Bonjour,

je suis heureuse que certaines trouvent le suspence bien tenu, c'était le principal objectif!

Je vous laisse apprécier ce nouveau chapitre en espérant que vous me laisserez une review au passage pour donner votre sentiment. Je m'excuse, par ailleurs, de ne pas toujours prendre le temps d'y répondre. J'ai une vie assez mouvementée qui ne me laisse que peu de répis. J'espère que vous comprendrez et me pardonnerez.

Bises.

Chapitre cinq : La taupe

Harry et Hermione passèrent au bureau ce soir là pour déposer leurs dossiers avant de rentrer chez eux. Un hibou à moitié déplumé les attendait sur le dossier d'une chaise. Il tenait une épaisse enveloppe entre ses serres.

Harry la détacha tandis que sa collègue nourrissait l'oiseau de biscuits secs.

- Il est tard, soupira l'Auror en se frottant les yeux sous ses lunettes. On s'occupera de cela demain.

Hermione hocha la tête et emmena le hibou à la fenêtre.

- Tu veux dîner à la maison? Demanda Harry.

- Tu es adorable mais je n'ai envie que d'une soupe brûlante, d'un feu de cheminée et d'un bon gros roman. Qui plus est, je ne vais pas me coucher tard.

- Je vois. En clair, tu veux être seule?

Hermione gloussa.

- J'avoue. Et je suppose qu'être seul avec ta femme ne sera pas pour te déplaire.

- Allez viens, je te raccompagne aux cheminées. Lui dit Harry en riant.

La sorcière attrapa sa cape et donna la sienne à son ami. Elle étouffa un bâillement alors qu'ils sortaient de leur bureau et s'engageaient dans le couloir. Ils y croisèrent Draco Malefoy et deux de ses collègues. Tous trois grelottaient dans leurs vêtements trempés.

- On t'a demandé de sonder l'eau, le furet, pas de plonger dedans!

- Très spirituel, Votre Grandeur! répliqua le blondinet sans s'arrêter ni se retourner.

Harry sentit la colère monter en lui, comme à chaque fois qu'il croisait la route de son ancien camarade d'école. Il ressentait une sérieuse envie de le cogner.

- Vas-tu le laisser tranquille à la fin! gronda Hermione à voix basse. Tu es ridicule!

Elle le poussa pour qu'il arrête de fusiller le dos de Malefoy de son regard furieux.

Lorsqu'ils arrivèrent dans l'atrium, Hermione baillait bruyamment. Elle prit une poignée de poudre à cheminette, grogna un « à demain » peu enthousiaste, puis disparut dans les flammes vertes. Harry préféra transplaner pour rentrer chez lui. Ginny l'attendait, un beau sourire aux lèvres.


Le corps chaud de sa femme ne suffisait pas à l'endormir, ni la douce quiétude dans laquelle il était plongé après lui avoir fait l'amour. Harry regardait vers le plafond depuis près d'un quart d'heure.

Il sentait le souffle brûlant de sa bien-aimée contre son coup. Ses seins frôlaient ses côtes, son sexe effleurait sa cuisse, ses longs cheveux roux étaient éparpillés sur son torse nu.

Elle ne voulait pas admettre qu'elle ronflait.

« Je respire fort » insistait Ginny à chaque fois que son mari la taquinait.

Comment une si jolie femme pouvait faire des bruits aussi disgracieux pendant son sommeil?

Doucement, le jeune homme s'extirpa des bras de la rouquine et s'assit sur le bord du lit.

Cette affaire le travaillait plus que toutes celles qu'il avait suivies. Peut être parce qu'il recherchait Severus Snape à contre cœur.

Harry se tourna vers la table de chevet de Ginny, le réveil indiquait quatre heures moins dix du matin. Sa nuit était foutue.

Il adorait que sa femme lui monte dessus en pleine nuit même s'il savait qu'ensuite il lui était généralement impossible de se rendormir.

Harry se leva, choisit un caleçon, une chemise et des chaussettes dans la commode, enfila son pantalon et son pull de la veille puis sortit de la chambre.

Il faisait froid dans le reste de la maison, Patmol sauta de sa niche et vint se frotter contre ses jambes. Le sorcier se pencha et prit son chien dans ses bras.

- Mais oui mon grand, moi aussi je suis content de te voir, murmura Harry alors qu'il se faisait lécher allègrement la figure.

