Merci Wingedshadow, tu n'es pas la seule à avoir aimé ce passage, cela prouve l'amour que Yann porte à Kévin, la dernière partie avait été très apprécié aussi.

Voici la dernière partie de cette histoire. Bonne lecture.

Le sable fin s'enfonçait légèrement sous leurs pas et l'eau doucement venait caresser leurs pieds nus . Main dans la main, ils marchaient sur la plage, s'arrêtant parfois pour s'embrasser et profiter du spectacle que leur offrait le soleil en disparaissant derrière la ligne d'horizon.

BIP. BIP. BIP, sans pitié le réveil-matin tire Kévin de son rêve et le ramène à la réalité. Il ouvre les yeux avec difficulté puis à contre-cœur il se lève. A ce moment précis il donnerait tout l'or du monde pour retourner se blottir dans les bras de Yann et pour ce rêve oh combien agréable.
Traînant des pieds il se dirige vers la salle de bains. L'image que lui renvoie le miroir n'est pas des plus flatteuse, les traits tirés et les magnifiques cernes sous ses yeux témoignent de sa nuit écourtée.
Celle-ci avait été torride, pas seulement à cause de la température estivale, mais en raison de l'intensité de leurs ébats. Yann s'était montré insatiable et il en s'en était pas plaint, loin de là, mais son amant avait juste oublié que s'il ne travaillait pas aujourd'hui, lui si.
3h de sommeil c'était un peu juste pour démarrer une journée en pleine forme. Il espère secrètement et bien qu'il n'aime pas particulièrement cela, n'avoir que de la paperasserie à faire. Aujourd'hui mener une enquête lui semble au -dessus de ses forces.
Une douche, un café bien fort, un baiser sur les lèvres de Yann qui ne se réveille même pas, l'ingrat, et c'est parti pour une journée de labeur.

0O0

« Kévin, attends moi »

En entendant la voix familière d'Alex, Kévin bloque les portes de l'ascenseur et attends que celui-ci soit dans la cabine pour appuyer sur le bouton de leur étage..

« Salut »

« Salut, t'en fait une tête, t'as passé la nuit sur une corde à linge ou quoi ?»fait Alex en voyant la mine de papier mâché de Kévin.

Celui-ci lève 3 doigts de sa main droite.

« Tu peux traduire ? »

« 3 h de sommeil »

« Eh mon pote, fallait pas faire des folies de ton corps » dit Alex en riant puis redevenant sérieux

« Ecoutes, je voulais te dire, je...je sais pour le capitaine Berthier et toi »

« Comme pratiquement la moitié du commissariat, je suppose »

« Tu supposes bien, je voulais simplement que tu saches qu'il n'y a pour moi aucun problème ok. Tu sera toujours mon pote. Et puis je voulais te remercier, maintenant Laura est libre »

« Bon courage alors » fait Kévin en lui donnant une tape dans le dos.

Ils sortent de l'ascenseur et pressent le pas, ils sont en retard et ils n'ont pas envie de subir les foudres de Duval et Franchard.

0o0

« Ouf, enfin j'ai cru que la journée n'allait jamais se terminer »

Kévin pose ses clés et s'affale dans un fauteuil.

« Et toi ta jour... » il s'interrompt en voyant Yann mettre sa veste après avoir pris son arme.

"Tu vas où ? Je croyais que t 'étais en repos jusqu'à demain »

« Moretti vient de m'appeler, un rodéo sauvage est prévu pour cette nuit et il faut que l'on mette en place l'intervention »

Kévin soupire, qu'est-ce qu'ils veulent prouver ces jeunes à jouer avec leur vie, en participant à ces courses de voitures, voitures la plupart du temps volées, sur des parkings de supermarché ou plus dangereux encore sur les voies rapides. Le tout sous le regard d'autres jeunes rendus incontrôlables par ce spectacle où aucune règle n'est établie et le danger omniprésent.

« Tu dois vraiment y aller ?»

Yann s'assoie sur l'accoudoir et l'embrasse tendrement.

« Oui, on a besoin de tout le monde »

« Fais attention à toi d'accord »

Le ton de la voix de Kévin trahit l'inquiétude, un sentiment d' angoisse qu'il ne peut contrôler l'envahit. Pour en être un lui-même, il sait que le métier de policier n'est pas sans risques, mais là quelque chose lui dit que Yann devrait rester ici.

« Je ferais attention, promis, juré »

Un dernier baiser et Yann s'en va Kévin le regarde partir, et il sait que malgré sa fatigue il va avoir beaucoup de mal à trouver le sommeil.

