça''l'élément perturbateur'', on retrouvera donc d'ici peu nos chers petits personnages tels qu'on les connait dans l'anime! :3

Bonne lecture! ^w^


Cette journée fut la pire et la meilleure de sa courte vie d'enfant; la plus belle des matinées pour le plus horrible des après-midi. Comme si le bien et le mal avait fait un marché. Comme si le rêve était obligé de tourner au cauchemar. Comme si quelqu'un s'amusait à lui laisser miroiter un bonheur illusoire pour le lui retirer dès qu'il tendait le bras...

Cette journée, c'était l'anniversaire de Gino. Son onzième anniversaire.

On y repensant, il avait vraiment était stupide de ne pas se contenter de ce qu'on lui offrait...

*

Joiyeu Aniversere Gino.

La gamin éclata de rire et fourra le bout de papier dans sa poche.

« Merci beaucoup, Anya!

- De rien. J'espère que je n'ai pas fait trop de fautes, je n'ai pas voulu que Kotori m'aide à l'écrire... C'est déjà elle qui a acheté le cadeau...

- Un cadeau?

- C'est tout de même Anya qui en a eut l'idée! Intervint Kotori, toute souriante.

La fillette baissa les yeux en rougissant et sorti de sa poche un petit boîtier très banal. Laisser à sa mère adoptive toute la responsabilité de l'achat lui aurait au moins épargné l'appréhension de voir Gino sourire gauchement – car il était trop distingué pour grimacer – si le présent ne lui plaisait pas...

- Tiens. J'espère que tu vas l'apprécier... »

Le gamin, lui, n'était pas anxieux pour un sou. Peu importait de quoi il pouvait bien s'agir, le simple fait que les deux personnes les plus importantes à ses yeux aient pensé à son anniversaire le comblait de joie.

Il souleva délicatement le capuchon de la petite boîte et resta bouche-bée.

« Il... Il ne te plaît pas... s'inquiéta aussitôt sa protégée. Je... Je suis désolée... Je pensais...

- Anya... Il est... Magnifique...

Sur un minuscule coussinet de tissu trônait un pendentif d'argent représentant un oiseau de profil. Un merveilleux oiseau prenant son envol, aux ailes striées de petites émeraudes et dont la queue semblait fouetter le vent... Un oiseau sortant de sa cage. Un oiseau découvrant le monde. Son oiseau. Leur oiseau.

- C'est vrai? Il te plait? Je suis si contente!

Gino releva les yeux vers le petit visage illuminé de son amie. Ses joues étaient toujours rosés et ses yeux pétillaient de joie. Il lui sourit largement et la serra dans ses bras, mettant dans ce geste toute la gratitude, toute la reconnaissance et toute la sincérité dont il était capable.

Gênée mais heureuse, Anya se trémoussa maladroitement et en riant :

- Tu m'étouffes, Gino... (Contrairement à ce à quoi elle s'attendait, le garçon ne la lâcha pas.) Gino... Tu sais, Kotori aussi a participé... tenta-t-elle, étonnée.

De petites gouttes perlèrent dans son cou et son sang se glaça.

- Gi-Gino! Qu'est ce qu'il y a? Tu as mal? Gino!

- Merci...

La fillette cessa de gigoter.

- Merci, Anya...

Sa voix n'avait pas vacillait. Elle ne vacille jamais quand on pleure de bonheur.

- De... De rien... chuchota-t-elle, bouleversée. »

Gino relâcha son étreinte et, attrapant sa protégée par les épaules, la regarda droit dans les yeux.

- Je suis désolé, lui dit-il en souriant. Ce n'est pas très glorieux de pleurer ainsi mais... C'est la première fois que quelqu'un prend la peine de m'offrir un cadeau et... Un aussi beau cadeau...

Anya piqua un far et rebaissa vivement la tête. Elle ne s'était pas attendu à cette réaction de la part de Gino et, au delà de la fierté, elle ressentait un immense plaisir à le voir sourire ainsi, à voir ses yeux pétiller de joie, à l'entendre rire... Oui, elle aimait plus que tout le savoir heureux. Non, le rendre heureux. La raison de ce sentiment lui échappait mais elle s'en moquait pas mal. Du moment qu'ils étaient ensembles, tout allait bien.