Il se rendit dans la cuisine où il attrapa un sac de croquettes. Patmol, âgé de cinq mois, devint tout fou dans ses bras lorsqu'il entendit le son du plastique. Harry dut le poser par terre tandis qu'il remplissait sa gamelle. Il sentait le Golden Retriever gratter ses jambes.

- Je n'irai pas plus vite, Patmol, l'avertit le sorcier en soupirant.

Il posa la gamelle sur le carrelage et le chiot se jeta dessus.

- On dirait que tu n'as pas mangé depuis trois mois, grogna Harry, et ne mange pas trop vite, tu vas te rendre malade.

Un air de déjà vu frappa le jeune homme. Il avait entendu Hermione dire ces mots exacts à Ron à maintes reprises. Harry secoua la tête. Son ami lui manquait, il faudrait l'emmener voir les Canons de Chudley. Ils jouaient le dimanche suivant au nord de Manchester.

Il appuya sur le bouton marche de la cafetière. Il était devenu accro au café pendant ses longues nuits au bureau. Et Ginny partageait désormais son vice.

Harry partit dans la salle de bain se laver les dents et se rafraîchir le visage. Il ne prenait jamais sa douche après ses nuits d'amour avec sa femme. Il voulait garder son odeur sur lui toute la journée. Plusieurs fois, il avait surpris les regards de ses collègues sur lui mais peu lui importait.

Lorsqu'il retourna dans la cuisine, la verseuse était remplie d'un café corsé et fumant, il s'en servit une tasse puis chaussa ses baskets le temps que son breuvage refroidisse un peu.

Patmol vint poser sa tête sur ses genoux noueux. Harry lui offrit une caresse.

- Tu vas être sage aujourd'hui, mon grand. Les crottes c'est dehors, pas dans le salon.

Le Golden Retriever cacha sa tête entre ses pattes.


Harry transplana pour aller au Ministère. Les bureaux des Aurors étaient vides. Il n'était pas rare d'apercevoir un collègue à cette heure là. Certains n'avaient plus que leur travail dans leur vie. Le sorcier balança sa cape sur sa chaise et soupira devant le carnage qu'était son bureau. Hermione et Kingsley le réprimandaient fréquemment pour sa propension au désordre. Ginny aussi d'ailleurs.

Prenant son courage à deux mains, le jeune homme entreprit de ranger son espace de travail. Il n'arrivait même pas à trouver le registre des visites dans ce capharnaüm.

Néanmoins, lorsque son bureau et ses tiroirs furent rangés, le dossier restait introuvable. Il regarda sur le secrétaire immaculé d'Hermione puis jeta un coup d'œil aux piles de dossiers qui encombraient l'immense bureau de son supérieur.

Harry commença à fulminer.

Cela faisait une heure qu'il cherchait lorsque Hermione débarqua. Mal coiffée et cernée comme à son habitude. Elle s'arrêta brusquement sur le seuil quand elle vit l'air furieux de son ami.

- Il y a un problème? Demanda-t-elle.

- Je ne trouve pas le registre des visites, grogna-t-il.

Elle haussa un sourcil, sûrement prête à sortir une remarque acide sur « le bordel insupportable qui croupissait sur son bureau et à cause duquel il ne pouvait pas effectuer un travail propre et ordonné » mais ravala ses mots dès qu'elle aperçut la table rangée.

Elle sortit sa baguette de sa poche et lança un Accio.

Harry soupira. Avoir grandi dans un milieu moldu lui portait parfois préjudice. Hermione, bien que née moldue, s'était intégrée de façon plus intense que lui dans le monde sorcier. Il n'avait pas pensé à utiliser un sort.

Néanmoins rien ne vint.

- Kingsley l'a peut être emmené chez lui pour l'examiner. Ce ne serait pas la première fois, dit elle. Il est quelle heure?

- Presque cinq heures et demi.

- D'ici une heure, il sera arrivé. On lui demandera à ce moment là.

Harry haussa les épaules. Hermione avait toujours raison.

- Tu es matinale ce matin, observa le sorcier, tu as mal dormi?

- Je ne dors pas beaucoup en ce moment. J'ai commencé un livre passionnant, Civilisations Magique Anciennes d'Amérique du Sud. C'était si riche d'informations. Je n'ai pas réussi à décrocher avant que mes yeux me fassent mal. J'ai hâte de faire ce voyage culturel!

Le sorcier ne comprenait pas bien son amie en ce qui concernait cette soif de savoir. Lui n'aspirait qu'à une vie simple et pleine d'amour. Hermione semblait ne jamais en avoir assez.