Yann est sorti de l'appartement un petit pincement au cœur. A cause de cette mission ses projets tombaient à l'eau. Il avait prévu une soirée bien tranquille avec Kévin. En prévision il avait loué une de ces films d'action qu'ils affectionnaient tout les deux, ils l'auraient regardé bien installé sur le canapé dans leur position favorite, Kévin assis et lui allongé la tête sur ses genoux. Puis le films terminé ils seraient allés se coucher puis blottis l'un contre l'autre le sommeil les auraient gagné. Au lieu de cela il doit arrêter ces amateurs de sensations fortes qui non seulement mettaient leur vie en danger , mais qui le mois dernier avaient causé la mort d'un jeune couple qui revenait du cinéma et qui avait eu la malchance de se trouver sur leurs parcours.

Arrivé sur le trottoir il jette un regard vers la fenêtre de l'appartement où la silhouette de son amant se dessine derrière le rideau, un petit geste de la main puis il monte dans sa voiture et prend la direction du commissariat.

Quand il entre dans la salle, son équipe, une dizaine de policiers en uniforme et Laura sont déjà dans la pièce. Sans plus attendre ils se mettent au travail. D'après les renseignements fournis par un indic ils ont moins de 3 heures pour préparer l'intervention et e rendre sur les lieux.

Avant même d'arriver sur le parking du centre commercial où le départ devait être donné, ils peuvent entendre le vrombissement des moteurs et les cris des spectateurs.

Sur une ligne imaginaire, deux voitures de grosse cylindrée avec au volant deux individus d'une vingtaine d'années, attendant avec impatience et en faisant rugir les moteurs, le signal qui devait être donné par une adolescente, petite maie de l'un d'eux.

Soudain des voitures de police envahissent le parking, et avant que l'effet de surprise se dissipe , les policiers sortent des véhicules et empêchent la fuite des spectateurs,

Laissant le soin aux agents et à Laura la vérification des identités, Yann et le lt Moretti s'apprêtent à interpeller les conducteurs que les autres membres de l'équipe tiennent en joue.

Alors qu'il s'apprête à donner l'ordre de les faire sortir de leur voiture, Yann aperçoit Laura qui furieuse d'être mise à l'écart, l'a suivi.

Furieux lui aussi il s'avance vers elle.

« Laura, retournes là-bas »

« Et pourquoi ? »

« Parce que je t'en ai donné l'ordre »

« Ah c'est vrai que c'est toi le chef »

Entendant les éclats de voix un des policiers tourne la tête et le conducteur qu'il surveillait en profite pour donner un grand coup d'accélérateur et foncer droit devant lui.

« Attention ! »

Au cri poussé par Moretti, Yann pousse violemment Laura mais ne peut éviter le choc, son corps rebondit sur le capot tandis que des coups de feu éclatent dans la nuit.

La voiture, un pneu crevé s'immobilise et tandis que l'on menotte le conducteur, Laura se relève et s'approche de Yann, inconscient.

Au même moment, Kévin qui tombant de fatigue, et malgré la sensation qu'il éprouvait depuis que Yann était parti, s'était endormi, se réveille soudai n en sueur le cœur battant.

« un cauchemar, j'ai du faire un cauchemar »

Kévin, s'obligeant à respirer doucement pour calmer les battements effrénés de son cœur, essaie de se persuader que son réveil brutal n'est du qu'à un mauvais rêve.
Pourtant, malgré tous ses efforts, il n'arrive pas à dissiper l'angoisse qui, comme les tentacules d'une pieuvre, lui enserre le cœur.
Il s'assoie sur le bord du lit et regarde ses mains posées à plat sur ses genoux. Que doit-il faire ?
Se recoucher et attendre que Yann le rejoigne. Non, il a soudain un besoin viscéral d'entendre sa voix, cette voix chaude et sensuelle qu'il n'a que pour lui. Il veut l'entendre, juste pour s'assurer que tout va bien, que ce qu'il ressent en ce moment n'est rien qu'une illusion, une zone d'ombre qu'un simple petit mot de sa part suffira à chasser.
Il prend son portable posé sur la table de chevet, s'apprête à appuyer sur a touche réservée à son amant, mais il hésite encore. Yann n'aime pas être dérangé quand il est en intervention, tant pis, même s'il le met en colère et que les mots entendus ne sont pas ceux que l'on peut attendre de la personne que l'on aime, au moins il sera rassuré.
Une première sonnerie, deux, trois puis la voix de Yann se fait entendre ;

« bonjour, vous êtes sur le répondeur de Yann, je ne suis pas disponible, rappelez plus tard ou laissez un message ».

