Merci à ma fidèle lectrice, la seule du moins qui prend la peine de me laisser un petit mot.

« Eh ! Les copains, j'en ai une belle à vous raconter »

Alex vient de faire une entrée fracassante dans le bureau. Devant le manque de réaction de Nadia et de Lyes, il enchaîne :

« Vous n'allez pas le croire, j'ai vu Kévin et le capitaine Berthier ils sont… »

« Ensemble, on sait » fait Nadia en lui coupant la parole.

Dépité que son effet de surprise soit éventé, Alex s'assoie et pose les pieds sur le bureau.

« vous les avez vus, qui aurait pu croire ça, ils n'ont pourtant pas l'air d'être des tapettes ni l'un ni l'autre »

« Alex ! s'il te plaît »

Devant le ton désapprobateur de Lyes, il rectifie « je n'ai rien contre les homosexuels, je voulais simplement dire qu'ils n'avaient pas la tête de l'emploi »

Lyes lève les yeux au ciel, décidément Alex restera toujours Alex.

« bon vous savez ça comment ? » reprend celui-ci

« on était aux premières loges, Lyes et moi quand ils se sont engueulés avec Laura »

« ça du être chaud »

« tu parles, d'après ce que j'ai compris elle les a vu faire … , enfin tu vois et du coup elle a profité de leur absence pour saccager l'appart de Kévin »

« c'est vrai et c'est qui qui faisait….. ; »

« Moreno, vous vous croyez où »

En entendant la voix de Duval, Alex se redresse rapidement.

« allez au boulot, je vous rappelle de l'on a une enquête sur les bras, où est Laporte ? »

Après un instant d'hésitation Lyes répond

« avec le capitaine Berthier »

Duval fronce les sourcils mais de toute évidence il n'a pas eu vent de la dispute

« qu'est-ce qu'il fout là-bas ? ce n'est pas à votre tour Poulain ? »

« si, capitaine, j'y vais »

« dites à Laporte de ramener ses fesses vite fait »

Kévin a suivi Yann dans son bureau sans prêter attention aux chuchotements sur leur passage.
En moins de temps qu'il faut pour le dire, la moitié du commissariat était au courant de leur altercation avec Laura. Entre les « je te l'avais bien dis » « tu crois » « depuis quand ? » les hypothèses allaient bon train.

Kévin referme la porte derrière lui et enlace Yann par derrière et celui-ci pose ses mains sur les siennes.

« qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » fait Kévin après avoir déposé un baiser sur sa nuque.

Après un moment de silence, Yann répond

« avant j'aurais tout fait pour les faire taire, c'est pour ça que je me suis marié d'ailleurs, mais je suis tellement heureux avec toi que je m'en fous de ce qu'ils peuvent raconter. Je t'aime et je veux vivre avec toi »

En entendant ces mots, Kévin sent son cœur battre un peu plus vite et quand Yann se retourne et l'embrasse, il répond au baiser si passionnément qu'ils en oublient tout.
Ils n'entendent pas les coups frappés à la porte, puis celle-ci s'ouvrir sur Nadia.

« excusez-moi »

« … »

« Kévin »

Quittant à contrecœur les bras de son amant, il se tourne vers elle.

« Duval te cherche »

« OK ? j'y vais, à ce soir Yann »

Puis à l'intention de Nadia

« tu viens ? »

« non, je passe la semaine avec ton…. » ne trouvant de mots pour qualifier Yann, « à la BAC quoi »

« je vous laisse alors »

Après un sourire à l'intention de Yann, il sort de la pièce.

« c'est un gentil garçon, il mérite d'être heureux »

Dit Nadia en voyant Yann suivre Kévin des yeux.

« je sais et je vais tout faire pour »

Assis à son bureau, Yann attend Laura, c'est la dernière des « bleus » a effectuer son stage dans son service et compte tenu des circonstances il devine que ce ne va pas être une partie de plaisir.
Quinze jours se sont écoulés depuis leur « différent » et si les mauvaises langues se sont tues et que finalement la plupart des policiers, dont son équipe ont, soit pris fait et cause pour eux ou soit ont joué l'indifférence, il doute que tout soit terminé en ce qui concerne Laura.