Leur bureaux étaient face à face étant donné qu'ils travaillaient en binôme. Ils étaient dans le coin le plus reculé de la pièce, ce qui n'était pas pour leur déplaire. Sur le mur, ils avaient accroché un panneau en liège sur lequel ils punaisaient des mémos moldus, des photos, des tableaux graphiques etc. Ils étaient les seuls Aurors à travailler de la sorte. Ils supposaient que c'était du aux séries policières qu'ils regardaient à la télévision lorsqu'ils étaient enfants.

Harry regardait la photographie de Severus Snape qui était accrochée au panneau. Elle datait de l'époque où il était directeur de Poudlard. Il ne bougeait pas d'un cil. On aurait pu croire à une photographie argentique à l'exception de la vie qui soufflait autour de l'homme immobile. Le vent faisait danser ses cheveux noirs. Le saule cogneur agitait ses branches violemment derrière le sorcier tandis qu'au loin on pouvait apercevoir les fenêtres du château de Poudlard s'allumer ou s'éteindre les unes après les autres.

L'homme était immobile dans un monde grouillant de vie sur cette photo alors qu'à ce jour, il courait vers la liberté dans une réalité qui paraissait inerte aux yeux d'Harry.

Il sentit la main d'Hermione se poser sur son épaule tandis qu'une tasse de café apparaissait devant lui.

- Merci, murmura-t-il.

- Je t'en prie. Je suppose que tu as réfléchis toi aussi aux informations accumulées.

- Mmh, fit il.

- Il faudrait qu'on mette tout à plat.

Il hocha la tête.

- Bon je commence, dit elle. Prenons l'histoire par le début : quelqu'un rend des visites mensuelles à Mr Snape et vraisemblablement en profite pour lui donner un objet de type lime ou scie.

Harry acquiesça.

- Pendant quelques temps, le prisonnier va scier ses barreaux à l'insu des gardiens. Puis un soir, il saute par la fenêtre et tombe dans l'eau. Et là, cela commence à clocher. Azkaban détecte et empêche les sorts à moins de cinq cents mètres de l'île. Les sentinelles, eux peuvent repérer un bateau à trois kilomètres à la ronde par beau temps et un kilomètre en cas de tempête.

- Cette nuit là, il faisait quel temps à Gamvik?

- Les sentinelles m'ont dit qu'il pleuvait violemment. Ils n'auraient pas vu quoique ce soit à plus de un kilomètre grand maximum.

- Il n'aurait jamais pu nagé jusqu'au continent, n'est-ce pas?

- Même en étant un sorcier, il serait mort d'hypothermie en quelques minutes. Le plus logique soit qu'une personne l'attendait à un kilomètre d'Azkaban. Et encore, je ne suis pas sûre qu'il aurait pu parcourir cette distance.

- Quand nous sommes arrivés sur l'île en barque, les rames étaient toujours sous l'emprise du sortilège, rappela Harry. Si le complice était venu à la rencontre de Severus Snape avec un vêtement sous un sortilège de chaleur, tu crois qu'il aurait pu passer la barrière des cinq cents mètres sans être repéré ni arrêté?

La sorcière resta un instant silencieuse.

- Cela me semble tout à fait plausible, oui.

Puis elle porta la main à sa bouche et murmura quelque chose qu'Harry ne put entendre.

- Pardon?

- De la blanchiflore, répéta-t-elle plus intelligemment. Le complice a pu apporter de la blanchiflore à Mr Snape pour qu'il puisse rejoindre le bateau sous l'eau afin de ne pas être repéré par les sentinelles.

Harry opina. Cette théorie tenait debout.

La clé était désormais de mettre un nom sur ce fameux complice…

Peu à peu, les bureaux se remplirent. Le quartier des Aurors était réputé pour être le plus matinal. Déborah Williams, qui était maman de trois filles arrivait toujours la dernière, à 7h30. Tous adoraient leur travail.

Kingsley arriva à 6h et s'enferma dans son bureau pour achever deux ou trois paperasses, le temps que ses effectifs soient réunis.

Harry fit un signe de tête à Hermione puis frappa à la porte de son supérieur.

- Entre, lui dit Kingsley en faisant en signe de la main.

- Bonjour, murmura l'auror en refermant la porte derrière lui.

- Comment vas-tu? Demanda son chef. Il fit l'effort de s'extirper de ses parchemins pour regarder le jeune homme.