Kévin raccroche aussitôt, la gorge trop nouée pour dire quoi que se soit. Il repose le téléphone et se recouche pour se relever aussitôt. Il sort de la chambre et commence à faire les cent pas dans l'appartement comme si cette action avait le pouvoir de le faire revenir plus vite auprès de lui.
Soudain, pris d'une impulsion, il s'arrête, retourne dans la chambre, et s'habille rapidement. Après avoir pris son blouson il quitte l'appartement dans l'intention de se rendre au commissariat dans l'espoir d'y retrouver Yann.
Il a à peine descendu quelques marches que son portable sonne dans sa poche. Fébrile il s'en empare, son pouls s'accélère et un soupir de soulagement s'échappe de ses lèvres en voyant le nom affiché sur l'écran.

Pendant ce temps, la sirène des secours a remplacé celles des voitures de police. Un calme relatif règne sur le parking. Les spectateurs, une fois leurs identités vérifiées, ont pu regagner leurs domiciles, pendant que les principaux protagonistes ont été emmenés pour leur garde à vue. Seuls, le lieutenant Moretti et Laura sont restés. Celle-ci appuyée contre la portière de la voiture, regarde le médecin du SAMU donner les premiers soins à Yann. Elle l'entend rassurer le Lt Moretti, apparemment les jours de Yann ne seraient pas en danger mais il ne pourra se prononcer sur la gravité des blessures que lorsque celui-ci aura passé tout les examens.
Ses jambes se mettent à trembler en voyant celui qui vient de lui sauver la vie être mis dans l'ambulance. Elle se rend compte que s'il ne l'avait pas poussé, c'est elle qui serait allongé là sur un brancard, inconsciente.
Alors toute la rancœur et la colère qui l'habitaient depuis qu'elle les avait surpris en train de faire l'amour, la quittent.
Son regard se porte alors sur un objet qui brille à la lueur d'un réverbère, un objet qu'elle identifie immédiatement quand elle s'en approche, le portable de Yann qui a du tomber de sa poche lors du choc.
Les mains tremblantes elle ramasse l'appareil, machinalement , sans même savoir pourquoi, elle consulte les derniers appels reçus. Le prénom qui apparaît dans la liste lui fait prendre conscience que Kévin ne sait rien de ce qui vient de se passer.
Il faut absolument qu'elle le prévienne, c'est la moindre des choses qu'elle puisse faire après ce qu'elle leur à fait subir. Car si Yann est maintenant en route pour l'hôpital c'est à cause d'elle. Elle qui une fois de plus n'en a fait qu'à sa tête. Et elle qui se croyait insensible sent les larmes couler sur ses joues. Elle tape le numéro qu'elle a si souvent composé.

« Yann enfin »

En entendant Kévin répondre aussi rapidement, Laura reste muette.

« Yann ? »

« Non , c'est Laura ».

Il le sait, chaque fibre de son être le ressent, si Laura est en possession du portable de Yann, ce n'est pas normal. Mais il veut quand même y croire, il se raccroche de toutes ses forces au mince fil de l'espoir.

«Laura, qu'est-ce que tu fous avec le portable de Yann ? Passes-le moi »

Avant même d'entendre la réponse de Laura, Kévin a compris, les sanglots qu'elle essaie de réprimer sont on ne peut plus éloquents.

Il sent ses jambes se dérober sous lui et il a juste le temps de prendre appui sur le mur pour éviter la chute. Il reste là, les doigts si crispés sur le téléphone que cela lui fait mal, il a l'impression que le temps est figé et que son cœur s'est arrêter de battre.

Maintenant c'est au tour de Laura de s'inquiéter du silence de Kévin.

« Kévin, Kévin, réponds moi »

La voix de Laura lui paraît si lointaine, il prend une grande bouffée d'air et pose la question qui lui brûle les lèvres.

« Où est yann ? »

« Dans l'ambulance, on l'emmène à l'hôpital »

Des tremblements le parcours de la tête aux pieds. Dans un état second il entend Laura lui raconter l'accident, mais il ne retient qu'un seul mot, un seul qui fait battre son cœur de nouveau « VIVANT ».

Alors seulement il trouve la force qui l'avait abandonné quelques instants plus tôt. Après que Laura lui ai communiqué le nom de l'hôpital, il dévale les escaliers, n'ayant plus qu'un seul but, être auprès de l'homme qu'il aime le plus vite possible,

La tête reposant sur la vitre passager, Laura regarde devant elle, ne quittant pas des yeux les feux arrières, minuscules points dans la nuit, de l'ambulance qui roule devant eux. Elle sent le regard du lieutenant Moretti se poser sur elle. Elle tourne la tête vers lui.