Dans son insouciance enfantine, elle s'imaginait que cela durerait toujours. La réalité était toute autre. Elle allait bientôt le découvrir. Trop tôt.

« Merci à toi aussi Kotori! S'exclama son maître, soucieux de l'avoir oubliée.

Mais l'Eleven était bien trop mûre et bien trop sage pour se formaliser de si peu. Elle savait bien que son fils spirituel avait plus que tout besoin d'une amie. Besoin d'Anya.

- Ce n'est rien, monsieur Gino – car après maints reproches elle avait finalement accepté de ne plus l'appeler ''Maître'' – Ça m'a fait plaisir de participer.

- Où as-tu trouvé de quoi l'acheter? S'inquiéta aussitôt l'enfant.

- Et bien, comme vous avez insisté auprès du maître pour augmenter mon salaire, j'ai pu économiser assez pour vous offrir un cadeau...

- Mais tu aurais pu t'en servir pour toi!

Kotori lui sourit gentiment.

- Vous pouvez aussi bien dire que ce bijou ne vous plait pas mais ce serait vexant...

- Ce n'est pas ça! Se défendit le gamin.

- Dans ce cas acceptez-le sans broncher. Je vous ai dit que ça m'avait fait plaisir. Que ça nous avait fait plaisir.

Instinctivement, Gino se retourna vers Anya qui avait retrouvé sa couleur naturelle.

- Oui, tu as raison. Merci à vous. Mille fois merci!

- Arrête un peu de nous remercier, Gino! S'exclama Anya en rigolant. Sinon on passera jamais à table!

- Oh! Tu m'as fait un gâteau? S'enquit-il aussitôt.

- Oui! C'est une inoguration-

- Une innovation, Anya, la réctifia gentiment Kotori.

- Une innovation... Alors j'espère que tu aimeras!

- Le contraire m'etonnerait! On pourrait peut-être tirer les rideaux...? ajouta Gino en tournant la tête vers le mur. On y verait mieux, non?

- Non, non, non, s'écria la fillette, ça c'est la dernière surprise! D'abord on mange!

Le jeune noble offrit à son ami un regard des plus étonnés et lui ébouriffa les cheveux.

- Mangeons! »

*

Gino n'en croyait pas ses yeux. Pour une surprise, c'était une surprise! Du blanc. Du blanc à perte de vue. Non, pas du blanc, de la neige! C'était la première fois qu'il voyait de la neige! Il y en avait tellement! Et il en tombait encore!

« On dirait que même le temps c'est mis de la partie pour votre anniversaire, monsieur Gino, commenta Kotori.

- C'est magnifique!

Il y eut un grand silence puis, le gamin tourna son petit visage ébloui de nouveauté vers sa mère adoptive.

- Kotori... J'aimerais...

La femme baissa la tête. Elle avait compris. Il fallait s'y attendre, après tout.

- C'est dangereux, monsieur...

- Mais c'est mon anniversaire! Ce serait merveilleux si je pouvais toucher la neige! Le meilleur anniversaire de ma vie!

- Monsieur Gino... Vos parents...

- Il sont sortis! S'il te plait, Kotori! Juste aujourd'hui! Pas longtemps!

- Ce n'est pas la première fois que j'entends ça... murmura-t-elle.

- Oui mais la dernière fois il n'y a pas eu de problèmes! Et puis c'est grâce à cela que l'on a trouvé Anya!

Il se tourna instinctivement vers la dite personne, la suppliant du regard. La fillette baissa les yeux. Elle voulait le bonheur de Gino... Seulement son bonheur...

- On peut essayer... avança-t-elle timidement. Nous n'y resterons pas longtemps et... Nous ferons attention... Tu ne crois pas, Kotori?

- Mademoiselle... Vous vous y mettez aussi...? Eh bien... Je suppose que... (Elle poussa un soupir contrarié.) Allons-y...

- Merci! Merci! Merci! S'écria Gino en lui sautant au cou. Merci à toi aussi Anya! Attrape les manteaux! On y va! »

*

« Je vais retourner devant la porte de votre chambre, pour vérifier que personne n'arrive, expliqua Kotori en ouvrant la porte menant à l'extérieur, ne vous éloignez pas trop et ne vous faîtes pas remarquer, s'il vous plait. Il ne faudrait pas que...