- Bien merci. Hermione et moi avons une idée de la façon dont Mr Snape s'est échappé. On pense qu'il avait…

- On en parlera tout à l'heure, interrompit Kingsley. Nous allons faire une réunion dès que tout le monde sera là.

- D'accord. Hum… Est-ce que je pourrais récupérer le registre des visites, s'il vous plait?

- Pardon?

- Le registre, vous savez celui d'Azkaban. Je l'ai posé sur mon bureau hier soir… Ce n'est pas vous qui l'avez pris?

Kingsley soupira puis se frotta le front.

- Par la barbe de Merlin! Ne me dis pas que tu as encore égaré une preuve, Harry.

Le jeune homme resta un instant sans voix. Si ce n'était pas son supérieur qui avait ce registre, qui donc l'avait pris? Son instinct lui murmurait une horrible possibilité qu'il ne voulait pas partager avec Kingsley. C'était trop tôt pour accuser qui que ce soit devant son patron.

- Je… eh bien… je vais renouveler une demande auprès d'Azkaban. Ils m'enverront une autre copie.

- Fais donc, grogna Kingsley en lançant un regard sombre au sorcier. Je ne veux plus que ça se reproduise, Harry! Est-ce que c'est clair?

- Oui, je ferai plus attention, murmura-t-il en sortant rapidement de la pièce.

Il chaparda une plume et un bout de parchemin sur le bureau d'Hermione et griffonna :

A l'attention du gardien de l'accueil de la prison d'Azkaban,

Pourriez vous nous envoyer une autre copie du registre des visites, s'il vous plait?

C'est urgent.

Merci

Harry Potter

Quartier des Aurors

Département de la justice magique

Ministère de la Magie

Harry sentit un souffle chaud sur sa nuque.

- Kingsley ne l'a pas? S'étonna Hermione, derrière lui.

Il secoua la tête et l'entendit soupirer.

- J'ai un mauvais pressentiment, avoua-t-il.

- Ne joue pas les Trelawney! Se moqua-t-elle d'un ton acide.

Il lui lança un regard meurtrier par-dessus son épaule. Elle sembla, tout à coup, regretter ses propos.

- Désolée, c'était plus fort que moi, s'excusa-t-elle d'un air penaud.

- Je pense que quelque un l'a volé. Quelqu'un du Ministère.

Il scella la lettre puis l'accrocha à la patte d'Eglantine, une des chouettes du quartier des Aurors. Harry lui murmura le nom du destinataire puis regarda le volatile prendre son envol vers la fenêtre ouverte. Lorsqu'il se retourna. Hermione avait les sourcils froncés.

- Qui ferait une chose pareille? C'est illogique. Cela nous met des bâtons dans les roues. Qui plus est, c'est juste une copie, on peut en avoir autant qu'on veut.

- Peut être que le but est juste de nous ralentir, le temps que ce voleur prenne la poudre d'escampette.

Hermione secoua la tête.

- Je ne sais pas Harry, cela ne tient pas debout pour moi. A mon avis, ce registre a juste été égaré. Personne dans ces bureaux n'a d'intérêts à faire disparaître ce dossier.

- Je n'ai pas dit que c'était un Auror.

- Non, mais la nuit, il n'y a que les membres du Département de la justice magique qui peuvent y entrer. Cela évite les disparitions de preuves ou de dossiers.

- Malefoy en fait parti. Il travaille à la Brigade de police magique, murmura Harry.

- Je n'écouterai pas plus tes idioties! S'énerva Hermione. De toute façon, tu as décidé de coller tous les maux du monde sur ce garçon! Fiche lui la paix à la fin!

Cette dernière phrase, hurlée, fit tourner toutes les têtes du bureau vers eux.

- Si nos tourtereaux le veulent bien, dit Kingsley de son ton le plus ironique, nous allons mettre en commun nos informations.

D'un tour de baguette il déplaça les chaises pour qu'elles forment un grand cercle. Chacun prit place. Hermione s'assit à côté d'Harry en grommelant.

- Commençons par Granger et Potter. Qu'avez-vous appris?

Harry entreprit de raconter comment l'évasion s'était probablement passé, Hermione termina le récit.

- Pour le reste, ce sont uniquement des hypothèses. Mais nous pensons que le complice a emmené un vêtement imperméable et sous un sortilège de chaleur à Severus Snape dans le périmètre des cinq cents mètres. Les sortilèges lancés préalablement ne sont pas annulés. Nous croyons également que le complice était muni de blanchiflore. Nous manquons malheureusement de preuves pour étayer tout cela. Tout reste au stade de la supposition.