« C'est de ma faute »

« C'était un accident »

« Il aurait pu être éviter, j'ai désobéi à son ordre, j'avais des comptes à régler avec lui »

« Comment ça ? »

« ,,,,,,,,,,, »

« Yann vous a piqué votre copain, et vous étiez furax c'est ça ? »

« Vous êtes au courant ? »

« Les infos circulent vite au commissariat et vos éclats de voix avec Yann ne sont pas passé inaperçus, ni le fait qu'il est séparé de sa femme et qu'il habite avec Kévin »

« Et vous ne le jugez pas pour , pour,,, »

« Pour ce qu'il est ? Ce qu'il a fait ? Sa vie privée ne me regarde pas. Yann est un bon, non un excellent policier et malgré son fichu caractère c'est un type bien. Le reste ne regarde que lui»

,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Laura regarde Kévin à la dérobée pendant qu'il fait les cent pas dans une salle d'attente de l'hôpital pendant que le Lt Moretti feuillète un magazine distraitement.

Cela fait plus d'une heure que Yann est entre les mains des médecins et l'attente se fait de plus en plus pénible.

Elle s'approche de Kévin et le prend dans ses bras. Ils restent ainsi, sans parler, jusqu'à l'arrivée d'un médecin,

« Vous êtes là pour M, Berthier, vous êtes de la famille ? »

« Nous sommes ses collègues, nous sommes de la police » fait le Lt Moretti

« Voilà, il souffre d'une commotion et d'une fracture de la hanche »

« C'est grave » demande Kévin , dont le soulagement de savoir Yann hors de danger se lit sur son visage.

« vous savez ce genre de fracture peut laisser des séquelles, mais il est jeune et robuste »

« Il va rester hospitaliser longtemps ? »

« Environ 3 mois, puis plus d'un mois de rééducation, s'il n'y a pas de complications »

« On peut le voir ? »

Il a repris connaissance mais il est préférable d'attendre demain pour les visites. Rentrez chez vous sans crainte, il est entre de bonnes mains »

0o0

Décidément la nourriture de l'hôpital était fidèle à sa réputation, à savoir tout juste mangeable. Yann avale la mixture au goût incertain qu'il vient de porter à sa bouche, persévère pour une deuxième bouchée puis abandonne la partie. Il repousse son assiette pour se rabattre sur le dessert, un yaourt dont même l'ajout de sucre n'arrive pas à masquer l'acidité. D'un geste rageur il repousse la table roulante qui va heurter, avec un bruit métallique, la chaise qui se trouve dans le coin de la pièce.

Il soupire, cela fait seulement deux jours qu'il est là, allongé sur ce lit orthopédique, un étrier sous le genou et la jambe en traction pour soulager sa hanche.

« Bonne nouvelle » lui a dit le médecin lors de sa visite de ce matin, « pas besoin d'opération ».

« bonne nouvelle, tu parles, ce n'est pas lui qui va rester allongé dans ce lit pendant 45 jours, puis cerise sur le gâteau, encore autant sans pouvoir poser le pied par terre mais, luxe suprême, le droit de se déplacer avec des béquilles. Puis pour finir, plus d'un mois dans un centre de rééducation. Pour un homme d'action comme moi c'est super. Moi qui ne peut pas tenir en place, je suis servi. Tout ça à cause de cette emmerdeuse de Laura, elle n'a pas intérêt à venir , celle-là, sinon elle va être bien reçu. »

Un coup bref à la porte lui fait tourner la tête et à la vue du visiteur un sourire illumine son visage.

« Kévin, c'est pas l'heure des visites pourtant. »

Celui-ci se rapproche de lui et dépose un rapide baiser sur ses lèvres,

« Bonjour, mon héros »

« Comment t'as fait pour qu'on te laisse me rendre visite hors des heures permises, tu as réussi à amadouer le dragon qui me sert d'infirmière ? »

« Avoir une carte de police en sa possession présente des avantages tu sais »

« Tu fais le difficile ? »poursuit Kévin qui en prenant la chaise pour s'asseoir au côté de Yann remarque le plateau repas à peine entamé.