Il lève le tête en entendant la porte s'ouvrir.

« on en t'as jamais appris à frapper avant d'entrer »

Alors que Laura s'avance sans un mot, Yann se lève et poursuit ;

« si tu veux me mettre une baffe sache que je ne suis pas Kévin «

Laura l'observe les poings serrés, le sous-entendu est clair.

« pourquoi tu prends si mal le fait que Kévin soit avec moi, je te pensais plus ouverte »

« parce que vous vous êtes bien foutu de ma gueule et celle de Linda par dessus le marché. Me voir piqué mon mec par une autre j'aurai déjà eu du mal mais avec toi «

« ça t'emmerde qu'il t'ai largué pour moi hein ! »

« si tu veux le savoir ça me dégoûte. La seule pensée que tu poses tes sales pattes sur lui me donne envie de vomir »

« il ne s'en plains pas au contraire. Comme tu as pu le constater il y prend beaucoup de plaisir, plus qu'avec toi, je me trompe ? »

Elle enfonce ses ongles sans ses paumes si fort qu'un gémissement de douleur manque de franchir ses lèvres. Yann a vu juste.

« de toute façon un jour il me reviendra, il ne t'aime pas »

« c'est ce que tu crois, sache qu'il t'aurais quitté un jour ou l'autre, tu l'étouffais, avec moi il est libre d'être lui-même. Il a de l'affection pour toi mais pas de l'amour il m'aime et la preuve c'est que ce soir après avoir mangé une pizza à même la boîte on fera l'amour jusqu'à épuisement et quand il jouira c'est mon prénom qu'il criera pas le tien »

ils se sont rapprochés et leurs regards s'affrontent dans un duel ou le perdant sera celui qui baissera les yeux le premier.

Dans ceux de Laura on peut lire la rage mais aussi la douleur que les dernières paroles de Yann ont engendré.

Saule l'arrivée du Lt Moretti fait baisser la tension qui règne dans la pièce.

Puis après que celui-ci ai quitté la pièce avec Laura, il se remet au travail.

Son enquête finie et son rapport terminé Kévin est pour une fois rentré de bonne heure. Il en profite pour préparer un bon dîner.

Trop occupé par sa préparation culinaire, il ne prête pas attention au bruit d'une porte qui se ferme et prend seulement conscience de la présence de Yann quand celui-ci pose ses mains sur ses hanches.

« humm ça sent bon mais je croyais que c'était pizza ce soir »

« comme je n'ai pas envie et je pense toi non plus, de coucher avec un bidendum Michelin j'ai décidé qu'à partir de ce soir nous allons mangé équilibré » fait Kévin en se retournant.

« je te remercie » et faisant mine d'être vexé Yann s'écarte de lui et va s'installe rsur le canapé, l'air faussement boudeur.

Amusé Kévin le rejoint et s'installe à califourchon sur ses genoux et l'embrasse tendrement.

« fais pas la tête , tu es parfait mais avec mais...eh ! »

Yann vient de se redresser manquant de le faire tomber.

« ça sent le brûlé, c'est pas ton plat qui crame ? »

effectivement de la fumée s'échappe de la cuisine.

« merde ! » fait Kévin en se précipitant dans la pièce. Il éteint le gaz et jette un regard dégoûté sur le contenu de la casserole »

« je lui avais bien dis qu'on mangerai de la pizza »

Yann l'a rejoint et ouvre la fenêtre.

« dis à qui ? »

« à Laura. On s'est encore accroché ce matin et je le lui ai dit pour lui clouer le bec,enfin c'est plutôt la suite »

« et je peut savoir ? »

Yann s'approche avec dans le regard cette lueur qu'il connaît si bien, l'attire contre lu, et pendant que ses mains caressent son dos il lui murmure à l'oreille »

« je lui ai dis qu'après on allait baiser comme jamais à en ameuter tout l'immeuble »

« t'as pas dis ça ? »

« enfin presque »

« si tu crois que c'est comme ça que les choses vont s'arranger tu... »

Il ne peut continuer Yann le fait taire en posant ses lèvres sur les siennes, bien décidé à mettre la deuxième partie de son programme à exécution.