- Néanmoins, nous sommes certains qu'il y avait un complice. Mr Snape n'aurait pas pu se procurer une lime tout seul. Et un habitant de Gamvik a vu débarquer dans une crique, deux personnes recouvertes de la tête aux pieds de grandes capes noires.

- Pas forcément Snape, interrompit Megan Jones.

- C'est vrai, mais cela semble le plus probable puisqu'il n'y a eut aucune visite à Azkaban ce jour là. Et pour informations peu de moldus se promènent couverts de capes, ajouta Hermione.

- On connaît le nom de ce complice? Demanda Kingsley.

- Nous attendons le registre des visites pour relever son numéro d'identification, répondit Hermione tandis que son chef fusillait Harry du regard.

- Tenez moi au courant dès que vous le recevrez.

Les autres Aurors firent leurs rapports. Personne n'avait vu Severus Snape, personne n'avait entendu parler de lui… L'homme avait disparu, comme un fantôme.

- La Brigade de police magique, informa Kingsley, n'a rien trouvé non plus. Ils vont élargir le périmètre de recherche dans la mer de Barents, mais comme on me l'a dit, les courants marins sont très forts et le corps a peut être été emporté dans l'Océan Antarctique. Vous continuerez vos recherches aujourd'hui. Jones et Williams, vous sonderez sa maison à l'impasse du Tisseur. Il y est sûrement passé pour récupérer des affaires. Passez les lieux au peigne fin.


Harry et Hermione déjeunaient au Chaudron Baveur dans un silence de plomb lorsque Tom arriva à leur table, Eglantine sur l'épaule. Une simple lettre était accrochée à sa patte.

Ce n'était pas bon signe.

L'Auror décrocha fébrilement le parchemin et le lut à voix haute.

Mr Potter,

Je ne suis plus en possession de l'original, le Ministère me l'a réclamé cette nuit.

Peut être qu'un minimum de communication serait bénéfique dans vos services…

Murfin Surrey, votre obligé.

Prison d'Azkaban

Mer de Barents

Norvège

Le mot glissa des mains d'Harry. Hermione l'attrapa et le passa en revue plusieurs fois.

Elle le retourna et écrit à la hâte:

Qui vous a fait cette demande? Quelle personne? De quel département?

Soyez précis, c'est primordial!

Hermione Granger

Quartier des Aurors

Département de la justice magique

Ministère de la Magie

Elle l'accrocha à Eglantine qui lui mordit le doigt. La chouette semblait fatiguée par ce long aller-retour mais la situation était trop urgente aux yeux de l'Auror. Elle ordonna à Eglantine de retourner à Azkaban.

- Tu comprends ce que cela signifie? Il y a une taupe, Hermione.

- Non, pas forcément, objecta la jeune femme. C'est peut être quelque un qui mène une enquête en parallèle à la notre et qui a besoin des mêmes documents que nous.

- Dans ce cas, il aurait demandé une copie, et non l'original! Beugla Harry en tapant du poing sur la table. Ouvre les yeux, bon sang!

Hermione fourra son visage entre ses mains.

- Je ne peux pas le croire, Harry. Il y a forcément une autre explication. Qui, dans nos bureaux, pourrait faire une chose pareille?

- J'ai ma petite idée, murmura-t-il pour qu'elle ne l'entende pas.


La réponse parvint le soir. Kingsley, Hermione et Harry étaient les derniers dans le bureau. Le jeune sorcier avait fait part de l'intégralité de l'histoire à son supérieur. celui-ci attendait la lettre de Murfin Surrey, le gardien pour faire son opinion.

Lorsque Eglantine arriva, les trois Aurors lui sautèrent dessus. Harry prit soin d'elle pendant que son chef lisait le mot.

Miss Granger,

Je vous envoie la lettre que j'ai reçue.

Murfin Surrey, tout à vous ma chère.

Prison d'Azkaban

Mer de Barents

Norvège

Un parchemin, en effet, était joint à cette courte lettre. Dessus était écrit :

Mr Surrey,

Nous réquisitionnons l'original du registre des visites dans le cadre de l'enquête sur l'évasion de Severus Snape. Si des copies existent, envoyez les nous toutes dans les plus brefs délais.

Ministère de la Magie.