« C'est immangeable » bougonne Yann « à ce train là je n'aurais bientôt plus que la peau sur le os »

« T' inquiètes pas, je t'apporterai la bouffe en douce, je n'ai pas envie de te casser en deux lorsque je te prendrai dans mes bras »

« Fais gaffe au dragon alors » fait Yann en rigolant

« Bon à part la bouffe, ça va, tu ne souffre pas trop ? »

« Tu sais je suis sous calmant alors ça peut aller et puis je ne suis pas une chochotte »

« Et qu'est-ce que t'as dis le médecin, »

« Que si j'étais bien sage , je pourrai reprendre du service dans 6 mois »

« 6 mois ! »

« Oui, c'est le prix à payer pour les conneries d'une certaine personne »

Le ton ironique n'a pas échapper à Kévin

« Yann commences pas »

« Commences pas quoi ? Si je suis cloué dans ce lit c'est parce que Ta Laura a désobéi à mon ordre, il va falloir qu'elle change sinon je ne donne pas cher de son avenir dans la police »

« De 1 ce n'est pas Ma Laura, de 2 elle est vraiment désolée pour ce qui t'est arrivé, cela l'a vraiment bouleversé »

« Grand bien lui fasse »

« Yann ! »

Pour toute réponse celui-ci attrape le bras de Kévin le forçant à se lever et à se pencher vers lui . Leurs lèvres se retrouvent pour un baiser passionné.

« hum, hum »

Trop occupé à faire jouer leurs langues l'une avec l'autre ils n'ont pas entendu la porte s'ouvrir sur une jeune femme dont les joues se colorent joliment de rouge devant le spectacle offert.

« Excusez -moi, je viens récupérer le plateau »

Kévin s'écarte de Yann doucement.

« Allez-y » fais celui-ci

Elle s'exécute tout en évitant leurs regards et sort de la pièce. Kévin se rapproche à nouveau de Yann et lui passe la main dans les cheveux.

« Je dois partir, le devoir m'appelle, je reviens ce soir dès que j'ai fini. Tu as besoin de quelque chose ? »

« Oui, de toi »

« Sois sérieux »

« Mais je suis sérieux, je n'ai rien d'autre à faire ici que penser à toi. Tu me manques »

Le cœur de Kévin se met à battre un peu plus vite en entendant ces mots.

« tu me manques aussi, j'ai eu si peur »

Ils s'embrassent une dernière fois puis Kévin se décide enfin à partir, la main sur la poignée de la porte il se retourne.

« Je t'apporterai quelques magazines d'accord »

« D'accord à ce soir »

Un baiser envoyé du bout des doigts et Kévin disparaît du champ de vision de Yann.

Celui-ci pose un doigts sur ses lèvres où il peut encore sentir la douceur de celle de son amant. Il ferme les yeux puis s'endort, les calmants faisant leur effet.

0o0

« Kévin, Kévin »

Celui-ci se retourne en entendant Laura l'interpeller.

« Comment va Yann ? »

« Dans l'état actuel des choses, ça peut aller »

« Tu retournes le voir quand ? »

« Ce soir après le boulot »

« Je peux venir avec toi ? »

« Ecoutes, je ne crois pas que ce soit une bonne idée »

« Pourquoi ? »

« Il ne veut pas te voir »

« Il m'en veut ? »

« Y a de quoi non ? A cause de toi il se trouve cloué sur un hôpital »

« Justement je voudrais lui parler, pour m'excuser et le remercier, c'est un minimum que je puisse faire, tu ne crois pas ? »

« ,,,,,,,,,,,,, »

« Allez Kévin, s'il te plait »

« D'accord mais ne t'attends pas à un accueil chaleureux »

« Je m'en doute, appelle-moi quand tu seras près à partir »

« OK »

,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

« Allons M. Berthier, ne faites pas l'enfant ! »

« Je ne fais pas l'enfant, je déteste prendre des médicaments et j'en assez pris depuis mon arrivée »

Devant l'attitude de Yann qui refuse catégoriquement d'avaler ses cachets, l'infirmière lève les yeux au ciel. Des patients récalcitrants elle en a connu mais celui-la au festival des emmerdeurs il aurait la palme d'or.

« Vraiment pire qu'un gosse » marmonne t'elle entre ses dents

« vous savez ce qu'il vous dit le gosse » réplique « Yann qui ayant l'ouïe fine l'a entendu.

« Et bien on voit que l'ambiance est au beau fixe » fait Kévin en entrant dans la pièce, laissant Laura attendre dans le couloir.

« Dites à votre ami que s'il ne prend pas ses cachets je me ferais un plaisir de les remplacer par une piqûre dans ses jolies fesses » lance l'infirmière excédée, à Kévin, en sortant de la chambre.

« Tu vois comment on me traite » fait Yann en lui faisant signe d'approcher.

« Je crois plutôt que c'est toi qui la fait tourner en bourrique »

« Je te l'ai déjà dit c'est un vrai dragon »

« Mais je suis sûr qu'elle a un faible pour toi, la preuve elle trouve que tu as de belles fesses »

« C'est ça, fous toi de ma gueule »

« Allez fais moi plaisir avales » dis Kévin en lui tendant les comprimés que l'infirmière a laissé sur la table de nuit.

