Disclaimer : tout à Rowling, le concept des elfes noirs m'appartient.
Les musiques que j'ai écoutées en boucle : Bach « suite pour violoncelle seul n°1 » et « nothing else matters » version violoncelle.
Note de la Bêta : j'en connais une qui veut mourir …. Je suis sûre que tout le monde sera d'accord avec moi pour appliquer la peine capitale… surtout quand ils vont savoir que c'est l'avant dernier chapitre qu'ils vont lire pour cette histoire. Personnellement, je m'en fous un peu car moi je sais que d'autres histoires m'attendent….. J'attends tes chapitres à corriger lol …
Disparaître dans ton sillage…
Chap5 : L'habit ne fait pas le moine
Un mouvement à mes côtés me fit glisser hors du sommeil bienfaisant. L'homme blond me sourit très doucement, ses yeux gris brillant d'une lueur étrange, un gris attirant, doux. Sa peau pâle semblait, ce matin, ressembler à du velours, l'homme se tendit imperceptiblement, et pourtant, je perçus son malaise.
Souplement, il sortit du lit avec sa grâce coutumière. Quelques mèches de ses cheveux volaient autour de son visage. Une image me prit par surprise, je le vis porter un chignon masculin qui dégagerait ses traits, et laisserait un accès illimité à son cou.
Il serra les dents, et partit rapidement de la pièce, je ne compris pas pourquoi. Qu'avais-je fais ? Aurait-il intercepté cette pensée ?
A mon tour, je sortis du lit, me passa des vêtements propres, et je descendis jusqu'au salon où il m'attendait sans l'ombre d'un doute, installé comme il l'était, on aurait pu croire que tout allait bien, et pourtant, un certain malaise l'étrennait. Le gris de ses yeux ne me semblait plus aussi paisible que ce matin. Je m'approchai de lui, et il remit une mèche derrière mon oreille, un sourire apparut doucement, comme s'il avait attendu quelque chose trop longtemps, et qu'il était enfin récompensé de son attente.
« C'est exactement ça, et je suis fier d'avoir pu observer ton éclosion ». Sa voix était douce, soyeuse et pourtant je n'y prenais pas garde, mes oreilles me démangeaient et ma peau me picotait en un fourmillement indescriptible mais légèrement gênant. La pièce commença à tanguer, ma vision se brouilla, et un mal de gencive comme jamais me cloua au sol de douleur.
« Ne lutte pas, tes dents vont percer, c'est normal que cela fasse mal, détend-toi cela va passer dès qu'elles auront percé. »
J'avais mal, des larmes perlèrent au bord de mes yeux, j'avais l'impression que cette douleur était encore plus forte qu'un Doloris de Bellatrix. Mes amis me manquaient soudainement. Une envie meurtrière me prit. Je n'arrivais pas à contrôler ce monstre et à l'enfermer au fin fond de moi-même. Je luttais contre elle, je n'avais aucune envie de la laisser régir mes instincts. Un faible bruit se fit entendre au dehors du manoir. Lucius se leva, me prit dans ses bras, et me remonta dans la chambre avec une célérité divine. Il me laissa seule, et partit voir qui étaient les visiteurs.
J'entendais des bruits de pas, et quelques échos de paroles, mais rien dont je ne comprenais le sens. Une ombre noire s'engouffra dans la pièce par la fenêtre. La douleur me clouait contre le matelas, faible comme un nourrisson, il n'y avait rien que je puisse faire. Je fermai les yeux en attendant le coup de grâce. Au lieu de cela, c'est le contact doux de doigts frôlant mon front qui me fit rouvrir les yeux.
Je distinguai le visage pale, et une mèche de cheveux sombres vint caresser ma joue. Je ne comprenais pas, je ne sentais même pas la douleur dans ma gencive qui affluait brusquement, je sentis mes crocs qui sortaient, qui crevaient la peau, et la douleur reflua tranquillement, jusqu'à n'être plus qu'un vague souvenir.
« C'est bien ma belle », ce n'était qu'un murmure que je situais mal, mais ma faim était précise, et sans prévenir je plantais mes crocs dans un cou chaud, doux, violement, et je me mis à aspirer le sang à grandes goulées, un faible gémissement s'échappa de la bouche de ma proie.
Au bout d'un petit moment, une poigne forte m'éloigna de cet endroit miraculeux, et je croisai des yeux noirs, aussi noirs que ses cheveux. Avec un sourire, il repartit sans bruit.
Et une voix tapait dans mon crane. J'ai été honoré d'avoir été le témoin de ton passage dans le monde des adultes ma Dame.
Après quelques minutes, Lucius revint dans la chambre. Me regarda attentivement, puis s'approcha de moi.
- Bellatrix était en bas, voulant connaître le pourquoi de mon isolement. Avec une délégation d'autres Mangemorts cinglés. Tes crocs définitifs sont sortis, et tu maîtrises ton instinct, je gage que tu as eu un visiteur.
- C'est exact, est-ce normal d'entendre la voix de ce visiteur résonner par moment dans ma tête ?
- Il t'adresse ses pensées. Tu as versé son sang, rien de plus naturel maintenant, c'est un lien comme un autre, très utile et aux multiples fonctions. Il n'y en a aucun qui se ressemble.
Sur ces mots, il quitta la pièce sans s'être approché davantage de moi jusqu'à ce que je puisse le toucher. Je ne compris pas pourquoi il avait une telle réaction.
Laisse-lui le temps de s'y faire, de ne pas avoir été le premier que tu mordes.
Violement, je quittai le lit, je trouvai rapidement Lucius, plongé dans un épais livre en cuir qui semblait être vieux. Je lui sautai dessus, et l'immobilisai sous moi. Sans faire de manière, j'écartai ses cheveux, et trouvai la peau blanche de son cou, mes crocs sont sortit en douceur, et je les plantai dans la chair tendre. Son sang coula dans ma bouche, je l'entendis grommeler. Doucement, ma colère s'apaisa, mais quelque chose me dérangea. Je relevai la tête, et la tournai vers la source intruse, derrière moi. Je sifflai d'une manière hostile et prédatrice : c'était un elfe de maison apeuré qui me voyait penchée sur mon encas, son maître. Je lâchai quelques mots rauques et hachés : « reviens plus tard ». Une paire de bras s'enroula autour de ma taille et nous redressa sur le canapé. Lucius avait une main sur son cou, pour bloquer le passage du sang, je la retirai et léchai doucement la peau qui cicatrisa aussitôt.
Il me berça, et nous n'avions plus besoin de parler. Nous restions ainsi dans le calme, en silence.