Kingsley passa sa baguette sur le papier.

- Plume à papote, soupira-t-il. Parchemin standard, aucune empreinte à part celles de Surrey. Je crains que tu aies raison, Harry. Le complice de Severus Snape travaille au Ministère.

L'Auror lança un regard triomphant à Hermione qui roula des yeux.

- Je vais tout de même poser quelques questions au Ministre, au cas où. Peut être aura-t-il lancé une double enquête.

Ce fut au tour d'Hermione de se pavaner.

- Néanmoins, nous n'avons aucune preuve, aucun indice. Nous ne pouvons qu'attendre que cette personne se dénonce par une erreur quelconque.

- J'ai une idée de qui cela pourrait être, interrompit Harry.

- Je t'écoute.

- Draco Malefoy.

Hermione poussa un grognement d'agacement et leva les bras au ciel, tandis que Kingsley haussait les sourcils.

- Je suis sûr que c'est lui, insista Harry. C'était le plus proche de Severus Snape dans le Ministère.

- Peut être, mais quoiqu'il en soit, Malefoy bénéficie d'une protection haut placée.

- Ah oui? Et de qui?

- Du Ministre.

Les épaules d'Harry s'affaissèrent.

- Même si c'est lui, ce dont je doute, continua Kingsley, aucune poursuite ne pourra être engagée contre lui. Il est in-tou-chable! Est-ce que je me suis bien fait comprendre?

Le sorcier acquiesça silencieusement.

- Rentrez chez vous, tous les deux. Je prends le relais désormais. Vous avez bien travaillé.

- Merci, murmura Hermione en attrapant Harry par le bras.

Ils se rendirent à l'Atrium sans échanger un mot quand soudain le jeune homme partit en courant vers une cheminée.

- Mais qu'est-ce que tu fais? Cria-la sorcière.

- Je dois en avoir le cœur net! Répondit il en lançant de la poudre à cheminette dans l'antre. Il articula les mots « Manoir Malefoy » avant de sauter dans le feu.


Draco Malefoy nourrissait ses serpents dans son immense vivarium lorsque son elfe Kinky lui annonça la visite d'Harry Potter. Celui-ci afficha une grimace de dégoût quand il entra dans la pièce.

La serre était remplie de plantes tropicales. Le jeune héritier en prenait grand soin pendant l'absence momentanée de sa mère, il savait combien elle aimait cet endroit et ces reptiles. Elle avait même fait installé une cascade miniature qui procurait l'humidité dont les serpents étaient friands.

- Que veux tu, Potter?

- Je sais que c'est toi, annonça le binoclard. Tu es intouchable, d'accord, mais il n'empêche que je sais que tu l'as fait évadé et que tu as volé le registre des visites pour couvrir tes traces.

Draco haussa un sourcil.

- Permets moi de te rappeler que c'est toi qui as remué terre et ciel pour le faire sortir de prison. Que c'est toi qui le voulais dehors à tout prix!

- Oui, je trouvais l'emprisonnement injuste! Parce que Severus Snape n'aurait jamais du aller à Azkaban! Mais je voulais qu'il soit un homme libre, et non un hors la loi! Il aurait du sortir de là avec la tête haute, la réputation lavée de tous soupçons. Tu te rends compte de la vie qui l'attend désormais? Une vie de fugitif!

- Ils ne l'auraient jamais libéré, murmura Draco en attrapant une souris dans une cage. Elle se tortilla dans ses doigts pâles. Un cobra la vit, et d'un mouvement vif, la piégea dans sa gueule.

- Alors tu avoues. De toute façon, je ne peux rien contre toi. J'ai juste besoin de savoir.

- Je n'avais aucune raison de le faire libérer. Je ne lui dois rien.

- Il a tué Dumbledore pour toi! Espèce de faux jeton! Il a assassiné son seul ami pour protéger ta foutue âme! Tu as une dette envers lui, Malefoy, et tu le sais. C'est pour cela que tu l'as fait évadé.

Le blondinet, livide, s'approcha dangereusement de son ennemi.

- Je ne l'ai pas aidé et même si c'était le cas, Potter, tu serais la dernière personne à qui je le dirais. Maintenant dégages de chez moi avant que je dépose une plainte auprès de Kingsley!

Comme Harry ne réagissait pas, Draco sortit sa baguette. L'Auror lui jeta un regard méprisant avant de quitter le vivarium en prenant soin de claquer la porte derrière lui.