A contrecœur Yann s'exécute non sans lui jeter un regard noir.

« Tu vois quand tu veux »

Et avant que son amant ne réplique Kévin s'empare de sa bouche pour un baiser tout en tendresse.

« Tu as eu de la visite? »

« oui Moretti est passé en début d'après-midi »

« En parlant de visite, j'ai amené quelqu'un qui voudrait te voir »

Yann se doutant de l'identité de la personne en question se rembrunit.

« Si c'est Laura tu peut lui dire de rentrer chez elle »

« Yann s'il te plait, laisses-lui une chance de s'expliquer, fais le pour moi, d'accord ! »

« Bon d'accord elle peut entrer »

Kévin dépose un second baiser sur ses lèvres puis sort de la pièce pour revenir quelques secondes plus tard en compagnie de Laura.

Contrairement à son habitude elle entre d'un pas hésitant ne sachant pas quelle conduite adopter.

« Bonjour »

« Salut »

Après un moment de flottement elle se décide à prendre la parole

« Je voulais te remercier de m'avoir sauver la vie »

« je n'ai fait que mon boulot »

« Ttu sais je sais que j'ai mal agi, ce soir là et les autres fois aussi mais j'avais la rage parce que tu m'avais piqué Kévin, je t'en voulais, je voulais vous pourrir la vie mais je ne voulais pas ça , je regrette vraiment ce qui t'es arrivé à cause de moi »

En l'observant pendant qu'elle lui parle Yann se rend compte qu'elle est vraiment sincère.

« Tu sais Laura , tu deviendra un bon flic à condition de perdre ton caractère de cochon »

« Pourquoi ? Tu l'as bien gardé toi. »

A la surprise de Kévin la réplique de Laura fait apparaître un sourire sur le visage de Yann.

« Les hostilités sont finies si je comprend bien »

Une poignée de mains scelle la paix retrouvée et Laura s'en va en les laissant en tête à tête.

O00

« Merde, merde et remerde »

Cela fait presque 10 mn que Kévin chercher à se garer sur le parking de l'hôpital et ce sans succès. Résigné il tente sa chance dans une rue avoisinante où, miracle, une place se libère juste devant lui. Un coup d' oeil à l'horloge du tableau de bord lui indique qu'il est, une fois de plus, en retard. Il effectue un créneau digne de ce nom et sort de sa voiture en manquant de faire tomber un cycliste. Après avoir bredouillé des excuses il se dirige vers l'hôpital où un Yann impatient l'attend. Celui-ci doit sortir aujourd'hui afin de se rendre dans un centre pour y finir sa rééducation. Comme il fallait s'y attendre Yann avait refusé de faire le trajet en ambulance. Ayant pu se rendre compte par lui-même et ce pendant 3 mois du caractère de son patient, le médecin avait jugé préférable d'accéder à sa demande.

Du couloir, Kévin peut entendre les éclats de voix qui proviennent de celle-ci.

« Vous êtes impossible »

« Je vous aime aussi »

« Ravie que vous nous quittiez aujourd'hui »

« Tout le plaisir est pour moi »

Kévin soupire, même pour son dernier jour Yann n'a pas pu s'empêcher de s'accrocher avec son infirmière. Il prenait un malin plaisir à la faire sortir de ses gongs.

Il manque de la percuter quand il entre dans la chambre. Yann l'attend, assis sur le lit, ses béquilles posées à plat à côté de lui.

« Qu'est-ce que tu as encore fait ? » lui demande t-il après avoir déposé un léger baiser sur ses lèvres.

« Mais rien, c'est elle qui s'énerve pour un rien »

« Mais oui je vais te croire. Bon t'es prêt ? »

« Depuis un bail »

« On y va ?» fait Kévin en s'emparant du sac de yann

En le voyant progresser dans le couloir il constate les progrès que son amant à effectué depuis l'accident. Encore un mois pour rééduquer ses muscles et ses articulations et il pourra marcher normalement.

Après s'être installé le plus confortablement possible dans la voiture, Yann tourne la tête vers Kévin et pose sa main sur sa cuisse.

« Kévin »

« Oui »

« Ca te dirai de faire un détour par l'appart ? »

« Pourquoi ? »

La main se fait plus entreprenante.

« A ton avis ? »

« Yann, je ne crois pas que ce soit une bonne idée » répond Kévin en voyant parfaitement où il veut en venir.

« Ecoutes ça fait trop longtemps que l'on a pas fait l'amour et je crois que je ne tiendrais pas un mois de plus »

La caresse se fait plus précise et Kévin pousse malgré lui un soupir de contentement. Pour lui aussi cette période d'abstinence a été difficile et il doit se faire violence pour repousser la main de Yann.

