Bonjour,
j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira et je remercie ceux qui ont pris la peine de m'écrire une review.
Bises
Chapitre trois : Chasse à l'homme
Le capharnaüm fut indescriptible.
Harry ne pouvait rien dire. L'étonnement lui clouait la bouche.
Il se tourna vers Hermione. Elle était d'une pâleur anormale. Il posa sa main sur la sienne afin d'attirer son attention.
- Tu vas bien?
Elle hocha la tête.
Le jeune homme regarda autour de lui. Tous les sorciers étaient agités, parlaient entre eux, se levaient et s'écriaient.
Seul un homme semblait s'amuser de cette situation. Un sourire tranquille sur ses lèvres fines, Malefoy ne paraissait pas partager la surprise générale.
En bas, le Ministre tentait d'apaiser l'auditoire.
- Du calme, s'il vous plait, du calme!
Kingsley s'approcha de lui, lança un Sonorus à sa gorge et tonna de sa puissante voix :
- Silence!
Scrimegeour murmura un merci au Directeur du Département des Aurors avant de prendre à nouveau la parole.
- Cette évasion est désormais notre priorité. Vous allez donc tous mettre vos affaires en cours de côté et vous consacrez à Snape. Vos supérieurs vont vous affecter à diverses tâches dans cette affaire selon vos domaines de compétences. La Brigade de police magique consacrera son temps à placarder des affiches de recherche. Vous fouillerez ensuite le passé et les connaissances du prisonnier pour dénicher sa cachette. Quant aux Aurors, vous vous lancerez à la poursuite de Snape. Passez les alentours d'Azkaban au peigne fin. Snape n'a pas de baguette. Il est seul, affaibli, démuni. Il reste néanmoins un homme dangereux alors méfiez vous de lui. Sur ce, je vous souhaite bonne chance.
Puis le Ministre se tourna vers les Directeurs de la Brigade de police magique et des Aurors pour leur donner quelques informations et instructions supplémentaires.
- Par Merlin, comment s'y est il pris? Murmura Harry en passant une main dans sa tignasse brune.
- Il ne me semble pas qu'il soit un Animagus. En tout cas il n'est pas référencé comme tel. Et pourquoi aurait il attendu si longtemps? S'il voulait s'enfuir, il aurait pu le faire plutôt, lorsqu'il était moins faible. Je ne comprends pas, dit Hermione.
- Tu as raison, s'il était un Animagus, il n'aurait pas attendu aussi longtemps.
- A moins qu'il ait eu besoin de temps pour peaufiner son évasion, suggéra-t-elle.
- Granger, Potter, appela Kingsley. Venez ici.
Les deux Aurors se levèrent et rejoignirent leur chef en bas de l'amphithéâtre.
- Vous deux, leur annonça-t-il, vous allez enquêter sur son évasion. Le Ministre veut savoir exactement quels sont les points faibles d'Azkaban. Il ne doit plus y avoir aucune évasion de la prison. C'est compris?
- Oui, répondit Hermione. On commence par Azkaban.
- Non, vous commencez par rentrer chez vous pour récupérer un peu de sommeil. Votre mission est moins urgente que celle des autres. Dormez quelques heures puis allez à la prison pour commencer les interrogatoires.
- Pourquoi n'a-t-on pas été affectés à la recherche de Severus Snape? Demanda Harry.
Kingsley le regarda un instant droit dans les yeux. Il semblait hésiter à lui dire la vérité.
- Le Ministre craignait que votre passé avec le prisonnier ne vous empêche de faire votre travail objectivement.
Harry sentit la colère monter en lui. Seule la main d'Hermione sur son bras lui rappela en face de qui il se trouvait.
- Je vois, dit il froidement.
- Je peux comprendre le point de vue du Ministre, intervint la sorcière, mais il me semble que nous avons toujours été très professionnels, Harry et moi. Même lorsque nous avons été obligés d'enquêter sur George Weasley et sa boutique Weasley, Farces pour sorciers facétieux.
- Je sais Hermione, soupira Kingsley. C'est-ce que j'ai dit à Mr Scrimegeour mais il n'a pas voulu prendre de risques. Je suis désolé.
- Ce n'est pas grave, répondit la jeune femme, je suis juste déçue qu'après tout ce qu'on a fait, le Ministre nous accorde si peu de confiance.
Harry préférait se taire. Il savait qu'il regretterait le moindre mot qui sortirait de sa bouche.
Il salua son supérieur d'un hochement de tête et s'empara du bras d'Hermione pour la traîner hors de la salle.
- Ne sois pas en colère, murmura-t-elle.
- J'essaie de me calmer, figure toi, grogna-t-il. Parles moi de quelque chose. N'importe quoi.
La sorcière poussa un léger soupir.
- Je crois qu'il a eu raison de nous écarter des recherches.
- Quoi? S'écria-t-il. Toi aussi tu t'y mets?
- Franchement Harry, si tu le trouvais, tu aurais le cœur à le remettre en prison? Sois sincère! Parce que moi, maintenant que j'y pense, je n'aurais sûrement pas pu.
Le sorcier resta un instant silencieux. Hermione avait raison. Jamais il n'aurait pu faire une chose pareille.
- Mais c'est une vie de hors la loi! Tu te rappelles Sirius. Toujours traqué, toujours caché! Ce n'est que de la survie!
- Tu es toujours enfermé, continua Hermione d'une voix douce, mais dans une cage plus grande. J'ai bien peur Harry que ce soit la condition humaine qui impose cela. Toi comme moi, nous sommes également des prisonniers. Notre corps, notre société et ses codes sont notre propre cellules.