Elle s'arrêta net et sourit. Son maître, omnibulé par la poudreuse qui s'étendait maintenant à ses pieds, ne l'écoutait déjà plus. Elle s'accroupit en face de lui et le prit dans ses bras.

- Fais attention, Gino, chuchota-t-elle à son oreille.

Sans laisser le temps au petit noble de lui répondre, elle fit de même avec Anya et se releva.

- À toute à l'heure. »

Les deux enfants lui offrirent leur plus beau sourire puis la porte se referma.

Gino se retourna lentement vers l'étendue enneigée. Les lourdes branches des sapins bordant la propriété pliaient sous le poids de la neige alors que quelques flocons venaient taquiner son nez. Quel étrange sensation que d'avoir froid, que d'être caressé ainsi par les éléments...

Tout à coup, Gino prit peur. Il ne connaissait pas tout ça. Il ignorait le danger. Il ignorait ce qui l'attendait à l'extérieur de cette maison. Il avait peur. Il voulait rentrer. Bien au chaud dans sa chambre où il ne risquait rien.

Sans qu'il s'en rende immédiatement compte, la petite main d'Anya s'était glissé dans la sienne. Il se tourna spontanément vers elle et elle lui lança un sourire un peu gauche et tendu. Son esprit reprit soudainement un cours normal de réflexion et la honte faillit l'assommer. Anya aussi avait peur. Sa chère Anya. C'était à lui de la rassurer, pas l'inverse.

Il avala une grosse goulée d'air qui lui brûla les poumons et, tout sourire, s'élança en courant, tirant son amie par la main.

« Et bien alors, Anya, tu as peur? La taquina-t-il un peu illégitimement.

Dérapant maladroitement, la fillette ne pu répondre à la remarque, sa bouche légèrement trop enfoncée dans la poudreuse.

Gino éclata de rire et vint s'assoir à coté d'elle. Comme elle commençait à greloter, il envoya gentiment valser les petits blocs de glace coincés entre le cou et le manteau de sa protégée puis l'entoura de ses bras. La fillette piqua un far et commença à bégayer.

- Gi-Gino...

Content de son effet, le gamin retira une main avec laquelle il alla étaler une grosse boule de neige dans la bouche de son amie avant de détaller.

Toujours aussi rouge – de rage cette fois-ci – Anya couru après lui, lui sautant sur le dos. Il roulèrent un moment dans le jardin nacré, jusqu'à que Gino attrape l'enfant par les épaules, la bloquant au sol.

- J'ai gagné! Lui lança-t-il en tirant la langue.

Décidée à se venger pour ses deux défaites consécutives, Anya se débattit jusqu'à renverser difficilement Gino et prendre la fuite. Il la rattrapa sans difficultés, se laissant choir au sol avec elle et en riant. Il s'apprêtait à se relevait pour laisser son amie repartir quand il sentit qu'on le tirait par l'épaule.

À partir de ce moment, tout alla très vite. Il se souvenait du visage horrifié d'Anya alors que lui même se retournait pour voir de quoi il s'agissait.

- Pè-Père... bégaya-t-il.

Il ignorait si il avait ajouté quelque chose, il ignorait si son père lui avait répondu. Il se rappelait uniquement avoir vu Kotori affaissée contre le mur du château, tête baissée pour cacher ses larmes. Il s'était retourné à s'en arracher le cou. Un grand garde trainait Anya qui se débattait en pleurant pour le rejoindre, lui. Il la vit mordre dans le bras ganté du géant qui la frappa au visage si fort que Gino sentit son cœur s'arrêter. Il hurla. Il allait la tuer! Il allait la tuer et il ne pouvait rien faire. Il s'était débattu autant qu'il l'avait pu. Sa tête avait heurté un rocher.

*

Il était allongé dans son lit. Aucun rayon de soleil ne vint éclairer son visage. Il n'avait même pas eu la force de se lever. Il était resté des heures à regarder le plafond. À regarder le vide. Il était sans doute mort, au fond. Il ne pouvait plus dormir. Son cerveau était trop occupé à organiser des duels intérieurs; désespoir contre haine, culpabilité contre vengeance. Qui remportera la finale des émotions destructrices?