« Arrêtes ! »

« Allez Kévin t'en meurs d'envie »

« Pas du tout »

Soudain Kévin pousse un cri de surprise, la main de Yann vient de se plaquer sur son entrejambe.

« Traître ! »

« alors ? »

Il sent ses dernières résistances s'écrouler et murmure:

« D'accord mais enlève ta main sinon je ne vais pas pouvoir me concentrer sur la route »

Ce que fait Yann, un sourire aux lèvres.

Aussitôt entré dans l'appartement Yann se dirige vers la chambre, la montée des trois étages l'a fatigué. Il s'allonge sur le lit et ferme les yeux. Il se rends compte de la présence de Kévin quand celui-ci s'assoie à côté de lui et passe une main dans ses cheveux.

« Je te l'avais dis que ce n'était pas une bonne idée »

En guise de réponse, Yann pose une main sur sa nuque pour l'obliger à se pencher vers lui et l'embrasse passionnément. Leurs langues se cherchent, se trouvent, se redécouvrent et seul le manque d'oxygène les obligent à rompre cet échange.

En faisant attention à la hanche de son amant, Kévin se positionne sur celui-ci, ses genoux de part et d'autre de son bassin. Ses mains glissent sous son tee-shirt pendant que ses lèvres déposent des petits baisers sur son cou.

Le corps de Yann, privé de ses caresses pendant trop longtemps est parcouru de délicieux frissons. Pour ne pas être en reste, ses mains agrippent le sweat de Kévin et lui enlèvent afin de toucher sa peau nue.

Après avoir remonté doucement le tee-shirt de Yann pour que sa bouche redécouvre la saveur de sa peau, les mains de Kévin s'arrêtent sur la boucle de la ceinture du pantalon, puis sur la fermeture éclair. L'une d'elles, audacieuse, poursuit son chemin sous la barrière de tissu que constitue le boxer et s'empare de sa virilité. Yann gémit sous la douce torture que lui inflige son amant. Il émet un grognement quand celui-ci l'abandonne pour le débarrasser de ses vêtements encombrants. Soudain, il sent une douce chaleur l'envahir quand ayant remplacé sa main par sa bouche, Kévin laisse sa langue explorer chaque millimètre de son membre.

En un geste instinctif il pose ses mains sur sa tête. IL voudrait que ce moment continue le plus longtemps possible mais il sent que la jouissance est proche et dans un cri il se laisse submerger par la vague de plaisir. Les lèvres de son amant se posent sur les siennes pour un tendre baiser, avant que celui-ci ne s'allonge à côté de lui et l'enlace pour un moment de tendresse.

0o0

Yann debout devant la fenêtre de son bureau regarde sans la voir la pluie qui fouette la vitre et laisse de multiples gouttes d'eau qui glissent sur la surface froide. Son esprit est ailleurs, il a fait un bond de quelques heures en arrière. Plus précisément à ce matin où sortant de l'ascenseur avec Kévin une slave d'applaudissements l'avait accueilli. A sa grande surprise la plupart des policiers présents, prévenus par Lyes qui faisait office de guetteur, étaient venus saluer son retour. Touché, il était resté là ne sachant quoi dire. Moretti s'était alors approché et l'avait pris dans ses bras pour une accolade amicale. Puis un par un, par une simple poignée de mains ou une tape sur l'épaule, Ils étaient venus lui montrer qu'ils étaient contents de le revoir parmi eux, même les « bleus » et plus particulièrement Laura qui surprenant tout le monde l'avait embrassé sur la joue.

Il sursaute quand il sent des bras l'enlacer et un baiser se déposer sur son cou.

« Alors beau brun, on rêve de moi j'espère ? »

« Tu n'es pas toujours au centre de mes pensées tu sais »

« Ah bon je croyais » fait Kévin faisant mine d'être déçu mais en resserrant son étreinte.

« Je ne m'attendais pas à ça » fait Yann en posant ses mains sur les siennes.

« Beaucoup t'admirent Yann, tu es un bon flic et les gars de ton équipe ne voudraient pas d'autre capitaine que toi, malgré ce que leur fait subir parfois »

Yann se dégage des bras de Kévin, se retourne, prend son visage entre ses mains et l'embrasse.

« On y va ? » fait Kévin après avoir rompu le baiser « on a rendez-vous avec l'agent immobilier, tu n'as pas oublié ? »

« Non, on y va » fait Yann en prenant sa veste.