Kévin ne se fait prier et réponds au baiser avec passion. Mais quand il sent son estomac se manifester il repousse Yann doucement.
Celui-ci surpris l'interroge du regard.

« j'ai faim »

« moi aussi » et afin de lui prouver son appétit Yann repars à l'assaut en lui mordillant l'oreille tandis que ses mains s'égarent, mine de rien, sous l'étoffe du pantalon.

« attends, attends, j'ai vraiment la dalle, laisses moi commander et je suis tout à toi après»

« c'est vrai ? Tout à moi ? »

La voix est si sensuelle et pleine de promesses que Kévin sent des frissons parcourir son corps. Cela n'échappe pas à Yann et un sourire satisfait apparaît sur son visage. Il le laisse s'éloigner de lui et se dirige vers la chambre,

tout en prenant le combiné du téléphone, Kévin observe Yann ; celui-ci met son arme de service dans le tiroir de la table de nuit puis enlève son tee-shirt. La vue du torse finement musclé de son amant le trouble au point qu'il doit répéter une nouvelle fois sa commande à son interlocuteur, la première ayant été incompréhensible. Il raccroche enfin mais ne le quitte toujours pas des yeux.
Si on lui avait dit un jour qu'il ressentirait des choses aussi fortes pour un homme, il aurait ri en pensant à une bonne blague.
Il doit pourtant se l'avouer, il éprouve pour lui un sentiment qu'il n'a jamais connu avec personne d'autre. Il le sait, il lui appartient corps et âme.
Il le voit s'approcher et comme à chaque fois les battements de son coeur s'accélèrent.
Sa démarche et son regard magnétique le fascinent, l'envoûtent et il sent le désir enflammer le bas de ses reins.
Yann est maintenant tout près de lui. Ses mains reprennent la place qu'elles occupaient quelques instants plus tôt. Sa bouche trouve la sienne, leurs langues jouent l'une avec l'autre pendant que ses mains, d'un seul mouvement,baissent son jean et son boxer.
A bout de souffle, leurs lèvres se séparent et Yann pousse son amant contre le mur près de la porte d'entrée. Il s'écarte de lui, le temps de se débarrasser de ses vêtements encombrant. Il revient vers lui et la vision que lui offre Kévin, les yeux mi-clos, le pantalon sur les chevilles accroît son désir. Il pose ses mains sur ses hanches et le retourne avec douceur.
Kévin plaque ses paumes contre la cloison et creuse les reins, impatient de le sentir en lui.
D'une main Yann s'empare de sa virilité, lui arrachant un gémissement, tandis que l'autre, glissant sous le tee-shirt prend place sur son torse. Il lui mordille la nuque puis d'un seul coup de rein il le pénètre. Un cri s'échappe de la bouche de Kévin, vite remplacé par un râle de plaisir quand Yann comme à bouger en lui.
Pris dans un tourbillon de sensations il ne sait plus ce qui lui procure le plus de plaisir, la main de Yann qui habilement effectue des va-et-viens sur son sexe ou le membre de son amant qui l'emplit totalement pour ensuite le quitter pour mieux le combler à nouveau, toujours plus intensément. Râles et gémissements résonnent dans la pièce. Kévin penche sa tête en arrière jusqu'à toucher l'épaule de Yann. Leurs prénoms prononcés dans un ultime cri et la jouissance les atteints , les laissant essoufflés.
Yann resserre son étreinte et ils restent là sans un mot mais ne faisant toujours qu'un.
Un coup de sonnette les fait revenir du monde de sensualité où ils s'étaient réfugiés. Yann se retire doucement, ramasse ses affaires et gagne la salle de bains. La sonnerie se fait insistante, Kévin se rhabille rapidement et ouvre la porte, les joues un peu trop rouges à l'idée que l'on ai pu les entendre.
A la gêne et à l'empressement du livreur, il semble bien que ça soit le cas.
Après avoir payé et pris possession de leur repas, il referme la porte avec un sourire.
Décidément Yann tenait toujours ses promesses, quelles qu'elles soient.