Son esprit divaguait. Ce qu'il avait vécu cette dernière année, l'avait-il vraiment vécu? N'était-ce pas seulement un rêve? C'était-il réellement réveillé ce matin de printemps ou il avait cru voir Anya par la fenêtre? Et Anya? N'était-ce pas seulement le fruit de son imagination?

D'un point de vue extérieur, ces réflexions semblaient absurdes, mais dans son esprit torturé, elle prenaient les couleurs de la certitude.

Il était resté près d'un jour inconscient et, à son réveil, l'extrême anxiété qui avait faillit l'étouffer au retour de ses souvenirs l'avait forcé à courir vers la porte fermée à clé de sa chambre. Il y avait tambouriné à s'en ouvrir les poignets, jusqu'à qu'un énorme colosses se décide à l'ouvrir. À ce moment, il lui avait fallut un énorme effort sur lui même pour ne pas fondre en larme ou sauter à la gorge de son gardien – au choix.

Dans sa naïveté d'enfant, il nourrissait encore l'espoir que Kotori apparaisse sur le pas de la porte et lui dise que tout ce qui s'était passé n'était qu'un cauchemar, que si Anya n'était pas tranquillement endormie à côté de lui lorsqu'il s'était réveillé, c'était parce qu'elle était aux cuisines, bien occupée à lui préparer un bon gâteau... Au lieu de ça, il avait en face de lui le monstre qui avait frappé sa protégée alors qu'elle se débattait pour le rejoindre, alors que lui n'avait rien pu faire...

Mais l'inquiétude avait repris le dessus et, sans tenir compte de son visage fermé, il avait questionné le garde sans ménagements sur la situation de sa chère Anya et de sa mère...

Il avait maintenant du mal à respirer. Comme à chaque fois qu'il repensait à ça. Kotori avait été battue à mort pour avoir désobéit. Battue. À cette époque, comme pouvait-on battre quelqu'un à lui arracher la vie. Il était cependant interdit de tuer les gens qui ne nous « appartenaient » pas, Anya avait donc était jeté dans la rue sans plus de soins. Gino serra les dents et ferma les yeux du plus fort qu'il le pu, pour faire disparaître de son esprit l'image lancinante qui s'amusait à le torturer, l'empêchait de dormir, de manger, ou même de bouger, depuis tant de jours. Anya devait être morte de faim, de froid, à l'heure qu'il était. Il en était sûr. Et il savait que s'il n'était pas encore mort, l'espoir vain de voir sa chère Anya ressurgir devant ses yeux l'achèverait. Il ne pouvait plus espérer. Il ne devait plus.

Dans un élan qui lui demanda le plus gros effort de ces derniers jours, il ramena mollement sa main contre sa poitrine qu'il sera desespérement. Son cœur devait avoir été anéanti pour qu'il le fasse souffrir ainsi. Au final tant mieux. Plus tôt il mourrait, plus tôt il rejoindrait sa tendre Anya.

Oui, il la retrouverait. Bien des années plus tard. Il l'ignorait encore. Il n'osait même pas l'espérer. Il l'avait depuis longtemps enfouie bien au fond de sa mémoire pour ne plus en souffrir. Mais le destin est une chose si complexe et si fourbe, si belle des fois, que l'on ne peut s'attendre à tout.

Il ne s'attendait vraiment pas à ça.


Et voilà! ^^

Vous pouvez pousser un soupir de soulagement, c'en est finit pour la première partie totalement sortie de mon imagination! xD

Pour la suite, je pense ne pas trop m'etaller, je vais reprendre les gros evenements où on les voit tous les deux (la fête de bienvenue de Suzaku, ou la journée Cupidon par exemple). Il y aura aussi leurs ''retrouvailles'', si on peut vraiment dire ça comme ça... xD

Enfin voilà, sinon à propos de ce chapitre... Je suis machiavelique! 8D

Imaginez un peu le desespoir de Gino de perdre en une seule fois les deux seules personnes qui comptaient pour lui juste parcequ'il a voulu mettre le nez dehors... (Je pourrais pleurer de mes propres inventions! xD)

J'espère que ça vous a plu! Chu ~ ! :3