3 semaines plus tard

« Enfin un appart rien qu'à nous » fait Yann en fermant sur eux la porte de l'appartement qu'ils ont enfin trouvé. L'agent immobilier venait de leur remettre les clés et dès qu'ils étaient sortis de l'agence ils s'étaient empressés de s'y rendre.

Maintenant ils vont de pièce en pièce avant d'entrer dans celle qui devait devenir leur future chambre.

« Attends-moi ici » fait Yann après avoir embrassé Kévin du bout des lèvres.

« Mais qu'est... »

« Je reviens dans 2 mn, ne bouges pas »

Sous le regard étonné de Kévin Yann sort de la pièce.

En attendant son retour Kévin ferme les yeux et imagine la façon dont ils pourraient l'aménager

Il entend Yann revenir et s'apprête à ouvrir les paupières.

« Non restes les yeux fermés, je te dirai quand les ouvrir »

Un bruit de sac que l'on ouvre, un froissement de tissu.

Il sent la main de Yann prendre la sienne, celui-ci l'oblige à s'asseoir.

« Tu peux ouvrir tes mirettes »

Il est assis sur une couverture où Yann a également pris place. Près de lui il a disposé une bouteille de champagne, deux verres et une enveloppe.

Un large sourire illumine le visage de Kévin

« C'est en quel honneur ? »

« Outre le fait que nous fêtons notre « chez-nous » il y a autre chose. Ouvres l'enveloppe »

Kévin s'exécute, il prend la feuille qui s'y trouve qu'il parcours rapidement.

« C'est ... »

« Oui je suis enfin un homme libre, je suis maintenant officiellement divorcé »

Ce faisant Yann ouvre la bouteille de champagne et verse le breuvage dans les verres. Il en tend un à Kévin puis lève le sien.

« Je lève mon verre à celui qui en entrant dans ma vie, comme une tornade, a bouleversé mon existence, m'a fait comprendre qu'il fallait que je sois moi-même, m'a sorti du mensonge dans lequel je vivais depuis des années. Et chose la plus importante il a pris mon cœur » « A l'homme que j'aime, à toi »

« A nous » répond Kévin trop ému pour répondre autre chose.

Ils boivent leurs verres en silence, les yeux dans les yeux, chacun pouvant voir dans les yeux de l'autre tout l'amour qu'ils se portent. Naturellement ils se penchent l'un vers l'autre, leurs bouches se trouvent. Doucement Yann fait basculer Kévin sur la couverture sans interrompre le baiser. Puis sa bouche délaisse celle de son amant et ses dents mordillent sa nuque. Puis il se relève afin de se débarrasser de son tee-shirt pendant que Kévin fait de même. Ils s'allongent de nouveau et le contact de leurs torses nus les électrisent. Un second baiser et ils sont déconnectés de la réalité. Leurs mains savent exactement où se poser pour procurer le maximum de sensations. Les bruits de fermetures-éclair que l'on descend, du tissu des jeans qui glissent sur leurs jambes résonnent dans la pièce, vite remplacés par les gémissements qui franchissent leurs lèvres quand leurs caresses mutuelles se font plus précises. La bouche de Yann s'approche de l'oreille de Kévin et li murmure quelque chose à l'oreille. Alors d'un coup de reins, Kévin bascule entraînant son amant de façon à se retrouver au-dessus de lui. Ses mains glissent sur le torse finement musclé, s'arrêtent sur les hanches pour continuer sur les cuisses entraînant avec elles le dernier obstacle. Il quitte le corps offert afin d'enlever son boxer puis reprend sa position initiale. Avisant la bouteille de champagne Kévin s'en empare et verse du champagne sur le torse de Yann.

Sous la langue qui lèche le liquide sur son corps brûlant, il se tord pendant que ses mains font d'incessants va -et -viens entre les épaules et les fesses de kévin. Pris dans une spirale de plaisir il écarte les jambes lui faisant comprendre qu'il est prêt pour l'étape ultime. Sans le faire attendre celui-ci se positionne et le pénètre d'une seule poussée en étouffant le cri de Yann avec sa bouche. Il se met à bouger d'abord lentement puis de plus en plus intensément. Yann se cambre, il ne peut retenir ses cris et ses râles de plaisir auxquels de mêlent ceux de Kévin.

Il plonge son regard dans celui de l'homme qu'il aime plus que tout. Sans se quitter du regard ils se laissent envahir par la jouissance. Kévin se retire doucement et s'allonge à côté de lui, rabat sur eux un pan de la couverture. Ensuite, blottis dans les bras l'un de l'autre, leurs jambes entremêlées ils s'endorment, épuisés par leur première étreinte dans cette chambre qui désormais abritera leur amour.

FIN