- Granger, philosophe. On aura tout vu, se moqua une voix nasillarde qui provenait de leur dos.
Hermione et Harry se retournèrent pour faire face à Draco Malefoy.
- Vous prenez tout le passage, ajouta-t-il. Il y en a qui travaillaient ici.
- Félicitations pour ta promotion, congratula la sorcière d'un ton qui se voulait amical.
- Oui, qui as-tu payé pour l'avoir? Demanda le binoclard.
- Harry!
- C'est celui qui est devenu Auror sans faire aucune étude qui me pose cette question? Potter, je ne te savais pas hypocrite.
- Prends garde à toi! S'énerva Harry.
- Voyons, on travaille tous sur le même bateau maintenant! Cela ne servira à rien de vous taper dessus!
- Cela me soulagera, grogna Harry.
- On m'a toujours appris que la violence était la riposte des faibles et des imbéciles, répondit Malefoy en levant le nez d'un air hautain.
Harry écumait de rage et son amie préféra le tirer par la main pour l'éloigner de son vieil ennemi.
- Allez viens, Ginny doit t'attendre à la maison.
A ces mots, le blondinet devint anormalement pâle et, se méprenant sur cette réaction, Harry lança un dernier pique :
- C'est vrai que toi tu es tout seul. Aucune femme ne veut partager la vie d'un mangemort!
- Bon Harry cela suffit! s'écria Hermione qui le poussa dans le couloir jusqu'à l'ascenseur.
Le jeune homme fit semblant de ne pas l'entendre tandis qu'elle maudissait son manque de bienséance. Elle lui fit la leçon pendant tout le trajet et continua alors qu'ils traversaient l'Atrium.
- Avais tu vraiment besoin de le provoquer?
- C'est lui qui a commencé, finit par répondre Harry.
- C'est tellement mature de ta part de dire cela! Répliqua-t-elle d'un ton d'où transpirait le sarcasme.
- Oh ça va, toi et tes grands airs!
La jeune femme stoppa brusquement sa marche et à travers son regard, Harry pouvait voir qu'il l'avait blessée.
- Je suis désolé. Je n'aurais pas du dire cela.
Elle hocha la tête et se dirigea, sans un mot, vers une cheminée.
- Hermione, s'il te plait! Supplia Harry. Je suis un idiot, pardonne moi!
- Ce n'est rien, dit elle froidement. Nous sommes fatigués et nerveux. Nous allons rentrer chacun chez nous, faire une sieste et se retrouver dans trois heures à Gamvik.
- A tout à l'heure, murmura le jeune homme d'un air penaud.
La sorcière soupira puis lui adressa un sourire avant de lancer la poudre de cheminette dans le feu.
- Ne t'inquiètes pas. Je ne t'en veux pas. Je suis un peu à bout en ce moment. Il est temps que tout cela finisse.
Puis elle fut engloutie par les flammes vertes.
Au lieu de rentrer chez lui, Harry se promena dans le Chemin de Traverse.
Il but une chope de bièraubeurre chaude avec Neville qui profitait de son jour de repos.
- Tu es au courant pour Snape? Demanda Harry alors que son ami buvait une gorgée du breuvage.
- J'ai vu une affiche. Et j'ai lu la une de La Gazette du Sorcier.
- Le contraire m'eut étonné, grogna Harry. C'est arrivé il y a moins de deux heures et ils ont déjà pondu un reportage là-dessus. Il doit y avoir une taupe au Ministère.
- Les journalistes ont leur indic', c'est bien connu, commenta Neville en hochant la tête.
Harry soupira.
- J'ai été transféré à l'enquête sur sa méthode pour s'évader.
- A supposer qu'il soit encore vivant.
Le binoclard se gratta le cuir chevelu.
- Tu crois qu'il est mort? Demanda-t-il.
- Je ne sais pas Harry. Azkaban est situé dans le Nord, non?
- En Norvège, répondit l'Auror.
- L'eau est donc glaciale et les courants marins violents.
- Sirius a bien réussi à rejoindre la côte.
- Mais c'était en plein été, rappela Neville. Il doit faire moins dix degré en ce moment et je ne te parle pas de la température de l'eau. Il ne pouvait pas utiliser un sort à moins de cinq kilomètres d'Azkaban. Enfin, en tout cas c'est ce que j'ai lu dans la Gazette.
Harry secoua la tête.
- Non, je ne peux pas imaginer qu'après tout ce qu'il a traversé, cet homme serait mort de froid ou noyé. C'est trop bête.
Après une autre bièraubeurre et plusieurs minutes de conversation, les deux amis finirent par se séparer. Neville partit rendre visite à sa grand-mère avant de rentrer à Poudlard, où il avait pris le relais du Professeur Chourave et Harry continua ses errances dans les ruelles du Chemin de Traverse.
Il croisa quelques collègues de la Brigade de police magique qui accrochaient les affiches « Avez-vous vu ce sorcier? »
A chaque coin de rue, on en rencontrait une.
Severus Snape ne bougeait pas, n'hurlait pas, ne cillait pas. On aurait cru une photo moldue. Il regardait droit devant lui, de ses yeux vifs et noirs.
Harry resta un instant devant l'une d'entre elle. Son ancien professeur semblait lui intimer l'ordre de le laisser tranquille. Le sorcier se dit à cet instant qu'il était heureux de ne pas être à sa poursuite. Aurait il pu le traîner derrière les barreaux? Le Ministre avait peut être raison. Son passé avec cet homme était trop chargé pour qu'il soit professionnel. Il aurait failli, il aurait menti, il aurait été son complice…
